PURCHASED FOR THE
UNIVERSITY OF TORONTO LIBRARY
FROM THE
CANADA COUNCIL SPECIAL GRANT
FOR
ART «68
3
7^^'"
NOUVELLES ARCHIVES
DE L'ART FRANÇAIS
nJB lonnoi rj
REVUE DE L'ART FRANÇAIS ANCIEN ET MODERNE
{4« ANNÉE, 1887)
Les deux premières années de la Revue parues en 1884 et
en i885, en même temps que les deux derniers volumes des
Scellés et Inventaires d^artistes, peuvent être classées à leur suite
et former ainsi le Tome I de la Troisième Série des Nouvelles
Archives de l'Art français.
Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupeley-Gouverneur.
NOUVELLES ARCHIVES
DE
L'ART FRANÇAIS
TROISIEME SERIE
TOME III
ANNÉE 1887
REVUE DE L'ART FRANÇAIS ANCIEN ET MODERNE
(QUATRIÈME ANNÉE)
PARIS
CHARAVAY FRÈRES
LIBRAIRES DE LA SOCIÉTÉ DE l'hISTOIRE DE l'aRT FRANÇAIS
4, RUE DE FURSTENBERG
2ÎA^
OCT 9
A.
N
Se-;, 3/9
i3
LISTE ALPHABÉTIQUE
DES MEMBRES FONDATEURS
DE LA SOCIÉTÉ
DE L'HISTOIRE DE L'ART FRANÇAIS
EN 1887.
La Bibl
La Bibl
La Bibl
La Bibl
La Bibl
La Bibl
La Bibl
La Bibl
La Bibl
La Bibl
La Bibl
La Bibl
La Bibl
othèque de Copenhague.
othèque de Grenoble.
othèque de Lille.
othèque de l'Ecole nationale de Limoges.
othèque du Palais des Arts, à Lyon.
othèque de Munich.
othèque de la Ville de Paris.
othèque de Pau.
othèque de Saint-Etienne.
othèque de la préfecture de la Seine.
othèque de Troyes.
othèque de l'Ecole des Chartes.
othèque de l'École nationale des Arts décoratifs,
MM.
Alkan (Alphonse), à Paris.
André (Edouard), à Paris.
Armand, architecte, à Paris.
Arnauldet (Thomas), à Niort.
Bailly, membre de l'Institut, à Paris.
Ballu (Roger), inspecteur des Beaux-Arts, à Paris.
Bapst (Germain), à Paris.
Barbet de Jouy, membre de l'Institut, à Paris.
Barthélémy (le comte Edouard de), à Paris.
Berger (Georges), à Paris.
Bonnaffé (Edmond), à Paris.
Bonnassieux, membre de l'Institut, à Paris.
Bosc (Ernest), architecte, à Paris.
Bouvenne (Aglaûs), à Paris.
Bouvrain, architecte, à Paris.
Bûche (Henri), à Paris.
Burbure de Wezembeech (le chevalier Léon de), à Gand.
Capetter (Gustave), à Angoulême.
Castagnary, conseiller d'Etat, à Paris.
Chabouillet, conservateur du Cabinet des Médailles, à Paris.
Charavay (Etienne), à Paris.
Chennevières (le marquis de), membre de l'Institut, à Paris.
Chevrier (Maurice), à Paris.
Corroyer (Edouard), architecte du gouvernement, à Paris.
Courajod (Louis), conservateur-adjoint au Louvre, à Paris.
Darcei (Alfred), directeur du Musée de Cluny.
Dassy (Léon), directeur du Forum artistique, à Paris.
Decaux (G.), à Paris.
Delaborde (le vicomte Henri), membre de l'Institut, à Paris.
Delagrave, à Paris.
Delaherche, à Beauvais.
Delisle (Léopold), membre de l'Institut, à Paris.
Destailleur, architecte, à Paris.
Devrez (Désiré), architecte du gouvernement, à Paris.
Doucet, à Paris.
Dreyfus (Gustave), à Paris.
Dubost (R.), à Courbevoie.
Duplessis (Georges), conservateur du Cabinet des Estampes.
Fabré, à Paris.
Fayet, à Paris.
Fidière des Prinveaux (O.), à Paris.
Fournier (Charles), à Paris.
Gautier, à Paris.
Gérard, à Paris.
Gérardin (Alfred), à Paris.
Giacomelli, à Versailles.
Gonse (Louis), à Paris.
Grandmaison (Charles de), à Tours.
Guiffrey (Jules), à Paris.
Havard (Henry), à Paris.
Hédou (Jules), à Rouen.
Heiss (A.), à Paris.
Herbet, à Paris.
Herluison (H.), libraire, à Orléans.
Jacob, notaire, à Angerville.
— VIÎ —
Jarry (Louis), à Orléans.
Jeancourt (Charles), à Paris.
Jouin (Henry), à Paris.
Laborde (le marquis de), à Paris.
Lafenestre (Georges), conservateur-adjoint au Louvre, à Paris.
Laisné (Charles), architecte du gouvernement, à Paris.
Le Breton (Gaston), à Rouen.
Lemarié, à Paris.
Letrône, à Paris.
Liepmannssohn (Léon), libraire, à Berlin.
Lisch (Just), architecte du gouvernement, à Paris.
Lopinot (Amédée), à Paris.
Louvrier de Lajolais, directeur de l'École des Arts décoratifs.
Lucas (Charles), architecte, à Paris.
Maciet, à Paris.
Mantz (Paul), directeur honoraire des ^eaux-Arts, à Paris.
Marcille (Eudoxe), à Paris.
Mareuse (Edgar), à Paris.
Marx (Roger), à Paris.
Mauban (Georges), à Paris.
Mely (F. de), à Paris.
Menu (Henri), libraire, à Paris.
Mercier (Charles), à Paris.
Merson (Olivier), à Paris.
Molinier (Emile), attaché à la conservation du Louvre.
Montaiglon (Anatole de), professeur à l'École des Chartes, à Paris.
Mûntz (Eugène), à Paris.
Nicard (Pol), à Paris.
Pallier, à Viroflay.
Paris (Gaston), membre de l'Institut, à Paris.
Patenotte (M°"), à Paris.
Pécoul (Auguste), à Paris.
Périn, architecte, à Paris.
Petit (F.), à Paris.
Popelin (Claudius), à Paris.
Port (Célestin), correspondant de l'Institut, à Angers.
Portails (le baron Roger), à Paris.
Raynal (E. de), conseiller référendaire à la Cour des Comptes.
Régnier (L.), à Gisors.
Reiset (Frédéric), directeur honoraire des Musées nationaux.
Revilliod de WattevJlle, à Genève.
Richard, archiviste du département de la Vienne, à Poitiers.
Rondot (Natalis), au château de Chamblon (Suisse).
Salles (E.), à Paris.
Scheffer, directeur de l'École des langues orientales, à Paris.
Siret (A.), commissaire d'arrondissement, à Saint-Nicolas (Belgique).
Sourdois, au château de Vaux, à Creil.
Stein (Henri), à Paris.
— VIII —
Sully Prudhomme, de l'Académie française, à Paris.
Tarnizey de Larroque, à Gontaud (Lot-et-Garonne).
Tempier (D.), archiviste des Côtes-du-Nord, à Saint-Brieuc,
Thibaudeau (A.-W.), à Londres.
Tourneux (Maurice), à Paris.
Tuetey (Alexandre), à Paris.
Vaillant (V.-J.), à Boulogne-sur-Mer.
Valabrègue (Antony), à Paris.
Vandeuvre (Gabriel de), à Paris. '
Varennes (le marquis de), à Paris.
Vasselot (Marquet de), statuaire, à Paris.
aUENTIN WARIN
(QUINTIN VARIN)
L. FINSONIUS, J. DARET, R. LEVIEUX,
J. DE SAINT-IGNY, LETELLIER.
f
Mon cher Guiffrey,
Vous aviez bien voulu me confier, — il y a déjà plusieurs
années, et j'en suis tout honteux, — un gros dossier de pièces inté-
ressant Quintin Varin et son dangereux ami, Etienne Durant, « l'un
des gentils poètes de son temps, inventif à dresser des ballets. »
Votre amitié se souvenait des vingt pages que j'avais consacrées
au maître du Poussin dans mon premier volume des Peintres
provinciaux et où j'avais essayé de débrouiller son histoire assez
confuse. Et, parce que vous pensiez que, depuis le temps bien éloi-
gné déjà où j'écrivais cette notice fort primitive et trop bâtie sur
hypothèses, j'avais dû recueillir des renseignements nouveaux sur
ce curieux peintre picard, vous me demandiez d'annoter les docu-
ments rencontrés par vous. Il est certain que ma pauvre notice
n'était qu'un embryon, comme au reste tous les autres chapitres
de mon livre, mais j'ai toujours été de l'avis de Soulié, mon vieil
ami de Versailles, qui prétendait qu'en telle matière « la publicité
immédiate » importait avant tout, et que « c'est toujours pour
vouloir trop bien faire qu'on ne fait rien. » Ce qui n'empêche que,
pour assurer quelque valeur véritable à mes anciennes études sur
les artistes de province, il faudrait aujourd'hui les refondre de
bout en bout.
A l'œuvre de Finsonius, il me faudrait ajouter « VAnnon-
A.RT FR. IV l
2 QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC.
dation, par Louis Fin^onio, » du Musée royal Bourbon,
de Naples, 6" salle, 2^ paroi, n° 365 du catalogue rédigé par
Michel B., Naples, iSSy. Cest la même composition, pastiche
étrange des anciennes peintures de son pays, dont le Belge de
Bruges emporta à Aix le prototype sans doute, signé et daté :
Ludovicus Finsonius fecit in Neapoli anno 16 12, curieux tableau
échoué de mon temps au pavillon Lanfant, maison de campagne
des séminaristes d'Aix, et dont je retrouvai alors une autre répéti-
tion agrandie dans l'église Saint-Antoine, d'Arles. — Le tableau
de la Circoncision, dont j'avais vu la gravure par Van Panderen
dans la collection de M. de Baudicour, se trouve à Paris, dans
l'église Saint-Nicolas-des-Champs, rue Saint-Martin. Cest une
immense composition d'un très grand nombre de figures, parmi
lesquelles, à gauche, se reconnaît la tête de Finsonius. Comme le
tableau n'était pas signé, il fut, chose vraiment trop singulière,
attribué à Lenain, et donné sous ce nom à Saint-Nicolas-des-
Champs, au commencement de ce siècle, par l'administration
impériale des Musées. Mais voilà qu'un autre exemplaire , bien
enfumé, de la même Circoncision et celui-ci signé, et où le peintre
reproduit encore son portrait [Finsonius aimait décidément à
répéter ses compositions), se rencontre, devinez où? dans la cha-
pelle du Lycée de Poitiers, où me l'a signalé /. Marlet, professeur
de dessin à ce lycée. — M. de Baudicour m'a dit avoir trouvé une
gravure d'après un tableau de Finsonius; c'est une sainte famille
qu'aucun catalogue n'indique. — M. Alfr. Michiels, étudiant en
1870 V Art flamand dans VEst et le Midi de la France, a déchiffré
et traduit la singulière inscription de V Incrédulité de saint Tho-
mas dans la cathédrale d'Aix : « Par les serviteurs de Bacchus et
les compagnons de Gnide la peinture est ici méprisée; d'où vient
le proverbe : Gueux comme un peintre, que l'on répète journelle-
ment. )) Et il croit reconnaître comme père de notre Louis Finson
un peintre décorateur, Jacques Fyson, qui fut reçu Franc-Maître
dans la corporation de sa ville natale de Bruges le 6 février i56o,
puis juré de la ghilde en 1574 et 1576.
Quant à ses portraits, je crois fermement que celui de son pro-
tecteur, Peyresc, se trouvant aujourd'hui au musée de Versailles,
est du pinceau de « notre Finson. » J'eus la bonne fortune de
faire, en mars i853, à la vente Glérian, l'acquisition du superbe
morceau de peinture qui a toujours passé pour le portrait de la
mère de Finsonius^ et, presque au même moment, je devenais
QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC. 3
possesseur, par l'entremise de mon ami M. de Séranon, des deux
portraits, si célèbres dans la ville d'Aix depuis le temps de leur
exécution, de Finsonius lui-même et de son ami Martin, et que
j'avais vus et décrits chez M™^ Ravanas. Ainsi je possédais, je puis
dire, les peintures les plus intimes de mon Finsonius; mais, à la
demande du bon M, Clapier, le zélé représentant des Bouches-
du-Rhône à PAssemblée nationale, j'ai cédé, il y a dix ans, ces
deux colossales demi-figures de Finson et Martin au Musée de
Marseille, où M. Clapier avait jugé, avec raison peut-être, qu'elles
seraient mieux à leur place que chez moi. Malherbe, à en croire la
gravure de Coelernans, dans le Recueil des plus beaux tableaux du
cabinet de messire Bqyer d''Eguille, avait été peint par Finso-
nius en i6i3. Je puis même vous avouer aujourd'hui que ce por-
trait peut-être apocryphe, — puisqu'il est avéré que Malherbe ne se
trouvait point à Aix en i6i3, — ce portrait a exercé une grande
influence sur ma vie. C'est à Aix qu'en 1843 je rencontrais la
gravure d'un portrait, inconnu de moi, de mon illustre et cher
compatriote Malherbe. Malherbe avait longtemps vécu à Aix, loin
de sa Basse-Normandie, comme j'y vivaismoi-même, et, par amour
pour le glorieux modèle, je me passionnai pour le peintre. De là,
de proche en proche, et de Finsonius à Daret, de Daret à
Levieux^ de Saint-Igny à. Quintin Varin, etc., mon premier
volume des Peintres provinciaux^ de là un peu toute ma vie de
recherches et de publications sur les artistes français. Et notez,
mon ami, que je ne m'en plains pas, et que je n'en veux point à
Finsonius du chemin qu'il m'a fait faire, même aujourd'hui, où
l'âge est venu de vider les vieux cartons et les vieux souvenirs. Je
dois donc m'intéresser particulièrement à ce portrait de Malherbe,
fût-il quelque peu douteux. Or, un portrait d'une peinture très
ferme et singulièrement ressemblant à celui gravé par Coelernans,
pour l'âge, les traits et le costume, qui ne diffère guère, s'il m'en
souvient bien, que dans la collerette, se trouvait, en août 1846,
à Caen, chez M. P. -A. Lair, le Malherbolâtre, et je remarquai
qu'au dos de la toile on avait pris soin de coller les vers latins de
J.-B. Reboul, gravés au bas de l'estampe du portrait de la collec-
tion Boyer d'Eguille.
Notre ami A. Darcel, bien étonné sans doute, avait relevé la
signature suivante sur le tableau du maître-autel de l'église d'Er-
menonville :
Ludovicus Finsonius Belga Brugensis /*■ an" 161 5^ inscrit sur un
4 QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC.
carré blanc imitant une feuille de papier. — Saint Martin, debout
devant son cheval, que tient un écuyer, coupe son manteau. Le
pauvre, placé à sa gauche, est à genoux, vu un peu de dos et la figure
de profil. — Le saint porte le costume bravache des guerriers
héroïques du xvn^ siècle. La cuirasse moulée sur le torse et le casque
empanaché. — Le pauvre est d'un réalisme brutal. — La couleur
rappelle celle du Valentin., si ce n'est que les chairs sont plus blanches.
— Les ombres sont très noires, tellement même que de l'écuyer on
ne voit que la main. — Ce tableau peut avoir 2™5o de haut environ
sur 1^70 de large. Il est encadré dans un motif d'architecture contem-
porain. — Deux cartouches, qui surmontent les portes de la sacristie
placée derrière l'autel, portent :
Celui du côté de l'Épître :
Devic Henrici IV cornes... obiit anno MDCX.
Celui du côté de l'Évangile :
Devic Archiepiscopus Auscensis... obiit anno MDCLXI.
Ce nom, répété par deux fois si près de l'autel que décore le
tableau de Finsonius, indique certainement la famille qui le fit
peindre par notre artiste de passage.
Il s'agit de Dominique de Vie, évêqued'Auch de 1629 à 1662.
Le De Vie, « Henrici quarti cornes, » a été, sous Louis XIII,
garde des sceaux de France, le 24 décembre 1621. Il avait acquis,
rue Saint-Martin, vis-à-vis de la rue de Montmorency, l'hôtel
bâti sous François I" par Guillaume Budé (Piganiol, 1765, III,
477-478), et la maison était encore connue sous son nom il y a
quelques années. Elle a été récemment démolie.
J'en aurais aussi long à ajouter et à refondre dans mon Daret.
Je me contenterai de dire ici que j'ai pu acquérir, à la vente de
M. Portes, la. ch2ivm2inx&\)txiiQ Sainte famille servie par des anges.,
q*ii fut peut-être son dernier tableau, puisqu'il est daté de 1668,
année de sa mort, et une petite esquisse de Vierge assise et tenant
V Enfant Jésus entre saint Dominique et sainte Thérèse (la tête de
saint Dominique a été retouchée par P. Bevoil^ auquel le tableau
avait appartenu) ; et peu à peu dans ma collection sont venus, soit
tout droit d'Aix en Provence, soit de portefeuilles d'amateurs
provençaux qui se sont vendus successivement à Paris, vingt-trois
dessins pour le moins de la main de Daret, dont trois composi-
tions, celle de l'immense plafond de la Résurrection, peint par lui
dans la chapelle des Pénitents blancs ; celle de ^Instruction de la
sainte Famille, a plafond placé à la Congrégation des PP. de
l'Oratoire, » et le joli dessin, ayant appartenu à M. Portes, et où
QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC. 5
Ton voit le Christ dans les deux, entre la Vierge et saint Joseph,
et dans la partie inférieure les saints Apôtres debout ou agenouil-
lés. Ce laborieux Daret a été l'un des plus abondants et des plus
consciencieux dessinateurs d'études que je sache. C'est un tempé-
rament probe et calme à la Philippe de Champaigne^ son com-
patriote, et qui convenait à merveille à la peinture religieuse de
ce temps.-là, une grâce douce et froide, mi-italienne mi-flamande.
Dans la lettre qu'il m'écrivait le 27 juin 1 847, pour me remercier
de renvoi de mon livre, M. Robert-Dumesnil médisait : « Depuis
la mise au jour de mon premier volume, j'ai eu occasion de voir le
sujet de thèse dont parle Heineken, — il porte effectivement la date
de 1642, — et un petit Reniement de saint Pierre^ daté de 1639. »
— V. aussi, dans Piganiol de la Force {Description de la France),
l'éloge des peintures de Daret dans la petite chapelle de la cour des
Pères de l'Oratoire et dans la chapelle des Pénitents blancs. — M. A.
Michiels pense que J. Daret devait avoir pour ancêtres ces Jacques
et Daniel Daret, francs-maîtres de la corporation de Tournay,
qui travaillèrent pour les ducs de Bourgogne en 1449 et 1467, et
dont les descendants avaient pu s'établir à Bruxelles.
Mais ce qu'il me faudrait reconstruire de bout en bout, et de
fond en comble, c'est mon chapitre si mal bâti de R. Levieux.
Charmant peintre, ce Levieux, si doux et tendre de forme et de
claire coloration en ses têtes de jeunes femmes, d'expression si
agréable et si jolie, avec un dessin suffisamment ferme et savant !
Et puis, encore un qui a eu affaire à Nicolas Poussin, et personne,
en 1847, ne s'en doutait plus que moi. D'ailleurs, Quatremère
de Quincy, dans son édition des lettres du Poussin, avait bien fait
tout ce qu'il fallait pour nous dérouter tous; partout où Poussin
avait écrit lisiblement Levieux, Quatremère avait lu Le Rieux,
et la seule raison qu'on en puisse donner, c'est qu'à une certaine
énumération des copies commandées par Chantelou et surveillées
par Poussin, celui-ci, après avoir parlé de la copie « du Vieux »
(c'est sa façon de dire en plus d'un endroit), cite une autre « petite
copie » faite par Claude Le Rieux. Vous jugez du tort que cette
fâcheuse confusion a causé à notre pauvre Levieux, pour qui
c'était une telle fortune d'avoir travaillé à Rome, sous les yeux de
Nicolas Poussin. N'est-il pas juste de lui restituer un peu de ce
qui lui est dû, en citant à son propos le vrai texte du Poussin ?
Dans sa lettre du 22 juin 1643, Poussin dit à M. de Ghan-
O QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC.
Hier au matin, je fus à Farnèse pour voire en quel estât estoient
vos copies. Celle que le sieur Mignard a entreprise est finie. Le s"" Le
Vieux en a fini une, celle qui est à demi-corps descouurant un petit
Crist qui est couché sur un oreiller. M"" Le Maire a fini son Dieu de
Pitié du Caracio; M"" Evrard aura bientôt fini ses portraits. Le Napo-
litain n'a pas beaucoup aduansé la Vierge du Chat, mais il promet
de continuer à y trauaillier. Nocret a esté malade, de sorte qu'il n'a
peu rien finir. Le Vieus a esbauché encore la Vierge du Chat. Le tout
va assés raisonnablement bien, et chascun s'efforcera de faire le mieux
qu'il lui sera possible. Vous me manderés, s'il vous plaist, ce que
vous désirés que l'on face.
Lettre du 4 août 1 643 :
Monsieur Errard vous a escrit que tout aloit bien à Farnèse; il est
vray, mais non pas très bien... Le Vieus a fini une de ses coppies,
c'est assavoir la Vierge à mi-corps qui lèue un voile de dessus son
petit Crist. Elle est coppiée moyennement bien ; celui-là s'accommode
alla raison et se contente de vingt-cinq escus... Le susdit Vieux a
esbauché la mesme (Vierge surnommée de la Gatta), mais il ne peut
y trauailler que quand l'autre aura finie...
Lettre du 25 août 1643 :
Ceux qui coppient à Farnèse ne se monstrent pas plus affectionnés
à faire leur debuoir que Chaperon; principallement Nocret, Le Maire,
Le Vieux et Mignard, qui tous, de commun accord, se veulent faire
payer à leur mode et ne veulent pour rien faire les secondes coppies
qu'ils auoient commensées. Je ne sais pas quelles esperanses vous
leurs auies donnés, mais, quand ils ont veu la chause retournée, ils
ont tous montré les dens comme chiens enragés et ont pris plaisir
à vous maltraitter s'il ont peu, se qui m'a contrains de m'accommo-
. der auec eux le mieux que j'ay peu, et enfin j'ay retiré de leurs griffes
la copie du Dieu de Pitié d'Anibal Caragio du Maire, la Vierge
d'après le Parmesan de Nocret, la Vierge à mi-corps coppiée du
Vieux, les portrais de Monsieur Errard, vostre portrait et la coppie
fête par Nocret...
Lettre du 27 octobre 1643 :
Je n'ay pas encore parlé à M"" Le Maire ni au Vieux pour voir s'il
voudroint finir les deux coppies de Vierges quil auoient commencées
à coppier à Farnèse, c'est assauoir la coppie double de celle du Chat et
l'autre que le s"" Mignard a fette ; je verray s'il y a moyen de les con-
tenter ou de les conuertir, puisque ainsy vous le desires.
Lettre du 1 1 décembre 1 643 :
Pour les deux autres coppies que vous desiriés auoir, l'une que Le
Maire auoit commencée et l'autre Le Vieux, n'acompagneront point
QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC. 7
les autres que je vous enuoyerai, d'autant que Le Vieux se part de
Rome, et le dit Le Maire a fini la siene d'après celle que Mignart
vous a coppie'e asse's mal, de sorte que je ne suis nullement d'aduis
de y employer vostre argent...
Lettre du 2 1 décembre 1 643 :
Sachant le désir que vous aués des secondes coppies des Vierges de
Farnèse, Monsieur Le Maire^ à qui j'ay parlé de nouueau, m'a pro-
mis de finir la siene d'après l'original ; il l'auoit, comme je vous ay
escrit, par paresse et negligense, finie d'après celle dé Mignart. Mais,
pour celle que Le Vieus auoit commencée, je ne sçais commen nous
ferons ; au pis aler, vous pourrez faire coppier à Paris celle que vous
aurés de Ciche, mais premièrement je prouuerei toutte chose pour
luy la faire finir...
Lettre du 12 janvier 1644 :
Les toilles ou coppies de la plus petite quaisse sont au nombre de
nœuf : la Vierge du Chat ; la Vierge qui est assise et qui tient sur son
giron le petit Crist, qui est celle de Mignart; celle d'après le Parme-
san^ de Nocret; celle du Vieus ; les portraits de M'' Errard; le Dieu
de Pitié du Maire; vostre portraict et la coppie ; et une pe^tite coppie
d'une Vierge en pie, fette de Claude Le Rieus. Je prie à Dieu que le
tout arriue à bon port et à sauuement...
Enfin, dans la lettre du 2 5 avril 1644, il est une dernière fois
question de cette fastidieuse affaire des copies, et la moralité s'y
trouve :
Je vous prie de croire que j'ai fet mon possible pour vous faire bien
seruir aux coppies que l'on vous a fettes ; mais les peintres qui les ont
coppiées ne sauent pas faire dauantage, comme je crois, ou l'amour
qu'ils deuoient auoir à i employer touttes leurs forces aura esté dimi-
nué pour quelque subiec qui ne m'est pas assez cogneu. Il ne laissent
pas de croire d'auoir fet des merueilles, car au payement je m'ensuis
bien aperseu. La dernière coppie que Monsieur Le Maire a fette (si
bien il y a bien pris de la peine) est inférieure à celle de Mignart.^ que
vous aués; et si Le Vieux auoit fini la siene, s'auroit esté la moindre.
Enfin, Monsieur, il faut confesser qu'il ne se rencontre guère de
personne qui puisse contenter les intelligens, manquant aux uns les
forces et aux autres l'amour et la dilligense qu'il faut auoir pour bien
faire...
Évidemment, ce n'est pas une chance vulgaire pour un honnête
peintre destiné à florir en sa province, d'avoir son nom tracé si
souvent par la plume du souverain maître, et, si le dernier mot
qu'en dit le Poussin n'est pas des plus à sa gloire, nous pouvons
8 QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC.
toutefois observer que ce n'était pas déjà pour Reynaud Levieux
une si mauvaise note d'avoir été choisi par Nicolas Poussin, entre
les jeunes Français étudiant alors à Rome, pour Tun de ceux les
plus capables d'exécuter, aux frais de M. de Chantelou, les meil-
leures copies possibles des plus excellents tableaux de la ville
éternelle. Florent Lecomte, il est vrai, avait eu le bon esprit de
ne pas omettre le nom de « Levieux de Languedoc » dans le
« dénombrement de quelques étrangers qui ont travaillé à Rome
depuis cinquante ans et plus, et dont les ouvrages leur ont acquis
toute la réputation qu'ils en pouvaient espérer. » Mais quand tra-
vaillait-il à Rome et qu'y avait-il laissé? Nous savons désormais
que ce fils d'un orfèvre de Nîmes devait être né, quoi qu'on ait dit,
bien avant i63o, puisqu'il ne pouvait avoir moins de vingt-cinq
ans pour y être chargé, en peintre déjà expert, de sa part des copies
de Chantelou, à la date de 1643. Cela reporterait donc sa date de
naissance aux environs de 161 8. Au commencement de 1644,
Levieux part de Rome, mais il y reviendra, puisque, Dieu merci
pour sa renommée, il y a laissé cette fois d'autres marques de son
talent que de médiocres copies.
Dans la quatrième chapelle à droite de Saint-Louis-des- Fran-
çais, le tableau de l'autel est de Levieux, et ce seul tableau mérite
d'attacher à son nom un rang des plus honorables dans notre
École. Cette grande toile représente un évêque, dont deux diacres
soutiennent la chape, et qui touche de la main droite les yeux
d'un jeune aveugle, que sa mère à genoux présente au saint per-
sonnage. Le diacre à gauche arrête doucement de sa main droite,
pendant le miracle, un autre jeune aveugle, impatient d'être tou-
ché par le saint. A droite, entre la tête de l'évêqué et celle du
diacre, paraît une tête d'assistant qui a presque la réalité d'un por-
trait. Au-dessus du saint, les cieux sont entr'ouverts, et des anges
volent sur des nuages. Ce tableau est assurément des meilleurs
de Levieux, et je n'en vois guère d'un art plus pieux, plus pur et
plus élevé dans saint Louis. Que n'est-il aussi bien dans une
église de Paris pour y faire connaître son artiste! J'en ai vu le
dessin en France, je ne sais entre quelles mains. Rien ne peut
rendre la douceur, la tranquillité, la piété, le charme de cette pein-
ture aux types beaux et agréables, et dont l'exécution est solide et
n'a rien du lâche de la mode italienne de ce temps-là , peinture
sérieuse et simple et très française. — Ce que je transcris là, c'est
ma note prise devant le tableau en i856, alors que, le volume de
QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J, DARET, ETC. g
Dussieux à la main, je contrôlais, dans les églises de Rome, les
attributions données dans les anciens livres aux ouvrages de ses
Artistes français à Vétranger.
En juillet 1848, M. Achard, archiviste d'Avignon, écrivait à
notre ami Paul Mantz une lettre dont j'extrais quelques lignes :
Avant 1790, Levieiix, ce peintre si austère, si nourri de l'étude de
Raphaël que sa manière en approche et que M. Ingres semble aujour-
d'hui le reproduire, — (il faut bien, mon cher Guiffrey, passer quelque
chose à l'enthousiasme de la province, car autrement nous n'aurions
rien d'elle et nous serions bien attrapés), — Levieux n'avait pas une
réputation qui dépassât l'enceinte de nos remparts. Alors seulement
Nismes voulut le revendiquer, et le gouvernement de cette époque
dépouilla le musée d'Avignon de quatre toiles de ce maître, deux pour
Nismes et deux pour le Louvre ; vous les y trouverez dans la galerie
française. Levieux reçut deux cents écus de la confrérie des Pénitents
de la Miséricorde (d'Avignon), pour avoir peint deux toiles, l'une
représentant sainte Anne, la Vierge et Jésus, l'autre la Mort de Guil-
laume^ duc dAquitaine. Cette dernière passe pour son chef-d'œuvre.
— La confrérie du Chapelet paya au même maître 45 écus pour un
tableau de \Si Purification. Son rapin reçut en outre 8 deniers de
pourboire.
Quant aux- deux toiles venues au Louvre, et qui faisaient par-
tie de la série de tableaux représentant l'histoire de saint Jean-
Baptiste, peints par Levieux pour la chapelle des Pénitents noirs
à Avignon, j'en avais déjà parlé dans mon volume; mais, peu après
la publication de ce volume, je trouvais dans les archives du
musée du Louvre la rectification de l'histoire, racontée par
M. Vincent Saint- Laurent, de commissaires d'art de la Conven-
tion recueillant à Avignon les deux Levieux, qui vinrent à Paris.
Voici la vérité sur le voyage de ces deux tableaux : le r 9 ther-
midor an V de la République une et indivisible, le Directeur
général de Pinstruction publique, Ginguené, écrivait à l'admi-
nistration du Musée central des arts :
Je vous préviens, citoyens, que j'ai présenté au Ministre votre
demande tendant à faire venir du Musée d'Avignon deux tableaux
peints par Levieux., le Musée central étant dépourvu des ouvrages de
ce maître. Le Ministre a, en conséquence, chargé l'administration
du département de Vaucluse de vous adresser ces deux tableaux par
le premier convoi des objets venant d'Italie qui passera par Avignon.
Le citoyen Escudier, chargé de la conduite de ces objets, a également
reçu les ordres nécessaires.
10 QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC.
Et, comme l'administration centrale du département de Vaucluse
n'avait sans doute mis aucun empressement à obéir au ministre
de l'an V^ le 25 frimaire an VIII, le Ministre de l'intérieur,
Laplace, écrivait à l'administration centrale des arts :
Citoyens, j'ai reçu votre lettre du 1 1 frimaire, présent mois, relati-
vement à l'envoi qu'il conviendrait accélérer de deux tableaux de
Levieux, destinés depuis longtemps au Musée central. Je viens d'écrire
au conservateur du Musée d'Avignon, où ils sont actuellement dépo-
sés, de les tenir prêts à partir. Je le préviens, en effet, qu'il doit pas-
ser incessamment par Avignon un convoi d'objets d'art venant d'An-
tibes, et qu'il doit profiter de cette occasion pour faire parvenir à leur
destination ces deux tableaux.
Cette fois pourtant les deux Levieux arrivent à Paris, mais,
comme le Musée spécial de l'école française à Versailles, auquel
indubitablement ils étaient destinés, ne tarda pas à être dissous
pour aller enrichir de ses débris le Louvre, les églises de Paris et
les vingt-deux musées de départements que dota l'Empire, les
deux tableaux du maître Nîmois furent séparés, et s'en allèrent l'un
ci l'autre là, l'un à Bicêtre, la Bénédiction de saint Jean-Baptiste,
l'autre, qui représentait Saint Jean traîné en prison, fut concédé
à la maison impériale de Saint-Denis ; il en est revenu je ne sais
à quelle époque, et il décorait au Louvre, avant le nouveau classe-
ment, l'une des salles françaises du bord de l'eau. Il n'est pourtant
pas des meilleurs tableaux de Levieux, et j'ai quelque idée que
celui de Bicêtre doit mieux montrer que celui-là les qualités douces
et quelquefois charmantes des peintures de ce maître. Un certain
temps après que j'eus écrit cette note, je ne pus me défendre d'al-
ler avec Paul Mantz visiter la chapelle de l'hospice de Bicêtre.
Nous projetions alors un beau travail sur les tableaux des églises
de Paris et de la banlieue, et il nous tardait de voir ce qu'étaient
devenus les tableaux d'A. Lèbre, de Rival^, de Tournier et de
Levieux, attribués, au commencement du siècle, à cette chapelle,
après s'être laissé distraire si imprudemment et si inutilement des
églises, puis des musées de Toulouse et d'Avignon. Nous les
retrouvâmes et les reconnûmes en effet dans ce Bicêtre, et en assez
mauvais état. J'espère que depuis lors on aura mieux respecté la
Bénédiction de saint Jean-Baptiste de Levieux. Quant au Saint
Jean traîné en prison, il a disparu des galeries françaises du
Louvre, et déjà les catalogues de Villot n'en faisaient plus men-
tion. Et finalement qu'est-il advenu de lui? Lors de la seconde
QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC. I I
répartition entre les Musées de province des tableaux rejetés par
les « greniers » du Louvre, la Direction des Beaux-Arts, qui eût
mieux fait peut-être de le renvoyer à Avignon, a eu du moins le
bon esprit de l'attribuer, en 1876, au musée de Nîmes, à la ville
natale de Partiste.
Du temps que j'étais à Aix, on y rencontrait encore des dessins
de R. Levieux. J'ai pu depuis lors en rassembler jusqu'à cinq dans
ma collection. Deux font partie d'une série de compositions sur
les miracles d'un saint évéque : « ... guérit un enfant âgé de dix
ans et perclus de tous ses mambres dès sa naissance; » « ... gué-
rit une fille paralytique de naissance. » Deux autres dessins de la
même suite se trouvaient mêlés à la collection d'estampes de M. de
Baudicour. S'agirait-il ici du même saint évêque, dont l'un des
miracles a été peint par lui à Rome dans Saint-Louis-des-Fran-
çais? Me sont venus par d'autres ventes : Jésus- Christ che^
Marthe et Marie^ grand dessin provenant de la vente C. Giraud,
c'est-à-dire de la collection Aixoise de M. de Bourguignon; une
Assomption de la Vierge^ les disciples sont groupés autour du
tombeau vide, vente Guigou-Maurel, de Marseille-, et un sujet
mythologique : Un berger assis au pied d'un arbre est éveillé par
rapproche d''une nymphe. J'ai pu, Dieu merci, en rassembler un
assez beau nombre de ces dessins de petits maîtres provinciaux que
j'avais étudiés jadis, sans parler de mes innombrables et chers
compatriotes de Normandie. Je citerai du Comtat et de l'École pro-
vençale, outre Daret ox Levieux, le P. de Saillans, Nie. Mignard.
P. Puget^ 12 dessins, J.-B. de la Rose, B. Toro, Pellegrin, J.
Celloni, M. Serre, tous les Parrocel, Dandré-Bardon, Ph. San-
van, Chastel, Moulinneuf, Thibaut, J.-L. Manoyer, David de
Marseille, Gibelin, P. -P. Grégoire, Magnan de la Roquette et
Constantin, maître de Granet et de M. de Forbin. Et de l'école
languedocienne : les Rival^, Lafage, J. Troy, Caumette, Game-
lin, Lange, Roque, le maître de M. Ingres, Th. Richard, le
maître de Brascassat. Et de l'école de Lyon : Th. Blanc het, P.
Sevin, Dan. Sarrabat, Ferd. Delamonce, J. Pillement, J.-J. de
Boissieu, P. Revoil, Orsel, Thierriat, le maître de Saint-Jean. >
Et de l'école de Dijon : Hugues Sambin, Jac. Prévost, de Gray,
Devosge le père, maître de Prud''hon. Et de l'école de Lorraine :
Jac. Callot, Jac. Bellange, Cl. Gellée, Ch. Meslin, Cl. Spierre,
Jos. diamant. EtlePicard Nicolas Blasset d'' Amiens, etleCham- •
penois Hellart de Reims, et l'Orléanais Et. Delaulne, et le Bor-
12 QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC.
délais Lacour, et les trente-cinq Jean Boucher de Bourges. En
vérité, quand j'y songe, cette collection, avec sa chasse aux petits
maîtres, m'a donné bien des joies.
Laissez-moi encore, mon cher Guikfrey, ajouter quelques lignes
pour soulager ma conscience sur le si brave, si gentil et si cavalier
peintre, sculpteur, graveur Jean de Saint-Igny, l'homme des deux
Adorations en grisaille de la chapelle Saint- Yon de Rouen, l'élé-
gant et galant dessinateur du Jardin de la Noblesse française et
de La Noblesse française à Véglise. Deux ou trois notes seule-
ment qui me sont revenues au lendemain de 1847 et que Je suis
trop honteux de ne pas trouver dans son chapitre.
M. André Pottier m'a fait voir, à Rouen, dans la bibliothèque
Leber, deux charmants petits volumes renfermant de nouvelles
séries de costumes dessinés par Saint-Igny et gravés par Briot.
La plus importante, de vingt et une pièces avec explication fort
curieuse des Vestements et des personnages, a pour titre :
Le théâtre de France, contenant la diversitez des habits selon les
qualitez et conditions des personnes, — dédié à messire Charles Per-
rochel, seigneur de Grandchamp, Conseiller du Roy en ses Conseils
et grand audiencier de France. — De S' Igny inventor. Briot, seul.,
— à Paris, chez Jacques Hovervogt, rue Saint-Jacques, à la ville de
Cologne.
L'autre série a pour titre :
Diversitez d'habillemens à la mode, naisvement portraits sur la dif-
férente condition de la noblesse, des magistrats et du tiers état, le tout
dédié à messire Nicolas le Jay, chevalier, seigneur de Tilly, de Mai-
sonrouge, de Saint-Fargeau et de Villiers, Cône"" du Roy en ses Con-
seils et second président en sa cour de Parlement. — A Paris, chez
Jacques Hovervogt excudit. — S* Igi^y inventor. — Briot sculp.
Ce sont évidemment là deux des quarante séries de différents
maîtres composant le Livre de portraiture dont parle l'abbé de
Marolles au n° cxcvi de son Catalogue de livres d'estampes^ et
que je citais à ma page 166, puisque le livre intitulé « Diver-
sités d'habillemens à la mode » y est nettement signalé, aussi bien
que « d'autres livres de portraiture de S. Igny. » Quant aux £'/e-
mens de pourtraiture ou la métode de représenter et pourtraire
toutes les parties du corps humain, par le sieur de Saint-Igny
de Rouen; — Paris, che^ Vautheur (16.^0), — 44 pages de texte,
avec front, gravé, et 14 fig. en buste grav., il y en eut plusieurs
tirages. Ces 14 fig. complètent le premier tirage et ne sont point
QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC. l3
numérotées. Dans les tirages postérieurs, on trouve sur les qua-
torze bustes la marque ajoutée des chiffres de la série générale, qui
est fort nombreuse. Voici l'intéressant privilège de ce rare et pré-
cieux petit livre :
Extraict du priuilège du Roi. — Par grâce et privilège du Roy, il
est permis à Jean S. Igny, peintre et sculpteur, de faire imprimer et
graver, par tel imprimeur et graveur ou libraire qu'il voudra choisir,
un livre intitulé : les Elemens de Pourtraitures, et défenses sont faites
à touttes personnes, de quelque qualité et condition qu'ils soient, de
l'imprimer, vendre ny distribuer, durant le temps et espace de trois
ans, à peine de confiscation des exemplaires, d'amande arbitraire et
de tous despens, dommages et interests, comme il est déclaré plus
amplement en l'original de ces présentes. Donné à Lyon, le dixhuic-
tiesme jour d'octobre mil six cens trente, par le Roy en son Conseil.
Pizet.
Ce sont, en regard du texte, des têtes vues de face ou de profil,
ou en raccourci, des costumes de gentilshommes, de dames, de
moines, vus à mi-corps, quelques figures de femmes et d'enfants
nus, avec l'indication seulement pointillée de leurs proportions,
enfin des enfants jouant dans des fonds de paysage. De ces pièces
très nombreuses à l'eau-forte, les unes sont ombrées, les autres sont
au trait, quelques-unes, je l'ai dit, seulement pointillées.
« Mon opinion bien arrêtée, m'écrivait M. Robert-Dumesnil, est que
les figures du texte et que les bustes finis et ceux au trait ou à peu
près qui l'accompagnent sont dus à la pointe pleine de goût et d'effet
de notre compatriote, dont la qualité de sculpteur se révèle pour moi
autant par les deux grisailles que vous citez que par le repentir qui
se voit dans son joueur de cornemuse, à la partie du manteau tou-
chant le verre de clairet. »
Une bien curieuse confirmation de sa qualité de « sculpteur »
se rencontre dans une lettre que m'adressait de Caen M. Trebu-
tien, le i8 novembre 1848 :
En explorant trois portefeuilles renfermant les notes envoyées de
Caen à Huet pour ses Origines, j'ai trouvé le nom de Saint-Igny^
qui aussitôt m'a fait penser à vous. Voici tout le passage qui vous
intéresse peut-être : « La première pierre de l'église (des Capucins)
fut posée par M. le Président de Criqueville. Les deux tableaux du
grand autel et de la chapelle Notre-Dame furent donnés par M™« de
la Louppe, mère de M^^ la Mareschale de la Ferté. Celui du grand
autel, qui est une Adoration des Rois, coûta 800 livres. Celui de la
chapelle, qui est une Notre-Dame de Pitié, en coûta 400. Tous deux
14 QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J, DJIRET, ETC.
originaux de Vignon. Le tabernacle où repose le S' Sacrement fut
donné par M™e de Ruandé, et, quelques années après, M. l'abbé de
Franquetot donna la contretable de l'autel, ouvrage corinthien fait
par Saint-Igny. »
Saint-Igny me paraît avoir été très employé à Caen, dans toutes
les variétés de ses talents :
Le Mandarin me pria de vous dire, puisqu'il n'avoit pas été assez
heureux pour retourner à Siam en votre compagnie, qu'il emporte-
roit votre portrait, ayant dans ce même temps prié M. l'abbé de
Choisy de lui donner le buste que le sieur de Saint-Igny a fait de
vous, que j'asseuré le Mandarin vous ressembler parfaitement, M. de
Choisy lui fit ce présent, qui fut en ma présence empaqueté dans
son bagage pour l'emporter... (Lettre de M. d'Angranville à M. de
Saint-Martin, protonotaire, marquis de Miskou, Mandarin de Siam
du premier ordre. — Suite de la Mandarinade, à La Haye, chez Pau-
pie, 1739.)
Nul modèle ne pouvait mieux convenir que ce grotesque au
goût capricieux de Saint-Igny, et, puisque leurs relations sont
notoires par ce passage de la Mandarinade, je serais assez porté à
attribuer à Saint-Ignjr quelques-uns des tableaux, fontaines et
statues dont l'abbé de Saint-Martin décora les églises et places
publiques de sa ville de Caen, et dont, ainsi que je l'ai dit ailleurs,
en cette même Revue de V Art français, à propos des artistes bas-
normands, on rencontre les mentions éparses dans les trois parties
de la Mandarinade.
Quant aux origines et à la fin de cet habile artiste, le plus
agréable dessinateur des élégances de son temps, main adroite à
tout, à la peinture, à la sculpture, à la gravure, un peu architecte,
écrivain théoriste, nature variable, délicate et capricieuse, j'aurais
beau dire, pour sembler Tapprécier gravement, que Saint-Igny
me paraît l'un des derniers venus de cette petite école vraiment
française, antérieure au Poussin, qui se maintient entre Fréminet
et Claude Vignon, entre Rabel et Quintin Varin, et ne se sou-
ciait guère de connaître Rome que par Fontainebleau ; deux ou
trois dates venant de Rouen font mieux notre affaire que ce ver-
biage, et Montaiglon, en rééditant dans les Archives de VArt
français [Documents, tome VI, page 179 et suiv.) les statuts de
la corporation des peintres de Rouen, avec la liste des maîtres de
la confrérie dei63iài7i4, a rendu à Saint-Igny le plus profi-
table des services. Nous y voyons Jean de Saint-Igny signant, le
QUENTI>f WARIN, L. FINSONIUS, 3. DARET, ETC. r5
17 septembre i63 1, avec tous ses confrères de Rouen, — et dans ie
nombre on rencontre les noms de Noël Jouvenet^ Etienne Ma^e-
line^ N. Heude, qui prendront lustre plus tard à Paris par leurs
enfants; — Jean de Saint-Igny signant les « statuts et ordonnances
de la confrérie et association érigée par les maîtres peintres et
sculpteurs de Rouen, que prétendent fonder et instituer, sous le
bon plaisir et authorité des illustrissimes et reverendissimes arche-
vêques de Rouen ou de leurs grands vicaires^ à l'honneur de Dieu
et de la glorieuse Vierge Marie, sous l'invocation et titre de saint
Luc, évangéliste, les confrères et sœurs de ladite confrérie, ainsi
que d'antiquité elle a été fondée ; mais, à cause des troubles et divi-
sions avenues en cette ville et ailleurs, elle auroit été négligée et
discontinuée. » Et, dès la cinquième année de la réorganisation de
la confrérie, Jean de Saint-Igny^ en i635, en était élu maître.
Son successeur, en i636, sera NoëlJouvenet. Plus tard le suivront
sur cette liste Jean Jouvenet Tancien (i65i), Laurent Jouvenet
(i653) et le grand Jean Jouvenet son fils (1700), Louis Restout
(i658), Jean Restout (1695), Etienne Ma^eline (1643), Robert
Ma\eline (1660), Laurent Lévêque (1644), sans doute celui dont
le nom fut mêlé à Paris aux origines de l'Académie royale, Adrien
Sacquespée (r66i), Pierre Sacquespée (1705), et A^. Heude etles
Pillement et Bacheley, dont les noms reparaîtront plus tard dans
rhistoire de l'art français. J. de Saint-Igny, qui déjà sur le titre
des Elémens de pourtraiture, en i63o, se nommait lui-même
« le s"" de Saint-Igny de Rouen, » n'avait donc pas lardé à quitter
Paris, où l'on sait parle titre de la Noblesse française à Véglise
qu'il demeurait en 1629 a au faubourg Saint-Germain, proche de
la porte de Bussy, au Grand-Turc, » et à regagner sa ville natale,
où il se fixait à demeure, puisque, en i63r, il signe les statuts de
la confrérie, et, en i635, ses compatriotes, sûrs de la renommée
conquise par lui dans la capitale, lui conféraient pour cette année
la plus haute dignité de leur confrérie. L'année suivante, i636, il
peint à Rouen les deux belles grisailles de V Adoration des Mages
et de V Adoration des bergers, que nous retrouvons aujourd'hui
à Saint-Yon, et depuis lors nous ne rencontrons plus nulle trace
de lui dans ce Paris dont il semblait avoir tant aimé les modes
coquettes des nobles dames et le bel air des gentilshommes, pour
les élégants ajustements desquels ses dessins avaient si longtemps
fait loi. On dirait qu'il n'a plus voulu vivre et travailler que pour
sa province de Normandie, car, après Rouen, c'est à Caen qu'il
l6 QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC.
nous apparaît encore, et, à en juger par l'âge où il dut sculpter le
buste de l'abbé de Saint-Martin, il faut croire que Tair salubre de
sa province le conserva longtemps.
Il est même possible qu'il ait exercé là une certaine influence.
Je possède un grand et fort beau dessin deLetellier. Il représente
la Vierge assise et tenant debout près d'elle Tenfant Jésus qui de
la main droite caresse le menton de sa mère, A gauche, debout,
se tient saint Michel, sa lance renversée et appuyant le pied sur le
démon terrassé. A droite se voit agenouillée une jeune sainte qui
baise, avec une dévote tendresse, Tun des pieds du divin enfant.
Tout cela, bien que certains frottis de sanguine et quelques traits
de mine de plomb aient cherché une partie du modelé de la tête
de la Vierge et la place de diverses draperies , n'est en réalité que
l'étude à la plume du nu dans les personnages delà composition,
mais une étude très serrée, nette et précise de la nature. Or, ce tra-
vail de la plume est d'une finesse, et d'une légèreté, et d'une sûreté
admirables. Je ne trouve rien dans ce procédé qui rappelle, en quoi
que ce soit, la manière du Poussin, dont on a toujours dit que
Letellier avait pris les leçons, ni la façon large et grasse que l'on
connaît à Jouvenet et aux Restout, et qu'on leur pouvait croire
venue d'héritage. L'exécution de ce dessin me rappellerait bien
plutôt la plume fine et légère et sûre des deux seuls dessins que je
sache de Saint-Igny, l'un une feuille de croquis dans la collection
nationale du Louvre, l'autre qui est l'une de ses figures de gen-
tilshommes à la mode et qui était venue dans la collection de
M. Hipp, Destailleur. Ce procédé délicat, ferme et hardi, qui
montrait une science point hésitante, avec tous les agréments et
les grâces d'un instrument docile, n'était point fait pour déplaire
aux artistes de sa province.
Pour en revenir, — et de très loin, — à notre Quintin Varin,
vous serez le premier à me dire, mon cher Guiffrey, que, depuis
1847, ^^^^ ^^ ^"^"^ premier volume des Peintres provinciaux , les
affaires de ce peintre très intéressant se sont fort éclaircies. J'avais
connu par les lettres de M. Elle Petit ses tableaux de Beau vais et
constaté à Fontainebleau, dès 1847, la ruine de son Christ à la
piscine; à Saint-Étienne-du-Mont, de Paris, \q Saint Charles dis-
tribuant les aumônes; j'avais vu son tableau de la cathédrale
d'Amiens, et, en grimpant à une échelle, j'avais lu dans l'église
QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC. I7
Saint-Gilles d'Abbeville, au bas de son Christ en croix, sa signa-
ture et sa date. Aux Andelys, en 1 85 1, j'avais reconnu ses tableaux
datés de 1612 que M. Gandar devait décrire, en 1860, dans la
Galette des Beaux-Arts, et, à la même date, les précieuses lignes
sur Varin arrivaient à leur place dans V Abecedario de Mariette.
Enfin Jal nous rendait le grand service de trouver sa date de mort
et auàsi le nom de sa femme, sœur de peintre et morte peu après
son mari. Nous n'avons donc aujourd'hui qu'à remettre quelque
peu d'ordre dans ces dates et ces œuvres de Varin et il nous appa-
raîtra ce qu'il fut en son époque, un artiste de vraie valeur, plus
digne qu'aucun de son temps de révéler son génie à Nicolas Pous-
sin, digne aussi de la protection des deux reines et du roi et de la
faveur de ce M. de Noyers qui, vingt ans après avoir employé le
maître à Fontainebleau, devait mander de Rome son glorieux
élève. »
Quentin Warin (car c'est là, à n'en pas douter, son vrai nom,
qu'il latinise, à la mode du temps, au bas de ses tableaux, et le
nom ainsi transformé de Quintin Varin lui en restera dans l'his-
toire), Quintin Varin est-il né à Amiens? est-il né à Beauvais?
Félibien, de Piles, Florent Le Comte, Mariette, c'est-à-dire les
historiens parisiens de notre peinture, et aussi Moréri et naturel-
lement aussi M. Dusevel, en son Histoire d'' Amiens, tiennent
pour Amiens. D'autre part, M. Gilbert, dans sa description de la
cathédrale d'Amiens, et les historiens du Beauvaisis le réclament
pour Beauvais. Je serais peut-être de cet avis, mais pourtant le
plus sûr serait de s'en tenir au terme de « originaire de Picardie »
que fournit Piganiol de la Force. Ce que l'on sait, c'est que,
tiraillé entre ces deux villes, Varin « avait appris à peindre de
maître François Gaget, chanoine de Beauvais, dont il y a quelques
peintures dans la cathédrale qui n'approchent pas de celles de son
écolier... Varin est le premier des Français qui a su peindre la
perspective, et le frère Bonaventure d'Amiens, capucin, lui en
avait donné l'ouverture. » Notez que ce Père Bonaventure était,
dit-on, le propre frère de Nicolas Blasset , le fameux sculpteur
d'Amiens. — Et c'est ici, mon cher Guiffrey, qu'il me paraît juste
de vous faire faire mieux connaissance (car vous l'avez retrouvé
plus tard lors de votre réimpression de la Collection des livrets
de Salons) avec un modeste et laborieux chercheur de notre batail-
lon, qui s'occupa avec ténacité de Varin, dès Pannée qui suivit
la publication de mon volume.
ART FR. IV %
l8 QUENTIN WARIN, L, FINSONIUS, J. DARET, ETC.
Il y avait en ce temps-là un avocat de Paris, M. Élie Petit, qui
s'intéressait à Phistoire des artistes français. Il avait même assem-
blé, comme nous tous, de gros paquets de notes et s'était mis en
relation avec Eud. Soulié, avec moi, avec tous ceux qui alors fai-
saient mine de se mêler de pareille besogne. Les hasards de la des-
tinée n'avaient pas tardé à le conduire à Creil, comme chef de la
gare. Il poussait de là facilement des pointes vers Amiens ou vers
Beauvais. Vous reconnaîtrez sans doute, ici et là, qu'il s'échauffait
peut-être trop aisément sur les qualités de notre cher peintre, par-
lant de ses œuvrçs, par un enthousiasme bien naturel, du même
ton qu'il eût parlé des maîtres les plus célèbres; mais cela, devant
les honnêtes ouvrages de nos inconnus, ne nous est-il pas arrivé
à tous? Dès 1848 et 1849, M. Élie Petit, dans des lettres adres-
sées à Soulié et à moi, nous avait signalé et décrit les tableaux de
Varin et de son maître, le chanoine Gaget, vus de ses yeux dans
les églises de Beauvais ou d'Amiens. Mais, à propos de Tarticle
publié par moi dans le Magasin pittoresque (mars 1 849) sur les
œuvres d'art contenues dans l'église Saint-Étienne-du-Mont (j'avais
alors projeté d'écrire une série de courtes notices sur les peintures
et sculptures trop peu connues qui décoraient les églises de Paris) ,
M. Petit, profitant de la description que je donnais là du tableau
de Varin, Saint Charles distribuant des aumônes aux pauvres,
adressa à M. Gharton pour son excellent recueil une lettre qui,
par malheur, n'y fut pas imprimée, mais qui donnait sur le peintre
picard des renseignements fort nouveaux alors et qui même
aujourd'hui n'ont point iperdu leur intérêt; et c'est pourquoi je
crois loyal de vous transcrire ici les parties de cette longue lettre
qui touchent à celles des peintures de Varin demeurées en Picardie :
Quintin Warin est vraisemblablement né à Beauvais. Du moins
est-il certain qu'il y a reçu des leçons de peinture de François Gaget,
chanoine de la paroisse Saint-Étienne, peintre médiocre ^, et peut-
I. J'ai vu, à Saint-Étienne de Beauvais, dans le bas-côté de droite, en
entrant, une Cène de F. Gaget, assez faible, autant que l'on en peut juger
sous la poussière. Le tableau porte cette singulière inscription : F. GAGET
INV. ET FEG. HVJVS EGGL. CANONIG. GVJVS EFFIG. NON APPARET.
{Inventé et fait par F. Gaget, chanoine de cette église, dont le portrait
n'est pas là.) Sur le devant, on voit une figure à mi-corps de chanoine (pro-
bablement le donateur du tableau), que l'on aurait pu prendre pour celle de
l'auteur. C'est sans doute pour éviter la confusion qu'il avertit que cette
figure n'est pas la sienne.
QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC. I9
être aussi de sa mère^. Son professeur de perspective fut le Père
Bonaventiire^ Capucin d'Amiens.
On ignore la date de la naissance de Warin, mais, en 1 610, il quitte
Beauvais pour voyager, suivant l'usage à peu près constant des peintres
de cette époque. Sur sa route, il rencontre aux Andelys Nicolas Pous-
sin^ âgé de seize ans, cet écolier indiscipliné qui avait fait le désespoir
de son maître pour les dessins dont il couvrait ses livres, et lui donne
d'utiles leçons. Puis Q.. Warin^ de retour à Beauvais, peint à fresque,
dans la grande allée du cloître des Jacobins, des pages importantes
représentant : Saint Paul prêchant les Athéniens^ — Jésus devant
Pilate, — le Couronnement d'épines. A Saint-Martin de Beauvais,
derrière le choeur, il y avait une grande Assomption^ de sa main.
On ne peut juger du genre de ces travaux détruits, perdus ou relé-
gués dans quelque coin où la tradition ne les a pas suivis et sur le
mérite desquels le chroniqueur ne dit rien; mais il reste encore,
dans l'église Saint-Pierre, à Beauvais, quatre tableaux sur bois de
Q.. Warin, aussi différents de la manière du chanoine Gaget que de
celle des dernières œuvres connues de Warin, mais évidemment ins-
pirés par l'Ecole flamande. Aussi ne serais-je pas éloigné de croire
que notre peintre, après avoir quitté le jeune Poussin, a visité la
Flandre. De 1610 à 1617, on ne trouve de lui aucune trace.
Ces quatre tableaux sont : i" une Flagellation du Christ, qui était
en 1704 à Beauvais, chez la veuve d'un avocat, Antoine Mauger. Le
Christ est attaché à la colonne ; deux bourreaux le frappent. Un troi-
sième, à la lueur d'une chandelle, rattache et serre une poignée de
verges. A droite, un soldat tient le roseau et la couronne d'épines ;
à gauche, un enfant éclaire avec une torche l'ensemble de la scène.
J'ai relevé sur le panneau même et calqué la signature suivante :
Q. Warin inuê — et pingebat. Ce tableau , bien que défiguré en
partie par les frottements d'un nettoyage maladroit, est une œuvre
recommandable. Le dessin est faible, quoique l'auteur ait abordé
résolument des raccourcis très difficiles. La couleur est belle et les
effets de lumière sont habilement rendus. Les expressions de figure
sont communes et accusent, ainsi que la facture générale, l'étude
des Flamands. La douleur du Christ est trop humaine. 2" Le Christ
en croix. Des anges recueillent le sang qui coule de ses plaies. Le
I. On lit dans la Description de la France, par Piganiol de la Force, qu'en
1647, il y avait, aux Ursulines d'Amiens, une Religieuse nommée la Mère
Warin (par un double W), mère du peintre du Roi de ce nom, qui avait fait
vœu d'exécuter les peintures de l'église. Elle en avait fini les dessins, mais
elle était morte avant d'avoir pu donner un seul coup de pinceau. — Zani
cite une demoiselle Varin, fille de Quintin Varin (sic), florissant en 1640,
comme peintre d'histoire.
20 QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC.
Christ est fort beau ; les anges sont lourds et communs. De beaux
effets de lumière répandent sur la scène un certain charme, mais
sans compenser suffisamment l'inexpérience et les tâtonnements.
3° La Vierge et Jésus enfant sur ses genoux. Des anges montrent
à ce dernier la croix et les autres instruments de la Passion, Cette
petite page, très inférieure aux autres, est d'un écolier. Il est impos-
sible cependant de n'y pas reconnaître la même main. 40 La Vierge
assise et tenant sur ses genoux le corps livide du Sauveur expiré.
En comparant ce tableau avec ceux qui précèdent, on ne peut guère
douter qu'il ne soit de Q.. Warin. Mais il est très supérieur par
la fermeté du pinceau comme par l'énergie et la noblesse des expres-
sions.
Chez M. Lefèvre-Soyer, à Beauvais, j'ai vu récemment trois
tableaux, aussi sur bois, de Q.. Warin. Le premier représente le Christ
à la colonne. Au fond, on voit deux vieillards coiffés de turbans. Le
Christ est énergique, mais d'une expression vulgaire et d'un dessin
incorrect ; la couleur est vigoureuse et offre les contrastes de lumière
et d'ombre familiers à Warin. Le panneau est carré; la scène est
contenue dans un ovale et les coins du carré sont ornés de fleurs.
Le deuxième montre /'a Vierge au milieu du ciel et debout sur un
croissant. En haut, sont deux anges adultes, habillés, qui semblent
s'apprêter à recevoir la reine des cieux en chantant. Ils sont lourds,
surtout en ce qui concerne les draperies, et assez semblables aux
anges du Christ en croix décrit plus haut. En bas, aux pieds de la
Vierge, mais des deux côtés, voltigent deux anges, sous des figures
d'enfants et presque nus , d'une facture délicieuse , d'une couleur
transparente qui contraste avec les anges d'en haut, et posés avec
beaucoup de grâce. La Vierge, dans une position simple et noble, a
beaucoup d'éclat ; les draperies, plus légères que celles des anges, ont
cependant de l'ampleur et de la dignité. La couleur de ce charmant
tableau est à la fois ferme et délicate. Le dessin est très supérieur à
celui des autres œuvres de Q. Warin à cette époque.
Le troisième est une Mise au tombeau. Le Christ est couché sur
un linceul relevé par le haut, à l'endroit où pose la tête, et dont les
bouts sont tenus par deux anges adultes. Un autre ange, sous la figure
d'un jeune enfant, tient les clous et la couronne d'épines ; il pleure
amèrement. Un quatrième ange, placé dans le bas, à gauche, tient
une longue torche allumée. La Madeleine, à genoux devant le Christ
et dans l'attitude de la douleur la plus vive et la plus noble, lave une
main du Christ, qu'elle couvre en même temps de baisers. A ses pieds
est un vase en or qui lui sert à rendre au Christ mort ce pieux devoir.
Ce magnifique tableau porte la signature : Q. Warin inuê — et
pingebat, semblable à celle de la Flagellation. Il accuse un immense
progrès dans le talent de l'auteur. Si la figure de l'ange qui pleure
QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J, DARET, ETC. 21
fait une grimace peu noble, elle est remarquable comme expression.
Le Christ mort est sublime; Madeleine et les autres anges ont un
air grandiose auquel le peintre ne nous a pas encore accoutumés;
la couleur est sombre, e'nergique et merveilleusement conservée ; les
effets de lumière, admirablement sentis, jettent sur toute la scène
une profonde terreur'.
Déjà Warin secoue la manière flamande jusqu'ici remarquée dans
ses œuvres. Le dessin s'élargit et revêt de la grandeur et de la dis-
tinction. L'auteur change de voie; il inaugure, par une page saisis-
sante, la manière large et originale que nous aurons plus tard à faire
apprécier.
Simon, dans le Supplément à l'histoire du Beauvoisis, cite encore :
i" Une Petite Assomption de la Vierge (est-ce celle de M. Lefèvre-
Soyer?) placée dans l'église des Jacobins de Beauvais, vis-à-vis de la
chaire à sermon et Jort finie.
2° Un Grand Crucifix chez le s. Tristant, président en élection.
3° Un Saint Sébastien chez M« Claude Caignart, procureur.
40 Un grand Saint Pierre., chez lui.
« Ce qui était cause, ajoute-t-il, qu'il [Warin] ne gagnait pas tant
est qu'il voulait faire tout lui-même à ses tableaux. Il peignait aussi
avec beaucoup de netteté toutes sortes de caractères, tant avec le pin-
ceau qu'avec la plume. »
Où sont les manuscrits, peut-être les enseignes, que le conscien-
cieux artiste a faits pour vivre ?
Au milieu de tous ses voyages, Warin vint à Amiens, oii il peignit
des familles entières. Ces portraits, du genre qu'on appelle histo-
rique, étaient encore, en 1704, dans l'église cathédrale d'Amiens.
I. Notre ami A. de Montaiglon, à la lecture de cet article en épreuves, nous
communique obligeamment la note qui suit, au sujet de la Mise au tombeau :
« C'est évidemment le tableau que j'ai eu le plaisir de voir à Beauvais en
août 1886, dans la curieuse collection, presque un Musée, de M. de La Herche.
Je transcris simplement la note de mon carnet :
c Tableau de Varin, signé en deux lignes :
« Q. Warin invê
« et pingebat.
« Le Christ mort, couché sur son tombeau. A droite, la Madeleine, qui
« vient de laver ses plaies, lui baise la main gauche. Deux anges soulèvent
« sous sa tête le linceul sur lequel il est étendu. Un enfant à gauche, grima-
« çant de douleur, tient les clous et la couronne d'épines. Au coin gauche,
« un ange agenouillé tient une très longue torche. Les têtes de l'ange et de
« la Madeleine sont presque dans le goût de Bellange. Sur bois, très noir,
«1 en hauteur, de trois pieds sur deux pieds et demi. » Je n'ai à ajouter à cette
note, prise devant l'original, que ceci. Ce doit être de la jeunesse de Varin;
c'est vigoureux, violent et parfois maladroit; il y a loin de là au tableau des
Carmes Déchaussés de Paris. »
22 QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC.
Vous avez remarqué, dans l'une des notes de la lettre ci-dessus
de M. Élie Petit, la curieuse mention, d'après Piganiol de la Force
{Description de la France], de cette Religieuse Ursuline d'Amiens
a nommée la mère Warin^ mère du peintre du Roi de ce nom, qui
avait, en 1647, fait vœu d'exécuter les peintures de l'église de son
couvent. » Elle en avait fini les dessins, mais elle était morte avant
d'avoir pu donner un seul coup de pinceau, — et aussi Pindi-
cation, d'après Zani, d'une « demoiselle Varin, fille de Quintin
Varin, florissant en 1640, comme peintre d'histoire. » — D'abord
je me sentais disposé à ne voir dans cette « mère Warin » et cette
a demoiselle Varin, » Tune mère, Tautre fille de notre peintre,
qu'un seul et même personnage, et, aujourd'hui que nous savons
le jour précis de la mort de Quentin en 1634, la date de 1647
rendait impossible l'attribution du travail des Ursulines à la mère
de notre artiste. En tout cas, si parenté il y avait, et elle était pré-
sumable, elle semblait fournir un argument de plus à la naissance
à Amiens de notre Quentin^ car, si la famille eût été de Beauvais,
les couvents n'eussent pas manqué dans cette ville à la mère ou à
la sœur du peintre, et celle-ci ne fût point venue, de préférence à
sa ville natale, demander un asile aux Ursulines d'Amiens. Mais
c'est décidément Zani qui avait raison, et, quand Montaiglon rédi-
gea la note pour VAbecedario, il y produisit le renseignement de
bonne source, emprunté à l'histoire locale, et qui pour nous doit
faire foi : « Varin laissa une fille héritière de ses talents. Voici ce
qu'en dit le P. Daire, et dans son Histoire d'Amiens^ ^1^1-, ^^^"4%
II, p. 319, et dans son Tableau historique des sciences^ belles-
lettres et arts en Picardie, 1768, in-12, p. 197-8 : L'église des
Ursulines d'Amiens, commencée en 1624, fut consacrée en 1628,
et ce fut la mère Canterel de Saint-Augustin, seconde supérieure,
qui, songeant à décorer de peintures cet édifice, employa à cet
ouvrage la sœur Sainte-Magdeleine, fille de Quintin Varin, mais
la mort l'enleva avant qu'elle eût fait autre chose que les dessins.
Ceux-ci furent exécutés par les sœurs Françoise Becquerel, dite
de Sainte-Marie des Anges, Marguerite Canteraine , dite de
Sainte-Agathe, et Françoise du Croquet, dite de Saint- Augustin.
Le crucifix de la voûte, « dont la perspective est charmante, » —
Varin avait dans la perspective une réputation particulière, — était
de la façon de la mère Françoise Becquerel des Anges, native
d'Amiens. »
1628, ce serait à mon sens, et plus loin je dirai pourquoi, le
QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC. 23
moment où Varin aurait exécuté son Christ en croix de la cathé-
drale d'Amiens. Aurait-il, vers cette époque, confié aux soins des
Ursulines de cette ville une fille d'un premier mariage, née à Beau-
vais peut-être, avant le départ de son père, et qu'il aurait instruite
en son art? J'ajouterai, pour ne rien omettre, que M. de Marsy,
dans sa monographie de l'église Saint-Jacques à Compiègne
[Inventaire des Richesses d'art de la France. Province, monu-
ments religieux, t. I", p. 174), lui attribue un « Christ insulté et
couronné d'épines. Le Christ, assis, les mains liées, est entouré
de trois soldats, dont l'un lui enfonce sur la tête la couronne
d'épines. »
Simon nous donne la date de 16 10 comme celle de l'année où
Quintin Varin quitta Beauvais. De quel côté se dirigea-t-il ? Les
dates nous manquent, ces précieuses dates qu'il écrivait volontiers
au bas de ses tableaux à la suite de sa signature. On peut présu-
mer toutefois qu'il prit directement la route d'Amiens, car on sait
aujourd'hui que ce n'est pas en 16 10, bien qu'on l'ait cru long-
temps, qu'il alla aux Andelys donner l'éveil au génie du PoM^^m,
mais en 161 2, et de là deux années inexpliquées, qui ont dû logi-
quement s'utiliser à Amiens.
Simon, dans son Supplément à Vhistoire du Beauvoisis, cha-
pitre des Beauvaisiens illustres dans les arts, disait, en 1704, que
Quintin Varin^ après quantité d'ouvrages exécutés à Beauvais,
« alla à Amiens où il peignit plusieurs familles entières qui sont
dans l'église de Notre-Dame. » Il s'agit évidemment ici de tableaux
de la confrérie de Notre-Dame du Puy ; et, en remontant aux
années 1608 à 161 2, on trouverait certainement dans l'Histoire
littéraire de la ville d'Amiens (Paris, 1782), où le Père Daire
donne la liste chronologique des maîtres de cette confrérie, avec
leurs devises ou refrains^ les noms des familles pour lesquelles
travailla Quentin Warin. Mais involontairement il est impossible,
à propos de ces tableaux de donateurs que notre Quentin peignait
là dans sa province de Picardie, de ne pas songer à une autre
grande toile de même genre qu'à l'autre bout de la France exécu-
tait, à la même époque, un artiste de même nom, un autre Varin.
J'avais lu dans la Description du Musée de Narbonne , par
M. Tournai (1847) : « Portrait des six consuls de Narbonne pen-
dant l'année 1607. Voici leurs noms : Jehan Barrau, Pierre Pélis-
sier, Antoine de Reboul, Jehan de Cogomblis, Guillaume Bus-
24 QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC.
chet et Pierre Baron. Ce tableau a été peint par Varin. » J'avais
traversé Narbonne à deux reprises sans pouvoir Juger du tableau
par mes yeux. En i865, l'obligeant M. Tournai voulut bien m'en
écrire ces lignes :
Les six consuls sont représentés en costume officiel (nîanteau
pourpre doublé de velours noir), à genoux et les mains jointes ; saint
Pierre occupe le centre de la composition; la toile a S^'oô sur i™55.
Elle est signée : 10. VARINVS INor ET FECIT. 1607. — Les six
autres tableaux du même genre que possède le Musée ne sont pas
signés (l'ancien catalogue mentionnait en effet les portraitures des con-
suls de Narbonne en exercice pendant les années 1600, i6o3, 1626 et
1643).
« J'ignore, ajoutait M. Tournai, comment et pourquoi Varin
fut chargé d'exécuter ces portraits. On ne les exécutait, du reste,
que dans les circonstances solennelles, entrée d'un prince ou d'un
archevêque, etc. » Cette coutume à Narbonne de peindre les con-
suls rappelle le même usage qu'on avait à Toulouse de représen-
ter en une composition pareille les Capitouls (v. le superbe tableau
de Chalette], à Lyon et à Paris les échevins; c'était une très noble
mode de ce temps. Mais qu'était-ce que ce Jean Varin? et que
faisait-il en ces parages, où l'on ne trouve guère d'autre œuvre de
lui? Était-il parent du nôtre, vagabond comme lui et cherchant
fortune comme lui au hasard des commandes ?
Mais ce n'est point seulement un vague souvenir de travaux
nombreux que Quintin Varin a laissé à Amiens. Dans la cathé-
drale d'Amiens, à la chapelle Saint-Sébastien, se voit encore son
Christ en croix entre saint Jean et la Vierge debout, peinture un
peu assombrie, mais vigoureuse, et qui ne semblerait pas de ses
premiers temps. La date du tableau, fort bien conservé d'ailleurs,
de ce contreretable est fort incertaine. M. Gilbert le croyait peint
en i638 ; il n'y a à cela qu'un empêchement, c'est que Varin était
mort depuis quatre ans. Un autre tableau de la même cathédrale,
dans un contreretable pareil et faisant pendant à celui-ci, nous
pourrait toutefois aider dans nos hypothèses ; car les deux autels
de même époque, décorés symétriquement, ont dû recevoir leurs
peintures à peu de distance l'un de l'autre. Ce pendant au Christ
en croix du Varin représente une Assomption de la Vierge; au
bas sont divers personnages, regardant avec admiration le tom-
beau qui est vide. Le tableau est signé : D" I. FRANCKENin et
F. ANNO 1628. Je croirais donc la peinture de Varin d'une
QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC. 25
date fort approchant de celle-là et j'ai dit plus haut comment, vers
cette même année, la propre fille du peintre, religieuse aux Ursu-
lines d'Amiens, était chargée par sa supérieure de décorer la cha-
pelle de son couvent.
Quand il écrivait son Histoire d'Amiens^ M. Dusevel notait
qu'un tt amateur de cette ville possédait une esquisse de Varin^
peinte sur bois, qui mériterait d'être conservée à la bibliothèque. »
Le 1 5 juin 1 85 1 , je fis, comme tout le monde, le pèlerinage des
Andelys pour assister à l'inauguration de la statue de Nicolas
Poussin, et, à cette occasion, je parlai, dans le journal d'Argentan
et dans le petit tirage à part qui fut fait de mon récit, de ce que je
venais de voir dans la très belle église de Sainte-Clotilde, « de ces
deux si curieuses peintures signées du nom de Quintin Warin,
toutes deux datées de 1612, et dont l'une représente le Martyre
de saint Laurent (je m'étais trompé, c'est saint Vincent dont l'ar-
tiste a peint ici la légende), l'autre une Regina cœli. — 161 2, cette
date était bonne à constater, car on a toujours supposé, d'après
Simon, que c'était en 16 10 que Warin était venu aux Andelys;
et, par la date précise des tableaux de Sainte-Clotilde, on voit que
Nicolas Poussin n'était plus un enfant de seize ans, mais un
homme de dix-huit ans, quand l'esprit révélateur, sous la forme
de Quintin Varin, vint exécuter sous ses yeux la grande compo-
sition du Saint Laurent qui décore aujourd'hui la chapelle de la
Charité et lui tirer des entrailles le Anche io du Corrège. » Ma
visite avait été tellement rapide, au cours de cette journée très rem-
plie, que je n'avais pas eu le temps de reconnaître le troisième
tableau, le Martyre de saint Clair, également signé de Quintin
Varin, et que M. l'abbé Porée, curé de Bournainville, si actif et
si heureux en trouvailles, nous a rendu le service de nous signa-
ler à la suite des deux autres tableaux du Varin (le saint Clair fait
évidemment pendant au saint Vincent par ses proportions et par
la disposition des sujets accessoires aux quatre angles de la toile),
et qu'il nous a décrit de même dans la Revue de VArt français,
n° de décembre 1 884.
Déjà M. Gandar, en son très intéressant travail : Souvenirs de
la jeunesse de Nicolas Poussin, publié dans la Ga:{ette des Beaux-
Arts, i5 janvier 1860, avait donné la plus consciencieuse des-
cription, la plus délicate et la plus poétique des deux tableaux de
Varin : V Assomption et le Martyre ou plutôt la Légende de saint
Vincent. Il en avait, comme après lui M. l'abbé Porée, relevé la
20 QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC.
date précieuse de 1612. La Regina cœli est même signée, avec
plus de précision encore : Quintinus Varinus inven. et pingeb.
mensejul. 16 12.
Il est certain par les témoignages de tous, et plus que sûrement
par celui du Poussin, car Poussin est le seul qui ait pu informer
tous ces Italiens du xvii® siècle, Bellori et les autres, « du grand
mérite que l'on devait reconnaître dans les œuvres laissées par ce
Varin aux Andelys et à Paris ; » il est certain que les peintures
exécutées aux Andelys sous ses yeux ont été pour Nicolas Pous-
sin la grande lumière, la révélation subite et supérieure de l'art,
la rencontre décisive de sa destinée. Florent Le Comte, en écri-
vant que Poussin a travaillé pour Varin, a trop dit. Poussin dut
tourner autour de ses tableaux, essayer de ses brosses, observer ses
procédés, dessiner et peut-être barbouiller quelques premières
ébauches dans son atelier, admirer l'abondance de ses compositions,
car ce maître-là était un esprit rapide et fécond, capable de mener
à bien en quelques mois plusieurs. tableaux aux figures innom-
brables, aux expressions fortes ou gracieuses et dessinées avec une
science facile et sûre de contours et de perspective, et peints d'un
pinceau souple, riche et harmonieux, de cette coloration vive et
sans fadeur qui nous venait des Flandres et qui servira quelque
jour à Laon au maître de Lenain, à Troyes au maître de Cha-
lette. Souvenez-vous, en outre, que ce Varin « voulait tout faire
lui-même à ses tableaux, ce qui était cause qu'il ne gagnait pas
tant, » mais ce qui en faisait aussi un maître très scrupuleux, très
soigneux et par suite très enseignant; <c qu'il peignait avec beau-
coup de netteté toutes sortes de caractères tant avec le pinceau
qu'avec la plume, » ce qui le devait rendre plus sensible aux cro-
quis que l'enfant, devenu jeune homme, griffonnait, assure-t-on,
sur tous ses papiers et ses livres, et y pouvait mieux entrevoir
l'avenir de son imagination. Ajoutez encore que ce Varin devait
être d'une intelligence et d'un verbe bien attrayants, puisque nous
le voyons, dès son arrivée à Paris, captiver tour à tour le marguil-
lier chez lequel il loge, puis l'abbé de Saint-Ambroise, l'intendant
de la Reine, le plus fameux connaisseur d'alors, puis Marie de
Médicis, puis Anne d'Autriche et le Roi, et son ministre de Noyers,
et, parmi les artistes de son temps, Etienne de Lahyre, le père de
Laurent, et son confrère Jean Maressal. Quand il était venu aux
Andelys, il avait déjà parcouru bien des villes de sa province,
beaucoup vu d'admirables ouvrages dans les cathédrales et pou-
QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC. 27
vait avec raison faire miroiter aux yeux de Nicolas et de sa famille
la gloire qu''avaient conquise les grands artistes et qu'il espérait
pour lui-même, car il ne faut pas croire qu'au commencement du
xviic siècle, ce fût un métier peu honoré que celui-là, et, par les
nombreux peintres et sculpteurs que Paris et la cour emprun-
taient à la Flandre, on savait à merveille dans nos villes nor-
mandes ou picardes la faveur singulière qui s'attachait à leurs
talents. Je ne pense donc pas que Varin ait eu autant de peine
qu'on le dit à persuader la famille du Poussin. Quant à Nicolas,
le Jour où Varin quitta les Andelys, il savait, par intuition autant
que par première pratique, le plus clair de son métier, lïnvention
rapide et point hésitante, la libre et facile exécution, la peinture
et la détrempe, la peinture à l'huile surtout, car c'est par ce pro-
cédé qu'il lui avait vu exécuter les tableaux de l'église Sainte-
Clotilde; et j'imagine que, quand, dès l'année suivante, il s'en
allait, âgé de dix-neuf ans, étudier à Paris, « trois mois sous Fer-
dinand, un mois sous Lallemand, » ni Lallemand, ni Ferdinand
ne lui en apprirent davantage. Ce qui lui était resté dans la mémoire,
au plus grand de nos peintres français dans sa sainte vieillesse de
Rome, c'est que « questo fu quegli (Quint ino Varîno), che per-
suase Niccolo Poussin, e l'animô allô studio délia pittura, pro-
mettendogli il piti felice esito nell' arte. » Tous les autres s'étaient
effacés de son souvenir ; il ne reconnaissait que celui-là, et de celui-
là en effet il a sauvé le nom dans sa gloire.
Nicolas Poussin retrouva-t-il plus tard Quintin Varin à Paris?
Rien ne le dit. Varin n'était pas venu tout droit des Andelys à
Paris, puisque, en 1614, nous le rencontrons à Abbeville. J'avais
été bien heureux, en i853, de constater, dans l'église Saint-Gilles,
l'existence de l'un de ses meilleurs tableaux et d'en relever la signa-
ture et la date. Ernest Prarond, dans sa Topographie historique
et archéologique d' Abbeville, tome P"", p. 448, vous en indiquera
la place avec sa précision ordinaire :
Bas-côté droit. — L'œuvre qui la première doit arrêter mieux que .
notre attention, notre respect, est le tableau de Quintin Warin, le
maître du Poussîti : Jésus sur la croix entre sa mère et saint Jean. —
Q.. Varin inveniebat et pingebat. 1614. — La signature est en toutes
lettres.
Lui-même avait, dès la page 142, rappelé que ce tableau déco-
rait autrefois la chapelle de Saint-Yves, à présent de Sainte- Anne,
28 QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC.
et qu'on appelait au xviiie siècle la chapelle de MM. Pascal, dans
l'église Saint-Vulfran, et il ajoute :
Ce tableau, heureusement sauvé pendant la Révolution, est aujour-
d'hui dans l'église de Saint-Gilles, qui le conserve avec un juste
orgueil.
M. Douville, auteur d'une Description des églises d' Abbeville^
insérée d'abord dans un almanach de Picardie de 1757, puis dans
l'almanach du Ponthieu de 1783, nous apprend en effet qu'en ce
temps-là c'était dans l'église métropolitaine d'Abbeville et non
dans l'église paroissiale de Saint-Gilles qu'il fallait chercher le
tableau de Quintin Varin. « Dans la chapelle de Messieurs Pas-
cal, la seconde qui se présente à droite dans la nef en entrant (à
Saint-Vulfran), est un crucifix peint par Warin... » Que si vous
voulez avoir une appréciation, point suffisamment louangeuse, à
mon sens, de ce tableau que j'estime l'un des mieux peints du
maître, d'une pratique très adroite, jeune, forte et savante, — par
Dieu, ce n'est pas là ni du Poussin, ni du Corrège, mais ce n'est
pas si loin de VOtto Vœnius et des bons Flamands italianisants
du temps, avec un certain caractère français, — vous pourrez la
trouver dans Particle écrit par notre ami Darcel à l'occasion de
l'exposition archéologique d'Amiens [Ga^Qtte des Beaux-Arts,
1860).
Plus d'autre trace de notre Q. Varin avant son acheminement
vers Paris. Cependant, comme Amiens se trouvait la station natu-
relle en revenant d'Abbeville, j'ai peine à croire qu'entre 16 14 et
16 16, que je crois la date probable de sa grande résolution de
chercher fortune à Paris, il n'ait fait une longue halte dans cette
ville d'Amiens, déjà riche de ses œuvres et à laquelle il était atta-
ché à tant de titres ; — et, pour dernier repos avant la lutte, il
rencontrait encore sur son droit chemin Beauvais, la ville de sa
jeunesse.
L'histoire de Quintin Varin à Paris, vous n'ignorez pas, mon
cher GuiFFREY, comme elle fut romanesque et vous apportez encore
une fort belle gerbe de détails au chapitre le plus tragique de ce
roman. Enguignonné par ses travaux et sa demi-brillante renom-
mée de province, assoiffé d'une renommée plus grande et d'un
espoir légitime de fortune meilleure, notre Quentin arrive dans
la grande ville. J'imagine que ce fut vers 1616. Mais la misère l'y
a précédé, et les tribulations suivirent de près. Nous savons tous
aujourd'hui par cœur la page où Simon, de Beauvais, racontait,
QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS^ J. DARET, ETC. 29
en 1704, les étranges aventures dans Paris du pauvre artiste picard :
Il alla loger dans un grenier, rue de la Verrerie, chez un marguil-
lier de la chapelle de Saint-Gharles-Borromée, de l'église de Saint-
Jacques-de-la-Boucherie , qui lui fit faire un grand tableau , où il
représentait ce saint cardinal en extase, avec un saint Michel debout ;
cet ouvrage ayant été vu par hasard et admiré par l'intendant de la
reine Marie de Médicis, qui s'informa du peintre, l'alla chercher dans
son galletas, lui donna de quoi payer son loyer et l'amena à la reine,
après lui avoir fait tracer un dessin sur l'idée qu'il lui en avait don-
née, que l'on trouva si juste et tant d'imagination qu'ils furent ravis
d'avoir trouvé ce que l'on faisait chercher dans les pays étrangers
depuis longtemps ; on l'arrêta pour travailler à la galerie du nouveau
palais du Luxembourg. Mais, s'étant trouvé associé avec le nommé
Durant, poète, qui travaillait aux inscriptions, et ce dernier, qui
aimait mieux la satire, ayant écrit contre le gouvernement, fut arrêté,
prisonnier et depuis pendu. Warin s'alarma si fort, craignant le même
sort, qu'il se cacha si bien qu'il ne put pas savoir qu'on le cherchait
pour le faire travailler et qu'on ne le put déterrer; ce qui fut cause
que l'on se servit de Rubens d'Anvers.
Simon écrivait certainement d'après de très bons mémoires qu'il
tenait à coup sûr de la famille de Varin^ car tout ce qu'il raconte
est contrôlé et certifié par d'autres témoignages. Ainsi cet « inten-
dant de la reine Marie de Médicis, » que l'on ne nomme pas et
qui du premier coup apprécie le mérite de Varin sur une œuvre
rencontrée par hasard, est, à n'en pas douter, Claude Maugis, abbé
de Saint-Ambroise, très intelligent amateur des arts et le premier
en date de nos grands collectionneurs d'estampes. Il avait en effet
le titre d'intendant des Bâtiments de la Reine mère et je l'ai ren-
contré plus d'une fois sur la route de nos artistes. Il découvrit
Quintin Varin , comme il protégea Philippe de Champaigne^
comme il perdait, faute de bon vouloir, l'avenir de Jean Mosnier
de Blois, comme il acceptait la dédicace de la Noblesse à l'Église
de Saint-Igny.
Mais vous-même, mon cher Guiffrey, dans votre Liste si pré-
cieuse des artistes et artisans employés à V embellissement et à
l'entretien des châteaux royaux du Louvre, des Tuileries, de
Fontainebleau, de Saint- Germain^ etc., de i6o5 à i656, avec
la mention de leurs gages [Nouvelles Archives de V Art français,
année 1872), vous venez apporter au dire de Simon un contrôle
bien important :
A Quentin Warin, peintre aussy retenu par Sad« Maté, après avoir
30 QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC.
esté certiffié qu'il est excellent desseignateur, pour son entretenement,
la somme de six cens livres, au lieu de pareille somme que souloit
recepvoir le sieur de la Piotière, depuis peu déceddé, lesquelz Sa
Maté a affectez aud. Warin à commancer du premier jour de janvier
XVIc XVII.
A luy, pour augmentation à luy accorde'e par Sa Ma^é par brevet
du dernier jour de juing dernier, à raison de vi^ livres par an, dont
luy sera paie en la présente année pour les mois de juillet, aoust,
septembre, octobre, novembre et décembre. (1618. Bât. roy.)
Et ainsi tout se déroule et s'explique : c'est en 16 16 que Varin,
qui n'était décidément pas homme à se laisser ignorer, peint, pour
son marguillier de Saint-Jacques-la-Boucherie, le Saint Charles
en extase avec le Saint Michel ; Claude Maugis voit le tableau, pré-
sente le peintre à Marie de Médicis, en tenant à la main le dessin
par lui conseillé et qui fait reconnaître l'artiste comme « l'excellent
dessinateur » que le Roi peut retenir pour son service et pen-
sionner d'une somme de 600 livres à partir de janvier 16 17; et,
comme son mérite va s'affirmant par la préparation de la galerie
du Luxembourg, le Roi double la pension par brevet du dernier
jour de juin 16 1 8. Mais, pendant que le Roi fait preuve pour Varin
de dispositions si singulièrement favorables, voilà qu'a éclaté cette
effroyable affaire du libelle d'Etienne Durand et de ses complices,
les deux frères florentins François et André Siti, affaire qui prend
tout à coup une tournure si violente et si terrible. Les favoris ne
sont pas tendres, quand on les attaque; les princes ne ménagent
pas ceux qui discutent leurs favoris ; les courtisans, par intérêt,
sont sans pitié pour qui tracasse les tout-puissants dont ils attendent
faveurs, La fortune du duc de Luynes allait chaque jour en gran-
dissant. Haro sans miséricorde sur ceux qui, de près ou de loin,
s'en prenaient à lui ! C'est ici que trouve place la série de pièces
que vous avez eu la bonne chance de rencontrer, mon cher Guif-
FREY, et qu'il vous appartenait de coordonner.
I.
Note manuscrite de la collection Rondonneau^.
Un nommé Durant, poète, fut roué et brûlé à Paris pour avoir écrit sati-
riquement sur les affaires du temps. (Extrait de la seconde partie du Duca-
tiana, p. 262.)
I. Nous transcrivons simplement dans leur ordre chronologique le résul-
QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, 3. DARET, ETC. 3l
Nota. — Le Duchat auroit dû expliquer de quelle nature étoit le crime du
poète Durant.
Mercure français (tome V, p. 268) : Durant, l'un des gentils poètes de son
tems, inventif à dresser des ballets, et Siti, Florentin, qui avoit été secrétaire
du jadis archevesque de Tours, frère de la mareschalle d'Ancre, pour avoir
ensemblement composé un libelle diffamatoire sur les affaires du tems,
furent, par arrest de Messieurs du Grand Conseil du 16 juillet, atteins et con-
tât de nos recherches aux Archives nationales. Notre savant collaborateur a
trop bien mis en lumière, de sa plume alerte et toujours jeune, le caractère
et la vie de Quentin Varin pour que nous nous mêlions d'intervenir à un
titre quelconque. On nous permettra toutefois de nous applaudir d'avoir pro-
voqué, par nos modestes recherches, l'article que la Revue de l'Art français
a la bonne fortune de publier.
Nous insisterons seulement sur deux points : on remarque que le titre du
factum reproché au condamné n'est cité dans aucun des arrêts qui se suc-
cèdent à de si courts intervalles, comme si la cour eût voulu abolir jusqu'au
titre du pamphlet. En vain avons-nous demandé cet ouvrage à tous les échos
des bibliothèques; on en connaît bien le titre, mais nulle part on n'a pu
nous en montrer un exemplaire. Autre point non moins singulier : parmi
tous les individus impliqués dans cette affaire, — et les pièces suivantes
prouvent que les plus légers soupçons entraînaient une arrestation, — ne
figure pas Quentin Varin. Son nom n'est pas prononcé une fois. Voilà le
principal résultat de nos recherches, résultat purement négatif. On conçoit
d'ailleurs que la dureté de la répression ait pu inspirer une appréhension des
plus vives à un homme dont les rapports avec le principal accusé étaient
connus de tous à la cour et à la ville.
Nous joignons à ces pièces une série de notes prises dans divers auteurs
contemporains et classées dans les papiers de Rondonneau (aux Archives
nationales). Elles résument assez bien le procès criminel, sauf de légères
inexactitudes de date sans grande importance.
En résumé, Varin était tout à fait innocent du crime reproché au poète
Durand ; sinon les Florentins n'eussent pas manqué de le compromettre dans
les révélations arrachées à la torture et à l'épouvante du dernier supplice.
Il convient d'ajouter aux notes de Rondonneau le passage même des
Mémoires de Richelieu (Collection Michaud et Poujoulat, deuxième série, VII,
183-184) :
e Luynes parachevoit de ruiner, tant qu'il pouvoit, le parti qui lui étoit
contraire, à opprimer Barbin et à lui faire condamner toute la conduite de
la Reine. Ce procès faisoit un grand bruit à la Cour, et sembloit qu'il y eut
eu des menées capables de renverser toute la France. On sollicitoit, de la
part du Roi, les juges avec instance, comme on avoit fait ceux de la Maré-
chale d'Ancre; on demandoit gain de cause et non de justice. On mêla en
cette affaire quelques personnes qui, par leur imprudence, avoient fait
quelques écrits mal digérés sur le sujet de Luynes et des affaires du temps.
Durand fut mis prisonnier sur ce sujet, et un nommé Sity, Florentin, qui
avoit été secrétaire de l'archevêque de Tours, frère de la Maréchale d'Ancre.
Un même livre fut imputé à tous deux, et même peine leur fut ordonnée
d'être rompus et brûlés avec leurs écrits en la Grève, et un frère dudit Sity,
qui n'avoit fait simplement que transcrire une copie, fut pendu... »
32 QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC.
vaincus du crime de lèze Majesté et condamnés d'estre rompus et bruslés
avec leurs écrits en la place de Grève, après avoir fait amende honorable
devant Notre-Dame, ce qui fut exécuté cedit jour, et le frère dudit Siti, pour
en avoir fait des copies, fut pendu.
Voir aussi la Mère et le fils, attribué à Mézeray, mais dont l'auteur est le
cardinal de Richelieu (t. Il, fol. 3oi). — Il y est dit que l'écrit incriminé était
dirigé contre le duc de Luynes^ favori de Louis XIII *.
II.
6 juillet 1618. — Veu par le Conseil les charges et informations faittes
par les commissaires députez par le Roy les seize et vingt et neufiesme juin
1618; interrogatoires, confessions et dénégations de François Sity, Florentin,
et Estienne Durand, prisonniers par le commandement du Roy au chasteau
de la Bastille par devant lesd. conseillers, des 28, 29, 3o, 3i may et 2 juin
aud. an ; lettres missives, papiers et mémoires, tant en langue françoise qu'ita-
lienne; arrest de rétention audict Conseil; conclusions du procureur gênerai
du Roy;
Le Conseil a ordonné et ordonne que le pèreBonadventure,... cordelier, de
la province de Normandie, sera pris au corps et amené aux prisons dud.
Conseil, si pris et appréhendé peut estre, sinon adjourné à trois briefs jours
à fin de ban.
[Signé :] Viart. — Berenger. — Lanier.
Fait au Conseil, à Paris, le six juillet M Vie XVIII 2.
(Archives nationales, V, 3 12.)
in.
6 juillet 1618. — Veu par le Conseil les interrogatoires, confessions et
dénégations de François et André Sity, Florentins, et Estienne Durand, pri-
sonniers par le commandement du Roy au chasteau de la Bastille, par devant
les commissaires députez par le Roy des 28, 29, 3o, 3i may et 2 juin 1618;
informations faittes par lesd., conseillers des 16 et 29 desd. mois et an ; lettres
missives, papiers et mémoires, tant de langue françoise qu'italienne; arrest
de rétention au Conseil du 4 juillet aud. an; conclusions du procureur gêne-
rai du Roy;
Il sera dict que le Conseil, auparavant procéder au jugement dudict pro-
cès, a ordonné et ordonne que les tesmoings ouys esdites informations et
autres que le procureur gênerai du Roy voudra de nouveau faire ouyr, seront
recollez et, si besoin est, confrontez ausd. François et André Sity, et Estienne
Durand, et lesd. accusez confrontez les uns aux autres par les commissaires
à ce députez par ledict Conseil, pour, ce faict et rapporté audict Conseil et
communiqué audict procureur gênerai, estre ordonné ce que de raison.
[Signé :J Viart. — Berenger. — Lanier.
Fait au Conseil, à Paris, le six' jour de juillet M Vie XVIII.
1. Sans doute l'écrit poursuivi attaquait de la façon la plus outrageante les
mœurs du duc de Luynes et aussi celles de son royal protecteur.
2. Les pièces suivantes portent toutes la même cote ,sauf celles qui portent
un numéro de renvoi. Les documents sont classés dans chaque liasse par
ordre chronologique.
QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC. 33
IV.
6 juillet 1618. — Veu par le Conseil les charges et informations;... lettres
attributives de juridiction au Conseil dud. procès du 20 desd. mois et an ;
arrest de rétention aud. Conseil du 4 juillet aud. an ; conclusions du procu-
reur gênerai du Roy;
Le Conseil a ordonné et ordonne que les nommez Marsillac et Le Secq
seront pris au corps et amenez aux prisons du Conseil si pris et appréhen-
dez peuvent estre, sinon adjournez à trois briefs jours à fin de ban, et leurs
biens saisiz et annotez, et au régime et gouvernement d'iceux, bons et suf-
fisantz commissaires establiz pour en rendre compte et prester le reliqua,
ainsi que par le Conseil sera ordonné.
[Signé :] Viart. — De Remefort. — Lanier.
Faict aud. Conseil, à Paris, le six» j' de juillet M Vie XVIII.
V.
16 juillet 16 18. — Veu par le Conseil les interrogatoires, confessions,
etc., des 2 juin, 9, 10, 11 et 12 juillet six cent dix huict; informations faittes
par les commissaires députez par le Roy et par ledict Conseil des 16 et
29 juin, 6, 8, 12 et i5 juillet aud. an; interrogatoires, confessions et déné-
gations de Jacques Le Sec et Jean de Grandsaigne, prisonniers aud. chas-
teau de la Bastille, pardevant les commissaires députez par led. Conseil des
10 et 12 desd. mois et an; conclusions du procureur gênerai du Roy;
Il sera dict que le Conseil, auparavant procéder au jugement du procès
desd. Jacques Le Sec et Jean de Grandsaigne, a ordonné et ordonne que
lesd. François Sity et Estienne Durand, ensemble les tesmointz ouys esd.
informations et autres que le procureur gênerai du Roy voudra faire ouyr
de nouveau, seront confrontez ausd. Le Sec et de Grandsaigne par les com-
missaires députez par led. Conseil, pour, ce faict et rapporté et communiqué
aud. procureur gênerai, estre procédé au jugement dud. procès, ainsi que de
raison.
[Signé :] Viart. — De Remefort. — Lanier.
VI.
Veu par le Conseil le procès criminel faict et parfaict par les commissaires
deputtez par le Conseil, à François et André City frères, natifs de Florance,
et Estienne Durand, natif de cette ville de Paris, prisonniers ez prisons
dudict Conseil, à la requeste du procureur général du Roy, demandeur ez
crimes de lèze Majesté pour raison des livres et discours faictz, composez et
escripts contre l'honneur et aucthorité du Roy, pratticques, factions et menées
contre son service, bien et repos de son estât, tant dedans que dehors le
royaume, lesdicts livres et discours, mémoires et lettres missives desdits
François et André Sity, tant en langue françoise que italienne et en chiffres;
Arrest de rétention audit Conseil du 4° juillet 1618;
Autre arrest dudit Conseil, du 6° desdicts moys et an ;
Ouys lesdicts François et André Sity et ledit Durand sur la scellette pour
ce mandez audit Conseil;
Conclusions du procureur général du Roy ;
Il sera dict que le Conseil a déclarré et déclarre lesdits François et André
ART FR. IV 3
34 QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC.
Sity et Estienne Durant attainctz et convaincus du crime de leze Majesté,
pour avoir par lesdits François Sity et Estienne Durant composé et escript
lesdits livres, discours et mémoires, et par eux avec ledit André Sity faict
des pratticques, menées et intelligences contre l'honneur et aucthorité du
Roy, son service, bien et repoz de son estât, tant dedans que dehors le
royaume, pour réparation desquelz crimes... le Conseil a condamné et con-
damne les dits François Sity et Durand à estre menez par l'exécuteur de la
haulte justice dedans ung tombereau au devant de la principalle porte de
l'esglise de Nostre Dame de cette ville de Paris, nudz en chemise, la corde
au col, tenans chacun en leurs mains une torche ardante du poix de deux
livres, et illec dire et déclarrer que meschament et mallicieusement ilz ont
faict, composé et escript lesdicts livres et discours et mémoires contre l'hon-
neur et aucthorité du Roy, faict pratticques et menées contre le bien de son
service et repoz de son estât, dont ilz demandent pardon à Dieu, au Roy et
à justice, de là estre menez et conduictz en la place de Grève de ceste dicte
ville, et là estre lesdicts François Sity et Durand rompus vifs et brisez
sur ung eschafault quy pour ce faire sera dressé audit lieu, et mis sur une
roue pour y demeurer tant que mort s'en ensuive, et après, estre leurs corps,
ensemble lesdicts livres et discours, bruslez, et les cendres jettées au vent;
et ledit André Sity à estre mené en ung tombereau par ledit exécuteur de la
haulte justice en ladicte place de la Grève et estre pendu et estranglé à une
pottance qui, pour ce faire, sera dressée en ladicte place, et auparavant ladicte
exécution, ledict Conseil a ordonné que lesdicts François et André Sity et
Durant seront miz et applicqués à la question ordinaire et extraordinaire
pour scavoir d'eux la vérité de leurs complices; et a ledict Conseil condampné
lesdicts Sity et Durand en troys cens livres pour les bastimens de l'hospital
de Sainct Louis de ceste dicte ville de Paris, et en la somme de deux mil
cinq cens livres applicables en œuvres pies, ainsy que par le Conseil sera
ordonné, et en la somme de quinze cens livres applicables aux nécessitez
dudict Conseil, et en deux cens livres envers la chappelle dudit Conseil. Et a
ledit Conseil déclaré le surplus des biens desdictz Sity et Durand acquis et
confisquez au Roy.
[Signé :] Viart. — De Remefort. — Lanier.
Le présent arrest a esté mis au greffe dudict Conseil, monstre au procu-
reur général du Roy et prononcé ausdicts Sity et Durant, pour ce faict venir
en la Chambre dudict Conseil desdictes prisons, et entièrement exécuté à
Paris le 19° jour de juillet 16 18.
A esté arresté que lesdicts François City et Durand seront estranglez aupa-
ravant de recepvoir aucuns coups 1.
[Signé :] Viard. — De Remefort. — Lanier.
Fait audict Conseil, à Paris, le 19* juillet 16 18.
I. Cette clause restrictive, nommée en termes juridiques le retentum, n'était
pas lue aux condamnés, qu'on voulait effrayer par la rigueur de l'arrêt et
dont on espérait par suite des aveux jusqu'au dernier moment. Et, de fait,
on voit, par deux arrêts rendus le lendemain, qu'à son heure suprême,
Durand et Sity avaient dénoncé comme complices plusieurs individus qui
furent arrêtés et tenus en prison jusqu'à ce qu'on eut reconnu leur inno-
cence.
QUENTIN WARIN, L, FINSONIUS, J. DARET, ETC. 35
VII.
2 0 juillet 1618. — Veu par le Conseil les interrogatoires, responses, con-
fessions et dénégations de Jacques Le Sec et Estienne Durand, prisonniers au
chasteau de la Bastille, pardevant les commissaires députez par led. Conseil
des unze et 12 juillet i5i8; procès-verbal desd. commissaires contenant les
responses et confessions dud. Durand à la question, du dix neufiesrae desd.
mois et an; conclusions du procureur général du Roy;
Le Conseil a ordonné et ordonne que messire , sieur de Fresnoy, sera
pris au corps et amené aux prisons dudict Conseil, si pris et appréhendé
peut estre, sinon adjourné à trois briefs jours à fin de ban, ses biens saisiz
et annotez, et au régime et gouvernement d'iceux bons et suffisantz com-
missaires establiz pour en rendre compte et prester le reliqua, ainsi que
par le Conseil sera ordonné.
[Signé :] Viart. — De Remefort. — Lanier.
VIII.
^0 juillet 16 18. — Veu par le Conseil le procès- verbal de l'exécution de
mort de François Sity, contenant ses dernières confessions, du 19 juillet
1618; conclusions du procureur gênerai du Roy;
Le Conseil a ordonné et ordonne que de la Noue, filz d'un procureur
du siège presidial de Blois, sera pris au corps et amené aux prisons dud.
Conseil, si pris, et appréhendé peut estre, sinon adjourné à trois briefs
jours à fin de ban, ses biens saisiz et annotez, et au régime et gouverne-
ment d'iceux bons et suffisantz commissaires establiz pour en rendre compte
et prester le reliqua, ainsi que par le Conseil sera ordonné.
[Signé :] Viart. — De Remefort. — Lanier. ,
Faict aud. Conseil, à Paris, le xx° juillet M Vie XVIII.
IX.
23 juillet 16 18. — Veu par le Conseil les interrogatoires, responses, con-
fessions et dénégations de André Sity par devant les commissaires députez
par led. Conseil, du 19 juillet 1618; lettres et mémoires escritz en italien par
led. Sity; autres interrogatoires, responses et dénégations dud. Sity par
devant les commissaires députez par le Roy et led. Conseil des 29 may, 9 et
18 juillet aud. an; conclusions du procureur gênerai du Roy;
Le Conseil a ordonné et ordonne que , sieur de Chanteloupe, sera pris
au corps et amené aux prisons dud. Conseil, si pris et appréhendé peut
estre, sinon adjourné à trois briefs jours à fin de ban, ses biens saisiz et
annotez, et au régime et gouvernement d'iceux bons et suffisantz commis-
saires establiz pour en rendre compte et prester le reliqua, ainsi que par le
Conseil sera ordonné.
[Signé :] Viart. — De Remefort. — Lanier.
Faict au Conseil, à Paris, le xxiii* juillet XVIc XVIII.
X.
2 3 juillet 161 8. — Veu par le Conseil les interrogatoires... de François
Sity et Estienne Durand, amenez prisonniers par devant les commissaires
36 QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC.
députez par led. Conseil des g et 19 juillet i6i8; procès- verbal de l'exécution
de mort dud. Sity, contenant ses dernières confessions desd. jour et an; con-
clusions du procureur gênerai du Roy;
Le Conseil a ordonné et ordonne que Codony, Italien, sera pris au
corps et amené aux prisons dud. Conseil, si pris et appréhendé peut estre,
sinon adjourné à trois briefs jours à fin de ban, ses biens saisiz et annotez,
et au régime et gouvernement d'iceux bons et suffisantz commissaires
establiz pour en rendre compte et prester le reliqua, ainsi que par le Conseil
sera ordonné.
[Signé :] Viart. — De Remefort. — Lanier.
Faict au Conseil, à Paris, le xxiii'' juillet XVIc XVIII.
XI.
3o juillet 1618, — Sur la requeste présentée au Conseil par le procureur
gênerai du Roy, tendante afin que l'un des conseillers dudict Conseil soit
commis pour se transporter en la ville du Pont de l'Arche et aux environs
d'icelle aux fins d'informer contre Jean de Grandsaigne, s"' de Marsillac, pri-
sonnier au chasteau de la Bastille, d'aulcuns faitz concernantz l'accusation
contre luy intentée, circonstances et dépendances d'icelle à la requeste dud.
procureur gênerai;
Le Conseil a commis et commet maistre Claude Marrot, conseiller audict
Conseil, pour se transporter en lad. ville du Pont de l'Arche, et informer des
faitz concernant l'accusation dud. de Grandsaigne, circonstances et dépen-
dances d'icelle; suyvant les mémoires qui luy seront baillez par led. procu-
reur gênerai du Roy, pour, ce faict et rapporté aud. Conseil et communiqué
audict procureur gênerai du Roy, estre ordonné ce que de raison.
[Signé :] Viart. — De Remefort. — Lanier.
Faict au Conseil, à Paris, le xxx' juillet XVIc XVIII.
XII.
\
3o août 1618. — Arrêt ordonnant qu'il sera plus amplement informé à
l'égard de Jean de Grandseignes, sieur de Marsillac, et de Jacques Le Sec,
accusés du crime de lèze Majesté, après qu'ils ont été interrogés sur la sel-
lette. (L'information a eu lieu en la ville de Pont-de-l'Arche le 3o juillet 1618.)
En attendant, de Grandseignes et Le Sec seront élargis de leur prison.
XIII.
4 septembre 16 18. — Jean Lubin dit La Noue, prisonnier en la Bastille,
accusé du crime de lèze Majesté, après avoir été ouï, sera mandé au Conseil
et blâmé, « et, ce fait, les prisons lui seront ouvertes. »
XIV.
4 septembre 16 18. — Veu par le Conseil les interrogatoires, responses,
confessions et dénégations de frère Bonadventure Foucquet, prebstre, relli-
gieux de l'ordre de Sainct François, gardien du couvent des Cordeliers de
Sées, accusé de crime de lèze Majesté, prisonnier au chasteau de la Bastille,
QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC. 3j
par devant les commissaires depputez par ledict Conseil des vingt troisiesme
juillet et neufiesme aoust M Vie dix huict; mémoires tant en langue françoise
qu'italienne de François Sity et Estienne Durand, des trente uniesme may
et deuxiesme juing, g", lo', i8^et 19° juillet, audict an; arrest dudict Conseil
du 19" desdictz mois et an, par lequel lesd. Sity et Durand auroient esté con-
damnez à mort; confrontation figurative audict Frère Bonadventure Fouquet,
desd. interrogatoires, confessions et dénégations et mémoires desdictz Sity
et Durand du quatriesme septembre audict an ; conclusions du procureur
gênerai du Roy; après que ledict frère Bonadventure a esté ouy au Conseil
pour ce mandé en icelluy;
Il sera dict que le Conseil a ordonné et ordonne qu'il sera plus amplement
informé allencontre dudict Frère Bonnadventure Foucquet; cependant ledict
Conseil l'a eslargy et eslargist desdictes prisons et à luy enjoinct de se reti-
rer audict couvent des Cordelliers de Séez et defFenses de sortir de ladicte
ville de Séez pendant le temps d'ung an, sans la permission du Roy.
[Signé :J Viart. — De Remefort. — Lanier.
Le présent arrest a esté mis au greffe dud. Conseil... prononcé audit Fouc-
quet, pour ce mandé en la Chambre dud. Conseil, à Paris, le 4" jour de sep-
tembre 16 18.
(Archives nationales, V, 3i3.)
Quelle part avait eue Varin à cette terrible affaire de la Ripo-
\ographie? Il avait été pris d'une peur sans pareille, et il y avait
bien de quoi. Il ne pouvait nier l'amitié qui le liait au principal
coupable, dont il était le compagnon quotidien dans les travaux du
Luxembourg, où Durant composait les inscriptions. Dans cette
intimité de la vie, notre Quentin avait-il pu ignorer la rédaction
du libelle, dont les seules copies valaient la pendaison à Tun des
frères Siti? Il voyait Durant et les Siti « mis à la question ordi-
naire et extraordinaire pour savoir d'eux la vérité de leurs com-
plices ; » il voyait, même après qu'ils eurent été roués et brûlés
avec leurs écrits en place de Grève, le 19 juillet 1618, les pour-
suites, et procès criminels, et recherches de complicité, et embas-
tillements se continuer avec rage Jusqu'à Blois, jusqu'au fond de
la Normandie, à 'Séez aussi bien qu'au Pont-de-l' Arche -, Varin
avait subitement disparu, et il avait bien fait. Même au risque de
perdre toutes ses espérances de fortune, on ne peut nier que,
devant une si longue prolongation des querelles et dénonciations
et suspicions pour cette vilaine affaire, notre peintre n'ait agi en
homme sage ; il se rappelait à bon droit le vers de Villon :
Sauroit mon col que mon cul poise.
Il disparut donc trois longues années, et, jusqu'en 1622, nul
témoin, nul tableau ne donnent de ses nouvelles.
38 QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC.
Le connétable de Luynes était mort le i5 décembre 1621. Jus-
qu'au dernier jour, il avait joui de la pleine faveur de son maître
et, tant qu'il était là, notre Quintin Varin n'avait point cru pru-
dent de sortir de sa cachette. Où s'était-il si bien dérobé aux
recherches dont parle Simon, à Paris ou en Picardie? Il ne l'a
point dit. Le roi Louis XIII, dessinateur lui-même, avait un
grand faible pour ses peintres, et il eût sans doute hésité à laisser
pendre celui-là, et puis Varin se sentait peut-être un peu plus
coupable que le roi ne l'eût voulu croire. En tout cas, on eut beau
« le chercher pour le faire travailler, on ne le put déterrer. » —
Son protecteur, l'abbé de Saint-Ambroiseï, et Marie de Médicis
s'abouchent avec Rubens dès la fin de 1620; celui-ci termine son
admirable série de la vie de la reine en i625; c'est-à-dire que,
dès 1620, notre pauvre Quintin Warin avait perdu sa plus belle
chance et la plus inespérée à Pim mortalité de son nom.
La première fois qu'on le rencontre à nouveau, c'est dans une
cérémonie de famille, que nous signale M. Jal en son Dictionnaire
critique :
Warin était à Paris le 21 mars iD23, car ce jour-là il tint sur les
fonts de Saint-Nicolas-des-Champs Quentin , fils d'Etienne de La
Hire^ et frère de Laurent de La Hire , qui fut célèbre comme
' I. Sur Etienne La Hire, père de ce Quentin et qui va choisir pour parrain
de l'un de ses derniers enfants notre peintre picard, à peine remis de sa lugubre
aventure, de fraîche date rentré à Paris et peut-être fort incertain encore de
l'humeur de la cour, voyez le mémoire historique de Guillet de Saint-Georges
sur Laurent de la Hire, dans les Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages
des membres de l'Académie royale de peinture et sculpture, tome I", p. 104;
mais voyez plutôt, dans VAbecedario, le « mémoire pour servir à la vie de
Laurent de la Hyre par Philippe de la Hyre, son fils, » que Mariette marque
à la fin comme « copié sur l'original trouvé parmy les papiers de M. Féli-
bien; » Guillet de Saint-Georges et les autres n'ont fait que transcrire, en le
démarquant, ce document de famille : « Le père de Laurent s'appelait Etienne,
natif aussi de Paris, qui étudia la peinture dans sa jeunesse, et, ayant eu
occasion de passer en Pologne, il y fit plusieurs ouvrages considérables.
Ensuite, étant revenu à Paris dans les premières années de ce siècle et ayant
trouvé que les arts dont il faisait profession n'étaient pas recherchés dans ce
temps-là, il acheta une charge considérable qu'il exerça jusqu'à la fin de sa
vie. 11 ne laissait pourtant pas de peindre pour son divertissement, et les
tableaux qu'il faisait étaient de médiocre grandeur et représentaient de grandes
histoires comme celle de Scipion, etc. Il se maria ensuite à la fille d'un bour-
geois de Paris, nommé Philippe Humbelot, dont il eut beaucoup d'enfants;
mais le premier fut Laurent, » né à Paris le 27 février 1606.
QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC. 3 9
peintre. Dans le baptistère de Quentin de La Hire, Warin est dit :
m« peintre, demeurant au Parc-Royal.
Puis, à la fin de cette même année 1623, Warm a reconquis
sans doute tout son crédit à la cour, puisque vous-même, mon
cher GuiFFREY, avez trouvé, aux Archives nationales, la pièce sui-
vante, pleine de doux propos à son endroit : « Notre cher et bien
amé Quentin Varin, l'un de nos peintres ordinaires, en consi-
dération de ses services. »
Remise de lo^ et ventes pour Quentin Varin, peintre du Roi.
Louis... A noz amés et féaulx conseillers, les gens de nos Comptes
à Paris, présidens et trésoriers généraux de France, au bureau de
noz finances estably audit lieu. Désirant gratiffier et favorablement
traicter nostre cher et bien amé Quentin Varin, l'un de noz peintres
ordinaires, en considération de ses services, à icelluy, pour ces
causes et autres à ce nous mouvans, avons faict et faisons don et
remise par ces présentes, signées de nostre main, des lotz, ventes et
autres droictz seigneuriaux qu'il nous doibt à cause de l'acquisition
qu'il a faicte de Charles Desous, sieur de Crespières, d'une maison
seize en cette nostre bonne ville de Paris, rue Saint- Anthoine^, et
ce à quelque pris et somme que lesdictz lotz, ventes et autres droictz
seigneuriaux se puissent monter et revenir. Si vous mandons. . .
Car tel est nostre plaisir. Donné à Paris, le 28^ jour de novembre, l'an
de grâce 1623, et de notre règne le i4«. Signé : Louis, et plus bas,
par le Roy, Potier et scellées.
(Arch. nat., Z. 5976, fol. io3.)
C'est en 1624 que Louis XIII fit bâtir, sous l'invocation du
saint roi son patron, une chapelle pour la commodité des habitants
du bourg de Fontainebleau, en la place de l'hôtel de Martigues,
que donna en pur don la duchesse de Mercœur. Le roi pensa, tout
naturellement, semble-t-il, à confier à son cher et bien-aimé Varin
la peinture du tableau de maître-autel de cette église paroissiale ;
et voici en quels termes en parle le P. Dan, dans son Trésor des
merveilles de Fontainebleau :
Sa Majesté (Louis XIII), au commencement de son règne, a fait enri-
chir ce temple (la grande église du bourg de Fontainebleau) de peintures,
tant en sa voûte qu'en tous ses parois, et ce par les soins de monsei-
I. Ainsi Quentin Varin avait pu acheter, en 1623, à beaux deniers comp-
tants, une maison de la rue Saint-Antoine. Ce n'est pas là le fait d'un meurt-
de-faim.
40 QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC.
gneur de Noyers, particulièrement le grand et principal autel, orné
d'un beau rétable, où sont deux colonnes corinthes, chacune de vingt
pieds de haut, le tout enrichy d'or, avec un excellent tableau de
treize pieds de haut et de huit de large, lequel est du sieur Varin.
En ce tableau est représenté le paralytique guary par le Fils de Dieu
auprès de la Piscine probatique.
Je retrouve en mes notes d'ancienne date une longue page sur
ce tableau ; je pourrais lui donner pour titre : Comment finissent
en notre siècle les « excellents tableaux » de l'École française. —
Je copie textuellement ce triste récit :
Jules Buisson allant à Fontainebleau, ce mois de mai r847. Je
le chargeai de s'enquérir du très beau tableau de Quintin Varin
[très beau, c'était le terme dont s'était servi l'abbé Guilbert en sa
Description historique de Fontainebleau), qui décorait autrefois
le principal autel de Téglise Saint-Louis et que ni lui Buisson, ni
ceux de ma connaissance qui étaient nouvellement allés à Fontai-
nebleau ne se rappelaient y avoir vu. Il se fit présenter par M. Bau-
desson au curé, qui le conduisit dans le grenier de l'église, où on
lui déroula une immense toile entièrement indéchiffrable, sur
laquelle il passa l'éponge. Il reconnut le sujet, en vit bien l'or-
donnance et laissa là la toile. — J'allai, au mois de juillet, m'assu-
rer qu'elle existait et la trouvai déroulée, juste dans la pose où
Buisson Pavait abandonnée, mais bien plus encrassée de poussière,
desséchée par la chaleur, crevée par les pavés. Elle était dans un
état pitoyable, et c'est grand dommage, car c'est un très grand et
très important tableau. Il est cintré par le haut et a quatre mètres
cinquante centimètres de hauteur, sur deux mètres i>oixante-dix
centimètres de largeur. — Jésus-Christ, entouré de ses disciples,
guérit le paralytique au bord de la piscine. Le Christ, debout à
droite, entre saint Jean et saint Pierre (la tête du saint Jean est
d'une douceur tendre et d'une beauté charmante), étend la main
droite au-dessus des malades, et de la main gauche montre le ciel.
Les deux côtés du premier plan sont occupés par des groupes de
malades : à gauche, un affreux cul-de-jatte, aux membres et aux
jambes tordus, semblable à celui qu'on voit dans le carton de
Raphaël; au-dessus de lui et comme par opposition, une grande
figure, de la plus belle tournure, qui ôte ses vêtements. A droite,
au-dessous des pieds du Christ, un jeune homme tenant un enfant
dans ses bras ; la tête est relevée en raccourci vers Jésus. Le milieu
est rempli par un groupe où se voit un malade pâle et la tête
QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC. 4I
entourée d'un chiffon tout pareil à la coiffure du misérable qui
figure au tableau de saint Charles Borromée. L'homme, vêtu de
rouge, qui le soulève vers le Christ se détache sur un petit monu-
ment blanc à la vénitienne; c'est la piscine, et elle-même se détache
sur un paysage et un ciel d'un vert douteux. L'ordonnance de ce
tableau, où l'artiste a recherché le nu, est vraiment grande et l'en-
semble est d'une couleur harmonieuse; les gestes amples du Christ
et des apôtres et des malades sont fort beaux et dignes de celui
dont Varin fut le maître. L'exécution, par malheur, est un peu
lourde, gâtée sans doute par d'abominables restaurations (la der-
nière est d'une dame Detot). Ce que j'en dis, d'ailleurs, n'est en
vérité que le souvenir d'un tableau qui n'existe plus. Jeté depuis
sept ans dans le grenier du presbytère, roulé ou plutôt plié et cassé
sur lui-même, la peinture, surtout dans le bas coin à droite, s'en
va en écailles et la toile en loques au moindre toucher. C'est une
maîtresse oeuvre perdue, faute de pouvoir être réparée. Quand on
l'a enlevée de son autel, elle était encore en fort bon état. On ne
lui reprochait que de paraître trop noire. On la remplaça par un
grand tableau du malheureux De Tierceville, qui s'est suicidé,
il y a quelques mois. Ce nouveau tableau représente la mort de
saint Louis en Afrique.
Mariette est assez sévère pour le Varin de Fontainebleau :
Il a peint aussy, dans le temps du ministère de M. Desnoyers, le
tableau du maistre autel de l'église paroissiale de Fontainebleau, dont
le sujet est J.-C. guérissant le paralytique. L'on ne sache point
d'autres ouvrages publics de ce peintre, digne sans doute d'une plus
grande réputation, s'il est vray que le tableau des Carmes déchaussés
soit de luy. Car celui de Fontainebleau est non seulement fort infé-
rieur, mais dans une manière toute différente, et j'ai assez de peine
à croire que celui qui a fait l'un ait fait l'autre. D'ailleurs, j'ay ouy
dire à M. Halle que ce Varin étoit un peintre qui entreprenoit des
ouvrages et qui tenoit chez lui de jeunes peintres. Sur ce pied là, il
se pourroit faire que quelque peintre habile, mais dont le nom n'étoit
pas encore fait, se seroit trouvé chez Varin, et que celui-ci, lui aiant
fait peindre le beau tableau des Carmes, l'auroit ensuite donné comme
de lui. Ce ne seroit pas la première fois qu'une pareille chose seroit
arrivée.
La note de Mariette est du premier temps où il annotait son
Abecedario, et le renseignement qu'il tenait de Halle ne saurait
faire foi pour nous. Claude-Guy Halle était né en i65i, long-
42 QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC.
temps après la mort de Q. Varin, et ne pouvait tenir sa légende
que de son père Daniel, peintre rouennais, fort différent d'âge de
notre artiste picard, puisque, en i63i, trois ans avant la mort de
Varin, Etienne Ma:{eline, maître garde de la confrérie de Saint-
Luc de Rouen, certifiait, dans sa ville, l'apprentissage de ce
Daniel Halle. Et puis, Montaiglon l'a fait observer justement,
comment faire concorder l'assertion de Halïé avec celle de Simon
si bien informé : « Ce qui était cause que Varin ne gagnait pas
tant est quUl voulait tout faire lui-même à ses tableaux, » — La
vérité est que Q. Varin fut toujours un peintre fort inégal dans
ses ouvrages. La distance est aussi grande entre le tableau de Fon-
tainebleau et celui des Carmes qu'entre le Christ en croix d'Ab-
beville et celui d'Amiens, et, pour ne parler que de Paris, entre
le tableau que nous pouvons voir à Saint-Germain-des-Prés et
celui qui nous reste de lui à Saint-Étienne-du-Mont. Il fut toute
sa vie un vagabond agité, très variable en ses manières, peu pareil
à lui-même, quand il peignait pour la même église la Regina
cœli et le Martyre de saint Vincent des Andelys, et incapable de
dresser un atelier d'élèves, si bien que pas un de son temps, si ce
n'est le Poussin, et l'on sait dans quelles conditions, ne s'est réclamé
de lui. Au reste, le roi ne fut point tant mécontent de l'œuvre de
son peintre à Fontainebleau, puisque vous-même, mon cher Guif-
FREY, vous lui apportez ce témoignage, aux dernières lignes sur
Quentin Warin qui terminent votre Liste des artistes des châ-
teaux royaux :
L'état de 1625, à partir de cet endroit, « peintre et dessignateur, »
continue ainsi : « Sur xii^ 1. de gaiges à luy accordez, la somme de
neuf cens livres dont il sera payé pour trois quartiers de sesd. gaiges
de ladicte présente année en considération de sa capacité, cy ixc I. »
On remarquera qu'on ne supprime qu'un quart du traitement
de cet artiste, tandis qu'on retranche moitié à tous les autres.
Il faut bien en arriver à ce tableau, conservé aujourd'hui dans
Saint-Étienne-du-Mont et qui, pour la biographie de Quentin
Warin, est gros de problèmes.
On a placé sur l'autel de la chapelle de Saint-Charles, — dit l'auteur
de l'Essai d'une histoire de la paroisse de Saint-Jacques-de-la-Bou-
cherie^ où l'on traite de l'origine de cette église, de ses antiquités, de
Nicolas Flamel et Pernelle sa femme ^ etc., par M. L** V** (l'abbé
Villain, prêtre attaché à ladite paroisse); Paris, chez Prault père,
1758, — un tableau peu connu peut-être, parce qu'il est dans l'obscu-
QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC. 43
rite. Il représente saint Charles, répandant ses aumônes dans les
mains d'une troupe de pauvres assemblés sous le vestibule d'une
église. Ce tableau est estimé, et l'auteur en est Quentin Varin, peintre
du roi Louis XIII. On lit au bas ces paroles (ici je crois, pour éviter
les redites, devoir transcrire l'inscription avec plus d'exactitude que
l'abbé Villain, qui, entre autres détails, avait oublié la date) :
1627.
QUINTINUS VARINUS REGIUS PICTOR
s» CAROLO BORROMiEO, SOSPITATORI
, SUO VOVIT : JOHANNES MARESSALLUS
RITE QUOD ILLE VOVEBAT (exSOLWT?)
Il est certain que cette inscription singulière et ambiguë, —
serait-elle incomplète? — manque de clarté pour nous. Les con-
temporains de Varin et de /. Maressal devaient la comprendre à
demi-mot. L'abbé Villain n'hésite pas à nous dire que ce cette ins-
cription nous apprend ce qui a occasionné le don de cette pein-
ture, qui est la guérison que Jean Marescal (sic), paroissien,
obtint par l'intercession de saint Charles. » Il cite en outre, cinq
ans avant Piganiol de la Force, qui n'hésite pas d'ailleurs à recon-
naître son emprunt, la longue note sur Varin « tirée d'un supplé-
ment à l'histoire du Beauvoisis, par M. Simon. » Mais son inter-
prétation de la présente signature de Varin me laisse certains
doutes. Je ne puis me défendre de remonter à cet autre tableau de
Varin, à ce « grand tableau où il représentait (vers 1616, en arri-
vant à Paris, et pour la même chapelle de Saint-Charles-Borromée,
dans la même église de Saint-Jacques-de-la-Boucherie), ce saint
cardinal en extase, avec un saint Michel debout. » — Cette cha-
pelle de Saint-Charles, je l'ai dit ailleurs, était celle d'une confré-
rie célèbre, munie d'indulgences papales, et à laquelle étaient asso-
ciés la reine Anne, protectrice de Varin, et tout ce qu'il y avait
de grand dans le royaume. Elle se consacrait particulièrement au
soulagement des malades et des pauvres honteux. Le sujet choisi
par Varin, en 1627, lui seyait donc mieux que le saint en extase
représenté en 16 16. Mais Varin seul avait le droit de retirer son
propre tableau pour le remplacer, onze ans à peine plus tard, par
un autre qu'il jugeait plus convenable à cet autel. Quant aux mots
de l'inscription : Sospitatori suo, qui sait si l'artiste ne confon-
dait pas volontairement le sentiment de la reconnaissance due par
lui à ce saint, dont la représentation première l'avait sauvé jadis
de la misère et de la faim, avec l'exécution du vœu particulier que
44 QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC.
semblerait constater ici le nom de Jean Maressal ? Mais je me
demande si ce vœu ne ferait pas allusion au mariage de Q. Varin
avec la sœur de 7. Maressal, vœu que celui-ci aurait, comme chef
de famille, exaucé rite^ c'est-à-dire pour le bonheur commun, selon
les cérémonies requises. Cet ex-voto se trouverait être ainsi dou-
blement un tableau de famille.' Vous savez, en effet, mieux qu'un
autre, mon cher Guiffrey, que le Jean Maressal dont il est ici
question n'était ni plus ni moins que le propre beau-frère de Quen-
tin Warin. C'est par vous que j'ai appris que Jean Maressal était
un peintre et que j'ai connu la spécialité de son art. Il tient sa
place dans votre Liste des artistes des châteaux royaux et ne
figure même dans le registre des Bâtiments royaux qu'au lende-
main de la mort de Warin :
Maressal [Jehan] ^ peintre, retenu ci-devant par Sa Majesté pour
les patrons et tapisseries à destrempe, et depuis restably pour la
servir, tant pour ce subject que pour les aultres qui se présentent,
pour ses gaiges, ii" 1. i636. (Bât. roy.)
Quant à sa sœur, Antoinette Maressal, vous nous la montrez
gratifiée d'une petite pension du roi, après la mort de Quentin
Warin^ et M. Jal nous a trouvé son extrait mortuaire. Je n'en
savais pas si long en 1847, et, n'ayant même pas su déterrer son
tableau de saint Charles distribuant des aumônes, dont la date
m'eût éclairé, je confondais, ni plus ni moins que Piganiol de la
Force, les deux tableaux de Saint-Jacques-la-Boucherie. Je retrouve
et transcris ici une note de peu postérieure à la publication de mon
volume et qui explique tellement quellement mon erreur :
J'aurais dû m'en fier davantage au demi-mot de Maria Graham.
Lorsque je lus sa page sur Quintin Varin, j'allai bien interroger les
chapelles de Saint-Étienne-du-Mont. Je n'en négligeai que deux ou
trois que des échafaudages rendaient alors inabordables. J'y suis
revenu depuis la publication de ce livre, par inquiétude de cons-
cience, et à l'autel de la dernière des chapelles, à droite, avant le
tombeau de sainte Geneviève, j'ai enfin découvert le saint Charles
Borromée distribuant des aumônes aux pauvres, que Quintin Varin
avait exécuté, non pas, comme le dit Maria Graham, pour l'église
Saint-Étienne-du-Mont, mais pour celle de Saint-Jacques-de-la-
Boucherie. Comment est-il venu de Saint-Jacques, détruh, paraît-il,
au temps de la Révolution, à Saint-Étienne, sans passer par le Louvre?
je n'en sais rien. C'est un curieux tableau de moyenne dimension,
en hauteur, et qui a cruellement souffert. La restauration en devrait
être faite avec de grandes précautions. La signature très lisible qui
QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC. 45
se voit au plus bas de ce tableau, dans le milieu, avait été relevée
assez fidèlement par l'historien de la paroisse de Saint-Jacques-de-
la-Boucherie, qui en a pourtant omis une partie bien intéressante :
la date.
Dans mon article du Magasin pittoresque (mars 1849), sur les
a œuvres d'art de l'église de Saint-Étienne-du-Mont, » je relève,
à propos du Saint Charles de Varin, un détail qui n'est peut-être
pas invraisemblable. Après avoir parlé des mouvements naïfs et
non sans caractère des mendiants, j'ajoutais : « Son saint Charles
est très noble ; il est vêtu d'un manteau rouge, doublé d'hermine,
et coiffé d'une toque rouge carrée. Derrière lui, on voit une tête
d'homme, jeune encore, qui pourrait bien être le portrait de Jean
Maressal. »
Du Saint Charles de 1627 à la Présentation au temple^ nous
n'avons trace d'aucune œuvre de Quentin Warin, si ce n'est le
Christ en croix d'Amiens, dont j'ai parlé plus haut. Mariette dit que
a son principal ouvrage est le tableau du maître-autel des Carmes
déchaussés qui représente la Présentation au temple et qui a dû
être peint vers l'année i636, puisque c'est le temps que l'autel a
été construit. » — Mariette ignorait la date de mort de notre
artiste, autrement il eût observé ou que l'autel était de date anté-
rieure ou que le tableau, de commande ancienne, ne fut posé
qu'après la mort du peintre. En tout cas, cette toile énorme, cin-
trée par le haut, haute de 6 mètres, large de 3 mètres, après être
restée jusqu'à la Révolution sur son maître-autel des Carmes, rue
de Vaugirard, fut transportée au Louvre avec les meilleurs tableaux
des églises de Paris, puis de là attribuée, par une fâcheuse méprise,
lors de la réouverture des églises, à Saint-Germain-des-Présoù je
l'ai décrite jadis, alors qu'elle y décorait l'un des murs du bras
gauche de la croix du monument ; on la voit aujourd'hui dans la
chapelle du catéchisme. L'écusson royal d'Anne d'Autriche, dona-
trice du tableau, est peint au plus haut de la toile, sur le cintre du
portique du temple, dont la galerie s'ouvre en si belle et si heu-
reuse perspective. Je ne répéterai pas la description de cette œuvre
superbe, dont tout le monde a loué la riche et vigoureuse colora-
tion à la vénitienne et la grande tournure des personnages, du
saint Siméon, de la Vierge, d'Anne la prophétesse. Varin y étonna
ses contemporains, et, plus de cent ans après, Dandré-Bardon,
oublieux comme on l'était alors des meilleurs titres de nos anciens
peintres, confessait que « le Poussin et ce tableau sont les deux par-
46 QUENTIN WARIN, L. FINSONIUS, J. DARET, ETC.
ticularités qui seules aient transmis son nom jusqu'à nous. » Karl
Audran en grava une petite estampe, et M. Denon^ s'il m'en sou-
vient, possédait, dans sa riche collection de dessins, la première
pensée du peintre. Varin donna, dans ce dernier effort, la mesure
supérieure de son talent et de la place qu'il eût pu tenir dans l'école
française comme coloriste de haute valeur, à l'heure même où cette
école se laissait entraîner aux tons vulgaires et sans fraîcheur de
la palette de Simon Vouet, — et j'allais, ô sacrilège! parler des
colorations un peu rudes et sans apprêt du Poussin, — oubliant ce
qu'elle avait dû jadis à ces fins et vifs coloristes qui lui étaient
venus du Nord avec les Clouet et les peintres du Puy d'Amiens
et qu'elle ne devait plus attendre que du renouveau de l'influence
de ce Rubens, qui avait si cruellement supplanté notre pauvre
Quintin Varin.
Si, comme je l'ai conjecturé sur un mot bien vague, Quentin
Warin s'était marié peu avant 1627, — il devait avoir pour le
moins une douzaine d'années de plus que le Poussin.^ et cela en
faisait, pour ses secondes noces, un marié d'environ quarante-
cinq ans, — notre pauvre peintre ne jouit pas longtemps de la
gloire que venait de lui procurer sa Présentation au temple. Jal,
après avoir cherché la date de sa mort, avait fini parla trouver :
Du lundy 27^ mars 1634, conuoy général de feu noble homme
Roch [sic, singulier lapsus calami du vicaire) Vuarin, viuant valet de
chambre, peintre et architecte du Roy, pris rue Royalle. M. le curé
présent. Seruice, messe des dames. (Saint-Paul.)
Vous-même, Guiffrey, avez constaté dans votre Liste des
artistes des châteaux royaux que le roi, sans doute par consi-
dération pour les services du peintre qu'il aimait, n'avait pas laissé
sa veuve tout à fait sans secours :
Anthoinette Maressal, veuve de feu Quentin Warin, peintre, à
prendre en plus grande somme dont jouissoit led. Warin, iic 1. i636.
Veuves et en/ans des officiers des bastimens.
La date de r636 semble étrange ici, puisque cette pauvre veuve
n'existait déjà plus; mais il faut croire que les registres de dépenses
des Bâtiments royaux étaient commencés, par prévision de ces
dépenses, au commencement de l'année précédente, pour aboutir
au premier jour de l'année dont ils portent la date, ainsi : janvier
i635 jusqu'à janvier i636. Et nous avons vu qu'à la même date
de i636 (i635) le roi s'attachait J. Maressal., le beau-frère de
PIERRE GADIER. 47
Quentin Warin, par suite sans doute du même bienveillant sou-
venir. Sur le reliquat des gages de Q. Warin, le frère de Simon
Vouet, Aubin Vouet, bénéficiait à la même date (Registre de i636,
Bât. roy.) d'une autre partie des largesses du roi.
Aubin Vouet, oultre quatre cens livres dont il jouissoit cy-devant,
la somme de quatre cens livres d'augmentation à prendre en plus
grande somme dont jouissoit Quentin Warin, aultre peintre, faisant
en tout la somme de vm^ 1.
Pour en revenir à la pauvre femme que Warin s'était montré si
heureux d'épouser, elle ne lui survivait pas longtemps, pas même
une année entière ; voici son extrait mortuaire d'après le Diction-
naire critique de Jal :
Dimanche, ii feurier i635, conuoy général de feue damoiselle
Antoinette Maressal, veufue de feu noble homme Quentin Warin,
viuant valet de chambre, premier peintre et dessinateur ordinaire,
prise rue Royalle. Seruice, M. le curé présent; messe des dames.
{Saint-Paul.)
Vous voyez, mon cher Guiffrey, que, grâce aux Archives de
l'Art français, grâce à Jal, grâce à vous, nous sommes loin aujour-
d'hui de ce qu'un chercheur de bonne volonté pouvait rencontrer
sur Quintin Varin en 1847. Et l'on en pourrait dire autant sur
chaque artiste de notre école. Décidément, ces Archives ont eu
du bon.
Ph. DE Chennevières.
PIERRE GADIER,
l'un des architectes du CHATEAU DE MADRID, PRÈS PARIS.
l5l I.
La pièce suivante, qui provient, comme tant d'autres documents
sur les arts, des minutes du notaire J. Foussedouaire, ne mérite-
rait guère d'être publiée, si elle ne concernait le maître maçon
Pierre Gadier ou Gadyer, qui fut l'un des architectes du célèbre
château de Madrid. Dans nos Documents pour servir à Vhistoire
des arts en Touraine, nous l'avons montré en i528 qualifié de
maître des œuvres de l'église de Tours; ici, il nous apparaît, en
i5ii, avec le simple, titre de maçon, celui d'architecte n'étant
48 ' PIERRE GADIER.
encore guère usité; il est sans doute au début de sa carrière, qui
ne paraît pas s'être prolongée au delà de i532, époque à laquelle
il était remplacé à Madrid par un autre Tourangeau, Catien
François.
Alexandre Robin, qui figure avec lui dans cette pièce, fut maître
des œuvres de maçonnerie de la ville de Tours de i5i6 à 1540.
Cette longue possession, à une époque si féconde en talents, de
pareilles fonctions, nous est un sûr garant de sa valeur comme
architecte.
Le port de la Foire-le- Roy était au bas de la place de ce nom,
sur la Loire, et Tun des principaux ports de la ville de Tours.
Gh. DE Grandmaison,
Archiviste d'Indre-et-Loire.
Le XVI'' jour d'avril mil cinq cens et unze, après Pasques, en la
court du Roy nostre sire à Tours, personnellement estably, Alexandre
Robin, masson, demeurant audit Tours, soubzmettant, lequel a con-
fessé en ladite court devoir et loyaument estre tenu de paier à Pierre
Gadier, masson, à ce présent, la somme de cent sols, à cause de res-
ponce ce jourd'huy faicte par lui audit Gadier, pour Pierre Poinsson et
à sa requête, lequel devoit ladite somme audit Gadier, qui les lui avoit
avancés, par avant ce jour, sur le marché de certaine grosse pierre que
ledit Poinsson lui devoit livrer à Boisgency, le marché de laquelle
pierre demeure, moyennant ces présentes, nul et de nulle valleur et
vertu; laquelle somme de cent sols tournois, ledit Robin a promis et
promet paier audit Gadier dedans la Penthecoste prochainement
venant, et moyennant ces présentes, certaine pierre contenant
troys pieds et demy de large et cinq pieds et demy de long, estant de
présent au port de la Foire-le-Roy, ledit Poinsson la donne audit
Gadier, pour son desdommagement de ladite grant pierre; et à ce
tenir, etc. ,
Signé : Foussedouaire, avec parafe.
Suit l'engagement de Poinsson de rendre à Robin ladite somme
de 100 s. à la Pentecôte prochaine.
(Minutes de Foussedouaire, notaire à Tours; registre de i5o8 à i5i4,
fol. 88.)
GERMAIN PILON. 49
GERMAIN PILON,
MAÎTRE MENUISIER A PARIS.
(1661.)
Un passage des registres de délibérations de la paroisse Saint-
Étienne-du-Mont [Archives nationales, LL. 704, fol. 3ôi v°) nous
fournit la mention d'un important marché passé avec un artisan
ou peut-être artiste qu'on peut signaler ici. 11 porte, en effet, exac-
tement le même nom (signalé déjà par Jal, col. 975) que l'un de
nos plus illustres sculpteurs français.
Il ne serait pas impossible que tous deux appartinssent à la
même famille. M. J. Guiffrey a d'ailleurs appelé déjà l'attention
sur cette similitude de noms en publiant le devis détaillé des
travaux faits par le même maître menuisier Germain Pilon pour
la chaire de Saint- Étienne-du-Mont en i65i [Bulletin de la
Société de V Histoire de Paris, X, 47-52). Notre homme tra-
vailla donc longtemps pour la fabrique de cette paroisse, qui était
d'ailleurs la sienne.
Henri Stein.
Du vingtiesme jour de février mil six cent soixante ung. A esté arresté
que le marché dressé pour les ouvrages de menuiserie qu'il convient faire
en la chapelle de la Vierge suivant le desseing et devis représentez sera passé
par Messieurs les marguilliers à présent en charge avec Germain Pillon,
m' menuisier à Paris, moyennant la somme de trois mil six cens livres tour-
noiz; et pour les autres ouvrages tant du pavé et massonnerie qu'il convient
faire pour les fondations tant de l'autel que balustres, que lesdits sieurs
marguilliers feront les marchez et les arresteront à la meilleure condition
qu'ilz trouveront estre à propos, ensemble pour les vistres et ouvrages de
serrurerye et autres choses nécessaires pour la perfection de ladite chapelle.
ALBERT DUPARC, architecte et sculpteur,
ANTOINE FLEURY, sculpteur.
LEURS TRAVAUX A LA CATHEDRALE SAINTE-MARIE, A TOULON.
(1696.)
Dans sa notice sur la sculpture navale (page 96 du Bulletin de
l'Académie du Var, année 1 860-1 861), O. Brun s'exprime ainsi :
Le 29 août 1692 fut mise aux enchères la sculpture d'un nouveau et
superbe vaisseau à trois ponts, nommé le Royal-Louis, qui remplaça le pre-
ART FR. IV 4.
50 ALBERT DUPARC, ANTOINE FLEURY.
mier vaisseau de ce nom, devenu hors de service, et qui fut longtemps appelé
comme celui-ci le plus beau vaisseau de la marine. Rombaud (le successeur
de Puget dans la maîtrise de l'atelier de sculpture du port) en donna le des-
sin et y fit profiler, le plus qu'il lui fut permis, des figures emblématiques et
traditionnelles provenant du magnifique et ancien Royal-Louis; car on avait
coutume, même au désarmement des vaisseaux, d'ôter les sculptures et de
les mettre à l'abri. Une délibération du conseil de construction de septembre
1700 rappelle à ce sujet les soins qu'on devait apporter pour les démonter et
les poser de nouveau, voulant en outre qu'on fît attention à ne pas couvrir,
sur les navires, des coutures non calfatées. Le travail du nouveau Royal-
Louis fut adjugé au sieur Duparc pour 5,3oo livres.
Dans une autre notice publiée dans le Bulletin de la neuvième
session des Sociétés des Beaux-Arts des départements à la Sor-
bonne (année 1884, page 358), nous retrouvons le nom de Duparc
au cours d'un extrait du registre des payements de la marine de
1 692. Il est à supposer que le payement fait à Duparc est celui du
travail précité.
Un autre ouvrage, plus important peut-être, dont fut chargé
Albert Duparc^ en association avec Antoine Fleurjr^ est celui de
la façade actuelle de la cathédrale Sainte-Marie de Toulon, dont
suit le prix-fait.
1696. — Façade de la cathédrale par Albert Duparc
et Antoine Fleury.
Prix-fait de la décoration de la fassade de la paroisse.
L'an mil six cens quatre-vingt-seize et le vingt-deuxième jour du mois de
may, en présence de Monseigneur l'illustrissime et reverendissime père en
Dieu, messire Armand-Louis Bonin de Chalucet, évêque de Toulon, par
devant nous, notaire royal et secrétaire greffier de la communauté de cette
ville de Toulon et témoins soussignés; furent présents, etc., lesquels en exécu-
tion en partie du contenu en ladite transaction ont donné à prix-fait par le
présent acte au sieur Albert Duparc, architecte et sculpteur, demeurant à la
ville de Marseille, et à Antoine Fleury, sculpteur dudit Toulon, présent et
acceptant solidairement l'un pour l'autre les travaux, ouvrages et fournitures
à faire pour la bâtisse, construction et édifice de trois entrées des portes de
ladite église, faisant face au midi, conformément au plan et dessein à son
plan ; le tout pierre de Galissane bonne et fine, à la réserve du socle qui sera
de pierre froide bouchardée , de cinq pans (i"'2o) et plus si l'ouvrage le
demande. La fassade contiendra toute la largeur qui a douse cannes {z3"'o^)\
et la hauteur sera depuis le pavé de l'église jusques au dessus du tympan et
au pied de la croix, de dix cannes (ig^zo). Ledit ouvrage sera soustrait dans
la vieille muraille et les assises seront de deux pans de long (o'"48) et d'un
pan (o"'24) d'hauteur pour le moins, et sera adapté à la vieille muraille avec
tous les matériaux nécessaires pour tenir les assises. Ladite fassade sera
décorée d'un ordre corinthien comme le dessein le marque, et sera divisé en
ALBERT DUPARC, ANTOINE FLEURY. 5l
trois parties, scavoir : le corps du milieu sera décoré de quatre colonnes,
deux de chaque costé avec leur entablement et tympan, comme aussi pied
d'estaux, et avancera de trois quarts de pan (o^iS) plus que les aisles, comme
le plan le fait voir. Les entrepreneurs seront obligés de faire un fondement
devant la fassade, qui contiendra toute la largeur, et sera creusé jusqu'au
ferme, mis en talus pour servir d'épaulement à tout l'ouvrage, qui sera basti
à chaux et sable bien graine, avec des pierres froides par bons quartiers et
par assises et non d'autre pierre. Dans la fassade se trouvera trois portes, une
au milieu de vingt quatre pans d'hauteur (5"76) et douse de large (2"'88); et
si l'ouvrage demande de la tenir plus haute les entrepreneurs le pourront
faire. Elle sera avec des champbranle avec deux arrière corps, couronnée d'une
corniche avec fronton, et sur le fronton sera mis deux figures qui représen-
teront la Foi et la Charité; et au dedans sera fait des ornements comme le
dessein le fait voir, et sera travaillé au goust de l'entrepreneur, sans qu'on
puisse le contredire. Dans la mesme fassade sera fait trois fenestre, une au
milieu, dessus la grande porte, qui sera un octogone de huict pans (côtés),
et le jour de la fenestre sera de seize pans (3"'84) de diamètre et portera sa
bordure.
Les dicts entrepreneurs seront obligés de faire trois portes de noyer ou de
bois de chêne si on le trouve à propos, beau et bon et de l'espesseur conve-
nable à la grandeur de la porte, qui sera de deux pouces sans le doublage,
le tout bon assemblage, envasée par derrière et doublée de bois de sapin ;
et au devant le parement sera fait des cadres en assemblages avec ses panaux.
En dedans, principalement à la porte du milieu et aussi aux petites, elles seront
toutes trois brisées au milieu avec son montant à chacune qui sera orné
d'une feuille coulante, le tout conformément au dessein. Chaque porte aura
son imposte qui sera dormante avec sa corniche et frise. Et dedans le paneau
de celle du milieu sera fait un bas-relief de deux anges qui tiendront un
cartouche; et à celles des costés sera fait un bas-relief d'ornement à chacune,
à la volonté de l'entrepreneur. Dans le tympan sera mis deux anges qui tien-
dront un cartouche. A costé de la grande porte, aux aisles, sera fait une
petite porte de dix-huit pans (4"'32) d'hauteur et neuf (2°'i6) de large avec
son champbranle, et pardessus une corniche un peu cintrée avec son fronton
brisé. Au milieu sera mis un cartouche orné de palme avec les armes de
Corpus-Domini (un calice surmonté de l'hostie). Les entrepreneurs seront
tenus de rendre les ouvrages conformes à leur plan, dessein et devis, le tout
véritable pierre de Callisane fine, avec les trois portes et les trois vitres
(fenêtres), le tout de la qualité marquée au devis. Les débris tant bois, pierre,
fer que vitres appartiendront aux entrepreneurs, lesquels ne seront pas obli-
gés, après leur ouvrage fait, de rabaisser le terrain, mais bien ils seront tenus
de faire trois marches de pierre dure, une à chaque porte, de demi pan (o^ia)
d'hauteur et plus s'il est bon.
(Archives communales, GG. 14, registre. Livre des transactions et autres
contrats passés par le Chapitre de Toulon. — 1654-1688.)
La pièce manuscrite où nous puisons cette page, n'étant que la
transcription du contrat original notarié, ne contient rien de plus
que les conventions ci-dessus énoncées.
Charles Ginoux.
52 VIVIER, COUDRET, BONNEVILLE, ETC.
VIVIER, COUDRET, BONNEVILLE, sculpteurs; DELA-
CHAPELLE, CISELEUR ; B OSSE, architecte, ET A UBER T,
graveur.
1777- 1778.
Documents communiqués par M. H. Herluison.
I.
DES BAPTÊMES DE SAINTE-MARGUERITE DE PARIS.
L'an 1777, le 16 novembre, a été baptisé Pierre-Etienne, fils
de Jacques-Etienne Vivier, sculpteur, et de Geneviève Huriot,
rue Charenton. Le parrein Jean-Pierre Coudret, sculpteur,
grande rue. La marreine Marguerite Bernard, femme d'Antoine
Bonneville, sculpteur, même rue, laquelle seule a seu signer.
Collationné à Toriginal par nous soussigné, dépositaire des dits
registres, à Paris, ce 10 décembre 1787.
Le Maire,
Prêtre.
IL
DES REGISTRES DE l'ÉGLISE PAROISSIALE DE SAINTE-MARIE-MADELEINE,
EN LA CITÉ DE PARIS.
L^an 1778, le i3 novembre, a été baptisé François-Louis, né
d'hier, fils de Edme-Henri Delachapelle, m* ciseleur, et de Marie-
Jeanne-Françoise Delatouche, demeurant enclos S* Denis de la
Chartre de cette paroisse. Le parrein S. François de S** Agathe,
m^ de toiles peintes, demeurant à l'Arsenal, paroisse S* Paul, bel
oncle de l'enfant ; la marreine Louise-Denise Henri de la Cha-
pelle, fille majeure, dem* rue du Bout-du-Monde, paroisse S« Eus-
tache, et tante paternelle de Tenfant, lesquels ont signé avec nous,
le père présent.
Collationné à la minute et délivré par nous soussigné, prêtre,
vicaire de ladite paroisse, à Paris, ce 21 juillet 1787.
Brongniart.
IIL
DES REGISTRES MORTUAIRES DE LA PAROISSE SAINT-NICOLAS-DES-CHAMPS,
A PARIS.
Le vendredi onze juillet de Tannée 1788, Françoise-Jeanne
Brun, épouse à' Achille- Jean Bosse, architecte, décédée hier rue
LES ARMOIRIES DES MORTS A TOULON. 53
des Enfants rouges, âgée de trente-huit ans, a été inhumée au
cimetière par nous, vicaire soussigné, avec Passistance des prêtres
du chœur, en présence de Jacques Martin Brua, bourgeois de
Paris, son frère, et de François Henry Clignot, facteur d'orgues
du Roy, son oncle, qui ont signé.
Collationné et délivré par moi, prêtre, bachelier en théologie de
la Faculté de Paris et receveur des convois de ladite paroisse. A
Paris, le onze juillet 1783.
Séjournet.
IV.
DES REGISTRES DES BAPTÊMES, MARIAGES ET SÉPULTURES DE l'ÈGLISE
PAROISSIALE ET ARCHIPRESBVTÉRALE DE SAINT-SÉVERIN, DE LA VILLE
DE PARIS, POUR l'an I788.
Le jeudy vingt-quatre avril, Marguerite Desprez^ v« de Paul-
Adrien Vallée, ancien marchand boucher, décédée d'hier rue de
Sorbonne de cette paroisse, âgée de quatre-vingt-douze ans envi-
ron, a été inhumée dans la cave S'« Geneviève de cette église. En
présence de Paul-Félix Vallée, ancien marchand boucher, son
fils, et d'' Antoine Aubert, graveur, son petit gendre, et autres, qui
ont signé à la minute.
Collationné à l'original et délivré par moi soussigné, prêtre,
vicaire de ladite paroisse, dépositaire des registres. A Paris, ce
dix-huit septembre de l'an 1790.
Durand.
LES ARMOIRIES DES MORTS A TOULON.
(1786.)
RÉPONSE AU PLACET DE TROIS PEINTRES QUI, EN ÉTABLISSANT UNE
ACADÉMIE DE PEINTURE, DEMANDAIENT LE PRIVILEGE EXCLUSIF DE
FAIRE LES ARMOIRIES DES MORTS.
Cette lettre des maire et consuls de Toulon n'est pas absolument
inédite. Elle a été insérée dans l'Inventaire sommaire des Archives
communales. Imprimé à petit nombre en 1867, cet ouvrage ne se
trouve guère qu'entre les mains de quelques conseillers municipaux
et de quelques savants. La bibliothèque communale de Toulon ne le
possède pas. Nous avons pensé que la publication de la pièce qui suit
54 LES ARMOIRIES DES MORTS A TOULON.
pourrait n'être pas sans intérêt aux yeux des lecteurs qui s'occupent
volontiers de l'art du décor appliqué aux cérémonies religieuses ou
profanes dans le passé.
Charles Ginoux.
Observations des maire et consuls de Toulon au placet de
trois peintres de la ville.
Quelque protection que mérite l'art de la peinture, les maire et
consuls de Toulon ne présument cependant pas que rétablisse-
ment dans la ville d'une académie en ce genre, avec privilège
exclusif des armoiries, puisse être avantageux à ses habitants. En
effet, si les autheurs d'un pareil projet méritent, par la supériorité
de leurs talens et de leurs connoissances, la préférence sur les
peintres du pais, ils doivent être assurés que les jeunes gens du
lieu qui, par goût ou par état, seront déterminés à s'attacher à cet
art iront étudier sous eux plutôt que sous des maîtres dont l'infé-
riorité sera reconnue. Dès lors, les moyens de subsister ne man-
queront pas, et Ton peut même dire que la concurrence qui s'éta-
blira entre ceux-cy et les peintres de la ville ne contribuera pas
peu à perfectionner ces derniers dans la profession qu'ils ont
embrassée. Le privilège exclusif des armoiries ne pourroit être
considéré que comme une vexation envers les habitants obligés
de satisfaire à cet appareil funéraire dans les circonstances d'un
événement de mort qui aporte souvent du derrangement à leur
fortune ; il paroît juste de leur laisser au moins la liberté de dimi-
nuer les dépenses auxquelles ils sont alors indispensablement
obligés en leur conservant la faculté de recourir aux peintres qui
sçauront aprécier à sa juste valeur un travail qui n'exige en
aucune manière le développement des talens qui constituent le
véritable artiste. D'après ces observations, les maire et consuls
affirment qu'on peut permettre sans inconvénients l'établissement
d'une académie de peinture, mais sans aucun privilège exclusif
quelconque, pareille condition étant toujours onéreuse au public
qui ne peut trouver son avantage réel que dans la concurrence
qui doit nécessairement résulter de la liberté de l'exercice de toute
espèce de profession.
A Toulon, le 5 octobre 1786.
(Archives communales. — Série BB, 3o. Armoire n' i.)
QUELQUES TABLEAUX REMARQUABLES DES ÉGLISES DE PROVINCE. 5 5
QUELQUES TABLEAUX REMARQUABLES
DES ÉGLISES DE PROVINCE.
Un de nos plus dévoués correspondants, M. Marionneau, nous signale un
certain nombre de tableaux remarquables dont il a constaté la présence dans
diverses églises de province. La publication de cette liste pourrait attirer l'at-
tention de nos lecteurs sur des toiles parfois fort intéressantes et presque
ignorées. Nous les engageons vivement à nous indiquer celles qu'ils connaî-
traient; nous nous empresserons d'accueillir toutes les communications de
cette nature. Voici les tableaux mentionnés sur la liste de notre confrère :
1° Adoration des Bergers^ sur toile (haut. 4'"54; larg. 3'"4o),
par Le Sueur ^ dans la chapelle de l'Hôpital Saint-Louis, à la
Rochelle.
2° Descente de croix, par Rubens, à Saint-Omer.
3° Jésus et les petits enfants, par Hippolyte Flandrin, dans
réglise de Lisieux.
4° Saint Clair guérissant les aveugles, par Hippolyte Flan-
drin, dans la cathédrale de Nantes.
Ce tableau, peint à Rome en i836, fut payé mille francs, prix convenu.
5» Mariage de Jean IV, duc de Bretagne, et de Jeanne, fille
du roi de Navarre. Tableau sur bois du xvii® siècle , auteur
inconnu. Dans Téglise de Saille, canton de Guérande (Loire-Infé-
rieure), où fut célébré le mariage en i386.
6° Le Christ et la Samaritaine, par Mignard, au village du
Petit- Écoyeux, canton de Muret (Charente- Inférieure).
j'' Annonciation, par Athanase Bocanegra, peintre espagnol
du xviiie siècle, dans l'église de Margaux (Gironde).
8° Lenfant Jésus au milieu des docteurs, attribué à Jacques
Stella^ provenant du château de Gai lion, dans l'église du Grand-
Andely (Eure).
9° Saint Jean, sainte Elisabeth et Zacharie, par Nicolas-Ber-
nard Lépicié , 1771, dans Téglise de Saint-Martin de Castres
(Gironde) .
10" Le Sacre de Louis XIII, par le Frère André, dans l'église
cathédrale de Pamiers (Ariège).
Il" Déposition de croix, par le Frère André, dans l'église
d'Épinay-sur-Seine,
12" Assomption de la Vierge, attribuée à François Boucher,
dans l'église du Pay- Notre-Dame (Maine-et-Loire).
Un rapide voyage dans plusieurs villes du département de la Manche nous
56 QUELQUES TABLEAUX REMARQUABLES DES ÉGLISES DE PROVINCE.
a révélé l'existence de certaines œuvres d'art peu connues dont nous avons
pris note. Voici le relevé de nos observations :
i3° Dans Téglise de Saint-Gervais d'Avranches : la Lutte de
Jacob et de VAnge^ signée : Auguste Hesse. (Haut. 4"; larg. a^So.)
14° Dans la même église, un Christ en croix ^ avec la signa-
ture : A. Desvaux ^ 18 38.
iS" Dans Téglise Saint-Saturnin, également à Avranches : une
Vierge foulant aux pieds le serpent, signée : Lecerf pinxit,
Avranches. (Haut. 2™; larg. î"^jo.) Tableau moderne.
1 6° Dans la même église : Saint Roch guérissant un pestiféré,
signé : Frit\ Millet. Tableau moderne. (Haut. 2"'7o; larg. i^So.)
17° La chaire de l'église Saint-Pierre (monument historique) de
Coutances porte dans sa partie inférieure cette inscription rébus :
^Gl9 • ROBERT • LA^ (lisez Lacroix) ME • FEGIT • lySy
GURA • R • P • JULIANI • MAZIER • GUANDIANI.
18° Dans la même église Saint-Pierre de Coutances : Vierge
assise au pied de la croix, signée : Quesnel, 1843. (Haut. i^So;
larg. i"'20.) Le n^ 986 que porte encore le cadre est sans doute un
numéro d'exposition.
1 9" Encore dans la même église : Pietà, signée : D''après San-
terre Aug^^ Leriverend. Mars 18 53.
20° Dans l'église Saint-Nicolas de Coutances : Saint Sébastien
et un Ange, signé: Bichupinx., 176^. (Haut. 2'"5o; larg. i^So.)
21" Même église : une femme étendue à terre et soutenue par
une autre femme regarde le Saint-Esprit apparaissant dans le ciel ;
c'est peut-être la Mort de la Vierge. Signé: Bichuepinxit, ij65.
(Haut. 2">5o; larg. i" 5o.)
22° Même église : Jésus guérissant le paralytique. Signé sur
la margelle de la piscine : Franciscus de la Vente Virœuspinxit,
1760. (Haut. 2'"5o; larg. 5"".)
23° Même église Saint-Nicolas de Coutances : Assomption de
la Vierge, signée -.A. F. Louaintie, i836. (Haut. 2'"5o; larg. 2"".)
2^ Même église : un Saint guérissant une femme et un enfant
portes sur une civière. Signé : A. Colas, 1843. (Haut. 2'"5o;
larg. i'"8o.)
25° Même église : sur le cadre d'un Christ en croix d'aspect
sombre se lit cette inscription : Christ original de Sébastien
Gonie\ donné par le Roi en i838.
26° Dans l'église de Notre-Dame, à Vire (Calvados) : la chaire,
décorée de diverses figures en bois sculpté, porte cette inscription
CLAUDE-FERDINAND GAILLARD. 5 7
gravée sur une plaque de marbre noir : Cet ouvrage a estéfaict
par les soins de maistre Guillaume Boevin^ prestre Angevine,
de Jehan de Banville, escuier, seigneur de Lalande, patron de
Breteville, maistre des requestes de Mons. le duc d'Orléans,
oncle du Roy, lieutenant général du bailli de Caen au bailliage,
de Vire, maire et juge politique dudict lieu, et de Jean-Baptiste
Brouard, sieur de la Motte, trésorier en V église de Nostre Dame
de Vire. — i64-3'
27° Dans la même église : plusieurs toiles signées : J. J. Guer-
nier, 1824, et d'autres avec la même signature et la date 1834
dans l'abside. Un des vicaires de l'église nous a dit que ce Guer-
nier était père du professeur de l'école municipale de dessin de
Vire (1875).
28° Dans l'église Saint-Thomas de Vire : Christ en croix, signé :
X. Hellouin de Vire, 1854. (Haut. 2""; larg. i'"5o.)
290 Même église : Pierre tombale d^un architecte oublié, au
milieu de la nef, près de l'entrée. L'inscription mentionne ainsi
la date de sa mort : Tombeau de Af""^ Jacques Burnout, archi-
tecte, déc. le ij septembre l'jiS.
3o" Dans l'église de Villedieu-les-Poeles (Manche) : Saint Guil-
laume (?) et saint Hubert. Signé en blanc : Potanchet (ou Patan-
chet), i8oy. (Haut. i^So; larg. i ■».)
3i° Saint François recevant le rosaire, dans la même église.
Signé sur la couverture d'un livre posé à terre : Peint par Pesse-
Une (ou Pesselive), ijSg. (Haut. 2"i2 5 ; larg. i™5o.)
Sans doute la plupart de ces peintres sont des artistes dont la réputation
ne s'est pas étendue au delà des limites de leur ville natale. Quelques-uns ne
manquaient pas de mérite et leurs noms veulent être conservés dans l'his-
toire des arts en province. Les chaires, les orgues, les pierres tumulaires
portent souvent des inscriptions instructives.
J. J. GUIFFREY.
CLAUDE-FERDINAND GAILLARD,
PEINTRE - GRAVEUR.
(1834-1887.)
L'artiste éminent Claude-Ferdinand Gaillard, peintre et graveur, prési-
dent de la Société des Graveurs au Burin de France, est décédé le 19 jan-
vier 1887, à l'hôpital Saint-Jacques, impasse des Volontaires, rue de Vaugirard,
58 CLAUDE-FERDINAND GAILLARD.
227, OÙ il était entré quatre jours auparavant pour y recevoir les soins des
docteurs Jousset et Tessié.
La vie et l'œuvre de Gaillard méritent d'être racontés. Déjà des écrivains
distingués se sont appliqués à lui rendre hommage. Nous nous proposons
de suivre leur exemple, et de consacrer une étude développée à l'analyse des
meilleures pages du maître, au portrait de l'homme droit et simple chez qui
le caractère ne fut pas moins grand que le talent. Nos souvenirs personnels,
des communications obligeantes qui nous ont été faites par M. François-
Eugène Burney, graveur distingué, formé à l'école de Gaillard, dont il est
aujourd'hui l'un des exécuteurs testamentaires, les notes et les indications
précieuses que nous devons à M. J. Arnoux, qui vécut dans l'intimité de
Gaillard, les détails ignorés que M. de Baruel, curé de MaroUes en Hure-
poix, chez qui l'artiste passait chaque année plusieurs mois, a bien voulu
nous faire ie confident, nous permettront sans doute d'ajouter plus d'un
trait à l'attachante physionomie qui se dégage des écrits actuellement
publiés sur l'artiste. Toutefois, notre premier devoir ici est de laisser la
parole à ceux qui ont plus particulièrement connu Ferdinand Gaillard,
et nous nous garderions de rien ajouter pour l'instant à des témoignages
dictés par une haute estime ou un attachement de vieille date.
Au nombre des orateurs qui ont pris la parole sur la tombe de Gaillard,
le vendredi 21 janvier, se trouvent deux artistes : MM. Bouguereau et Chapu.
Nos lecteurs estiment à haut prix les écrits d'artistes. Dans le but d'assurer
à notre public la primeur de documents d'un caractère spécial, nous nous
sommes hâté d'obtenir de MM. Bouguereau et Chapu le texte manuscrit de
leurs discours dont ils se sont dessaisis avec une parfaite bienveillance. Mal-
heureusement, — cet adverbe ne concerne que nous, — à l'heure même où
nous recevions la copie de l'allocution de M. Bouguereau, un journal poli-
tique très répandu, le Voltaire, l'insérait dans ses colonnes (n° 3i53, du
dimanche 23 janvier, Obsèques de C,-F. Gaillard). Cette publication nous
empêche, à notre vif regret, de donner ici cette page sévère, non moins digne
de son auteur que du maître qu'elle a pour objet d'honorer.
Le discours de M. Henri Chapu, membre de l'Institut, est inédit. Peu
s'en est fallu qu'un journal d'art ne le publiât; mais, à la dernière heure, un
ami de la Société de l'Histoire de l'Art voulut bien s'interposer utilement
pour nous assurer le bénéfice d'une bonne fortune dont nous étions très jaloux.
Nous donnons in extenso le discours de M. Chapu,
Mon cher Ami,
C'est avec une profonde émotion que je viens te dire le dernier
adieu.
Je viens au nom de ceux qui t'aimaient, tes parents, tes amis,
tes camarades de l'atelier Cogniet et de l'Académie de Rome que
le coup si brusque qui les atteint a tous consternés.
Je ne ferai pas l'éloge de tes travaux, ils sont connus de toute
l'Europe. Les qualités qui distinguaient ton talent méritent une
appréciation raisonnée, et, dans le trouble de l'heure présente, je
ne veux songer qu'à Tami perdu.
CLAUDE-FERDINAND GAILLARD. 5 9
Tu avais en toi les qualités natives qui font les vrais artistes :
le culte élevé de Part, la volonté sans défaillances et cette simpli-
cité du croyant qui fait l'âme clairvoyante.
Je t'ai suivi depuis le jour où, quittant les bons Frères Igno-
rantins du Gros-Caillou, tu passas par l'École de dessin, l'atelier
Cogniet pour te rendre à Rome, où t'appelait ton titre de Pen-
sionnaire de l'Académie de France.
Là, chacune de tes années était marquée par un voyage d'étude.
Tantôt tu revenais de Naples, épris de l'antiquité, tantôt de Venise,
plein d'enthousiasme pour les Vénitiens, de Florence, pour les
primitifs Toscans. Ceux-là t'ont charmé longtemps ; ils t'ont rap-
pelé souvent.
Tu as su puiser dans ces contacts multiples, dans cette succes-
sion d'études cette puissance d'assimilation qui a fait le charme
de ton talent et que Ton se plaisait à louer comme l'une de tes
qualités originales.
Tu n'étais pas un homme de transaction. En face d'un maître,
en présence de la nature, tu te plaisais à fouiller, à pénétrer la
forme ou le procédé, et c'est dans cette recherche patiente, dans
cette étude passionnée que tu as conquis la haute expérience qui
seule permet à l'homme de laisser après lui des œuvres solides ;
qui seule, dans les arts, constitue la personnalité.
De quelle nouvelle et juvénile ardeur lu fus pris devant ces deux
chefs-d'œuvre que la France attendait de ta main savante, la
Joconde et la Cène de Léonard !
A t'entendre, ce que tu avais produit jusqu'à ce jour ne valait
plus la peine d'être compté ! Tu allais te surpasser toi-même! Tu
demandais à vivre, afin de donner ta mesure!...
Pauvre ami ! Nous pouvons juger ton chef-d'œuvre entrevu par
ceux qui nous restent de toi !
Tu n'as eu qu'une seule ambition, celle de mieux faire, et c'est
à cette soif des grandes âmes que tu t'es sacrifié !
Dédaignant le bien-être pour toi-même, tu n'as cessé de faire
un noble usage de ce que tu avais acquis par tes ouvrages !
Simple et bon, ainsi t'ai-je connu aux jours lointains de nos
débuts, ainsi es-tu resté jusqu'à ta dernière heure !
Ce n'est donc pas sans raison que, par une attention touchante,
on t'a revêtu pour ton dernier sommeil de la robe de bure des
Franciscains. 11 est bien vrai que tu es demeuré durant toute ta
6ô CLAUDE-FERDINAND GAILLARD.
vie un vrai disciple de saint François ! Ton âme est allée rejoindre
le bienheureux modèle qu'elle s'était choisi.
Adieu ! mon cher Gaillard, à Dieu !
Puisse le témoignage unanime de nos regrets apporter un peu
de consolation à ta vieille mère accablée, à ta famille privée de son
soutien !
A cet adieu touchant devait s'en ajouter un autre d'un caractère non moins
pénétrant. M. Roger Marx, critique d'art, ami de l'artiste regretté, s'était
proposé de lire sur le bord de la tombe les lignes suivantes. Son émotion
ne lui a pas permis de tenir parole au groupe d'intimes qui l'avaient choisi
pour être leur interprète :
Vous avez achevé de souffrir, Maître, mais vous ne disparaissez
point tout entier. Dans vos œuvres, par vos œuvres vous demeu-
rerez vivant parmi nous. L'élévation de votre âme, l'indépendance
de votre talent, l'énergie de cette foi inébranlable qui vous a cons-
tamment servi d'aide et d'appui pour la réalisation de vos entre-
prises, les a faites impérissables. Graveur, peintre, sculpteur,
— soldat à l'heure des désastres de la patrie, — moraliste et phi-
losophe, la gloire vous a été donnée de continuer au xix« siècle cette
race des maîtres de la Renaissance qu'on croyait à jamais éteinte,
de laisser à la postérité de sublimes pages et l'admirable exemple
d'une vie consacrée dans son entier à l'amour du bien, au culte
de l'art.
Messieurs, vous pleurez le deuil irréparable de l'école française;
vous pleurez l'artiste, sa carrière prématurément rompue, les chefs-
d'œuvre perdus, les promesses ravies, et votre douleur ne peut se
contenir. Mais qui rendra à ceux qui entouraient le maître et le
chérissaient, qui leur rendra la haute philosophie de ses enseigne-
ments, la prévoyante tendresse de son affection, sa généreuse ardeur
à stimuler les idées grandes et fortes, à développer chez tous la
conception supérieure et libre de l'art? Son intelligence rayon-
nante, sa douce sérénité était celle des anciens pasteurs qui s'en
allaient répandre au loin la lumière; ses paroles, comme celles de
ces pasteurs, étaient des paroles de paix, de justice, d'amour, de
liberté. Et maintenant nous ne jouirons plus de cette éloquence
exquise de l'esprit et du cœur; nous ne recevrons plus ses conseils;
nous n'aurons plus l'exemple de cette bienveillante sollicitude, de
cette inépuisable pitié pour les faibles. Le pasteur nous a quittés...
Adieu, Maître, au nom de tous vos amis, adieu.
Colligite fragmenta ne pereant. Les futurs biographes de Gaillard, les
CLAUDE-FERDINAND GAILLARD. 6l
critiques qui auront à parler de lui nous sauront gré d'avoir sauvé de l'ou-
bli les moindres renseignements sur le maître disparu.
Voici d'abord la lettre de décès dont la réception, le jeudi 20 janvier, a si
soudainement ému ceux qui gardent le culte de notre art national et qui
n'ignoraient point la place importante que Ferdinand Gaillard occupait dans
l'école contemporaine :
M
Vous êtes prié d'assister au Convoi, Service et Enterrement de
Monsieur Claude-Ferdinand Gaillard, Peintre Graveur, Président de
la Société des Graveurs au Burin de France, Officier de la Légion
d'honneur, de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand, de Léopold de
Belgique, Commandeur de l'Ordre Impérial et Royal de François-
Joseph d'Autriclie, décédé le 19 Janvier 1887, muni des Sacrements
de l'Eglise, en son domicile, rue de Madame, n° 74, à l'âge de 52 ans^;
qui se feront le Vendredi 21 courant, à 10 heures 8/4 très précises,
en l'Église Saint-Sulpice, sa paroisse.
De Profundis !
On se réunira à la maison mortuaire.
De la part de M™^ v^e Gaillard, sa mère, de M^^ v^e Judissé, sa
sœur, de M. et M™« Désiré Gaillard, leurs enfants et petits-enfants,
de M™« V^e Gaillard, de M. et M'"^ Gonnot et leur fille, ses oncles et
tantes, de M. Jules Judissé, son neveu, de M"»* Adèle, Élisa et Cécile
Judissé, ses nièces, MM. Emile et Eugène Gaillard, de M"« Élisa
Gaillard, de M. et M™^ Frischer, de M"« V^e Bigre et son fils, et de
la famille Judissé, ses cousins et cousines.
L'inhumation aura lieu au cimetière Montparnasse.
En cas d'oubli, prière d'en faire part.
M. Roger Marx, écrivant dans le Voltaire du 22 janvier un article sur
Ferdinand Gaillard, terminait ainsi : « A cette heure, dans la chambrette
nue d'une maison de retraite, il repose inerte sous la robe de bure du Fran-
ciscain. » M. iMarx était bien informé. Gaillard n'a pas succombé, comme
le laisse supposer la lettre de décès que nous venons de reproduire, dans
son domicile, mais bien à l'hôpital Saint-Jacques.
L'auteur de l'Homme à l'œillet, de la Vierge de Botticelli, des Disciples
d'Emmaûs, du Saint Georges, de la Tête de cire et des incomparables por-
traits de Dom Guéranger, du Cardinal Pie, de Léon XIII appartenait au
Tiers-Ordre de saint François. Son nom de Tertiaire atteste sa profonde
humilité. 11 avait voulu s'appeler « Frère Marie-François de la Crèche. »
Voici la lettre de convocation des Tertiaires au service religieux célébré
pour lui le dimanche 3o janvier :
1. Gaillard étant né le 7 janvier 1834 avait en réalité 53 ans et 12 jours
lorsqu'il est mort.
6a CLAUDE-FERDINAND GAILLARD.
TIERS-ORDRE Paris, le 21 janvier 1887.
DE LA PÉNITENCE
DE SAINT-FRANÇOIS d'aSSISE
FRATERNITÉ DE PARIS
(Obédience des FF. MM. Capucins)
t
Que Notre-Seigneur vous donne sa paix.
Mes bien chers Frères,
Notre Père céleste vient de nous imposer un nouveau deuil en rap-
pelant à Lui notre excellent et très aimé Frère Marie-François de
LA Crèche, dans le monde M. Claude-Ferdinand Gaillard, décédé
le 19 janvier, dans sa 54™^ année, après 9 ans 11 mois et 10 jours de
profession du Tiers-Ordre.
C'est aujourd'hui même que nous l'avons conduit à sa dernière
demeure, après l'avoir revêtu de son habit de pénitence.
Surpris par la nouvelle de sa mort, je n'ai pu vous inviter à ses
obsèques, qui ont été dignes du grand artiste, du fervent chrétien et
de l'humble Tertiaire; mais je vous convie tous, mes bien chers
Frères, à la messe qui sera dite le 3o janvier, jour de notre réunion
générale, à l'intention du très regretté défunt. Nous y communierons
ensemble pour le repos de son âme, et d'ici là chacun de nous acquit-
tera les prières prescrites par la règle : cinquante Psaumes ou
cinquante Pater avec Requiem œternam ou un chapelet.
La force me manque pour vous en dire davantage, mais les Annales
Franciscaines vous diront ce qu'était notre bien-aimé Frère, et quelle
perte nous avons faite en sa personne ^.
Je vous attends tous au pieux rendez-vous du Dimanche 3o. N'ou-
bliez pas que la messe commencera à 8 heures précises.
Votre bien indigne Frère et serviteur en N.-S. et S. -F.
Frère LOUIS du Saint-Sacrement,
Recteur.
Gaillard n'était pas moins connu en Allemagne, en Angleterre, en Italie
que dans son propre pays. Tenter une bibliographie des études de quelque
importance dont ses ouvrages ont été l'objet depuis à peu près vingt ans
I. La notice annoncée doit être rédigée par un Religieux de l'Ordre des
Capucins, sur les notes qui auront été recueillies par des Tertiaires. Au
moment où nous donnons le bon à tirer de cet article, les Annales Francis-
caines de mars 1887 qui doivent renfermer l'étude en question ne sont pas
encore distribuées.
BIBLIOGRAPHIE. 63
nous entraînerait trop loin. Rappelons cependant un travail étendu et de tous
points élogieux pour l'artiste, paru dans la Galette de Cologne du 27 dé-
cembre i883. La Revue Britannique de mai 1882 lui a consacré plusieurs
pages dignes d'être lues. Le Temps du 2 janvier 1884, VUnivers du 22 jan-
vier 1887, par la plume de M. Arthur Loth, le même journal, dans son
numéro du 3i janvier 1887, sous la signature de M. François Lovet, ren-
ferment de curieux articles sur Ferdinand Gaillard. On devra lire aussi Le
Salon de 1886, par C. de Beaulieu (Paris, Bloud et Barrai, 1886, in-S" de
32 pages), et le Journal des Arts du i5 février 1887, où M. A. Portier de
Beaulieu, secrétaire-rédacteur de la Société des Graveurs au burin, a rendu
compte de la réunion dans laquelle il a été procédé à l'élection d'un prési-
dent de la Société en remplacement de Gaillard. Nos lecteurs sont trop
familiarisés avec la Ga:{ette des Beaux-Arts, à laquelle l'artiste avait long-
temps prêté son utile concours, et avec VArt, dont il était devenu en ces der-
nières années le collaborateur, pour que nous ayons la pensée de leur signaler
les planches de Gaillard ou les études écrites sur le maître, qu'ils sauront
découvrir dans ces publications. On n'a pas oublié le Saint Sébastien paru
dans VArt, 2' année, t. IV, p. 326, gravé par Gaillard d'après une peinture
de sa composition.
Henry Jouin.
BIBLIOGRAPHIE.
Jean Grancher de Trainou, dit Jean d'Orléans, peintre des rois Charles VI
et Charles VII et du duc Jean de Berry. Documents nouveaux, publiés par
L, Jarry. 1886, 16 p. in -8°. — Un acte de vente retrouvé dans les anciennes
minutes d'un notaire d'Orléans a fait connaître à M. Jarry le nom d'un peintre
du duc de Berry, Jean Grancher, originaire de la paroisse de Trino ou Trai-
non, située à quelques kilomètres d'Orléans. D'autre part, les Archives du
Cher, consultées par leur conservateur, ont fourni de nombreuses mentions
sur le peintre Jean Grancher, aliàs d'Orléans, s'établissant à Bourges en
1410 et y résidant jusqu'en 1458. Du rapprochement des textes, M. Jarry
tire la conclusion très vraisemblable que le Jean Grancher de Trainou et celui
de Bourges ne sont qu'un seul individu, né aux environs d'Orléans et qui a
occupé parmi les peintres du xv" siècle une place distinguée. Désormais
l'origine orléanaise des peintres qui ont joint à leur nom de baptême celui
de la ville d'Orléans est définitivement établie par pièces authentiques. Bien
des points restent encore obscurs dans la généalogie de ces vieux maîtres
provinciaux. Nous ne saurions trop engager M. Jarry à poursuivre les
recherches qui ont donné déjà de si curieux résultats. Les archives des
notaires renferment, comme le répétait naguère ici même notre confrère et
ami M. Henry Havard, dans leurs minutes à peu près inconnues jusqu'ici,
les plus précieux renseignements sur la biographie et les travaux de nos
anciens artistes. — J. G.
Le Livre de raison de Jacques-Charles Dutillieu, publié et annoté par
F. Bréghot du Lut. Lyon, irapr. Mougin-Rusand, 1886, gr. in-8°. — Un
curieux, qui porte dignement un nom estimé parmi les érudits lyonnais, a
retrouvé dans ses papiers de famille le Livre de raison de Jacques-Charles
Dutillieu, peintre de fleurs, puis fabricant d'étoffes d'or, d'argent et de soie,
64 BIBLIOGRAPHIE.
né à Paris en 17 18, mort à Lyon en 1782. Grâce à ces mémoires intimes,
les Dittillieu tiendront désormais une place fort honorable dans le livre
d'or de l'Art français. En effet, le grand-père de l'auteur, François Le
Pesant DutilUeu, élève à.'' Antoine Hérault et Noël Coypel, était peintre de
paysage ; son oncle A mand, camarade de Lancret, de Pater et de Pillement,
annonçait de brillantes dispositions comme peintre de fleurs, mais il mourut
à vingt et un ans. Enfin, son père Charles-Gilles, membre de l'Académie de
Saint-Luc, fut élève d'un peintre brocanteur bien ignoré aujourd'hui, Cauvin,
et ne tarda pas à conquérir la réputation d'un habile décorateur. Tour à
tour employé aux embellissements de Chantilly, de Sceaux, d'Anet, de Bagno-
let, de l'hôtel de Samuel Bernard, rue Notre-Dame-des-Victoires, il fut sol-
licité par le comte de Tessin de l'accompagner en Suède et choisi par F. Le
Moine pour peindre les fleurs du plafond d'Hercule à Versailles. Jacques-
Ch. Dutillieu, encouragé par Oudry, débuta, comme tant d'autres, à l'expo-
sition de la jeunesse, place Dauphine (il ne dit pas en quelle année), travailla
'pour la cour et pour M""= de la Vrillière (depuis duchesse de Mazarin) et ne
se résigna à entrer dans l'industrie qu'après la crise déterminée par la guerre
de la succession d'Autriche. En 1759, lors d'un de ses séjours à Lyon, J.-B.
Perronneau peignit le portrait de J.-Ch. Dutillieu et celui de sa femme. Ces
deux portraits, soigneusement conservés par la famille, sont reproduits dans
le beau volume de M. Bréghot du Lut, dont l'exemple devrait encourager et
provoquer d'autres publications de même nature. — M. Tx.
Maîtres contemporains, par M. Henry Jouin, lauréatde l'Institut (Paris, in-12,
1887). — Le nouvel ouvrage qui vient de paraître sous ce titre, à la librairie
Didier-Perrin, n'est pas un travail d'érudition, mais une suite d'articles écrits
avec verve et passion, sur des personnages très différents. L'auteur ne sau-
rait être trop félicité d'avoir réuni en un volume ces biographies et ces por-
traits de Corot, de Baudry, de Fromentin, de Lehmann, de Gustave Doré,
de Nittis, de Cham, tracés d'une plume fine, alerte et piquante, qui se trou-
vaient disséminés dans plusieurs revues étrangères. Ce n'est pas seulement
l'intention de rendre hommage à un artiste décédé qui a dicté à M. Jouin
ses excellentes pages sur les maîtres de notre siècle : car ce sont des eaux-
fortes de M. Massard qui nous ont valu les charmants tableaux qu'il fait de
la vie de Henri Regnault et de celle de Tassaert. Une exposition à Paris des
œuvres de Frédéric van de Kerckove fut le point de départ de l'étude de
M. Jouin sur cet artiste mort à l'âge de dix ans! Et, à côté des artistes, les
amateurs, les protecteurs, les amis des beaux-arts ne sont pas oubliés :
on lira avec infiniment de plaisir la notice consacrée à Charles Timbal,
une des meilleures du livre. On lira surtout le nouvel ouvrage de M. H.
Jouin, parce qu'il sait merveilleusement tenir son lecteur en éveil, parce
qu'à la correction et à la netteté du style, à l'élévation des pensées, il a
su joindre une série d'anecdotes, qui sont, selon sa propre expression, le
complément de l'histoire, qui en sont même le correctif, à la condition
qu'elles soient authentiques. Or, on peut répondre de leur authenticité.
M. Jouin vit dans le monde de l'art et connaît tous nos grands maîtres ; il
tient d'eux ses amusantes historiettes sur tel confrère, sur tel ami, et sans
lui, peut-être, nul n'aurait songé à nous les redire. Nul surtout n'aurait su
mieux les raconter. — S.
LES SCULPTEURS DE TROYES AU XIV° ET AU XV* SIÈCLE. 65
LES SCULPTEURS DE TROYES
AU XIV® ET AU XV® SIECLE.
Nous avons fait, il y a une vingtaine d'années, des recherches
dans les archives du département de l'Aube et dans les archives
de la ville de Troyes, dans le but de recueillir les matériaux d'une
étude sur les travaux d'art et de métier à Troyes. Nous avons
réuni et classé plus de 5o,ooo extraits de pièces originales, mais
des circonstances diverses ne nous ont pas permis d'achever le
dépouillement de ceux des documents conservés aux archives qui
nous faisaient connaître avec certitude les œuvres accomplies et les
maîtres qui les avaient exécutées.
Pour quelques-unes des branches du travail et principalement
pour les ouvrages d'art, nous possédons une assez grande quan-
tité de faits pour pouvoir donner au moins un aperçu du person-
nel de travailleurs qui était établi à Troyes. Il nous a paru inté-
ressant de montrer par un exemple comme les maîtres de métiers
confinant à l'art étaient nombreux dans cette ville, même à une
époque assez éloignée, et nous nous sommes proposé de donner
les noms des sculpteurs en pierre et en bois qui ont habité
Troyes au xiv® et au xv® siècle.
Ces sculpteurs ont été au nombre de 89 : 22 dans le xiv® siècle
et 67 dans le xv®.
Ils étaient désignés dans les rôles des tailles et les comptes comme
tailleurs d'images, imageurs, imagiers ou imagers.
Sur ces 89, 27 étaient étrangers : 22 étaient flamands et 5 alle-
mands.
43 étaient seulement sculpteurs ; 24 étaient à la fois huchiers et
sculpteurs, 11 peintres et sculpteurs, 10 maçons et sculpteurs,
I était orfèvre et sculpteur.
Aucun de ces sculpteurs n'a été en grand renom. Cependant
Jean Gailde, l'architecte et le sculpteur du jubé deTéglise Sainte-
Madeleine, Jacques Bachot ^ auquel on doit le sépulcre de l'église
de Saint-Nicolas-du-Port et le tombeau de Henri de Lorraine,
Nicolas Haslin, l'auteur des bas-reliefs de l'église Saint- Pierre
de Troyes, furent des maîtres de haute valeur et dont il serait
juste de garder la mémoire. Si nous avions fait connaître les sculp-
teurs du xvi" siècle, nous en aurions signalé plusieurs qui ont
ART FR. IV , 5
\
66 LES SCULPTEURS DE TROYES AU XIV« ET AU XVe SIÈCLE.
travaillé au château de Fontainebleau et parmi eux un Florentin,
Domenico Ricoveri, dont l'œuvre comme sculpteur et comme
graveur est important.
XIV® SIÈCLE.
I. Jean / OuDOT (..1 320-1 342).
Jean I ou Jeannin Oudot, tailleur d'images et huchier, a tra-
vaillé pour l'église Saint-Étienne de Troyes de i33o à 1337.
2. Jeannin (i 345-1 370).
Jeannin (Jehanin), tailleur d'images et huchier, vivait à Troyes,
de 1345 à 1370.
3. Etienne (..i 348-1 354).
Etienne, tailleur d'images.
4. Jean Lalement (..i 362-1 370).
Jean Lalement (l'Allemand), maçon, tailleur de pierre et tail-
leur d'images, travaillait de i362 à 1370.
5. Jeannin Trubert (. .1364-1370).
Jeannin Trubert, tailleur d'images, vivait à Troyes de 1364 à
1370.
6. Hennequin (..1 365-1 368).
Hennequin, tailleur d'images, Flamand.
7. Jean //Oudot (..1367- 1396).
Jean II ou Jeannin Oudot, tailleur d'images et huchier, a tra-
vaillé, en 1377- 1378, pour la cathédrale de Troyes ; en 1 389-1 390
et en 1 395-1 396, pour Téghsc Saint-Urbain.
8. Girard Biau Temps (..i 36 8- 1370).
Girard Biau Temps, tailleur d'images.
9. Thibaut (..i368"i 370).
Thibaut ou Thiébaut, maître tailleur d'images et huchier.
10. r^oma^ Trubert (..1370- 1376).
Thomas Trubert, tailleur d'images, frère de Perrin.
ri. Drouin I (..1 376-1 390).
Drouin I, peintre et sculpteur (ymager), a travaillé pour les
églises Saint-Etienne et Saint-Urbain; il a fait et réparé des sta-
tues. Ge n'est pas le même personnage que Drouin de Mantes.
LES SCULPTEURS DE TROYES AU XIV® ET AU XV^ SIÈCLE. 67
12. Hennequin de la Place (..iSjS).
Hennequin de la Place, tailleur d'images et tombier, était de
Tournai. Il fit, en iSyS, le tombeau et la statue du chanoine Jean
Bizet de Barbonne. Jean Bizet, revêtu de Faumusse, tenait d'une
main un livre ouvert et de l'autre main le bâton de chantre. Ce
tombeau, élevé dans Téglise Saint- Etienne, était de pierre; il fut
payé à Hennequin 26 livres tournois.
i3. Jean de Provins (..i 378-1 386).
Jean de Provins, tailleur d'images et huchier, a travaillé à la
cathédrale de 1378 à i385. Il y a fait des ouvrages de toute sorte,
depuis des portes, des stalles, un buffet d'orgues, jusqu'à des
règles et des équerres pour les ouvriers. Il était surtout huchier.
14. Drouin de Mantes (..i 379-1 385).
Drouin de Mantes, tailleur d'images, a travaillé pour la cathé-
drale de i38o à i383. Il a sculpté une statue de saint Pierre, qui
fut placée à la porte du jubé de Henri de Bruisselles ; cette statue
lui fut payée cent sols.
i5. G/rarf/ Gay (..1381-1400).
Girard Gay, tailleur d'images, est le même que Girard de Han
et maître Girard. Il a travaillé à la cathédrale. Il a sculpté, en
i38i-i382, une statue de saint Paul, et plus tard une autre statue
de saint Paul, qui fut placée à l'entrée du jubé et pour laquelle il
reçut six livres.
16. Jean de Bruisselles (..i 383-1 385).
Jean de Bruisselles, maçon et tailleur d'images, a travaillé au
jubé de la cathédrale de Troyes.
17. Conrad de Strasbourg (..i 384-1 385).
Conrad de Strasbourg était tailleur d'images. Son nom est écrit
Conrrot de Strambourt ou de Strabourt. Conrad a travaillé, en
août 1384, pendant deux semaines, au jubé de la cathédrale de
Troyes; il recevait 4 s. 2 d. par Jour. Ce salaire était élevé, c'était
le même que celui qui était payé à l'architecte, Henri Soudan, et
à l'auteur des plans du jubé qui était aussi un des constructeurs,
Henri de Bruisselles ^
I. Bibliothèque nationale, mss., n" 91 12, i384-i385, Comptes de l'œuvre
de l'église de Troyes.
68 LES SCULPTEURS DE TROYES AU XIV^ ET AU XV* SIÈCLE.
i8. Girardin de Mons (..i385-i388).
Girardin de Mons ou de Mont a en AUemaine, » maçon et
ymager^ travaillait, en février i385, au jubé de la cathédrale; il
était payé 2 s. 6 d. par jour,
19. Henri TiE Mons (..i385-i388).
Henri de Mons ou de Mont, « en AUemaine, » maçon et j^m(a!-
ger^ a travaillé au jubé de la cathédrale, en février i385 ; il était
payé 2 s. 6 d. par jour.
20. Drouin II (..i386-r389).
Drouin II le peintre était aussi sculpteur. Il a travaillé à Téglise
Saint- Urbain.
1 386-1 387. « ... Pour son salaire de remettre à point la main
de rimage Saint-Urbain qui est ou portai de l'église par devers la
grand Rue, laquelle main estoit brisée, et pour refaire la croison
dessus la croiz qui estoit cheu et brisé... »
21. Perr/n / Trubert (..1390-1402).
Perrin ou Pierre Trubert était tailleur d'images et huchier. Il
demeurait dans la rue Notre-Dame.
22. Jacquet (..i 396-1 398).
Jacquet, le tailleur d'images ou le tombier, a fait, en 1398, la
tombe de Jean, maître de l'œuvre de la cathédrale; il en fit le
pourtrayet^ tailla cette tombe, la grava et emplit de ciment (pro-
bablement les traits du dessin gravé en creux) .
XV" SIÈCLE.
23. Gaucher aniiTs.N\TE.L (..1400- 1402).
Gaucheran ou Gauterin de Vitel, tailleur d'images et huchier,
a ce rappareillé et remis à point, » en 1401-1402, les sièges du
chœur à la cathédrale. Il a travaillé à l'église Saint-Urbain.
24. Jean ///OuDOT (..140 1-1451).
Jean III, Jeannin ou Jeançon Oudot l'aîné, maître tailleur
d'images et huchier, était appelé le plus souvent « Jehanin, Jeha-
nin le tailleur, Jehanin le tailleur d'ymaiges. »
Il a été marié et a eu deux fils, Jeannin etThevenin, qui furent
huchiers tous les deux et qui ont commencé à travailler avec leur
père en 143 9- 1440.
Jean Oudot demeurait dans la rue Moyenne en 1421-1422.
LES SCULPTEURS DE TROYES AU XIV« ET AU XV« SIÈCLE. 69
lia travaillé pour la cathédrale et les églises Notre-Dame-aux-
Nonnains, Saint-Etienne, Saint-Jean, Sainte-Madeleine et Saint-
Urbain.
Saint-Etienne. 1401-1402. lia rappareillé les stalles du chœur.
Sainte-Madeleine. 1411-1412. Marché pour faire les /ef^em du
chœur (9 liv. 10 s.) ; travaux aux stalles du chœur.
Cathédrale. 1413. Anges du maître-autel. — 1413-1414, 1415-
1416. Huis au jubé. — 1418-1419. Clocher. — 1419-1420.
Ouvrages au buffet d'orgues, i3 liv. t.; « façon de l'ange qui est
dessubz les orgues auci Tespy sur quoy il est... c s. t. » — 1420-
142 1, 1422-1423. Orgues. — 1423-1424. « Tailler... le chande-
lier à mettre le cierge benoist. » — 1425-1426, 1426-1427. Orner
de sculptures la chaise de l'évêque. — 1427-1428. « Pour avoir
réparez les ymaiges des apostres sainct Pierre et sainct Pol... avoir
taillé ij prophetez et corbeaux qui portent lesdictes ymaiges... xl s. »
Sainte -Madeleine. 1421-1422. Fait « l'ouvraige de bois du
ciboire... xvj 1. »
Cathédrale. 143 1- 143 2, 143 2- 143 3. Orgues.
Saint-Etienne. 1433-1434, 1436-1437. Ange peint, placé sur
une colonne en arrière de l'autel, tenant dans une des mains, sous
le cincenier suspendu à la voûte, une chaîne qui supportait la
pixide.
Saint-Jean. 1441. « Trois grans nos neufs... xxx s. »
Cathédrale. 1439-1440 à 1448-1449. C'est pendant ce temps
que Jean Oudot a fait « la hucherye du tabernacle à mettre les
châsses, » ouvrage qui paraît avoir été important. Ses deux fils
ont travaillé avec lui à ce tabernacle de 143 9- 1440 à 1442- 1443.
2 5. Nicolas Cordouanier (..1402- 1406).
Nicolas I Cordouanier, Corduanier ou Nicolas « le Flament »
était peintre et tailleur d'images.
26. Colin NooT (..1403- 1434).
Colin Noot ou Nouot, huchier et tailleur d'images, a travaillé
en 1411-1412 pour l'église Sainte-Madeleine et en 1433-1434
pour l'église Notre-Dame-aux-Nonnains.
27. Thomas ou PoîiT {..1^06).
Thomas du Pont ou Thomas « l'ymager » travaillait à Troyes en
1406.
70 LES SCULPTEURS DE TROYES AU Xive ET AU XV^ SIÈCLE.
28. Perrm //Trubert (..1406- 1462).
Perrin II ou Pierre Trubert, maître tailleur d'images et huchier,
a travaillé pour la cathédrale et pour les églises Saint-Etienne et
Sainte-Madeleine.
En 1411-1412, il a refait et taillé, à l'église Sainte-Madeleine,
« deux des coulombes du grant autel, » et les a « rassises avec le
bassement dudit autel. » Il a fait en même temps la table de Fau-
tel. Il a réparé, en 1439-1440, une des statues de bois de cette église.
Trubert fut chargé, en 1441 , de faire « iij patrons (deux en pap-
pier et ung de bois) de l'ymaige sainct Jehan, » reliquaire qui fut
exécuté en argent doré par Jean Garnier.
La qualité d'orfèvre lui a été donnée probablement par erreur
dans un des comptes de la même année, dans lequel il est fait
mention d'une somme qui lui fut payée « pour avoir vacqué pour
plusieurs fois à mettre à point les orgues de l'église et avoir fait
plusieurs ymaiges d'or molu du pié de l'yuiaige sainct Jehan. »
Perrin Trubert a travaillé, en 1449-1450, au buffet d'orgues de
l'église Sainte-Madeleine.
Il fit, en 1461-1462; pour cette église, le patron de papier d'un
reliquaire dont l'exécution fut confiée à l'orfèvre Barat.
29. /ean/NooT (..1410-1455).
Jean I ou Jeannin Nodt ou Nouot, huchier et tailleur d'images,
a travaillé pour les églises Saint-Etienne, Sainte-Madeleine et
Saint- Urbain.
30. Gilles NooT (. .1418-1435).
Gilles, Gillet ouGillot Noot, maître huchier et tailleur d'images,
a travaillé pour la cathédrale et pour les églises Sainte-Madeleine
et Notre-Dame-aux-Nonnains. Il a fait, à la cathédrale, en 1428-
1429, la chayère à prescher^ et à l'église Sainte-Madeleine, en
1431-1432, la chayre où Von pr esche.
3i. Gautier (. .1419-1435).
Maître Gautier (Gaultier, Gaulthier, Galtier), tailleur d'images,
était de Paris; il était marié.
32. Jean I (..1420-1428).
Jean I ou Jeannin, tailleur d'images, a fait, pour la cathédrale,
en 1420, un ange de bois qui fut placé au-dessus des orgues. Il
répara des statues pour la cathédrale et pour les églises Sainte-
Madeleine et Saint-Urbain.
LES SCULPTEURS DE TROYES AU XIV® ET AU XV® SIECLE. 7 1
33. Etienne Simart (.,1421-1424).
Etienne Simart, huchier et tailleur d'images.
34, Henriet de Cologne (..1423).
Henriet ou Henriot de Cologne (de Couloigne) , tailleur d'images.
35. Jeannin (..1423).
Jeannin, tailleur d'images, demeurait dans le quartier de Com-
porté.
36. Gui/Zemm Taillebois (..1423-Î-1426).
Guillemin Taillebois, tailleur d'images, a épousé Jeanneton;
il est mort en 1426.
37. Jean /// Oudot (,.1423-1460).
Jean III ou Jeannin Oudot le jeune, huchier et tailleur d'images,
était fils de Jean II. Il a travaillé pour la cathédrale et pour l'église
Saint-Étienne.
38, Jac^weif / Cordonnier (.,1425-1429).
Jacquet I Cordonnier ou Cordouannier, maître peintre et tail-
leur d'images, était appelé ordinairement « Jaquet le peintre. »
Il a travaillé pour la cathédrale et l'église Saint-Etienne.
3g. G1LLEQUIN (.. 1426-143 1).
Gillequin, tailleur d'images, Flamand.
40. Girardin de Bruxelles (..1435-1441).
Girardin de Bruxelles, huchier et tailleur d'images, a fait pour
la cathédrale des statues de bois et des ouvrages de hucherye.
41. Henri (..1436- -]- de 1438 à 1444).
Henri le Flament (le Flamand), tailleur d'images, avait épousé
Alix. Il a travaillé à la cathédrale.
42. Huguenin BfLiLhY (..1439-1442).
Huguenin Bailly, huchier et tailleur d'images, était, en 1439-
1440, varlet de Jeannin Oudot et travaillait alors avec celui-ci
à la cathédrale, à « la hucherye du tabernacle à mettre les châsses. »
43. Thomassin (..1440- 1446).
Thomassin le Flament (le Flamand), tailleur d'images et huchier,
a travaillé à la cathédrale.
44. Jacques I (..1441-1444).
Jacques I le tailleur d'images.
72 LES SCULPTEURS DE TROYES AU XIV" ET AU XV^ SIECLE.
45. Henneguin HE TovnîiAY (..1444- 1445).
Hennequin de Tournay, tailleur d'images, a fait en partie, en
1 444- 1 44 5 , à la cathédrale, le tabernacle où l'on mettait les châsses.
46. Haquinet de Tournay (..1444- 1447).
Haquinet de Tournay, tailleur d'images, a achevé, en 1444-
1445, à la cathédrale, le tabernacle où l'on mettait les châsses qui
avait été commencé par Hennequin.
47. Robert de Tournay (..1444- 1447).
Robert de Tournay, tailleur damages et huchier, a été varlet^
d'abord de Hennequin de Tournay, ensuite de Haquinet de Tour-
nay. Il a travaillé avec eux à la cathédrale.
48. JeanHE Metz (..1445).
' Jean de Metz, tailleur d'images.
49. Jacquet Le Vachier (. .1452-1484).
Jacquet Le Vachier, Le Vacher ou Vacher, maçon, tailleur de
pierre et tailleur d'images, a travaillé à la cathédrale.
5o. Jacquet //Cordonnier (..1452-1496).
Jacquet II Cordonnier ou Cordouannier, maître peintre et tail-
leur d'images, a été marié. Il a eu un fils, Nicolas.
11 signait Jaquet Cordonier. Il est désigné dans les comptes
par les noms de « Jaquet le pointre » et de « Jaquet le tailleur. »
11 a travaillé pour la ville de Troyes, pour la cathédrale et
les églises Sçiint-Étienne et Sainte-Madeleine.
Cathédrale. 1462-1463. « ... Pour avoir faict iiij ymages petis
de Gayn et Abel en l'une des pierres du portail, xxx s. »
1470-1471. « ... Pour tailler en bois deux anges et ung sainct
Pierre pour faire patron et la faire d'argent pour ledict tableau
(des reliques), xv s. »
1 480-1 481. «... Pour avoir faicl ung crucefiz de bois pour
mooler et faire ung aultre de cuivre pour faire le crucefiz de
ladicte crois d'argent, xx s. »
Église Sainte-Madeleine. 1495-1496. « ... Pour avoir faict ung
ymaige de sainct Moise, estoffé et painct pour le baston » d'une
des confréries de l'église.
5i. Hennequin de Louvain (..1460- -]- avant 1472).
Hennequin de Louvain, tailleur d'images, a été marié.
LES SCULPTEURS DE TROYES AU XIV« ET AU XV® SIÈCLE. 7 3
52. ^nfome Colas (.. 1 462-1 493).
Antoine Colas, appelé souvent maître Antoine, était maître
maçon et tailleur d'images. Il a été marié et a eu au moins deux
enfants : un fils, Oudart, qui a été tailleur d'images, et une fille.
Il a dirigé les travaux de la construction de la cathédrale de
1462 à 1480; il fit, en 1479- 1480, « les pourtrais et moles à faire
Totiau et le premier huys de ladicte librairie nouvelle, les armes
de monseigneur l'évesque oudit huys et en ladicte formette les
moolez pour faire un arc boutant emprès le petit huys de nostre
dit seigneur Tévesque. » Il a travaillé à l'église Saint-Urbain.
11 a taillé et gravé, en 146 9- 1470, d'après \c pourtraict de Jac-
quet le peintre, la tombe de Henrion Dorey, qui fut placée dans
la cathédrale. Il fit aussi, en 1482, la représentation de Guillaume
Lesguisé, chanoine de l'église Saint-Pierre et curé de Sainte-Syre.
53. Jean Le Boucher (..1463- 1464).
Jean Le Boucher, tailleur d'images, était de Malines.
Petit Jean, son cousin, et lui ont fait, en 1463- 1464, des sta-
tues pour la cathédrale de Troyes :
a ... Pour avoir faict une ymage de saint Xpistofle pour mettre
oudict portail, par marchié faict à luy à la somme de x livres.
«... Pour avoir faict une autre ymage de saint Nicolas, par
marchié faict à luy à la somme de x 1. t. »
54. Petit Jean (..1463- 1464).
Petit Jean, de Malines, tailleur d'images, cousin du précédent,
a fait avec celui-ci des statues pour la cathédrale.
55. Jean Le Vachier (..i 468-1471).
Jean Le Vachier, Le Vacher ou Le Y achats ymageur, a tra-
vaillé à la cathédrale; il a sculpté une statue de saint Louis.
56. Jacquet de La Bouticle (..1468-1500).
Jacquet de La Bouticle, maçon et tailleur d'images, a travaillé
à la cathédrale, aux églises Saint-Etienne et Saint-Urbain.
57. Hanse (..1472).
Hanse (Hans) Lalement (l'Allemand), tailleur d'images.
5 8 . Jean I Caupain (. . i 480- i 5 34) .
Jean I Caupain ' , maître peintre et tailleur d'images, a été marié;
I. Le nom est écrit de différentes façons : Caupain, Caupin, Coppains,
74 LES SCULPTEURS DE TROYES AU XIV« ET AU XV» SIÈCLE.
il a eu un fils, Pierre, qui a été aussi peintre et tailleur damages.
Jean Caupain a travaillé comme peintre, doreur et tailleur
d'images pour la ville, pour la cathédrale et les églises Saint-
Étienne, Saint-Jean, Sainte-Madeleine et Saint-Pantaléon,
Le 3o juillet i5oo, il commença à « ramoler le grant Hector
pour estre à l'entrée de la porte du beuffroy. » Il fit, en i5i2-
i5i3, des statues de bois pour Téglise Sainte-Madeleine.
Il travailla en i534 aux préparatifs faits pour l'entrée de la
reine Éléonore à Troyes ; il était payé i o sous tournois par jour.
Jean Caupain habitait, en i5io, une « maison à petit frestre
estant des appartenances de l'hostel de la ville, séant en la grand
Rue, près la Belle Croix, « qu'il tenoit à loyer de la ville pour neuf
années, moyennant i lo sous tournois par an.
59. Co/o^ GoDiER (..1 482-1530).
Colot Godier, maître huchier, menuisier et tailleur d'images,
était, en 1483, au nombre des gens « faisant guet et garde de la
ville ; » député des menuisiers et des serruriers en 1 5 1 3 et preu-
dhomme de son quartier en iSip.
Il a travaillé pour la ville, pour la cathédrale et l'église Saint-
Etienne.
Il a fait à la cathédrale, entre autres ouvrages, le buffet d'orgues
en 1484-1485, la chaire à prêcher en 1 527-1528, un grand coffre
sculpté (« ... de taille en forme de drapperie et au dessoubs de la
sarrure y a un escusson entaillé où sont les armes de l'église »).
60. Antoine (. .1483-1488).
Antoine, tailleur d'images.
61. A7'îco/a5 // Cordonnier (. .1486-1540).
Nicolas II ou Colas Cordonnier, Cordouannier ou Cordoan-
nier est désigné le plus souvent dans les comptes de la ville et des
églises de Troyes sous les noms de Nicolas le painctre, de Nico-
las le tailleur, de Nicolas le tailleur painctre et de Nicolas le
Flamant. Il signait Nicolas Cordoannier ou Nicolas le painctre.
Son nom était toujours surmonté de sa marque qui consistait en
trois anneaux entrelacés, deux et un, avec les lettres N C Qt P,
placées chacune dans un anneau, et ceux-ci étant accotés dans le
même ordre que les lettres N C P (Nicolas Cordoannier, painctre).
Coppain, Copain, Copen, Gopin, Gompain. On lit Caupain sur le bail de sa
maison.
LES SCULPTEURS DE TROYES AU XIV° ET AU XV® SIÈCLE. 7 5
Nicolas Cordonnier était peintre, tailleur d'images et peut-être
aussi verrier.
Il était fils de Jacquet Cordonnier, peintre et tailleur d'images,
et avait pour frère Victor, peintre verrier.
Il était Flamand.
Il a été marié et a eu plusieurs enfants.
Il a travaillé pour la ville, pour la cathédrale et les églises Saint-
Etienne, Saint-Jean, Sainte-Madeleine, Saint-Nicolas et Saint-
Pantaléon,
Il a travaillé, en i486, avec son père Jacquet, aux préparatifs de
l'entrée de Charles VIII.
Nous ne signalerons que quelques-uns des ouvrages de sculp-
ture de Nicolas Cordonnier, en passant sous silence ses travaux
de peinture, ses dessins, plans et projets beaucoup plus importants.
En 1497, Cordonnier a « faict et gravé des mosles et patrons en
pierre de Tonnerre pour faire les cornettes et roses de plomb qui
revestent les douze liens » qui étaient aux gros barreaux de fer
des trois poteaux de la Belle-Croix, et a « refaict des mosles nou-
veaux pour les coronnes d'iceulx poteaux... »
Il a fait, en 1498, pour une entrée de Louis XII (entrée qui
n'eut pas lieu), des ouvrages de peinture et de sculpture avec Jean
Compain et Pierre Compain ; ces ouvrages furent payés 22 livres.
Il fut employé par les échevins pour l'entrée de 1 5oo, avec « son
gran quarson et son variet; » il était payé 6 sous 8 deniers par
jour. Il est fait mention de lui dans les comptes à raison des sta-
tues et des ornements qu'il a modelés {a moles) ou sculptés (tail-
lés), entre autres une grande statue d'Hector qui fut élevée à la
porte de Belfroy et des statues d'enfants placées à une fontaine.
Nous transcrivons ci-après quelques articles des comptes :
i5oi-i5o3. Cathédrale. « ... Pour avoir faict trois ymaiges de
sainct Pierre... »
i5o4-i5o5 et 1 507-1 5o8. Ville. Travaux de sculpture aux for-
tifications et à la tour de Belfroy.
i5io-i5ii. Saint- Pantaléon. a ... Pour avoir fait les patrons
de l'ymage sainct Pantaléon... »
1 519- 1 5 20 et 1 5 20-1 521. Cathédrale. Il a fait les « vij ymaiges
pour les vij autelz députez pour les visitacions. »
i525-i526. Saint-Nicolas. « ... Une ymage du crucifix, une
ymage de résurrection, une armoyrie du pape... »
Nicolas Cordonnier a modelé et peint, en 1 53o, de grands écus-
76 LES SCULPTEURS DE TROYES AU XIV ET AU XV SIECLE.
sons armqye\^ « bordez à l'entour de chappeletz de triomphe. »
Il a été preudhomme de son quartier et député des libraires, des
brodeurs et des peintres. Il habitait à Troyes, dans k la grant
Rue, proche Sainct Urbain. »
62. Jean Odon (..1490- 1498).
Jean Odon, tailleur d'images et maçon, a travaillé à l'église
Saint-Loup.
63. jQdard Colas (. .1491-1495).
Odard ou Oudard Colas, tailleur d'images, était fils d'Antoine
Colas, maître de l'œuvre de la cathédrale.
Il sculpta, en 1492- 1493, pour le prix de ro livres, une statue
colossale de saint Michel, faite de pierre de Tonnerre, qui fut pla-
cée sur le pignon d'un mur de la cathédrale.
64. Jean G AihUE {..î:^g3- j-ibi g).
Suivant une tradition rapportée par Courtalon et Grosley, Jean
Gailde serait un Italien du nom de Giovanni Gualdo. Nous
n'avons trouvé rien qui justifie cette assertion. Ce maître est dési-
gné dans les comptes de la ville et des églises sous les noms sui-
vants : Gailde, Gaiilde, Gaylde, Guailde, Guayde, Guaide, Gaûecte,
Gayde, Gahilde etGahide. Il signait Jean Gahilde*. Il était appelé
le plus souvent « Grant Jehan Gailde ou Guayde, » ou simplement
a maistre Grant Jehan. » Il est inscrit sous ce dernier nom dans
les comptes de Péglise Saint-Jean de i5io à i5i2.
Il était maître maçon et tailleur d'images.
Il était neveu de Jean.de Damas, plus connu sous le nom de
Jean de Soissons.
Il a été marié. Sa femme a quêté, le 24 avril i5i3, à l'église
Sainte-Madeleine, « pour l'euvre du jubé » de cette église.
Gailde a eu plusieurs enfants.
Il a été député des maçons en 1 5 1 3.
Il a eu, parmi ses varlets, Colinet Mauvoisin, Claude, Jean
Grisliot, Philippe de Vandœuvre et Noël de Lyon.
Il est célèbre par les travaux qu'il a dirigés et exécutés à l'église
Sainte-Madeleine, dont il était le maître maçon, depuis l'an-
née 1495 jusqu'à sa mort, et principalement par le plan et la cons-
truction du jubé de cette église.
Les articles des comptes relatifs à ces travaux sont tellement
I. Comptes de l'église Sainte-Madeleine, 1495-1496.
LES SCULPTEURS DE TROYES AU XIV* ET AU XV^ SIECLE. 77
nombreux et souvent si longs qu'il n'est pas possible de les repro-
duire même en partie. Nous les résumerons.
Jean Gailde s'est mis à l'œuvre en 1495. De 1496 à i5o8,
il reconstruisit le chœur, l'abside et une partie du deambula-
torium.
Il commença le jubé en i5o8; il en avait terminé Tambon en
1 5 14 et passait, en octobre i5i4, neuf jours à faire « les pour-
traicts de la viz du jubé. » Les escaliers, les statues et les orne-
ments furent achevés à la fin de Tannée 1517. Le jubé fut inau-
guré le jour de Noël 1517.
Gailde a fait lui-même la plus grande partie des sculptures,
statues et ornements. Nous le voyons, à la veille de l'inauguration ,
refaire « un espy dudict jubé, lequel avoit esté rompu par ceulx
qui ont tendu la tapisserye, » et prendre le soin d'épousseter le
jubé. Il était payé 6 sous 3 deniers tournois par jour, Thiver
excepté ; il ne recevait que 5 sous 5 deniers pendant « les petitz
jours esquieulx d'iceulx on a de couslume de ramendryr le pris
d'un chacun jour desdicts ouvriers à cause de leur fournir durant
iceulx petitz jours les chandoilles pour ouvrer et le charbon pour
leur chauffer. »
Pour certains travaux qui exigeaient de nombreux bras, Gailde
eut Paide de prêtres et d'autres personnes, comme le constate l'ar-
ticle suivant des comptes de Téglise : « En la sepmaine du dimanche
xj décembre (i5i2),... pour avoir baillé à gouster à maistre Jehan
Gailde, tous les massons et manouvriers, ensemble certains prestres
et autres gens qui vindrent tant à ceste fois que autres pour ayder
à monter les grosses pierres du jubé, eurent deux douzaines flan-
netz, trois pains blans et vin, pour ce xv s. vj d. »
En 1 5 1 7- 1 5 1 8, Jean Gailde a sculpté les statues de saint Pierre
et de saint Michel et les a mises « sur deux pilliers de la porte
(de Téglise) de vers le cymetière; » il a fait d'autres ouvrages à
Sainte-Madeleine de 1 5 1 5 à 1 5 1 9.
Il avait été employé par la ville avant d'entreprendre les travaux
de Sainte-Madeleine.
En 1493-1494, il « vacqua... à la massonnerye de la Belle-
Croix tant à la tallier comme à l'asseoir, a II travailla de 1499 à
i5i7 aux fortifications de la ville et à la tour de Belfroy; il était
payé 7 sous 6 deniers par jour. Il sculpta, en i5o4, à cette tour,
a iiij fleurs de lis, ij grans anges tenant l'escu de France coronné,
ij tabernacles contre les pilliers boutans. »
75 LES SCULPTEURS DE TROYES AU XI V^ ET AU XV« SIECLE.
Gailde a fait, en 1 5o6 et en i Soj, des statues pour Téglise Saint-
Jean.
Il mourut en iSig.
- Il fut enterré sous le jubé de Sainte-Madeleine, auquel son nom
est resté attaché et qui est un des plus précieux monuments de ce
genre.
65. Le Flamand (..1494).
Le Flamand, tailleur d^images, a travaillé pour la ville en 1494 :
«... Pour ces peines et salaires d'avoir tallié en bois et fait les
patrons d^une Magdelenne et de neuf petis prophéties qui sont
assis en laditte crois (la Belle Croix), — c'est assavoir la Magda-
lenne qui embrasse icelle crois dessoubz les pietz du cruxifiz et
les prophéties autour des trois gros pilliers, lesquelz personnages
ledit fondeur (« Henry le sarrurier ») n'antandoit à faire pour ce
qu'il disoit de la cherté des patrons, combien que ilz en parent et
ambellissent fort l'euvre, pour ce cy Iv s. t. »
66. Co/me? Copain (..1494-1 5oo).
Colinet Copain, peintre et tailleur d'images.
6y. Drouin III (..1494-1508).
Drouin III, tailleur d'images, a sculpté des statues pour les
églises de Troyes, entre autres une statue de Notre Dame pour la
cathédrale.
68. Jacques Bachot (..1495-1548).
Jacques Bachot, maître maçon et tailleur d'images, a été député
des libraires, des brodeurs, des peintres et des tailleurs d'images
en i5i3.
Il fit, en mai 1493, « les mosles et les patrons des fleurs delix,
coronnes, estoilles et guimberges (?).,. pour revestir et embellir la
couverture de plomb des posteaux de la Belle Croix. »
Jacques Bachot exécuta en i5oo le tombeau de Henri de Lor-
raine, évéque de Metz, pour l'église Saint-Laurent, à Joinville,
dans laquelle les princes de la maison de Lorraine avaient leur
sépulture :
« A Jacques Bachot, tailleur d'ymaiges, demourant à Troyes,
la somme de huit vingt livres tournois, c'est assavoir sept vingt
dix livres tournois pour sa peine et salaire avoir faict de son mes-
tier les ouvrages cy après déclarez :
a Premiers... pour avoir taillé et assise la pierre de marbre fai-
LES SCULPTEURS DE TROYES AU XIV« ET AU XV» SIECLE. 79
sant le soubzbassement de la sépulture de mondit seigneur que
puis naguères il a faict mettre et asseoir en sa chapelle de nouvel
édiffiée en Péglise collégiale Saint-Laurent de Joinville.
a Item, pour avoir taillé et assis la tombe de marbre ensemble
les soubzbassemens que mondit seigneur a fait mettre et asseoir
au cueur de ladite église sous les sépultures de feuz de glorieuse
recordation monseigneur le comte Ferry et madame Yolant d'An-
jou, jadis son espouse...
« Item, pour avoir taillé et assis les deux tables en pierres de
marbre, ensemble les soubzbassemens de deux petitz autels que
mondit seigneur a fait mectre et asseoir soubz le jubé de ladite
église Sainct- Laurent avec une autre table en pierre de marbre,
pour servir au grant autel du cueur d'icelle église.
tt Et dix livres tournois que mondit seigneur a données et
octroyées audit Jaques pour le drap d'une robe^.. »
Jacques Bachot fit, en i5o4-i5o5, pour la cathédrale, une sta-
tue de saint Pierre, et, en iSoô-iSoy, pour Téglise Saint-Jean, à
Troyes, « la Nostre-Dame (de Pitié) neufve, les deux anges et tôt
l'ouvrage qui est autour de ladite ymage. »
i5io-i5ii. Église Saint-Pantaléon. « ... Pour la fasson de la
Notre-Dame de la grande volte...
«... Pour avoir faict le patron du reliquaire xxx s. »
1 524-1 525. Église Saint-Nicolas. « Payé à Jaques Bachot, tail-
leur, pour l'ymage de Nostre Dame estant à présent sur le grant
autel, xiiij 1. t. »
L'auteur du tombeau de Pévéque de Metz a été appelé en Lor-
raine pour exécuter d'autres travaux. Dom Calmet lui a consacré
une courte notice dans son histoire de la Lorraine. « Jacques
Bachot, dit-il, sculpteur fameux de son temps, a travaillé le
sépulcre qui se voit à Saint-Nicolas en Lorraine, avec les figures
qui y sont. Chateaurou, bourgeois de Troyes en Champagne, dans
son voyage manuscrit, qu'il fit à Saint-Nicolas en i532, dit que
ce Jacques Bachot, tailleur d'images, étoit un des plus singuliers
ouvriers du royaume de France ^. » Nous avons visité la grande et
1. Archives de la Haute-Marne. Compte rendu à l'évêque de Metz par
Arnoul Vivien, chanoine de Troyes, son secrétaire, du i" octobre 1495 au
2 décembre i5o4.
2. Dom Calmet, Histoire de Lorraine, t. IV, Bibliothèque de Lorraine,
col. 69.
8o LES SCULPTEURS DE TROYES AU XIV' ET AU XV« SIÈCLE.
belle église de Saint-Nicolas-du-Port, qui fut fondée en 1495 par
un religieux bénédictin, Simon Moyset, et achevée en 1544; le
sépulcre, fait par Bachot, existe encore; il est dans une crypte
creusée sous le chœur. Bachot a représenté la déposition du Christ
au tombeau en présence des saintes femmes. Huit personnages,
sculptés en pierre avec assez d'habileté, sont réunis dans cette scène.
Jacques Bachot a fait d'autres statues pour cette église.
69. Jean Godier (..1496-15 12).
JeanXjodier, huchieret tailleur d'images, a travaillé à la cathé-
drale.
70. Jacquinot Passot {. .1498-1506).
Jacquinot Passot, tailleur d'images, a travaillé pour la ville de
Troyes.
71. Pzerre Caupain (..1498- 1524).
Pierre Caupain, peintre et tailleur d'images, était fils de Jean,
également peintre et tailleur d'images. Il a été marié.
Son nom est écrit de plusieurs façons : Caupain, Copain, Cop-
pain, Compain.
Pierre Caupain a travaillé pour la ville et pour les églises Saint-
Jean et Sainte-Madeleine. Il a fait surtout des ouvrages de pein-
ture.
Voici la mention de l'exécution d'un tableau : i5i4-i5i5.
Église Sainte-Madeleine. «... Pour avoir painct ung Dieu pour-
tant sa croix en ung pan de toille pour mettre par le bas devant
le grant autel. . . »
72. Drouin IV (xv^ siècle).
Drouin IV ou Droyn, tailleur d'images, a sculpté des statues
pour la cathédrale.
73. Co/a5 Didier (.. 1499-15 02).
Colas Didier, tailleur d'images, a travaillé pour la cathédrale.
Il a fait, entre autres ouvrages, « les armes (de pierre) de feu mon-
sieur maistre Oudart Hennequin, jadis doyen de Sainct-Urbain...,
lesquelles armes sont soustenues par deux anges... »
74. Jacquinot CoRDOtfmER (..i5oo-i5i6).
Jacquinot ou Jacquot Cordonnier ou Cordouannier, appelé
communément « Jaquinot le tallieur, » était tailleur d'images et
peintre.
LES SCULPTEURS DE TROYBS AU XIV ET AU XV^ SIECLE. Q I
Il a été marié et a eu un fils. Il était frère d'Etienne qui a été
son varlet en i5oo.
11 a été chargé par la ville, en i5oo, de modeler des statues et
des ornements pour l'entrée du roi. 11 a, entre autres ouvrages,
a ramolé le grant Hector pour estre à l'antrée de la porte du Beuf-
froy, » fait trois enfants, trois colombes, etc.
lia sculpté, en 1 5o8, les gargouilles de pierre de la chapelle des
Rois à l'église Saint-Pantaléon.
Les orfèvres avaient chargé Jean Papillon, orfèvre, de faire une
statue de saint Éloi pour leur chapelle dans Féglise Sainte-Made-
leine. Papillon étant occupé à d'autres travaux, Jacquinot Cor-
donnier le remplaça, et la statue que fit celui-ci fut placée sur
Tautel, en i5i5.
y 5. Etienne Cordonnier (..i5oo- -j- de i52 5 à 1540).
Etienne Cordonnier, ymager ou tailleur d'images, frère de Jac-
quinot, a été marié. Il a eu au moins une fille, Sirette.
Il a travaillé pour la ville et pour l'église Saint-Pantaléon.
76. Nicolas Haslin (..i5oo-i56i).
Nicolas Haslin, tailleur d'images et peintre, est venu de Flandre
à Troyes. 11 est désigné quelquefois dans les comptes de la ville
et des églises sous le nom de « Nicolas le Flameng » ou de « Le
Flamant, » Son nom est écrit : Halins, Hallain, Hallin, Haslin,
Haselin, Harselin, Arcelin, Havelin, et le plus souvent Haslin
ou Halins.
Nicolas Haslin a beaucoup travaillé comme sculpteur dans les
églises de Troyes.
Église Sainte-Madeleine. Juillet i5i3. « A Nicolas Havelin,
tailleur d'ymaiges, pour avoir tailler les trois ymaiges en ron-
deaulx pour le devant du jubé... > v s. t. »
i5i3-i5i4. « ... Pour avoir taillé le reliquièrede bois en fasson
de couppe avecquez mis ung piedz de griffez ou chef oti est le
reliquière de sainct Loup, pour ce marché faict à luy xxviij s. t. »
Cathédrale. i52i-i522. « A Nicolas Hallinz, tailleur d'imaiges,
paie six escuz souleil sur ce qu'il a faict sur les histoires de la
Passion. xij 1. t. »
1 522-1 523. « A Nicolas Halins, ymager, demorant à Troyes,
près la Licorne, auquel ay paie la somme de Ix s. t. de marchié
faict à luy par moy présent Jehan de Soissons, pour avoir une
ART FR. IV 6
82 LES SCULPTEURS DE TROYES AU XIV ET AU XV* SIÈCLE.
histoire de sainct Pierre pour asseoir au beau portail de ceste
église, Ix s. t. »
1 523-1 524. a ... Pour quatre histoires de la vie sainct Pierre
qu'il a faictz pour asseoir ou premier portail devers la rue, paie
xij 1. t. »
12 août 1524. «... Pour une hystoire de la vie sainct Paul
faicte par luy pour asseoir au portail neuf de Sainct Paul, pour ce
paie... Ix s. »
II octobre 1524. «... Pour deux autres histoires de Simon
Magus, dont l'une signiffie que icelluy Magus en cuydant voler
ce laissa cheoir et se rompit le col et l'autre comment les chiens
luy dessirèrent sa robe, pour ce à luy paie... vj 1. »
18 octobre 1524. «... Pour une autre histoire comment sainct
Pierre deslya les chiens de Simon Magus qui coururent à luy et
luy désirèrent ses habits, pour ce à luy paie Ix s. »
18 décembre 1524. «... Baillé la somme de soixante sols sur le
commencement des histoires de la Passion continuant comment
Nostre-Seigneur fut bastu à Testache... »
1" avril i525. « ... Dix sols tournois qui luy estoient dhuz
pour histoire dessusdict et soixante-dix sols tournois pour histoire
comment Job fust bastu du diable, à luy payé iiij 1. »
. i3 avril i525. « ... Pour histoire comment sainct Paul fut
baptisé de Ananias, cy Ixx s. »
23 avril i525. « ... Pour une histoire comment sainct Paul fut
descolley par Néron, empereur de Romme... iiij 1. »
6 mai i525. « ... Pour une histoire comment sainct Paul preis-
cheit les juifs en prison, à luy paie Ixx s. »
4 juin 1 525. «... Pour une histoire comment sainct Paul print
lettres de l'évesque de Jhérusalem afïin d'avoir puissance pour
persécuter les Xprestians et est la première histoire du portail de
Sainct Paul, à luy paie Ixx s. »
18 juin i525. « ... Comment sainct Paul fust ensevely par ses
disciples, paie Ixx s. »
1 525-1 526, a A Nicolas Halins, ymagier, pour avoir faict
quatre petits prophètes es quatre pilliers de boys qui ont esté faicts
neufs par les menusiers de ceste église pour mettre sur le bayart
à porté la saincte hostie le jour du sainct Sacrement, xl s. »
«... Pour ses peines et salaires d'avoir faict de son mestierdeux
anges tenant Fescu de France avec Tordre d'environ lesdictes armes
assis sur le portail neuf de ceste église du costé de la rue, xvj 1. »
LES SCULPTEURS DE TROYES AU XIVc ET AU XV« SIÈCLE. 83
3 février i526. « ... Pour une histoire contenant la résurrection
nostre Seigneur pour mettre audict grant portail, Ixx s. »
i526. « ... Pour trois histoires pour mettre audict portail, —
Tune contenant comment Jonas sortit du ventre de la balaine qui
est figure de la résurrection Nostre Seigneur, — une autre com-
ment sainct Paul fut dévallé en une corbaille par dessus les murs
de Damassène, et l'autre comment sainct Paul résucita Patrocle,
boutailler de Néron, qui estoit cheu d'une fenestre et se tua, paie
X 1. X s. »
a Pour une histoire contenant comment sainct Paul convertit
sainct Denis, qui estoit payen, à la foy xprestienne^ payé la veille
de Pasques Ixx s. »
28 avril i526. « ... Pour une autre histoire contenant comment
sainct Paul presche le nom de Jhésus, payé Ixx s. »
26 mai 1526. « ... Pour deux histoires pour le portail Sainct
Paul, l'une d'icelles contenant comment sainct Paul fust battu de
verges par les Juifs, et l'autre comment sainct Paul chassa le diable
du corps d'une femme nommée la Philippucienne... à luy paie
vij 1. »
Eglise Saint-Nicolas. 1 525-1 526. « Payé à Nicolas le Flameng,
ymager, pour ouvrages par luy faict xxx s. »
Cathédrale. 1526-1527. « A Nicolas Halins pour avoir gravé
le tableau (de cuivre) de la fondation dudict messire Henry de la
Noe et pour l'avoir assis et mis à point^ de marchié faict xl s. »
a A Nicolas Halins, ymagier, demorant à Troyes, pour un
patron de bois de saincte Marguerite pour le faire d'argent pour
mettre dedans le tabernacle et ung petit Dieu aussy de bois pour
le faire d'argent pour mettre au dessus dudict tabernacle avec ung
petit lyon aussy pour en faire de cuivre pour porter le pied dudict
reliquier, à luy paie xxx s. »
« ... Pour deux hystoires pour le grant portail ou milieu, assa-
voir Tune comment Nostre Seigneur fu baffetti yeulx bandez et
l'autre comment il fut coronné du chappeau d'espine, pour ce à
luy paie vij 1. »
«... Pour une hystoire contenant comment Pillatte monstre
Nostre Seigneur aux Juifs en disant : Ecce Homo, payé la somme
de Ixx s. »
25 janvier 1527. « ... Pour une hystoire comment Pillatte jugea
Nostre Seigneur et qui lava ses mains, à luy paie Ixx s. »
84 LES SCULPTEURS DE TROYES AU XIV^ ET AU XVe SièCLE.
10 février 1527. « ... Pour une hystoire comment Dieu porte
sa croix ou mont de Calvaire, pour ce payé Ixx s. »
2 avril 1527. « ... Pour une hystoire comment Nostre Seigneur
fust descendu de la croix par Joseph et Nichodemus, à luy paie
Ixx s. »
6 avril 1527. « ... Pour trois histoires, — c'est assavoir le pre-
mier comment Nostre Seigneur descendit es enfers, le deuxiesme
comment il fust mis ou sépulcre, et le troisiesme comment Nostre
Dame de Pitié tient Nostre Seigneur sur ses genoulx après ce qu'il
fust descendu de la croix, à luy paie x 1, x s. »
1*'' juin 1527. a ... Pour deux hystoires, — une comment on
liève Nostre Seigneur avec la croix, et l'autre comment il est pendu
en la croix, pour ce à luy payé viij 1. »
1527. a ... Paie pour récompensée des hystoires qu'il a faictes
pour les portaux et tours de ceste église Ix s. »
1 527-1 528. « A Nicolas Halins, ymagier..., pour la façon des
armoiries du Daulphin, xvj 1. »
14 janvier i53i. « A Nicolas Halins, ymagier, le xiiij® jour de
janvier v^ xxxj... Sur la somme de xxxvj liv. tournois à quoy il a
marchandé à messeigneurs de faire trois ymaiges, assavoir Nostre
Dame de Pitié, sainct Jehan et la Magdelène, aux deux boutz
selon le volume et l'ordre que le maistre maçon de ceste église luy
a donné...
«... Pour avoir remis à point le petit oreloge... en sorte et
manière quj torne. .. Ix s. »
a Nicolas Haslin dict le Flament » a été employé, comme
tailleur d'images, en janvier i534, aux préparatifs de l'entrée de
la reine Éléonore. 11 était payé 1 5 sous par jour, et, entre autres
ouvrages, il « taille la salemande... ung bra armey estant en une
nuée pour soubzienir le pavillon de l'eschaffault du don de la
Royne... »
Nous l'avons retrouvé travaillant, en 1 535- 1 536, à la cathédrale
de Troyes et, en i538, à l'église Saint-Etienne.
Cathédrale. « A Nicolas le Flamant, tailleur d'ymages, pour
avoir refaict tout à neuf plusieurs ymages de bois servant à l'or-
loge (estant dans la nef de l'esglise) , ix U . »
I. Toutes les mentions de travaux d'Haslin à la cathédrale ont été extraites
des comptes de Péglise de Troyes, qui sont conservés aux Archives de l'Aube.
LES SCULPTEURS DE TROYES AU XI V« ET AU XV^ SIECLE. 85
Saint-Etienne. «... Pour avoir racoustré et réparé la crosse qui
porte le Corpus Domini... ung aille d'un des anges... »
Nicolas Haslin a quitté Troyes à cette époque; il y est revenu
au moins en 1548^. Il ne figure sur aucun rôle d'impôt à partir
de 1540.
Il a travaillé, de 1540 à i55o, au château de Fontainebleau,
« aux ouvrages de painture et de stucq, tant en la salle du Roy,
près sa chambre, qu'en la salle, chambres et estuves estans sous
la grande gallerie audict chasteau. » Il gagnait alors 9 livres par
mois^.
Haslin a travaillé encore au château après i55o, car, le 17 oc-
tobre i56i, il a tenu sur les fonts de baptême, à Avon, avec
Catherine Jacquet dit de Grenoble, femme de Noël Millon et sœur
du célèbre sculpteur, un enfant de Jean Le Noir 3.
Il a eu un fils Nicolas, qui a travaillé également au château de
Fontainebleau.
Il habitait à Troyes, « près la Licorne, » hôtellerie qui était
dans a la Grant Rue. »
77. Jacquinot Passot (..i5oi-i5o6).
Jacquinot Passot, tailleur d'images, a sculpté, à une des portes
de la ville de Troyes, « ij anges_, l'escu de France, iiij fleurs de liz,
ij tabernacles pour couvrir deux personnaiges ou ymaiges. »
78. Garnaiz (..i5o3-i5o4).
GarnaiZj de Paris, était maçon et tailleur d'images.
79. 6'îmon Mauroy (..i5o3-i 5 16).
Simon Mauroy, tailleur d'images, a sculpté, en i5i5-i5i6, à
l'église Sainte-Madeleine, « les escussons et armoyries estant au
jubé devers le cueur. »
80. Jean Brissonnet (..i5o5-i52i).
Jean Brissonnet dit Savine était huchier et tailleur d'images.
Il a fait des ouvrages pour les églises Saint-Jean, Sainte-Made-
leine et Saint- Pantaléon.
1. Jean Hashn (« Jehan Arcelin ») a fait des statues pour l'entrée de Henri II
en 1648.
2. Bibliothèque nationale, mss., Comptes des Bâtiments du Roi, n* 1117g,
fol. 180.
3. Registres de l'église d'Avon, I" volume. Le nom est écrit Harselin.
86 LES SCULPTEURS DE TROYES AU XIV« ET AU XV« SIECLE.
8r. Jacques II (..iSoô-iSog).
Jacques II, tailleur d'images.
82. Quentin Berny (..i 507-1549).
Quentin Berny, maître huchier, menuisier et tailleur dUmages,
est désigné quelquefois dans les comptes sous le seul prénom de
Quentin. Il a travaillé à l'église Saint-Jean et à l'église Saint-
Nicolas. Il a fait, pour l'église Saint-Jean, des stalles, « la chaire
en laquelle l'on presche. »
83. Marc Bachot (..i 5 10-1524).
Marc Bachot, tailleur d'images.
Église Sainte-Madeleine. i5 ly-iSiS. « A Marc Bachot, tailleur
d'ymages, pour avoir faict du portier du Sépulcre ung sainct
Pierre, — lequel a refaict la teste tout entièrement, l'estomac, les
bras, les clerfz et reblanchir tout le reste d'îcelluy ymage, — que
aussy pour avoir faict une main et une croix à sainct Michel, les-
quelz ymages sont assis d'une part et d'autre du portail d'icelle
église du costé devers le cymetière, la somme de xxx s. »
84. Etienne Le Natier (..i5i5-r52i).
Etienne Le Natier, tailleur d'images et orfèvre, a travaillé,
en i52i, sous les ordres de l'orfèvre Jean Papillon, à la pièce d'or-
fèvrerie qui fut offerte à François I" à son entrée. Il était payé
10 sous tournois par jour.
85. ^/moM Collot (..1 5 16-1548).
Simon Collot, maître huchier, menuisier et tailleur d'images,
a épousé Deline. Il fut député des menuisiers à l'assemblée géné-
rale du 3 avril 1548 pour l'élection des échevins.
Il a fait de nombreux ouvrages pour la ville, pour la cathédrale
et les églises Saint-Étienne, Saint-Jean et Sainte-Madeleine.
Il a été « le maistre et conducteur de l'euvre de menuyserie »
pour les préparatifs de l'entrée de la reine Éléonore.
"86. Jean Philippon (..i 5 18-1576).
Jean Philippon ou Phelippon, maître menuisier, signait/. Pho».
11 était neveu de Colot Godier.
Il a travaillé pour la ville, pour la cathédrale et les églises Saint-
Jean, Saint-Pantaléon et Saint-Urbain. Il a fait, pour la cathé-
drale, des panneaux de bois avec des fleurs de lis et des écussons
armoriés sculptés.
les sculpteurs de troyes au xlv et au xv® siecle. 87
87. Corneille (..i 5 19-1522).
Corneille ou Cornille le Flamand était tailleur d'images.
Voici un article des comptes de la cathédrale qui le concerne :
i52i-i522. « ... Pour avoir taillé les armes de monseigneur
l'ausmonnier (Odard Hennequin, aumônier du roi) en la clef de
la dernière chapelle, à luy pour ce x s. t.
« Et encor pour avoir taillé les armes de l'église en la clef de la
petite volte d'icelle chapelle... viij s. t. »
88. yvon Bachot (..1521-1534).
Yvon Bachot, tailleur d'images, a travaillé pour la ville, la
cathédrale et l'église Saint-Nicolas.
Cathédrale. i53i-i532. « A Yvon Bachot, ymagier, auquel a
esté marchandé par messires en leur chapitre de faire les quatre
grandes... chaaires avec les deux basses... dedans le cueur (sous
les ordres de maître Mathieu de Rommelles)... le tout selon le
pourtraict à luy montré et exibé, moyennant vj'^'' x 1. »
Yvon Bachot a fait^ à la cathédrale, en i5 32-i533, pour le prix
de 6 livres, les anges a qui sont en la cloison du cueur de l'église, »
et il lui a été « baillé cxv sols pour avoir besongné sur l'ymaige
de Miséricorde. »
Il a reçu, en 1 533-1 534, 10 livres, « pour deux petites hystoires
qu'il a faictes pour le grant portail » de la cathédrale.
Bachot a été employé, avec ses deux serviteurs, en Janvier et en
février i534, aux préparatifs de l'entrée de la reine Éléonore. Il
était payé alors 1 5 sous tournois par Jour.
Nous donnons ci-après deux articles du compte de ces travaux :
Janvier 1534. « A Yvon Baschot, tailleur d'ymages... pour
avoir taillé ung grand daulphin de boys blanc estant de deux
pièces pour le mistère de l'eschaffault de monseigneur le Daulphin
et avoyr faict trois manequins de boys blanc pour la fontaine de
l'eschaffault devant l'hostel de la ville. »
Février 1534. (Au même.) a ... Pour avoir faict et tailler en
boys blanc ung oyseau à troys testes et troys piedz... racoustrer
et radoubey la queue du grand daulphin que le sarrurier avoit
rompue et avoir racoustrer les manequins delà fontaine... xxx s. »
89. Jean Le Natier (..1 521- 1 538).
Jean Le Natier ou Natier, tailleur d'images, a travaillé à l'église
Saint-Nicolas. Il a fait, dans cette église, la chapelle de Notre-
Dame-de-Lorette et l'a décorée de statues.
Natalis Rondot.
88 NOTRE-DAME DE PARIS.
NOTRE-DAME DE PARIS.
(i 396-1 526.)
Communication de M. E. Coyecque.
I.
1396.
Compotus campane, vocate Marie, ecclesie Parisiensis, noviter facte,
que fracta fuerat xxiiii» die mensis februarii, anno Domini millesimo
trecentesimo nonagesimo quinto, pulsando missam domini nostri
Regis^, factus per Johannem de Villaribus, ad presens clericum fabrice
dicte ecclesie, tam in receptis quam in misiis, modo et forma que
secuntur.
Et sciendum est quod dicta campana fuit liquefacta et facta ultima
die mensis Augusti anni millesimi trecentesimi nonagesimi sexti.
Recepta Somma une 1. p.
Expensa presentis compoti.
Et primo pro emptione merreni pro faciendo ingénia pro descen-
dendo dictam campanam, chables gallice, vetturarum et pro salario
carpentariorum, etc
Somma xlvI. iiis.
Expensa pro emptione metalli, mitallie,
stanni et vetturarum propter hoc factarum...
Somma vi^^xiiii » vid.
Expensa facta pro locagio suffletorum per
villam Parisius captorum et pro salario socio-
rum qui juverunt ad sufflandum pro fundendo
metallum ad faciendum dictam campanam...
Somma parcium xxxvn vi viii
Expensa facta pro operariis et sufflatoribus
supradictis, scilicet pro commestione matu-
tinali, antequam inciperent sufBare, et, post-
quam campana fuit liquefacta, pro eorum
prandio ; et fuerunt, ad faciendum dictam
expensam, tam sufBatores quam adjutores,
usque ad numerum vi'^'^ personarum et plus...
Somma x xvni vi
Expensa facta pro salario operariorum qui
j. Charles VI, 1380-1422.
» Sr
NOTRE-DAME DE PARIS, 89
dictam campanam fuderunt, suspenderunt ac
eciam in loco, ubi est, posuerunt et assede-
runt...
Somma ix^xinl. » »
Expensa facta pro defîerrando antiquam
campanam fractam et ferrando novam...
Somma ixl. vis.
Alia expensa pro emptione merrenipro rep-
paratione Scolarum sancti Dionisii de Passu*
ubi molum dicte campane fuit factum, et pro
faciendo unam chargiam, gallice charge^ ad
ponendum super trolium predicte campane,
ac eciam pro salario carpentariorum...
Somma » cxii »
Expensa pro lathomia facta in claustro
capituli et in ecclesia pro eodem facto, et pro
portando terras et gravesia ad Terrale. Et
primo :
Berthaudo de Grigny, scissori lapidum, pro
deassedendo columpnas et arcus de claustro
qui fuerunt pro facto campane amoti, in
quo negocio laboravit per unam diem in sep-
timana incipiente lune xxviii die augusti . . b v »
Item Guillelmo, dicto d'istreville, Johanni
Filleul et Johanni de Templo, pro simili
causa, cuilibet pro una die v s.; valent. . . » xv »
Item dicto Berthaudo pro reassedendo dic-
tas columpnas et arcus, postquam dicta cam-
pana fuerat facta et complecta...
Somma xx xn x d. ob.
Somma totalis expensarum nii<=xl. xvis. vid.ob.^
Facta deduccione de recepta superius con-
tenta, que est iiii<= 1. » »
Misia excedit receptam in xl. xvis. vid. ob.
que debentur dicto officiario.
1. « 5. Denis du pas est une église située derrière celle de Notre-Dame...
Elle s'appelle aujourd'hui 5. Denis et S. Jean Baptiste à cause de la réunion
que l'on y a faite en 1749 du titre paroissial de S. Jean le rond. » Piganiol,
1765, p. 391-3.
2. Ce total est inexact ; la dépense s'éleva en fait à 455 1. 19 s. 6 d. ob.,
et par suite le déficit à 55 1. 19 s. 6 d. ob.
go NOTRE-DAME DE PARIS.
Auditus fuit presens compotusanno Domini millesimo GCC" nona-
gesimo VI°, mensis aprilis die xv.
R. DE LORRIACO.
(Arch. nat., L 5i5, n° 41. Cah. parch. 8 feuillets.)
II.
25 janvier i5io.
Jean Moireau^ maître des œuvres de maçonnerie de Notre-Dame,
accompagné de Jean Guitard, maître des œuvres de charpenterie de la
cathédrale, Jean de Félon, Jean le Breton, Gilles Grain^ Jean Motu,
Michelet Blesie, maçons, Hugues Martin, Girard Geheri, charpentiers,
visitent la voûte de la grande croisée de la nef : « Laditte voulte et ars
doubleaux d'icelle sont mauvais, bouclez et corrompuz, et grant partie
d'iceulx sont en grant danger de cheoir...; et est neccessité de abatre
et démolir laditte voulte le plus toust que faire se pourra et la refaire
tout de neuf. Er, pour ce faire, fault faire les eschafaulx propres et
convenables, avec les ceintres des doubleaux, ogives et formeretz, et
avec ce estoquer et contreficher les autres voultes joignant, en telle
manière qu'il n'en puisse advenir inconvénient; et pour procéder
à faire bien et deuement lesdittes voultes pour le prouffict de la
besongne, eu esgard ad ce que laditte croisée est de grant estandue,
tant en longueur que en largeur, est neccessité de faire les tas de
charges et arriéres charges par avancement, de telle haulteur que la
besongne le requiert, et faire les retumbées, et au dessus desdittes
retumbées monter le mur au dessus des arrières charges en telle
manière qu'il puisse soustenir et porter les tirans de la charpenterie ;
et, pour ce que les cartiers de laditte voulte sont de grant largeur, est
neccessité de faire laditte voulte à tierserons, y faire cinq clefz avec
les liâmes qui descendront sur les doubleaux pour porter le pen-
dentis de laditte voulte... »
[Signatures.]
29 janvier i5io.
Procès-verbal analogue dressé par Noël Bii(eau, Louis Duchastel,
Jean Garnier, Nicolas Beaucorps, Pierre Delyé et Guillaume Bar-
reau^ maçons.
[Signatures.]
(Arch. nat., L 5 15^2. Orig. parch.)
III.
17 avril i52i.
Etienne Barrillet, fondeur, reconnaît avoir reçu du Chapitre
600 1. 1. « sur et tant moins de ce qui luy a esté promis pour la façon
NOTRE-DAME DE PARIS. 91
et matières de la closture du cueur de laditte église que ledit Barrillet
a promis faire, et ce oultre et pardessus la somme de douze cens
vingt quatre livres sept solz neuf deniers tournois qu'il a receuz à
plusieurs foiz par avant ce jour d'uy... »
[Signé :] Martin, Boreau.
(Arch. nat., Orig. parch., L 5i5''*.)
IV.
Mercredi 7 mars i526.
Louis Poireau, maçon, Jean Montinier, charpentier, Nicolas Beau-
corps, maçon, se transportent « en l'église de Paris et en la petite
tour d'icelle église, du costé du cloistre, pour veoir et visiter l'auceau
de la croisée de laditte église au-dessus du portail, du costé du logis
de l'evesché^, et pour veoir et visiter la charpenterie du beffroy de
laditte tour ; » les maîtres des œuvres de maçonnerie et charpenterie
de Notre-Dame, Jean Lagrippe et Jean Asselin, les accompagnent :
« En iceulx auceau et beffroy l'on n'y sauroit faire aucune chose ny
reparacion, parce que iceulx auceau est exessivement bouclé, pendant
et corrompu, de nulle valleur, en danger de cheoir de heure à autre
dedans laditte église et y a péril emynent; et laditte charpenterie
dudit beffroy de laditte petite tour vielle, pourrye, corrompue, de
nulle valleur et en danger de cheoir et tumber par terre, et en ce
faisant démolir et rompre partie de la maçonnerie de laditte tour ; et
oultre que, si l'on continuoit à sonner les cloches estans en laditte
tour, l'estonnement du vol et branllement d'icelles pourroyent cor-
rompre la maçonnerie des pans de murs de laditte tour, à cause et
parce que entre laditte charpenterie dudit beffroy et lesdiz pans de
murs de laditte tour y a plusieurs tasseaulx et estrillons de boys ser-
vans de contrefiches à contreficher ledit beffroy.
Si disons que, le plus tost que faire se pourra et pour obvyer audit
péril emynent, il est expressément nécessité de abatre et démolir
ledit auceau avec toute la maçonnerie tenant à icellui, et abatre et
démolir ledit beffroy et iceulx réfère et redifier de neuf pour la seu-
reté de laditte église... »
9 mars i526.
Rapport identique dressé par Jean le Breton, maçon, Jean Gou-
lart, maçon et voyer de l'évêché, Jean Martin, charpentier, et Sébas-
tien de Caumont, maître des œuvres de charpenterie de la Ville.
(Arch. nat., L 5i5''2. Orig. parch.)
I. L'O ou Voccau (de ocellus), c'est-à-dire la grande rose du transept
méridional. La petite tour du côté du Cloître est au contraire du côté nord.
9* NOTRE-DAME DE PARIS.
V.
Angoulême, i6 juin i526.
Lettre du roi au Parlement de Paris lui ordonnant de recevoir le
chapitre de Notre-Dame à requérir contre l'évêque, pour « qu'il soit
tenu contribuer aus reparacions d'ediffices et paier les manifacteurs
et sallaire d'oeuvriers pour les refFections des chappes et ornemens. »
On lit dans cet acte : « Il est neccessaire promptement réparer une
grant verrière nommé O, estant au dessus de la porte par laquelle on
descend en l'hostel épiscopal ; lequel O, combien que jà pieçà ait esté
et soit encores de présent estayé, neantmoins sans prompte repara-
cion est chascun jour en dangier de ruyner; et le beflfroy de l'une
des tours est si caducque et ruyneulx qu'il est en voye de tumber,
en manière que de présent on n'y ose sonner les cloches en bransle^.
Aussi la couverture des chappelles estant autour de ladite église 2 et
les verrières sont fort usées ; et en plusieurs autres endroiz est besoing
faire plusieurs grosses reparacions fort neccessaires... »
(Arch. nat., L 5i56*. Orig. parch.)
VI.
20, 21, 3 1 août, 10, 16 septembre i526.
Rapport sur les réparations à faire à la cathédrale, adressé à Chris-
tophe Hennequin, conseiller au Parlement, par Mary Bureau, Robert
Piedefer, Robert le Lieur, Robert Marteau, bourgeois de Paris, Jean
le Breton^ Louis Poireau, Jean Goulart, maçons, Jean Montinier^
Clément Favereau, Jean Martin et Georges Genest!(, charpentiers,
jurés du Roi es offices de maçonnerie et charpenterie ; Nicolas Beau-
corps, Simon Cressy, Gervais Drouart et Pierre « Chambigues, »
maçons bacheliers.
Item est neccessité d'abatre et démolir le grant osceau estant au
pignon de la croisée de laditte église, du costé de l'hostel épiscopal,
et les deux petis osceaulx estans audit pignon au dessus dudit grand
osceau, et pareillement la maçonnerie et pointte du pignon au dessus
desdiz osceaulx, pour ce que iceulx osceaulx sont très excessivement
1. « Mais lesfault sonner en carrillon, qui est deshonneste pour telle église. »
(Id., L 5i565.)
2. « Laquelle couverture, estant de pierres de lyès, est fort endommaigée
en divers lieux, tellement que, quant il vient grand chcute de eaue, elle chet
sur les vol tes et les pourrist, à l'occasion de quoy l'eaue chet à grant abon-
dance en laditte église. » (Id.)
NOTRE-DAME DE PARIS. 9 3
corrompuz, bouclez, de nulle valleur, en danger de cheoir, et y a
péril emynant de heure à autre, et feussent cheuz et fondeuz par
terre long temps a, n'eussent esté les estayemens et contrefiches qui
y ont esté faictz; et convient et est neccessité de faire laditte demoli-
cion et réfère le tout de neuf le plus brief que se pourra faire, pour
obvier audit péril emynant et aux inconveniens qui s'en pourroient
et peuvent ensuir de heure à autre; et appert que laditte ruyne, cor-
rompture et pourriture qui est esdiz osceaulx est intervenue passé a
plus de quatre vingtz ou cent ans.
Item est neccessité de faire des clères voyes en forme de garde-fol à
la gallerie entre lesdittes deux tours au pan du costé de la nef, ainsy
que autrefoys a esté, comme appert à veue d'œil, pour ce que de
présent n'en y a point et n'y a que des apuyes de boys seullement,
qui sont pourries et de nulle valleur ; lesquelles clères voyes pevent
estre cheuttes et tumbées passé a quarante ans ou plus.
Item est neccessité de refaire les couronnemens des guymberges
estans tant sur le petit portail nommé le portail rouge, que aux chap-
pelles estans aux deux costés dudit portail, pour ce que lesdiz cou-
ronnemens sont corrompuz, de nulle valleur, partie cheutte et tum-
bée, autre partie en danger de cheoir, en péril emynant et en pourroit
advenir inconvénient ; et en ce faisant mettre des pierres neufves aux
terrasses des chappelles et derrière lesdittes guymberges, ou lieu de
celles qui seront trouvées rompues et cassées, tant à jour que cou-
vertes de plomb, et faire partie desjoinctzde pierre de taille desdittes
terrasses où ilz sont mynez et de nulle valleur; lesquelles cheutes,
romptures et casseures desdiz couronnemens d'icelles guymberges
sont intervenues de si long temps que n'en saurions bonnement ne
au vray parler.
Item est neccessité de rejointtoyer partie des ogives, fermettes,
doubleaux, et pendentis des voultes des chappelles de laditte église
au pourtour de la nef et cueur, tant des chappelles de BouUault,
sainct Eustace, la voulte sur le portail rouge, de la chapelle Nostre
Dame de Pitié, la chapelle près du revestuaire et la chapelle de la
Magdaleine ; et en ce faisant quérir esdittes voultes plusieurs pierres
neufves ou lieu de celles qui seront trouvées rompues, cassées et de
nulle valleur ; ce qui est et peut estre intervenu par [deflfault] d'avoir
bien et deuement entretenu les joinctz des dalles et terrasses d'au
dessus desdittes voultes, et depuis vingt cinq ans en çà ou environ.
Item est neccessité de refaire et redresser le grant arc doubleau de
la voulte de laditte croisée du costé d'icelluy cloistre avec partie des
branches d'ogives de laditte voulte pour ce que lesdiz doubleaux et
94 PEINTRES OUBLIES.
Ogives sont corrompuz et grandement affessez; et appert que lesdittes
corrompture et avallement sont et pevent estre intervenuz depuis
cinquante ans ou environ ^.
(Arch. nat., L ôiS^ï. Cah. de i6 feuillets papier. Copie.)
PEINTRES OUBLIES.
(i559-i586.)
NICOLAS CHEVALIER, JEHAN BUTAYE, RANSINT DE LA
MARCHE, PHILIPPE BEN ART, GUYON DE VA BLES ,
CHARLES DRAM ART, NICOLAS II PINAIGRIER, GUIL-
LAUME SAULNIER, LAZARE LEJEUNE, MARTIN LE
RICHE.
Extraits des notes inédites d'Auguste Jal, communiqués et annotés
par M. Henry Jouin.
I.
Chevalier (Nicolas), — iSSg.
BuTAYE (Jehan). — iSSg.
10 juillet iSSg. Baptême, à Saint- Paul, de Anthoyne, fils de
Robert Rouser [sic] et Jehanne Gratis, demeurant rue Saint-
Anthoyne. Les parrains, Nicolas Chevalier., painctre, demeurant
à la porte Saint-Victor, et Jehan Butaye., painctre, demeurant à
la rue au Prêtre.
(Registre de Saint-Severin.)
L. de Laborde mentionne entre 1640 et i55o un peintre du nom dM«-
thoine « Chevallier » {Comptes des Bâtiments, l, 192). Voy. aussi sur
Anthoine « Chevalier » l'ouvrage la Renaissance des Arts (I, 417).
Jehan Butaye est l'arrière-grand-père de Susanne Butay, femme de Charles
Le Brun (voyez Jal, Dictionnaire critique, p. 296, col. i). L. de Laborde cite
au sujet de « Jean Butaye » un extrait de comptes où le nom de cet artiste
est suivi de la mention « jeune paintre. » Ce document se rattache à la période
décennale, 1 540-1 55o {Renaissance des Arts, I, 424). Le même texte se
retrouve dans les Comptes des Bâtiments (I, 198).
I. Voir un procès-verbal analogue, du 1 1 août iSôy, dressé par Guillaume
Guillain, Jean Chapponnet, maçons, Jean Grand-Remy et Jacques Marchant,
charpentiers, Claude Penelle, couvreur, Guillaume Laurent et François le
Queux, plombiers. (Id., L 5i5''o. Original. Cah. de 34 feuillets papier.)
PEINTRES OUBLIÉS. gS
IL
RaNSINT (sic) DE LA M ARCHE. — i56g.
Benart (Philippe). — 1569.
GuYON DE Vables. — i56g.
i5 octobre iSôg. Baptême, à Saint-Jacques-de-la-Boucherie, de
Jehanne, fille de Ransint de la Marche^ peintre, et de Perrette
Moyrinier, sa femme, rue de la Savonnerie. Parrain, Philippe
Benart^ painctre; marraine, Jehanne Arrent, femme de Guyon de
Vables^ maître painctre.
(Registre de Saint-Jacques-de-la-Bouchçrie.)
Philippe Benart n'est pas mentionné par L. de Laborde, mais un Philbert
Bénard, imager, est cité pour la période 1 537-1540 {Comptes des Bâtiments,
I, i35, et Renaissance des Arts, I, 4o3).
Guyon de Vables, que nous verrons paraître au baptême d'une fille de
Nicolas II Pinaigrier, en 1572, a pour femme, nous l'apprenons ici,
Jehanne Arrent, et nous sommes en 1569. Nicolas II Pinaigrier, à la même
époque, est marié à Nicole Arrent (Jal, Dictionnaire critique, p. 976, col. i).
On peut donc supposer que ce Guyon de Vables, ami de Pinaigrier, est
aussi son parent par alliance.
III.
Dramart (Charles). — iSôg.
i5 juin 1569. Baptême, à Saint-Jacques-de-la-Boucherie, d'An-
thoine, fils de Charles Dramart^ pinctre, et de Bernarde Boullet,
sa femme, rue de Sauonnerye.
(Registre de Saint-Jacques-de-la-Boucherie.)
IV.
Pinaigrier (Nicolas II). — 1572.
Guyon de Vables. — 1572.
Guyon de Vables, peintre, parrain, à Saint-Jacques-de-la-Bou-
cherie, le 3i mars 1572, de Marguerite, fille de Nicolas Pinai-
grier, m® vitrier.
Jal, nous le disons plus haut, a nommé Guyon de Vables dans le Diction-
naire critique, p. 976, col. i, au sujet du baptême de Marguerite, quatrième
fille ÛQ Nicolas II Pinaigrier, mais c'est par erreur que dans le Dictionnaire
ce baptême se trouve inscrit sous la date du i" mars 1572. La note auto-
graphe de Jal porte 3 1 mars.
96 PEINTRES OUBLIÉS.
V.
Saulnier (Guillaume). — iSjS.
A Guillaume Saulnier^ painctre, demeurant à P^is, trois escuz
pour auoir painct par le dedans deux chariots de Ikd. dame et les
panneaux d'iceulx. 19 juillet 1578.
(Maison de la Reine de Navarre, 1578. Archives nationales, KK. i63.)
VI.
Lejeune (Lazare). — iSyg.
12 novembre i5yg. Baptême, à Saint-Jacques-de-la-Boucherie,
de Martin, fils de Lazare Lejeune^ maître peintre, et de Gene-
viève Ledoux, sa femme, demeurant rue des Arsis.
(Registre de Saint-Jacques-de-la-Boucherie.)
On trouve dans les Comptes des Bâtiments de L. de Laborde, années iSSy-
1540, mention d'un Pierre le Jeunne, peintre (I, i36). Le même artiste repa-
raît en 1547 {Renaissance des Arts, I, 3o2). Quant à Lazare Lejeune, nous
ne parvenons pas à le découvrir. Toutefois, L. de Laborde a transcrit une
pièce de 1574 dont voici le début : « A M« Lazare (lacune laissée en blanc),
paintre, demourant à Paris, » etc. Cette lacune est-elle autre chose que l'es-
pace réservé par le scribe pour le nom propre qui devait être inscrit à la
suite du prénom? S'il en est ainsi, La:^are Lejeune, que L. de Laborde
désigne sous la simple appellation de Lazare, aurait décoré un carrosse de
fin or, argent et couleurs vermeilles à titre de peintre hors d'office [Renais-
sance, I, 317).
VII.
Le Riche (Martin). — i586.
27 juin i586. Baptême, à Saint-Merry, de Denis, fils de Mar-
tin Le Riche, m* peintre à Paris, et de Marcelle Robert, sa femme.
Parrain, Jehan Guinard, peintre.
6 mai 1 588. Baptême, à Saint-Merry, de Théodore, fils de Mar-
tin Le Riche et de Marcelle Muscon, sa femme.
(Registre de Saint-Merry.)
LES PEINTRES DE TROYES DU XIIP AU XV^ SIÈCLE. 97
LES PEINTRES DE TROYES
DU Xirie AU XV® SIÈCLE.
La ville de Troyes est une des villes où les travaux d'art ont
été, au Moyen âge et à la Renaissance, entrepris avec le plus de
hardiesse et d'ardeur et conduits avec le plus de persévérance. Le
goût de Fart y était très répandu; il n'y a pas une des nom-
breuses églises de cette ville dans laquelle on n'observe, en outre
d'une ordonnance architecturale toujours digne de remarque par
quelque trait imprévu, une diversité, une originalité et une
richesse dans l'ornementation qui sont vraiment rares.
De l'habileté des maîtres maçons, qui étaient à la fois les archi-
tectes de ces édifices et les conducteurs des travaux de maçonnerie,
il reste des exemples ; on a la mesure de leur talent. Leur science
de la construction était unie à un vif sentiment de l'élégance, à
une extrême j fécondité dans la composition et l'emploi des élé-
ments de la décoration. Dans les églises, les tableaux, les vitraux,
les tapisseries à histoires^ les statues, les bas-reliefs, les sculptures
en bois étaient multipliés jusqu'à la profusion. Cela est propre à
Troyes : Viollet-le-Duc en a fait la remarque. Un nombre aussi
grand d'églises, dans une ville peu populeuse, avait fait réduire
les proportions de leurs vaisseaux. De là, dans l'ordonnance,
quelque chose de fermé, d'intime, d'attirant ; de là un parti pris
d'élégance.
Quand nous aurons fait connaître une partie des maîtres,
maçons, sculpteurs, peintres, verriers, huchiers, orfèvres, qui ont
travaillé à Troyes, nous présenterons plus utilement un aperçu
de l'état du milieu dans lequel ils ont accompli leur œuvre et des
entreprises auxquelles ils ont été associés.
Un érudit, M. Alexandre Assier, qui a fait des recherches dans
les archives, s'est attaché à tracer, dans plus d'un livre, l'histoire
des arts à Troyes'. Nos propres recherches, plus étendues et plus
prolongées 2, ont eu une direction différente, et nous espérons
1. M. A. Assier a donné une sorte de résumé de ses recherches dans un
livre publié en 1876 et intitulé : les Arts et les Artistes dans la capitale de
la Champagne (t25o-i68o).
2. M. Assier a fait connaître 18 peintres du xiir au xv" siècle, nous en
avons signalé 87.
ART FR. IV 7
9$ LES PEINTRES DE TROYES DU XIII^ AU XV" SIECLE.
avoir pu mieux déterminer la personnalité des maîtres troyens.
Nous donnons, dans la présente étude, les noms de peintres
du xiiie, du xiv^ et du xv^ siècle, peintres qui ont fait toute sorte
d'ouvrages de peinture. Dans bien des cas, les maîtres peignaient
des tableaux pour la décoration des églises, couvraient les murs,
à rintérieur des habitations, d'un semis de devises ou de fleurs,
et peignaient des bannières, des bâtons de dais ou de confrérie.
Nous signalons 91 maîtres :
4 au xiii*^ siècle ;
35 au xiv^ siècle;
52 au xv« siècle.
64 maîtres étaient peintres, 9 à la fois peintres et enlumineurs,
10 peintres et verriers, 8 peintres et sculpteurs.
9 peintres étaient étrangers : 8 flamands et i allemand.
XIII® SIÈCLE.
I. Bernard (..1256-1262).
Maître Bernard était peintre.
La chapelle d'Igny-le-Jard, bâtie par le comte de Champagne
Thibaut V, était ornée de peintures dues au pinceau de maître
Bernard.
2. Jacques I (..1265).
Jacques I, peintre.
3. Jean I (..1281).
Jean I le peintre vivait à Troyes en 1281.
4. Climençon (..1292).
Climençon, de Troyes, peintre, travaillait à Paris en 1292.
XI v« siècle.
5. Pierre (..i3i6-i32o).
Pierre « le pointre. »
6. Ithier (. .1335-1340).
Ithier (YtherusJ, peintre et enlumineur, vivait à Troyes de
i335 à 1340.
7. Guillaume I (.,1 3 38-1 341).
Guillaume I, le peintre, a travaillé à la cathédrale de Troyes
de i338 à 1341.
LES PEINTRES DE TROYES DU XIII^ AU XV® SIÈCLE. 99
8. GiLLEQUIN I (..1 341-1343).
Gillequin I, peintre.
9. Simon (..i359).
Simon « le pointre» a fait, en i359, des peintures à « l'ostelde
Pons, » qui lui furent payées par la ville de Troyes 27 livres
1 3 sous tournois * .
10. GUYET (..I 360-1370).
Guyet le Flamand, peintre et enlumineur, habitait à Troyes de
i36o à 1370.
11. Garin (..1 363-1 367).
Garin, peintre et enlumineur, a travaillé à la cathédrale.
12. Guillaume II (..i365-i372).
Guillaume II, maître peintre et verrier, a peint des statues
(ymagines) pour des confréries à la cathédrale et a réparé des
verrières à la cathédrale.
Nous supposons que le maître Guillaume, peintre, est le même
personnage que le maître Guillaume, verrier; un maître Guil-
laume, désigné tantôt comme peintre et tantôt comme verrier, a
travaillé à Troyes de i365 à 1372.
i3. Raoul (..i 366- 136/).
Maître Raoul (Radulphus) le peintre a peint des statues à la
cathédrale 2.
14. Hennequin I (..1 367-1 370).
Hennequin I « le pointre flamand. »
i5. Pierre de Bruges (..1370).
Pierre de Bruges, peintre, vivait à Troyes en 1370.
16. Guyet (..1370).
Guyet le Flamand, peintre.
17. Antoine (..1370- 1372).
Antoine, peintre.
i8. Jeannin 1 (..1370- 1374).
Jeannin I le peintre habitait à Troyes de 1370 à 1374.
1. Archives de Troyes, B 2, comptes de la ville.
2. Archives de l'Aube, comptes de la cathédrale, G 1559.
ÎOO LES PEINTRE? DE TROYES DU XIII^ AU XVe SIECLE.
19. Jacques II (..rSyo-iSyô).
Jacques II, peintre, né à Bar-sur-Aube, a travaillé à Troyes.
Il a décoré, en iSyo, le château de Germoles, près de Dijon.
20. GiLLOT (..rSyo-iSgS).
Gillot, peintre, marié à Agnès, demeurait à Troyes, dans la
rue Notre-Dame, devant la halle aux tanneurs.
21. Jean Benne (.. iSyr-iSyS).
Jean Benne, peintre, a fait des peintures dans Téglise Saint-
Étienne.
22. Perrin (..1 371-1377).
Perrin le peintre a travaillé à la cathédrale.
23. Guillaume de Mantes (i 371-1378).
Guillaume de Mantes, maître peintre, a peint des statues dans
Téglise Saint-Etienne; il a peint aussi les bâtons surmontés de
statuettes de la confrérie de Sainte-Hoylde à Saint-Etienne.
Il est possible que Guillaume de Mantes soit le même que
Guillaume II.
24. GiLLET I (..1 374-1 377).
Gillet ou Gilet I, peintre.
Ce Gillet, peintre, est différent de Gillot, peintre, mentionné
plus haut.
25. Jacquet d'Aillefol (..i 374-1381).
Jacquet d'Aillefol était peintre; il est appelé Jaquet de Aquile-
fago dans les comptes écrits en latin. Il a travaillé en i38o-i38i
dans l'église Saint-Etienne.
26. Denisot (..i 376-1390).
Denisot le peintre a travaillé à la cathédrale de 1379 à i382 :
1 379-1380. « ... Pour repoindre ledit reloige et refaire les
ymages des heures... es.»
i38i-i382. « ... Pour nettoier et blanchir les ymaiges dou
portau d'entrée, refaire le dyadème de l'imaige de Dieu, la main
destre, la teste de l'aigle, une des clez et les deux piez et croistre
les clez dou beuf et mectre ledit portau en premier estât qui fut...
iiij 1. ij s. vj d. »
Denisot a fait des peintures à l'église Saint- Urbain de i386
à 1389.
LES PEINTRES DE TROYES DU XIII« AU XV° SIECLE. TOI
27. Droin (..iByô-iSgo).
Droin était peintre et sculpteur {-ymager). Il a peint des sta-
tues des églises Saint- Etienne et Saint- Urbain.
28. Jean de Damery (. .i377-|-i38o).
Jean de Damery était maître peintre et verrier. Il était surtout
verrier. Le chapitre de la cathédrale refusa de prendre livraison
de la verrière d'une des croisées faite par Damery, et les arbitres
nommés, « ouvriers et bonnes personnes, » jugèrent en effet
a que l'ouvrage n'étoit pas souffisant ne convenable. »
29. Gillet II (..1378-1384).
Gillet II ou Gilet « le poinctre » a travaillé à la cathédrale.
3o. /eaK de Savières {.. i38o-i38i).
Jean de Savières, peintre, a travaillé à la cathédrale.
3i. Guilleminot HE Plancy (..i 3 80- 1384).
Guilleminot de Plancy, peintre, a travaillé à la cathédrale.
32. Gautier I (..i38i-i384).
Gautier I, peintre, a travaillé à la cathédrale. Il a, en i383-
1384, peint en partie le cincenier ou dais qui surmontait le saint
ciboire :
« A Gautier le pointre qui avoit marchandé de poindre ledit
cincenier et faire tout autour de la bordure dedans et dehors des
armes de France à fleurs de Hz sur Tasur et des armes de l'église
d'argent sur le rouge, et au dessus dou plomel faire une couronne
d'or bien ouvrée desdites armes et semer d'estoilles d'or la guelle
dou cescle tout autour, parmy la somme de ix frans liquelx en fist
environ la moitié et puis se départi et s'en ala en Aragon et avoit
reçu pour sa peine senz les couleurs Ix s. »
Jean de Dijon acheva l'ouvrage commencé par Gautier.
33. Jacquemin (..i382-i388).
Jacquemin le peintre a travaillé à la cathédrale.
34. Jean de Dijon (..i383-i386).
Jean de Dijon, peintre, a achevé la peinture du cincenier de la
cathédrale en 1 383- 1384. Il reçut « pour son salaire senz aucunes
couleurs c s. t. »
Il a fait, en 1384-1 385, des peintures dans l'église Saint-
Urbain.
102 LES PEINTRES DE TROYES DU XIII^ AU XV^ SIÈCLE.
35. Jean II (..i384-i389).
M Maistre Jehan le pointre » a fait des peintures à la cathédrale,
dans les églises Saint-Étienne^ Saint-Urbain, etc.
36. Hennequin II (..i388-i39i).
Hennequin II le Flamand, peintre, a travaillé à l'église Saint-
Etienne.
37. Guillaume I Gehevois (. .1389-1390).
Guillaume I Genevois, peintre, a travaillé à l'église Saint-
Urbain.
38. Etienne Machefoing (..i 391-1407).
Etienne Machefoing, peintre et verrier, a travaillé dans plu-
sieurs des églises de Troyes de 1394 à 1407. Il paraît avoir été
surtout verrier.
39. Jean Beau Jehan (..i 392-1406).
Jean Beau Jehan, peintre.
XV* SIÈCLE.
40. Nicolas /CoRDOUANiER (..1402- 1406).
Nicolas r Cordouanier- était peintre; il était Flamand et est
désigné plusieurs fois sous le nom de « Nicolas le flament. »
41. Jacquemin Le Clerc (..1402- 1406).
Jacquemin Le Clerc, peintre et enlumineur.
42. GiLLEQUîN II (..1402-1441).
Gillequin II le peintre a fait de nombreux ouvrages de peinture
et de dorure dans les églises de Troyes, entre autres à la cathé-
drale et aux églises Sainte-Madeleine et Saint-Urbain.
43. Jacquet de Valenciennes (. .1406-1416).
« A Jaquet de Valenciennes et son compaignon pointres pour
avoir piastre, blanchi et point la grant table basse devant le grant
autel — faire les hystoires qu'il faut de bonne pointure et suffi-
sante de leur mestier par l'espace de troys mois sens leurs despens
— baillé pour ledit ouvraige... par accort ix 1. t. » (Compte de
l'église Sainte-Madeleine pour les années 141 1 à 1416.)
44. Jean Sève (..1406- 1427).
Jean ou Jeannin Sève, peintre.
LES PEINTRES DE TROYES DU XIII* AU XV« SIÈCLE. Io3
45. Jean I Symon (..1407- 1440).
Jean I Symon, peintre et verrier, est plus connu par son sur-
nom, Jean de Bar-sur- Aube. Il a été marié et a eu un fils, Jean
ou Jeannin, qui fut aussi peintre et verrier, et dont nous parle-
rons plus loin.
Jean de Bar-sur-Aube est toujours inscrit comme peintre sur
les rôles des tailles, mais presque tous les travaux qu'il a faits à la
cathédrale, aux églises Saint-Etienne, Sainte-Madeleine et Saint-
Urbain sont des ouvrages de verrier.
Il occupait a la moitié d'une maison de la Grand Rue qui va
jusques en Rue Moyenne. »
46. Rasset Tau (..1408- 1420).
Rasset Tau, peintre, est appelé dans les comptes Rasset ou
Racet Tau, Rasset « le pointre » et Jehan Rasset.
Il a travaillé à la cathédrale et à l'église Sainte-Madeleine.
Cathédrale. 1411-1412. « ... Pour son salaire d'avoir point de
nuef les iiij bastons à porter le paille super Corpus Domini
avèques les armes du Roy et de l'Esglise...
a ... Pour sa peine d'avoir point ledit cercle (du cincenier du
grand atitel) par marchié fait (le 2 1 juin) iij s. iiij d. »
Sainte-Madeleine. 1411-1412. « ... Poindre la table enfoncée
dessus le grant autel, la daurer bien et suffisamment de même or
et les ymages vissez ensemble et aussin la fauce table d'icelle,
poindre au pareil des ymages... xiiij 1. t. »
Cathédrale. 1414-1415. « ... Pour avoir paintes iij desdites
châsses... que ledit Lopin a délaissées d'achever par l'espasse de
ij ans... viij 1. »
1417-1418. a ... Pour avoir contrefait le pourtrait d'une croix
hensé bacin et le cochet sur ung patron envoyé par Martin de
Cornuaille, orfèvre, demeurant à Seurre près de Citeaux...
xij s. vj d. »
1419-1420. « ... Par marchié fait à ly de paindre ledit ange
(sculpté par Jean le tailleur d'images) et l'espy dessusdit, dorer
ij estoilles et les paneaux où lesdites estoilles tourneront assises
dessoubz ledit ange, par marchié fait à ly xxij 1. x s. t. »
47. Perrinot Lopin (. .1409-1415).
Perrinot Lopin, peintre, a travaillé à la cathédrale. Il y a peint
des statues. En 1414-1415, il a peint des châsses, « les iiij anges
104 l'Es PEINTRES DE TROYES DU XIIP AU XV« SIECLE.
des colonnes de l'autel, l'aigle de devant l'autel, Parbre dou cierge
benoist et j ymaige plat de mons'" Saint Père, et avec ce a paint
icelluy Lopin l'ymaige de Nostre Dame, ij banyères de tafetas. »
48. Jean de Savoye (..1412-1415).
Jean de Savoye, peintre, a fait des peintures à la cathédrale.
49. Aubry Saulcier (..1412- -J- de 1416 à 1418).
Aubry Saulcier, peintre et verrier, a épousé Thévenette, dont
il a eu un fils, Jeannin, qui fut verrier.
5o. Jean de Saint-Lynart (..141 2-1423).
Jean de Saint-Lynart, peintre.
5i. Jacquet Cautet (..141 3-1427).
Jacquet Cautet ou Tautet, peintre.
52. Jean III (..1416-1420).
Jean III, peintre.
53. Jean Talemer (..14 16- 1428).
Jean Talemer, peintre et verrier.
54. Perrin Le Raslat (..141 8- 1423).
Perrin Le Raslat, peintre et verrier.
55. Simon de Neufchastel (..14 19- 1429).
Simon ou Simonnet de Neufchastel ou Simon l'enlumineur,
maître peintre et enlumineur, a été marié.
Il a travaillé pour la cathédrale et Téglise Sainte-Madeleine.
Cathédrale. 1422-1423. « ... Pour avoir paint le visaige de
rimage et eslevé et formée la maçonnerie de ladite banière...
XXX s. »
1423-1424. « ... Pour avoir refait le visaige de la banière
nuefve, lequel estoit trop petit, pour ce xx s, »
Simon de Neufchastel a donné, en 1426-1427, les dessins de
deux des tapisseries (les patrons des tapt^) représentant la vie de
sainte Marie-Madeleine et destinées à décorer cette église. Chaque
patron lui fut payé 7 livres tournois.
56. Pierre de Neufchastel (.. 1420-1423).
Pierre de Neufchastel ou de Nuefchastel, peintre et enlumineur.
57. Etienne (. .1421-1422).
Etienne, peintre, a travaillé à la cathédrale.
LES PEINTRES DE TROYES DU XIII* AU XV® SIECLE. I05
58. Jacquet /Cordonnier (..1425-1429).
Jacquet I Cordonnier ou Cordouannier, maître peintre et tail-
leur d'images, était appelé ordinairement « Jaquet le pointre. »
Il a travaillé pour l'église Sainte-Madeleine :
1425- 1426. « ... Pour avoir fait ung petit patron en papier
touchant la vie de la Magdeleine, x s. t. »
« Pour avoir fait le patron du second drap (tapisserie de haute
lice faite par Thibault Clément), par marchié fait à lui et pour le
vin dudit marchié, paie cxv s. »
1426-1427. « ... Pour avoir fait ung petit ymage de sainct
Claude pour mettre au baston de la confrairie, iij s. iiij d. »
1427-1428. « ... Pour marchié fait à lui du iij® drap (de la
troisième tapisserie de la vie de sainte Madeleine) vj 1. xv s. »
Jacquet Cordonnier a été employé à des travaux à la cathédrale.
59. Gautier II (..1/126-1429).
Gautier II, peintre et tailleur d'images.
60. Jean Symon (..143 i- f en 1472 ou en 1473).
Jean ou Jeannin Symon, plus connu sous le nom de Jean de
Bar-sur-Aube, était maître peintre, doreur et verrier.
Nous n'avons trouvé dans les comptes des églises que des tra-
vaux de verrier au nom de ce maître, qui a fait ou réparé des
vitraux de la cathédrale et aux églises Saint-Etienne et Sainte-
Madeleine. Il est inscrit le plus souvent comme peintre sur les
rôles des tailles.
61. Jeannin II (. .1436-1450).
Jeannin II (« Jehanin le pointre »), peintre, a travaillé princi-
palement à la cathédrale et à l'église Sainte-Madeleine. Il a peint
des statues.
Il peignit « des ystoires... sur le coffre » dans lequel on déposa
les restes de a madame Saincte Hélène. »
62. Jean Boivin (xv® siècle).
Jean Boivin, peintre.
63. Jean I Loppin (..1440- -j- avant 1454).
Jean I Loppin ou Lopin, peintre, a été marié. Il a travaillé à la
cathédrale.
64. Jean de Villiers (..1440- 145 5).
Jean ou Jeannin de Villiers, peintre.
i06 leç peintres de troyes du xiii^ au xv« siècle.
65. Sevin (..1446- 1448).
Sevin, peintre, a travaillé à Téglise Notre - Dame - aux-
Nonnains.
66. Jacquet II Cordonnier (. .1452-1496).
Jacquet II Cordonnier ou Cordouanier, maître peintre et tail-
leur d'images, était appelé le plus souvent « Jaquet le pointre, »
et rarement « Jaquet le tailleur. » 11 signait Jaquet Cordonier.
Il a été marié et a eu un fils, Nicolas.
Il habitait, en i486, « auprès Saint-Urbain. »
Jacquet Cordonnier a fait d'assez nombreux ouvrages de pein-
ture et de sculpture pour la cathédrale, pour les églises Saint-
Etienne et Sainte-Madeleine et pour la ville.
Nous ne ferons connaître que quelques-uns de ces travaux.
Église Sainte-Madeleine. 1457- 145 8. « A Jaquet Cordonnier
paingte pour sa peine et salaire d'avoir redoré et repparé une
ymaige de Nostre-Dame... pour avoir repainctles ymaiges estans
en deulx des tableaux faisant parement aux bons jours... xl s. »
Cathédrale. 1462-1463. « ... Pour avoir faict iiij ymaiges petis
de Cayn et Abel en l'une des pierres dudict portrait... xxx s. »
Ville. 1463-1464. « A Jaquet Cordouannier, paintre,... pour
sa peine et salaire... d'avoir fait et paint pour la décoracion et
embélissement de ladite porte (Saint-Jacques) une Annonciation
de Nostre-Dame, un grant saint Jaques, les armes de France
et de Champagne, et patronné en plusieurs lieux de couleurs,
XV 1. t. »
Cathédrale. 1470. Peint les armes du cardinal d'Avignon à la
clef d'une des voûtes.
1 470-1 471. «... Pour tailler en bois deux anges et ung saint
Pierre pour faire patron et les faire d'argent pour ledit tableau
(des reliques) ^ xv s. »
Ville. 3 mars 1480. Service funèbre de M. de Chaumont,
ancien gouverneur de la Champagne. « ... xl escussons armoyriés
des armes de feu mondit seigneur pour mectre esdites torches et
sierges et à Pentour du poelle et aussi au coing du grant hostel,
xl s. t. »
Cathédrale. 1480-1481. « A Jaquet le pointre pour avoir fait
ung crucefiz de bois pour mooler et faire ung aultre de cuivre
pour faire le crucefiz de ladite crois d'argent, pour ce paie xx s. »
1484- 148 5. « A Jaquet Cordonnier, paintre,... paindre tout le
LES PEINTRES DE TROYES DU XIII^ AU XV® SIÈCLE. lOJ
fust desdites orgues de vermeillon,... faire les elles de l'ange tout
neufves avec les deux soulaiz. . . dorer ledict ange et lesdits soulaiz
d'or bruny,... estoffes de fin or... paindre la volte qui couvre
lesdictes orgues, c'est assavoir faire les quartiers de fin Inde semez
d'estoilles d'estain dorey...
«... Faire de bois deux grans escussons esquieulx sont les
armes de monseigneur Lancion? et les peindre,... faire un escusson
de France coronné et le paindre d'azur et d'or fin pour le mettre
dessus le pinacle de l'ange... (en tout 60 1. 7 s. 6 d.). »
Ville, i486. Entrée de Charles VIII.
Jacquet a travaillé avec son fils « pour plusieurs menues parties
de son mestier. »
Saint-Etienne. 1488-1491. « ... Pour avoir repaint une petite
châsse couverte d^yvoire que Jaques Ruban a reffaicte et recou-
verte d'autres pièces d'yvoireen laquelle a repaint es deux devans
les douze apostres et à l'ung des costez ung jugement et de l'autre
costez une apparition à la Magdelène... xl s. t. »
Sainte-Madeleine, 1495-1496. Jacquet a fait une ymaige de
saint Biaise, « estofîée et painte, » pour le bâton d'une des con-
fréries de l'église.
67. Nicolas Simon (..1452).
Nicolas Simon, peintre.
68. Nicolas (. .1454-1456).
Nicolas, peintre et verrier.
69. Antoine Lescuier (..145 8- 1460).
Antoine Lescuier, peintre et enlumineur.
70. Le Boiteux (..1464- 1465).
Le Boiteux, peintre.
Cathédrale. «... Pour trasser et pourtraire (la tombe de Simon
Roier, chanoine et maître de Poeuvre de Saint- Pierre). »
71. Jacquet (..1465).
Jacquet, peintre.
72. Guillaume //Genevois (..1470- f avant 1483).
Guillaume II Genevois, peintre.
73. Guillemin Passot (..i47o-i5o3).
Guillemin ou Guillaume Passot, maître peintre, appelé souvent
« maistre Guillemin » ou « Guillemin le pointre, » était Alle-
mand. Il signait G. Passot.
I08 LES PEINTRES DE TROYES DU XIII® AU XV® SIÈCLE.
Il demeurait « près des estuves aux hommes. »
Il a travaillé pour les églises Saint-Etienne, Sainte-Madeleine
et Saint-Remi.
Il a fait, en 14g 5, pour l'église Sainte-Madeleine, « la pour-
traiture de la verrière devant l'ostel monseigneur de Lirey. »
« Guillaume Passeaut, paintreet allemant, » a peint, en i5o2-
i5o3, une bannière pour l'église Saint-Remi ^
74. Jean I CoTELLE (..1472-1505).
Jean I Cotelle était peintre et enlumineur.
Il était au nombre des habitants armés. Il avait chez lui,
en 1474, une couleuvrine et un maillet de plomb. Guillemin
Passot possédait une salade et un maillet.
Cotelle a travaillé, en 1 5oo, aux préparatifs faits pour l'entrée
de Louis XII à Troyes. et a peint, en 1 504-1 5o5, « des ymages
de la chapelle des apostres » à la cathédrale. Il a enluminé des
livres d'église.
75. Jean II Loppin (..1475-1478).
Jean II Loppin, peintre.
76. Jean IV (.. i476-fi5o7).
Jean IV, peintre, a peint pour l'entrée du roi, en i486, « la
targette présentée au Roy, la crois et les huit bastons du ciel. »
Il fut inhumé dans l'église Saint-Jean, le i3 février 1507.
77. Pierre I Blancpignon (.,1477-1524).
Pierre I Blancpignon, peintre.
78. Guillemin (..1478).
Guillemin, peintre.
79. Jean Labbé (1478-1484).
Jean Labbé, peintre et enlumineur.
80. Jean /Caupain (..1480-1534).
Jean I Caupain ^ était maître peintre et tailleur d'images.
Il a été marié et a eu un fils, Pierre I, qui a été aussi peintre et
tailleur d'images.
Il a travaillé comme peintre, doreur et tailleur d'images pour la
1. Archives de l'Aube, 20, G 14.
2. Le nom est écrit de différentes façons : Caupain, Caupin, Coppains,
Coppain, Copain, Copen, Copin, Compain. On lit Caupain sur le bail de sa
maison.
LES PEINTRES DE TROYES DU XIII« AU XV^ SIECLE. IO9
cathédrale et les églises Saint-Etienne, Saint-Jean, Sainte-Made-
leine et Saint- Pantaléon.
Nous ne citerons que quelques-uns de ses ouvrages.
Jean Caupain a peint, en 1492-1493, à la cathédrale, la statue
de saint Michel, « assavoir estre tout doré de fin or, excepté le
visage et les mains, qui doivent estre de chair, et le revers de
manteau de fin azur, le diable de diverses couleurs et le tout
faire le plus richement que faire se pourra... xxxv 1. t. »
En 1498, pour une entrée de Louis XII, qui n^eut pas lieu, il
fit , de concert avec Nicolas Cordonnier et Pierre Caupain , les
peintures des décors. Dans cette même année, il peignit et dora le
monument de la Belle-Croix.
Louis XII fit son entrée à Troyes en i5oo. Caupain fut appelé
à l'hôtel de ville le 29 juillet 1 5oo pour donner son avis sur les
travaux à faire ; il fut employé à ces travaux avec son fils et son
varlet. Il fut payé 6 sols 8 deniers par jour et son fils 3 sols
4 deniers.
Il peignit, en iSoô-iSoy, un saint Sébastien à l'église Saint-
Jean.
Voici la mention de plusieurs peintures :
i5o7-i5o8. Ville de Troyes. « ... Pour avoir restofé d'or et de
couleurs les deulx vielz ymaiges de pierre représentans l'Anoncia-
tion de l'ange Gabriel à la vierge Marye, qui de longtemps
estoient à la porte dudit Beuflfroy, cv s. t. »
iSog. Ville. «... Escu de France or et couleur sur la porte de
Comporté... armes de la ville blanc et noir à la porte de Com-
porté. . . (et autres travaux) . »
i5io-i5ii. Eglise Saint-Pantaléon. « ... Pour avoir paint et
doré... voltes et ymaiges... »
i5ii-i5i2. Ville. « ... Pour quatre escussons armoyez des
armes de la ville portés le ix^ jour du moys de septembre à l'en-
terrement de feu Jehan de Sainct-Aulbin, en son vivant procureur
de Troyes... x s. t. »
i5ii-i5i2. Église Sainte- Madeleine. «... Pour avoir redoré et
racoustré les visages et tout ce qu'il falloit aux quatre anges estant
sur les quatre coulombes du grant autel, xxx s. t. »
i5i3-i5i4. Eglise Saint-Jean. « ... Pour avoir redoré et painct
tout à neuf les deux chapelles où l'on met les ymaiges des confrai-
ries... »
I 10 LES PEINTRES DE TROYES DU XIII^ AU XV* SIECLE.
i5i8-i5i9. Église Saint-Etienne. « ,,. Pour avoir ... painctles
estuys de deux chasses... xxxj s. t. »
Jean Caupain a travaillé en i534 aux préparatifs faits pour
l'entrée de la reine Éléonore à Troyes. Il était payé alors lo sols
tournois par jour.
Il habitait, en 1 5 1 o, une « maison à petit frestre estant des appar-
tenances de rhostel de la ville, séant en la grand rue, près la
Belle-Croix, » louée à la ville moyennant i lo sols tournois par an.
8i. Nicolas Hubin (..1483-1488).
Nicolas Hubin, peintre, a travaillé à l'église Saint-Etienne.
^ 82. Jean Tharonot (..1484-1485).
Jean Tharonot, peintre.
83. Nicolas //Cordonnier (..1486-1535).
Nicolas II ou Colas Cordonnier, Cordouannier ou Cordoan-
nier est désigné le plus souvent dans les comptes de la ville et des
églises sous les noms de « Nicolas le painctre, Nicolas le tai-
lleur, Nicolas le tailleur, painctre, et Nicolas le Flamant. » Il
signait Nicolas Cordoannier ou Nicolas le painctre. Son nom
était toujours surmonté de sa marque, consistant en trois anneaux
entrelacés, deux et un, avec les lettres N C et P, placées chacune
dans un anneau, et ceux-ci étant accotés dans le même ordre que
les lettres majuscules N, C et P (Nicolas Cordoannier, painctre).
Cordonnier était peintre , tailleur d'images et probablement
aussi verrier.
Il était fils de Jacquet, peintre et tailleur d'images, et avait pour
frère Victor le verrier.
Il était flamand. lia épousé Catherine et a eu plusieurs enfants.
Nicolas Cordonnier a travaillé pour la ville, pour la cathédrale
et les églises Saint-Etienne, Saint-Jean, Sainte-Madeleine, Saint-
Nicolas et Saint-Pantaléon, etc.
Il a travaillé, en i486, avec son père Jacquet, aux préparatifs de
l'entrée de Charles VIII.
Il a peint à la cathédrale, en 1496- 1497, pour le prix de 28 1.,
les clefs, les quatre branches et les Jilatières des cinq voûtes, et a
peint les armoiries aux clefs. Il avait de plus, en cette année, fait
marché avec le chapitre « de peindre bien et richement le reloge
de bonnes painctures et riches. »
A partir de Tannée 1497, le nombre d'articles des comptes rela-
LES PEINTRES DE TROYES DU XIII® AU XV® SIECLE. I 1 1
tifs à des ouvrages de peinture et de sculpture de Nicolas Cordon-
nier est tellement grand que nous n'en reproduirons que quelques-
uns. Ne nous occupant ici que du peintre, nous passerons sous
silence les travaux du sculpteur. Nous n'avons pas non plus à
examiner à présent si ce maître a été verrier, s'il a peint sur verre.
Toutefois, sans nous prononcer sur l'attribution qui lui est faite
du vitrail représentant la vie de saint Éloi, fait, au commencement
du xvp siècle, pour la communauté des orfèvres, dans leur cha-
pelle à l'église Sainte-Madeleine, nous regardons comme très pro-
bable que Cordonnier en fit les cartons (le patron).
Par les extraits d'articles des comptes qui suivent, on jugera de
la diversité des travaux de Nicolas Cordonnier.
Cathédrale. i5oo-i5oi. « ... Pour avoir repainct le chasteletdu
jour de Pasques et le ... des orgues... »
i5oi~i5o3. « ... Pour avoir faict trois ymaiges de sainct
Pierre... »
i5o2-i5o3. « ... Pour avoir faict quatre escussons esquelx sont
imprimez les armes de feu monseigneur de Nemours... »
i5o5-i5o6. a ... Pour avoir faict ung patron au petit pied selon
lequel les verriers doivent faire les verrières de la croisée... xx s. »
«... Pour avoir redoré les tuyaux des orgues... »
1 507-1 5o8. « ... Pour avoir faict six escussons esquelz sont les
armes du pape moderne Julius... xij s. »
1 509-1 5 10. « ... Pour avoir painct ung crucifiment, une Nostre
Dame, ung sainct Jehan l'évangéliste... »
Saint-Pantaléon. i5io-i5ii. « ... Pour avoir faict les patrons
de l'ymage sainct Pantaléon... xx s. »
Saint-Jean. i5io-i5i2. « ... Pour avoir doré et paint la table
d'autel ensemble les ventaulx... Ix livres. »
i5ii-i5i2. « ... Pour avoir paint le soubassement de la table
de l'autel Nostre-Dame, avoir relavé et épousseté celle du grant
autel... et fait un patron du pied de la croix d'argent qui se met
sur le bureau aux bans... »
i5i2-i5i3. « ... Pour son salaire d'avoir dorey le cochet, la
crois, la pomme, la hense de cuyvre et celle de plont ensemble les
rays du soleil et aussy pour avoir dorey la couronne estant autour
le clocher et pour l'or couleur qu'il a fourny, viij 1. »
Église Sainte-Madeleine, îbiS-i5ig. « ... Pour avoir remis à
point les venteaulx de la table du grand autel, assavoir reburny,
laver et nettoyer et mettre de l'or là où il en falloit, faire un
112' LES PEINTRES DE TROYES DU Xllie AU XV» SIECLE.
patron de damas lequel a esté envoyé à Lyon pour faire les beaulx
habits et aussi pour avoir remis à point le dyadème de Nostre
Seigneur au grand autel, xxx s. »
Cathédrale. 1 5 19-1520. a ... Paie (le 2 3 mars i52o)... sur les
sept ymaiges que doibt faire pour les sept aultels députés pour les
visitations desquels il a jà fait Nostre Dame la Majeure... x 1. »
Église Saint-Étienne. 1 5 19-1520. « ... Avoir tailler, painct,
conduire l'euvre envers les filles pénitentes à faire la bannière
neufve, Iv 1. t. »
«... Avoir faict tailler le ciel à mettre sur le corps Nostre Sei-
gneur, le dorey et avoir faict quatre hystoires de la feste et avoir
doré le baston saincte Hoylde, Tymage de ladicte saincte et celle
de sainct Laurent, xxxij 1. t. »
«... Bannière painte sur taffetas.
«... Pour faire deux des hystoires dudict ciel (de taffetas
blanc)... »
Cathédrale. i5i9-i52o. « ... vij ymaiges pour les vij autelz
députez pour les visitacions... »
Église Saint-Jean. i52i-i522. « ... Pour avoir pourtrait la
voste et les pandans de Tymage Nostre- Dame... »
Église Notre-Dame-aux-Nonnains. i52i-i 522. Patrons «par
luy faictz et fourniz pour la réfection de la verrière de ladicte
église... »
Cathédrale. 1 524-1 525. « ... Pour avoir painct Fymage de
Nostre Dame de la chapelle de Droyn... »
Église Saint-Nicolas. 1 524-1 525. « ... Pour racoustrer de
paincture le mont de Calvaire et redorer et racoustrer de paincture
î'ymage sainct Nicolas du bureau... »
Église Sainte-Madeleine. i525-i526. « ... Faict un patron de
la banière... »
Église Saint-Nicolas. i525-i526. « ... Pour le pourtraict de la
forme de l'église...
«... Faict ung ymage de crucifix, ung ymage de résurrection,
une armoyrie du pape... »
Cathédrale. 1 526-1 527. « ... Pour douze pièces de patrons de
la vie saincte Marguerite pour le pied de ladicte saincte pour
envoyé à la ville de Limoges pour faire esmaulx sur iceulx
patrons..., à lui paie iiij 1- x s. »
Ville. Juillet i53o. « ... Pour quatre grans escussons armoyez
des armoiries de France, Daulphiné, Orléans et Champaigne,
LES PEINTRES DE TROYES DU XIII" AU XV^ SIECLE. I I 3
bordez à l'entour de chappeletz de triumphe mis en décoracion
devant Thostel de la ville durant le jour de la feste de la joyeuse
rédicion de messeigneurs les enfans de France, iiij 1. »
Église Sainte-Madeleine. i53o-i53i. « ... Pour avoir faiçt le
pourtraict de la tour d'icelle église... Ix s. »
Nicolas Cordonnier a travaillé, en janvier i534, aux prépara-
tifs de l'entrée de la reine Éléonore à Troyes; il était payé lo sols
tournois par jour. On voit par les comptes que Mytart et lui
(« Nicolas le Flament ») étaient chargés de « conduire et maneu-
vrer la salamandre et son jeu. »
Nicolas Cordonnier a élé preud homme de son quartier; il assis-
tait en cette qualité à l'assemblée générale du 2 avril 019 pour
l'élection des échevins. Il a été député des libraires, des brodeurs
et des peintres en 1 5 1 3.
Il habitait « la grant rue proche Saint-Urbain, » et nous avons
trouvé sa veuve, en i536-i540, au même lieu, « maison neufve
grand rue... avec court et jardin derrière icelle '. »
84. Pierre Camus (..1488- 1497).
Pierre Camus, peintre et enlumineur.
85. Vincent Cordonnier (. .1492-1496).
Vincent Cordonnier, peintre.
86. Jean Baudrier (. .1493-1495).
Jean Baudrier, peintre, a peint, en 1494, « les ymaiges et le
portail de devant ladicte église » Notre-Dame-aux-Non nains.
87. Co/mef Copain (.. 1494-15 00).
Colinet Copain, peintre et tailleur d'images.
88. Pierre I Caupain (.. 1 498-1 524).
Pierre I Caupain, peintre et tailleur d'images, était fils de Jean,
également peintre et tailleur d'images.
Il a été marié.
Son nom est écrit de plusieurs manières : Caupain, Copain
Coppain, Compain.
Pierre I Caupain a travaillé pour la ville et pour les églises
Saint-Jean et Sainte-Madeleine.
Voici la mention de quelques-uns de ses ouvrages :
I. Archives de l'Aube, censier de Saint-Urbain.
art fr. IV 8
It4 LES PEINTRES DE TROYES DU XIII« AU XVe SIÈCLE.
Pierre Caupain a été employé par la ville en 1498 et en i5oo
aux travaux de décoration faits pour les entrées de Louis XII.
i5i4. Ville. «... Pour avoir faict xlviij escussons en armoy-
rie... xl s. t. »
i5i4-i5i5. Église Sainte-Madeleine. « ... Pour avoir painct
ung Dieu pourtant sa croix en ung pan de toille pour mettre par
le bas devant le grant autel... »
1 5 17-15 18. Église Sainte-Madeleine. « ... Pour avoir painct
de diverses couleurs le sainct Pierre et le sainct Michel estant au
portail devers le cimetière... »
i3i8. Église Saint-Jean. « ... Pour la despanse du ciel qui a
esté faict pour mettre sur le grant autel... tant pour avoir livré
les estoffes de la paincture du ciel que pour sa fasson, ix 1. x s. »
1 521 -1 522. Église Saint-Jean. « ... Pour avoir repainct sainct
Marc... »
Pierre I Caupain habita, avec son père Jean, aur moins jusqu'en
i5i6, une « maison à petit frestre estant des appartenances de
l'hostel delà ville (dans la grande rue), près de la Belle Croix, »
que Jean avait louée à la ville.
89. CoTELLE (..1499-15 00).
Cotelle, frère de Jean, peintre, a travaillé en 1 5oo aux prépa-
ratifs de l'entrée de Louis XII.
90. Jean // Caupain (..1499-15 14).
Jean II Caupain ou Copain le jeune, peintre, fils de Jean I.
Il a fait des ouvrages de peinture et de dorure à l'église Saint-
Jean.
91. Jean I Macadré (..1499- f de i5i4 à 1547).
Jean I Macadré, peintre et verrier, était neveu du verrier Liévin
Varin; il a été marié et a eu un fils Jean, qui fut aussi verrier.
Jean I Macadré ne nous est connu que par des travaux de
verrier.
Natalis Rondot.
JEHAN DURANT. I I 5
JEHAN DURANT.
(i5oo.)
Contrat d' apprentissage passé par Mexme Peguet avec Jehan
Durant, maître des œuvres de maçonnerie et charpenterie pour
le Roi en Touraine.
Nos Documents sur les arts en Touraine mentionnent dès
1478 Jehan Durant comme compagnon maçon; il est alors au
début de sa carrière. En i4g3, il refait pour la ville de Tours un
pilier du pont Sainte-Anne, et en i5oo il donne son avis sur les
réparations de quelques piles du grand pont, récemment endom-
magées par une inondation.
La pièce suivante nous le montre, en la même année, passant un
contrat d'apprentissage avec Mesme , ou plutôt avec Mexme
Peguet, natif des environs de Chinon, où saint Mexme était en
grande vénération, ce qui explique ce prénom assez rare. Peguet
n^a du reste laissé aucune trace, et l'on ne connaît rien de lui.
Jehan Durant est qualifié maître des œuvres de maçonnerie et
charpenterie pour le Roi en Touraine, ce qui était un poste consi-
dérable, toujours occupé à cette époque par des hommes d'un véri-
table talent, dans lequel il a probablement succédé à Jehan
Regnard., que nous trouvons jusqu'en 1498 et qui ne fut pas sans
doute étranger aux beaux travaux exécutés au château d'Am boise
par Charles VIII. Jehan Durant paraît lui-même avoir commencé
le couronnement du clocher nord de notre cathédrale, ce premier
spécimen de la renaissance architecturale en Touraine, car nous
le trouvons dans les comptes de la ville avec le titre de maître des
œuvres de l'église de Tours, ce qui s'entend toujours de la cathé-
drale. Son nom mérite donc d'occuper une place honorable sur la
liste de nos architectes tourangeaux.
Ch. DE Grandmaison,
Arclîiviste d'Indre-et-Loire.
8 juillet i5oo. ,
Le vin* jour de juillet, l'an mil cinq cens, en la court du Roy nostre Sire,
à Tours, personnellement establiz, honorable homme Jehan Durant, maistre
des œuvres de charpenterie et massonnerie pour le Roy nostre Sire, en Tou-
raine, d'une part, et Mesme Peguet, aagé de xviii ans ou environ, natif de
la paroisse de Saint-Benoist, près Chinon, promectant par deffaut d'aage de
non venir encontre ces présentes, o l'auctorité et consentement d'Anthoine
ir6 PEINTRES OUBLIÉS.
Menard son oncle, d'autre part, soubzmectans, lesquels ont confessé en
ladicte court avoir fait et font entre eulx les accords, convenances, pro-
messes et obligations qui s'ensuivent, en la manière qui s'ensuit; c'est assa-
voir, que ledit Peguet s'est loué et accueilli, lui et ses œuvres, audit Durant,
de la Saint-Jehan-Baptiste dernière passée, jusqu'à six ans consécutifs, et se
suivans l'un l'autre sans intervalle, pour icelluy Durant, sondit maistre, servir
bien et loyaument en son fait et art de maczonerie et en toutes autres choses
licites et honnestes, ledit temps durant, son protïit faire, et dommage eschi-
ver à son pouvoir, moienant que ledit Durant sera tenu et a promis et pro-
met instruire et monstrer audit Peguet ledit mestier et art de massonerie,
bien et duement ledit temps durant, si audit Peguet ne tient, et oultre, le
fournir de boire, manger, feu et lit et de tous les habillemens à luj néces-
saires ledit temps durant, fors et excepté que à l'entrée de son service, ledit
Peguet sera tenu se habiller tout de neuf, fors de souUiers, et à la fin dudit
temps, ledit Durant sera tenu et a promis et promet l'habiller tout de neuf,
ainsi que à son estât appartient; et à ce tenir, etc.
Signé : J. Foussedouaire.
(Minutes de J. Foussedouaire, notaire à Tours, registre de i5oo à i5o2
inclus, fol. 34.)
PEINTRES OUBLIÉS.
(1588-1598.)
ROBERT BOULANGER, NICOLAS LESCUYER, GRÉGOIRE
PETITPAS, JEAN BERRY, ETIENNE PONNANCEAU,
JEHAN DE BELL Y, JEHAN FACE, PIERRE TESSIER.
Extraits des notes inédites d'Auguste Jal, communiqués et annotés
par M, Henry Jouin.
I-
Boulanger ou Boullenger (Robert). — i588.
3 septembre i588. Baptême, à Saint-Merry, de Pierre, fils de
Robert Boulanger^ peintre, et de Charlotte Lesguier [sic]\ sa
femme.
(Registre de Saint-Merry.)
II.
Boullenger (Robert). — iSSg.
Lescuyer (Nicolas). — 1589.
Du dimanche 27^ d'aoust 1589. Baptême, à Saint-Jacques-de-
I . Lesguier pour Lescuyer.
PEINTRES OUBLIES. l I 7
la-Boucherie, de Nicollas, fils de Robert Boullenger, peintre, et
de Charlotte Lescuyer, sa femme, rue Saint-Martin. Parrain,
Nicollas Lescuyer, aussi peintre.
(Registre de Saint- Jacques-de-la-Boucherie.)
m.
Petitpas (Grégoire). — iSSg.
Dupont (Philippe), parrain de Claude, fille de Grégoire Petit-
pas, peintre, le i5 octobre iSSg.
(Registre de Saint-Jean-en-Grève.)
IV.
Berry (Jean). — 1592.
6 janvier 1592. Baptême à Saint-Germain l'Auxerrois de Marie,
fille de honorable homme Jean Berry, maître peintre à Paris, et
d'' Isabelle Trieur, sa femme.
(Registre de Saint-Germain-l'Auxerrois.)
Un homonyme de ce maître peintre « Jean Bery, imager, » est mentionné
par L. de Laborde, à la date de 1 540, dans la Renaissance des arts (I, 4o3).
V.
PoNNANCEAu (Etienne). — 1592.
28 avril 1592. Baptême de Marie, fille de honneste homme
Estienhe Ponnanceau, maître painctre, et de Renée Longuet, sa
femme.
(Registre de Saint-Jean-en-Grève.)
VI.
Belly (Jehan de). — rSgô.
16 may iSgô. Baptême à Saint-Germain-PAuxerroisd^Isabelle,
fille de Jehan de Belly, maître paintre, et dlsabelle Tomur, sa
femme.
(Registre de Saint-Germain-l'Auxerrois.)
VII.
Face (Jehan). — iSgy.
4 aoust 1597. Baptême de Louis, fils de Jehan Face, maître
I l8 CLAUDE DERUET.
painctre, et de Catherine Ponteron, sa femme. Parrains, Loj^s
Vaillant, maître menuisier, et Hyérosme Bollery, maître
painctre.
Jehan Face demeurait rue Mondetour,
(Registre de Saint-Eustache.)
Jal {Dictionnaire critique, p. 244, col. i) mentionne incidemment le bap-
tême du fils de Jehan Face, mais il ne dit pas que ce peintre est allié aux
Pontheron, ce qui ressort des lignes qui précèdent. Au cours de l'article qu'il
consacre aux peintres Pierre I", Nicolas, Pierre II Pontheron (même
source, p. 988, col. i et 2), Jal est muet sur Jehan Face. Catherine Ponthe-
ron, femme de Jehan Face, doit être une fille de Pierre /" Pontheron ; son
acte de naissance a échappé aux recherches de Jal.
VIII.
Tessier (Pierre). — iSgS.
Jehanne Jessier, fille de Pierre Tessier, maître peintre, mar-
raine à Saint-Merry, le 25 juillet iSgS, de Jacques, fils de Jus-
quin Testelin.
(Registre de Saint-Merry.)
UN TABLEAU DE CLAUDE DERUET.
(1621.)
On ne peut guère reprocher à E. Meaume d'avoir donné une
liste incomplète des tableaux du peintre lorrain Claude Deruet.
A l'époque déjà éloignée où il publia une biographie d'ailleurs
intéressante de cet artiste, les travaux sur l'art français étaient à
peu près nuls, les recherches restaient difficiles, les archives
n'avaient pour ainsi dire encore livré aucun de leurs secrets. Il
convient d'ajouter aux oeuvres dont Deruet est reconnu l'auteur
une Assomption de la Vierge qui lui fut commandée pour l'église
de Mirecourt (Vosges) en 1621 (Arch. comm. de Mirecourt, BB. 3)
et qui devait orner le maître-autel. Cette toile, qui lui fut payée
800 francs (mêmes archives, CC. 18 et 20) en deux fois, existe
toujours à l'église paroissiale de Mirecourt. Elle mesure 2'"6o de
haut sur 2'"3o de large, et représente la Vierge montant au ciel,
entourée d'anges ; sur le plan inférieur est figuré le groupe des
apôtres.
Henri Stein.
SERVANDONI, BRUNETTI, TRAMBLIN, ETC. II9
LES PEINTRES DÉCORATEURS DU XVIII" SIÈCLE.
SERVANDONI, BRUNETTI, TRAMBLIN, ETC., ETC.
NOTES INÉDITES DE FAVART.
Ce serait un bien curieux chapitre de l'histoire de l'art celui qui serait
spécialement consacré aux peintres décorateurs pour les théâtres, les fêtes
publiques et les cérémonies funèbres. Il est à craindre que ce chapitre ne
soit pas écrit de sitôt, en raison des difficultés du sujet et de la rareté
des documents positifs. 11 y a cependant parmi ces peintres, qu'on est trop
habitué à traiter en artistes d'ordre inférieur, des virtuoses de premier ordre,
d'une intelligence très remarquable, d'une habileté de main sans égale. On
pourrait se demander à cette occasion si la décoration des murailles planes
n'est pas le véritable but de la peinture, bien plutôt que l'exécution d'un
panneau microscopique ou d'un trompe-l'œil plus ou moins habile qui peut
se placer indifféremment dans tous les jours et s'enlever suivant le caprice du
propriétaire. L'examen de cette grosse question nous mènerait loin. Pour
le moment contentons-nous de présenter aux lecteurs les documents que
nous avons recueillis sur les peintres décorateurs du xviri» siècle.
Favart, l'auteur bien connu, le mari de la célèbre actrice, est chargé, par
le comte de Durazzo, conseiller intime de Leurs Majestés Impériales, de
recruter, parmi les plus habiles artistes de Paris, des décorateurs disposés à
faire le voyage de Vienne et à s'installer pour quelque temps en Autriche.
Avant de rien conclure, il envoie à son correspondant des notes détaillées
sur les hommes les plus aptes à remplir ses vues. Nul n'était mieux placé
que Favart pour connaître le fort et le faible de tout ce qui touchait de près
ou de loin au théâtre. Aussi ces notes nous ont-elles paru particulièrement
intéressantes en raison de la situation de leur auteur, qu'elles s'appliquassent
à des artistes connus comme Servandoni ou Brunetti, ou qu'elles fournissent
des renseignements sur des peintres dont le nom est aujourd'hui presque
complètement oublié. Il n'est pas jusqu'aux détails sur les décorateurs
machinistes comme Fouré et Duclos et jusqu'aux appréciations sur les cory-
phées de la danse à l'Académie royale de musique qui ne prennent une
importance particulière sous la plume d'un homme compétent comme Favart.
Aussi donnons-nous sans exception toutes les notes contenues dans le dossier
qu'un heureux hasard a fait venir en nos mains.
Aucune des pièces que nous publions n'est, il est vrai, signée. Ce ne sont
que des brouillons de lettres, des projets de traités ou des renseignements
fournis par les intéressés, comme la note sur le machiniste Duclos, dont
nous avons scrupuleusement respecté la fantastique orthographe. Mais ces
brouillons nous paraissent présenter tous les caractères de l'authenticité la
plus certaine. Les analyses sommaires ajoutées en tête de chaque pièce par
une main différente prouvent l'intérêt qu'on attachait déjà par le passé à
ces documents. L'annotateur n'hésite pas d'ailleurs sur le nom du corres-
pondant dQ la cour de Vienne.
Les Mémoires et correspondance littéraires, dramatiques et anecdotiques
I20 SERVANDONI, BRUNETTI, TRAMBLIN, ETC.
de C. S. Favart, publiés par A. P. C. Favart, son petit-fils, parurent en
1808* (3 vol. in-è". Paris, Léopold Collin). Ils contiennent toute la cor-
respondance de Favart avec le comte de Durazzo. L'auteur dramatique tient
le conseiller intime au courant de toutes les nouvelles théâtrales et s'occupe
constamment de recruter des sujets pour le théâtre de Vienne. Nous nous
sommes assuré que les lettres suivantes navaient pas paru dans le recueil
de 1808 qui renferme parfois des renseignements curieux sur les artistes
nommés ici.
La correspondance avait commencé le 20 décembre 175g. Elle débute
par une lettre du comte précisant la nature des services qu'il attend de
son agent littéraire. Comme une lettre du 20 juillet 1760 annonce qu'un
des artistes signalés par Favart, le sieur Charles-André Tremblin, engagé
par la cour de Vienne, n'avait pas réussi et avait dû quitter l'Autriche pour
la Russie, il s'ensuit que le dossier que nous publions date des premières
relations de Favart avec le conseiller intime, c'est-à-dire du commencement
de l'année 1760.
Nous mentionnons plusieurs passages des lettres imprimées se rapportant
à quelques artistes nommés dans nos pièces. Au milieu de beaucoup de
détails curieux sur le théâtre et d'anecdotes scabreuses, on rencontre çà
et là quelques renseignements intéressants sur les artistes en réputation.
Signalons notamment le passage de la lettre du 2 5 septembre 1761, relatif
aux peintres Doyen^ Grem^e et Casanova.
A côté des peintres décorateurs, Favart énumère dans les pièces qui
suivent les décorateurs machinistes les plus habiles. Ces détails sont d'au-
tant plus précieux que les hommes auxquels ils se rapportent sont moins
connus. Nous reproduisons également un état des danseurs et danseuses en
réputation, bien que cet état soit par sa nature assez étranger à l'objet de la
Revue. Il est court et certaines appréciations de l'écrivain ne laissent pas d'être
assez piquantes.
J. J. GUIFFREY.
I.
Lettre de Favart au comte de Dura^o ^.
Monseigneur,
Depuis que j'ai eu l'honneur d'écrire à V. Exe, je n'ai point
i. Une édition abrégée de ces mémoires a été publiée, en i853 (Paris,
Eugène Didier, i vol. in-12), sous ce titre : Œuvres de M. et M""" Favart,
leur vie, par lord Pilgrim ; M'"° Favart et le maréchal de Saxe, par Léon
Go^lan.
2. En tête de la pièce, on lit cette annotation : « De M. Favart. Il propose
plusieurs peintres; d'abord le chevalier Servandoni, ensuite Brunetti, après
le s. Piètre, Italien, puis Tremblin, dont il fait l'éloge. 11 dit que Bocquet
ferait ici des dessins pour le théâtre de Vienne.
« Il propose encore les s" de Leu:^e, Guillet et Moulin, ensuite, comme
peintres du second ordre, les s" Boudon, Le Maire, Tardif.
« Il parle du s. Fouré, décorateur machiniste. »
SERVANDONI, BRUNETTI, TRAMBLIN, ETC. 121
discontinué mes recherches. Voici un état exact des sujets qui
pourroient convenir.
Peintres décorateurs :
On m'a dit que le chevalier Servandoni^ est dans le dessin de
s'attacher à la cour de Vienne. Ce célèbre artiste a une réputation
trop étendue pour qu'il soit besoin de détailler ses talens.
Après lui, on peut citer le s. Brunetti^ que j'ai déjà proposé.
Ensuite le s. Piètre^ Italien, premier peintre et décorateur de
rOpéra. On a vu ses ouvrages au théâtre de Dresde. Il est lié à
Paris par des engagements. Il ne pourroit travailler ailleurs que
par congé.
Le s. Tremblin, actuellement directeur des travaux des Gobe-
lins pour les peintures et dorures des équipages. Il a décoré le
théâtre de l'escalier des Ambassadeurs, à Versailles, et celui de
]yjme jg Pompadour, à Bellevue. Il a été chargé par la Ville de
plusieurs fêtes publiques qu'il a fait exécuter sur ses dessins. Il a
été pendant quelques années premier peintre et décorateur de
l'Opéra. Il a Timagination vive et beaucoup de goût. Il travaille
dans tous les genres, dessine la figure et très bien Tornement.
Comme personne n'est plus en état d'apprécier les talens que
Votre Grandeur, je lui envoyé quelques dessins de Tremblin. Il
vous supplie, Monseigneur, de les renvoyer à Paris lorsqu'ils
I. Né en i6g5, à Florence, le chevalier Jean-Nicolas Servandoni est trop
connu pour qu'il soit besoin de retracer ici les principales étapes de sa
longue carrière. On sait que l'ouvrage qui établit surtout sa réputation est
le portail fastueux de l'église Saint-Sulpice.
Servandoni était membre de l'Académie royale de peinture et de sculpture,
chevalier de l'ordre du Christ, d'où le titre de chevalier qu'il joignait à son
nom, et avait été nommé premier architecte décorateur du roi de Pologne,
électeur de Saxe. Il mourut en 1766.
Sur un autre brouillon de la lettre de Favart, faisant partie du même dos-
sier, on lit ce passage qui paraît avoir été supprimé sur le texte définitif
du rapport : « On m'a dit que le chevalier Servandoni, actuellement à
Bruxelles, seroit flatté d'être au service de la cour de Vienne. Si cela est, tous
les sujets que j'ai à proposer doivent baisser pavillon devant lui. Cet artiste
célèbre est le premier de son genre pour la décoration des théâtres, l'ordon-
nance des fêtes et la majesté des spectacles. 11 réunit le goût et le génie, et,
lorsqu'il est secondé, on est sûr d'une parfaite exécution. II est vrai que
l'on l'accuse d'employer souvent des moyens trop dispendieux; mais,
lorsque l'on vise au grand, l'économie resserre l'imagination. »
122 SERVANDONI, BRUNETTI, TRAMBLIN, ETC.
auront été examinés, parce que ce sont des originaux qu'il veut
faire graver et qu'il n'en a pas de copies. Tremblin iroit à Vienne
à meilleure composition que tous les autres, ayant lieu d'espérer
qu'il seroit employé pour les peintures et dorures des voitures de
la cour. Il a déjà fait plusieurs carrosses pour Leurs Majestés
Impériales, pour Monseigneur le comte de Konitz, etc. 11 n'y a
que lui et le s. Martins qui possèdent ces beaux vernis égaux et
supérieurs même à ceux de la Chine. Tremblin décore aussi les
appartemens.
Le s. Boquet*, dessinateur des Menus Plaisirs du Roi et de
l'Opéra, a beaucoup d'intelligence pour la décoration. Il fait l'or-
nement avec goût et dessine supérieurement les habits. Je ne crois
pas qu'il soit dans l'intention de quitter Paris, mais on pourroit
toujours avoir de ses dessins selon les sujets et les différences du
costume. Je les lui ferois faire conformément aux intentions de
Votre Grandeur. Ces dessins seroient coloriés. J'y joindrois des
notes qui indiqueroient exactement les étoffes.
Les s'^'Guillet, Moulins et de Leu^e ont encore beaucoup de
talens. Ils ont eu l'Opéra en société pour les décorations ; mais,
comme ils ont besoin de travailler ensemble pour réussir, je ne
leur ai fait aucune proposition. Leurs paysages sont charmants et
de la plus grande fraîcheur,, leur architecture un peu mesquine,
leurs ornemens assez bien; ils ne se sont point attachés à la
figure 2.
Parmi les sujets de second ordre, il y a le sieur Boudon, très
bon paysagiste, le s. Lemaire, qui fait un peu de tout, et grand
nombre d'autres, entre lesquels on doit distinguer le s. Tardif,
jeune homme de beaucoup d'espérance, que Piètre employé pré-
férablementà ceux qui passent pour les plus habiles. Les demandes
de Tardif^ se réduisent à 3,ooo livres ; peut-être l'aurons-nous à
1. Les Archives nationales conservent plusieurs mémoires des ouvrages
faits par Bocquet pour les habits de théâtre, en 1762 et 1753.
2. L'autre brouillon de la lettre contient ce passage sur Guillet et Moulins :
« Ils ont très bien réussi au grand théâtre du Louvre dans le spectacle Mogol
qu'ils ont donné après le s. Servandoni. On y admire surtout un palais
d'architecture indienne qui faisoit un grand effet. »
3. Dans sa lettre du i""^ mai 1 761, au comte de Durazzo, Favart écrit : t J'ai
dit au s. Tardif que j'attendais les ordres de Votre Excellence pour terminer
avec lui, » et il ajoute : « J'ai oublié, dans l'énumération des peintres, le
s. Crépin, excellent paysagiste, qui n'a pas moins de talent pour l'ornement
SERVANDONI, BRUNETTI, TRAMBLIN, ETC. 123
moins. Il est capable, au défaut de Boquet, de donner des modèles
d'habits. J'enverrai dans quelques jours de ses dessins, afin que
l'on en puisse juger.
Décorateurs machinistes.
Le s. Fouré a donné, Pété dernier, sur les boulevarts un spec-
tacle en machines sous le titre de Junon aux enfers. Il en donne
un autre à la foire Saint-Germain, qui représente Lycaon puni par
J upiter ^ . Le s. Fouré se dit élève du chevalier Servandoni. Il n'est
pas sans talens; mais tout ce qu'il a fait jusqu'à présent n'a eu
qu'un succès des plus foibles et n'a pas percé.
Je reviens encore à Duclos^ ; je ne crois pas. Monseigneur, que
l'on puisse trouver quelqu'un plus nécessaire que lui pour la
machine, les accessoires et le service du théâtre. Il ne demande
que 3,000 1. Cette somme est très modique pour l'utilité dont il
est et l'économie qu'il apporte dans tout ce qu'il exécute, sans que
cette économie puisse nuire à l'effet. Au contraire, il perfectionne
en simplifiant. Par exemple, le fameux serpent, que l'on admiroit
en Angleterre sur le théâtre de Le Riche et qui a coûté plusieurs
centaines de guinées, a été exécuté à Paris par Duclos et ne reve-
noit pas à une pistole. Il est vrai que ce n'étoit point un ouvrage
d'horlogerie; un simple ressort spiral en fil de fer revêtu de toile
composoit toute la magie ; mais ce serpent faisoit des choses plus
merveilleuses que celui de Londres. Après avoir rampé sur le
théâtre, il montoit et s'entortilloit à un arbre avec des mouvements
qui imitoient parfaitement la nature. Des paysans armés de fléaux
paraissant l'attaquer, il s'élançoit de côtés et d'autres pour se
défendre. Enfin, on l'assommoit; il tomboit alors, il haletoit, pal-
pitoit et rendoit les derniers soupirs avec une vérité qui faisoit
croire aux spectateurs que c'étoit un objet réel. M. Servandoni.,
pour lequel Duclos a travaillé, peut rendre témoignage de ses
talens. J'ai eu beaucoup d'occasions de l'employer et je l'ai fait
et les fleurs; il peint aussi la figure; il doit m'apporter de ses ouvrages que
j'aurai l'honneur de vous envoyer aussitôt s'ils peuvent être transportés faci-
lement. »
I. Dans son autre brouillon, Favart analyse toute la pièce à laquelle il est
fait allusion ici.
■i. Ce passage est emprunté au second brouillon de Favart. Il manque
complètement à celui dont nous suivons le texte comme plus correct.
124 SERVANDONI, BRUNETTI, TRAMBLIN, ETC.
avec succès. Cest lui qui, dans une pièce que je donnai à la comé-
die italienne, représenta, si^r un bassin formé par des (mot illisible)
dont les eaux avoient des ondes progressives en proportion de leur
éloignement, des cignes qui nageoient, tournoient en tous sens,
battoientdes ailes, plongeoient, sepluchoient, prenoient leur essor
et s'envoloient dans les airs. Je pourrois citer cent autres exemples.
C'est encore lui qui, conformément aux ordres que Je lui donnai,
éleva en moins de huit heures le parterre et l'orchestre du grand
théâtre de Bruxelles.
II.
Lettre de Fav art sur Brunetti^ .
Brunettî, peintre d'architecture et de toutes les parties de déco-
ration, établi à Paris, est connu par différens travaux de consé-
quence, tant publics que particuliers, dans les églises, hôtels et
différens théâtres de Paris; il est actuellement à mettre le Théâtre
français en état, ouvrage qu'il a commencé à la clôture dernière.
Les décorations que Ton y a vu cette année sont de lui, sçavoir :
le sallon pour le haut comique, la chambre pour le Molière, la
place publique, le jardin, le camp, le paysage, Sémiramis, etc.,
toutes décorations nouvelles. Il peint un palais très riche et fas-
tueux qui paraîtra de lundi en huit dans Hypermnestre. Il va
commencer un temple pour Athalie, etc.
Ouvrages remarquables :
L'église des enfants trouvés.
L'escalier de l'hôtel de Luynes^.
1. « Cette lettre de M. Favart ne parle que des ouvrages et de la personne
de M. Brunetti, peintre » (note en tête de la minute).
2. Brunetti {Paul- Antoine) reçoit le titre de peintre doreur et décorateur
de la Comédie française dans le procès-verbal d'apposition et de levée de
scellés, publié dans les Nouvelles Archives de V Art français (tome VI, i885,
p. i57). Il meurt le 23 octobre 1783, âgé de soixante ans, d'après le procès-
verbal mentionné ci-dessus, ce qui fixe la date de sa naissance aux environs
de 1723. Bellier de la Chavignerie ne cite même pas dans son dictionnaire
le nom de cet artiste, qui travailla si longtemps à Paris. Nagler le nomme
Cajetan et fixe son établissement à Paris en lySo. Double erreur, on le
voit. On chercherait vainement dans les auteurs contemporains des détails
aussi précis que ceux que nous a laissés Favart, sur les travaux du peintre
décorateur dans les hôtels et les théâtres de Paris.
SERVANDONI, BRUNETTI, TRAMBLIN, ETC. 125
L'escalier de Belle vue.
L'escalier du maréchal de Richelieu et le pavillon.
Le pavillon de Thôtel d'Egmont.
Étant établi à Paris, ayant toujours projeté de s'y fixer, il s'est
arrangé en conséquence, et, ayant longtemps sacrifié ses intérêts
pour acquérir une réputation distinguée, a eu le bonheur d'y par-
venir et commence depuis quelque temps à en jouir. Il ne peut
donc quitter Paris que pour un objet qui soit plus qu'équivalent
et une place sûre. Il s'agit d'un autre établissement. La place
qui lui est proposée a pour titre premier ingénieur et archi-
tecte décorateur de l'Impératrice avec une pension pour la vie de
deux mil écus et les ouvrages payés à part, ainsi que en a joui le
S'' Bibienna, qui est mort. Brunetti demande aussi une petite pen-
sion pour un peintre qui travaille depuis longtemps avec lui et
dont il ne peut se passer, d'autant plus qu'il est Allemand et que, ne
sachant pas lui-même la langue, ce nommé Spourny lui sera d'une
grande ressource. Sous ces conditions, il acceptera la place qu'on
lui fait l'honneur de lui proposer.
IIl.
Autre note de Favart sur Brunetti^.
Note en tête : « De M. Favart. Il propose d'envoyer un peintre
nommé Brunetti. Il propose de faire faire des dessins par Boc-
quet. »
... Il avoue cependant qu'il n'est pas grand praticien dans le
paysage ; mais, s'il se trouve quelqu'un pour le seconder, il répond
de l'exécution. Ses ornements sont galants sans rien avoir de ce
goût colifichet si fort à la mode. Ses fleurs sont touchées légère-
ment et avec beaucoup de vérité. Ses figures ont le trait des
Grâces, On croit y reconnaître le pinceau de Boucher. Je ne parle
point de l'architecture où il excelle, puisqu'il y a à Vienne
d'habiles gens en ce genre. Monsieur le duc de Choiseul a recom-
mandé M. Brunetti à Monseigneur l'Ambassadeur.
Si Votre Grandeur est contente des deux dessins que j'ai eu
l'honneur de luy envoyer et qu'elle veuille en avoir de la même
main toutes les fois qu'il sera nécessaire, sans que Boquet soit
obligé de quitter Paris, on pourra faire un arrangement. Il se
contentera d'une somme très modique.
I . Brunetti avait aussi décoré l'escalier du palaiis Soubise.
t26 SERVANDONI, BRUNETTI, TRAMBLIN, ETC.
IV.
Traité du s. Tremblin, peintre^ pour aller à Vienne.
Sous l'autorité et protection de Son Excellence Monseigneur le
comte de Durazzo, Conseiller intime et actuel de Leurs Majestés
Impériales,
Nous, soussignés, Charles-Simon Favart, agent littéraire de
mond. seigneur, demeurant à Paris, rue du Petit-Lion, paroisse
Saint -Sauveur, et Charles- André Tremblin\ peintre du Roi,
demeurant aux Gobelins, sommes convenus de ce qui suit, sça-
voir : que moi Favart engage pour le service de la cour de Vienne
ledit Tremblin en qualité de peintre et vernisseur pour une année,
à commencer du i5 juin 1760 et finir au i5 juin 1761, et moi
Tremblin^ reconnais m'être engagé et m'engage pour ledit temps,
sans autre conditions et appointemens que ceux qu'il plaira à Son
Excellence Monseigneur le comte de Durazzo de m^accorder, m'en
rapportant entièrement à son équité.
Fait double entre nous à Paris, ce 1 1 juin 1 76 1 (il faut lire 1 760) .
I. Charles -André Tramblin était fils d^André Tramblin, professeur de
l'Académie de Saint-Luc, mort le 24 juin 1742, dans une maison du quai
de Gesvres, comme l'apprend le procès-verbal d'apposition et de levée de
scellés publié dans les Nouvelles Archives de V Art français, 2° série, tome V,
p. 17-27. Lors de la mort de son père, Charles-André prend, ainsi que son
frère Pierre-Robert, la qualité de membre de l'Académie de Saint-Luc.
Dix ans plus tard, en 1752, lors du décès de Pierre de Neufmaison, peintre
du roi, directeur des ouvrages de la Chine aux Gobelins, Charles-André
Tramblin, qui avait épousé la fille du défunt, Anne-Ursule de Neufmaison,
préside en cette qualité aux opérations d'apposition de scellés. Il porte alors
le titre de peintre et directeur pour le Roi des ouvrages de la Chine à la
manufacture des Gobelins {Nouvelles Archives, même volume, p. 140). Le
traité dont nous publions le texte reçut son exécution et Tramblin partit
pour Vienne. Il n'y resta pas longtemps, car une lettre de Favart, datée du
20 juillet 1760 et publiée dans la Correspondance de l'écrivain avec le comte
de Durazzo, nous apprend que Tramblin, n'ayant pas réussi à Vienne, prit
le parti de partir pour la Russie. Les éditeurs de la Correspondance ajoutent
que, peu de temps après, l'artiste se suicida en Russie. Dans la lettre sui-
vante, Favart ajoute que Tramblin était plus propre à diriger qu'à opérer
lui-même. Adrienne Lecouvreur était la cousine de notre artiste, comme le
rappelle Favart en rapportant une légende bien connue sur la mort de la
grande tragédienne.
SERVANDONI, BRUNETTI, TRAMBLIN, ETC. I27
V.
Note ^ur Duclos, machiniste (autographe).
Duclos, machiniste et décorateurs de la Commédie italliene, sy
devent tenens la maime amploix à l'armée de Flandre sous la pro-
teection du marechalle de Saxce,et exseceutteles faittesous les ordre
de monsieur Favart, directeur des menuplaisire du marechalle de
Saxce, ayant fait les machine et painture et feux d'artifice ; de plus,
aprais la paix avoire ainvanté et exseceuté à Mastraike une faitte
pour l'aniverser du praince d'Orange pour l'étamajore des
Aulandais.
Ettat de mes tallans.
Machiniste et pains la decorasion.
Modelle masque de tout caracter, quasque et quirace et autre
axsesoire.
Fait les creux desdit moulage.
Les cartonne, les pain et dor enfain quant faux.
Conposse Fartifice des tehatre, ettans elleve des artifisié ita-
lien dit Rugery donc j'en nay exsecuté des travaux pour le Dan-
nemarcke.
VI.
Etat de la danse sur les quatre théâtres de Paris.
Opéra.
Les sieurs :
Lani ' pour les demi caractères, le comique et trop souvent le
sérieux.
Vestris^ pour le sérieux et le galant. Plusieurs personnes lui
1. Sur le danseur Jean-Barthélemy Lany, né en lyiSet maître des ballets
de l'Académie de musique jusqu'en 1770, on peut lire la curieuse notice
insérée par M. Emile Campardon dans son livre sur Y Académie royale de
musique au XVIII' siècle, 1884, 2 vol. in-8', tiré à petit nombre, tome II,
p. 59. Louise-Madeleine Lany, à qui M. Campardon a consacré également
une notice biographique très complète dans le même ouvrage, était non la
femme, mais la sœur du précédent.
2. Dans l'ouvrage déjà cité, M. Campardon a résumé tout ce qu'on sait de
la carrière théâtrale des deux Vestris père et fils. Il s'agit ici du père, né
en 1729. Rien n'égalait la fatuité présomptueuse de ce danseur; son bio-
graphe en cite de nombreux exemples.
128 BIBLIOGRAPHIE.
préfèrent le s. Pitro pour le haut de corps, mais il (Vestris) lui est
de beaucoup supérieur pour la jambe.
Lionnois pour les Démons, les Vents et les Furies.
Laval a des prétentions à tout.
Les dames :
Lani. Personne ne sçait la danse comme elle et ne Texécute
aussi bien, mais son visage ne dit mot.
Vestris pour la volupté. Son visage et ses attitudes disent trop.
Puvigne pour les grâces.
Lionnois pour les Baccantes, les Furies et la Danse terrible.
Ces huits sujets sont supérieurs.
BIBLIOGRAPHIE.
EuDEL (Paul). — L'Hôtel Drouot et la Curiosité en i885-i886, avec une
préface par Emile Bergerat; illustrations par Job et Comba. — Paris, Char-
pentier. 1887, 466 pages. — Nous avons déjà signalé l'intérêt de ces volumes
où un connaisseur émérite note au jour le jour tous les faits saillants qui
surviennent dans le monde de la curiosité et des ventes. La publication que
poursuit M. Eudel sans défaillance rendra les plus grands services non seu-
lement aux amateurs, mais encore aux érudits. Chaque volume nouveau qui
vient s'ajouter aux anciens, — celui-ci est le sixième de la série, — nous
cause un nouvel étonnement par la souplesse ingénieuse avec laquelle l'au-
teur sait renouveler un sujet assez monotone et par l'art aimable avec lequel
il dissimule soigneusement son érudition toujours sûre. Un autre talent de
ces comptes-rendus est l'habileté avec laquelle l'écrivain sait éviter le prin-
cipal écueil du genre : jamais un mot, une appréciation, une épithète dont
qui que ce soit puisse prendre ombrage. Même dans les questions les plus
épineuses, M. Eudel sait rester impartial pour chacun.
Un des chapitres les plus piquants du présent volume est certainement
celui où l'auteur rend compte d'une vente de quatre tableaux du peintre
Court, faite à Rouen le 11 mars 1886. Les frais préparatoires atteignirent la
somme de i ,255 fr. et les quatre tableaux furent payés en tout 8 (huit) francs ;
le premier cinq et les trois autres un franc chacun. On voit que la publica-
tion de M. Eudel renferme parfois des documents bien curieux et bien
caractéristiques sur l'histoire de l'art et les variations du goût.
J. G.
ASSEMBLIÉE GÉNÉRALE. I29
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
DES MEMBRES FONDATEURS
DE LA SOCIÉTÉ DE l'hiSTOIRE DE l'aRT FRANÇAIS.
L'Assemblée générale annuelle des membres fondateurs de la Société de
l'histoire de l'Art français s'est réunie le 17 mai 1887, à quatre heures et
demie, dans la salle des Cours de l'Ecole des Chartes, sous la présidence de
M. Anatole de Montaiglon.
Etaient présents : MM. Paul Mantz, Henry Havard, Henry Jouin, membres
du Comité ; M. Alexandre Tuetey, trésorier; M. Jules Guifïrey, secrétaire
du Comité; MM. F. de Mély, Maurice Tourneux, Stein, Fayet et Alkan,
membres fondateurs.
Le président, après avoir ouvert la séance, expose en ces termes l'état des
travaux de la Société pendant l'exercice 1886, ainsi que des publications en
cours d'exécution :
Messieurs,
Bien que les années soient rapides, elles ne passent jamais sans
laisser de tristes souvenirs ; avant le tableau annuel de nos tra-
vaux, il n^est pas possible de ne pas signaler nos pertes, et d'abord
celle de M. Sénemaud, Archiviste du département des Ardennes.
Il prenait intérêt à vos travaux, puisqu'il tenait à les recevoir, et,
s'il n'a pas figuré parmi nos collaborateurs, c'est que ses archives
ne lui ont probablement donné rien de relatif aux arts. Nous
n'avons parmi nous que quelques Archivistes ; il serait bon,
même pour eux, que nous en eussions davantage -, ce sont pour
nous des collaborateurs naturels, et auxquels notre recueil est
ouvert d'avance.
M. Louis Bruyerre, qui n'était pas d'un âge à mourir, était
un architecte archéologue; nous avons toujours, parmi nos
membres, plus d'architectes que de peintres et de sculpteurs. L'on
a vu au Salon les beaux travaux de M. Bruyerre sur les églises
d'Auvergne faits pour la Commission des monuments historiques.
Il avait été, sous M. Lefuel, inspecteur des travaux du nouveau
Louvre, et il y avait relevé bien des notes précieuses, qui pourront
être mises en œuvre par son fils et s'ajouteront utilement aux
travaux de Berty sur la topographie du Louvre et des Tuileries.
Nous avons aussi perdu trop tôt le Baron Jules David, petit-fils
du grand peintre Louis David. On a pu être étonné que le Marat
qu'il possédait et d'autres œuvres du Maître français aient passé
de chez lui au Musée de Bruxelles, Il ne les avait en quelque
ART FR. IV 9
a3o ASSEMBLÉE GÉNÉRALE.
sorte qu'en dépôt, et la famille, en souvenir de l'accueil fait à son
exil, les avait formellement léguées d'avance au pays dans lequel
David a passé la fin de sa vie et qui conserve avec honneur son
tombeau.
Dans un autre sens, notre confrère a élevé à son aïeul un monu-
ment qui subsistera. Il a publié en 1880 un magnifique volume
sur la vie de Louis David, et il Ta complété par un second volume
de planches, dessinées et gravées par lui, qui présentent la suite
complète de l'œuvre du maître. Il est peu de monographies plus
simples, plus sincères, mieux informées, plus complètes, et son
livre comptera dans les meilleurs de ceux qui sont consacrés à
l'histoire d'un artiste français.
Pour en revenir aux travaux de l'année, j'ai déjà parlé en par-
tie de la première moitié de ceux de Tannée 1886. Le volume de
la Revue de l'Art français s'est terminé en vingt-cinq feuilles
compactes. Pour être court, je ne vous rappellerai que l'article de
M. Henry Havard, consacré à un tombeau, inconnu et perdu,
d'un Abbé de Sainte-Geneviève par Germain Pilon, et les notices
si intéressantes de M. de Chennevières, notre Président honoraire
et, dans le passé, notre véritable fondateur, sur des artistes nor-
mands peu connus des xvii^ et xviii'' siècles. C'est la suite et le
supplément de ses Peintres provinciaux.
Enfin, l'exercice 1886 a été complété par la publication du
VII* volume des Procès- Verbaux de V Académie de peinture, qui
comprend douze années, de lySi à 1763.
L'exercice de 1887 sera plus riche encore. Les numéros parus
de la Revue de VArt français contiennent déjà un travail très
nouveau et très important de M. de Chennevières, complétant ce
qu'il a dit autrefois de Quentin Warin, et celui de M. Rondot sur
les sculpteurs de Troyes aux xiv% xv* et xvi* siècles. La Revue est
donc, en réalité, comme les Anciennes Archives, un recueil de
documents inédits annotés. Ce ne sont pas des numéros, rnais un
volume publié en fascicules. Seulement, le doublement du
nombre de ses feuilles, sa périodicité régulière, dont il faut
remercier ceux qui veulent bien en prendre le soin, nous ont déjà
fait et continueront de nous faire avoir des communications pré-
cieuses, qui ne nous seraient pas venues si elles avaient dû trop
attendre et ne paraître qu'en une fois par an.
Je vous ai parlé, l'année dernière, du traité qui avait été passé
entre la Direction des Beaux-Arts et notre Société pour la publi-
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE. l3l
cation de la correspondance des Directeurs de l'Académie de Rome
avec les Surintendants. L'impression en est commencée. Le pre-
mier volume comprendra le Directorat d^J^rr^air^i, de 1666 à 1673,
les deux années de celui de Noël Cqypel^ de lôyS à 1675, le
second Directorat A'Errard^ de 1675 à i683, et le commencement
du Directorat de La Teulière sous la Surintendance de Louvois.
Cette première période sera la plus incomplète. Les documents
sont rares. Malgré ce que j'y ai ajouté d'après les Procès-Ver-
baux de r Académie, les Mémoires inédits des Académiciens^
nos Archives de rArt français, les Comptes des Bâtiments du
Roi et d'autres sources imprimées, il y reste trop de lacunes.
Dans les correspondances diplomatiques de nos Ambassadeurs et
de nos Chargés d'affaires à Rome^ il ne peut manquer d'y avoir
plus d^une lettre qui s'y encadrerait; mais, s'il avait fallu dépouil-
ler à ce point de vue toutes les correspondances des Dépôts de la
Marine, de la Guerre et des Affaires étrangères, on n'aurait pas
commencé de plusieurs années. Ce sera forcément l'objet d'un
appendice, mais la publication de ce qui reste du fonds de l'Aca-
démie sera même une raison pour qu'on signale ce que d'autres
rencontreront dans des dépouillements plus généraux. Au con-
traire, dans la seconde moitié de la Surintendance de Louvois, et
surtout à partir de celle de M. de Villacerf, les documents des
Archives nationales donnent une série bien autrement suivie et
importante. Ce qu'on y pourra encore ajouter se perdra dans la suite
très complète et très abondante du fonds des Archives, qui suffi-
rait à elle seule. C'est le commencement qui est et, malgré ce qui
pourra venir s'y joindre, restera toujours très incomplet. Je vous
ai dit que l'impression était commencée ; il y en a déjà six feuilles;
la suite de la copie est prête, et le volume sera distribué avant la
fin de l'année.
Il paraîtra aussi dans le même exercice un travail bien utile et
qu'on désirait depuis longtemps, c'est-à-dire la table des Nou-
velles Archives. Elle comprendra deux parties; celle des noms et
des matières sera alphabétique; l'autre sera l'indication des docu-
ments rangés dans l'ordre chronologique. L'une permettra de
chercher les noms, l'autre de grouper et de suivre les époques,
et elles comprendront, avec tous les volumes des Nouvelles
Archives, les deux volumes de la seconde série des Anciennes,
publiées chez Tross. C'est notre confrère M. Stein qui a bien
voulu s'en charger, et nous ne saurions trop le remercier de son
l34 ASSEMBLÉE GÉNÉRALE.
dévouement. Son travail, très avancé, sera mis sous presse à la fin
de juillet et fera partie de l'exercice 1887.
Puisqu'il est question de tables, j'ai à vous en annoncer une
autre. Vous savez que, l'année dernière, à la suite de la mort de
M. Dumoulin, les exemplaires restants des douze volumes des
Anciennes Archives et de VAbecedario de Mariette se sont trou-
vés dans sa vente. Comme il n^y a pas de différence dans l'objet,
dans la forme et dans l'utilité des Anciennes., publiées par un
libraire, et des Nouvelles^ publiées par votre Société, qui est la
fille et la suite des premières, il avait été décidé par votre Conseil,
convoqué extraordinairement, qu'il y aurait lieu, si les Anciennes
Archives ne montaient pas à un trop haut prix, de les acheter
pour les sauver, et l'on avait voté une somme qui eût été fort
lourde pour notre budget. Elles l'ont heureusement dépassée et se
sont vendues à un prix qui les fera conserver. C'était là ce qui
était le plus important. En même temps, il y avait, dans la même
vente, le reste de l'édition en deux volumes des Mémoires inédits
des Académiciens. Pour l'histoire de nos artistes du xvii^ siècle
surtout, c'est un document de premier ordre. M. Guiffrey les a
acquis, et notre Société lui a demandé de prendre son marché
pour les mettre dans votre collection annexe, dans laquelle ils
pourront être vendus moins cher qu'autrefois. L'œuvre avait été
surtout celle de M. Saint- Vincent Duvivier et de M. Dussieux;
c'est M. Mantz qui en a écrit la préface, et je m'étais chargé de la
table. Malheureusement, pour vouloir trop bien faire, je l'avais
divisée en trois parties : les noms, les lieux et les sujets. La pre-
mière seule a été imprimée alors, et les deux autres étaient restées
dans un tiroir. L^ouvrage étant devenu notre propriété, il y avait
lieu, pour lui redonner un peu de nouveauté, de les imprimer.
C'est ce qui se fait dans le moment. Il y en a déjà trois demi-
feuilles de tirées, et ce sera terminé avec une quatrième demi-
feuille. Elles seront jointes aux exemplaires restants et tirées en
sus, de manière à pouvoir être acquises par ceux qui possèdent
déjà l'ouvrage.
Le catalogue de notre collection annexe se trouve à la fin du
volume de documents de 1 886. Depuis il s'y est joint deux ouvrages
importants. Le premier est un tirage à part d'une liste chronolo-
gique des anciens Peintres de Lyon publiée à Lyon par notre con-
frère M. Rondot, qui a donné et qui donnera encore à notre recueil
de documents des listes analogues, fruits de longues et pénibles
ASSEMBLÉE GENERALE. l33
recherches dans les Archives. Le second est un travail de notre
autre confrère M. Tuetey sur Phabile médailleur et orfèvre Fran-
çois Briot, qui est bien Français et de Lorraine. Les Archives
avaient déjà donné sur lui des pièces intéressantes. M. Tuetey,
en résumant tout ce qui était connu et épars, y ajoute beaucoup
de nouveau.
En somme, notre Société, depuis 1875, a publié trente et un
volumes :
Les documents des Nouvelles Archives en douze volumes;
Sept volumes des Procès- Verbaux de l'Académie de peinture,
de 1648 à 1768;
Deux volumes des Comptes des Bâtiments;
Un volume des quatre années du Bulletin de 1875 à 1878;
trois volumes de 1 884 à 1 886 de la Revue, qui reprend la publica-
tion de la suite des documents, et, à Tétat de volumes séparés,
l'Histoire des Maisons royales de Félibien, deux volumes d'actes
d'état civil d'artistes, la Stromatourgie de Dupont et les Mémoires
de Cochin.
Grâce au dévouement désintéressé de tous les collaborateurs, à
la modicité très volontaire des frais généraux, toutes les ressources
de la Société passent, comme vous le voyez, en papier et en
impression. Cest, malgré des ressources trop modiques, ce qui
nous a permis de créer une collection d'une importance et d^une
vitalité réelles.
Quant à ce qui reste à publier, il est facile de le prévoir d^avance,
et l'exercice de 1 888 sera composé :
D'un volume de documents;
Du VHP volume des Procès- Ferôaujc de l'Académie; il a déjà
quinze feuilles d'imprimées, qui vont jusqu'en 1776, et Ton peut
voir que la publication sera terminée au IX" volume et au plus au X®;
*Du volume des Lettres de Prud'hon réunies par M. Marcille,
dont le manuscrit est prêt et dont la publication aurait ce carac-
tère de pouvoir intéresser le grand public et se vendre en dehors
des membres de la Société;
Enfin de la suite de la Correspondance de T Académie de Rome,
qui, malgré le format plus compact, ne pourra pas faire moins
de six à sept volumes.
Je terminerai en rappelant qu'en exécution de nos Statuts cinq
membres du Conseil sortent cette année; ce sont MM. Courajod,
Gonse, Laborde, Lajolais et Tuetey, (^ui sont tous rééligibles. Votre
l34 ASSEMBLÉE GÉNÉRALE.
Bureau n'a pas à faire de choix entre eux; mais, en les soumettant
à vos suffrages, je suis chargé de vous exprimer en son nom le
désir de voir entrer dans le Conseil M. Henri Stein. C'est à lui,
comme je vous le disais tout à l'heure, que la Société va devoir
la table complète de l'ensemble des Nouvelles Archives; ce serait
la seule récompense et la seule marque de remerciement que nous
puissions donner à un travail aussi long, aussi méritoire et aussi
profitable à la Société et au public.
La parole est ensuite donnée à M. Tuetey, trésorier, qui présente le rap-
port suivant sur l'étal des finances de la Société :
J'ai l'honneur de placer sous vos yeux le tableau de la situation
financière de la Société au i*" mai 1887 •
Les recettes se sont élevées à la somme
de . 5,280 fr. 3o
dont voici le détail : •
1. Souscription ministérielle aux to-
mes XII etXIIIdes Nouvelles A r-
chives de V Art français (40 exem-
plaires) 1,600 fr. »»
2. Règlement de compte du libraire
au 3o juin 1886 229 i5
3. Cotisations des membres (149). . 2,980 »»
4. En caisse au i5 mai 1886 ... 471 i5
Total 5,280 fr.3o
Les dépenses ont atteint le chiffre de 4^989 fr. 20
savoir :
1. Frais d'impression du tome VII
à^s Procès-Verbaux àtVAcdiàévaiQ. 2,oo5 fr. 90
2. Frais d'impression de la Revue de
V Art français "pour i'&2>Ç> . . . 2,806 3o
3. Impression de circulaires et avis . 66 »»
4. Frais de distribution du tome VII 1
des Procès- FerèaMAT de l'Académie 21 5o
5. Enregistrement du traité avec le
Ministère (Dir. des Beaux-Arts) au
sujet de la publication de la Cor-
respondance de V Académie. . . 25 »»
6. Débours du secrétaire .... 23 »»
ASSEMBLEE GENERALE. 1 35
7. Frais de recouvrement .... 3i 60
8. Frais de posteet timbres-quittances g 90
Total 4^989 fr. 20
Balance :
Recettes 5,280 3o
Dépenses. ........ 4,989 20
Reste en caisse . 291 fr. 10
Votre trésorier prend la liberté de vous faire observer que, sur
le montant des dépenses, la presque totalité, soit 4,812 fr. 20 sur
4,989 fr. 20, représente le règlement de frais d'impression pour
deux volumes; vous remarquerez également que les frais d'admi-
nistration proprement dits n'y figurent que pour une somme très
minime, une centaine de francs à peine, ces frais ayant été réduits
par votre secrétaire et votre trésorier à leur plus simple expression.
Nous espérons que la publication en 1887 du premier volume
de la Correspondance de P Académie, actuellement en cours
d'impression, en allégeant nos charges dans une proportion
notable, permettra de solder l'acquisition des Mémoires inédits
sur les membres de P Académie royale de peinture faite pour le
compte de la Société et de mettre en même temps sous presse la
table si utile due à l'obligeance de notre confrère M. Stein.
A la suite de la lecture de ce rapport, les comptes de l'exercice 1886 sont
approuvés et des remerciements votés au trésorier pour le zèle et le soin qu'il
apporte à la gestion des finances de la Société.
L'ordre du jour appelle l'élection de cinq membres du Comité en rempla-
cement de cinq membres arrivés au terme de leur mandat. Le scrutin donne
les résultats suiva'Vits : M. Tuetey obtient 10 voix; MM. de Lajolais, Gonseet
marquis de Laborde, chacun 9 voix; M. Stein, 8 voix. MM. Tuetey, Gonse,
de Laborde, de Lajolais et Stein, ayant obtenu la majorité des voix expri-
mées par les membres présents, sont proclamés membres du Comité pour une
période de six années.
L'ordre du jour étant épuisé et aucune proposition n'étant soumise à l'As-
semblée, la séance est levée à cinq heures un quart.
l36 JEAN RONDET.
JEAN RONDET
PEINTRE.
(l563.)
- L'extrait suivant, tiré des Registres du Parlement, offre cette particularité
de mentionner des tableaux exécutés en vertu d'un arrêt de la Cour. Ces
tableaux représentaient peut-être les portraits d'un certain nombre d'indivi-
dus décrétés d'accusation et en fuite. Le Parlement, il faut en convenir, ne
se montrait pas généreux pour les artistes qu'il employait.
J. J. G.
La Court a ordonné et ordonne à Jehan Habert, receveur des
exploictz et amendes d'icelle, bailler et payer à Jehan Rondet,
painctre, demourant en ceste ville, la somme de xxv livres tour-
nois à luy taxée par lad. Court pour seize tableaulx par luy livrez
pour l'exécution de l'arrest donné par lad. Court par defïault et
constumace à l'encontre de Berthomiers et autres, le xvn<= jour
de ce présent moys de février, Tan mil cinq cens soixante-deux
(i563, n. st.).
(Archives nationales, X2a i3o, fol. 3o2 r°.)
MEDAILLONS POUR L'HOTEL DE VILLE DE PARIS
COMMANDÉS A GILLES GUÉRIN et exécutés
PAR GIRARDON.
(i653.)
Communication de M. E. Coyecque. •
LesNouvelles Archives de l'Art français ont publié naguère (1882, tome IX,
85-9) le marché conclu par le sculpteur Gilles Guérin avec le prévôt des mar-
chands et les échevins de la ville de Paris pour l'exécution de la statue repré-
sentant le Roi foulant aux pieds la Discorde ou la Rébellion. On a rappelé à
cette occasion que la statue de Louis XIV, remplacée en 1687 par celle de
Coy^evox qui existe encore, avait trouvé, après diverses vicissitudes, un asile
au château de Chilly-Mazarin, où elle se trouve aujourd'hui. Le marché
signé le 27 mars i653 ne faisait mention que de la figure principale. 11 annon-
çait seulement que l'artiste serait tenu de « faire à côté des arcades qui sont
au derrière où sera posé ledit piédestal les ornements et décorations conve-
nables pour accompagner ledit piédestal et figures, etc. » Quatre mois plus tard
environ, le 5 août i653, Guérin signait un nouveau traité dont voici le texte,
par lequel il s'engageait à exécuter neuf portraits en médaillon de marbre et
GILLES GUÉRIN ET GIRARDON. I Sy
de grandeur naturelle, « pour remplir les ronds qui sont à côté des arcades
dans l'Hôtel de Ville. » La pièce ne donne pas les noms des personnages
représentés sur ces médaillons; mais Guillet de Saint-Georges, plus explicite,
nous apprend, dans la vie de Gilles Guérin, que les médaillons représen-
taient le maréchal de l'Hôpital, gouverneur de Paris, le prévôt des marchands,
les trois échevins, les procureurs du Roi et de la ville, le secrétaire et le rece-
veur. Il ajoute, et le détail est bon à noter, que Guérin n'exécuta pas lui-
même le travail, mais le fit faire par Girardon qui avait alors vingt-cinq ans.
Malheureusement l'œuvre que ces circonstances rendraient si curieuse est
très certainement perdue. «
Je soubzné Gilles Guer/n, sculpteur ordinaire du Roy, m'oblige
et promets à messieurs les Prévost des marchands et eschevins de
la ville de Paris de faire et construire la quantité de neuf portraîcts
dont les noms d'iceux sont gravez sur le pied d'estail où doibt
estre posé la figure du Roy à présent régnant; les susdicts por-
traicts seront de marbre blanc, en bas-relief, de grandeur au natu-
rel, en médail ronde, pour remplir les ronds qui sont à coslé des
arcades, dans l'Hostel de Ville de Paris, lesquelz ronds ont chacun
vingt un à vingt deuîc poulces de diamètre.
Plus, s'oblige aussy ledict Guérin de fournir et poser sur une
bande qui règne au pourtour de chacun portraict le nom d'iceux
en lettres de bronze, tenant à chacune lettre pour estre incastrée
et Justement appliquée sur ladicte bande du pourtour des por-
traicts en médalle, le tout bien et deuement faict et fourny, posé,
ragréé et acquitté de tous frais sur le lieu par ledict Guérin^ pour
le prix et somme de mil^ livres qui sera à cette fin augmentée sur
le premier marché que j'ay faict avec lesdits sieurs de la ville, en
vertu de quoy je feray les ouvrages cy dessus, encores qu'elles ne
soient sy particulièrement spécifiées par ledict marché,
Guérin.
Faict à Paris, le^ cinquiesme jour d'aoust i653^.
1. Ici l'écriture change.
2. Même remarque.
3. Original, 2 feuillets papier. Bibl. nat., Coll. Moreau, vol. 1067, fol. g-12.
l38 BERAIN, SIMON, FRANCART, ETC.
BERAIN, SIMON, FRANCART, CAMOS, LEHONGRE,
SLODTZ, PAUILLON\ SILVESTRE , SCOTIN,
DUCREUX.
(1689-1701.)
EXTRAITS DES MENUS DE 1689.
Pompe funèbre de la reine d'Espagne.
Payez la somme de 4,222 livres 4 s. pour le parfait payement
des pompes funèbres de la reyne d'Espagne.
Payez à M. Berain, pour avoir fait le dessein du mausolée de
la reyne d'Espagne, peine et vaccations, la somme de 3oo livres.
A M. de Saintot, maître des cérémonies, la somme de 5oo livres
pour sa robbe de deuil, à cause du service de la reyne d'Espagne
à Notre-Dame,
(Archives nationales, O^ 2822.)
A Simon et Francart, peintres, la somme de 619 livres pour les
ouvrages de peintures et metalfaux par eux faits pour le service
de la reyne d'Espagne.
A Camos, peintre, 166 livres pour idem.
Au s"" Lehongre^ sculpteur, 800 livres pour les figures et autres
ornemens par luy faits pour idem.
(Archives nationales, O* 2823.)
EXTRAITS DES MENUS DE 169I.
Anniversaire de Madame la Dauphine.
A Slodt\. sculpteur, pour avoir réparé quatre grandes figures
auxquelles il a fait des pieds et des mains, la somme de 3o livres,
pour le service fait en Téglise de Saint- Denis le 3o avril 1691, à
l'occasion de l'anniversaire de Madame la Dauphine.
A Francart et Pauillon, peintres, la somme de igS livres pour
avoir retouché toutes les armoiries, repeint le mauzollée, bronzé
quatre grandes figures, huit candélabres et 3o testes de morts pour
ledit service dessus.
Au s' Berin, pour ses desseins et paines d'avoir conduit lesdits
ouvrages la somme de 3oo livres,
(Archives nationales, O* 2825.)
BERAIN, SIMON, FRANCART, ETC. ï3g
EXTRAITS DES MENUS DE I7OI.
Pompe funèbre de Monsieur^ frère unique du Roy.
A Silvestre, peintre, la somme de trois cens livres pour les deux
grands tableaux représentant Tun le Siège de Saint-Omer., et
l'autre la Bataille de Moncassel^ qui ont servy à laditte pompe
funèbre et qui occupoient les deux grandes croisées du chœur au
dessus des deux amphiteastres,
A Berrain la somme de huit cens livres pour les desseins du
mausollée, des décorations du chœur, de l'autel de laditte église et
les soins qu'il a pris pour la conduitte desdits ouvrages.
A Sco tin, graveur, 1^ somme de deux cens livres pour avoir gravé
la planche dudit mausolée et des décorations qui environnent le
cœur à Saint-Denys.
. ASlodt-(, sculpteur^ la somme de 1,612 livres pour la sculture
par luy faite au grand service de Saint-Denis, comme il est cy
après déclaré, sçavoir :
Pour les quatre figures de carton du mauzolée de six à sept
pieds de hauteur, représentant des vertus à cent quinze livres cha-
cune, 460 livres.
Quatre armoiries, aussy de carton, avec les testes de mort et
autres ornemens pour poser sur les quatre faces du tombeau, pour
chacune vingt livres, 80 livres.
Pour les quatre consolles de pieds d'estaux des quatre angles
avec des testes de mort, à quinze livres chacune, 60 livres.
Pour les quatre pieds en griffes pour porter le tombeau, à six
livres quinze sols chaque, 25 livres.
Pour trente chapiteaux d'ordre ionique, composé avec les volutes
et ornemens datributs mortuaires, à quinze 1. chacun, 450 livres.
Huit testes de mort avec leurs ailles, pour servir de clef au ban-
deau des six arcades, à cinq livres chacune, 40 livres.
Quatorze cartons avec leurs couronnes et testes de mort, ornez
de cordons de mirthe qui ont esté posez à chaque balustrade, à
quinze livres chacun, " 210 livres.
APauillon, peintre, la somme de trois mil huit cens cinquante
deux livres pour les peintures et dorures par luy faittes pour le
mauzollée et décorations funèbres, sçavoir :
Pour avoir peint et doré seize corps d'architecture de vingt
quatre pieds de haut sur neuf et demi de large, avec les ornements
et cartouches.
140 JEAN RANG.
Pour avoir bronzé cinquante toises de corniche construits par
le maître menuisier du roi, et architrave, pour border le premier
lez de velours.
Pour avoir peintes toutes les marches du mausolée en marbre
avec une moulure de bronze, ainsy que les pieds d'estaux avec
des corniches et des bas-reliefs.
Pompe funèbre du feu rqy d'Angleterre, décédé au chasteaude
Saint- Germain en Laye, le ly" septembre lyoï.
A Du Creux ^ sculpteur, la somme de deux cens livres pour
deux portraits qu'il a faits du feu roy d'Angleterre en cire, dont
Tun le représente mort et Tautre vivant, par ordre de la dame
d'honneur de la reyne d'Angleterre, cy 200 livres.
(Archives nationales, O* 2832.)
Henry de Chennevières.
CONTRAT DE MARIAGE DE JEAN RANG.
(1715.)
On sait quelles furent les relations étroites des Ranc et des
Rigaud. Antoine Ranc le vieux (i634?-i7r6) eut pour élève /3^<2-
cinthe Rigaud. A son tour, celui-ci accueillit dans son atelier le fils
de son maître, Jean Ranc (1674-1735). Ranc, à titre d'ami, accepta
le 22 juillet 1697 d'être le parrain de Marguerite Rigaud, fille de
Gaspard Rigaud., frère d'Hyacinthe. Or, c'est cette filleule, âgée
de dix-huit ans, que Jean Ranc, qui avait dépassé la quarantaine,
épousa le 17 juin 171 5. Nous donnons ci-après le texte de son
contrat ^ Ce document a son intérêt en raison des clauses qu'il
renferme.
Henry Jouin.
Par deuant les nc*^ au Chastelet de Paris soussignez furent présens
sieur Jean Ranc, peintre ordinaire du Roy, demeurant à Paris, rtie
des Fossez Montmartre, paroisse Saint Eustache, fils de sieur i4«^o/«e
I. M. Ponsonailhe, écrivain d'art, connu par une vie de Sébastien Bour-
don, a présenté au Comité des Sociétés des Beaux-Arts, à l'occasion de !a
session de 1887 à la Sorbonne, une rapide étude sur les Ranc, qu'il repren-
dra sans doute à loisir pour lui donner la forme et le caractère d'un livre.
JEAN RANG. I41
Ranc^ peintre, et de defFunte d"" Françoise Boyer, jadis sa femme,
ses père et mère, dud. sieur son père ayant le consentement, ainsy
qu'il a dit, pour luy et en son nom, d'une part ;
Et damoiselle Marie Margueritte Caillot, venue de Gaspard
Rigault, peintre du Roy, demeurante a Paris, riie Montmartre,
paroisse susd,, stipullante en cette partye pour d"e Margueritte Elisa-
beth Rigault, leur fille, dem^^ avec sad. mère, pour ce présente, de
son voulloir et consentem»^, aussy pour elle et en son nom, d'autre
part.
Lesquelles partyes, pour raison du futur mariage d'entre led. sieur
Ranc et lad. d"« Rigault, en la présence et du consentement de leurs
parens et amis cy après nommés, sçauoir, de la part dud. sieur futur
époux, de JuUien Lemaigre, escuyer, sieur de Lan, son amy; et de la
part de lad. d''^ Rigault, de Margueritte Ligoneau, veuue de Jacques
Caillot, marchand épicier a Paris, son ayeulle maternelle; sieur
Nicolas Caillot, bourgeois de Paris ; damoiselles Suzanne Margueritte
et Catherine Suzanne Caillot, filles majeures, ses oncle et tantes ; et
Jacques Allain, bourgeois de Paris, son amy, ont volontairement fait
et font les traittés et conventions dudit mariage suiuant.
C'est a sçauoir que lad. d"<= veuue Rigault a promis donner lad.
damoiselle sa fille, de sond. voulloir et consentement, aud. sieur Ranc^
qui de sa part promet la prendre pour sa légitime épouse par nom et
loy de mariage qui sera célébré en sainte église dans, le plus bref
temps que faire ce pourra et qu'il sera desliberé entr'eux.
Pour de là, en auant, estre comme en effet seront lesd. sieur et d"«
futurs époux uns et communs en tous biens meubles et conquets
immeubles, suiuant la coutume de Paris qui réglera leurd. commu-
nauté, renonceans à cette fin a toutes autres coutumes et loix con-
traires.
Sans pour ce estre tenus des debtes et hypotecques l'un de l'autre
faittes et crées auant la célébration dud. mariage, et s'il y en a, elles
seront payées et acquittées par celuy ou celle qui les aura faittes et
crées et sur son bien particulier, sans que celuy de l'autre en soit
aucunement tenu.
Ledit sieur futur époux a pris et prend lad. damoiselle future épouse
aux biens et droits qui luy appartiennent, dont un tiers entrera en
lad. commté et les deux autres tiers demeureront propres à lad.
damoiselle future épouse, et aux siens de son costé et ligne auec
tout ce que, pendant led. mariage, luy pourra auenir et echéoir a
quelque titre que ce soit, tant en meubles qu'immeubles.
Ledit sieur futur époux a doiié et doiie lad, damoiselle future
épouse de la somme de cinq cens liures de rente de douaire préfix,
dont elle jouira sitôt qu'il aura lieu, suiuant laditte coutume.
Le suruiuant desd. sieur et damoiselle futurs époux aura et pren-
142 JEAN UANC.
dra par préciput et auant faire partage des biens meubles de laditte
communauté, tels d'jceux qu'il voudra choisir, suiuant la prisée de
l'inuentaire qui en sera lOrs fait et sans criée, jusqu'à la somme de
trois mil liures, ou lad. somme en deniers comptans, au choix et
option dud. suruiuant réciproquement.
Laditte damoiselle future épouse et les enfans qui pourront naistre
dudit mariage auront la faculté de renoncer a laditte communauté,
ce faisant reprendront tout ce qu'elle y aura apporté, auec ce que
constant led. mariage luy pourra estre auenû et écheû tant en
meubles qu'jmmeubles, par succession, donnation, legs ou autrement,
mesme jcelle future épouse, ses douaire et préciput tels que dessus
stipuliez, sans par elle ny sesd. enfans estre tenus d'aucunes debtes,
ny hypotecques de laditte communauté, encorres qu'elle y eust parlé,
s'y fut obligée, ou y eut esté condamnée, dont, audit cas, elle et sesd.
enfans seront acquittés, garentis et indemnisés par et sur les biens
présens et auenir dud. sieur futur époux, tant meubles qu'jmmeubles
generallement quelconques.
Sy, pendant ledit mariage, il estoit vendu et aliéné quelques biens,
terres et héritages, ou rachepté quelques rentes propres a l'un ou à
l'autre desd. sieur et d"« futurs époux, le remploy sera aussitôt fait des
deniers en prouenant en acquisition d'autres biens qui tiendront
mesme nature de propre a celuy ou celle du costé duquel lesd. deniers
seront prouenus, et si, lors de la dissolution de lad. communauté,
lesdits remploys n'estoient faits, les deniers pour ce nécessaires seront
pris sur les biens de lad. communauté, s'ils suffisent, sinon ce qui s'en
defifaudra sera pris sur les propres et autres biens dud. futur époux.
Pourquoy et pour toutes les autres clauses et conditions du présent
contract, l'hypotecque demeure estably, cejourd'huy.
Et pour la singulière amitié que led. sieur futur époux a dit porter
a lad. damoiselle sa future épouse, il luy a par ces présentes fait don-
nation entreuifs, pure et simple et jrréuocable, en la meilleure forme
qu'elle puisse ualloir, ce acceptant laditte damoiselle future épouse,
de tous et uns chacuns les biens meubles, acquêts, conquets, propres
jmmeubles gnallement quelconques, qui se trouueront luy appartenir
au jour de son décès, au cas qu'jl la predécedc, et qu'jl n'y ait lors
de son dit décès aucuns enfans viuans, nez ou procrées dudit mariage,
et s'jl y en auoit, et qu'jls vinssent à décedder sans laisser enfans
d'eux en légitime mariage, laditte donnation reprendra sa force et
vertu, comme s'jl n'y en auoit point eu ; pour par laditte damoiselle
future épouse esdits cas cy dessus, jouir, faire et disposer en pleine
propriété, et comme de chose luy appartenante au moyen des présentes,
de tous les dits biens quelconques dud. futur époux, en quoy qu'jls
puissent concister, sans aucuns en excepter, que seuUement les
immeubles qui se trouveront luy appartenir dans le diocèse de Mont-
CHARDIGNY. 143
pellier, qui lui sont écheûs par le décès de laditte deffunte sa mère,
et qui pourront cy apre's luy écheoir par celuy dudit sieur son père,
qui ne seront point compris dans la présente donnation, pour laquelle
faire jnsinuer au greffe des insinuations du Chastelet de Paris et par-
tout ailleurs ou besoin sera, lesdittes partyes ont constitué pour leur
procureur le porteur des présentes, luy en donnant pouuoir, et d'en
requérir acte dans le temps prescript par les edit et déclarations de
Sa Majesté, promettant etc., obligeant etc., renonceant etc.
Fait et passé a Paris, es estudes, Tan mil sept cens quinze, le treize
juin après midy, et ont signé la minutte des présentes, demeurée en
la garde et possession de M^ Goudin, l'un des noi'es soussignez, qui a
desliuré la présente expédition cejourd'huy six octobre mil sept cens
vingt trois,
de Mahault. Goudin.
En marge est écrit : « Scellé lesd. jour et an xiij'=. »
LE SCULPTEUR CHARDIGNY.
(1788-1789.)
Communication de M. Charles Ginoux.
\.
PROCÈS ENTRE CHARDIGNY ^ SCULPTEUR, ET LA COMMUNAUTÉ DE
TOULON, AU SUJET DE TRAVAUX COMMANDÉS ^
Chardigny, ayant obtenu, en 1782, le premier prix de sculp-
ture à PAcadémie royale de Paris, fut, « en conformité du règle-
ment de 1749, » envoyé à Rome, aux frais de l'État, pour y
étudier les chefs-d'œuvre des anciens maîtres.
A son passage à Toulon, il fut adressé à Sigaud, architecte-
ingénieur des États de Provence, chargé de la construction de la
paroisse Saint-Louis. Le 8 décembre 1783, il fit avec ce dernier
une convention par laquelle il s^engageait à exécuter pour cette
église un grand bas-relief et vingt autres bas-reliefs plus petits,
dont deux en pierre d'Arles et dix-huit en terre cuite. Il devait
I. Chardigny {Barthélémy-François), né à Rouen en 1757, mort à Paris
en i8i3, ancien pensionnaire de l'Académie de France à Rome. Il habita
longtemps la Provence, où il a beaucoup travaillé, et résidait ordinairement
à Aix. 11 eut un fils, Pierre-Joseph, né à Aix en 1794, mort à Paris vers .i86G,
dont les talents en sculpture furent médiocres.
144 CHARDIGNY.
recevoir pour ce travail dix mille livres payables à divers termes.
Le choix de cette décoration n'ayant pas été agréé par les Con-
suls, qu'on avait laissés dans l'ignorance de la convention susdite,
Sigaud écrivit à Chardigny, qui se trouvait à Rome, de ne pas
continuer le travail des bas-reliefs (dont un seulement était com-
mencé).
Un nouveau traité fut passé, le i3 mars 1786, avec Féraud et
Millon, entrepreneurs de l'église Saint- Louis, en présence de Far-
chitecte Sigaud, cette seconde convention résiliant la première,
faite le 8 décembre 1783. Ce nouveau traité portait que Chardi-
gny exécuterait : i" en pierre d'Arles, un grand bas-relief devant
occuper tout le cintre de la grande nef, au-dessus de Feutrée du
sanctuaire, conformément au modèle qu'il avait fait à Rome;
2° également en pierre d'Arles, deux statues de six pieds, qui
devaient représenter la Religion, tenant un calice, et la Vierge
écrasant la tête du serpent ; 3° en pierre de même qualité que celle
des précédents ouvrages, un groupe de deux personnages en ronde-
bosse, de six pieds de proportion, devant figurer une « Descente
de croix, » c'est-à-dire le Christ mort sur les genoux de la Vierge.
Il avait, en outre, à fournir un modèle pour la chaire à prêcher.
Le prix de tous ces travaux fut fixé à dix mille cinq cents livres.
Il s'était engagé à les livrer au mois de septembre 1787.
Le terme échu, pour la livraison de tous les ouvrages mention-
nés ci-dessus, Chardigny n'avait fait qu'envoyer, en 1786, aux
Consuls, une caisse contenant des modèles. Il ne parut à Toulon
que l'année suivante, après avoir retiré des entrepreneurs les dix
mille cinq cents livres qui lui avaient été promises. Alors, il offrit
aux Maire et Consuls d'exécuter en marbre le groupe de la Des-
cente de croix ou Pieta, moyennant une augmentation de près de
dix mille livres. Sa proposition fut rejetée. 11 ne fut plus possible
de s'entendre avec lui, à cause de ses prétentions excessives; en
1788, il alla jusqu'à demander, pour Fexécution en marbre et en
pierre de Calissanne, au lieu de pierre d'Arles, des travaux énu-
mérés plus haut, la somme de dix-neuf mille livres, en sus des
dix mille cinq cents livres qu'il avait reçues avant de commencer
tout travail d'exécution et qu'il avait « dissipées. »
La Communauté, ayant déclaré qu'aucun arrangement avec
Chardigny ne pouvait avoir lieu, fit exécuter, en stuc, d'après le
modèle de ce dernier, par le sculpteur Roux, le grand bas-relief
représentant saint Louis, sur son lit de mort, donnant des instruc-
CHARDIGNY. 145
lions à son fils; bas-relief qui fut payé cinq cents livres audit
Roux. Jusqu'ici, Chardigny n'avait exécuté, en pierre de Calis-
sanne, que les statues de la Religion et de la Vierge, qui furent
placées dans les absides des nefs latérales de l'église Saint-Louis.
Enfin, Chardigny intenta un procès à la Communauté de Tou-
lon, lorsqu'il apprit que Roux exécutait, en stuc, le bas-relief ^
La Municipalité ayant délibéré, le 2 février 1789, de rendre à
Chardigny ses modèles, de faire Fabandon des dix mille cinq
cents livres perçues par lui et de payer une partie des dépens, les
conclusions de l'avocat, du procureur et du commissaire chargés
de l'instruction du procès furent que, sur ces offres, les Consuls
et la Communauté de Toulon seraient mis « hors de Cour et de
procès » et que Chardigny payerait les autres dépens 2.
Ch. G.
IL
PROPOSITION DU SCULPTEUR CHARDIGNY d'exécuter en marbre
UN GROUPE POUR LA PAROISSE SAINT-LOUIS. — DELIBERATION DU
CONSEIL DU 20 DÉCEMBRE 1787.
Messieurs les Maire et Consuls, monsieur Gineste premier, portant
la parole, ont dit que, par une convention que le sieur Sigaud., archi-
tecte chargé de la direction de la construction de la paroisse, a fait
passer par les sieurs Millon et Féraud, entrepreneurs de cet édifice,
avec le sieur Chardigny^ sculpteur de tous les ouvrages en sculpture
à faire pour cette église, de laquelle convention il est fait mention
dans le mémoire que le sieur Sigaud remit au Conseil tenu le onze
septembre 1786, il est dit que le groupe (bas-relief) représentant
saint Louis, à l'article de la mort, donnant à son fils les instructions
pour l'administration de son royaume sera fait en pierre d'Arles. Le
peu de solidité de cette pierre a fait penser qu'il conviendrait de le
faire en pierre de Calissanne, pour le plus grand avantage de l'ou-
1. Pendant la tourmente révolutionnaire de 1789, le grand bas- relief- et
diverses autres sculptures, exécutées en stuc par Roux, furent détruits. Les
deux statues de Chardigny furent également abattues.
2. Ce qui précède est un résumé de deux mémoires; l'un contre Chardigny,
sculpteur, demandeur et défendeur, l'autre contre les maire et consuls de
Toulon, demandeurs et défendeurs. Chacun de ces deux mémoires, impri-
més à Aix, en 1789, est composé de quarante-sept pages in-8''. — Archives
communales de Toulon, série FF. 212 à 216 (carton).
ART FR. IV 10
146 CHARDIGNY.
vrage ; ils ont, en conséquence, retiré de cet artiste la soumission
nécessaire qu'ils représentent au Conseil. Du depuis, monsieur le
premier président et intendant leur a fait parvenir un placet que le
sieur Chardigny lui a présenté, par lequel il désirerait que la Des-
cente de croix, qui doit être placée au fond du sanctuaire, fût exé-
cutée en marbre au lieu de l'être en pierre, ainsi que le porte la con-
vention. Ils mettent sous les yeux de l'assemblée ce placet et la lettre
dont Mgr l'intendant a honoré l'administration pour délibérer; ils
lui observent en même temps que cet artiste, qui leur avait déjà fait
connaître son vœu à ce sujet, demanderait, pour ce seul changement,
une augmentation de près de dix mille livres, cette dépense serait
bien considérable après celle que la Communauté est obligée de faire
pour la construction de la paroisse.
Sur quoi, l'assemblée, après avoir entendu la lecture de la conven-
tion passée par les sieurs Millon et Féraud avec le sieur Chardigny^
le treize mars 1786, de la soumission donnée par cet artiste de faire
en pierre de Calissanne l'ouvrage ci-mentionné, du placet qu'il a pré-
senté à Mgr l'intendant, par lequel il voudrait que la Communauté
fît en marbre la Descente de croix qu'il doit faire en pierre d'après
son marché, a, maintenant, rejeté cette demande et a délibéré de s'en
tenir à la susdite convention, en l'autorisant seulement de faire en
pierre de Calissanne le groupe (bas-relief) représentant saint Louis,
en conformité de la soumission qu'il a donnée à messieurs les Con-
suls le trois novembre dernier ^
III.
LETTRE DE CHARDIGNY ADRESSÉE, EN I788, A MM. LES CONSULS.
Messieurs,
Il y a longtemps que j'ai eu l'honneur de présenter à messieurs vos
prédécesseurs le modèle d'un groupe représentant le Christ sur les
genoux de la Vierge ; l'administration de votre ville doit avoir décidé
depuis lors si l'ouvrage mérite d'être exécuté en marbre ou en pierre.
Dans le cas où on aurait délibéré de l'exécuter en pierre, je vous prie.
Messieurs, de vouloir bien charger M. Millon de me le faire parve-
nir, pour que je mette la main à l'œuvre le plus tôt possible.
J'ose vous prier encore. Messieurs, de vouloir bien presser MM. les
entrepreneurs de faire mettre en place au plus tôt la pierre de Calis-
sanne qui doit servir à l'exécution du grand bas-relief qui sera placé
au-dessus de la porte d'entrée du sanctuaire. Je crois entrer dans les
I. Archives communales de Toulon, série BB. 96 (Registre).
LES PEINTRES DE TROYES. I47
vues de l'administration en pressant l'exécution d'un ouvrage qu'il
vous importe, Messieurs, autant qu'à moi de voir finir.
J'ai l'honneur d'être avec le plus profond respect,
Messieurs,
Votre très humble et très obéissant serviteur,
Ckardigny.
A Aix, le 4 mars 1788.
IV.
LETTRE ÉCRITE A M. DE LA TOUR, INTENDANT DE LA PROVENCE,
PAR CHARDIGNY^ sculpteur, le 14 novembre 1788.
Je m'étais flatté que MM. les Consuls de Toulon s'en seraient tenus
à votre décision d'après la prière qu'ils vous avaient faite de vouloir
bien être juge de la contestation qu'il y a entre eux et moi, pour les
ouvrages dont je suis chargé ; je m'applaudissais de leur choix et me
faisais un devoir d'obéir à vos ordres, quels qu'ils fussent ; mais mon
espoir est trompé; Messieurs les Consuls, sans qu'aucune considéra-
tion les arrête, ont fait prendre une délibération, par la Communauté,
qui a adjugé au sieur Roux, sculpteur d'ornement en plâtre, l'exécu-
tion en stuc du bas-relief et du groupe de la Descente de croix d'après
mes modèles, dont ils ne sont que dépositaires. Cet acte d'autorité me
force d'avoir recours à la justice de la Cour, pour obtenir que mes
modèles soient mis en séquestre et qu'il soit défendu de les faire exé-
cuter par d'autres que par moi. Ce n'est qu'à regret que je prends ce
parti, mais j'y suis obligé en attendant vos ordres auxquels vous me
verrez toujours soumis.
Je suis, etc.^
LES PEINTRES DE TROYES
DANS LA PREMIÈRE MOITIÉ DU XVI* SIECLE.
Nous avons fait connaître précédemment 9 1 peintres ayant tra-
vaillé à Troyes au xiii^ au xrv** et au xV siècle; nous avons
trouvé dans cette ville 1 1 1 peintres pendant la première moitié
du xvie siècle.
Cent onze peintres, et, en tenant compte de ceux dont une partie
de la vie s'est passée dans le xv« s., cent vingt peintres, c'est une
I. Archives communales de Toulon, série BB. 498-1050 (carton). — Les
deux lettres sont dans une chemise portant le n" 614.
148 LES PEINTRES DE TROYES /
proportion digne de remarque. Un tel nombre de maîtres prouve
que, dans cette période, les travaux d'art ont été poussés très acti-
vement dans cette ville.
Les artistes et les ouvriers étrangers ne venaient plus alors à
Troyës ; nous n'avons compté que trois Flamands.
Il n'y avait plus qu'un petit nombre de maîtres qui exerçaient
deux métiers : 3 peintres étaient en même temps enlumineurs,
5 étaient verriers, 5 sculpteurs, 3 tailleurs d'histoires ou graveurs
sur bois.
Nous avons constaté un fait très intéressant, c'est le grand
nombre de peintres de Troyes qui ont été employés aux travaux
de peinture du château de Fontainebleau, surtout de 1540 à i55o.
Il y en a vingt et un. La plupart d'entre eux sont des peintres tout
à fait obscurs, mais quelques-uns ont eu certainement une assez
haute valeur. Nous citerons parmi ceux-ci Nicolas Cordonnier,
François, Jean et Nicolas Pothier, Jacques Cochin, les Flamands
Nicolas Haslin et Jean de Hoey. Nous n'avons pas à parler ici
des sculpteurs.
Il est très probable que ces peintres furent appelés à Fontaine-
bleau par Domenico Ricoveri, peintre, sculpteur et graveur flo-
rentiU) qui y a travaillé sous les ordres de Rosso et du Primatice.
Ricoveri était venu s'établir à Troyes et s'y était marié • il était
connu sous le nom de maître Dominique ou de Dominique le
Florentin.
Enfin, on éprouve un très vif sentiment de surprise en voyant
combien nombreux étaient les maîtres et les ouvriers qui, à un
moment donné, tenaient les pinceaux. Lors de l'entrée de Henri II,
en 1548, 34 peintres, maîtres, compagnons et serviteurs travail-
lèrent aux décorations qu'on éleva sur le parcours du cortège.
Nous avons recueilli plusieurs centaines d'articles de comptes
mentionnant des ouvrages de peinture de toute sorte faits par les
peintres dont nous allons donner les noms. En général, ces ouvrages
ne paraissent pas avoir eu beaucoup d'importance au point de
vue de l'art. Cependant on voit plusieurs maîtres peindre des
tables (tableaux) pour les églises, peindre des histoires sur des
toiles lors de l'entrée de souverains ou de princes, et la suite de
tableaux que Nicolas Cordonnier fit « dans l'ancien goût fla-
mand, » pour le calvaire de l'église Saint-Nicolas, arrête l'atten-
tion. C'est à raison du peu d'intérêt que les articles des comptes
présentent que nous n'en avons reproduit qu'un très petit nombre.
DANS LA PREMIÈRE MOITIE DU XVr SIECLE. I49
XVI^ SIÈCLE.
92. Jean Robert (..i 504-1 5 34).
Jean Robert, peintre et enlumineur, a peint des statues. Il a
enluminé plusieurs des livres de la cathédrale, peignant des his-
toires, des lettres, etc.
93. Nicolas Haslin (..i5i2-i56i).
Nicolas Haslin, peintre et tailleur d'images, était Flamand, Il
est désigné quelquefois sous le nom de Nicolas le Flameng ou le
Flament, et son nom est écrit Halins, Hallain, Hallin, Haslin,
Haselin, Harselin, Havelin.
Il a beaucoup travaillé comme sculpteur dans les églises de
Troyes et n'a fait, comme peintre, que de peindre des statues. Il
a fait des ouvrages de peinture et de sculpture au château de Fon-
tainebleau de 1540 à i55o.
94. Jean //Tharonot (..i 5 12-1548).
Jean II Tharonot, peintre, a été marié et a eu un fils, Guil-
laume, qui a été peintre.
Il a travaillé aux préparatifs de l'entrée de la reine Éléonore à
Troyes, en 1 534, et recevait alors, pour lui et son serviteur, 1 5 sous
tournois par jour. Il marchait, dans le cortège de cette entrée, avec
« les paintres, libraires, enlumineurs, tailleurs d'ymaiges et bro-
deurs, » vêtu d'un habit « de taffetas vyolet avec bouffettes de taf-
fetas blanc. »
95. Jacques Tharonot (..i5i2-i557).
Jacques Tharonot, peintre, a fait des travaux de peinture de
toute sorte.
On lit dans les comptes de l'église Saint-Jean (i5i2-i5i3) :
« Payé à Jacques Taronot, paintre, pour avoir estamé les pinacles
et escussons, — painct et doré iceulx, — avoir faict et painct au-
dessus desdits pinacles les mistères du baptesme de Nostre Sei-
gneur et la décolacion monseigneur sainct Jehan Baptiste conte-
nant six personnages et painct et estamé tous les autres ouvrages
de plomberie dudit clocher, pour ce xxij 1. vij s. ij d. »
Tharonot a signé la quittance de cette somme de ses initiales,
et dans les traits supérieurs des lettres J. T. sont les lettres 7. T. p.
(Jean Tharonot, peintre).
Dans les travaux pour l'entrée de la reine Éléonore, il a été, en
l50 LES PEINTRES DE TROYES
décembre i533 et en janvier r534, a occuppé (d'abord avec le
peintre Jacques Passot) à prandre les préparatives»et jolivetez de
paincture de l'entrée de la Royne; » (ensuite, avec les peintres
Jacques Passot, Pierre Cotelle, Guyot Cotelle et Jacques Cochin)
(c à dorer, paindre et estoffer les escussons, armoiries, lys, ceptres
des Roynes et autres jolivetez et gentillesses pour ladicte joyeuse
entrée. » On paya pour ces travaux, « au maistre et au serviteur, »
20 sous tournois par jour.
96. Pierre Abret (,.i5i3-i5i4).
Pierre Abret, peintre.
97. Gérard (..i5i3-i534).
Gérard, peintre et verrier.
Il y avait dans le même temps, à Troyes, deux Gérard, peintres
et verriers ; Tun était appelé le grand Gérard et l'autre le petit
Gérard.
i533-i534. Église Saint- Nicolas. « ... Au grand Gérard,
painctre, pour le ject de la verrière de Toussaincts... »
98. Jean Briais (..r5i4'i5i8).
Jean Briais, Briois ou le Briois, peintre, a travaillé pour Péglise
Sainte-Madeleine.
i5i5-i5i6. Il a peint « les ymages estant sur le grand autel et
le sainct Lazare estant près d'iceluy. »
i5i6-i5i7. a ... Pour avoir pourtraict en papier et depuis en
une peau de parchemin du drap de soye sur une chappe de Sainct-
Pierre pour en faire faire à Lyon de pareil pour ladicte église de
la Madeleine... x s. t. »
Briais a fait un dessin en iSry-iSiS pour le chapitre de la
cathédrale :
a A Jehan Briais, paintre, pour avoir faict en papier de blanc
et noir ung Dieu pour l'estanfiche du principal portail, — deux
saincts Pierre et ung sainct Paul pour iceulx monstrer à messei-
gneurs pour savoir s'ils feroient bons patrons pour sur iceulx faire
les ymaiges de la grandeur qu'il convient pour les portaux ou
estanfiches, — pour ce à luy paie xl s. »
9g. Mathurin Maquart (..i5i8-i52o).
Mathurin ou Mathelin Maquart, peintre, demeurait « devant le
beau portail » de la cathédrale.
Cathédrale^ iSiS-iSig. v ... Pour avoir refreschi de couleur de
DANS LA PREMIÈRE MOITIÉ DU XVI« SIECLE. I 5 1
vermillon la croix estant sur la capse des stations, — avoir osté
des croix blanches qui estoient en ung poille estant à l'entour de
la capse de la croisade lequel poille monseigneur Tarchipreste
Hennequin a donné à la fabrique et y est seullement demoré les
armes du pape et du Roy, — avoir aussy lavé vingt-deux escus-
sons du pape, du Roy et de la Royne pour iceulx mettre aux
advenues de l'église et aillieurs... »
i5i9-i52o. « ... Pour avoir repainct la toille en laquelle sont
les armes du pape et du Roy pour mettre à Tentour de la petite
capse et aussi pour avoir painct cent ou six vingts escussons
esquels sont les armes du pape, du Roy et de la Royne pour
mettre et envoyer en plusieurs lieux... »
1 00. Nicolas I Passot {. . i 5 i 8- i 5 2 i ) .
Nicolas I Passot, peintre, a travaillé en i52i pour Tentrée de
François I". Il fit le « grand patron » de la pièce d'orfèvrerie qui
fut présentée au roi (« Hector monté et armé sur ung cheval ») et
le dessin de statues faites pour l'entrée de ce prince.
i o i . Jacques I Passot (. . i 5 i 8- f de 1 546 à 1 548) .
Jacques I Passot, maître peintre, a épousé Jeanne. Il a eu
une fille.
Il avait pour marque un écusson ayant dans le champ trois
petits écus vides, avec les initiales J (à gauche) et P (à droite). Cet
écusson était celui des peintres.
Jacques Passot a travaillé en i534 aux décorations faites pour
l'entrée de la reine Éléonore ; il était payé 1 5 sous par jour. Nous
le voyons dans les comptes en cette occasion : tantôt « vaquant à
prandre les préparatives et jolivetez de painctrie de Pentrée de la
Royne ; » tantôt occupé a à dorer, paindre et estoffer les escus-
sons, armoisies, lys, ceptres des Roynes et autres jolivetez et gen-
tillesses pour ladicte joyeuse entrée. »
Il était employé par la ville à ces travaux avec Jacques Cochin,
Jacques Tharonot, Girard Daulge, Pierre Cotelle et Guyot Cotelle.
Jacques I Passot a travaillé pour l'église Saint-Nicolas.
1 534-1 535. «... Pour avoir faict une devise par escript de la
paincture d'icelle table (du grant autel)... »
1543- 1544. «... Pour avoir repainct les tables et ymages de la
dicte église... xxxvij s. vj d. »
Passot a fait encore des peintures en 1 545 pour l'entrée du duc
de Guise.
l52 LES PEINTRES DE TROYES
Les dernières pièces qui le concernent portent la date de r 548 ;
elles sont toutefois au nom de Jeanne, sa veuve :
a ... Pour avoir dorey iiijc pommes de bois pour les chappeaulx
de triumphe... xl s. i. »
«... Pour les armoysies de Tensaigne de la trompette pour la
ville... XV s. t. »
La quittance (du 25 juin 1548) est signée Jehanne veuve de
Jaques Passât.
102. Edme Gehtyl (.. i528-i522).
Edme Gentil, peintre et verrier, a travaillé à la cathédrale.
1 520-1 521. « ... Pour la paincterie des deux clefz ensemble le
feuillaige et escussons entaillés pour les deux voltes de la chapelle
Droyn, esquelles clefz sont les armes de Révérend père en Dieu
monseigneur de Troyes et Droyn de la Marche... marché fait...
la somme de x 1. t. »
i52i-i522. «... Pour avoir painct lesdictes deux clefz ensemble
les feuillailles et escussons ainsi comme il peult apparoir à luy
par Tadviz de Jehan de Soissons maistre maçon la somme de
xj 1. t. »
Il paraît que Edme Gentil est le père de François Gentil, le
sculpteur, mais nous n'avons eu aucune preuve de ce fait.
io3. Antoine I (..i52i-i523).
Antoine I, peintre.
104. Louis PoTHiER (■.i520--î-i55i ou l552).
Louis Pothier, peintre'.
io5. Gérard Dauge (..i 5 22-1 5 34).
Gérard Dauge ou Daulge était peintre et doreur.
Cathédrale. i525-i526. « A Gérard Dauge... auquel a esté con-
venu et marchandé de redorer le coq estant sur le grand clocher...
d'or fin renforcy bien et deuement... iij 1.
« Item pour les couleurs qu^il a fournyes pour estamer de feuilles
d'estain les clefs et fleurs de lys à l'entour dudit clocher cxv s. »
Les voûtes du chœur de l'église de Moutier-la-Celle ont été
« paintes et estoffées » par Dauge, aux frais d'Antoinette de Bour-
bon, duchesse de Guise.
I. Voir notre notice dans les Nouvelles Archives de l'Art français,
t. XIV (ou t. \V de la 3-^ série), 1886, p. 338 à 342.
DANS LA PREMIÈRE MOITIÉ DU XVI* SIÈCLE. l53
Ce maître a été, en i534, « occupé à Teuvrede painctrye, » avec
Jacques Cochin et Jacques Passot, pour les préparatifs de Tentrée
de la reine Éléonore ; il était payé 1 5 sous tournois par jour pour
lui et son serviteur.
io6. Antoine Moreau (..i523-i557).
Antoine Moreau, peintre et doreur, a été marié et a eu un fils
qui fut aussi peintre.
Église Sainte-Madeleine. 1 524-1 525. «... Pour avoir redoré et
estofîé la croix du Dieu de dessus le grant hostel et les dyadesmes
de la Magdeleine, xl s. t. »
Église Saint-Jean. 1 526- 1527. «... Pour luy avoir doré la croix
estant sur le grant portail... »
Ville 1529. a ... Pour avoir faict deux grands armoiries de la
ville de Troyes (à l'occasion du service fait à l'église Saint-Panta-
léon pour le remède de l'âme de feu noble homme Jacques Dori-
gny, maire de Troyes. »
Ville. i53o. « ... Pour avoir rougy les boys et basions dudict
châssis (du ciel porté sur monseigneur le légat à son arrivée)... »
Ville. 1534. «... Occupé à l'euvre de painctrie (avec son fils,
pour les préparatifs de l'entrée de la reine Éléonore}. »
Église Saint-Jean, i535-i536. « ... Pour avoir repainct les
y mages qui sont en l'eau benoiste et les y mages sur le grant autel.. .
XV s. »
Ville. i538. « ... Pour deux grandes armoiries des armes delà
ville, lesquelles estoient atachées ausdictes torches (lors de l'enter-
rement de M" Antoine Huyard, avocat du roi)... et six petitz
escussons aux armes de ladicte ville pour mectre es cierges... »
Eglise Saint-Jean. 1 539-1 541. « ... Pour avoir painct la Nostre
Dame du grant ostel... »
1547-1549. « ... Pour avoir painct deux ymages... »
Ville. 1548. « ... Pour avoir paincft le devant du corps d'hostel
de la ville des coulleurs de noir et blanc et mis les devises du Roy
(entrée de Henri II). »
Église Saint-Jean. i552-i553. « ... Pour avoir painct deux
ymages à l'ostel de la Madeleine... »
Antoine Moreau tenait à loyer « un corps de maison qui est des
appartenances dudict hostel (de ville) séant en la Grand Rue. » Il
était pauvre.
l54 LES PEINTRES DE TROYES
107. Jean Dauge (..i523-i562).
Jean Dauge, peintre, a été député des « paintres, verriers et yma-
gers » à l'assemblée de la Saint-Barnabe, en i562.
108. Jean Prunay (..i 524-1 544).
Jean Prunay, Prunet ou Prunier, peintre, était à Troyes en
1524.
Il a travaillé aux ouvrages de peinture et de stuc au château de
Fontainebleau de i535 à 1540.
109. Parceval Blancpignon (..i525-i528).
Parceval Blancpignon, appelé le plus souvent dans les comptes
maistre Parceval, était peintre.
Il a peint, en 1 525-1 526, la bannière de l'église Sainte-Made-
leine et, en 1 527-1 528, les armoiries du pape à Téglise Saint-
Nicolas,
no. Jacques I Pinsot (..1 526-1528).
Jacques I Pinsot, peintre, a travaillé pour l'église Saint-Jean,
iri. Guyot I Cotelle (..i526- f de i558 à 1570),
Guyot I Cotelle, peintre et doreur, a été marié.
Il est porté sur les Comptes de l'église Saint-Jean pour l'an-
née 1526-1527 :
a ... Pour avoir par luy painct la table de l'autel sur lequel l'on
chante la messe des trespassés et pour avoir par luy repainct les
faces des ymages des reliques, pour ce Ixxiij s. iiij d. »
Il a travaillé, en i53o-i53r, à l'église Saint-Nicolas; il a reçu,
en cette année, 20 sous tournois « pour la façon du tappiz de alen-
tour le grant tronc d'icelle église. »
En janvier 1 534, i^ ^ ^^^ employé « à l'euvre de painctrie, » pour
l'entrée de la reine Éléonore, avec Jacques Cochin, Pierre Cotelle,
Jacques Passot et Jacques Tharonot. Il était payé i5 sous tour-
nois pour lui seul ou 20 sous pour lui et son serviteur.
Guyot Cotelle a fait pour la ville d'autres ouvrages de peinture
de peu d'importance.
Il tenait « la moictyé d'une maison assize en la rue de la Mon-
tée-Saint-Pierre. »
Il est mort de i558 à 1570. Sa veuve était pauvre.
112, Nicolas Quenet (..i53o-i537).
Nicolas Quenet, peintre, était à Troyes en i53o. Il a travaillé
au château de Fontainebleau en i536 et en 1537.
DANS LA PREMIÈRE MOITIÉ DU XVI* SIECLE. l55
Il 3. Louis Bachot (..i 5 30-1547).
Il y avait à Troyes dans le deuxième quart du xvi« siècle un
peintre du nom de Louis Bachot. Dans le même temps, un Louis
Bachot, peintre, travaillait à Paris et au château de Fontaine-
bleau. Nous ignorons si le peintre de Troyes est le même que le
\peintre de Fontainebleau.
114. Jean Vatepin (..i53o- -f- de 1 588 à 1590).
Jean Vatepin, maîtrp enlumineur et peintre, a épousé Margue-
rite; il signait /. Vatepin et Vatepin. Sa maison était dans la
« Grant Rue » et touchait à la « ruelle des Quenoulles. »
11 a fait surtout des ouvrages d'enlumineur.
1x5. Genêt Collet (..i53i- f de 1564 à i56g).
Genêt Collet, peintre et tailleur d'images, a travaillé pour la
ville, la cathédrale et l'église Saint-Nicolas. Il signait Jenet Collet.
116. Pierre Cotelle (..i532-i534).
Pierre Cotelle, peintre, a fait des travaux de peinture pour
la ville.
117. Jean de Beaumont (..i 533- 1548).
Jean de Beaumont, peintre.
118. Guyot Drouynot (.. i533-i548).
Guyot Drouynot ou Droynot, peintre, a été employé aux tra-
vaux de décoration pour l'entrée de la reine Éléonore et pour celle
de Henri II.
Il a peint, lors de cette dernière entrée, « les deux anges de l'es-
cusson du Roy, ledit escusson, les armoyries de la ville et de
Champaigne, » et a « rafreschy les deux ymages de l'Annunciade
estant le tout à la porte du Belfroy. »
1 19. Girard Viare (..i533- f de 1548 à i556).
Cet artiste est désigné par des noms différents dans les rôles de
rimpôt, dans les comptes de la ville et des églises. Voici ces noms :
Viare, Vyarre, Viaron, Viarrey, Vierrey, Vyerrey, Vierry, Verrey,
Verry, Verrier, Gérard Verrier, Girard le peintre. II était aussi
appelé quelquefois Petit Gérard, pour le distinguer du Grand
Gérard, verrier, qui vivait à la même époque. Il signait G. Viare.
Son nom est tracé en lettres romaines majuscules et suivi d'un
écusson.
Girard Viare était peintre. Il a épouse Madeleine et a eu d'elle
deux fils, nés l'un en i536 et l'autre en 1542.
l56 LES PEINTRES DE TROYES
Il a travaillé pour les églises Saint-Jean et Saint-Nicolas.
Église Saint-Nicolas. i533-i534. « Payé au petit Gérard,
painctre, pour avoir faict le patron de la verrière Sainct Claude...
a ... Pour avoir faict l'ordonnance des ymages de la chapelle de
Toussaincts... »
Église Saint-Jean. 1546. « ... Pour avoir paint les ventaulx des
orgues tant dehors que dedans, auxquels ventaulx sont hystoriés
le preschement, le baptesme et la décolation de sainct Jehan Bap-
tiste... vij liv. »
Viare a fait, en 1545, pour la ville, « deux portraictz. . . des
plans de la ville esquelz sont figurez les forteresses faites et quom-
mancées à faire en icelle ville^ esquelz portraictz il a esté baillé ung
à monseigneur le gouverneur et Pautre est délivré à la ville... »
Il a travaillé en 1548 pour l'entrée de Henri II et de Cathe-
rine de Médicis. Il a fait pour la ville, à cette occasion, avec le
peintre Nicolas Pothier, le modèle de la pièce d'orfèvrerie qui fut
offerte à la reine.
a Nous Girard Vyarre et Nicolas Pothier, painctres, demeurant
à Troyes, confessons avoir eu et receu de messieurs les maire et
eschevins de la ville de Troyes la somme de sept livres dix solz
tournois pour nos peines, salaires et vacacions d'avoir faict et par-
faict le modelle du présent et joyeulx don que l'on entend faire à
la Royne à sa joyeuse et nouvelle entrée naguères faicte audict
Troyes et icelle modelle estoffer d'or et d'argent, ainsi qu'il estoit
nécessaire et laquelle somme de sept livres dix solz tournois nous
avons receue... dont nous tenons pour contens et payé et en quic-
tons et avons quicté par ceste mesdicts sieurs et tous autres com-
bien que pour icelle modelle deussions avoir par promesse à nous
faicte plus grosse somme. »
Cette quittance porte la date du 9 juin 1 548 et les signatures de
Viare et de Louis Pothier qui a signé pour son fils.
Viare est mort de 1548 à i556. Sa veuve était dans la misère en
1 557, comme en 1 569.
120. Jacques I CocmN (..i533- f de 1549 à i55i).
Jacques I Cochin, peintre, a épousé Edmonne et a eu d'elle
plusieurs enfants.
Grosley dit qu'il était « peintre, dominotier et marchand
d'images, de la religion réformée ^ . »
I. Œuvres inédites, t. I, p. 257.
DANS LA PREMIÈRE MOITIÉ DU XVl" SIECLE, ï5j
Le fait est vrai. Voici ce que Nicolas Pithou a écrit dans V His-
toire ecclésiastique de l'église de la ville de Troyes : « Passant
par la ville de Troyes (en 1549), il (Macé Moreau^) alla veoir un
certain peintre du lieu, nommé Jaques Cochin, chez lequel il avoit
accoustumé, du temps de sa première vocation, se fournir de
drappeletz (ou images). Ce peintre avoit quelque entrée en la con-
gnoissance de la vraye religion qu'il avoit acquise en fréquentant
la prédication de MoreP. »
Jacques Cochin a travaillé pour la ville et pour quelques-unes
des églises de Troyes.
Il a été employé en 1 534 aux préparatifs de l'entrée de la reine
Eléonore; il était payé alors 20 sous par jour, « homme et servi-
teur. »
Église Saint- Nicolas. 1 533-1 534. « ... Pour avoir painct le
dociel de derrière les ymaiges de la chapelle de Toussaints et les
ymaiges, Ix s. »
Ville. Août i536. « ... Pour avoir faictetlivreydeuxescussons
des armoiryes de la ville pour mectre es torches de l'enterrement
de feu Nicolas Dorigny eschevin et six autres petis escussons
pour mettre es cyerges du service dudit Dorigny, ij s. viij d. t. »
Cochin a fait des peintures au château de Fontainebleau de
1537 a 1 540^, et, entre autres travaux qu'il y a faits, il a « vacqué
esdits ouvrages (de peinture)... pour la venue et réception dudit
empereur (Charles- Quint) audit Fontainebleau à raison de
XX sols par jour. »
Il a été occupé aux préparatifs de l'entrée de Henri II à Troyes,
en 1548.
Il a été député des peintres, des libraires, des imagers, des ver-
riers et des enlumineurs à l'assemblée générale d'avril 1542.
Il demeurait « près Saint-Aventin. »
Il signait Jaques Cochin et dessinait au-dessous de son nom
l'écusson des peintres (avec trois petits écus vides dans le champ).
Il est mort de 1549 ^ i55r. Sa veuve était pauvre.
1. Macé Moreau fut brûlé vif à Troyes le 18 octobre 1549.
2. Nicolas Pilhou, Histoire ecclésiastique de l'église de la ville de Troyes.
Bibliothèque nationale, mss., Coll. Du Puy, vol. 698, fol. 47.
3. Comptes des bâtiments du Roi. Bibliothèque nationale, mss., n° 11179,
fol. 137.
l58 LES PEINTRES DE TROYES
131. Jacques Gentil (..i533-i565).
Jacques Gentil^ peintre.
122. Michel I Thays (,.i533-i572).
Michel I Thays ^, peintre, signait Michel Thays et dessinait
au-dessous de son nom une ancre avec les lettres M T, et au-des-
sus du nom les mêmes lettres M T.
Il a travaillé pour la ville, la cathédrale et les églises Saint-
Etienne et Saint-Jean.
Cathédrale. i535-i536. «... Pour avoir estoffélesdictes ymages
(de bois faites par Nicolas de Flamand pour l'horloge de la nef)
de painture selon qu'ils le requéroient et aussi pour avoir radoubé
et repaint en plusieurs lieux la monstre et quadran dudict orloge
ix 1. »
Église Saint-Etienne. 1 540-1 541. a ... Pour avoir painct les-
dites trois ymaiges de monsieur sainct Estienne, sainct Aventin
et saincte Hoylde, pour avoir repainct les visages des ymaiges de
Nostre Dame, du petit Dieu et de Sainct Estienne, dorey le dya-
desme dudit petit Dieu et pour avoir repainct les visages, piedz
et mains et elles des quatre anges du grand aultel xl s. t. »
1 542-1 543. «... Pour avoir repainct le prophette qui est au-
dessus ladite piscine... »
Ville. 1544-1545. « ... Pour la paincture de iiij bastons servant
à porter le poille faict pour Mgr le duc d'Orléans xlv s. »
Cathédrale. 1 548-1 549. «... Pour avoir fait les incarnacions
des ymaiges de la chasse (saint Savinien que l'on redorait)... paint
les soubsbassemens d'icelle châsçe et les embassemens de quatre
columnes... »
1 556-1 557. « ... Pour avoir paint les armoyries et tappiz pour
couvrir et parer le tronc... »
Église Saint-Jean. r556-i557. « ... Pour l'ordonnance, histoires
et painctures des deux cielz sur le grant autel xxxiij 1. »
Michel Thays a travaillé aux préparatifs de l'entrée de la reine
Éléonore et de l'entrée de Henri II.
123. Jacques Quevestre (..1534-1548],
Jacques Quevestre, maître peintre, a été marié et a eu un fils.
Il a pris part comme preudhomme à l'élection des échevins
en 1534.
I. Le nom est écrit Thays, Thaïs, Tays, Taiz et Theis.
DANS LA PREMIÈRE MOITIÉ DU XVI^ SIECLE. l5g
124. Jean Gendret (..i 534-1541).
Jean Gendret, peintre et tailleur d'ima.ges^preudhomme en 1 534.
Il a travaillé_, en i534, pour l'entrée de la reine Éléonore, « à
l'enrichissement des portaulx, arcs et triumphes, tables d'attentes
et aultres singularitez, »
Il demeurait dans une maison située devant le cimetière Notre-
Dame, au coin de la rue des Mauberts, du côté de l'église Saint-
Urbain.
125. Jean Macadré (..i 534-1 56o).
Jean Macadré le jeune, maître verrier et peintre, signait Jehan
Machadre.
Il a épousé Perrette, et a eu d'elle plusieurs enfants, entre autres
Jean (1537) et Antoine (1541).
Macadré a été un des plus habiles verriers de Troyes, et, quoi-
qu'il soit désigné quelquefois comme peintre, nous ne connais-
sons de lui aucun ouvrage de peinture proprement dit.
126. Nicolas I Pothier (..i 535- i 566).
Nicolas I Pothier, peintre.
Voir notre notice sur ce maître dans les Nouvelles Archives de
V Art français, t. XIV, i886, p. 342 à 348.
127. Antoine II (i536).
Antoine II, peintre, a travaillé à l'église Saint- Pantaléon.
128. Jean Portier (..i536-i565).
Jean Portier, Poretier ou le Portier, peintre, a travaillé au châ-
teau de Pontainebleau de i536 à i55o. Il était à Troyes de i556
à i565.
129. Jean Caillet (..i 537-1 548).
Jean Caillet, peintre, demeurait à Troyes dans la maison de
Jacques Bachot, le sculpteur. Il a travaillé au château de Pontai-
nebleau de 1537 à 1540 et a été un des peintres employés aux
préparatifs qui furent faits pour la réception de Charles-Quint à
Pontainebleau en 1539.
i3o. Nicolas II Blancwgnon {. .1537-1557).
Nicolas II Blancpignon ou Blam pignon, peintre et doreur, est
aussi un des peintres qui ont été occupés, de i537 à 1540, « aux
ouvrages de painture et stucq » du château de Pontainebleau. Il
était marié et a eu deux fils; nous l'avons suivi à Troyes de 1548
à 1557.
l6o LES PEINTRES DE TROYES
i3r. Nicolas III CoRDOT^mER [..i53y- -|- en 1572 ou en t5j3).
Nicolas III Cordonnier l'aîné, maître peintre, signait Nicolas
Cordoannier et le plus souvent Nicolas Cordonnier. Son nom
était écrit quelquefois Cordouannier. Sa marque consistait en
trois anneaux entrelacés, placés deux et un, rarement un et deux,
dans lesquels étaient les lettres N, C et P (Nicolas Cordonnier
peintre) .
Nicolas III était fils de Nicolas II. Il a épousé en 1541 Odette
ou Oudette, fille de Claude Chalon, peintre. Il a eu d'elle au
moins trois enfants.
Il a été député des peintres, des verriers et des tailleurs d'images
à rassemblée générale du i r juin iSôy.
Michel Oudin, bourgeois de Troyes, de retour vers i55o d'un
voyage à Jérusalem, avait fait ériger sur ses plans un sépulcre et
un calvaire dans Péglise Saint-Nicolas. Il chargea Nicolas Cor-
donnier de peindre sur bois, pour le calvaire, une suite de tableaux.
Ces tableaux, « représentant les détails des lieux saints, les céré-
monies particulières à ces lieux et aux diverses nations qui y
abordent, et surtout celles qui s'y pratiquent le jeudi saint, »
d'après les dessins qu'Oudin en avait faits lui-même, étaient, dit
Grosley, « bien traités dans l'ancien goût flamande » Cet ouvrage
fut achevé en i552 ; on lit dans les comptes de l'église :
i552. a ... Pour avoir parachevé de paindre la table Michel
Oudin et de marché faict xv l. »
Jean Ascelin ou Ancelin composa et mit en vers les inscriptions
de ces tableaux.
Cordonnier a travaillé en 1548 pour l'entrée de Henri II. Il a
été occupé, avec son fils, de décembre i563 à avril 1564, sous les
ordres de Dominique Ricoveri, avec lequel il s'était trouvé à
Fontainebleau, aux préparatifs de l'entrée de Charles IX. Il était
payé 1 2 sous par jour. On conserve aux archives de la ville de
Troyes des quittances signées par lui et relatives à des ouvrages
qu'il a faits en cette occasion. Une d'elles (i i mars 1564) fait men-
tion de « cinq douzennes de panachez, » une autre (20 mars 1 564)
du a guidon faict pour l'efiigye de la France victorieuse ; » une
troisième (22 avril 1564) s'applique à « plusieurs vaccacions de
son estât de painctre par luy faictes aux accoustremens des habitz
et bastons des saulvages ordonnez pour l'entrée du Roy. »
I. Grosley, Œuvres inédites, t. II, p. 271.
DANS LA PREMIÈRE MOITIÉ DU XVI^ SIÈCLE. l6l
Cordonnier a peint des armoiries pour la ville en iSôy et
en iSyi.
Il est mort en 1672 ou en iSyS, laissant sa veuve dans la pau-
vreté.
i32. Pierre Pothier (..i538-f de iSSg à i568).
Pierre Pothier, peintre.
Voir notre notice dans les Nouvelles Archives de V Art fran-
çais, t. XIV, 1886, p. 348 et 349.
i33. Jacques III Cochin (..1539-1612).
Jacques IIP Cochin, peintre, fils de Jacques I et d^Edmonne,
sa femme, est né à Troyes et a été baptisé le 3 mars i539 (1540).
Il a épousé : en premières noces, Marie; en secondes noces,
Jacquette Linard, veuve de Antoine Portier.
Il a eu de sa première femme sept enfants, nés de i563 à 1576.
On a vu plus haut que Jacques I Cochin passait pour professer
la religion réformée; il en a été de même de Jacques III. Il s'est
marié cependant à l'église catholique, et tous ses enfants ont été
baptisés à Péglise Saint-Jean ; il a été plusieurs fois parrain d'en-
fants de peintres de Troyes.
Voici ce que Nicolas Pithou rapporte : « (En i56i), un de
Troyes, nommé Païot, tixerrant de toilles de son mestier, »
prétendit avoir recouvré la vue par miracle, après une neuvaine
à la Belle Croix; « un certain peintre de la religion, nommé
Cochin, se doublant qu'il y avoit de l'imposture, résolut de des-
couvrir et faire connoistre au peuple cet abus^... »
Jacques Cochin a travaillé en 1564 aux préparatifs de l'entrée
de Charles IX ; il était payé 1 2 sous par jour.
Il était pauvre.
Il signait Jaques Cochin et dessinait à la suite de son nom
l'écusson des peintres.
134. Jean III Tharonot (..1540- f avant 1547).
Jean III Tharonot, peintre, a épousé Jeanne et a eu d'elle
deux fils.
Il est mort avant 1547, et sa veuve s'est remariée avec le peintre
Richard Perrot.
1. On trouvera plus loin Jacques II Cochin, peintre.
2. Nicolas Pithou, Histoire ecclésiastique de l'église de la ville de Troyes,
Bibliothèque nationale, mss., Collection Du Puy, vol. 698, fol. 174.
ART FR. IV 1 1
l62 LES PEINTRES DE TROYES
i35. Claude Remyot (..i 540-1 548).
Claude Remyot, peintre, a été marié et a eu un fils en 1 540.
i36, Antoine Chevallier (..i540-i55o).
Antoine Chevallier, peintre, a travaillé « aux paintures de la
grande gallerie » du château de Fontainebleau. Il était payé à
raison de 1 2 livres par mois.
iSy. Pierre Haslin (..i 540-1 55o).
Pierre Haslin ou Halins, peintre, était Flamand. Il était à
Troyes en 1541.
Il a été employé comme peintre, de 1 540 à 1 55o, au château de
Fontainebleau. Il y a « vacqué aux ouvrages de painture tant du
cabinet du Roy que chambre rouge des estuves estans sous la
grande gallerie ^ . . lia également travaillé à la salle haute du grand
pavillon près de l'étang, aux tableaux pour le cabinet du roi et à
la chambre de la duchesse d'Étampes.
i38. Denis Canet (..1540-1 552).
Denis Canet, peintre et doreur, a fait des peintures au château
de Fontainebleau de 1540 à i55o. Il était à Troyes en i552.
iSg. Jean I Pothier (..i540--i-i557).
Jean I Pothier, peintre.
Voir notre notice dans les Nouvelles Archives de l'Art fran-
çais, t. XIV, 1886, p. 35o à 352,
140. Nicolas II Haslin {..i 540-1 56o).
Nicolas II Haslin, fils de Nicolas I, était tailleur d'images et
peintre. Il a épousé Renée Devobes ?
Il a travaillé, avec son père, de 1540 à i56o, « aux ouvrages de
painture et de stucq » au château de Fontainebleau.
141. /e^in / Nérot (. .1540-1569).
Jean I Nérot^ a été employé aux travaux du château de Fon-
tainebleau de 1540 à i55o, en qualité de « paintre doreur et
estoffeur. »
II était de Troyes et y était revenu en 1569. Il était alors
pauvre. »
1. Comptes des Bâtiments du Roi. Bibliotiièque nationale, mss., n° 11 179,
fol. 181. — Le nom est écrit Harlin. ^
2. Le nom est écrit Nero, Nerot, Nerau et Néron.
DANS LA PREMIÈRE MOITlé DU XVI^ SIÈCLE. l63
142. C^ar/e^ Colin (. .1540-1574).
On lit dans les comptes des bâtiments de Fontainebleau de
1540 à i55o : « Ouvrages de painture et stucq... à Charles Colin,
jeune paintre, à raison de 6 livres par mois^ » Colin a travaillé,
entre autres, « tant aux chambres des estuves estans sous la grande
gallerie que aux frizes de la gallerie sous la grande terrasse. »
Il était fils de Jean, huchier à Troyes. Nous l'avons trouvé à
Troyes en 1548 et plus tard à partir de i552, mais il est presque
toujours mentionné comme tailleur d'images. C'est comme sculp-
teur qu'il a pris part aux préparatifs pour l'entrée de Henri II et
pour l'entrée de Charles IX.
Il fut chargé, pour la seconde entrée, « de faire en boys la
modelle du présent que l'on entend faire au Roy suyvant le por-
traict qui luy avoit esté monstre et de réparer et approprier deux
effigies pour servir au dessus de deux colonnes du marché au
bled. » Il reçut pour cela 25 livres 10 sous tournois ; le mandat
est du 21 avril 1564, et la quittance, signée C. Colin, est du
22 avril. Colin fit d'autres ouvrages de sculpture pour cette
entrée.
143. François Pothier (..1540- -J- de 1584 à iSgo).
François Pothier, peintre et verrier.
Voir notre notice dans les Nouvelles Archives de P Art fran-
çais, t. XIV, p. 353 à 356.
144. Dominique PoTmER {1540- -J- de 1597 à 1600).
Dominique Pothier, peintre.
Voir notre notice dans les Nouvelles Archives de V Art fran-
çais, t. XIV, p. 36o et 36 1.
145. Claude I Chalou (..1541-1542).
Claude I Chalon ou Challon, peintre, a été marié et a eu une
fille qui a épousé Nicolas II Cordonnier.
146. Antoine Macadré (..1541-^1577).
Antoine Macadré, verrier et peintre, était fils de Jean II Maca-
dré et de Perrette; il est né en juin 1541.
Il a épousé Catherine Larbalestrier et a eu d'elle trois enfants.
I. Comptes des Bâtiments du Roi. Bibliothèque nationale, mss., n" 1 1179,
fol. 181.
164 LES PEINTRES DE TROYES
147. Marc Dauge (..i 548-1 556).
Marc Dauge, tailleur d'images et peintre, était fils de Nicolas.
Il signait Marc Dauge.
148. Pierre //Gaupain (..1542- -f- de i555 à 1569).
Pierre II Gaupain, peintre, a été marié.
149. Nicolas I CHXhETTE (..1544).
Nicolas I Ghalette, peintre, a épousé Madeleine et a eu d'elle en
1544 un fils, Jean.
i5o. Nicolas Dugué (..i 544-1 577).
Nicolas Dugué ou Duguey l'aîné, peintre, faiseur et vendeur
d'images.
i5i. Jean de Hoey (..i545-î-i6i5).
Jean de Hoey, peintre, petit-fils de Lucas de Leyde, est né à
Leyde en 1 545. Il signait J. d'Hoey, J. Dhoejy et Jean de Hoey.
Il s'est établi à Troyes et s'y est marié. Il était marié en 1578.
Il avait épousé Marie Ricoveri, fille de Antoine Ricoveri, petite-
fille de Dominique. Il a eu d'elle sept enfants, nés de 1 5 80 à 1 599.
Jean de Hoey était à Troyes de 1571 à i585. Il était déjà, en
1592, peintre et valet de chambre du roi ; il était à Avon, près de
Fontainebleau, en 1594, avec sa femme et ses enfants. Nous
l'avons trouvé à Paris en 1597, en 1599 et en 1602. Il était de
nouveau à Avon en i6o3.
Jean de Hoey appartient en réalité à la seconde moitié du
XVI* siècle, de sorte que nous ne ferons pas ici mention de ses tra-
vaux. Il est mort le 9 septembre 161 5 à Avon et fut inhumé dans
l'abbaye de Barbeaux.
i52. Richard Perrot (..i 546-1 5 80).
Richard Perrot, peintre, a épousé Jeanne, veuve du peintre
Jean Tharonot. Il demeurait dans la rue du Bois.
II signait Perrot.
Il était député des peintres, des verriers et des imagers à l'as-
semblée générale de la Saint-Barnabe du 11 juin i562.
Il a fait des peintures à l'église Saint-Remi en i552 et a été
employé à la décoration de l'hôtel de ville lors de l'entrée de
Charles IX en 1564.
i53. Nicolas Thays (..i 547-1 549).
Nicolas Thays, peintre, a travaillé pour l'église Saint-Etienne.
DANS LA PREMIÈRE MOITIE DU XVI* SIECLE. l65
154. Nicolas Fagot (..i 547-1 558).
Nicolas Fagot, peintre, a travaillé pour la ville et pour les
églises Sainte-Madeleine et Saint-Nicolas.
Église Sainte-Madeleine. i557-i558. « ... Pour avoir repainct
deux y mages de Nostre Dame qui sont sur les deux portaulx... w
Fagot a fait des peintures pour Tentrée de Henri II en 1548. Il
a peint, entre autres, « les deux anges de l'escusson du Roy, ledit
escusson, les armoyries de la ville et de Champaigne,... les deux
ymages de l'Annunciade estant le tout à la porte de Belfroy. »
i55. Antoine Buisson (..i 547-1 564).
Antoine Buisson, peintre, a travaillé aux décorations pour l'en-
trée de Charles IX; il signait A B en lettres majuscules ou avec
un simple paraphe.
i56. Jean Blaiseau (..1548).
Jean Blaiseau, peintre.
157. Jean Chevillon (..1548).
Jean Chevillon, peintre.
i58. Pierre Chevillon (..1548).
Pierre Chevillon, peintre.
159. Jacques //Cochin (..1548).
Jacques II Cochin le jeune, peintre^ a travaillé en 1548 pour
l'entrée de Henri II.
Il signait Jaques Cochin et dessinait à la suite de son nom un
écusson ayant dans le champ trois petits écus vides.
160. Claude Dauge (..1548).
Claude Dauge ou Daulge, peintre.
161. François Gendret (. . 1 548) .
François Gendret, peintre.
162. Pierre Gruyer (..1548).
Pierre Gruyer, peintre.
i63. Nicolas Lantynois (..1548).
Nicolas Lantynois, peintre.
164. Pierre La Tasche (..1548).
Pierre La Tasche, peintre.
i65. Louis Le Lonpnat (..1548).
Louis Le Lonpnat, peintre.
^66 LES PEINTRES DE TROYES
i66. Jean Le Rouge (..1548).
Jean Le Rouge, peintre.
167. Lynard (..1548).
Lynard dit de Bourt, peintre.
168. Jacques Marout (..1548).
Jacques Marout, peintre.
169. Christofle Michelin (..1548).
Christofle Michelin dit Michelin, peintre.
170. Jean Mordant (..1548).
Jean Mordant, peintre.
171. Grégoire Quevestre (..1548).
Grégoire (Quevestre ou Quavastre, peintre.
172. Jean Rousseau (..1548).
Jean Rousseau, peintre.
173. GaMf/er Sancey (..1548).
Gautier Sancey, peintre.
1 74. Gautier Saussoys ^ (. . i 548) .
Gautier Saussoys, peintre.
175. François Tharcilin (..1548).
François Tharcilin, peintre.
176. Jean Vaultrouilley (..1548).
Jean Vaultrouilley, peintre.
177. Etienne Blampignon (..1548- -J- de i554 à i556).
Etienne Blampignon dit Colot, peintre, a épousé Louise.
Il a quitté Troyes en i552 et est revenu y mourir de i554
à i556.
178. Jean La Tasche (. .1548-1557).
Jean La Tasche, peintre, a été marié.
179. Michel Buisson {..i 548-1 56 i).
Michel Buisson ou Buysson, peintre, a été député des impri-
meurs, des libraires, des enlumineurs, des peintres, des verriers,
des brodeurs et des imagiers à rassemblée générale de la Saint-
Barnabe du II juin i56i.
I. Gautier Sancey et Gautier Saussoys sont deux peintres différents.
DANS LA PREMIÈRE MOITIÉ DU XVI* SIÈCLE. 1 67
180. Edmond Cocquille (..i 548-1 564).
Edmond Cocquille, peintre.
181. Jean //Cotelle (..i 548-1 569).
Jean II Cotelle, peintre.
182. Jean Cardet (..i548-fi57i).
Jean Cardet ou Cadet, maître enlumineur et peintre, a épousé
Guillemette.
i83. Guillaume Tharonot (..1548- f iSyi ou en iSyS).
Guillaume Tharonot, peintre, fils de Jean, a été marié.
Il a travaillé aux préparatifs de l'entrée de Henri II.
184. Erard Cotelle (..i 548-1 572).
Érard ou Érardot Cotelle, peintre, a été employé aux travaux
de peinture pour l'entrée de Henri 1 1 et pour l'entrée de Charles IX.
i85. Claude de Saingt-Loup {..1548- 157 2).
Claude de Sainct-Loup dit Soubrien, peintre, était appelé quel-
quefois Soubrien de Sainct-Loup ou seulement Soubrien'.
Il avait embrassé la religion réformée, et Nicolas Piihou parle
de lui en deux endroits de son histoire :
i555. « ... Un peintre de la religion, Claude de Sainct-Loup
dit Soubrien, qui demeuroit vis à vis des Cordeliers, à l'entrée de
la rue du pan (paon) 2... »
i558. a ... (Girard de) Gorlieu, à son arrivée, fut logé en la
maison d'un peintre nommé Claude de Sainct-Loup dit Soubrien.
Cette maison estoit en une fort mauvaise assiche et mal avoisinée,
car elle estoit fort proche des Cordeliers^. »
186. Larme Gallois (..i 548-1 572).
Larme Gallois, Galloys ou Galois, maître peintre, signait Larme
Galois; il avait pour marque un L et un G enlacés. 11 est quel-
quefois appelé dans les comptes a maistre Larme. »
II a été employé aux préparatifs de l'entrée de Charles IX en
i563 et en 1564. Il a peint « les quatre basions (du ciel avec azur
et fleurs de lys d'or) » et « quatre aultres bastons des coulleurs du
Roy distribués aux quatre commissaires qui avoyent la charge de
dresser et mettre en ordre les gens de mestier et aultres habitans
1. Il y avait à Troyes, en i556, un autre « Sobrian de Sainct Loup, fai-
seur de formes à papier. »
2. Bibliothèque nationale, mss., Collection Du Puy, vol, 698, fol. 83.
3. Bibliothèque nationale, mss., Collection Du Puy, vol. 698, fol. 117.
l68 LES PEINTRES DE TROYES
de la ville pour aller au devant dudict seigneur (le Roy) le jour de
son entrée. » Il a fait de grandes « pièces de paincture en toille
pour servir à l'arc triumphal du marché au bled et suyvant les
ordonnances à luy délivré par M* Dominique (Ricoveri).,. »
187. Robert Regnault (..i 548-1 572).
Robert Regnault, maître peintre, signait R. Regnault, et un
écusson portant trois petits écus vides était dessiné entre le pré-
nom et le nom.
Il a été marié et a eu un fils.
Il a travaillé pour les entrées de Henri II et de Charles IX.
188. Jean Taillet (..i 548-1 572).
Jean Taillet, peintre, signait JTaillet, JTalliet et JTallet, le
J et le T étant réunis.
Il a été un des signataires des doléances des imprimeurs^ des
libraires, des enlumineurs, des peintres, des verriers, des brodeurs
et des imagers présentées aux états généraux de Meaux en i56o.
Il a été député de cette grande communauté à l'assemblée générale
des habitants du 14 octobre i56o et à l'assemblée générale de la
Saint-Barnabe du 1 1 juin i 570.
Il a fait des peintures pour Pentrée de Henri II en 1548.
Pour le service funèbre célébré, en mars r562, en Phonneurdu
duc de Guise assassiné au siège d'Orléans, lors du passage du
corps du duc à Troyes, Taillet peignit les armoiries du duc de
Guise, la chapelle ardente, etc.
A l'occasion de l'entrée du duc d'Auraale, gouverneur de Cham-
pagne, en 1 563, ce maître peignit vingt armoiries du blason du
duc, trente-six armoiries du blason de la ville et des décorations.
Enfin il fut occupé aux préparatifs de l'entrée de Charles IX, et
ce fut lui qui peignit et décora l'oratoire qui fut élevé pour le roi
dans la cathédrale, devant le maître-autel.
189. Michel Tharonot (.. i 548-1 572).
Michel Tharonot, peintre, a été marié et a eu deux fils.
190. Jean III Cotelle (..1548- -|- de 1575 à 1578).
Jean III Cotelle, peintre, a épousé Jeanne Poterat, dont il a eu
une fille. Il a fait des peintures pour la ville.
191. Raphaël Prunay (..i548-i58o).
Raphaël Prunay, Prunet ou Prunel, peintre.
DANS LA PREMIÈRE MOITIÉ DU XVP SièCLE. l6g
192. Nicolas I Hvnfiur (..1548-1587).
Nicolas I Hurant, peintre, a épousé une des filles de Dominique
Ricoveri, le célèbre sculpteur; il habitait en 1 548 dans la maison
de son beau-père, rue des Forces.
193. Jacques II Passot (..i 548-1609).
Jacques II Passot l'aîné, maître peintre, signait/. /*^550if et des-
sinait à la suite ou au-dessous de son nom un écusson ayant dans
le champ trois petits écus vides.
Il a épousé Catherine et a eu d'elle quatre enfants.
Nous avons trouvé dans les comptes de la ville et dans ceux
des églises la mention de nombreux ouvrages de peinture faits par
ce maître. Nous n'en citerons que quelques-uns de genres diffé-
rents :
Ville. 1548 (entrée de Henri II). Nicolas Cordonnier et Passot
écrivirent les devises des tables d'attente.
Église Sainte-Madeleine. i557-i558. « ... Pour avoir painct et
doré ledict entrepié à mestre la grande croix sur le bureau de
l'église... »
Ville. 1564. (Entrée de Charles IX.) « ... Pour avoir vacqué
avec son frère à faire les armoyries et aultres œuvres de son mes-
tier qui ont esté faictes ausdictz batteaulx. »
a A Jaques Passot et son filz pour avoir besongné chacun ung
jour et une nuict et encor demy Journée aux ouvrages cy dessus
(les basteaulx pour bailler passe temps au Roy et à la Royne et
autres princes de la rivière)... »
Église Sainte- Madeleine. 1566-1569. « ... Pour avoir relavé et
racoustré et reverny quinze tables d'hostel estant dans ladite
église. »
Cathédrale. 1578-1 574. « ... Pour avoir blanchi et escript l'es-
cripture sur le tronc de la confrairie Sainct Pierre... »
a Pour avoir painct la monstre de l'horloge par marché faict...
iii]'^^ liv. t. »
Église Saint-Jean. 1577. « ... Pour avoir repainct la table du
grand autel iij escus xxv sols. »
Cathédrale. 1579-15 80. « ... De bien et duement peindre en
façon d'albastre le tableau du trépassement de Notre Dame (sculpté
par François Gentil). Icelluy enrichir de fin aur et les ventaulx en
dedans peints en huilles et de couleur selon les histoires qu'on
donnera et au dehors de noir et blanc en huille, et le tout rendre
l!^ LES PEINTRES DE TROYES.
dedans la my aoust, la somme de quarante escus nouveaulx à la
somme de six vingt livres tournois. »
i58o. Le chapitre de l'église Saint-Pierre fit donner à Jacques
Passot la somme de cinq livres « pour le récompenser tant de la
perte qu'il pouvoit avoir fait en son marché du cadran de l'hor-
loge de ceste église que pour Tavoir bien fait. »
194. Augustin CoTELLE (..1548-1624).
Augustin Cotelle, peintre, a épousé Catherine Deléry, dont il a
eu deux filles.
Il signait Augustin Cotelle.
Il a travaillé aux préparatifs de l'entrée de Henri II en avril
1 548 et à ceux de l'entrée de Charles IX en 1 564.
Nous avons trouvé dans les archives de l'hôtel de ville de
Troyes une ordonnance de i3 livres 12 sols, faite au profit de
« Augustin et Yrardot les Cautelles, » avec la quittance d'Augus-
tin du 19 mars i563 (1564), « pour deux pièces de paincture en
thoilles par eulx faictes suyvant l'ordonnance de maistre Domi-
nicque pour icelles mettre dedans le grant arc devant l'hostel de
la ville. »
Augustin Cotelle fut député des « painctres, verriers et yma-
gers » à l'assemblée générale du 24 avril iSgo.
195. Jean (..i55o).
Jean, peintre, a été marié.
196. Manclou Chevret (..i53o-i552).
Manclou Chevret, peintre.
^ 197. Pferre LiNARD (..1 5 5o-i 553).
Pierre Linard, peintre.
198. Pierre Liart (..i55o-fi557).
Pierre Liart ou Lyart, peintre.
199. Jean Dauge (..i55o-i562).
Jean Dauge, peintre, député des peintres, des verriers et des
tailleurs d'images à l'assemblée générale de la Saint-Barnabe du
II juin r562.
200. C/aM^e Cotelle (..i55o-i56o).
Claude Cotelle, peintre.
201. Guillaume Mainfroy (..i55o-i563).
Guillaume Mainfroy ou Mainfray, pejnpre, a épousé Marie
FERDINAND MEGLIORINI ET PHILIPPE BRANCHI. I7I
Nivelon. Il a travaillé au château de Fontainebleau de i553 à
i563. Il était à Troyes de i55o à i553.
Sa femme a été marraine à Avon, en iSSg, avec « vénérable et
discrette personne Françoys Prymatice, abbé de Saint-Martin de
Troye. »
Natalis Rondot.
FERDINAND MEGLIORINI ET PHILIPPE BRANCHI,
LAPIDAIRES,
TRAVAILLANT EN PIERRES FINES, MANIÈRE DE FLORENCE.
(i683.)
Dans une note récente sur les tentatives faites autrefois pour
introduire et acclimater en France Part de la mosaïque, nous
parlions incidemment de Tatelier de la maison des Gobelins, sur
lequel les Comptes des Bâtiments du Roi fournissent des détails
précis. Voici quelques renseignements nouveaux à joindre à ceux
que nous avons antérieurement donnés :
I.
Dès 1669, l'atelier des Gobelins fut dirigé par Ferdinand
Megliorini, recevant un traitement fixe de 210 livres par mois.
On verra par la pièce suivante que le traité passé par l'artiste pour
venir travailler en France est de 1668. Me gliorini est secondé par
Horace Megliorini, son frère, Philippe Branchi et Jean-Ambro-
gîo Giacetti. Ces noms reviennent presque tous les ans sur l'état
des Gobelins. De plus, un certain nombre d'ouvriers payés à la
journée sont occupés à scier et à polir les marbres mis en œuvre
par les habiles artistes qu'on vient de nommer. Cet état de choses
se prolonge jusqu'à la mort de Megliorini, et même au delà.
Mais, si les Comptes donnent des détails sur le personnel de
l'atelier, ils ne fournissent presque pas de renseignements sur la
nature des travaux qui en sortaient et qui sont conservés dans nos
collections publiques. La pièce suivante comblera cette lacune et
précisera quelques points de la biographie de Megliorini.
C'est une analyse du procès-verbal des scellés apposés dans le
logement que le mosaïste occupait aux Gobelins, aussitôt après
172 FERDINAND MEGLIORINI ET PHILIPPE BRANCHI.
son décès dont nous ignorions la date et qui est fixé par notre
procès- verbal au 1 5 décembre i683. Nous ne donnons de ce docu-
ment que les passages offrant quelque intérêt biographique ou
artistique. Mais nous avons pensé qu'il n'y avait rien à retrancher
de rinventaire descriptif des ouvrages du défunt et autres objets
servant à Pexécution des mosaïques de Florence, réclamés au nom
du Roi.
Cette pièce nous initie aux détails d'un métier sur lequel les
renseignements sont rares ; aussi avons-nous conservé jusqu'à la
mention des outils employés par le mosaïste. Quant aux autres
incidents provoqués par l'ouverture de la succession, nous ne
sommes pas entré dans tous les développements qu'entraînent
les opérations d'inventaire et de scellé. Mais les passages relatifs
à la famille du défunt ou à ses travaux ont été soigneusement
notés et présentés sous une forme aussi concise que possible.
SCELLÉS DE MEGLIORINI^.
Dans une lettre signée par Louvois, jointe aux pièces, se trouve ce
passage : « 11 ne faut point se mesler de ce qui regarde la succession
« du s. Megliorini^ excepté seuUement pour les agathes, cornalines et
« autres choses qui appartiennent au Roi, qu'il faudra faire remettre
« au s. Branchi, pour qu'il puisse continuer le travail qu'ils faisoyent
« conjointement, dont il se chargera au bas de l'inventaire que vous
« en ferés faire. A Versailles, le 26 décembre i683. »
Le procès-verbal de scellé est commencé le vendredi, 17 décembre
1783, par Nicolas Delamarre, commissaire au Châtelet, qui se trans-
porte en la maison royale des Gobelins, sur l'ordre du Roi transmis
par M. de la Reynie, lieutenant général de police, « pour faire des-
« cription des agathes, cornalines, jaspes et autres pierres apparte-
« nant à Sa Majesté, qui étaient en la possession de Ferdinand de
« Megliorini, lapidaire, travaillant en pierres fines de la manière de
« Florence en lad. maison des Gobelins, où il est décédé le 1 5 du pré-
« sent mois, comme aussi de faire description des outils, ustancils et
« meubles qui se trouveront dans les lieux qui y estoient occupez par
e led. Megliorini. t
Rochon, concierge des Gobelins, avait fait mettre sous clef toutes
les pierres trouvées chez le défunt et les représente au commissaire
qui rédige alors la description suivante des objets réclamés au nom
du Roi :
I. Arch. nat., O*. 2040.
FERDINAND MEGLIORINI ET PHILIPPE BRANCHI. lyS
Extrait de l'Inventaire du i-j" décembre i683 fait après le déceds du
s. Megliorini, lapidaire, travaillant en ouvrages de pierres fines dans les
Gobelins, pour les articles seulement qui concernent le Roy.
1. Un tableau de pierres de rapport d'agathe et de jaspe, d'un pied de large,
sur lo pouces de haut, représentant un Hibou.
2. Un autre tableau de mesmes pierres de rapport, d'un pied de large, sur
10 pouces de haut, représentant une Canne entrant dans l'eau.
3. Un autre tableau de mesme grandeur, desd. pierres de raport, représen-
tant une Canne sortant de l'eau.
4. Deux petits tableaux, aussi de pierre de rapport agathe et jaspe, de cha-
cun 5 pouces et demi de large sur 4 pouces de haut, représentant des pay-
sages et les ruines d'un château.
5. Un tableau de mêmes pierres, d'un pied de large sur 10 pouces de haut,
représentant une Canne, ledit tableau non achevé.
6. Deux pierres tendres de Florence, de couleur jaune, au milieu de cha-
cune desquelles est représenté au naturel un arbre; lesdites pierres de figure
ovale, de 5 pouces de haut sur 3 pouces et demi de large.
7. Un petit tableau représentant une fleur non achevée ni polie.
8. Quarante-sept pièces de d ifférentes pierres, tant de jaspe, agathe qu'autres
pierres dures taillées, représentant différents fruits, fleurs, feuilles et papil-
lons, le tout prest à mettre en œuvre.
g. Trois pieds de dogue d'albastre.
10. Trois cent quarante petits grains de cornaline rouge taillés de diffé-
rentes formes et figures.
11. Soixante-quinze trenches de jaspe de différentes grandeurs, depuis six
pouces en quarré jusqu'à un pouce, taillées et polies.
12. Deux morceaux ovales d'agathe romaine, de cinq pouces de haut sur
3 pouces de large, et un autre de même agathe, de 8 pouces de long sur
2 pouces de large.
i3. Quatre-vingt-dix-sept trenches d'agathe commune, tant romaine que
d'Allemagne et France, de différentes grandeurs, coupées et polies, depuis
3 pouces en quarré jusqu'à 6 lignes ou environ,
14. Douze trenches d'agathe orientale, coupées et polies, de différentes
grandeurs, depuis 4 pouces en quarré jusqu'à i pouce.
i5. Sept trenches d'amétistes, coupées, polies, de différentes grandeurs,
depuis 4 pouces en quarré jusqu'à i pouce.
16. Un autre morceau d'ametiste, coupé et poly, de 8 pouces de long sur
6 pouces de large.
17. Seize tranches de chalcédoine commune, coupées et polies, de différentes
grandeurs, depuis 6 pouces en quarré jusqu'à un pouce.
18. Un autre morceau de chalcédoine, de 8 pouces de long sur 6 pouces
de large.
19. Deux petites trenches ovalles de chalcédoine orientalle.
20. Trois morceaux de jaspe, l'un d'un pied de long sur 2 pouces de large,
l'autre ovalle de 6 pouces 3 lignes de long sur 4 pouces 2 lignes de large,
et le 3' de figure irrégulière, de 8 pouces de long sur 6 pouces de large.
21. Trente-huit morceaux tant d'agathe que de jaspe et autres pierres dures,
174 FERDINAND MEGLIORINI ET PHILIPPE BRANCHI.
coupées et taillées, représentant différents fruits, fleurs et feuilles prêts à
mettre en œuvre.
22. Item, six petits morceaux d'agathe et six morceaux de cornaline taillés
en oeuvre.
23. Quarante morceaux de jaspe, coupez et taillez, et commencez à travail-
ler pour former différentes figures de fruits.
24. Six petits morceaux de jaspe, polys et taillés, de différentes figures.
25. Item, un morceau de chalcédoine, de 4 pouces de long sur 3 pouces
de large.
26. Deux morceaux d'agathe orientale de 4 pouces de long sur 2 pouces
et demi de large, et un autre morceau de même agathe taillé de figure octo-
gone, de 3 pouces 3 lignes de long, sur un pouce 10 lignes de large.
27. Cent trente-un grains de cornaline taillés en forme de cerises et raisins
et un morceau de corail aussi taillé en forme de cerise.
28. Dans une armoire, vingt-neuf tiroirs n'ayant chacun de hauteur qu'en-
viron 3 lignes, dans lesquels se sont trouvés plusieurs morceaux, fragments
de pierres communes et de peu de valeur.
29. Cent vingt trenches de jaspe de différentes couleurs et grandeurs, depuis
6 pouces en quarré jusqu'à 2 pouces.
30. Quarente morceaux de jaspe de différentes couleurs et grandeurs,
depuis demi pied en quarré jusqu'à 3 pouces.
3i. Onze formes de jaspe commencées à travailler, de différentes grandeurs
et figures.
32. Trente-trois trenches de chalcédoine, aussi coupées et non polies, depuis
un pied en quarré jusqu'à 4 pouces ou environ.
33. Trente morceaux de chalcédoine seulement, coupez en deux différentes
grandeurs, depuis six pouces en quaré jusqu'à 3 pouces.
34. Quatorze trenches d'agathe communes, coupées et non polies, de dif-
férentes grandeurs, depuis six pouces en quaré jusqu'à demi pouce ou environ.
35. Dans la même boutique s'est trouvé un tas de cailloux et autres pierres
bruttes et de peu de valeur.
36. Dans l'arrière-boutique, sur une planche, plusieurs autres cailloux et
autres pierres communes bruttes et aussi de peu de valeur.
37. Une table d'ardoise, de 3 pieds 1/2 de long, sur 3 pieds 4 pouces de large.
38. En l'arrière-boutique, un banc à travailler, garni de sa roue de bois et
de sa petite roue de plomb à polir les pierres.
39. Une table de bois de chesne montée sur son châssis.
46. Un étably garni de son rouet à polir et de son marchepied.
47. Dans le tiroir dudit étably vingt-cinq limes, six petits burins, une
paire de pinces, un compas et un petit réchaux.
48. Deux petits étaux à scier les pierres, deux tablettes garnies d'un fond
et de petites tringles pour polir les pierres" après qu'elles sont façonnées.
i3i. Une pierre de Florence coupée et polie, de 4 pouces et demi de long
sur 3 pouces de large, représentant au naturel des ruines de bâtiments.
A la suite des objets réclamés au nom du Roi sont énumérés diffé-
rents ustensiles de travail. Nous signalerons les principaux et les objets
mobiliers dignes d'une mention :
FERDINAND MEGLIORINI ET PHILIPPE BRANCHI. lyS
a Une machine faisant mouvoir six scies pour scier des pierres
t avecq une grande roue de bois servant à faire travailler lad. machine. »
En marge de cet article se lit la note suivante : « Rendue par ordre
c de Monseigneur de Louvois, comme inutile au service du Roy,
« ayant esté faicte aux dépends de feu Migliorini. »
La description du mobilier en évidence n'offre que peu d'articles à
citer; voici les plus curieux :
« Trois pièces de tapisserie de bouquets de fleurs en confusion, de
a deux aunes demi quart de haut sur six aunes de cours.
« Quatre tableaux peints sur toile, trois représentant des paysages
« et le quatrième une taverne, avec leurs bordures dorées.
« Un tric-trac d'ébeine et d'ivoire.
t Sept petits bas-reliefs de plâtre représentant divers sujets.
« Quatre figures de terre cuite, l'une représentant Mercure et les
« autres trois Dames romaines, ayant vingt pouces de haut.
« Deux tableaux peints en huile sur toile, l'un représentant une
« Descente du Saint-Esprit, l'autre, sans bordure, représentant le Roi,
« avec un autre petit tableau représentant une sainte Face.
« Huit tableaux de petit point avec leur bordure de bois verni,
« représentant l'Histoire de la Sainte- Vierge.
« Quarante trois volumes de vieux livres italiens.
« Une épée à lame espagnole , poignée et garde d'acier poli ; un
« mousqueton; une paire de pistolets de poche et un pistolet de cein-
« ture , avec quatre cannes , l'une garnie d'agathe commune et les
« trois autres de leurs poignées d'ivoire. »
Nous passons la cave, la cuisine, la vaisselle et les meubles ordi-
naires.
Sur ces entrefaites, se présente M« Dominique Zipoly, prêtre,
agent de S. A. S. le grand-duc de Toscane, demeurant rue de Bussy,
se disant exécuteur du testament du s. Megliorini, reçu par Lecou-
vreur et son collègue, notaires à Paris. Il retire un baguier contenant
six bagues d'or avec diamants, rubis, saphirs, à lui léguées par le
défunt, et onze autres bagues à pierres communes, laissées au frère
du s. Megliorini. Il retire aussi des armoires un sac contenant cent
écus et remet les clefs desdites armoires au s. Lefebvre pour la con-
tinuation de l'inventaire.
On trouve dans ces armoires six cuillers et six fourchettes d'argent,
poinçon de Paris, pesant avec une paire de boucles, aussi d'argent,
un marc quatre onces six gros. Dans une boîte enfermée en l'une des
armoires : deux petites salières d'agathe orientale, cinq cristaux tail-
lés en modèles de gros diamants, neuf tabatières de coco, sept autres
tabatières d'ivoire, trois morceaux 'de cristal commun, cinq médailles
représentant les grands-ducs de Toscane, une boîte d'ivoire contenant
cent cinquante petites turquoises, deux pierres nommées œils-de-chat,
176 FERDINAND MEGLIORINI ET PHILIPPE BRANCHI.
une certaine quantité d'autres pierres dont l'énumération est sans
grand intérêt, des boucles d'oreilles de diamants faux, plusieurs paires
de boutons de manchettes en argent, des rubis, des éméraudes, des bra-
celets, notamment deux bracelets de pied d'élan, un morceau de cris-
tal de roche noir ovale ; cinquante-huit petites croix , chemises de
Chartres et larmes, et deux médailles en forme de cœur, le tout d'ar-
gent doré; un instrument de cuivre, servant à mesurer les carats de
diamants; deux pierres de besoard; un chapelet d'ambre taillé et six
morceaux de cristal de roche taillés et disposés pour faire un reli-
quaire; dix petites tasses de cristal de roche taillées à gaudrons; onze
tabatières de marrons de mer; un diamant fin taillé en pointe étant
encore en plomb ; un grenat enchâssé dans un chaton d'or émaillé,
en forme de cachet, sur lequel est gravé un carquois ; une paire de
lunettes d'approche ; une pierre de Florence, coupée et polie, de
quatre pouces et demi de long sur trois pouces de large, représentant
au naturel des ruines de bâtiments, laquelle pierre le s. Branchi a
déclaré appartenir à la succession dud. Megliorini. Cependant cette
mosaïque est plus tard remise au Roi. C'est celle qui porte sur la liste
ci-dessus le n" 1 3 1 .
La garde-robe et la lingerie sont bien garnies et indiquent une
situation aisée.
Parmi les papiers relatifs aux créances et aux dettes du défunt, au
milieu des quittances, procurations, mémoires et autres pièces, se
trouve le duplicata de la convention faite par M. l'abbé Strozzi pour
Sa Majesté avec ledit Ferdinand de Megliorini^ Horace de Meglio-
rini^ son frère, et le nommé Belligny pour venir de Florence en
France travailler aux ouvrages de pierres fines, manière de Florence,
pour le service de Sa Majesté, en date du 10 août 1668.
Les objets revendiqués au nom du Roi sont remis au s. Branchi;
les autres appartenant au défunt sont abandonnés à l'abbé Zipoli pour
en disposer suivant les prescriptions du testament.
IL
Philippe Branchi, qui succède a Megliorini dans la direction de l'ate-
lier de mosaïques, était venu de Florence à peu près à la même
époque que son prédécesseur ; mais il était sans doute plus jeune que
lui. Il épousa, quelques années après son arrivée, la fille d'un autre
pensionnaire du Roi. C'est ce que nous apprend le contrat de mariage,
en date du 10 février 1676, de Catherine Van den Kerchove, fille de
Josse Van den Kerchove, teinturier ordinaire du Roi aux Gobelins, et
de Catherine Petit, demeurant à l'hôtel des Gobelins, d'une part, et
de Philippe Branchy^ lapidaire ordinaire de Sa Majesté en pierres
fines, façon de Florence, en la manufacture des Gobelins, fils de feu
JACQUES CLERION. I 77
Marc Branchy, de Florence, et d'Antoinette Lesprit, d'autre part.
Parmi les témoins figurent Charles Lebrun, premier peintre du
Roi, et Suzanne Butay, sa femme, amis ; Jean Le/eèvre, tapissier ordi-
naire du Roi, ami; Sébastien Leclerc, dessinateur et graveur ordinaire
du Roi, beau-frère de la future.
J.-J. GUIFFREY.
(Arch. nat., ¥281, fol. 352 v".)
DECOUVERTE A MARSEILLE D'UNE ŒUVRE
DE JACQUES CLÉRION
EXÉCUTÉE EN 1688.
Grâce à MM. Rey et Clastrier, deux sculpteurs de notre ville qui
l'ont si habilement restaurée, Marseille peut montrer, non plus une
œuvre aussi grandiose que les Termes de Toulon, mais un bas-relief
de la même époque, dont la valeur artistique a cependant son prix,
car il est de la main d'un sculpteur provençal déjà en réputation,
quand l'illustration de notre Puget, qui le dépassait de la hauteur de
son génie, n'était encore qu'en partie consacrée, surtout dans son propre
pays. Nous avons nommé Jacques C 1er ion.
Perdu dans un quartier à demi désert, rue Sainte, 87, on a devant
soi un morceau qui sert de frise à la porte d'entrée du domaine
Court de Payen. Ce morceau, d'environ deux mètres de largeur sur
un mëtre de hauteur et quinze centimètres de saillie, est plein de mou-
vement et semble n'être qu'une envolée sensualisée du génie de notre
grand Marseillais, c'est une œuvre très personnelle, qui, malgré ses
deux cents ans d'existence, reste toujours jeune, car la nature y est
prise sur le fait, dans son éternité sans cesse renaissante.
Sur un arc de cercle, dont la flèche est très courte, ayant dans l'axe
un cartouche incliné, deux enfants d'un modelé puissant, aux chairs
palpitantes, s'abandonnent.
A gauche, c'est une fille, ses cheveux fins flottent au vent, elle
sourit, elle se laisse aller dans un mouvement plein de grâce naïve,
les doigts de ses petits pieds gras et dodus sont détendus, tout effort a
disparu, elle s'est accrochée aux saillies du cartouche qui s'incline,
elle ne touche plus la terre ; elle semble flotter dans l'air.
A droite, c'est le garçon, gros et joufflu, plus gauche, plus massif,
renversé par le cartouche qui s'abat sur lui, et, comme le dirait
Molière, « qui tombe lourdement sur son cul, » les jambes en l'air,
empoignant de sa main sa cuisse gauche, laissant tomber son bras
ART FR. IV 12
178 JACQUES CLÉRIOK.
droit replié, dont la main s'engage derrière ses reins : ses cheveux
embroussaille's se hérissent, les doigts de ses petits pieds se crispent,
et, ahuri, il reste tout penaud, tout ébaubi de sa chute; voilà le
tableau.
Maintenant, ce bas-relief est signé J. C; c'est Clérion, nous l'avons
dit, non un élève de Puget, comme nous l'avions affirmé autrefois
par erreur ', mais son émule; la preuve c'est que, lorsque en 1687 le
contrat fait avec Puget pour l'érection de la statue équestre de
Louis XIV fut résilié par l'intendant de Provence, la ville de Mar-
seille en passa un autre le 28 octobre 1688 avec Clérion; de là pro-
cès, où Puget assigna vainement Clérion devant le Conseil d'État, car
le contrat de ce dernier fut maintenu. Il faut donc rapporter à cette
époque le bas-relief dont nous venons de parler.
Inutile d'ajouter que la statue équestre du Roi ne fut jamais termi-
née ; la guerre ayant éclaté, la ville y contribua pour 3oo,ooo livres,
son trésor était vide, et, par acte du 3o décembre 171 1, les échevins,
se conformant aux intentions du roi, transigèrent, au nom de la ville,
avec le sculpteur Clérion 2.
M. Lieutier, l'intelligent architecte chargé de surveiller la restau-
ration de cette sculpture originale, l'a fait mouler; il en a offert un
exemplaire à notre École des Beaux-Arts et un autre au Petit Marseil-
lais. Nos sincères félicitations à M. Lieutier. Il serait à désirer que des
exemplaires de cette sculpture pussent être multipliés, elle ne serait
pas déplacée dans nos écoles provinciales, même au Louvre et à
l'École des Beaux-Arts de Paris, où elle rappellerait le faire d'un de
nos sculpteurs célèbres du xvii' siècle, qui fait honneur à notre école
française.
Autres détails à noter. — La maquette de cette sculpture, c'est-à-
dire le premier jet, d'environ 60 centimètres de largeur, avait été
abandonnée en 1690 par le maître à Cailhiol., son praticien; elle est
restée de père en fils aux mains des descendants dudit Cailhiol.^ tous
sculpteurs ou plâtriers ornemanistes. On n'a pas oublié dans nos murs
les derniers représentants de ces artistes. L'un, l'aîné, s'est fait une
I. Voici la note que nous lui consacrons dans nos Annales de la Pein-
ture, 1862 :
€ Clérion Jacques, né à Treste, fut un bon sculpteur, il travailla pour la
cour, quelques-uns de ses ouvrages existent encore dans le parc de Versailles.
On distingue parmi eux une statue de Jupiter, une Junon et une Vénus
d'après l'antique. Le Bacchus de la salle de Trianon est encore de lui; il y
avait également de sa main deux bustes qui existaient avant la Révolution à
l'église de Saint-Jean, à Aix. Clérion avait épousé Geneviève Boulogne, qui
peignait l'histoire, les fleurs et les fruits, et dont les talents lui avaient valu
une place à l'Académie; Clérion la perdit en 1708; il mourut en 17 14. »
Si. Registre r 14 des délibérations municipales, fol. 22, Archives de la pille.
JACQUES CLERION. I79
spécialité comme rocailleur et constructeur de ruines en ciment, de
tous les styles, qui ornent un grand nombre de jardins des villas
marseillaises et des environs de Nice. Le cadet, le plus célèbre, eut
une existence très accidentée. Il avait élevé, en 1848, sur la place
Saint-Michel, la statue de la Liberté, haute de 4 mètres'. Nous nous
souvenons avoir vu dans son atelier, où nous avons passé de longues
heures, une épreuve moulée d'après le bas-relief original de Clérion,
qui nous avait frappé par sa fière tournure; cette épreuve était alors
encadrée par une bordure Louis XV, sculptée et peinte. L'atelier dudit
Cailhiol, vaste salle à blé, englobée aujourd'hui dans les magasins de
la Belle Jardinière, était garni dans son pourtour de projets et
maquettes, toutes plus originales les unes que les autres; groupes
représentant des Bédouins à cheval ou à dos de chameaux, attaqués
par des lions ou des tigres, bœufs, moutons, chèvres, meute de chiens
attaquant des ours ou forçant des cerfs et des sangliers, groupes de
lutteurs dans les attitudes les plus mouvementées ; le plus grand
nombre à l'état d'ébauches rudimentaires et plus ou moins avancées,
quelque peu écornées. C'était en réalité un spectacle étrange et des
plus curieux. Cailhiol était une sorte d'illuminé, vivant comme un
cénobite, mais seulement au point de vue de la frugalité; c'était un
républicain fougueux et endiablé.
Obligé d'abandonner son atelier en i85i, ces objets avaient été
transportés dans un ancien atelier des Cailhiol, rue du Bon- Pasteur,
mais à la mort de notre artiste, tout ce qui avait quelque valeur fut
enlevé. Son frère absent, seul héritier, à son arrivée à Marseille, ne
put que constater cette disparition. Cailhiol avait une maîtresse,
connue sous le nom de la Vénus Hottentote, elle tenait une librairie;
mais ne troublons pas la cendre de cette femme.
Toujours est-il que ces objets furent en grande partie envoyés à
Paris, car nous nous souvenons avoir vu en i855, année de l'Expo-
sition Universelle, bon nombre des œuvres dont nous parlons, expo-
sées place de la Bourse et dans divers Passages.
Le moulage de la maquette de Clérion doit donc figurer dans
quelque cabinet de Paris. Quant à la maquette de Clérion, le père du
sculpteur Cailhiol, qui travaillait aux ornements de VArc de triomphe
de Marseille en i838, l'avait donnée à l'architecte Penchaud, auteur
de ce monument. Il est possible que les héritiers de Penchaud aient
conservé cette œuvre originale.
E. Parrocel.
20 avril 1887.
I. Annales de la Peinture, p. 467. Voir sa biographie assez étendue.
l80 HENRY COUET.
HENRY COUET,
SCULPTEUR DU ROI.
(1702.)
Un mémoire jvfdiciaire qui ne compte pas moins de 54 pages in-40,
re'digé pour Louis-Jean Thévenet et autres, appelants, contre les
mineurs Lefebvre et leur curateur, intimés, nous apprend que Henri
Couet, sculpteur c^u Roi, inconnu de presque tous les biographes,
même de Nagler, mais dont le nom revient fréquemment dans les
Comptes des Bâtiments du Roi, avait épousé Marie Vendalle, qui resta
veuve à la fin de l'année 1702, à l'âge de soixante-trois ans, ce qui
fixe la date du décès de son mari. Peu de temps après la perte de son
mari, Marie Vendalle recueillit la succession de Françoise Buyster',
sa cousine germaine, veuve d'un procureur au Châtelet, nommé
Baudry (Jean-Baptiste). C'est tout ce que ce long mémoire off"re d'in-
téressant sur la biographie de Couet et de sa femme. Mais le nom de
cet artiste étant peu connu, nous avons cru devoir recueillir les ren-
seignements de nature à fixer quelques dates importantes de sa vie.
J. G.
LE SCULPTEUR JEAN-PANCRACE CHASTEL.
1784.
Ce fut avant le second traité passé, le i3 mars 1786, par le sculpteur
Cliardigny avec Féraud et Millon, entrepreneurs de la paroisse Saint-Louis,
en présence de Sigaud, architecte-ingénieur chargé de la construction de cette
église, que Chastel, sculpteur d'Aix, demanda d'exécuter en marbre ou en
pierre de Calissanne les deux statues qu'on avait l'intention de faire sculpter
pour être placées dans les absides des nefs latérales de la paroisse Saint-
Louis. Mais cet artiste dut renoncer à ce travail, la municipalité se réservant
de faire faire les deux statues par Chardigny, qu'on avait chargé, en ij83,
pour le prix de dix mille livres, et sans la consulter quant au choix des
sujets, d'une décoration dont le programme ne lui convenait nullement.
Chastel, né à Avignon en 1726, mourut à Aix en lygS. 11 a beaucoup tra-
vaillé dans cette dernière ville, où il s'était fixé à l'âge de vingt-quatre ans.
Charles Ginoux.
I. D'une donation faite à la chapelle de Notre-Dame-de-Lorette, sise aux
Porcherons, par le sculpteur Philippe Buyster, en date du 10 avril 1681
(Archives nationales, Y 240, fol. 270 v°), il résulte que ledit Buyster était
veuf à cette époque de Jeanne Vandelle ou Vendalle, pour laquelle il fondait
deux services annuels. Françoise Buyster était donc la fille de Philippe Buys-
ter et de Jeanne Vandelle ou Vendalle.
JEAN-PANCRACE CHASTEL. lOI
DÉCORATION DE LA PAROISSE SaiNT-LoUIS, DE ToULON.
Le sculpteur Jean-Pancrace Chastel demande à faire deux sta-
tues pour cette nouvelle paroisse.
I.
A Messieurs les Maire et Consuls, lieutenants de Roy.
Messieurs,
Ayant fait des modelles pour le plan que Monsieur Sigaud avait
fait de votre église, dont je n'ai rien retiré, et, dans l'intention où
Je suis de me reposer bientôt. Je souhaiterois pour dernier ouvrage
et avant d'envoyer mon fils à Paris, de faire les deux statues qu'il
faut à cette église ; j'en serois d'autant plus charmé que cet ouvrage
étant à portée d'être vu souvent par de grands amateurs, Je vou-
drois, en méritant le choix qu'on auroit fait de moi, faire voir, en
sus de ma réputation, ce dont je suis capable; J'agis, en cela, plus
par honneur que par intérest, tellement que Je les ferois à un prix
bonnette. Pour ce qui est des payements, ce sera. Messieurs,
comme vous trouverez bon et de manière que la communauté ne
s'en reconnoîtra pas, peu à peu, à fur et à mesure de l'ouvrage,
qui ne sera fait qu'environ au temps que l'église sera achevée; car
avant que les modelles soient faits, les blocs tirés et rendus chez
moi, d'autres ouvrages que J'ai à faire et celui-là fait, il faut du
temps. Ainsi, Messieurs, vous.fairez votre ouvrage sans vous en
apercevoir, et vous l'aurez à temps pour en Jouir lorsque l'église
sera finie; d'ailleurs, c'est un épargne réel pour la communauté,
parce que, lorsque je ne travaillerai plus, il vous couteroit beau-
coup plus cher, parce qu'il n'y a pas dans cette province des gens
pour cela. J'ose me flatter que vous serez satisfait de mon ouvrage
et que vous voudrez bien Jeter les yeux plutôt sur un citoyen que
sur un étranger.
Je suis avec respect, Messieurs, votre très humble et très obéis-
sant serviteur,
Chastel.,
Professeur de sculpture de la Province et son pensionnaire.
(Lettre reçue le 28 mai 1784.)
l82> JEAN-PAJ4CRACE CHASTEL.
II.
Du i8 juillet 1784.
Messieurs,
Je m'empresse de répondre à la lettre que vous m'avez fait
rhonneur de m'écrire, pour vous donner les éclaircissements que
vous paraisses souhaiter au sujet des statues de votre nouvelle
paroisse et des conditions pour le payement.
C'est par honneur et pour me surpasser dans cet ouvrage que
j'ai demandé la préférence sur les ouvriers de Paris, car il n'y a
personne en Provence qui fut en état de Texécuter, et il vous en
coûteroit le double si vous vous adressiés à un sculpteur de la
capitale.
Une statue en marbre de hauteur naturelle, faite par un maître
de Paris, coûte dix mille francs, il faut en outre leur fournir le
bloc, faire voiturer la statue et payer les droits d'entrée.
Pour vous témoigner toute ma bonne volonté, je fournirai les
deux blocs de marbre, je ferai les deux statues de la proportion
convenable au local, qui, devant être beaucoup plus hautes que
nature, seroient beaucoup plus chères; je les ferai transportera
Toulon et vous ne me payerés que cinq mille francs pièce; ainsi,
l'avantage pour votre communauté sera plus que du double.
Si vous ne voulez faire les statues qu'en pierre de Calissanne,
qui est, après le marbre, la plus belle pierre connue, je les fairai
pour deux mille et cinq cents livres chaque, mais il n'y a pas
cependant de la comparaison entre la pierre de Calissanne et le
marbre.
Pour les arrangements qui seroient à prendre entre votre com-
munauté et moi, j'imagine qu'il seroit à propos de me payer un
tiers de la somme convenue lorsque j'irai avec mon fils à Carrara,
en Italie, pour choisir les blocs, les faire transporter et payer les
droits d'entrée; un second tiers lorsque l'ouvrage sera à moitié
fait, et le tiers restant lorsque les deux statues seront finies.
Au reste, Messieurs, vous réglerez vous-mêmes les payements
de la manière que vous trouverez la plus convenable aux intérêts
de votre communauté, pourvu que les miens n'en souffrent pas
essentiellement.
Je suis avec respect, Messieurs, votre très humble et très obéis-
sant serviteur,
Chastel,
Professeur de sculpture de la Province et son pensionnaire.
BELLONI, l83
III.
A Aix, le 14 décembre 1784.
Messieurs,
Je n'ai pu jusqu'à ce moment vous envoyer les mesures des
deux statues que je souhaiterois faire dans votre église, parce que
M. Sigaud étant attendu à Aix de Paris tous les jours, je ne pou-
vois lui écrire.
Depuis son arrivée à Aix, ayant toujours été dehors, je n'ai pu
le voir qu'à son retour de l'assemblée ; il me les a données, elles
doivent avoir cinq pieds et demi de haut. Il m'a dit que pour dire
si peu de chose, il n'étoit pas nécessaire d'une lettre, mais que s'il
en falloit absolument une vous auriez la bonté de lui écrire et qu'il
envoyeroit tout de suite ces mesures par écrit; audit cas, Messieurs,
si vous voulez bien m'honorer d'une réponse, je ferai ce qui sera
nécessaire.
Je suis avec respect, Messieurs, votre très humble et très obéis-
sant serviteur,
Chastel^
Professeur de sculpture de la Province.
(Arch. comm. de Toulon. — DD. 106 bis, Carton. — Chastel, lettres.)
ARRIVEE DE BELLONI A PARIS.
(1798.)
Dans le tome II de la troisième série (1886, p. 169-174), M. Jules GuifFrey
a publié des notes sur les anciennes manufactures de mosaïque en France
et surtout sur celle de Belloni. La pièce suivante vient utilement compléter
ce qu'on savait du mosaïste italien.
H. J.
MINISTERE DE L INTERIEUR.
Paris, le 19 prairial an 6^ de la République
française, une et indivisible (7 juin 1798).
Le chef de la 4« division des bureaux du ministère de l'intérieur
au citoyen Duvivier.
Je vous engage, citoyen, à écouter le cit. Belloni, porteur de
cette lettre. Il vient d'importer en France l'industrie de la
mosaïque, et il paroît que le gouvernement est disposé à le favo-
184 AUTOGRAPHES DE SCULPTEURS.
riser. Y auroit-il moyen, comme le cit. Belloni le présume, de
former son petit établissement dans quelque partie des bâtiments
de la manufacture que vous dirigez? Voilà ce qu'il a besoin d'exa-
miner et ce que je vous invite à lui faire connoître.
Salut et fraternité.
J.-B. Dubois.
L'époque précise de l'arrivée de Belloni à Paris était incertaine; elle est
déterminée par cette lettre, adressée à Duvivier, directeur de la Manufacture
nationale des tapis de la Savonnerie, à Ghaillot.
Gerspach.
AUTOGRAPHES DE SCULPTEURS.
Communiqués et annotés par M. Henry Jouin.
BOSIO.
i8i5.
Statue du duc d'Enghien.
■ On connaît la statue de Louis-Antoine-Henri de Bourbon, duc d'Enghien,
par le baron François-Joseph Bosio. Ce marbre est au Musée de Versailles
(n° iSSg, catal. d'Eud. Soulié). Il a été exposé au Salon de 1817 (n» ygôjavec
la mention : « Statue ordonnée par le Roi. » Ce qu'on ignore, c'est l'empres-
sement qu'apporta l'artiste à s'acquitter de sa commande. La lettre suivante,
que nous avons acquise à une vente d'autographes, nous renseigne sur la
date exacte à laquelle Bosio acheva le modèle de sa statue.
A Monsieur Lenoir, Directeur général du Musée des Petits-
Augustins.
Paris.
Paris, ce 2 3 octobre 181 5.
Monsieur et ami,
Vous savez que Monseigneur le Prince de Condé m'a promis
de me faire l'honneur de venir à mon atelier pour voir la statue
de Monseigneur le duc d'Enghien, Comme elle est entièrement
terminée, je serais bien aise qu'il la vît avant qu'elle seré [sic]
moulée. Faites-moi doncl^amitié [de] déterminer le prince à venir
le plus tôt possible. Vous m'obligeriez infiniment.
Agréez, Monsieur et ami, l'assurance des sentimens distingués
d'estime et d'amitié avec lesquels je serai toujours,
Votre dévoué serviteur,
Bosio.
AUTOGRAPHES DE SCULPTEURS. l85
Alexandre Lenoir s' empressa de faire connaître au Prince le désir de Bo^io
et, sous la date du 3i octobre i8i5, il reçut de Chantilly le billet que voici :
A Monsieur Lenoir, etc., etc., rue des Petits- Augustins.
Le Ch" Jacques a Thonneur de faire ses compliments à Mon-
sieur Lenoir., et de Pinformer que Mgr le Prince de Condé a fixé
jeudi prochain, à dix heures du matin, pour aller visiter la statue
de son malheureux petit-fils, et le prie aussi d'en faire prévenir
M. r Artiste, dont il ne se rappelle pas le nom.
Cette dernière phrase se passe de commentaire. Elle donne toutefois à
réfléchir sur la vanité de la gloire humaine. Bosio inconnu du Prince de
Condé en i8i5 I
CORTOT.
1839.
Statue de l'Immortalité, destinée au couronnement du Dôme
DU Panthéon.
M. le marquis de Chenneviéres, dans sa curieuse plaquette les Décorations
du Panthéon (Paris, in-4'', i885), s'exprime en ces termes : « Il nous faut
transcrire ici trois billets, seul souvenir pour nous d'une œuvre considérable
du grand sculpteur Cortot et qui devait évidemment, dans la pensée de l'ar-
chitecte du monument, naturellement préoccupé de rentrer dans les anciens
projets révolutionnaires de Quatremère de Quincy, tenir la place de la
fameuse renommée de Dejoux. » Les trois billets sauvés de l'oubli par M. de
Chenneviéres ont leur prix, mais ces notes sont sans signatures. Voici une
lettre de Cortot, relative au même ouvrage, dont le modèle fut seul achevé,
puis détruit au bout de quelques années, après avoir été payé 20,000 francs
à l'artiste.
A M. le comte Duchatel, ministre., secrétaire cTEtat au dépar-
tement de r Intérieur.
J'ai l'honneur de vous prévenir que la statue colossale àtV Im-
mortalité., destinée à être placée sur la coupole du Panthéon et
qui est terminée depuis trois ans, a été exécutée par moi dans un
atelier qui fait partie de la fonderie de la ville de Paris. Cet ate-
lier menace ruine; une partie même du bâtiment est tombée, et
Je dois vous dire, Monsieur le Ministre, que la statue court les
plus grands dangers. Il serait très urgent d'ordonner quelques
réparations devenues indispensables. J'ai l'honneur d'être avec un
profond respect, Monsieur le Ministre,
Votre très humble et très obéissant serviteur,
Cortot,
Membre de l'Institut.
Paris, le 20 octobre 1839.
l86 AUTOGRAPHES DE SCULPTEURS.
FLATTERS.
1839.
Le groupe de Ganymède.
Nous savions que Flatters [Jean- Jacques), né à Crevelt, ancien départe-
ment de la Roër, avait reçu les leçons de Houdon. Il nous apprend qu'il est
également élève de David. A quelle date a-t-il rencontré Nave^ dans l'ate-
lier du peintre ? Quoi qu'il en soit, c'est d'une rencontre ancienne qu'il s'au-
torise pour obtenir par lui, s'il est possible, la vente rémunératrice de son
groupe en marbre, de grandeur naturelle, représentant Ganymède, exposé
au Salon de 1822 (n° i4i3)et dont il retrace, en iSSg, l'odyssée lamentable.
Monsieur et cher Camarade,
Nos anciennes relations dans l'atelier de notre maître David
m'encouragent à vous demander aujourd'hui un service. Depuis
douze ans, ma statue de Ganymède est au Musée de Bruxelles,
cette statue était destinée au Roi de Prusse, pour lequel je l'avais
envoyée. Le Roi la trouva fort de son goût, mais ensuite, ayant
réfléchi, il me fit écrire de Berlin que la nudité de la statué l'em-
pêchait d'en faire l'acquisition. Deux ou trois ans après, le roi
Guillaume \ à qui je la proposai, me répondit qu'il ne savait
point si pour le moment il pouvait en faire l'acquisition, et que
l'on m'en donnerait avis. La Révolution arriva et la statue ne fut
point vendue.
Vous savez, mon cher Monsieur A^ave^, qu'un tel ouvrage
occasionne beaucoup de frais. Cette statue me coûte, argent
déboursé, sept mille huit cents francs. Si vous pouviez me la pla-
cer au Gouvernement ou à d'autres personnes pour le prix de l'ar-
gent qu'elle me coûte, attendu que je suis dans un état de gêne
déplorable, vous me rendriez aujourd'hui un service éminentque
je n'oublierai jamais et que je réclame de vous comme un'ancien
camarade d'atelier.
Je serais heureux si de mon côté je pouvais vous être agréable,
et dans le cas où vous auriez besoin de moi je vous prie de ne
point vous gêner.
I. Guillaume I" d'Orange-Nassau, roi des Pays-Bas, de 181 5 à i83o.
AUTOGRAPHES DE SCULPTEURS. I 87
Cette lettre vous servira de titre pour la vente de ma statue en
marbre de Ganimède.
Agréez, je vous prie, mes amitiés.
Votre tout dévoué,
FlatterSy statuaire.
A Yvry-sur-Seine, rue de Liegat, n° 22.
Banlieue près Paris.
19 avril iSSg.
(Bibliothèque de Bruxelles. Legs Navez. — Transcrit par les soins de
M. Hymans.)
DESBŒUFS.
1845.
Souvenir de la fête de la madone di Pie di Grota.
Antoine Desbœufs, graveur en médailles, graveur sur pierres fines du cabi-
net du duc d'Angoulême et enfin statuaire, avait remporté le grand prix de
Rome en 1814 pour la gravure en médailles. Condisciple à l'Académie de
France à'' Achille-Etna Michallon, qui devait mourir à vingt-six ans, après
avoir conquis une réputation plus qu'ordinaire, Desbœufs était devenu son
ami. C'est au cours d'un voyage à Naples fait en compagnie de Michallon
qu'il aurait conçu l'idée de son groupe Souvenir de la fête de la Madone,
exposé d'abord au Salon de iSSy (n" igoS) et réexposé à Bruxelles en 1845,
comme on va le voir tout à l'heure. Nave^ [François-Joseph), né à Charle-
roi, élève de David à Bruxelles de i8i5 à 1817, s'était lié en Italie avec Z)es-
bœufs et Michallon de 181 7 à 1821.
Mon cher Nave:{,
C'est un vieux camarade qui se rappelle à votre souvenir, je dis
vieux avec quelque raison, car voilà si je me trompe vingt-sept ou
vingt-huit ans que nous fîmes pédestrement, et en compagnie de
ce pauvre Michallon^ le voyage de Naples ; le bon temps, et comme
on se reporte volontiers à ces souvenirs! J'ai revu Tltalie il y a
quelques années, mais quelle différence, le prisme de la jeunesse
était éteint! Enfin, il faut se résigner!
Voici, mon cher ami, le motif de ma lettre. J'ai envoyé à l'ex-
position de Bruxelles un groupe demi-nature, que j'ai exécuté en
me rappelant ce voyage dont je vous parlais tout à Theure. Il est
nécessaire de vous dire que je ne suis pas resté graveur, et que
depuis vingt ans je ne fais plus que de la statuaire.
Je ne vous dirai rien de la qualité de mes travaux, mais ils sont
nombreux, à la Chambre des pairs, à celle des députés, à la Made-
100 AUTOGRAPHES DE SCULPTEURS.
leine, place de la Concorde, etc. Je désire beaucoup ajouter à ma
croix nationale celle de Belgique. Si vous pouvez, comme je
pense, vu votre influence si bien méritée dans votre pays, m'aider
à cela, je vous en serai très reconnaissant.
Je vous prie d'examiner avec indulgence le petit groupe en
question, car les objets traduits en bronze perdent toujours un peu
à cause du travail des ouvriers, au lieu que ceux de marbre se
trouvent en voie d'amélioration sur le modèle.
Vous voyez, mon cher Nave:{, que je n'ai pas hésité à m'adres-
ser à vous, en me rappelant toute votre obligeance et votre aimable
caractère. Je vous fais à l'avance tous mes remercîments, ne dou-
tant pas que si vous pouvez m'être utile dans cette circonstance
vous m'accorderez votre protection.
Adieu, mon cher Nave:{^ mille compliments affectueux de votre
ancien et dévoué camarade.
A. Desbœufs ^
Statuaire, rue Larochefoucauld, 24.
25 août 1845.
(Bibliothèque de Bruxelles. Legs Navez. — Transcrit par les soins de
M. Hymans.)
GUERSANT.
1848.
Buste de Quintilien.
Pierre-Sébastien Guersant, élèVe de Cartellier, né en 1789, était un con-
temporain de David d'Angers. C'est à lui qu'est adressée la lettre qu'on va
lire. David la transmit, en l'appuyant, ainsi que le souhaitait son auteur, à
Charles Blanc, Directeur des Beaux-Arts. Mais, au lieu d'un « brave guerrier
ayant versé son sang généreux pour la défense de nos lois, » Guersant dut
représenter un rhéteur du i" siècle de notre ère, dont l'image manquait
encore à l'École normale. Le buste de Quintilien fut exposé au Salon de 1849
(n" 2287).
Paris, i5 septembre i84'8.
Mon brave et ancien camarade,
Il y a quarante ans, c'était le titre qui nous unissait; aujour-
d'hui, c'est celui de Représentant du peuple, que vos talents et
vos vertus civiques vous ont mérité.
Vous êtes, dans cette honorable position, [disposé] à venir en
aide par la voix de la justice à vos concitoyens les artistes.
Sensible au serrement de main fraternel et à l'affection que vous
m'avez témoignée mardi, lorsque je fesais partie de la députation
JEAN-FRANÇOIS MILLET. 189
du Comité central des artistes, qui nous avait chargé de vous expo-
ser combien il était pressant de leur venir en aide.
Forcé de vous parler de moi, je vous prie de vouloir bien
m'appuyer auprès de M. Charles Blanc, Directeur des Beaux-Arts,
qui m'a promis un buste, et une copie quelconque de peinture à
ma fille.
Je désirerais que ce buste soit un de nos braves guerriers qui
ont versé leur sang généreux pour la défense de nos lois. Je serais
heureux de remplir le rôle du véritable artiste qui, par son tra-
vail, fait passé [sic] les héros à la postérité.
Vous acquerrez par ce fait un nouveau titre à ma reconnais-
sance et au dévouement avec lequel j'ai l'honneur d'être votre
très humble serviteur.
Guersant^
log, quai Valmy.
Au citoyen David d'Angers, Représentant du peuple.
(Collection de M. Robert David.)
JEAN-FRANÇOIS MILLET
JUGÉ PAR LES AMÉRICAINS.
(1880-1881.)
Au moment où l'œuvre de Millet reçoit de l'exposition ouverte à
l'École des Beaux-Arts une sorte de consécration officielle, il nous
paraît intéressant de signaler à nos lecteurs une des études les plus
complètes et les plus consciencieuses consacrées dans un journal étran-
ger au peintre des paysans et de la campagne. Une Revue américaine,
fort au courant de tout ce qui se passe en France et dans les diverses
contrées du vieux continent, a publié en 1 880-1 881, sous le titre :
Jean-François Millet, peasant and painter, une série de cinq articles
richement illustrés de nombreuses reproductions de dessins par le
procédé Yves et Barret. Cette Revue portait alors le titre de Scribner's
Monthly, qu'elle a échangé depuis plusieurs années contre celui de
Tke Century Illustrated ; elle donne tous les mois, pour un prix
modique, un volumineux cahier décoré d'une quantité de dessins
d'une originalité charmante, gravés avec une habileté remarquable.
Nous ne voyons pas, parmi les recueils similaires édités en France ou
en Angleterre, de Revue ou de magazine pouvant rivaliser avec la
publication américaine.
Pour nous en tenir à l'article relatif à Millet^ c'est un résumé très
ÏQO JEAN-FRANÇOIS MILLET,
substantiel, très complet de la biographie du peintre français préparée
par Alfred Sensier. L'auteur ne dissimule pas ses emprunts ; il avoue
tout ce qu'il doit au livre de Sensier et ajoute en note : « M. Sensier's
manuscript has been edited by one of the most prominent French
critics, M. Mantz. » On voit qu'il est au courant de la littérature
aussi bien que de l'art. Nul doute que cette étude si développée n'ait
contribué dans une large mesure à inspirer aux Américains un goût
très vif pour le peintre de Barbizon.
L'article a plus de soixante pages à deux colonnes ; il commence
dans le numéro du mois de septembre, se continue en octobre, no*
vembre, décembre 1880 et en janvier 1881. Voici une liste des dessins
reproduits en fac-similé. Cette énumération donnera une idée de la
richesse de l'illustration de la Revue américaine, qui se préoccupe
beaucoup de l'art français et qui, à ce titre, mérite d'être tout parti-
culièrement signalée aux artistes et aux curieux :
Tome XX.
Portrait de M*» Millet.
Maison natale de Millet, à Gruchy.
Pileuse,
Paysans retournant chez eux.
Femmes rapportant le linge après la lessive.
Portrait de Millet, dessiné par lui-même en 1847.
L'agneau nouveau-né.
Femme portant le lait à la maison.
Midi (femme couchée).
Bergère,
Bergère tricotant.
Femme au bain.
Gardeuse.
Tonte des moutons.
Œdipe détaché de l'arbre (d'après Ed. Hédouin).
Le bûcheron.
Apprenant au bébé à marcher.
La plaine de Barbizon.
Les glaneuses.
Tome XXI, en frontispice.
Le semeur, gravé par T. Gole.
Le moissonneur.
Les laboureurs (diggers).
L'Angelus.
Portrait de Millet, d'après un dessin de lui, exécuté en 1846- 1847.
C'est le portrait qui figure en tête du catalogue de l'exposition récem-
EPITA!>HES DE PEINTRES. igi
ment organisée à l'École des Beaux-Arts. Un certain nombre des des-
sins réduits au format in-S" de la Revue de New- York ont paru en
plus grandes dimensions, si nos souvenirs sont exacts, dans le jour-
nal l'Art*. Plus de soixante-dix lettres de Mi7/ef, traduites en anglais
d'après les originaux recueillis par MM. Mantz et Sensier, accom-
pagnent l'article anonyme contenant une appréciation très intéres-
sante du talent de Millet avec de précieux renseignements sur plu-
sieurs de ses œuvres, conservées aujourd'hui en Amérique.
J. G.
EPITAPHES DE PEINTRES
relevées dans les cimetières de paris et publiees suivant
l'ordre chronologique 2.
MERINO, POWER, BRION, REYNARD, MASSON, ANTIGNA.
CXXXV. Merino. — 1876.
Ygnacio — Merino, — peintre, — né à San-Miguel de Piura
(Pérou), — en 1818, — mort à Paris, — en 1876.
(Père-Lachaise, 53* division.)
CXXXVI. Power. — 1876.
Jean Charles — Power, — peintre, — 11 janvier 1857. 19 ans.
5 avril 1876. — Deuil éternel.
(Montparnasse, i3« division.)
CXXXVIl. Brion. — 1877.
G. Brion, — né — à Rothau (Vosges), — MDCCGXXIV, — mort
— à Paris, — MDCGCLXXVII.
(Montparnasse, iS^ division.)
CXXXVIII. Reyn^rd. — 1877.
Louis Ovide Georges — Reynard, — peintre décorateur, — né à
Paris, le 17 février 1844, — décédé à Paris, le i3 Xbre 1877.
(Père-Lachaise, 10^ division.)
1. Certains de ces dessins ont gardé la trace sensible d'une influence dont
on ne tient pas assez de compte, nous semble-t-il, quand on analyse le talent
de Millet. Charles Jacques était à Barbizon le voisin de Th. Rousseau et de
son ami. Il avait vu et traduit les scènes de la campagne sous un aspect qui
offre de frappantes analogies avec le style du peintre de l'Angelus. Millet a
connu Charles Jacques à Barbizon; ses paysans et ses bergères rappellent
sensiblement les silhouettes des personnages de l'habile aqua-fortiste. C'est
un détail bon à noter. Il est bien de glorifier les morts, mais ce n'est pas un
motif pour oublier les vivants.
2. Voy. tome II de la S* série, p. 365-366.
1 92 BIBLIOGRAPHIE.
CXXXIX. Masson. — 1878.
Hippolyte Masson, — artiste peintre, — décédé à Paris, — le
12 novembre 1878.
(Père-Lachaise, 44e division.)
CXI.. Antigna. — 1878.
Jean Pierre Alexandre Antigna, artiste peintre, — chevalier de la
Légion — d'honneur et de l'ordre du Christ, — décédé à l'âge de
60 ans, le 26 février 1878. — Ici reposent — dame Sébastien Rendu,
née Jeanne Gillet, — décédée le i3 déc. 1823, dans sa 76^ année. —
Dame Honoré Chabaud, née Victorine Rendu, — décédée le 2 5 mars
i83o, dans sa 46^ année. — Honoré Chabaud, conseiller à la cour
royale, — décédé le 7 janvier 1845, dans sa 79» année. — Jeanne
Marie Antigna, — décédée le 11 octobre 1864, à l'âge de 2 ans 1/2,
— Achilt Jules Pettit, — décédé le 7 juillet 1874, dans sa 77^ année.
(Montparnasse, 21" division.)
(A suivre.) H. J.
BIBLIOGRAPHIE.
H. Beraldi. — Les Graveurs du XIX' siècle, 5» livraison : Cherrier-Dien,
— Paris, Conquet, in-S", 240 p. et 3 pi. — 6' livraison : Doré-Gavard.
— Paris, Conquet, 1887, in-8°, 253 pages. — Nous avons signalé, à diverses
reprises, les débuts de cette utile publication, guide indispensable des ama-
teurs d'estampes et d'illustrations. M. Beraldi continue son œuvre sans inter-
ruption. Il ne prétend pas donner la liste complète des planches de tous les
artistes qui ont tenu la pointe ou le burin. 11 fait mieux, il signale les
œuvres marquantes; il juge et choisit avec l'indépendance et la sûreté d'un
connaisseur éraérite. Il jette dans son récit mainte anecdote et réveille ainsi
l'attention. Ce catalogue est en somme un livre d'une lecture aussi attrayante
qu'instructive. Faute de pouvoir citer tous les noms qui figurent à la table de
la cinquième livraison, nous signalerons seulement les plus célèbres : Chifflart,
Corot, Courtry, Daubigny, Daumier, Dau:çats, Decamps, Eugène Delacroix,
Paul Delaroche, Bouclier-Desnoyers, Desboutin, Détaille, Achille Devéria,
Dia^, Lien. Quand il s'agit d'un maître comme Corot, Daubigny, Dela-
croix, l'auteur donne l'énumération complète des œuvres originales, sauf à
renvoyer, s'il y a lieu, pour le détail aux catalogues déjà publiés. Parfois il
s'adresse à un collègue particulièrement compétent. C'est ainsi que M. Alfred
Robaut a dressé la liste des eaux-fortes de Corot. — La sixième livraison
abonde en boutades fort judicieuses sous leur aspect humoristique. Elle
débute par l'appréciation et le catalogue de l'œuvre de Gustave Doré. Nous
y trouvons ensuite les noms de Draner, Dubouchet, Dubufe, Duplessi-Ber-
taux, Jules Dupré, Durand-Brager, Engelmann, Etex, Falguière, Fantin-
Latour, Feuchère, Feyen-Perrin, L. Flameng, Hippolyte et Paul Flandrin,
comte de Forbin, Forster, Fortuny, Foulquier, Français, Frœlich, Ferdi-
nand Gaillard, Garnerey, Gatteaux, Gauclierel, Gaujean, Théophile Gau-
tier, etc., etc. Cinq gravures à l'eau-forte sont jointes à ce fascicule. — J. G.
JEHAN BREFFECT. igS
JEHAN BREFFECT
PEINTRE TOURANGEAU.
(1548.)
L'église de Sepmes, commune du canton de la Haie, arrondis-
sement de Loches, est du xii® siècle et d'un bon style. Une cha-
pelle de la Renaissance, ouverte dans le côté nord, offre des pein-
tures murales à demi effacées, avec Tinscription suivante qui nous
donne le nom d'un peintre dont jusqu'ici nous ne connaissons
aucune autre œuvre. Celle-ci, qui représente des saints, est trop
détériorée pour permettre d'apprécier le talent de l'artiste. L'ins-
cription est en deux lignes :
En l'an mil cinq cent quarante et huict, maistre Jhan Breffect^ paintre,
Loys du Boys, seigneur du Puy, a faict cette chappelle paindre.
La chapelle avait été bâtie quelques années auparavant par Jehan '
du Boys, oncle de Louis.
Ce bourg de Sepmes offre un château du milieu du xvi^ siècle
qui est demeuré inachevé environ d'un tiers, mais où se voit un
bel escalier à travées parallèles, avec caissons sculptés. Au pre-
mier étage, dans la grande salle, une vaste cheminée, peinte et
dorée, porte l'inscription : concordia fratrum. Cette décoration
est peut-être l'œuvre de notre peintre.
Ch. DE Grandmaison,
Archiviste d'Indre-et-Loire.
LES GRAVEURS DE LYON
(XVI** ET XVI1« siècles).
ACTES D'ÉTAT CIVIL.
Les actes que nous donnons ci-après ont été tirés des registres
des baptêmes, des mariages et des sépultures faits dans les églises
de Lyon, et ces registres sont conservés dans les archives de la
ville de Lyon.
Ces actes se rapportent à des graveurs, tailleurs d'histoires ou
graveurs sur bois et graveurs en taille-douce.
ART FR. IV l3
194 '^^^ GRAVEURS DE LYON.
Otton Vendegrin,
Peintre et tailleur d'histoires (..i 583-1 588).
1. Le sabmedy pénultiesme jour dudict moys (mars i585), j'ay
baptizé Jehan Baptiste, filz de Otte Vendegrin, tallieur d'his-
toire, et de Maurice Genty, sa femme, demeurant à la place de
Confort; et est son parrain le sieur Jehan Baptiste Buysson,
marchant librayre, et sa marraine Jehanne Moret et Bénigne
Gaultyer.
(Saint-Nizier, de i583 à i588<.)
Léonard Odet,
Tailleur d'histoires, dominotier et libraire (..i58i-i597),
2. Ledit jour (i3 septembre 1594), j'ay baptisé Mérode, fille de
Léonard Audet, dominotier, et de Symonde Porte, sa femme;
son parrain, Mons' M« Loys Audin, procureur es cours de Lyon,
" et ces marraines damoyzelles Mérode Collet et Perrenette Morans-
sier. En Ferrandière, près la ma Pretet.
(Signé :) Delaroche.
(Saint-Nizier, de 1594 a iSgô.)
Mathieu de la Forest,
Tailleur d'histoires (..i 592-1 596).
3. Le 20 dudit moys (de juin 1592), j'ay baptizé Anthoine, filz
de Mathieu de la Forest:{^ tallieur d'istoyres, et de Françoyse de
Bargues, sa femme, demeurant en rue Tomassin, devant les
troys pigeons; son parrain, Mahiet de Bargues, m* joueur d'ins-
trumens à Lyon; sa marraine, Marye Griffius, fille de Anthoine
Griffius, marchant libraire audit Lyon.
(Signé :) Douy.
(Saint-Nizier, de 1591 à 1601.)
Claude Audran,
Maître graveur en taille-douce (i592--f-i677).
4. Ledict jour (i3 juin 1627), j'ay baptisé Marie, fille de hon-
neste Claude Audran^ maistre graveur en taille douce, et de
I. Chaque acte a été reproduit in extenso et textuellement. Il est suivi de
la mention de l'église dans laquelle la cérémonie religieuse a eu lieu et du
registre d'où l'acte a été tiré. Il était sans intérêt de transcrire chaque fois
le titre de ce registre ; il suffira de donner comme exemple le titre du présent
registre : « Registre des baptizés faictz en l'esglize coUégialle de Sainct-NIzier
de Lyon, du 27 juin i583 au 3i décembre i588. »
LES GRAVEURS DE LYON. igS
Gabrielle Paussier, sa femme. Parrain, sieur Pierre Drobet, mar-
chant libraire à Lyon; marraine, dame Marie Lambert.
(Signé :) Aubert.
(Saint-Nizier, de 1626 à i63o.)
5. Le II (juillet 1628), J'ay baptisé Christofle, filz de Claude
Odran^ graveur, et de Gabrielle Pausier, sa femme. Parrain,
Christofle Cartier, maistre bateur d'or; marreine, Françoise
Geofrey. Mercière viz M' Cardon.
(Signé :) Turquet.
(Saint-Nizier, de 1626 à i63o.)
6. Le i6« (avril i63o), j'ay baptisé Grégoire, filz de Claude
Odran^ graveur en taille douce, et de Hélie Frételat, sa femme.
Parrain, Grégoire f7re?,aussy graveur en taille douce; marraine,
Françoise Veron.
(Signé :) Arbon.
(Saint-Nizier.)
7. Ledict jour (4 février i635), j'ay baptizé Anne, fille de
Claude Odran, graveur en taille douce, et de Hélie Fretlat, sa
femme. Le parrain, Charles Odran, de mesme estât, et sa mar-
raine, Anne Poysat.
(Signé :) Crozai.
(Saint-Nizier, de i633 à 1639.)
8. Le i6« (juillet lôSy), j'ay baptisé Nicolas, filz de Claude
Odran, maistre graveur en taille douce, et de Hélie Béthenon,
sa femme. Parrain, Nicolas Gay, maistre libraire; marraine,
Léonore Jumeaux.
(Signé :) Aubert.
(Saint-Nizier, de i633 à 1639.)
9. Le 27 (mars lôSg), j'ay baptisé Claude, fils à Claude
Audran, m« graveur, et à Hélie Fratelat, sa femme; parrain,
sieur Claude Savarjy; marraine, dame Marie Favre.
(Signé :) J. Benoist.
(Saint-Nizier, de i633 à 1639.)
10. Le dict jour (3o novembre 1642), j'ay baptizé Lucresse,
fille de Claude Odran, m" graveur, et de Hélie Frétela, sa
famé. Parrain, s"" François Aubert, m® enlumineur; marraine,
dame Lucresse Renaud.
(Signé :) Benoist.
(Saint-Nizier, de 1640 â 1643.)
ig6 LES GRAVEURS DE LYON.
11. Ledict jour (2 juillet 1644), j'ay baptisé Anthoinette, fille
de Claude Audran, graveur en taille douce, et de Élie Fretlat, sa
femme. Parrain, s"^ Guillaume Perrier, peintre; marraine,
Anthoinette Couzon.
(Signé :) Peccoult.
(Saint-Nizier, de 1644 à 1647.)
12. Le ri (avril 1646), j'ay baptisé Catherine, fille de Claude
Audran^ graveur, et de Élie Fétela, sa femme. Le parrain, Jean
Vaynier^ sculpteur ; marraine, Catherine Deponsony.
(Signé :) Deuenache.
(Saint-Nizier, de 1644 à 1647.)
i3. Le 6 mars 1648, j'ay baptisé Anne, fille de Claude Audr an ^
maistre graveur, et de Élie Frételas, sa femme. Le parrain, sieur
Jacques Bianchet, marchand; la marraine, dame Anne Huguetan.
(Signé :) Deuenache.
(Saint-Nizier, de 1647 à i65o.)
Jacques de Fornazeris,
Graveur en taille-douce (..1600- 1622).
14. Le vingt quattriesme (juillet 1607), j'ay baptisé Marie,
fille donnée à Jaques Fournasayre^ graveur, par Denise Ysabeau.
Parrain, honneste Aymé Durize dit La Roche, soldat en la com-
pagnie du sieur de la Poyvrière, et sa marreyne Jane Chasteney.
(Signé :) A. Cuet.
(Saint-Nizier, de 1606 à 1608.)
Pierre Favre,
Maître graveur d'histoires en taille-douce (..1622-1626).
i5. Le dimanche 11 janvier 1626 a esté baptizé Durand, filz
de Pierre Faure, graveur d'istoires en taille douce, et de dame
Anne Volpo, sa feme. Son parrain, sieur Durand Le Roux, visi-
teur à la douane du Roy, et sa marraine, dame Claire Volpo.
Demeure vis le Cygne.
(Signé :) P. Guilhon.
(Saint-Paul, de 1625 à i63i.)
David Fanveldan,
Graveur en taille-douce (..i 623-1 626).
16. Ledit jour (16 février 1625), j'ay baptisé Barthélémy, filz
de David Fanveldan, graveur en taille douce, et de Philippe
LES GRAVEURS DE LYON. I 97
Lariose, sa femme. Parrein, sieur Barthélémy Dauttier, mar-
chant ymagier, et marreine, Gabrielle Chervet. Place Confort.
(Signé :) Turquet.
(Saint-Nizier, de 1623 à 1626.)
Claude Savary,
Maître imagier (. .1626-1640).
17. Ledit jour (22 juin 1629), j'ay baptisé Pierre, (fils) de
Claude Savary^ maistre et marchant ymagier, et de dame
Benoiste Gaultier, sa femme. Son parrain, sieur Pierre Broisin,
marchant, et la marraine, dame Benoiste Guychard.
(Signé :) Aubert.
(Saint-Nizier, de 1626 à i63o.)
Germain Audran,
Graveur en taille-douce (i63i— J-1710).
18. Ledit jour (7 décembre i63i), j'ay baptizé Germain^ fils de
Claude Audran^ maistre graveur à Lion, et de Hélie Fratelard,
sa femme; son parrain, sieur Germain Panthot, maistre peintre
audit Lion ; sa marraine, dame Jaquème Collet.
(Signé :) Sébastien.
(Saint-Nizier, de i63o à i632.)
19. Ledit jour (25 août i658), j'ay baptisé Claude, fils de Ger-
main Audran, m*' graveur, et de Jeanne Ciseron, sa femme; par-
rain, Claude Audran, m^ graveur; marreine, dame Andrée
François.
(Signé :) Claude Audran, Andrée François, Prosi.
(Saint-Nizier, de 1657 à 1661.)
20. Le 3o® (septembre 1659), j'ay baptisé Gabriel, fils de
Germain Odran, graveur, et de Jeanne Cizeron, sa femme; le
parrain, s'' Gabriel de Tourbe, peintre; la marraine, dame Antoi-
nette Miline.
(Signé :) Gabriel Destourbet, Clémenson. vicaire.
(Saint-Nizier, de 1657 à 1661.)
21. Ledit jour (14 octobre 1660), j'ay baptizé Hélie, fille de
Germain Odran, graveur, et de Jeanne Sizeron, sa femme. Le
parrain, s' Joachim Liquerie, peintre-, la marraine, dame Hélie
Frételat, veuve de Thomas Haut.
(Signé :) Joachin Liquerie, Clementon.
(Saint-Nizier, de lôSy à 1661.)
igS LES GRAVEURS DE LYON.
22. Ledit jour (19 décembre 1662), j'ay baptisé Olivier, fils de
Germain Audran, m^ graveur, et de Jeanne Cizeron, sa femme;
le parrain, s'' Olivier Monnyer, fondeur; la marraine, Hélye Fré-
telat, grande mère.
(Signé :) Prost.
(Saint-Nizier, de 1661 à 1664.)
23. Ledit jour (7 may 1664), j'ay baptisé Pierre, nay le 5 du
courant, fils de Germain Audran^ graveur en taille douce, et de
Jeane Sizeron, sa femme; le parrin, s' Pierre Comba, m^ mas-
son ; la marrine, Antoinette Audran.
(Signé :) P. Comba, A. Audran, Froumand.
(Saint-Nizier, de 1661 à 1664.)
24. Ledit iour (3o décembre 1668), j'ay baptizé Pierre, né le
iour d'hier, fils de Germain Audran, graveur, et de Jeanne Cize-
ron, sa femme. Parrein, Pierre Comba, maistre masson; mar-
reine, Anthoinette Audran, fille. Rue Mercière.
(Signé :) G. Audran, P. Comba, Anthoinnette Audran, Jobart,
vicaire.
(Saint-Nizier, de 1667 à 1670.)
25. Ledit (4 mai 17 10), j'ay enterré en grande procession sieur
Germain Audrand, m" graveur, âgé de quatre-vingt-trois ans ;
présens, Noël Chevrier, m« embaleur, et Philippe Ogier, affaneur.
(Signé :) Jaubert, vicaire.
M' Reg. 60 1.
(Saint-Nizier, 1710 et 171 1.)
Claudine Bouzonnet-Stella,
Graveur et peintre (i636— 1-1697).
26. Claudine., fille de M* Estienne Bou:{onnet, m^ orphèvre, et
de dame Magdeleyne Stella, a esté baptisée le 7 juillet i636; son
parrain, sieur François Roy, marchand^ sa marraine, dame Clau-
dine de Massot ; par moy vicaire soubsigné.
(Signé :) Megemond, vicaire.
(Sainte-Croix, de i63i à lôSg.)
Antoine Bouzonnet-Stella,
Graveur à l'eau-forte et peintre (i637-fi682).
27. Antoine, fils de M"" Estienne Boy sonnet, orphèvre, et de
dame Magdeleyne Stella, ses père et mère, a esté baptisée le
LES GRAVEURS DE LYON. I99
25 novembre lôSy; son parrain, M* Antqyne de Masso,
me orphèvre ; sa marreyne, dame Estiennette Roy, femme de feu
M"^ Jacques Payelle, et ce par moy vicaire soubsigné.
(Signé :) Demasso, Megemond, vicaire.
(Sainte-Croix, de i63i à lôSg.)
Françoise Bouzonnet-Stella,
Graveur et peintre (i638--|-i692).
28. Françoise, fille de sieur Estienne Bou^onnet, m^ orfebvre
à Lyon, et de Magdelaine Stella, sa femme, a esté baptizée dans
l'esglize parrochialle Sainte-Croix, le 12 décembre i638; a esté
son parrain s' Claude du Clair, m* horlogier audit Lyon, et mar-
raine Françoise Stella ; par moy soubsigné commiçaire en ladite
esglize.
(Signé :) Estienne Bouzonnet, C. Duclair, Paie, vicaire.
(Sainte-Croix, de i63i à 1639.)
Girard Audran,
Graveur en taille-douce (i64o--î-i69i).
29. Ledit jour (2 aoust 1640), j'ay baptizé Girard, filz de
Claude Odran, m« graveur, et de Hélie Frételat, sa femme. Par-
rain, sieur Girard Cibret^ mestre sculpteur, et la marreinedame
Françoise Cloquemain.
(Signé :) Aubert.
(Saint-Nizier, de 1640 à 1643.)
François Retondeur,
Maître graveur sur bois (..i 631-1645).
30. Le 24 (apvril 1641), j'ay baptizé Amable, fille de François
Retondeur ^ m® graveur en bois, et de Magdelaine Paule, sa famé.
Parrain, Jean Prudan, m* cartier, marraine, Amable Charin.
(Signé :) Benoist,
(Saint-Nizier, de 1640 à 1643.)
3i. Ledict Jour (27 avril 1644), j'ay baptisé Marie, fille de
François Retondeur, graveur en bois, et de Magdelaine Paule,
sa femme. Parrain, sieur Biaise Roffavier, marchand espinglier;
marraine, damoiselle... Sobliaz.
(Signé :) Rofavier, Peccoult.
(Saint-Nizier, de 1644 à 1647.)
200 LES GRAVEURS DE LYON.
Antoinette Bouzonnet-Stella,
Graveur et peintre (1641-I-1676).
32. Anthoinette, fille d'hon* Estienne Boussonnet, orfaivre de
Lyon, et d'honte Magdelaine Stella, sa femme, a esté baptisée le
24^ aoust 1641, dans l'esglise Sainte-Croix dudict Lyon; a esté
son parrin noble Jehan Clément de Belle-Croix, chanoine et
mestre du ceurde Tesglise Saint-Just de Lyon, et marraine, dame
Anthoinette, d'aujourd^huy femme d'hon** Barthélémy Robert,
garde de présent aux portes ; ce par moy vicaire soubsigné.
(Signé :) Clément de Belle-Croix, Estienne Bouzonnet, Paie,
vicaire.
(Sainte-Croix, de 1640 à 1647.)
Nicolas AuROux,
Graveur en taille-douce (..i 648-1 672).
33. Ledit jour (18 août 1667), j'ay baptisé Jean, né cejourd'huy,
fils de sieur Nicolas Auroux^ graveur, et dame' Antoinette
Gonnon, sa femme. Le parein, sieur Jean Molin; la marreine,
dame René Billiard.
(Signé :) René Billard, Giry, Molin.
(Saint-Nizier, de i665 à 1667.)
34. Ledit jour (5 février 1670), j'ay baptisé Taurin, né depuis
hier, fils de sieur Nicolas Auroux^ graveur en taille douce, et de
Antoinette Gonnon, sa femme. Le parein, sieur Thaurin Jobert,
marchant; la marreine, damoiselle Catherine Gallien, femme de
Barthélémy Clerc.
(Signé :) Nicolas Auroux, Jobert, Catherine Gallien, Bozon.
(Saint-Nizier, de 1667 à 1670.)
Claude Audran,
Graveur en taille-douce (1657-1-1734).
35. Ledit jour (27 may 1657), j'ay baptisé Claude, fils de
Germain Audran, graveur, et de Jeanne Siseron, sa femme. Le
parrin, Claude Audran, graveur; la marrine, Magdelaine Vau-
gin. Rue Mercière.
(Signé :) Claude Audran, Magdeleine Uosgin, Froumand.
(Saint-Nizier, de 1657 à 1661.)
LES GRAVEURS DE LYON. 201
Benoît AuDRAN,
Graveur en taille douce (lôôr-fiyai).
36. Ledit jour (23 novembre 1661), j'ay baptisé Benoist, fils
de Germain Odran, graveur, et de Jeanne Ciseron, sa femme;
le parrain, s' Benoist Coral, marchand libraire; la marraine, dame
Benoiste Desprele.
(Signé :) B. Coral, Clémenson.
(Saint-Nizier, de 1661 à 1664.)
Marin Fiselet,
Graveur en taille-douce (166 2- 166 6).
37. Ledit Jour (8 novembre i665), i'ay baptisé Jeane, née
aujourd'hui, fille de Marin Fiselet^ maistre graveur en taille
douce, et d'Antoinette Arche, sa femme. Le parrin, sieur Jacques
Arche, peletier; la marrine, dame Jeane Marcieu.
(Signé :) Froumand, Archier, Jeanne Mercieu.
(Saint-Nizier, de i665 à 1667.)
François Cars,
Graveur en taille-douce (..1665-1682.)
38. Ledit jour (9 novembre i665), j'ay baptisé Jean, né le 8 du
présent, fils de sieur François Cars, maistre graveur en taille
douce, et de dame Virgine Chesne, sa femme. Le parrin, sieur
Jean Grégoire, et la marreine, damoiselle Françoise Méton.
(Signé :) Françoise Metton, Grégoire, Gris.
(Saint-Nizier, de i665 à 1667.)
39. Ledit jour (3i mai 1667), j'ay ondoyé le fils du sieur Fran-
co^ Cars, maistre graveur en taille douce, et de dame Anne
Auroy, sa femme, avec permission de M' l'abbé de Saint-Just,
ledit enfant est né aujourd'huy.
(Signé :) Froumand.
(Saint-Nizier, de i665 à 1667.)
40. Ledit jour (3 décembre 1682), j'ay baptisé François, né
hier, fils de sieur François Cars, graveur en tallie douce, et de
demoiselle Anne Auroy, sa femme. Parrain , sieur François
Dublé, maistre d'escole ; marraine, demoiselle Jeanne Françoise
Joannon, fille de sieur Jean Joanon. Mercière.
(Signé :) François Cars, F. Dubled, Foulliet, vicaire.
(Saint-Nizier, de 1682 à 1684.)
202 LES GRAVEURS DE LYON.
Jean Audran,
Graveur en taille-douce (1667-^1756).
41. Ledit Jour (28 avril 1667), j'ay baptisé Jean, né le 27 du
courant, fils de Germain Audran^ graveur en taille douce, et de
Jeane Sizeron, sa femme ; le parrin, s"" Jean Carteron, va." impri-
meur ; la mareine, Antoinette Audran. Rue Mercière.
(Signé :) J. Carteron, Antoinette Audran, Froumand.
(Saint-Nizier, de 166 5 à 1667.)
Louis Audran,
Graveur en taille-douce (i670-J-r7i2).
42. Ledit jour (8 mai 1670), j'ay baptizé Louys, né hier, fils
de Germain Audran, graveur, et Jeanne Cizeron, sa femme. Par-
rein, Claude Audran, aussy graveur; marreine, Jeanne Mon-
tucla, femme d'Anthoine Ofîray, libraire.
(Signé :) G. Audran, Claude Audran, J. Montucla, Jobart,
vicaire.
(Saint-Nizier, de 1670 à 1672.)
Antoine Audran,
Graveur en taille-douce (1673-1723).
43. Ledit jour (26 novembre 1673), j'ay hapûzé Anthoine, né
hier, fils de Germain Audran, graveur, et de Jeanne Cizeron, sa
femme; le parein, Anthoine Deschamps, tailleur d'habits, et la
mareine, Simonde Magat, femme de Nicolas Caille.
(Signé :) A. Deschamps, Simonde Magat, Boion, vie".
(Saint-Nizier, de 1672 à 1674.)
Pierre-Mathieu Ogier,
Graveur en taille-douce (..i 676-1 689).
44. Ledit jour (3 octobre i683), j'ay baptisé Jeanne Marie, née
le premier iour dudit, fille de Pierre Mathieu Oger, graveur en
taille douce, et de Anne Balet, sa femme. Parrain, Jean Boyron,
maistre ouvrier en soye; marraine, Jeanne Garbol, femme de
Sébastien Ballet.
(Signé :) Mathieu Ogier, Janne Garbet, PouUiet, vicaire.
(Saint-Nizier, de 1682 à 1684.)
Claude Dessvargues,
Graveur sur bois (..1683-1684).
45. Ledit jour (3o septembre i683), j'ay baptisé Anne, née
JACQUES PROU. 203
hier, fille de Claude Desvargue, graveur, et de Marie Materon,
sa femme. Parrain, sieur Louys Materon, marchant; marraine,
Anne Collaud, femme du sieur Jean-Baptiste Sparron, marchant.
(Signé :) L. Materon, Anne Colaud, Claude Desuargues, Ber-
trand, vicaire.
(Saint-Nizier, de 1682 à 1684.)
Jean Dessvargues,
Graveur sur bois (..i 683-1689).
46. Ledit Jour (14 février i683), j'ay baptisé Jacqueline, née
aujourd'hui, fille de Jean Desvargue^ graveur en bois, et de
Andrée Ofifray, sa femme. Parrain, sieur Claude Barry, marchant;
marraine, Jacqueline Barry, femme de François Olagnier, mar-
chant. Mercière.
(Signé :) J. Delsuargues, C. Barry, Jacqueline Barry.
(Saint-Nizier, de 1682 à 1684.)
Jean Chavanne,
Graveur en taille-douce (..1682-1684).
47. Le vingt huitiesme Jour du mois de décembre 1684, J'ay
baptisé Philippe, né hier, fils de Jean Chavanne^ graveur et
marchand des tallies douces, et de d"® Louise Tailleur, sa
femme. Parrain, messire Philippe Doré, prêtre habitué de Saint-
Nizier; marraine, d"* Catherine Tallieur, fille de Nicolas Tai-
lleur, marchand. Tupin.
(Signé :) Durriet, Chavane, Doré, Tallieur.
(Saint-Nizier, de 1682 à 1684.)
Natalis Rondot.
JACQUES PROU
SCULPTEUR DES BATIMENTS DU ROI.
(1688.)
Communication de M. Det.
M. Det, bibliothécaire adjoint de la ville de Troyes*, nous envoie la quit-
I. M. Det vient de faire paraître, dans l'Annuaire de l'Aube de 1887, une
note de huit pages sur le clown Mignard. Dans cette note, l'auteur établit
que, contrairement à l'hypothèse que nous avions accueillie dans cette Revue,
204 NICOLAS BAILLY.
tance suivante trouvée dans une liasse de papiers manuscrits. Bien que le
Dictionnaire des artistes de l'École française déclare que les renseignements
font défaut sur les travaux de Jacques Prou, les registres des Comptes des
Bâtiments abondent en mentions d'ouvrages exécutés par cet artiste pour
Versailles ou les châteaux de Trianon et de Marly. A partir de 1679, '^ ^^^
constamment occupé à la sculpture des Bâtiments. Il travaille surtout aux
travaux d'ornements, chapiteaux, cassolettes, etc. En somme, c'est un artiste
d'ordre secondaire. Cette quittance est donnée sur un imprimé dont les par-
ties imprimées ici en italiques ont été ajoutées à la main.
J. G.
En la présence des Notaires du Roy au Chasteletde Paris, sous-
signez, Jacques Prou, Sculpteur ordinaire des Bastimens du
Roy, confesse avoir receu de Messire Charles le Bègue, seigneur
de Majainville, Conseiller Secrétaire du Roy, Maison, Couronne
de France et de ses Finances, et Trésorier général des Bâtimens
et Jardins de Sa Majesté, Arts et Manufactures du Royaume, la
somme de trois cens livres à hiy ordonné à compte de huit cas-
solettes de sculpture qu'il fait au dessus du chasteau de Marly.
Dont, etc. Quittant, etc. Fait et passé à Paris ez estudes, le hui-
tième jour de novembre mil six cens quatre-vingt-huit, etc. Signé :
J. Prou. — Thibert. — Caillet.
NICOLAS BAILLY
PEINTRE DU ROI ET GARDE DES TABLEAUX DE SA MAJESTÉ.
(1699.)
Les Mémoires du marquis de Sourches, de même que la plu-
part de ceux de ses contemporains, ne contiennent que bien rare-
ment des renseignements qui puissent servir à Phistoirede l'art
français et étranger. On y relève cependant une date que je ne me
rappelle pas avoir trouvée ailleurs, celle de la nomination par
Louis XIV de Nicolas Bailly comme conservateur des peintures
de la couronne.
On lit en effet (t. VI, p. m) : « 16 janvier 1699 le Roi
il y a quelques mois, le Mignard qui se fit une réputation par son agilité
n'était ni le neveu du peintre, ni celui de la comtesse de Feuquières, mais
appartenait à une branche collatérale assez éloignée, quoique tirant son ori-
gine de la même souche.
* LEFÈVRE. 20 5
accorda ce jour-là la charge de garde de ses tableaux à un
peintre nommé Bailly, avec cinq cents écus de gages. »
Il s'agit ici de Nicolas, fils de Jacques Bailly qui fut reçu de
l'Académie le 3o juin i663, « ayant faict voir des tableaux de
fleurs en migniature » {Procès-verbaux) , et qui était logé depuis
le 26 août 1667 (Jal) aux galeries du Louvre où il mourut le
2 septembre 1679 (Herluison et Billets d'' enterrement des Aca-
démiciens). Les Scellés d' artistes iQsignalQm [t. I, p. 140) comme
ayant travaillé avec Bonnemer à peindre sur de la moire de soie,
sur du gros de Tours ou de Naples diverses tentures inventoriées
après le décès de Ch. Le Brun.
Quant à Nicolas Bailljy^ qui fut peintre du Roi et dont nous
signalons ici la date d'entrée en sa charge de Garde des tableaux
du Roi, Jal donne sur lui, p. 96, des renseignements accessibles à
tous. On sait d'ailleurs que son fils Jacques lui succéda.
V.-J. Vaillant.
LEFÈVRE
TAPISSIER DE HAUTE LISSE AUX GOBELINS.
(1738.)
Jean Le/èvre, entrepreneur des ouvrages de la manufacture des
Gobelins, directeur d'un des deux ateliers de haute lisse, avait suc-
cédé à son père dans ces fonctions vers 1700. Il était petit-fils du
tapissier parisien fixé à Florence et appelé à Paris lors de la recons-
titution de la manufacture royale. Il eut pour successeur, en 1736,
Monmerqué. D'un mémoire judiciaire imprimé pour M^ Thomas
Michelin le jeune, ci-devant notaire au Châtelet, contre la demoiselle
veuve du sieur Lefèvre, entrepreneur des ouvrages de la manufacture
des Gobelins, portant à la fin la date de 1743 (36 pages in-folio), il
résulte qu'au courant de l'année 1738, Lefèvre, entrepreneur des
Gobelins, avait prêté une somme de 3o,ooo francs lui appartenant, à
un sieur Bidault, conseiller en l'élection de Paris, par l'entremise de
Michelin, notaire. Nous n'avons pas à entrer ici dans le détail des dif-
ficultés qui ne tardèrent pas à surgir et des plaintes intentées par la
dame Lefèvre contre Michelin; nous nous contenterons de constater
que le mémoire fixe la date du décès de Lefèvre au mois de septembre
1739, renseignement confirmé par le procès-verbal de scellé publié
dans les Nouvelles Archives de l'Art français (2" série, t. IV, i883,
p. 366). En effet, Jean Le/èvre mourut le 14 septembre 1739, laissant
206 LAURENT CARS. ♦
une fortune assez considérable, ainsi que le constatent le procès-
verbal du commissaire et l'inventaire du notaire Thomas Michelin.
Ces divers actes démontrent que tous les tapissiers des Gobelins
n'étaient pas réduits à la misère.
J.-J. G.
LE GRAVEUR LAURENT CARS
ET l'expulsion DES JÉSUITES.
(1762.)
Fils de Jean-François Cars, « graveur de thèses, » Laurent Cars
acquit une réelle notoriété comme artiste, et son œuvre gravée est
importante. A l'instar de son père, il fit du métier en même temps
que de l'art, et c'est sans doute le métier qui l'aidait surtout à vivre.
Il gravait des thèses pour les collèges des jésuites de Périgueux, de
Reims, d'Angoulême et de Limoges, comme nous l'apprend la pièce
suivante, tirée des minutes du Conseil secret du Parlement, à la date
du 7 septembre 1762. Lorsque les jésuites furent chassés de France,
les travaux de gravure faits pour leurs quatre collèges en 1760 et en
1761 par Laurent Cars restaient impayés (ils montaient à 1,401 livres),
et l'artiste réclama ce qui lui était dû. Mais, par des considérations
un peu spécieuses, il fut convenu que les preuves de sa réclamation
n'étaient point suffisamment fondées, et le Parlement le débouta de
sa demande en revendication. L'arrêt est à lire en entier.
Henri Stein.
Vu par la Cour la requête à elle présentée par le Procureur géné-
ral du Roy, poursuite et diligence d^Edme-Louis Bronod, éco-
nome séquestre des biens des cy-devant soi disant Jésuites, con-
tenant que Laurent Cars, graveur du Roy, membre et conseiller
de l'Académie royale de peinture et sculpture, a fait signiffier une
requête le trente aoust dernier, par laquelle, après avoir exposé
que depuis plusieurs années il étoit dans l'usage de livrer des
thèses pour différents collèges des cy-devant soy disans Jésuites,
dont le prix se payoit par leurs écoliers ou leurs parents auxdits
soi disans Jésuites, qui se chargeoient de le luy faire parvenir à la
fin de chaque année classique, mais que la révolution arrivée
ayant changé les choses, il luy étoit dû par diiférens collèges, pour-
quoi il a conclu à ce que, vu l'extrait des registres en datte du
28 aoust 1762 de luy certifié véritable, ensemble les déclarations
LAURENT CARS. 207
contenues aux procès verbaux qui ont été dressés par les officiers
royaux des villes de Périgueux, Rheims, Angoulême et Limoges
en exécution de l'arrêt de la Cour du 23 avril dernier, il lui
fut donné acte de la déclaration qu'il faisoit des deniers prove-
nus des thèses qu'il avoit fournies auxdits cy-devant soi disans
Jésuites aux collèges de Périgueux, Rheims, Angoulême et Limoges
es années 1760 et 1761, payées par les écoliers, et dont le prix est
resté es mains des cy-devant soi disant Jésuites desdits collèges,
en conséquence qu'il fut ordonné que sur les sommes apparte-
nantes auxdits cy-devant soi disant Jésuites étant es mains du
supliant, il seroit payé dans la huitaine, à compter du jour de la
signiffication à domicilie de l'arrêt à intervenir et par préférence
à tous créanciers de la somme de mille quatre cent une livres, à
quoi se montent les différentes livraisons de thèses par lui faites
dans le courant des années 1760 et 1761 aux collèges desdits cy
devant soi disans Jésuites, savoir deux cent dix sept livres en l'ac-
quit et décharge du collège de Périgueux, huit cens vingt huit
livres en l'acquit du collège de Rheims, cent cinquante livres en
l'acquit de celuy d' Angoulême, et deux cent six livres en l'acquit
du collège de Limoges, ensemble les intérêts desdites sommes à
compter du jour de la demande, aux offres par lui faittes d'affirmer
que lesdites sommes lui sont bien et légitimement dues et d'en
donner bonne et valable décharge. Cette demande n'est point régu-
lière : d'abord le sieur Cars ne donne point copie par extrait de
son prétendu registre, et rien ne justifie par conséquent que la
somme qu'il demande luy soit réellement due, mais, quand cela
seroit, quelle raison a-t-il pour avoir un privilège? Où est la preuve
que les écoliers ayent remis aux cy-devant soi disant Jésuites le
montant des thèzes dont il demande aujourd'huy le payement ? Où
cet argent se trouve-t-il en dépost ? Car, pour pouvoir le revendi-
quer, il faudroit que sous les scellés on eût trouvé cacheptées et
enveloppé une indication qui prouvât qu'il luy appartient. Or cette
indication est-elle trouvée ? Les cy-devant Jésuites chargés de la
remise de cette somme Font-ils donnée pour la faire passer au sieur
Cars? Le sieur Cars lui-même en apporte-t-il quelques preuves?
Non. Il n'a par conséquent pas plus de privilège que les autres
créanciers des cy-devant soy disant Jésuites et doit se pourvoir
comme eux dans la direction pour y demander son payement si
sa dette est légitime, à ce qu'il plût donner à la Cour donner acte au
supliant de ce que pour defifenses à la demande du sieur Cars
208 COMMANDES DE TABLEAUX d'oRFÈVRERIE PAR LA VILLE.
portée par sa requête du 3oaoust dernier, il emploiroit le contenu
en ladite requête et faisant déclarer ledit Laurent Cars purement
et simplement non recevable dans sa demande en revendication et
privilège, ou en tout cas Ten déboutter, sauf à lui à se pourvoir
dans la direction desdits cy-devant soy disans Jésuites, et le con-
damner aux dépens que le supliant pourra en tout événement
employer en frais de séquestre ; ladite requête signée du procureur
général du Roy.
(Arch. nat., XiB 8942.)
COMMANDES DE TABLEAUX D'ORFEVRERIE, ETC.,
PAR LA VILLE.
Communication de M. J. J. Guiffrey.
Marché pour le présent en argenterie lors du mariage de M. Bignon,
fils de M. le Prévost des marchands.
20 septembre 1764.
Du jeudy, vingt septembre mil sept cent soixante quatre. — Ce jour,
nous, Echevins de la ville de Paris, assemblés au Bureau de la Ville
avec le Procureur du Roy et de lad. Ville pour les affaires d'icelle,
avons en conséquence, et pour l'exécution de notre délibération du
onze du présent mois, mandé et fait venir devant nous Antoine-
Sébastien Durant, marchant orphevre à Paris, y demeurant, rue de
Gesvres, paroisse Saint-Jacques-de-la-Boucherie, qui nous a présenté
le dessein que nous luy avions ordonné de faire pour l'exécution de
deux terrines d'argent couvertes avec leurs doubles fonds, deux pla-
teaux et les deux cuillieres pour le présent que nous nous sommes
proposés de faire à Monsieur Bignon, fils de Monsieur le Prévost des
Marchands, à l'occasion de son mariage, et, après avoir examiné lesd.
desseins et trouvé conforme à nos intentions, nous sommes convenus
avec led. s"" Durant de ce qui suit : c'est à sçavoir que led. Antoine-
Sébastien Durant a promis et s'est obligé de faire et exécuter lesd.
deux terrines, leurs couvercles, leurs doubles fonds et leurs plateaux,
ensemble les deux cuillieres composant au total dix pièces, suivant et
conformément ausd. desseins, lesquels demeureront joints à ces pré-
sentes, après avoir été paraphés de nous, du Procureur du Roy et de
la Ville et dud. s"^ Durant, et de les exécuter avec le plus grand art,
de n'y employer qu'environ cent marcs d'argent, et de faire graver sur
chacune des deux terrines les armes de la Ville et celles de Monsieur
Bignon, et de faire faire des etuys propres et à charnières pour ren-
COMMANDES DE TABLEAUX D ORFÈVRERIE PAR LA VILLE. 209
fermer lesd. terrines, leurs plateaux et les cuillieres, le tout au prix
de cinquante six livres le marc, suivant que le poids en sera reconnu
lors du jugement de réception, y compris le controlle; et, après que
tous lesd. ouvrages auront été bien et duement faits et parfaits, pesés
et reçus en la manière accoutumée, nous promettons pour et au nom
de la Ville de faire payer aud. sieur Durant la somme de cinquante
six livres par marc, y compris le controlle, 4,5oo livres pour la façon
desd. dix pièces et la gravure des quatre armoiries, et celle de 200 1.
pour les etuys doublés. S'est en outre soumis led. sieur Durant de
nous livrer toutes lesd. pièces faites et parfaites dans leurs etuys dans
le i5 du moys de novembre prochain; toutes lesquelles sommes luy
seront payées des deniers de la Ville sur les mandements qui en seront
par nous ordonnés ; tous lesquels prix, charges, clauses et conditions
led. s"" Durant a accepté, promis et s'est obligé de les exécuter dans
tout leur contenu, s'est pour cet effet soumis à l'entière juridiction
du Bureau, et a pour cet effet élu son domicile en sa demeure cy des-
sus dite; et a signé avec nous et le Procureur et de la Ville lesd. jour
et an que dessus.
[Signé :] Poultier — Durant — Phelippe de la Marnierre
— Marcel — Gauthier — Jollivet.
Et le vingt décembre, aud. an mil sept cent soixante quatre. Nous,
Echevins de la ville de Paris, assemblés au Bureau de la Ville avec le
Procureur du Roy et de la Ville, vu les deux terrines d'argent cou-
vertes, leurs doubles fonds, les deux plateaux et les deux cuillieres
par nous ordonnés par le marché du 20 septembre dernier des autres
parts, ensemble deux autres doubles fonds, ainsi par nous verbale-
ment ordonnés par augmentation, le tout pour le présent à M. Bignon,
fils de M. le Prévost des Marchands ; et après les avons examinés et
trouvé qu'ils étoient faits conformément au dessein joint aud. marché
et le tout, formant douze pièces, peser ensemble io5 marcs 3 onces
3 gros, et après avoir aussi examiné lesd. étuits, avons, du consente-
ment du Procureur du Roy et de la Ville, donné du tout acte de
réception aud. s"" Durant, comme bien et duement fait et ordonné,
qu'il luy sera payé des deniers de la recette de la Ville la somme de
10,727 livres 12 sols 6 deniers, sçavoir : 5,9o3 livres 12 sols 6 deniers
pour les io5 marcs 3 onces 3 gros de matière, à raison de 56 livres le
marc, compris le contrôle, 4,624 livres pour la façon et gravure, et
200 livres pour les étuits, le tout relativement aud. marché, et reve-
nantes lesd. trois sommes à ladite première, de 10,727 livres 12 sols
6 deniers, et en outre celle de 86 livres 1 5 sols pour les droits dud.
marché et réception d'iceluy, ces deux dernières sommes faisant
ART FR. IV 14
2 I O COMMANDES DE TABLEAUX d'oRFÈVRERIE PAR LA VILLE.
ensemble celle de 10,814 livres 7 sols 6 deniers. Fait au Bureau de
la Ville lesd. jour et an.
[Signé :] Poultier — Phelippe de la Marnière — Marcel —
Gauthier — Jollivet.
(Arch. nat., K ggS.)
A cette pièce est joint un dessin à l'encre de la Ciiine, représentant de
grandeur d'exécution un grand vase à anses, en forme de soupière, sur un
plat avec un couvercle à gaudrons surmonté d'un bouton formé d'un groupe
de légumes, poireaux, navet, chou-fleur. Les guirlandes de feuilles de lau-
rier, le médaillon ovale, la baguette entourée d'un ruban annoncent le style
Louis XVI, tandis que les anses et le plateau affectent encore des formes
rocailles très prononcées. Au bas du dessin, on lit ces mots, tracés d'une
écriture très irrégulière : « Un pot à œil conforme au dessein pèsera 5o marcs,
la façon coûtera 2,000 livres. » Au dos du dessin se trouve le visa des éche-
vins, conçu dans les termes suivants :
Le présent dessein paraphé par Nous, Échevins, Procureur du Roy
et de la Ville et par le s' Durant, pour demeurer annexé à notre déli-
bération et marché du 20 septembre mil sept cent soixante quatre,
suivant qu'il y est porté.
[Signé :] Poultier — Durant — Phelippe de la Marnière —
Marcel — Gauthier — Jollivet.
Marché d'une écritoire d'argent pour M. de Barentin, nouvel avocat
général^ passé avec M""* Roettiers, orfèvres du Roy.
6 février 1766.
Fourni à Monsieur de Barentin, avocat général du Parlement, par
ordre de Messieurs les Prevosts des Marchands et Échevins de la ville
de Paris par Roettiers père et fils, orfèvres ordinaires du Roy :
Une écritoire composée d'un grand plateau, orné de baguettes à
doubles rubans , soutenu par quatre petits pieds à l'antique à car-
reaux, enrichi sur la gorge de bâtons rompus antiques, mêlés de
rozettes, ledit plateau est parqueté d'une mosaïque de rosettes
antiques, surmonté d'un trépied sur un double socque servant de
porte sonette, décoré de l'œil de la justice sur trois faces et de tête de
béliers soutenant des guirlandes, les pieds sont entrelassés d'un ser-
pent, simbole de la Prudence ; led. trespied est posé sur un socque
canelé à cordon de feuilles de lauriers, sur lequel est adapté les armes
de la Ville, décoré de rames, gouvernails et guirlandes servant de
supports, et de l'autre les arro.es de M. de Barentin, décoré aussi de
guirlandes et de supports de caducé, simbole de l'Eloquence, les deux
cornets représentants deux vases antiques ornés de caneaux et guir-
landes, posé sur des socques à paneaux avec cordons de feuilles de
lauriers; la sonete est orné de paneaux, avec des guirlandes de lau-
riers, surmonté, ainsi que les cornets, de fleurs de lys, lad. écritoire
pezant 18 marcs 5 onces 3 gros.
COMMANDES DE TABLEAUX d'orFÈVRERIE PAR LA VILLE. 2 1 I
A 56 1., argent et controlle . . . i,o52 1. i3 s. \
Façon 1,200 »» > 2,282 1. i3 s.
Inscription 3o »» }
Boette, pour ce 5 » »
Total 2,287 1- "^ s.
Du douze septembre mil sept cent soixante cinq. Ce jour, Nous,
Prévost des Marchands et Echevins de la ville de Paris, assemblés au
Bureau de la Ville avec le Procureur du Roy et de la Ville pour les
affaires d'icelle, y est entré Jacques-Nicolas Roettiers^ orphèvre ordi-
naire du Roy, y demeurant à Paris, place du Carousel, paroisse
Saint-Germain-l'Auxerrois, avec lequel nous sommes convenus de ce
qui suit : c'est à sçavoir que le s"' Roettiers a promis et s'est obligé de
faire et exécuter en argent, avec le plus grand art, une écritoire pour
être présentée au nom de la Ville à M. de Barentin, nouvel avocat
général du Parlement, suivant le dessein qu'il nous en a présenté et
qui a été par nous agréé, et de n'employer néantmoins que la quan-
tité de 18 marcs environ^ et après que lesd. ouvrages auront été bien
et duement faits, parfaits et reçus en la manière accoutumée, nous
promettons, pour et au nom de la Ville de faire payer aud. s"" Roet-
tiers, tant pour le prix de la matière que controlle, façon et autres
objets, la somme de 2,287 livres i3 sols des deniers de la recepte de
ladite Ville, tous lesquels prix, charges, 'clauses et conditions led,
S' Roettiers a accepté, promis et s'est obligé de les exécuter en tout
leur contenu, s'est soumis pour l'exécution dud. marché à l'entière
juridiction du Bureau, a pour cet effet élu son domicile en sa demeure
cy dessus déclarée, et a signé avec nous et le Procureur du Roy et de
la Ville lesd. jour et an que dessus.
[Signé :J Bignon — Marcel — Gauthier — Roettiers —
Jollivet — Larsonnyer.
Et le mercredy, six février mil sept cent soixante six, veu au Bureau
de la Ville lad. écritoire cy dessus à nous présentée par led. s^ Roet-
tiers, dénommée aud. marché, et après avoir reconnu qu'elle a été
exécutée avec la plus grande perfection, nous avons ouy et, ce con-
sentant le Procureur du Roy et de la Ville, donné acte aud. s' Roet-
tiers de la réception du marché du 12 septembre 1765; en conséquence,
avons ordonné qu'il sera payé des deniers de la recepte de la ville de
la somme de 2,287 livres i3 sols, d'une part, et de celle de 5o livres
5 sols pour le prix et réception dud. marché, fesant lesd. deux sommes
ensemble celle de 2,337 livres 18 sols. Fait au Bureau de la Ville lesd.
jour et an que dessus.
[Signé :] Bignon — Marcel — Gauthier — Larsonnyer — Jollivet,
(Arch. nat., K ggS.)
212 AUTOGRAPHES DE SCULPTEURS.
AUTOGRAPHES DE SCULPTEURS
Communiqués et annotés par M. Henry Jouin.
ROLAND.
i8i3.
Conseils a PIERRE-JEAN DAVID^ son élève, alors
A l'Académie de France.
Nous avons publié Rattachante biographie de Roland, écrite en 1846 par
David d'Angers*. Cette étude valut à son auteur la médaille d'or mise au
concours par la Société royale des Sciences, de l'Agriculture et des Arts de
Lille. Mais, en l'écrivant, David n'avait pas cédé à l'ambition vulgaire de se
révéler homme de lettres. Il s'acquittait d'un devoir. Roland, qui, au cours
d'une carrière honorable et glorieuse à son heure, en 1802, n'avait formé que
quatre élèves, Caillouette, Van Geel, Massa et David, fut pour eux plus
qu'un maître. C'est avec une sollicitude paternelle qu'il écrit à David. Or,
ce qu'il dit de Van Geel et de Massa au cours de sa lettre montre l'affec-
tion qu'il leur gardait. Du style épistolaire de Roland, de son orthographe,
de sa ponctuation, nous n'avons rien à dire. David a pris pour épigraphe de
son étude sur l'artiste ces deux vers d'André Chénier :
Il est si doux, si beau de s'être fait soi-même,
De devoir tout à soi, tout aux beaux-arts qu'on aime !
Cette maxime s'applique très justement à Roland. A n'en point douter,
quelques leçons de grammaire lui ont manqué. Mais le bon sens, l'élévation
de la pensée, le goût, le cœur suppléent amplement chez lui aux lacunes de
l'éducation littéraire.
Paris, 7 mars 181 3.
Vous mescuserés, mon cher David, du long terme que jai mis
à vous répondre, si vous vous persuadez que ce nest ni par indif-
férence à votre sujet ni à aucune raison contraire à Tintérêt que
jai toujours pris à votre avancement. La véritable raison ces ma
mauvaise santé^ surtout pendant liver, les rhumes continuels et le
dépérissement de ma santé qui en est la suite, et qui m'eaute
entièrement le courage de faire aucune chose. Jai beaucoup tra-
vaillé l'été dernier pour finire les deux statue que jai mis au Salon 2.
Cette fatigue a bien pu contribuer encore à mon affaiblissement;
j'espère que le printems pourra me faire du bien. J'ai reçu vos
deux lettres et vous remercie des choses obligentes que vous m'avez
adressez au sujet d'Homère. Jai eu à la vérité quelque satisfaction
à ce sujet de la part des artistes, mais rien du tout de celle des
1. David d'Angers, sa vie, son œuvre, ses écrits, etc., t. II, p. 216-245.
2. Les statues d'Homère et de Tronchet.
AUTOGRAPHES DE SCULPTEURS. 21 3
journalistes à qui je ne fais pas la cour, ausi ne perdent il pas l'oc-
casion de s'en venger dans toute les circonstences.
Vous ne m'auriez pas trouvé cet air d'insouciance, mon cher
David, si javois eu de linquiétude sur la marche de vos étude. Je
la trouve toujour conforme aux conseil que je vous ai donné, c'et
à dire Tetude de lantique et celle de la nature et ne sécarter jamais
de cette dernière. Cet en suivant ces principes que les plus abilles
maîtres ont produit les chef deuvre que vous voyez. En efet, en
suivant cette marche il est impossible de ségarer. Vous pouvez
aussi mesurer les statue de Monte Cavallo et tout autre-, on ne
risque jamais rien de s'instruire. Au sujet de la figure de jeune
homme que vous avez fait, je pence que quelqun vous aura obser-
vez que le mouvement du bra levé et la main fermé nest pas heu-
reux et que vous naurez pas fait retourner la tête du chevrau
comme celle d'un dragon, ces observations là ne vous auront pas
echapé ^ .
Je vous plain, mon cher David, d'être ataqué des fièvres. Ces
un motif de plus pour vous recommander de ne pas trop travailler;
vous avez été quelque fois thémoin que je me croye obligé de
recommander le contraire à certains de mes élèves ; ces encore
une obligation que je me suis imposé. Ne vous laissez jamais
entraîner au faux entousiasme des inovateurs qui croyent reformer,
agrandir ou corriger le stil des grand maistres etenfain introduire
un stil nouveau, comme nous avons vu l'année dernière, stil voi-
sin du gotique et même de la barbarie et près de la décadence de
la Peinture. Ainsi point de milieu : l'antique et la belle nature.
Dernièrement, VangueV^ a partagé la tête dexpression avec un
pintre. Massa^ doit profiter d'un surcy pour concourir au grand
prix ; s'il ne gagne pas au moins le segond, il sera sûrement obligé
de partir.
Nous avons vue à l'afain du Salon deux charmante statue de
M'' Canova, la Dance et la Musique''. Ces deux ouvrages sont
1. Il s'agit de la figure de Jeune Berger, envoi de dernière année de
P.-J. David, aujourd'hui au Musée David. Le chevreau a été supprimé par
l'artiste avant l'exécution en marbre.
2. Van Geel (Louis), 2' grand prix de Rome en 181 1. Le lauréat du con-
cours avait été Pierre-Jean David.
3. Massa (Toussaint), 3" grand prix de Rome en iSi2,ex-cequoavecPra-
dier; 2" grand prix en 18 1 5.
4. Ces deux œuvres de Canova ne furent pas exposées du même coup au
Salon de 1812. Le livret en fait foi. Une seule statue est inscrite sous le nom
du « chevalier Canova à Rome, » Elle portait le n' 102$, et l'auteur du
214 AUTOGRAPHES DE SCULPTEURS.
remplie de grâce. Si vous voyez M' Canova ditte lui beaucoup de
choses aimable de ma part.
M"" Vincent et Pajou sintéresse bien à votre Papa; il ni a pas
longtemps quil mont dit quil n^y avoit encore rien de nouveau à
son sujet. Vous avez auprès de vous de bon camarades. Cortot
en et un que je connois le plus particulièrement et que jaime. Je
pence que sa frecantation doit vous plaire. Il est doux et sincère.
Je mintéresse beaucoup à son sort et lui fait beaucoup d'amitiez.
Madame Roland vous remercie de votre bon souvenir, ainsi que
M"" et M""^ Lucas ^ ; ils vous assurent tous de leur amitiez.
Adieu, mon cher David, aimé moi comme je vous aime. Je
serois toujours à vous pour la vie.
Roland.
Sil vous manque quelque chose, mandé le moi. Je suistoujour
prés à vous être utile.
A Monsieur, Monsieur Davide, statuaire, pensionnaire de S. M. Impérial
et Royal à l'École des beaux-arts, à Rome^.
LE MOT.
1817.
François Gérard, administrateur de l'École des Beaux-Arts.
Il n'y a guère que des fonctionnaires érudits à savoir de nos jours quel a
été le mode de gouvernement appliqué à l'École des Beaux-Arts au commen-
cement de ce siècle. Une lettre de Lewof, administrateur pendant l'année 181 7,
précise sur un point important les droits du Conseil d'administration.
École Royale des Beaux-Arts de Paris.
Paris^ le 3 décembre 18 17.
Monseigneur,
D'après votre lettre du 1 3 février dernier relative aux fonctions
livret la désigne ainsi : « Une Muse. — Statue en marbre, commandée par
M. de Sommariva. » Cette muse porte un nom dans l'œuvre de Cijwova; elle
s'appelle « Terpsichore. ï L'artiste l'exécuta deux fois, avec variantes. Une
lyre est son attribut ; de là le titre que lui donne Roland. 11 y voit une allé-
gorie de la Musique. Quant à la Danse, c'est l'une des trois statues de dan-
seuses exécutées par Canova, nous dit Quatremère de Quincy, « pour
charmer les déplaisirs que lui causoit la triste situation de Rome à l'époque
de l'enlèvement du pape par Bonaparte » (voy. Canova et ses ouvrages, gr.
in-8% 1834, p. ibo-162).
1. La fille unique de Roland avait épousé tfi. Lucas de Montigny, devenu
conseiller de préfecture du département de la Seine.
2. Cet autographe fait partie de notre collection.
AUTOGRAPHES DE SCULPTEURS. 21 5
d'administrateur de l'École Royale des Beaux-Arts, et en consé-
quence des dispositions que les professeurs ont arrêtés dans les
réglemens définitifs de PÉcole qu'ils ont eu l'honneur de sou-
mettre à Votre Excellence et dont ils attendent avec impatience
l'approbation, M"" Gérard, vice-président, passe de droit à la pré-
sidence Tannée prochaine, et en cette qualité il doit administrer
l'Ecole pendant le cours de l'année 1818. MM. les professeurs
prient votre Excellence de vouloir bien approuver ce choix.
Je suis, avec le plus profond respect, Monseigneur, de Votre
Excellence, le très humble et très obéissant serviteur,
Lemot^
Administrateur de l'Ecole Royale des Beaux-Arts.
(Bibliothèque d'Angers. — Manuscrits. — N* 572.)
EDME-ÉTIENNE-FRANÇOIS GOIS.
1819.
^ LÉDA REGARDE SES QUATRE ENFANTS SORTIR DE LEUR COQUILLE.
Qu'est devenu le groupe exposé par Gois le fils au Salon de 1827 et qu'il
était en mesure de montrer à ses invités dès 1819? Le billet ci-joint est
adressé à François Grille.
Monsieur,
L'honneur d'obtenir le suffrage des hommes les plus instruits
est le but principal des efforts d'un artiste et la plus flatteuse récom-
pense qu'il puisse ambitionner. Pénétré de ce sentiment, j'ai l'hon-
neur de vous faire part que je viens de terminer un groupe de
six figures dont le sujet n'avoit point encore été traité en sculpture,
et vous invitant, Monsieur, à vouloir bien m'honorer de votre
visite, j'ai l'honneur d'être avec respect. Monsieur, votre très
humble serviteur,
Eugène Gois,
Statuaire, ancien Pensionnaire du Roi.
Mon atelier est au Palais des Arts, pavillon de l'Est. Il sera
ouvert les 4 premiers jours de chaque semaine, depuis 1 1 heures
jusqu'à quatre ^
(Bibliothèque d'Angers. — Manuscrits. — N° 572.)
I. Grille écrit en note : « J'irai samedi de 10 à 11. »
2l6 AUTOGRAPHES DE SCULPTEURS.
RUTXHIEL.
1819.
Ses ouvrages non exposés aux Salons.
On trouvera dans le Bric-à-Brac de François Grille (t. I, p. 3o2) un pro-
fil quelque peu violent de Rutxhiel. Grille y a mis de l'emportement. La
page se termine par une liste d'ouvrages du statuaire, nomenclature incom-
plète, car elle ne renferme aucune des œuvres exposées par l'artiste, de 18 14
à 1827. D'où vient cela.-' C'est que Grille, sur le point d'écrire sa notice, s'est
borné à lire la lettre qui va suivre, dont il a simplement transcrit, en l'abré-
geant encore, \e post-scriptitm.'^oxi?, ferons mieux que notre spirituel devan-
cier. La lettre explique son appendice. Les lecteurs du Bric-à-Brac appren-
dront ainsi que ce livre pétillant ne saurait suffire à quiconque voudrait être
équitable envers la mémoire de Rutxhiel. Nous supposons que l'autographe
dut être adressé à Charles Lafolie, qui avait projeté d'écrire avec Grille un
Dictionnaire des Artistes. L'original porte en effet une note manuscrite de
Lafolie*.
Monsieur,
J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser
à la fin de mai. La note que vous avez faite est bien celle des
ouvrages que j'ai exposés. Je joins ici le résumé, que vous avez eu
la bonté de me demander, des ouvrages que j'ai faits. Je vous prie
M"" d'arranger cela comme vous le trouverez le plus convenable.
J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre très humble et très obéis-
sant serviteur,
Rutxhiel.
Paris, le 7 juin 1819. Palais des Beaux-Arts.
H.-J. Rutxhiel., élève de MM. Houdon et David., a remporté
le premier grand prix en 1808 par un bas-relief représentant
Dédale et Icare.
2. A exécuté plusieurs bas- reliefs pour la colonne de la place
Vendôme.
3. Il a fait deux figures pour le palais de la grande Chancelle-
rie de la Légion d'honneur.
4. A exécuté une statue en marbre, pour la Banque de France.
5. A fait 4 statues en plomb, pour décorer le dôme de l'Hôtel
Royal des Invalides.
6. A fait également pour le sanctuaire du dôme deux bas-reliefs
en pierre, représentant quatre Vertus.
I. Voici la note de Lafolie : « 11 faut refaire le bulletin des ouvrages expo-
sés et y ajouter ceux qui ne l'ont pas été d'après les indications du statuaire. »
AUTOGRAPHES DE SCULPTEURS. 2I7
7. La Statue du bailiy de SufFren, pour la maison du Roi.
8. A fait deux médaillons à la Conciergerie. Louis XVI et
Madame Elisabeth, pour les monuments expiatoires,
9. A fait un projet delà statue de Marie-Antoinette, au moment
qu'elle vient d'écrire à Madame Elisabeth pour lui recommander
ses enfants.
10. Pandore, figure allégorique.
1 1 . Bossuet, pour la cathédrale de Meaux. Plusieurs bustes
d'après nature :
Grétry, pour la ville de Liège, Delambre, de Lalande, Monge,
l'abbé Delille, le comte Murés d'Argeton, le général Talouet.
(Bibliothèque d'Angers. — Manuscrits. — N" 572.)
ESPERCIEUX. '
1819.
Trois ouvrages du maître non exposés.
Le Dictionnaire des Artistes préparé par Lafolie étant demeuré inédit, ne
négligeons pas de mettre au jour les notes qu'il tenait des intéressés. Esper-
cieiix, l'ami de David d'Angers, qui a laissé sur lui plusieurs pages écrites < ,
sollicité par Lafolie de le renseigner sur ses ouvrages, remplit le bulletin que
lui avait adressé l'écrivain. Puis il complète la liste de ses ouvrages par cette
lettre :
Paris, le i6 juin 1819.
Monsieur,
J'ay pensé qu'il était convenable de joindre à la note de mes
ouvrages que vous avez les trois que je vous envoyé et qui n'ont
pu être exposés. Un bas-relief représentant Diane et ses nymphes
aux forges de Vulcain, demandant des armes pour la chasse. Il
est placé au Musée Royal, salle du Candélabre. La statue de la
Force, elle est placée dans la cour du palais des Députés. La sta-
tue du général Roussel destinée autrefois pour la décoration du
pont de LouisXVÏ, vous la connaissez. Je pense, Monsieur, que
vous voudrez bien avoir la bonté de joindre ces ouvrages aux
autres; je les ai faits pour le Gouvernement et ils ne sont pas expo-
sés au Salon. C'était impossible.
Je vous prie. Monsieur, d'agréer l'assurance de mon respect.
Votre serviteur,
Espercieux.
I. Voy. David d'Angers, sa vie, son œuvre, ses écrits, etc., t. II, p. 176 à
189. Manuscrit daté de l'exil, i852.
2l8 AUTOGRAPHES DE SCULPTEURS.
Evidemment le livre que voulait écrire Lafolie eût été sérieux. Regrettons
de ne le pas avoir. Renseigné sur l'œuvre, le biographe veut l'être sur
l'homme. 11 écrit de nouveau, et le statuaire de lui répondre :
Le 26 septembre 1819.
Monsieur,
Vous me demandez de qui je suis élève? J'ay commencé par être
élève de l'Académie de Marseille, ma patrie, et j'ay eu les douze
professeurs pour maîtres et un sculpteur, artiste fort inconnu.
Arrivé à Paris, j'ay modellé quelque temps chez M"" Bridan et je
suivis l'Académie. J'ay reçu les conseils de W^ Foucou^ Berruer,
Julien, Roland et de tous ceux que j'ay pu consulter, mais l'ar-
tiste qui m'a donné le plus de leçons et les meilleures c'est
Mf David, peintre. Ainsi, lorsque j'ay mis dans un livret du
Salon que j'étais élève de ceux qui m'ont donné de bons avis, j'ay
dit la vérité.
Recevez, Monsieur, l'assurance de mon respect.
Votre serviteur,
Espercieux.
Est-ce qu'il dit vrai ? N'est<e pas là plutôt une bravade d'artiste? L'adminis-
tration du Salon aurait-elle admis la note singulière dont parle Espercieux ? '
Ouvrez le livret de 1798, à la page yS de la réimpression Guiffrey, et lisez :
« Espercieux (Jean-Joseph), né à Marseille, élève de ceux qui m'ont donné
de bons avis, rue Pot-de-Fer, faubourg Germain. » Quant aux hommes dont
« il a reçu de bons avis, » deux seulement étaient connus par l'étude de
David d'Angers dont nous parlions tout à l'heure : Bridan et Louis David.
Nous savons maintenant que Foucou, Berruer, Julien, Roland ont été les
maîtres d'un jour du sculpteur Espercieux.
(Bibliothèque d'Angers. — Manuscrits. — N" 572.)
COGIOLA.
1819.
Notes autobiographiques.
Difficile entreprise que de vouloir être à la fois le distributeur des com-
mandes officielles et l'historiographe des artistes de son temps. C'est l'histo-
riographe qui écrit, c'est au fonctionnaire que l'on répond. Cogiola en four-
nit une preuve. Toutefois, ce sculpteur, dont le nom figure aux livrets de
1808 à 1817, donne ici la date de sa naissance. Plus d'un historien l'avait
fixée à 1763. C'était vieillir l'artiste de cinq années.
A Monsieur Grille.
Monsieur,
Je viens de recevoir la lettre que vous m'avez fait l'honneur de
AUTOGRAPHES DE SCULPTEURS. 219
m'écrire au sujet du bulletin des artistes. Je m'empresse de vous
répondre.
Je me nomme Jean-Ange Cogiola; je suis né à Turin, le 5 juil-
let 1768.
Permettez-moi, Monsieur, de profiter de cette occasion pour me
rappeler à votre souvenir. J'ai eu Fhonneur de vous voir il y a
quelques jours pour vous prier de vouloir bien vous intéresser à
moi relativement aux travaux que feu Caldelary^ mon camarade,
devait faire.
J'ai Phonneur d^être avec respect. Monsieur, votre très humble
et très obéissant serviteur,
Cogiola^ sculpteur.
Paris, 18 décembre 18 19.
Caldelari, l'ami et, sans doute aussi, le compatriote de Cogiola, fut un sta-
tuaire de bon aloi, si nous en jugeons par les sujets qu'il aimait à traiter. On
ne se souvient guère de lui. Les écrivains de notre temps négligent d'enre-
gistrer son nom dans les Biographies les plus développées. Gabet s'était mon-
tré moins indifférent. Mais la mort de Caldelari, antérieure à la publication
du livre de Gabet, n'est cependant pas mentionnée dans cet ouvrage. La lettre
de Cogiola répare l'oubli du biographe.
(Bibliothèque d'Angers. — Manuscrits. — N" 572.)
DE LE Y.
1819.
Sur les frontières de l'art et de l'industrie.
Nous nous sentions perplexe à l'endroit du sculpteur Deley. Le livret du
Salon de 1808 nous montre Deley exposant un buste demi-colossal de S. M.
l'Empereur, destiné à la Salle des séances de la Municipalité de la ville de
Malines. En 1814, Deley envoie le buste de Pie Vil. Trois ans plus tard, il
expose au Salon une statue de Jésus Enfant, en bois de poirier. Qu'est-ce à
dire? Deley l'inconnu ne serait-il qu'un oublié? Y avait-il lieu de s'attarder
à la recherche des œuvres, du talent, des actes de ce sculpteur? Pourquoi
non ? Nous avions donc résolu de mener rondement notre enquête, quand la
lettre suivante est venue juste à point faire la lumière sur un artiste que ses
bustes de Napoléon et de Pie VII n'empêcheront pas d'être rangé dans la
catégorie des sculpteurs industriels. Ne modèle-t-il pas « en tous genres i »
Mauvais signe.
A Monsieur Charles Lafolie.
Monsieur,
Pour avoir l'honneur de répondre à votre demande, je suis
élève de M"" Rangeel, sculpteur et professeur de l'Académie de
Malines, de laquelle j'ai reçu plusieurs médailles. Quoique je
model et sculpte en tous genres, je suis occupé à faire des figures
220 AUTOGRAPHES DE SCULPTEURS.
en bois, pour les églises, et tous les ornemens qui les concernent
tant en sculpture qu'en dorure. Monsieur, je me recommande à
votre protection en cas qu'il se trouve quelques travaux en bois
pour le Gouvernement. Je crois que vous serez satisfait, et pour
vous même je suis à votre service. A datterdu i5 janvier 1820, je
transporterai mes atteliers et magazin parvis Notre-Dame, à la
Providence, n" 20.
J'ai rhonneur d'être, Monsieur, votre très humble serviteur,
Deley^
Sculpteur statuaire, rue de la Juiverie, n» 10, en la Cité.
Paris, ce 18 décembre 181 9.
(Bibliothèque d'Angers. — Manuscrits. — N" 572.)
DESBŒUFS.
1828.
Adimante foudroyé par Jupiter. — Une jeune vierge de Sparte.
Demande d'acquisition en la forme accoutumée. Mais Desbœufs voudrait
que l'on achetât sa « figure en marbre, » c'est-à-dire la « Jeune vierge de
Sparte qui rattache son vêtement après la danse de Diane Thyréatique, » et
c'est un modèle en plâtre que la commission préfère acquérir! Adimante est
en effet exposé en plâtre au Salon de 1827, en même temps que la Jeune
vierge et six autres ouvrages de Desbœufs. Or, Gabet nous apprend que la
statue d'Adimante décore en i83o l'Orangerie de la Chambre des Pairs.
C'est donc sur cette œuvre que se sont portées les préférences de l'Etat.
A Monsieur François Grille.
Monsieur,
Je viens d'adresser une demande à S. E. le Ministre de l'Inté-
rieur pour l'acquisition d'une figure en marbre que vous avez pu
remarquer au Salon. Je viens d'apprendre par M' Fontaine que
la Commission doit s'assembler aujourd'hui, seriez- vous assez bon
pour lui soumettre ma demande que je vous adresse avec la pré-
sente.
J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre très humble serviteur,
S. Desbœufs.
29 avril 1828.
(Bibliothèque d'Angers. — Manuscrits. — N* 572.)
BOSIO.
1829-1843.
Monument commémoratif de la mort de Louis XVI. — Buste
DE Madame François Grille.
Les dates ont leur prix, puisque nous vivons dans le temps. Nos lecteurs
AUTOGRAPHES DE SCULPTEURS. • 221
ont pu voir à l'intérieur de la Chapelle expiatoire le groupe de Bosio consa-
cré à la mémoire de Louis XVI, faisant pendant au groupe de Marie-Antoi-
nette dû au ciseau de Cortot. La lettre qui suit nous donne la date de l'achè-
vement du groupe de Bosio.
Paris, le 14 janvier 1829.
A Monsieur Grille, chef de la 3^ Division au Ministère
de l'Intérieur.
Bosio a l'honneur de présenter ses civilités empressées à M' Grille
et le prie de vouloir bien lui faire Tamitié de venir voir son monu-
ment de Louis XVI qu'il vient de terminer. Dans cette aimable
attente, il restera à son atelier tous les jours de cette semaine, de
midi à trois.
Au fond, qu'était-il, François Grille i' Un homme d'esprit et de grand cœur.
Quelles étaient les prérogatives du chef de la troisième Division au Ministère
de l'Intérieur? Celles d'un Directeur des Beaux-Arts. Nous n'avons pas la
preuve que François Grille se soit rendu à l'invitation de Bosio, mais il a fait
mieux. Au verso de la lettre du statuaire, l'excellent Directeur a esquissé une
notice de son correspondant. Elle n'a que dix lignes, on la voudra lire. Ce
n'est pas une plume indifférente qui l'a tracée. Que l'on en juge :
Notice. — Bosio, statuaire. — Est sous le rapport de la grâce
et du goût le meilleur sculpteur de l'École moderne. Il ne manque
pas de style ; son Jlercule terrassant le Serpent en est une preuve ;
mais il tombe quelquefois dans le genre théâtral. Quoique Bosio
ait obtenu beaucoup de travaux du Gouvernement, il est loin
d'être à son aise. Ce qui lui manque, ce n'est pas de la conduite,
mais de l'ordre. Il était chargé d'une statue équestre pour le pont
d'Iéna. Le petit modèle qu'il a fait est très bien ; on peut lui con-
fier toute espèce de travaux, il les exécutera avec talent et intel-
ligence.
Il vient de terminer le modèle de la statue du ducd'Enghien et
celui d'un Jeune enfant jouant au palet. Ce dernier ouvrage fait le
plus grand honneur à son talent.
Chargé par le Ministère de la statue équestre, en marbre, de
Louis XIV.
J'admire ce fonctionnaire bienveillant qui, entre deux audiences, fixe pour
sa gouverne, son opinion sur ses justiciables. Il ne songe point à se donner
le change à lui-même. Il dit tout, mais avec mansuétude et justesse.
D'ailleurs, Bosio n'était pas un étranger pour François Grille. Celui-ci, dit
M. Célestin Port, s'était marié en janvier 1817, alors que depuis cinq années,
— et quelles années! — il était chef du Bureau des sciences et des Beaux-
Arts. Bosio fit le buste de Madame Grille, qu'il n'exposa pas au Salon et que
ses biographes ont naturellement omis de signaler. De son côté, M. Port,
dans sa notice sur Grille, ne dit pas à quelle date l'ancien fonctionnaire,
222 AUTOGRAPHES DE SCULPTEURS.
tombé en disgrâce à l'avènement de la monarchie de Juillet, perdit sa femme.
Une lettre de Bosio, en nous révélant l'existence du buste qu'il a sculpté, va
nous apprendre à quelle époque son ancien ami et protecteur vit son foyer
désert.
Paris, le lo septembre 1843,
A Monsieur Grille, Bibliothécaire de la ville d'Angers.
Monsieur et ami,
Il n'existe point de creux du buste de Madame Grille, il m'est
donc impossible, à mon grand regrés, de repondre à votre désire
sans faire un bon creux et, pour y parvenir, il faudrait m'envoyer
le buste, car je craindrais qu'une main malhabile n'altéra l'origi-
nal qu'il faudrai lui confier.
En tout état de chose, disposé de moi ; j'éprouverai toujours un
vrai plaisir à vous être agréable.
Agréez, je vous prie, l'assurance de ma haute considération et
croyez à toute la part que je prends à la perte douloureuse que
vous venez de faire.
Le Bon Bosio.
(Bibliothèque d'Angers. — Manuscrits. — N° 572.)
PRADIER.
1844.
Le Christ en croix de la sépulture des Demidoff
A Saint-Pétersbourg.
Comment expliquer que cette lettre, datée de Paris 1844, adressée à Théo-
phile Gautier qui habitait Paris, se retrouve dans les papiers de François
Grille, conservateur de la Bibliothèque d'Angers depuis i837.''Le critique
s'est-il intéressé à l'œuvre de Pradier? Nous venons de parcourir le volume
Portraits contemporains dans lequel ont été rassemblés les feuilletons de
Gautier. Pradier n'a pas même son profil dans cette galerie largement ouverte
aux illustrations de l'art et des lettres de iSSg à 1871.
Mon cher Monsieur Théophile Gautier.
Je viens de terminer une statue en marbre d'un Christ en croix
de huit pieds de proportion, commandé par M"" Anatole de Demi-
doff pour le tombeau de son frère et qui doit partir pour Saint-
Pétersbourg. Mon intention est de l'exposer publiquement dans
mon atelier depuis le samedi treize juillet jusqu'au 20 du même
mois, cour de l'Institut, n° i".
Je serais heureux que vous voulussiez bien prendre un moment
pour venir voir ce travail, c'est la première statue de ce genre, le
Christ et la croix étant dans le même bloc.
Je me recommande à votre bienveillance pour faire faire l'an-
BIBLIOGRAPHIE. 22 3
nonce de cette exposition dans les journaux où vous avez crédit et
vous prie de croire à l'affection de votre tout dévoué,
/. Pradier^
Membre de l'Institut, officier de la Légion d'honneur,
9 juillet 1 844.
(Bibliothèque d'Angers. — Manuscrits. — N» 572.)
BIBLIOGRAPHIE.
Album paléographique ou recueil de documents importants rela-
tifs à l'histoire et à la littérature nationales, reproduits en héliogra-
vure d'après les originaux des bibliothèques et des archives de la
France, avec des notices explicatives parla Société de l'École des
chartes. Paris, Quantin, 1887, in-folio. 10 pages d'introduction et
5o planches.
Si l'on peut regretter de voir parfois la photographie empiéter sur
le domaine de certains arts, auxquels elle porte un préjudice notable,
il faut reconnaître qu'elle est aujourd'hui un des plus précieux auxi-
liaires de la science historique. En multipliant les textes anciens, elle
en assure la conservation et les met à la portée de tous les travail-
leurs, qu'elle dispense ainsi de longs et coûteux voyages; Chose
singulière, presque invraisemblable ! La photographie a permis de
retrouver sur de vieux parchemins des traits effacés et imperceptibles
à l'œil. N'accuse-t-elle pas d'ailleurs, avec une franchise implacable,
les défauts de peintures qui paraissent sans retouche à l'observateur
le plus attentif? Certaines applications scientifiques ont permis de
constater récemment que la plaque photographique reproduisait des
détails, des accidents échappant à la vue secondée d'instruments puis-
sants. Elle a donc devant elle un champ des plus vastes, bien qu'il
soit douteux qu'elle puisse jamais faire une concurrence sérieuse à
l'œuvre d'art.
Pour la reproduction des vieilles écritures, la photographie est sans
rivale, en raison de sa franchise. Les fac-similés dus aux dessinateurs
les plus exercés n'approchent pas de l'exactitude des copies obtenues
par l'héliogravure. « Ce genre de reproduction, dit M. Delisle en
parlant de ces fac-similés dans l'introduction placée en tète de l'album,
comme celui que feu M. Pilinski a porté à un si haut degré de per-
fection, n'est pas à l'abri des défiances de la critique; il donne en effet
ce qu'a vu ou cru voir le dessinateur. Il en est tout autrement des
reproductions héliographiques, sur lesquelles on peut raisonner
comme sur les originaux, si les épreuves sont venues avec netteté et
si elles n'ont point subi de retouches. »
A la suite de ces observations, le savant administrateur général a
dressé le tableau des principales publications françaises ou étrangères
ayant donné des reproductions d'anciens textes par l'héliogravure.
La liste en est déjà considérable. L'album paléographique que vient
I
224 BIBLIOGRAPHIE.
de faire paraître la maison Quantin occupera un des premiers rangs
dans cette précieuse collection. Il offre des échantillons des différents
types d'écritures employés en France pendant dix ou onze cents ans,
depuis le vi^ siècle de notre ère jusqu'en 1682.
Sur les soixante-sept fac-similés, vingt-neuf sont empruntés aux
manuscrits de la Bibliothèque nationale, douze à des manuscrits de
la bibliothèque de Lyon, dix-neuf aux pièces originales des archives
de France, deux à la bibliothèque de la Faculté de médecine de Mont-
pellier, et un à chacun des dépôts suivants : bibliothèques Mazarine,
de Cambrai, de Laon, de Quedlinbourg et d'Oxford. Dans l'ordre
chronologique, l'album présente quatorze fac-similés du v« au vm« s.,
quatre du viii", cinq du ix°, deux du x«, un du xi*, huit du xii^, huit
des xin° et xiv", trois du xv**, trois du xvi« et deux du xvii* siècle. Ne
semble-t-il pas que les cinq dernières feuilles appartenant au xvi« et
au xvn= siècle auraient pu sans inconvénient être remplacées par des
textes plus anciens? Les temps modernes à partir de la Renaissance
auraient aisément fourni la matière d'un album assurément très
curieux, tandis que les rares documents publiés ici sur une époque
si riche en témoignages écrits semblent un peu dépaysés. N'eût-il pas
aussi mieux valu séparer franchement les manuscrits des diplômes et
des chartes originales ? L'ouvrage eût formé ainsi deux parties entiè-
rement distinctes, l'une confiée aux savants conservateurs de la
Bibliothèque, l'autre au personnel des Archives.
Malgré ces observations, qui ne diminuent en rien le mérite de
cet ouvrage, malgré des lacunes et des imperfections à peu près inévi-
tables, l'album paléographique restera une des plus belles publica-
tions du genre. Il fait honneur à la maison qui l'a entreprise dans
l'intérêt unique de la science. Nous souhaitons vivement que le succès
récompense cette initiative hardie, afin que l'éditeur soit encouragé
à la renouveler et se décide à former un recueil méthodique des plus
anciens monuments graphiques de notre histoire, dont quelques-uns
figurent ici pour la première fois ou ont déjà paru ailleurs.
Quelques-unes des reproductions publiées dans le présent album
offrent certains détails fort intéressants sous le rapport de l'art. Nous
citerons particulièrement les pages couvertes de dessins extraites du
fameux album de Villard de Honnecourt, puis les miniatures qui
décorent les deux manuscrits juxtaposés des allégories de la Bible du
xiii' et du xv» siècle, celle qui est placée en tête du psautier de saint
Louis, les miniatures des Grandes Chroniques de France, de l'Infor-
mation des rois, du Miroir historial et surtout des miracles de Notre-
Dame, datant du milieu du xv« siècle. Ces exemples montrent qu'en
dehors du haut intérêt paléographique de la récente publication
éditée par la maison Quantin, elle offre des éléments de comparaison
très précieux à ceux qui étudient dans la miniature une des plus
importantes manifestations de l'art du moyen âge. — J.-J. G.
LES PEINTRES VERRIERS DE TROYES. 225
LES PEINTRES VERRIERS DE TROYES
DU XIV« ET DU XVe SIECLE,
La réputation des peintres verriers de Troyes est faite. Plusieurs
d'entre eux sont célèbres, et les églises de Troyes possèdent encore
des verrières d'une rare beauté, ouvrages achevés de l'art du ver-
rier au xiv% au xv«, au xvi« et même au xvii« siècle.
La renommée de ces maîtres eût été moins grande, malgré le
talent de quelques-uns d'entre eux, si, il y a une trentaine d'an-
nées, à une époque où les études fondées sur les documents ori-
ginaux écrits étaient encore rares, un érudit, l'abbé Coffinet, cha-
noine de Troyes, n'avait entrepris de faire connaîre ces peintres
verriers par ceux de leurs travaux qui sont mentionnés dans les
comptes des églises de Troyes.
L'abbé Coffinet a publié, en i858, dans les Annales archéolo-
giques, un mémoire intitulé : Documents historiques et archéo-
logiques sur les peintres verriers de la ville de Troyes^ pendant
trois siècles, depuis 1 3^5 jusqu'à i6go. Il a signalé :
4 maîtres du xiv« siècle ;
22 du xv« siècle.
Les notices que l'abbé Coffinet a données ont été souvent citées,
et c'est grâce à elles qu'on a assigné à l'art de la peinture sur verre
à Troyes un degré d'importance qui n'a pas été exagéré.
M. Alexandre Assier, des recherches duquel nous avons déjà
parlé, a consacré aux verriers un chapitre de son livre sur les Arts
et les Artistes de la capitale de la Champagne de i25o à i68o,
publié en 1876.
M. Assier a connu 3o verriers :
I du XIII* siècle ;
I I du XIV* siècle ;
lÔ du XV* siècle.
Notre moisson a été plus abondante. Nous avons recueilli dans
les comptes les noms et la mention des ouvrages de 82 peintres
verriers :
I du XI ne siècle ;
19 du XIV* siècle;
62 du xv« siècle.
Nous disons peintres verriers : nous avons en effet écarté plu-
ART FR. IV l5
226 LES PEINTRES VERRIERS DE TROYES
sieurs ouvriers qui, tout en étant désignés comme verriers, ne
faisaient que de la gobeletterie ou ne faisaient que du verre en
feuilles blanc ou de couleur. Toutefois les peintres verriers de
Troyes faisaient toutes sortes d'ouvrages. Ceux-là mêmes qui ont
fermé avec des verrières de couleur à histoires les baies énormes
pratiquées dans les murs et les croisées de nos églises se livraient
en même temps aux travaux les plus modestes de leur métier. Ils
mettaient des vitres aux tableaux qui renfermaient des reliques,
aux lanternes; ils étaient souvent de simples vitriers, selon l'ac-
ception que le mot a de nos jours.
Plusieurs des maîtres dont nous allons parler comptent parmi
les verriers les plus" habiles. Leurs noms ne doivent pas être
oubliés :
Dans la seconde moitié du xiv^ siècle, Guillaume Brisetout,
Jacquemin Sauvage et Guyot Brisetout;
Dans la première moitié du xv* siècle, Jean Simon dit de Bar-
sur- Aube-,
Dans la seconde moitié du xv^ siècle, Liévin Varin, Girard le
Noquat, Pierre Maçon, Jean Verrat, Balthazar Godon et Jean
Macadré.
Tous les extraits d'articles de comptes que nous avons repro-
duits ont été tirés des registres des comptes de la ville ou des
églises de Troyes qui sont conservés à la Bibliothèque nationale,
aux archives du département de l'Aube et aux archives de la ville
de Troyes.
XIIP SIÈCLE.
I. Jean (. .1298-1301}.
Jean, verrier [vitrearius]^ a travaillé à la cathédrale de Troyes.
xiv^ siècle.
2. Martelet (..i3o6-i3o7).
Martelet, verrier [verreriiis],
3. Guillaume (..1 365-1 372).
Maître Guillaume, peintre et verrier, a peint des statues [yma-
gines] pour des confréries de Troyes et a réparé des verrières à la
cathédrale.
Nous supposons que le maître Guillaume, peintre, et le maître
Guillaume, verrier, sont le même personnage. Il est probable que
DU XI V^ ET DU XV® SIÈCLE. 227
maître Guillaume le verrier, qui travaillait en 1 366, est autre que
Guillaume Brisetout.
4. GuiLLEMiN I (..1 366-1 367).
Guillemin I, maître verrier, paraît n'avoir pas été le même que
le précédent.
5. Gw/V/aMme Brisetout (..1 372-1 378).
Guillaume Brisetout était maître peintre verrier. Il a été marié
et a eu un fils, Guyot, qui fut aussi peintre verrier.
Il quitta Troyes en 1378, en y laissant sa femme; rien n'in-
dique qu'il soit revenu dans cette ville, car, plusieurs années
après son départ, les proviseurs de l'œuvre de l'église de Troyes
portaient encore dans leurs comptes comme « irrecouvrable » une
somme de 6 livres 16 sols qu'il leur devait depuis 1376.
Guillaume Brisetout a fait plusieurs des verrières de la cathé-
drale de Troyes.
1375-1376. « A maistre Guillaume Brisetout, verrier, pour
verrer la tierce forme de la croisée devers le pavement à la partie
devers la ville en laquelle sont xiijxx ix piez de verre blanc et
couste chascun pié iiij sols. Et le pié d'ymaginé couste xij deniers
plus dou blanc lequel plus de ladicte forme Guillaume Gauterel
a paie, — valent les xiijxx ix piez à iiij sols pour pié Iiij livres
xvj sols.
a ... Pour verrer le grant oiteau de ladicte croisée devers le
pavement ouquel sont vjc iiijxx vj piez de verre blanc qui valent
à iiij sols vjxx xvij livres iij sols. Et pour le verre ymaginé
Ixviij piez qui valent plus dou blanc pour pié xij deniers, —
Ixviij sols, — valent en toute somme vijxx livres xij sols. »
1378- 1379. « A Guillaume Brisetout, verrier, et, depuis que fu
party, à ses vallés pour verrer une des formes de la croisée devant
le pavement à la partie de la maison Dieu Sainct-Nicolas, en
laquelle sont le Sauveur, saincte Hélène et saincte Mastie....
« Pour courtoisie faicte ausdicts vallés pour assouvir le verre,
quant lidis maistre Guillaume s'en estoit départi de ce pais et
pour assoir ladicte forme du commandement de messeigneurs,
XX s.
« A la femme de maistre Guillaume Brisetout et Adenet son
vallet pour courtoisie faicte à eulx du commandement de mess,
en leur chappitre, le mercredi xiij^ iour de ianvier, pour ce que
ladicte femme avoit grant perte à tenir les vallés et aussin que
2 28 LES PEINTRES VERRIERS DE TROYES
sondict mary s'en estoit partis du pais et a voit laissé ledict
ouvraige bien empeschié, pour ce c s.
a Aux vallés verriers après que ledict ouvraige fut parfaiz et
assouvis, pour leur vin x s. »
6. Jacquinot Plumereux (..iS/S-iSyy).
Jacquinot Plumereux, verrier, a peint les verrières de la cha-
pelle de Saint-Martin à Péglise Saint-Etienne. Ces verrières furent
posées en 1377.
7. Adenet (..1 375-1 379).
Adenet le verrier a été valet de Guillaume Brisetout le verrier,
de 1375 à 1377.
Il a travaillé pour son propre compte à la cathédrale, en 1377-
1378.
Après le départ de Guillaume Brisetout, en 1 378-1 379, Adenet
devint valet de la femme de ce dernier et continua avec elle les
travaux du vitrail de la croisée qui étaient commencés.
8. Jean de Damery (..1377— î-i38o).
Jean de Damery, maître verrier, était désigné quelquefois sous
le nom de « Jehan Damilly » ou de « maistre Jehan le verrier. »
Jean de Damery a fait, paraît-il, quelques-uns des vitraux du
chœur de la cathédrale. Cette attribution, que l'abbé Coffinet a
reproduite, ne nous paraît pas fondée. Il est douteux que ce ver-
rier ait exécuté un travail aussi important, puisqu'il ne put pas
faire convenablement la verrière dont nous allons parler.
Jean de Damery, en 1 378, « avoit marchandé de verrer la forme
du milieu de la rameure devers chapitre au costé par devers le
revestiaire, sur laquelle forme lui a esté baillé par messire Pierre
d'Arbois pour lors proviseur de ladite fabrice xxviij livres tour-
nois et par Thomas Belle, à présent proviseur, tant en plomb
comme en argent vj livres jciiij sols qui font en somme xxxiiij livres
xiiij sols, — et ledit ouvrage de verrerie fait par ledit maistre Jehan
a esté condampnez pour non valable et moins souffisant de mètre
en ladite forme. Et depuis a esté prisié ledit ouvrage à despécier
tant verre que plomb par ouvriers à x livres tournois, lequel ladite
fabrice a pris à la descharge dudit i^aistre Jehan, pour ce x livres,
— doit ledit maistre Jehan à ladite fabrice et Drève de la Marche
qui en a respondu pour luj en chapitre xxiiij 1. xiii; s. »
1 378-1 379. « Item dudit maistre Jehan qui avoit entrepris à
DU XI V^ ET DU XVe SIÈCLE. 229
faire la forme de verrière de la crousie par devers chapitre, au
costé par devers le revestiaire, laquelle il n'a peu pas faire. Et est
dit par ouvriers et bonnes personnes, c'est assavoir Gilet le
poinctre, maistre Colin Lesgeley, Jaquemin le verrier, Guiot Bri-
setout, verrier, en la présence de messire Pierre d'Arbois, messires
Guillaume de Creney, Drève de la Marche, Erard de Vitel, cha-
noines de Téglise de Troies, et Guillaume du Temple, bourgeois
de Troies, et plusieurs autres que l'ouvrage n'estoit pas souffi-
sant ne convenable. Et fu condampnez par les dessusdiz. Et
depuis le verre et le plonb dudit ouvraige a esté prisié par saire-
ment par ledit Jaquemin et ledit Guiot Brisetout, verriers, en
présence dudit Drève de la Marche et Jehan Thierry, maçon,
Guiot Malprouvé et autres à x livres tournois, pour ce x 1.
a Au maistre de la maison Dieu le Conte, qui avoit arrester
tout le verre et le plonb que ledit maistre Jehan avoit pour l'église
pour le loier de sa maison, — paie pour ledit maistre Jehan pour
avoir ledit plomb et verre Ix s. »
Jean de Damery est mort en 1 38o ; il devait encore à la fabrique
les 24 livres 14 sols.
9. Jacquetnin Sauvaige [..iSyy-j- de i388 à 1412).
Jacquemin Sauvaige ou Sauvaje est presque toujours appelé
dans les comptes Jacquemin le verrier. Il était de Valenciennes.
Il a épousé Marguerite, qui est morte en 1 382 ou en 1 383, léguant
20 sols tournois à l'œuvre de la cathédrale. Il a eu d'elle deux fils,
Gillet et Renier, « lesquelx ensemble prinrent (en 1412, du cha-
pitre de la cathédrale) une des roes du molin à papier de la moline, »
des maisons et des prés pour 25 livres par an. Leur père était
mort à cette époque, et les fils continuaient le bail fait à leur père.
Jacquemin est mort de i388 à 141 2.
Il a fait plusieurs des grands vitraux et une des roses de la
cathédrale.
1 377-1 378. « ... Pour verrer la forme où est saint Michiel en
laquelle sont iijc iiij piez de verre blanc qui valent à iiij sols pour
pié Ix 1. xvj s.
a Item Ixx piez d'imagerie qui valent Ixx sols, — ce fait en toute
somme Ixiiij 1. vj s.
a Item audit Jaquemin oultre le pris dessusdit qui li fut promis
par lesdiz proviseurs , xl s.
a ... Pour verrer la forme où est ymaginé mons. saint Bartho-
23o LES PEINTRES VERRIERS DE TROYES
lomé en laquelle sont iijc xlj pié et demj de verre blanc qui valent
à iiij sols le pié Ixviij 1. vj s.
« Item pour iiijxx piez ymagerie pour pié xij deniers iiij 1.
a Qui font en somme toute Ixxij 1. vj s.
a Et oultre ledit pris à li promis xl s. »
1 378-1 379. a Pour la première forme qui est par devers cha-
pitre au costé par devers le revestière^ en laquelle est l'ymage de
saint Mamer, où il a iijc iiijxx xv pies et j quart de verre blanc,
pour chascun pié par marché faict à Jaquemin le verrier par mes-
sire Pierre d'Arbois iiij s. t. valent Ixxix 1. xij deniers, — pour
iiijxx et XV pies et demj qui y sont de verre point oudict ymage
ou lion et ou tabernacle de ladicte verrière, pour chascun pié
xij deniers valent iiij 1. xv s. vj d.
« Pour aventaige qui lui fut promis pour ladicte forme xl s.
« Pour courtoisie faicte aux vallés dudict Jaquemin v s.
«... Pour la forme par devers le cuer ou costé devers le reves-
tière où est l'ymage de saint Denis Ixxvj 1.
« Pour aventage faict audict Jaquemin sur toute ladicte forme
xl s.
a Pour appareillier ij penels de verrières du pignon où sont les
ymages de saint Père et saint Pol et un penel de verrières de la
chappelle saint Fiacre par Jaquemin, verrier... »
Jacquemin était, en cette année, au nombre des maîtres et des
ouvriers commis par le chapitre pour juger les verrières de Jean
de Damery et ensuite pour priser le verre et le plomb de ces ver-
rières.
1 379-1380. «... Pour la forme du milieu de la rameure par
devers chapitre au costé par devers le revestière, en laquelle est
l'ymage de la résurrection Nostre Seigneur où il a iiijc xxxviij piez
et derhj de verre blanc, pour chascun pié iij s. iiij d. valent
Ixxiij 1. j s. viij d.
a Pour ixxx xj piez de poincture qui sont sur ledict verre blanc
es images de ladicte résurrection de sire Guillaume de Hametel et
de sa femme, pour pié x deniers, valent pour tout vij 1. xviij s. ij d.
« Pour aventage qui fut promis audict Jaquemin pour toute
ladicte forme, xl s.
« Pour courtoisie faicte aux vallés dudict Jaquemin, v s.
« Pour courtoisie faicte par messigneurs audict Jacquemin pour
ce qu'il disoit qu'il avoit perdu en ladicte forme de verrière à faire
le piez pjour iij sols iiij deniers duquel il avoit touziours par avant
DU XIV^ ET DU XV^ SIÈCLE. 23 I
iiîj sols, et de ce fist une supplication à messigneurs, liquelx ordon-
nèrent qu'il lui fust donné xl s. »
i38o-i38i. « Pour verrer la roè (rose^par deveh la court Toffi-
cial en laquelle a vjc et iiijxx pies de verre et les basses verrières
au-dessoubz de ladicte roe esquelle? il a ijc et Ix pies de verre,
ausin monte la somme du verre tant de la roe comme desdictes
basses verrières ixc xl piez de verre qui valent à ii) sols ix deniers
pour chascun pié viijxx xvj livres v sols.
(c Pour aventage faict audict Jaquemin par messigneurs, Ix s.
a Pour courtoisie faicte aux vallés dudict Jaquemin v s.
« Pour faire viseter la verrière de ladicte roe par Jehan dict
Marayz, Jehan Magourt* , lesquelx messire Pierre d'Arbois fit jurer
aux sainctes évangiles que bien et diligemment viseteront toutes
les verrières faictes parledict Jacquemin, liquelx rapportèrent que
bien et léalment elles estoient faictes et senz nul deffauf!;-. S "' "M
En cette année, Jacquemin fut commis, avec d'autres maîtres,
pour visiter « les couvertures de plomb tout autour du cuer et des
chappelles couvertes de plomb et ou haut clochier. »
Cathédrale. i38i-i382. « ... Pour faire une verrière neuve en
la chappelle de Saincte-Marguerite au droit du grant autel...
ix 1. iyL s.
« Pour appareillier les verrières des chappelles basses... iiij sols
par jour (mars et avril i382). »
i382-i383. « ... Pour appareillier ung panel de verrière en la
chappelle Nostre-Dame et deux autres pannez de couleurs ou
cuer... pour verre, pour plomb et pour salaire x s, (juillet). »
] 383-1 384. « ... Pour remettre ung penel de verrière en la
forme où est l'ymage de sainct Berthemiel que le vent avoit rompu
les liens...
« Pour appareillier les verrières du cuer... iiij sols ij deniers
par jour (avril 1384). »
1 386-1 387. «... Pour appareillier les verrières de la chapelle
Sainci-Père et Sainct-Pol. »
1 387-1 388. «... Pour appareillier les verrières de la chappelle
dou Sauveur... »
1. Jean dit Maraiz et Jean Margourt, qui furent chargés de faire la visite
et l'examen des verrières faites par Jacquemin, ont été placés par quelques
érudits au nombre des verriers de Troyes. Nous ne les avons jamais trouvés
désignés comme exerçant cette profession. , .
232 LES PEINTRES VERRIERS DE TROYES
lo. Guyot Brisetout (..i 378-1421).
Guyot Brisetout, peintre verrier, était fils de Guillaume Brise-
tout, aussi peintre verrier.
Il a été marié, et sa femme était, en i38o-i38i, bastonnière de
la confrérie de « Madame saincte Marguerite » à la cathédrale.
Guyot Brisetout demeurait, en 1392-j 393, dans « la grant Rue
de Troyes, au dessoubz de l'église Sainct-Urbain. »
Il a travaillé aux vitraux de la cathédrale et des églises Saint-
Étienne et Saint-Urbain.
En 1 378-1 379, il a a appareillié, d à la cathédrale, « les basses
verrières autour du cuer » et d'autres verrières ; il a fait plusieurs
petits vitraux; il était au nombre des maîtres et ouvriers commis
par le chapitre pour juger un vitrail de Jean de Damery, et ensuite
pour priser le verre et le plomb de ce vitrail.
Il a relevé et réparé, en 1 38o-i 38 1 , une verrière à l'église Saint-
Etienne, et, en 1 401 -1402, il a visité, avec le serrurier Robert de
Chaource, tous les vitraux de cette église.
Parmi ses travaux à la cathédrale, de i383 à 141 6, nous ne
citerons que les suivants :
Brisetout a fait, en 1 388-1 389, la verrière « en laquelle est
Tymage saint Bartholomé, » et « un ymage de Dieu en loo et son
siège tout de couleurs. »
1408 (verrière du portail latéral nord, qui existe encore). « Guiot
Brisetout, verrier, demorant à Troies, ouquel osteau seront faiz
les quatre evvangélistes en quatre rons qui seront oudict osteau,
avec huit escuçons qui seront en huit autres rons et telles armes
que par lesdiz vénérables lui seront dictes et déclarées, — à raison
de trois solz quatre deniers tournois pour chascun pié de verre
qui par lui sera mis ou emploie oudict osteau (le marché a été
signé le 27 juillet 1408). »
Guyot Brisetout a été, dans certaines années, payé à la journée,
à raison de 3 sols 4 deniers par jour.
II. Aucher Daubruissel (..i 380-1401).
Aucher Daubruissel, verrier, a travaillé aux verrières de la
cathédrale avec Guyot Brisetout et avec Jacquemin Sauvage.
12. DoMANcmN (..i383-i384).
Domanchin, verrier, varletàt Guyot Brisetout, a travaillé avec
DU XIV^ ET DU XV* SIECLE. 233
celui-ci, en i383-i384, aux verrières de Téglise Saint-Urbain et,
en 1 388-1 389, aux verrières de la cathédrale.
i3. Lambinet (..1 383-1 384).
Lambinet, « pinctre verrier. »
14. yean CoiNTET |..i 385-1 388).
Jean Cointet, verrier, a appareillié, en 1 386- 1 387, les verrières
de la chapelle Saint-Pierre et Saint-Paul à la cathédrale.
i5. Jeannin I (..1389-1396).
Jeannin I, verrier, varlet de Guyot Brisetout.
16. Jeannin de Pommart(..i 393-1 394).
Jeannin de Pommart, « varlet verrier, » a travaillé, en i393-
1394, à réglise Saint- Urbain.
17. Etienne Machefoing (..i 393-1407].
Etienne Machefoing, verrier et peintre, a rapareillié, en 1394-
1395, toutes les verrières de Téglise Sainte-Savine, et a réparé,
en 1406-1407, les verrières d"'une des salles de Tévêché.
18. Jeannin Sublot (..i 394-1 396).
Jeannin Sublot, verrier.
(Nous croyons que Jeannin Sublot n'a pas été peintre verrier,
et qu'il faisait de la gobeletterie) .
19. Jean Charretel (..i 395-1 398).
Jean Charretel, de Saint-Quentin, verrier, a ouvré, en 1397-
1398, à la cathédrale, a en la verrière où est Tymage saint Bar-
tholomé. »
20. Jean Pasquier (.. 1396- 1398).
Jean ou Jeannin Pasquier, verrier, varlet de Jean Charretel.
xv" siècle.
21. Pierre- Mathieu Cossard (xv» siècle).
Pierre-Mathieu Cossard, peintre verrier.
22. Girard (. .1407-1410).
Girart, valet de Guyot Brisetout, a travaillé avec celui-ci aux
verrières de la cathédrale.
23. Guyot (..1408- f avant 1418).
Guyot, verrier, marié à Agnès Nicot, est mort de 141 1 à 1418.
234 LES PEINTRES VERRIERS DE TROYES
24. Aubrjr Saùlcier (..1412- -f- de 1416 à 1418).
Aubry Saùlcier ou Sacier, verrier, a épousé Thévenette, et a eu
d'elle un fils, Jeannin, qui fut aussi verrier.
25. Jean du Pins (. .1416-1417).
Jean du Pins dit La Barbe, verrier, a fait des vitraux pour la
cathédrale en 1416-1417 :
« iij formes de la croisée devers chapitre dessubz la chapelle
Saint-Jaque;
a iij formes de la croisée devers le pavement dessubz la chapelle
Saint-Michel;
a Pour ledit ouvrage xxx 1. »
26. Antoine I (. .1416-1421).
Antoine I, verrier.
27. Jean Talemer (. .1416-1428).
Jean ou Jeannin Talemer ou Jeannin le verrier, verrier.
28. Hennequin du Pins (..i 417-142 i).
Hennequin du Pins dit La Barbe, verrier, a réparé des ver-
rières à la cathédrale en 141 7 et en 141 8- 141 9.
29. Jean /Simon (. .1417-1440).
Jean I Simon ou Symon dit de Bar-sur-Aube, maître verrier,
peintre et doreur, est presque toujours désigné dans les comptes
sous le nom de Jean de Bar-sur-Aube. Il a été marié et a eu un
fils, Jean II ou Jeannin, peintre verrier, dont nous parlerons
plus loin.
Jean de Bar-sur-Aube tenait à loyer du chapitre de l'église
Saint-Etienne, au prix de 4 livres ro sols tournois « en forte mon-
noyé » ou de 20 livres 5 sols tournois « en foible monnoie, » à
payer en deux termes, à la Saint-Remi et à Pâques, « la moitié
d'une maison de la grant Rue qui va jusques à la rue Moyenne. »
Il a travaillé aux vitraux de la cathédrale et à ceux des églises
Saint-Étienne et Sainte-Madeleine.
Cathédrale. 1420. Jean Simon a fait une verrière pour la cha-
pelle des apôtres et une autre en la salle basse d'une maison de la
rué des Lorgnes appartenant à l'église.
1425-1426. a ... Pour avoir levé deux des fenestres de la cha-
pelle Saint-Nicolas^ refait les bordures et mis en Tune le verre de
couleurs... »t uh.TKim izu
DU XIV^ ET DU XV« SIÈCLE. 235
Église Sainte-Madeleine. 1425-1426. « ... Pour avoir appareillé
et remiz à point les verrières dessus les orgues... »
1427. « ... Pour avoir appareillé et mis à point les verrières... »
Cathédrale. 1427. Réparation des vitraux de la chapelle Notre-
Dame.
Église Sainte-Madeleine. 1430-143 1. « ... Pour avoir remis à
point toutes les verrières de l'église... »
1431-1432. Peinture et dorure « de Touvraige de bois du
cyboire, » fait par Jean Oudot, huchier.
Cathédrale. 1432-1433. « ... Pour xiij jornées de ly et son fila
dorer la hensse... et la croix... Ixv s. t. »
1433. Réparation de tous les vitraux et dorure de la croix du
grand clocher.
De 1433 à 1440, Jean de Bar-sur- Aube a réparé chaque année
les verrières dala cathédrale et celles de Féglise Sainte-Madeleine.
3o. Seugnot (..14 18).
Seugnot, verrier, a été marié.
3i, Perrin Le Raslat (.,1418-1423).
Perrin Le Raslat, verrier et peintre.
32. Jacquemin (..141 9-1426).
Jacquemin, verrier.
33. Jean Brisetout (. .1419- -]- de 1435 à 1438).
Jean Brisetout, maître peintre verrier, appelé le plus souvent
maître Jean le verrier, a été marié.
Il a travaillé en 1420-1421 et en 1426-1427 aux vitraux de la
cathédrale. Il faisait, en 1420-1421, avec Jean Blanc Mantel, ver-
rier, les verrières de la chapelle de la Conception.
34. Jean II Adam (..1420).
Jean II Adam, verrier.
35. Jeannin Saulcier (..1420).
Jeannin Saulcier ou Sacier, verrier, était fils de Aubry, verrier,
et de Thévenette, sa femme.
36. Jacques I (..1420-1421).
Jacques I, maître verrier.
37. Jean Blanc Mantel (.. 1420-1424).
Jean Blanc Mantel, verrier, a fait des vitraux à la cathédrale.
236 LES PEINTRES VERRIERS DE TROYES
38. Guillemin'II (..i 421 -142 2).
Guillemin II dit Flanchant, verrier, ne nous est connu que par
l'article suivant :
142 1- 1422. a Delà forfaiture de Guillemin le verrier dict Flan-
chant, lequel a esté exécutez par les gens du Roy à la justice de
Troyes, vend ses vignes à Jehannette sa femme la somme de
xij livres foible monoye...'. »
39. Jean de Vertus {..i 421 -1423).
Jean de Vertus, maître verrier, a travaillé à la cathédrale.
40. Jeannin II (. .1421-1424).
Jeannin II, verrier, a travaillé à l'église Saint-Urbain.
41. Pierre Poteau (..1422).
Pierre Poteau, verrier. •
42. Philippe Talemer (..1423).
Philippe Talemer, verrier.
43. Thévenette (..1423).
Thévenette, verrière.
44. Jean I (..1425- f de 1432 à 1434).
Jean I, maître verrier, a été marié.
45. Jean Peu (..1427- 1430).
Jean Peu, verrier.
46. Guillaume GvÉm^ (. .1427-1432).
Guillaume Guérin, verrier.
47. Jean //Simon (..143 i- f en 1472 ou en 1473).
Jean II ou Jeannin Simon ou Symon dit de Bar-sur- Aube est
plus connu sous le nom de Jean de Bar-sur-Aube ou Jean Bar-
sur-Aube. Il était fils de Jean I.
Il a été maître verrier, peintre et doreur.
Vallet de Viriville a attribué à ce maître un beau vitrail de
l'église Sainte-Madeleine qui représente l'histoire de saint Louis.
Nous n'avons pas trouvé la preuve de ce fait.
Jean II de Bar-sur-Aube a fait cependant plusieurs grandes
I. Bibliothèque nationale, mss., Compte de la grand'chambre de l'église
Saint-Ltienne.
DU XIV® ET DU XV® SIÈCLE. 23/
verrières, tandis que son père n'a guère fait que réparer des
vitraux.
Église Sainte-Madeleine, 1448- 1449.
Il a refait à neuf deux verrières en la chapelle Sainte-Catherine.
Cathédrale. 1449- 1450. «... Pour mettre à point plusieurs
verrières tant en l'église qu'en la maison de la rue des Lorgnes... »
Église Sainte-Madeleine. 1452-1453. « ... Pour avoir refait les
grandes verrières estant sur les orgues... un venteau d'une ver-
rière estant au revestière... plusieurs des verrières estant es cha-
pelles... »
Église Saint-Étienne. 145 8- 145 9. « ... Pour avoir fait deux
verrières... »
De 1459 à 1472, nous n'avons trouvé, dans les comptes de la
cathédrale et des églises Saint-Étienne et Sainte- Madeleine, que
la mention de réparations de vitraux.
Jean II de Bar-sur-Aube est mort à Troyesen 1472 ou en 1473.
48. Huguenin Guérin (..1435).
Huguenin Guérin, verrier.
49. Michelet Le Borgne (. .1438-1447).
Michelet Le Borgne ou Michelet le verrier a « rappareillé et
remis à point » des verrières à l'église Saint-Jean, en 1441, et a
refait deux vitraux, en 1446-1447, à l'église Sainte-Madeleine.
5o. Jean II (..1448).
Jean II, verrier.
Si. Tirement de la Tour (..1448- 1472).
Tirement ou Thierement de la Tour, plus souvent appelé Tire-
ment le verrier, était maître verrier.
Il a travaillé à la cathédrale en 1452, en i469-i47oet en 1470-
1471.
52. Jeanniot (. .1450-1451).
Jeanniot, verrier.
53. Hermant (. .1450-1452).
Hermant l'Allemand ou Hermant le verrier a réparé les ver-
rières de la cathédrale, de 1450a 1452, et quitta Troyes en 1452.
54. Hennequin (. .1450-1453).
Hennequin le Flamand, verrier.
2 38 LES PEINTRES VERRIERS DE TROYES
55. Henriet Coppin (..i45o--j-i482).
Henriet Coppin, verrier et enlumineur, était désigné souvent
SOUS le nom de Henriet le verrier. Il a épousé Jeanne, qui travail-
lait avec lui.
Il a fait des verrières à la cathédrale et à Téglise Saint-Urbain.
Il est mort en 1482.
56. Jean Tirement {..1453-1456).
Jean Tirement, verrier, a refait, en 1453-1454, les vitraux de
l'église Saint-Urbain.
57. Nicolas I (..1454-1456).
Nicolas I , peintre et verrier.
58. Jeanne (. .1465-1482).
Jeanne, femme de Henriet Coppin, travaillait avec son mari.
Elle a remis à point; avec lui, en 1467- 1468, les vitraux deTéglise
Saint- Urbain.
59. Antoine II (1467-1468).
Antoine II, verrier.
60. Emery (..1472).
Émery, verrier.
Jean II, verrier.
61. Jean II (..1472).
62. Jeannot (..1472).
Jeannot, verrier.
63. Liévin Varin (..i473-fi5i2 ou i5i3).
Liévin Varin, maître verrier, était désigné le plus souvent sous
le nom de Liévin le verrier.
Le prénom de Liévin étant très répandu en Flandre et n'étant
jamais donné à Troyes, le nom de Varin n'ayant été porté à Troyes
par aucun autre, il est probable que Liévin Varin était Flamand.
Il a épousé Jeanne. Il était oncle de Jean Macadré.
Il habitait la rue Notre-Dame.
Liévin Varin a été un des plus habiles verriers de Troyes. Il a
exécuté des travaux nombreux et importants à Troyes et à Sens;
nous n'en signalerons que quelques-uns.
Église Saint-Etienne. 1478-1479. Verrière de verre blanc payée
X s. xj d. t.
DU Xive ET DU XV® SIECLE. 289
Ville. 1498. « A Liévin, verrier, la somme de xl s. t. pour avoir
fait et livré cinq paneaux de verre mis et assiz oudit ostel où
demeure ledit Grégoire et outre lesdits paneaux xvj piedz...
« Audit Liévin la somme de xxv s. t. pour avoir fait cinq
ostiaux assiz en la chambre devant sur la rue Nostre-Dame et es
ostiaux a mis la Résurrection nostre s"" mons' saint Ladre, les
armes du Roy et de Champagne, et en l'autre chambre sur la
court deux autres ostiaux où sont mons' saint Grégoire et les
armes de Tournay^. »
Cathédrale. 1498. Varin fit, aux frais de François de Marisyet
de Guillemette Phelippe, sa femme, la verrière de Radix Jesse,
la quatrième dans la nef, à droite, en entrant. Ce vitrail est fort
beau.
Le registre des comptes de 1498- 1499 contient Tarticle suivant :
a A la femme de Lyevin, verrier, à laquelle messires ont ordonné
bailler ung escu d'or pour ung chapperon affin qu'il fist bien et
deuement la verrière de Radix Jesse, pour ce cy xxxv s. t. »
Église de Sens. i5oo. Le doyen et le fabricien du chapitre de
la cathédrale de Sens se rendirent à Troyes pour proposer à des
verriers de cette ville de faire les verrières de la croisée. Ils trai-
tèrent avec trois de ceux-ci, Liévin Varin, Jean Verrat et Baltha-
sar Godon. Marché fut passé entre ces verriers et les députés du
chapitre, pour Pexécution de tous les vitraux de la croisée, avec
forme de verre et de plomb, moyennant 16 blancs (6 s. 8 d. t.)
seulement par pied « tout de couleur et paincture. »
En i5oi-i5o2, le chapitre de la cathédrale de Sens somma les
verriers troyens de faire et parfaire les vitraux dans le temps
convenu.
En i5o2, Varin et son neveu Jean Macadré conduisirent à Sens
plus de mille pieds de verre mis en œuvre. Plus tard^ Varin, Ver-
rat et Godon apportèrent Vosteau qui fut posé le 12 Juin i5o2.
Un serviteur de Varin vint ensuite à Sens avec « le verre ouvré
des armes du Roy et de la Reyne, » et l'assit en Vosteau le ij sep-
tembre i5o2.
Enfin, le 1 1 décembre de cette année, les deux formes de vitraux
du portail méridional furent mises en place par Verrat et Godon,
aidés par A^acadré, que Varin avait envoyé à sa pl^ce.
I. Archives de Troyes, E 47, Compte de la maladrerie des deux eaux.
240 LES PEINTRES VERRIERS DE TROYES
Les vitraux de la chapelle Notre-Dame furent posés le 4 février
i5o3.
Ces travaux considérables furent payés 8o5 livres 10 sols
6 deniers tournois.
Troyes. Liévin Varin travailla aux verrières de l'église Sainte-
Madeleine en i5o3 et à celles de Téglise Saint-Jean de i5o8 à sa
mort. Il était chargé, à Péglise Saint-Jean, de « ouvrer en esté et
refermer en yver » les vitraux de Péglise :
« ... Pour ses gaiges acoustumez pour ung an d'avoir ouvert et
fermé les verrières de l'église, xv s. t. »
En i5io-i5i2, Liévin Varin leva et rassit, avec son neveu
Macadré, plusieurs verrières de l'église Saint-Jean, et les répara
pour le prix de 21 livres 18 sols tournois.
En i5i2-i5i3, il refit le vitrail de la chapelle Notre-Dame dans
cette église, vitrail « où est l'imaige Sainct Xpistofle. »
Sa femme mourut en mai i5o3. Varin décéda en i5i2 ou en
i5i3.
64. Claude Piqueret (..1474- 148 3).
Claude Piqueret ou Piquerel ou Claude le verrier, verrier.
65. Jacques II (. .1475-1477).
Jacques II, verrier.
66. Andr}' Faucheron (..1479- 1484).
Andry Faucheron, maître verrier.
6y. Girard Le Noquat (..1482-1494).
Girard Le Noquat ou Le Noquart, maître verrier, était appelé
quelquefois « maistre Girart » ou « Girart le verrier. »
Le nom peut être lu Le Noquat ou Le Nognat ; nous ignorons
quelle est la forme correcte.
Girard a travaillé aux vitraux de la cathédrale :
1482-1483. « ... Pour avoir faict toutes les verrines des deux
costés du hault de ladicte nef neufve esquelz y a iiijc iiijxx dix
piedz de verre, — à luy baillé comme a esté marchandé par mes-
sires audict verrier de chascun pied ij s. vj d. t.
« A luy pour les verrines d'en bas du pignon de la ramée de
ladicte nef.
« A luy pour les verrines d'en bas des parroiz de dessoubz les
basses voltes esquejles y a cinquante six pieds... »
1484-1485. « ... Auquel a esté marchandé par messires de faire
DU XIV® ET DU XV® SIÈCLE. 24 1
les verrières de l'église, et de doit avoir de chascun pied de verre
ouvré V s. X d. et pour avoir faict toute la verrière qui est en la
formette estant en la chappelle du nouvel faicte du costé du pave-
ment, en laquelle sont les prophécies de l'advènement et passion
de Nostre Seigneur, et du haut d'icelle formette jusques au quar-
rey est faict compte par maistre Oudart ou précédent compte et
en tout le quarré d'icelle formette y a deux cens et xij piedz de
verre, dont je fait compte et payé audict verrier audict pris la somme
de Ixj 1. xvj s. viij d. t.
« A lui qui c'est dolu à messires disant qu'il i avoit perdu à
cause des couleurs qu'il y a mises, lesquieulx par délibéracion
faicte le premier jour de décembre ont ordonné oultre ladicte
somme c s. t. »
De 1485 à 1492, Girard Le Noquat a travaillé aux verrières sans
interruption, en faisant de neuves et en réparant.
En 1493, il posa les vitraux de plusieurs des chapelles de la
cathédrale. Il a fait la verrière de la Transfiguration et celle « où
sont les anges, le crucifiement et rAnnunciation. »
Il a été un des bons verriers de Troyes.
68. Jean I Maçon (..1485- f de i5i3 à i523).
Jean I Maçon, verrier, a été marié.
69. Fmcen? Marcassin (. .1491-1493).
Vincent Marcassin, Marquasin ou Marquarsin, verrier, a passé,
en 1492-1493, un marché avec le chapitre de la cathédrale pour
refaire huit verrières au pignon de la nef et réparer le bas des ver-
rières que l'évêque Louis Raguier avait fait faire. Il reçut 48 livres
tournois.
70. Nicolas II (..1493-1495).
Nicolas II, verrier, a refait des vitraux à la cathédrale, et entre
autres la verrière « en la chapelle Sainct-Louys auquel est Tymaige
Sainct Estienne. »
71. Pierre I AiLLET (..1493-1500).
Pierre I Aillet, verrier, habitait, en 1499-1500, une maison
a assise près de ceste église (Péglise Saint-Urbain), » dont le loyer
était de 2 livres par an.
72. Jean Aillet (..1495-1537).
Jean Aillet, Ayllet, Ailliez ou Alluet, dit Fréminet, peintre
art FR. IV 16
242 LES PEINTRES VERRIERS DE TROYES
verrier, était appelé communément Freminet le verrier. Il signait
J. Aillet.
Il a été marié et a eu un fils Pierre, qui s''est marié de i535 à
1537.
Jean Aillet a fait, d'après un carton de Guillemin Passot,
peintre, un vitrail pour l'église Sainte-Madeleine, en 1495 -1496 :
a ... Pour la fasson de la verrière sur l'autel Sainct-Jaques
regardant sur Postel mons"" de Lirey contenant icelle verrière
Iv pies au pris de v sols tournois chacun pié... xiiij 1. v s. t. »
Il a fait, en cette même année, une autre verrière pour cette
église.
En i5i8, à Féglise Saint-Jean, il a peint et remis à plomb plu-
sieurs panneaux de verrière.
Il a refait, en i52r-i522, un vitrail de la nef de l'église Notre-
Dame-aux-Nonnains.
73. Nicolas Maçon (..i495-i553).
Nicolas ou Colas Maçon ou Masson, verrier, était, en i553,
propriétaire de la maison de la Poire^ sise près de la porte de
Belfroy.
Il a travaillé pour la cathédrale en 1495, en 1496-1497, en
1499, de i5i4 à i5i9, en i523-i524 et en i535-i536. Il a fait
principalement des réparations aux verrières. Il a remis, en 1495,
« des panneaulx en la chapelle de la Nativité Nostre Dame selon
les couleurs. »
74. Pierre I Maçon (..1495- -]- de i559 à 1569).
Pierre I Maçon, maître verrier., était appelé souvent Pierre le
verrier.
Il a épousé Catherine.
Il a fait çt réparé des vitraux à la cathédrale et aux églises Saint-
Jean, Saint-Nicolas et Saint-Pantaléon.
Il a fait, en 1498- 1499, à la cathédrale, la verrière de l'Enfant
prodigue^ aux frais de Guillaume Mole. Les proviseurs de l'œuvre
furent satisfaits de cet ouvrage, et l'article des comptes ci-après en
fait foi :
« A la femme de Pierre le verrier, lequel a fait la verrière de
I. La parabole de l'Enfant prodigue est représentée en seize tableaux, qui
forment trois rangs superposés à la troisième fenêtre de la nef, à droite, en
entrant.
DU XIV^ ET DU XVe SIÈCLE. 248
l'Enfant prodigue pour Guillaume Moslé, à laquelle messires ont
ordonné bailler comme à celle de Lyévin ung escu d'or valant
XXXV s. t. »
Église Saint-Nicolas. i534-i535. « ... Pour les pourtraictz par
luy faictz pour les ymages de Pierre de Genetz (pour la table du
grand autel), v s. t.
«... Pour avoir pourtraict les ymages sur le pourtraict faict du
grant autel, xij s. vj d. »
Pierre Maçon a réparé des vitraux à Téglise Saint-Jean, en 1 545-
1547, et à l'église Saint- Pantaléon en i555-i556 et en 1 556-1 5 59.
Il a travaillé aussi pour la ville.
1495. « ... Pour xvj piez de verre neuf pour amplir lesdiz trois
chassiz (en l'ostel de la ville)... »
1496- 1497. « Pour avoir fait les deux verryères et Farmoyrye
desdittes deux fenestres (à l'ostel de la ville), Ix s. t. »
Pierre Maçon est décédé de 1 559 à 1 569 ; sa veuve vivait encore
en 1572.
75. Etienne (..1496-1504).
Etienne, verrier.
76. /ean/ Verrat (..1496-15 38).
Jean I Verrat, maître verrier, signait ./. Verrat. Il a été marié
et a eu au moins deux fils, qui furent verriers tous les deux.
Il a été un des peintres verriers les plus habiles de Troyes.
Il a beaucoup travaillé à la cathédrale; nous ne mentionnons
que quelques-uns de ses ouvrages.
1499. Ilafait,avecBalthazarGodon,laverrièredeM. Ladvocat.
1 504-1 5o5. Il a levé, racoustré et rassis des verrières.
i5o5-i5o6. Il a fait, encore avec Balthazar Godon, la première
verrière des trois fermettes de Tautel de Saint-Antoine, pour le
prix de vjxx livres tournois.
i5o9 à i5ii. Peinture d'autres vitraux.
i5ii-i5i2. Verrat a reverré deux des panneaux de la verrière
de monseigneur de Metz, et y a remis des pièces « selon les cou-
leurs des histoires. »
Il a fait ou réparé des vitraux de 1517a i522.
En i5i3-i5i4, à l'église Sainte-Madeleine, il a livré et mis le
verre au reliquaire de la vraie croix et « au joyau des relicques
nouveau fait. »
Verrat a fait ou a réparé des verrières à l'église Saint- Pantaléon
244 L^^ PEINTRES VERRIERS DE TROYES
de 1 5 19 à i522. Il a refait entre autres la verrière de Laurent du
Molinet, celle de Dauphin et celle d'une des chapelles du Jubé.
En i5oo, Jean Verrat, Liévin Varin et Balthazar Godon ont
passé à Troyes un marché avec les députés du chapitre de la cathé-
drale de Sens pour faire toutes les verrières de la croisée de cette
cathédrale, avec forme de verre et de plomb, « moyennant 1 6 blancs
(6 sols 8 deniers tournois) seulement pour chascun pied tout de
couleur et painture. » Cette entreprise fut achevée à la fin de 1 5o2,
et la dépense s'éleva à 8o5 livres 10 sols 6 deniers tournois. Les
vitraux de Tosteau furent livrés en juin i5o2, et, en septembre,
on y posa « le verre ouvré des armes du roy et de la reyne. » On
monta en décembre les deux formes du côté de la nef.
Jean Verrat avait, en 1 5 1 o- 1 5 11 , Martin Lambert et Colas Pas-
quot pour varlets et Colas Blancpignon pour apprenti.
77. Baltha:(ar GoDoa (..1498-1507).
Balthazar Godon ou Gondon, maître verrier, signait b g. Il
était appelé le plus souvent Balthasar le voirrier.
Il a été un des bons peintres verriers de Troyes.
Il a fait, pour la cathédrale, en 1408-1499, avec Jean Verrat,
« la verrière de M. Ladvocat. »
Il a entrepris, avec Liévin Varin et Jean Verrat, de faire les
vitraux de la croisée de la cathédrale de Sens et passa marché en
i5oo pour cela avec le chapitre de Sens. Ce travail fut achevé en
i5o3 ; Godon y prit une part égale à celle de Varin et de Verrat.
Il fit une verrière à la cathédrale en i5oi-i5o2, et y refit, en
i5o2-i5o3, a ung petit paneau devoirre painct. »
En i5o5-i5o6, Jean Verrat et lui passèrent un marché avec le
chapitre de la cathédrale pour faire, au prix de 120 livres, « la
première verrière des troys formettes qui sont à faire sur l'autel
Sainct Anthoine. » Enfin, il refit, en i5o6-i5o7, des vitraux à la
cathédrale.
78. Victor Cordonnier (.. 1499-1 5 14).
Victor Cordouannier ou Cordonnier, verrier, était frère de Nico-
las Cordonnier le peintre. Il est toujours appelé dans les comptes
Victor le verrier et signait avec sa marque (les lettres V et C sépa-
rées par un fleuron^). Il a travaillé à l'église Saint-Jean.
I. Victor Cordonnier a signé aussi avec la marque V. G.
DU XIV* ET DU XV* SIÈCLE. 245
79. Evrard Hympe (..i5oo-i5o2).
Evrard Hympe, verrier et maçon à Sens, a travaillé comme
verrier à la cathédrale de Troyes en i5o2.
80. Vasco de Troyes (..i5oo-i5o3).
Vasco de Troya, maître verrier, a fait, au commencement du
XVI® siècle, sous le gouvernement du cardinal de Ximenès, des
vitraux pour des églises d'Espagne, et entre autres pour des églises
de Séville, de Tolède et de Burgos. Il était à Séville en i5o3.
81. Jean Macadré (..i5oo- f de 1541 à 1547).
Jean Macadré ^ l'aîné, peintre et verrier, était neveu de Liévin
Varin.
Liévin Varin, Jean Verrat et Balthazar Godon ou Gondon, ver-
riers, ont passé à Troyes en i5oo un marché avec le doyen et le
fabricien du chapitre de la cathédrale de Sens pour faire les ver-
rières du croison de l'église (au portail du sud). Macadré a pris
part à Texécution de ces verrières. Nous le voyons, en i5oi, en
1 5o2 et en i5o3, accompagnant à Sens Godon et Verrat, à la place
de son oncle, pour poser les verrières et en faire la remise au
chapitre.
Macadré a travaillé pour la ville de Troyes et pour les églises
Notre-Dame-aux-Nonnains, Saint-Jean et Sainte-Madeleine.
i5io-r5i2. Église Saint-Jean. « Payé à Lyévin et à son nep-
veu pour avoir levé et rassis plusieurs formes de verrières au cueur
de ladicte église, replombé et mis du verre neuf en aucunes
xxj 1. xviij s. »
1 520-1 521. Église Sainte-Madeleine. «... Pour avoir refaict
deux verrières en ladicte église, l'une de l'arbre de Jessé et l'autre
de l'invention de la croix, lesquelles estoient fort endommagées... »
1524. Ville. «... Pour radouber aucunes verrières à la sale (de
l'hôtel de ville, lors de l'entrée du duc de Guise, gouverneur de la
Champagne)... »
1540. Église Saint-Jean. « ... Pour avoir refaict... les verrières
de la chapelle de la couronne et avoir fourny le verre... »
Jean Macadré a été marié et a eu un fils, Jean, qui fut aussi
peintre verrier. Il est mort pauvre.
I. Le nom est écrit souvent Macadrey, Macabre, Macardé et Mercadey.
246 BARTHELEMY JULLIEN.
82. Madrain (fin du xve siècle).
Madrain, verrier de Troyes, est cité par Le Vieil (p. 54) comme
ayant travaillé à la fin du xv« siècle; l'abbé Coffinet fait aussi men-
tion de lui. Nous n'avons trouvé aucun document original sur ce
verrier, mais il y a eu à Troyes un verrier de ce nom au milieu
du xvi^ siècle.
Natalis Rondot.
LE PEINTRE BARTHELEMY JULLIEN.
PAIEMENTS d'un TABLEAU EXECUTE POUR LE COMPTE DES CONSULS
DE TOULON ET DE SIX-FOURS.
(1573:)
Communication de M. Ch. Ginoux.
L
Je soubssigné, Barthellerny Jullien, peintre, confesse de avoir reseu
de mains de mos"" le tressorier, sieur Jean Marin, de la ville de Tolon,
la somme de quarante florins fins, vingts quatre francs, pour leur
part de la veiie figurée scultée que j'ai faicte pour leurs diferants
entre eux messieurs de Tolon et de Six-Fours, duquel payement de
leurs parts me tient par quitte et content jusques à l'heure présante,
ce vinc septembre iSyS. Et me suis soubssigné de ma main propre.
Barthellerny Jullien^ peintre.
Plus ay ressu des mains de mons"" le trésourier, pour les despans,
vingt quatre sous; et, en signe de bonté et foi, ay faicte et refaitte la
présante et me suis soubssigné comme dessus.
Barthellerny Jiillien, peintre.
IL
Je Barthélémy Jullien^ peintre, demeurant en la ville de Marseille,
soubsigné, confesse avoir reçu des Consuls de la Communauté de la
ville de ToUon, et par les mains de mons' le docteur m» Balthazard
Rodelhat, la somme de cinct florins deus pour reste et entier paye-
ment de mes fournitures et facture de la « veue -figurée » faicte en
compagnie et durant la commission de Mons' M» Pierre Séguiran,
seigneur d'Oribeau, conseiller et commissaire, dentre ladicte commu-
nauté de Tollon et les scindics de la communauté de Six-Fours, dont
delaquelle somme en ay quicté et quicte ladicte communauté de Toi-
A PROPOS d'une statue de la cathédrale de soissons. 247
Ion, et tout aud. p* (?) tesmoing la présente est faipte d'autre main et
signée de la mienne propre, ce quinziesme décembre mil cinq cens
septante troys.
Barthellemy Jullien, peintre.
J. Cenf(?),
Escripteur et tesmoing de la présente.
A PROPOS D'UNE STATUE
DE LA CATHÉDRALE DE SOISSONS.
N GVJLLEJN DE CAMBRA Y F
i694(?)
telle est la signature, gravée en majuscules romaines, que je rele-
vais dans les derniers jours de juin sur la tranche de la plinthe
d^une statue placée au pied de la nef de la cathédrale de Soissons,
à droite du grand portail en entrant.
Agenouillée sur un coussin devant un prie-Dieu qui porte Un
livre ouvert, une religieuse bénédictine, enveloppée de son ample
manteau de chœur dont le capuchon est relevé sur sa coiffe,
adresse ses oraisons, les mains pieusement jointes. A l'exception
de la face, des mains, de la coiffe^ de la guimpe et des pleureuses
qui sont en marbre blanc, tout le monument est en marbre noir.
Une inscription gravée sur le socle moderne, un écusson
armorié ancien et Pépitaphe originale en neuf longues lignes
renseignent sur le personnage représenté : c'est Madame Gabrielle-
Marie de La Rochefoucauld, fille de François-Guillaume et de
Gabrielle Du Plessis de Liancourt, qui, « après avoir esté abbesse
<i du Paraclet dvrant 29. ans, fvt nomée par le roy Lovis 14. à
a cette Abbaye royale » [de Notre-Dame de Soissons] « en i683j
« et décéda le 23 nov.^""» 1693, Aagée de 71. ans. »
En 1821, lorsque les bâtiments de ce monastère, qui comptait
près de douze siècles d'existence, furent convertis en caserne, la
statue fut, de l'église Sainte-Croix, qui servait à la sépulture des
religieuses % transférée à la cathédrale, ainsi que celle, tout en
marbre blanc et sans signature, de Madame Henriette de Lor-
raine-d^Elbeuf, abbesse de la même communauté.
I. Leroux, Histoire de la ville de Soissons. Soissons, Fosse'-Darcosse, i83g,
t. I, p. 247.
248 A PROPOS d'une statue DE LA CATHEDRALE DE SOISSONS.
Quant à Fauteur qui a signé, mais non pas daté, le premier de
ces deux admirables monuments, quel est-il?
De par les dates fournies par l'épitaphe, il est certain que ce ne
saurait être le seul Nicolas Guillain connu jusqu'ici, « le Père
Cambray, » qui fut maître des AnguierQi des Sarrasin et père de
Simon Guillain, dit Cambray, et qui né vers i58i décéda à Paris
le 26 décembre i658 à l'âge de soixante-dix-sept ans, après avoir
été l'un des douze fondateurs de l'Académie royale de Peinture
et de Sculpture.
Ce même Nicolas Guillain de Cambray a été mentionné par
Jal comme « m'' sculpteur et peintre » dans un baptistaire du
I®'' avril 161 3, où il figure comme parrain de sa petite-fille Cathe-
rine. Quelle qu'ait été la date de sa mort, le père de Simon Guil-
lain^ né vers i58i, aurait été plus que centenaire à l'époque où
fut sculpté le monument de cette abbesse nommée en i683.
Aucun des cinq fils qui, avec cinq filles, bénirent la fructueuse
union de son fils Simon avec Catherine Cochet, ne porta un pré-
nom commençant par un N.
D'autre part, il m'est impossible d'établir si le sieur « Pierre
a Guillain, juré du Roy et m« des œuvres de massonneries de la
a ville de Paris, » dont M. Herluison (p. 169) relève la signature
à la date du 16 mai 1606 dans les registres de Saint-Germain-des-
Prés, laissa un descendant qui soit devenu sculpteur et à qui l'on
puisse attribuer l'initiale N et la statue de l'abbesse de Notre-
Dame de Soissons.
Une obscurité non moins profonde règne sur le Baltasar de
Cambray^ dont le nom seul est inscrit, après celui de Christophe
Cochet, père de Catherine, dans le I1I« des quatrains que l'abbé
de Marolles a consacrés aux Quelques sculpteurs de son temps
qu'il a catalogués en vers : au V*, il nomme un Guillain qui ne
peut vraisemblablement être autre que le Simon de l'Académie.
Quel peut bien être le N. Guillain de Cambrai, auteur de cette
œuvre si remarquable par ses rares qualités, ampleur, simplicité,
souplesse noble et digne, caractérisation du modèle et emploi heu-
reux de deux marbres de couleurs contrastées ?
Serait-ce un petit-fils de Simon dont l'existence et l'état civil
n'auraient été découverts ni par Jal, ni par Herluison, ni par les
chercheurs à qui les problèmes d'attribution sont familiers?
Serait-ce un membre resté inconnu jusqu'ici de la famille de
Pierre, le juré du roi, ou du Baltasar cité dans le Livre des
Peintres?
CHARLES COYPEL. 249
Voilà la question qui se pose devant moi et pour laquelle je ne
trouve point de réponse.
La Société de l'Histoire de TArt français la découvrira sans
doute.
V.-J. Vaillant.
CHARLES COYPEL
ET l'histoire de DON QUICHOTTE.
1721.
La tenture qui représente dans un cadre d'une exquise fantaisie les prin-
cipales aventures du chevalier de la Manche restera le type accompli de l'art
décoratif appliqué à la tapisserie dans le cours du xviii" siècle. Ce n'est pas
un des moindres titres de gloire du peintre écrivain Charles Coypel que
d'avoir attaché son nom à ces compositions fameuses. Il n'est pas sans intérêt
de constater que, dès 1721, à peine âgé de vingt-sept ans, notre artiste s'oc-
cupait sérieusement de l'Histoire de Don Quichotte; peut-être un certain
nombre de sujets étaient-ils déjà peints. Pourquoi le projet de faire graver
cette suite ne fut-il pas suivi d'exécution t Nous ne saurions le dire. La pièce
suivante, qui a fait partie de la collection Benjamin Fillon (n° 1706 du
Catalogue), nous fait connaître seulement les termes de la curieuse conven-
tion arrêtée entre Coypel et ses associés pour faire traduire, à frais communs,
la célèbre suite du peintre.
Aujourd'huy 2 3 mars 1721, nous Charles Coypel, Claude
Martinot, Philippes Le RebouUet et Jean De Lamotte, sommes
convenus de faire graver à frais communs la suitte de l'histoire
de Dom Guichot d'après les tableaux de mond. sieur Coypel^ et,
pour y parvenir, de fournir chacun la somme de cinquante livres
par mois qui sera insérée dans un registre que mond. s. Coypel
veut bien en tenir, et sommes aussi convenus que les planches
gravées resteront entre ses mains, voulant bien aussi se charger
du soin de l'impression. Fait quatruple entre nous à Paris, les
jour et an cy dessus.
(Signé :) Delamotte. — C. Martinot.
Charles Coypel.
Nous avons vu un autre exemplaire de la même convention sur lequel le
nom de Le RebouUet a remplacé celui de De La Motte. L'exemplaire repro-
duit ci-dessus serait donc celui de Le RebouUet, qui n'avait pas signé.
J. J. GUIFFREV.
25o l'église de la madeleine en i8i6.
L'ÉGLISE DE LA MADELEINE
EN 1816.
Communication de M. Henry Jouin.
Si l'on ouvre la publication de V Inventaire des Richesses (Vart
de la France, Paris^ Monuments religieux^ tome P', on lit à la
page 211 : « Par ordonnance royale du 14 février 18 16, le
Temple de la Gloire projeté par Napoléon fut mis à néant, et
l'église de Sainte-Marie-Madeleine fut de nouveau décrétée. Cette
église devait contenir les monuments expiatoires de Louis XVI,
de Marie-Antoinette, de Louis XVII, de Madame Elisabeth et
du duc d'Enghien. Bientôt on changea cette destination, » Ces
lignes sont de M. Anatole Gruyer, membre de l'Académie des
Beaux-Arts. Nos lecteurs nous sauront gré de leur faire con-
naître, à l'aide de documents originaux, le plan d'ensemble de
la décoration de l'église tel qu'il fut adopté conformément aux
décisions prises par Louis XVIII. C'est à la Bibliothèque d'An-
gers que nous empruntons les pièces qui vont suivre. Leur place
naturelle serait aux archives de l'Administration des Beaux-Arts,
mais François Grille, qui les a rédigées en qualité de chef de
bureau au ministère de l'Intérieur, en 1816, étant devenu,
en 1837, conservateur de la Bibliothèque d'Angers, il n'y a rien
de surprenant à ce que la minute de ces documents officiels dont
il était Pauteur fût demeurée entre ses mains. On la peut lire aux
Manuscrits où elle est conservée sous le n" 1042.
Le texte qui suit n'est pas en contradiction avec celui de la
monographie de la Madeleine citée plus haut. Toutefois, on le
verra, M. Gruyer indique l'ordonnance du 14 février 1816 comme
ayant été le point de départ de la destination nouvelle de l'édifice,
et Grille fait allusion à divers actes royaux du mois de jan-
vier 18 16 se rattachant à la même question.
L
Ministère de l'Intérieur. — Église de la Madeleine. — Monuments
expiatoires.
Idées générales sur l'exécution des lois et ordonnances du mois de
janvier 181 6.
L'église s'exécute sur les plans de l'architecte Vignon. Un vaste
L^ÉGLiSÉ i)É LA MADELEINE EN 1816. 25 1
péristyle en orne l'entrée. Un long portique formé dé hautes colonnes
doit régner autour de la nef, extérieurement.
Le chœur sera entièrement consacré aux monuments expiatoires.
Le Monument à Louis XVI occupera le fond (cul-de-four). Les
monuments'à la Reine et à Louis XVII viendront ensuite, puis ceux
à Madame Elisabeth- et au duc d'Enghien.
La statue du Roi représentant ce monarque, son testament à la
main, surmontera le tombeau. Les statues de Louis XVII et de la
Reine seront à la droite, celles de la princesse Elisabeth et du duc
d'Enghien à la gauche.
Ces monuments seront en marbre blanc.
L'autel, également en marbre, sera placé à l'entrée du chœur.
Sur cet autel sera érigée la statue de Sainte Madeleine, représentée
sous les traits de la France et dans l'attitude du repentir.
Une grille dorée séparera le chœur de la nef.
Sur le fronton sera sculpté un groupe d'Anges prêt à enlever
Louis XVI au ciel.
Sous le péristyle, des deux côtés de la porte d'entrée, seront placés
des bas-reliefs qui représenteront Louis XVIII ordonnant l'érection
des monuments expiatoires et la réédification de l'Église. Dix-huit
tableaux seront placés, savoir : 6 dans le chœur, 12 dans la nef.
Les six tableaux du chœur, de moyenne proportion, représenteront
d'un côté :
1° L'Arrivée de Marie-Antoinette en France et sa première entre-
vue avec Louis XVI ;
2° La Cérémonie du mariage ;
3° La Naissance du Dauphin.
De l'autre côté :
1° Madame Elisabeth aux Tuileries se jetant entre le Roi et les
baïonnettes ;
2° Les Adieux du Roi à sa famille;
30 L'Orpheline du Temple.
Pour adoucir l'effet de ces images, les douze tableaux dé la nef
représenteront de nobles traits de dévouement à nos Rois.
On pourra, entre un grand nombre de sujets, choisir ceux qui
suivent :
D'Estaing sauve la vie à Philippe-Auguste à la bataille de Bou-
vines.
La ville de Rouen ouvre ses portes à Dunois, et Talbot reste en
otage.
Tannegui du Ghâtel, Prévôt de Paris, fait à ses frais les funérailles
de Charles VII.
Bataille de Pavie : Bonnivôt, Saint-Severin, Saint-Fol se font tuer
pour défendre le Roi.
252 l'Église de la madeleine en i8i6.
Les États de Bretagne sous François !«'■ demandent leur réunion
définitive à la couronne.
Jeanne Hachette ou le siège de Beauvais sous Louis XI.
Bataille d'Arcques. Cinquante gentilhommes dégagent Henri IV du
milieu des escadrons ennemis.
Dijon refuse d'ouvrir ses portes aux ennemis du Roi Louis XIII.
Bataille de Denain. Dévouement des troupes. Grandeur d'âme de
Louis XIV.
Maladie de Louis XV .-Deuil de la France.
La journée du 3 mai 1814, entrée du Roi.
La nuit du 19 au 20 mars 181 5.
Tel est le plan général d'exécution des travaux. On attend des
ordres pour faire dresser par les artistes les projets définitifs qui
seraient arrêtés par le Ministre.
29 janvier 1816.
Signé : F. Grille.
Note à S. E.
Soit que V. E. fasse approuver le rapport ci-joint ou signe l'ordon-
nance ci-jointe, les intentions du Roi seront consacrées.
Note de M. de Vaublanc.
Il faut prendre quelque mesure pour que les artistes donnent des
plans.
II.
(2® division. — Bureau des Sciences et des Beaux-Arts.)
Propositions relatives aux tableaux à exécuter pour l'église
de la Madeleine.
Paris, le i5 mai 18 16.
Rapport présenté à Son Excellence le Ministre Secrétaire d'État au
département de l'Intérieur.
Monseigneur,
Les monuments expiatoires érigés à Louis XVI, Louis XVII, la
Reine Marie-Antoinette et la Princesse Elisabeth doivent être placés
dans l'Église de la Madeleine.
Les travaux de cette Église sont en pleine activité. Ils s'exécutent
sur les plans de M. Vignon. Un crédit de 5o,ooo fr. par mois a été
ouvert pour ces dépenses.
Les statuaires Cartellier, Lemot^ Bosio^ Dupaty, Gérard^ Rutxhiel
et Fragonard sont chargés de ce qui concerne la sculpture. Ils ont
préparé leurs esquisses.
L^ÉGLISE DE LA MADELEINE EN 1816. 253
Un rapport a été demandé à M. Bruyère^ directeur des travaux
publics de Paris, sur la dimension et le nombre des figures et sur tous
les détails des monuments.
Il reste à désigner les sujets des tableaux qui doivent décorer
l'Église et à nommer les peintres qui doivent être chargés de ces
ouvrages.
Il doit y avoir sept grands tableaux et deux tableaux de moindre
proportion.
Les sept tableaux principaux doivent être placés, savoir :
Trois de chaque côté de l'Église, dans les arcs au-dessus des monu-
ments et des autels.
Un au-dessus de la porte d'entrée.
Les deux petits tableaux doivent être posés derrière les autels, entre
les monuments.
Chacun des sept grands tableaux doit avoir 40 à 5o pieds de déve-
loppement sur i5 à 18 pieds dans la plus grande hauteur.
Les deux tableaux de moindre dimension seront encore de huit à
dix pieds.
J'avais d'abord pensé à proposer à Votre Excellence de les confier
tous à l'exécution d'un seul artiste.
C'est ainsi que dans les grands monuments d'Italie, dans les beaux
temps de l'École de cette contrée célèbre, les souverains et leurs
ministres confiaient à un seul peintre ou à un seul sculpteur la déco-
ration de tout un édifice.
Michel-Ange^ Raphaël, le Dominiquin, le Corrège et tant d'autres
furent ainsi chargés de tous les travaux des grands monuments qu'on
édifia à Rome, à Venise, à Bologne.
On pourrait dire qu'en France le même système fut souvent suivi.
Le Brun peignit toutes les grandes batailles d'Alexandre, faisant allu-
sion à celles de Louis XIV pour les galeries de Versailles. Le Sueur fut
chargé de toute la suite de l'histoire de saint Bruno. La Fosse fit
toutes les peintures du dôme des Invalides. Rubens fut appelé à déco-
rer la galerie du Luxembourg.
On obtint par là un grand ensemble dans le travail et une vaste
composition dont le peintre étant le maître enrichit toutes les parties
des fruits de son imagination et de l'ardeur de son génie.
On peut ajouter à l'appui de ce système que le grand artiste mis à la
tête de ces travaux, se réservant la pensée, l'invention du sujet, la dis-
tribution de ses différentes scènes, ne peut tout peindre, tout exécu-
ter. Il fait venir à son secours ses élèves, l'œuvre est plutôt celle d'une
École que celle d'un seul maître. Et tandis qu'il y a unité de vues, il
y a aussi réunion de forces et de talents. Un seul professeur dirige,
une foule d'élèves exécutent. Le chef tracé les lignes, agence les
figures, les disciples posent la couleur, remplissent tout ce qui tient
254 l'église de la madeleine en i8i6.
à ce qu'on nomme la grande machine, et le plus habile revient
encore, liant tout, poliçant, faisant concorder et terminant enfin l'ou-
vrage qui devient digne des frais et des soins qu'il a coûtés.
Dans ce système, chaque édifice pourrait avoir son peintre directeur.
M. Gros, chargé déjà des peintures de la coupole de Sainte-Gene-
viève, ferait chargé de tous les travaux de peinture que par la cuite
on pourrait commander dans cette églis^.
A Saint-Denis, ce serait M. Girodet p""ô%4; l'église, M. Guérin pour
la salle du Trésor.
Je réserverais et je proposerais M. Gérard pour les grands tableaux
de l'église de la Magdeleine.
Les autres peintres renommés de notre École, aujourd'hui la pre-
mière du monde, auraient leur place assignée successivement.
Mais c'est une idée qui, quoiqu 'appuyée sur des raisonnements et
sur des exemples, peut cependant ne pas obtenir l'assentiment de
Votre Excellence, et de même que l'on a reparti les travaux de sculp-
ture de l'église de la Madeleine entre plusieurs statuaires, de même
aussi vous voudrez peut-être, Monseigneur, employer à la fois plu-
sieurs peintres dans ce monument; votre bienveillance pour tous
ensemble peut aussi s'appuyer sur des exemples célèbres.
Plusieurs des temples d'Athènes et de la Grèce furent enrichis des
ouvrages de tous les artistes illustres du temps.
Le fameux Campo Santo de Pise, qui existe encore aujourd'hui,
est orné des œuvres d'un grand nombre de fameux peintres toscans.
Enfin, la décoration des salles de la galerie du Louvre est due à
plusieurs de nos peintres actuels.
Pour mettre donc Votre Excellence à même de prendre une déci-
sion dans le sens qui lui paraîtra le plus convenable, j'ai l'honneur de
lui présenter une liste de 38 artistes, entre lesquels je crois qu'elle ne
peut faire qu'un bon choix.
J'inscris à la suite de leurs noms l'indication de leurs principaux
tableaux. Votre Excellence marquera par une croix à la marge les
neuf artistes à qui un tableau doit être confié pour l'église de la
Madeleine.
I. GÉRARD.
Célèbre par ses portraits magnifiques, par son tableau de la Bataille
d'Austerlii:^ et par celui des Trois Ages. Son pinceau est vigoureux
et brillant ; toutes ses compositions sont à la fois nobles et gracieuses.
2. GIRODET.
Auteur d'Atala, d'Endymion, d'Une scène du Déluge et d'une foule
de beaux portraits. Il brille par la pureté du dessin, la beauté des
formes, l'originalité de la composition.
l'eglisb de la madeleine en i8i6, 255
3. GROS.
Auteur des tableaux de la Peste de Jaffa, de la Bataille d'Aboukir,
de la Bataille d'Eylau. Il a fait pour Saint-Denis son charmant
tableau de Charles-Quint et François I^". II est chargé des peintures
de la coupole de Sainte-Geneviève. Il a fait les portraits du Général
et de M™e de la Salle, etc. Ce qui le distingue, c'est une grande
variété de talent, une verve féconde, une entente parfaite des
grandes machines. Il jette sa couleur et produit des tableaux pleins
d'effets.
4. GUÉRIN.
Auteur des tableaux de MarcusSextus, Phèdre et Hyppolite, Andro*
maque et Pyrrhus, Enée et Didon, etc. Il a de la profondeur et de la
sagesse. On voit que ses compositions sont méditées. Tous ses sujets
sont traités d'une manière ingénieuse. Il y a de la poésie dans ses
tableaux.
5. VERNE T.
Auteur du tableau de la Bataille de Marengo, du beau portrait de
S. A. R. Mgr le Duc de Berry, et d'une infinité de jolies composi-
tions, où les chevaux sont traités avec un talent remarquable.
6. PRUDHON.
Auteur du beau tableau de la Justice et de la Vengeance poursui-
vant le Crime et d'un grand nombre de compositions dans le genre
du Corrège.
7. MEYNIER.
Il a été chargé de beaucoup de travaux. Il est auteur du tableau
allégorique sur la Naissance de Louis XIV, de l'Arsenal d'Inspruck,
des Muses, de Télémaque et Eucharis, de la Dédicace de l'église
Saint-Denis, etc.
8. GARNIER.
Auteur d'Orphée et Eurydice et d'Eponine et Sabinus. Il a obtenu
un des grands prix décennaux.
9. GAUTHEROT.
Auteur du Convoi d'Atala et de tableaux de bataille.
10. LEBARBIER AÎNÉ.
Ancien peintre de l'Académie, connu pour plusieurs ouvrages de
mérite. Il était chargé d'un des tableaux destinés à la sacristie de
l'église de Saint-Denis. Il est peut-être un peu âgé pour de grands
travaux.
k
256 l'église de la madeleine en i8i6.
II. MONSI AU.
Auteur des tableaux : Molière lisant le Tartuffe. — La mort de
Raphaël. — Aspasie. — Philoctète à Lemnos. — Couronnement de
Marie de Médicis. — Prédication de saint Denis.
12. PAULIN GUÉ RI N.
Pinceau plein de vigueur. Imagination ardente. On a fondé en lui
beaucoup d'espérances depuis qu'on a vu au Salon le tableau de Caïn
après le meurtre d'Abel.
i3. ANSIAUX.
Auteur de la Résurrection de Notre-Seigneur et de la Conversion
de saint Paul.
14. BEAUNIER.
Auteur du tableau de Blanche de Castille et d'autres compositions
exposées au Salon avec succès. Il avait été chargé des peintures de la
galerie de la Préfecture de Metz et de celles d'un des appartements
de Fontainebleau. Il est auteur d'ouvrages intéressants sur les cos-
tumes français. Il exécute en ce moment un tableau pour le Ministère.
i5. ABEL DE PUJOL.
Qui a exposé le tableau de la Mort de Britannicus. Il est sorti de
l'École de Rome.
16. HEIM.
Ancien pensionnaire de l'École de Rome. Auteur de Jacob arri-
vant en Mésopotamie. Il a du talent, mais une couleur peu agréable.
17. VAFFLARD.
Il a de la facilité, de la couleur. On a de lui entr'autrcs un tableau
à.' Electre acheté par le Gouvernement.
18. VIGNAUD.
Son tableau de la mort de Le Sueur l'a fait très avantageusement
connaître.
19. MAUZAISSE.
Un des meilleurs élèves de Gros. Talent franc, grand amour de l'art.
Le Gouvernement a acheté un tableau de lui qu'on avait remarqué et
qui représente Y Arabe pleurant son coursier.
20. BLONDEL.
On a vu de lui au Salon entre autres bons tableaux ceux de Zéno-
bie retrouvée sur les bords de l'Araxe et de la Tendresse maternelle.
Le premier ouvrage est préférable au second, mais tous deux sont bons.
l'église de la madeleine en i8i6. 257
21. FRANQUE (les deux frères).
Ils travaillent ensemble aux mêmes tableaux. Ils ont tous les deux
un talent ferme et vrai. Ils avaient exposé au Salon de 1814 un tableau
représentant Hercule délivrant Alceste. ^
22. PALLIÈRE (de Bordeaux).
Auteur du tableau représentant les Honneurs rendus à Rubens. Il
a obtenu un grand-prix au concours de l'Institut.
23. TRÉZEL.
Phèdre jugée aux Enfers est un tableau qui annonce du talent.
24. STEUBE (sic).
Auteur du tableau de Pierre le Grand., ouvrage remarquable et qui
a décelé un talent plein de feu.
25. BERTHON.
Auteur de plusieurs tableaux agréables et entr'autres d'Angélique
et Médor, acheté par le Ministère.
26. GRANGER.
Auteur du Ganymède et de l'Hébé. Dessinateur correct, peintre un
peu froid.
27. BOUCHET.
Auteur d'Homère chantant ses poésies et de Paris donnant la
pomme.
28. MENJAUD.
Auteur d'Henri IV che^ Michaud, de la Naissance de Louis XHI.
29. ROUGET.
Jeune peintre distingué. Il avait à la dernière exposition un por-
trait historique en pied qui lui a fait honneur.
3o. DE DREUX-DORCY.
Baja^eth et le Berger, tableau de sa composition, a été très remar-
qué au Salon. La pensée s'y joint à l'exécution. Il a été acheté par le
Gouvernement.
3i. COLSON.
Auteur du tableau d'une Famille arabe qui reçut des éloges au der-
nier Salon.
ART FR. IV 17
258 l'église de la madeleine en i8r6.
Zi.RATHIER.
Connu par de bons ouvrages et par un recueil de Costumes fran-
çais qu'il publie avec M. Beaunier.
33. LANGLOIS FILS.
Ancien élève de l'École de Rome.
34. PAJOU.
Auteur d'Œdipe et Antigone, etc.
35. ROEHN.
Peintre de Monsieur. Il a du talent. Il avait exposé au dernier
Salon un tableau représentant Louis XVI recevant le Duc d'Enghien
aux Champs-Elysées. Il a des tableaux à faire.
36. DE BOIS'FREMONT.
On cite parmi ses tableaux celui qui représente Virgile lisant son
Enéide devant Auguste et Octavie. Ce tableau a été acheté sur les
fonds du Trésor.
37. LEMIRE AÎNÉ.
Auteur de la Mort de Domitien, etc.
38. LEMIRE JEUNE*.
Auteur d'Œdipe et Antigone^ etc.
J'aurais pu grossir encore cette liste. Mais j'ai pensé qu'il fallait se
borner.
J'ai mis en première ligne les peintres reconnus pour être du pre-
mier ordre par les autres Artistes eux-mêmes.
Les peintres qui suivent ont tous du talent, chacun avec un style
particulier.
Tous au reste sont des « Peintres d'histoire, » seul genre qui puisse
trouver place ici.
Quant aux prix, ils devront être différents, selon le rang des artistes
et la dimension des tableaux.
Si Votre Excellence prend pour les grands tableaux les premiers
peintres portés sur la liste, la somme à allouer pour chaque tableau
ne peut pas être moindre de 3o,ooo francs.
Si Votre Excellence choisit parmi les autres artistes, le prix pourra
être réduit à 20,000 fr.
I. On remarquera que Grille s'est engagé à présenter trente-huit peintres
et qu'il s'arrête au n° '5y, mais il a parlé, sous le n° 20, de deux artistes, les
frères Franque.
l'église de la madeleine en i8i6. 259
Le calcul est simple et il y a plusieurs points de comparaison. On
a donné 20,000 fr. pour des tableaux de 20 pieds sur i5 aux peintres
de Tordre des dix premiers.
On sait que M. Guérin veut dans ce moment avoir 24,000 fr. de
son tableau d'Énée et Didon. Il est vrai que le Gouvernement ne
l'achète pas et qu'à ce prix cette belle page ne peut être vendue qu'à
l'étranger. Mais aussi ce tableau est de plus de moitié moins long
et du sixième moins haut que les tableaux qui sont à faire pour la
Madeleine.
M. Gros a So^ooo fr. pour les cinq groupes de la coupole de Sainte-
Geneviève.
M. Gérard était chargé de peindre pour la grande salle des Menus-
Plaisirs deux plafonds qui avaient ensemble 80 pieds de développe-
ment, et le prix fixé pour ce travail était de 72,000 fr., payables en
quatre années.
Les tableaux de la sacristie de Saint-Denis ont été payés 4,000 fr.
Il avaient 5 pieds sur 8 ou 40 pieds de superficie.
Or, ceux de la Madeleine auront 8 à 900 pieds de superficie; donc
en suivant la même proportion, il faudrait les payer 80 à 90,000 fr.
C'était à ce prix que M. David fixait ses tableaux du Sacre, de la
Distribution des Aigles, etc.
Mais c'était des sommes exorbitantes, et il faut mettre plus d'éco-
nomie dans les dépenses pour faire travailler plus grand nombre
d'hommes de talent.
D'ailleurs, je dois faire observer que tous les tableaux dont je viens
de parler, à l'exception de ceux de la coupole de Sainte-Geneviève,
sont faits pour être vus à des distances bien moindres que ceux de la
Madeleine.
Les sept grands tableaux destinés à la décoration de ce monument
seront placés à une hauteur telle que trop de fini nuirait à leur effet
et qu'il faudra que les artistes les peignent largement.
Il ne leur faudra pas pour cela moins de talent, mais ils auront
besoin de moins de temps et de soins, en sorte qu'ils pourront avoir
moins de droit d'être exigeants sur le prix.
Si Votre Excellence adoptait ces fixations, il en résulterait que,
confiés aux premiers peintres, les sept tableaux coûteraient ....
210,000 fr.
Confiés aux autres, ils ne coûteraient que .... 140,000
Différence ' 70,000 fr.
A l'égard des deux petits tableaux, leur prix serait convenable fixé
à 6,000 fr. Places sur les autels Saint- Louis et de la Vierge, ils
devront représenter des sujets entièrement pieux et analogues à cette
destination.
200 l'Église de la madeleine en i8i6.
Pour cette dépense, au surplus, il n'y aura pas de crédit particulier
au budget, et ces peintures ne seront point payées sur le fonds ordi-
naire de i5o,ooo fr., alloués pour les encouragements. Elles seront
payées sur les sommes accordées par exercice pour les travaux de la
Madeleine suivant ordonnance du Roi en date du 22 avril dernier.
Les sujets des tableaux ne sont point encore désignés. J'avais
adressé des listes sur lesquelles j'avais porté des sujets religieux,
d'autres purement héroïques ; tous étaient pris dans l'histoire de
France.
Je joins à ce rapport, Monseigneur, une nouvelle copie de ces listes
et j'attendrai que Votre Excellence me fasse connaître le choix qu'elle
aura fait.
Peut-être y aurait-il lieu, une fois que la désignation des peintres
sera faite, de demander à chacun d'eux un sujet pris dans notre his-
toire et à la fois héroïque et pieux. Chaque artiste pourrait avoir là-
dessus ses idées qui plairaient à Votre Excellence. On serait toujours
à même d'adopter ou de n'adopter pas ces sujets. Mais les peintres
savent mieux que personne sentir les « scènes pittoresques » et qui
conviennent à leur talent.
Si Votre Excellence voulait connaître ma pensée sur les artistes
qui me paraîtraient pouvoir être chargés de l'exécution des neuf
tableaux dont il s'agit, je désignerais :
Pour les sept grands tableaux : MM. Gérard^ Girodet, Gros, Gué-
rin, Prudhon, Vernet^ Meynier.
Pour les deux autres tableaux : MM. Lebarbier aîné, Monsiau.
Aussitôt que j'aurai vos ordres, Monseigneur, je dresserai les lettres
d'exécution.
J'ai l'honneur d'être avec respect, Monseigneur, de Votre Excel-
lence le très humble et très obéissant serviteur.
Le Chef de la 2^ division,
Signé : Illisible.
Le Chef de Bureau,
Grille, rapporteur.
IIL
Observations sur le choix des Tableaux qui doivent décorer l'Église
de la Madeleine.
Dans le choix des sept grands Tableaux qui doivent décorer l'Église
de la Madeleine, il y a quatre considérations qu'on ne doit pas perdre
de vue. Il faut :
I* Que chacun des tableaux soit tiré d'une des époques les plus
importantes de notre histoire.
l'église de la madeleine en i8i6. 261
20 Que le sujet choisi représente l'action d'un saint, conjointement
avec celle d'un de nos Rois.
30 Que chaque tableau offre une des cérémonies les plus impo-
santes et les plus pompeuses du culte catholique.
40 Que ces sujets soient variés entr'eux, de manière à se faire valoir
mutuellement et à laisser un souvenir exempt de toute confusion, ce
qui n'aurait pas lieu si quelques-uns des sept tableaux représentaient
des actions à peu près de la même nature.
Je dis que chacun des tableaux doit être tiré d'une des époques les
plus importantes de notre histoire.
Ces sujets pourraient être puisés :
i" Du règne de Glovis, époque de l'établissement de la religion en
France.
2* Du règne de Glovis II , époque à laquelle commença cette
fameuse lutte entre l'autorité royale et la puissance des Maires du
Palais.
30 Du règne de Charlemagne, époque du renouvellement de l'em-
pire d'Occident.
4' Du règne de Louis le Jeune, époque des Croisades.
50 Du règne de saint Louis.
60 Du règne de Henri IV.
7* De l'heureuse restauration de la monarchie sous le règne de
Louis XVIII.
Sous ces différents règnes, il faut choisir l'action d'un saint con-
jointement avec celle du Roi et varier les genres de tableaux de
manière à ce que leurs contrastes les fassent valoir mutuellement.
Voici la série que je proposerais :
i« Le Baptême de Clovis par saint Rémi.
2' Le moment où sainte Batilde est présentée â Clovis II, qui,
charmé de sa beauté, la prend pour son épouse.
3° Le couronnement de Charlemagne comme empereur d'Occident.
40 Le moment où Louis le Jeune, accompagné de saint Bernard,
vient de recevoir des mains du pape Eugène l'équipage de pèlerin,
et où il prend l'oriflamme sur l'autel de Saint-Denis pour se rendre
en Palestine.
5° La cérémonie de la Couronne d'Épines.
Saint Louis, accompagné de la Reine Blanche, des Princes, ses
frères, de plusieurs Prélats et de toute sa cour, alla jusqu'à Ville-
neuve-l'Archevêque, à cinq lieues de Sens, au-devant de la Couronne
d'Epines qu'il avait acquise et que deux Religieux dominicains lui
apportaient. Gaultier Cornu, archevêque de Sens, qui était présent et
qui écrivit l'histoire de cette translation, dit qu'il n'est pas facile d'ex-
primer ce que le Roi, la Reine, et tant de personnes illustres qui assis-
taient à l'ouverture de la châsse éprouvèrent. Ils poussaient des sou-
202 l'Église de la madeleine en i8i6.
pirs et versaient des larmes. Le lendemain, le Roi se fit un devoir de
la porter lui-même en entrant dans la ville de Sens, et ne voulut par-
tager cet honneur qu'avec Robert, comte d'Artois, son frère. Ils
étaient l'un et l'autre nu-pieds et en chemise. Un clergé nombreux
les précédait, portant les reliques de leurs églises. Toute la suite du
Roi marchait comme lui, nu-pieds et en silence. On aurait dit que
dans cette cérémonie les sentiments du saint Roi avaient passé dans
le cœur de tous ses sujets. On se rendit ainsi à la cathédrale, où l'on
montra à la multitude cet inestimable Trésor.
La même cérémonie fut répétée à Paris.
6» Saint François de Sales prêchant en présence de Henri IV et de
toute sa cour en 1602.
70 Louis XVIII dans l'église Notre-Dame de Paris le jour de son
arrivée, le 3 mai 18 14.
Si, dans cette série où je me suis occupé principalement à varier les
tableaux, il y avait quelques sujets qui parussent ne pas convenir, je
proposerais pour les remplacer :
Sous Glovis I»' :
Son mariage avec sainte Glotilde.
La bataille de Tolbiac.
L'érection de l'église de Saint-Denis par les soins de sainte Geneviève.
Le moment où il fait hommage au tombeau de saint Martin de la
plus belle partie des dépouilles qu'il a remportées sur Alaric.
Sous Glovis II :
Sainte Batilde, confinée par le maire Ebroin et les seigneurs de son
parti dans le monastère de Ghelles, qu'elle avait fondé, y prend le
voile. Elle avait été régente pendant dix ans.
On lui apporte le corps de son fils, Glotaire III, pour être inhumé
dans son couvent.
Sous Gharlemagne :
Gharlemagne alla passer les fêtes de Pâques à Rome. Il y mena
avec lui la Reine Hildegarde et ses deux fils, qui y furent baptisés par
le pape Adrien I"'', qui ajouta à cette cérémonie l'onction royale : au
jeune Pépin comme Roi de Lombardie, au jeune Louis comme Roi
d'Aquitaine.
Gharlemagne au concile de Francfort, où il reçut les mêmes hon-
neurs que Gonstantin au concile de Nicée.
La dédicace de la magnifique église d'Aix-la-Ghapclle, qu'il avait
fait bâtir en l'honneur de la sainte Vierge. Il fait venir pour cette
cérémonie le pape Léon III, plusieurs cardinaux, un grand nombre
d'évêques, les ducs, les marquis, les comtes, et généralement tous les
principaux de l'Empire.
l'église de la madeleine en i8i6. 203
Sous Louis le Jeune :
Son pèlerinage au tombeau de saint Thomas de Cantorbéry,
Il fait couronner son fils (Philippe-Auguste) à Reims et attribue à
cette e'glise la prérogative du sacre. Le Roi d'Angleterre, comme Roi
de Normandie, portait la couronne, le comte de Flandre l'épée royale.
Un grand nombre de seigneurs marchaient devant et après le jeune
prince, faisaient les fonctions pour lesquelles ils étaient destinés.
L'archevêque de Reims, Guillaume de Champagne, frère de la Reine,
fut le ministre de cette cérémonie.
Sous le règne de saint Louis :
Saint Louis, très jeune, combat les rebelles et remporte sur eux
une grande victoire.
Il épouse Marguerite de Provence.
Il va prendre l'oriflamme à Saint-Denis.
Etant à Cluny, il se sépare de sa mère. Marguerite proteste qu'elle
le suivra jusqu'au bout du monde. Il reçoit avec les croisés la béné-
diction apostolique du pape Innocent IV.
Il s'embarque pour la terre sainte.
Il est fait prisonnier près de Mansoure.
Il aide lui-même à enterrer les chrétiens que le soudan de Damas
avait fait égorger dans la ville de Seide.
Sa mort.
Sous Henri IV.
Saint François de Sales arrive à la cour de France; il est présenté
au Roi par le nonce, évêque de Camerin.
Il refuse une abbaye qu'Henri IV voulait lui donner, ainsi que le
chapeau de cardinal.
Si l'on voulait un sujet de Philippe-Auguste, on pourrait représen-
ter ce monarque dans le moment ovi saint Félix de Valois, descen-
dant de Hugues Gapet, et saint Jean de Matha, fondateurs de l'ordre
de la Rédemption des Captifs, lui présentent cent dix esclaves qu'ils
ramènent des prisons de Tunis, où ils ont été les chercher.
Si l'on voulait un sujet de Robert le Pieux, fils et successeur de
Hugues Capet, il a jeté les fondements de l'église Notre-Dame sur les
ruines d'un temple de Jupiter.
Il a fait un pèlerinage à Rome.
Il a refusé l'Empire et le Royaume d'Italie que les Italiens lui
offraient.
264 l'église de la madeleine en 181 6.
IV.
(Ministère de l'Intérieur.)
Arrêté.
Article i»"".
Il sera exécuté pour la décoration de l'église de la Madeleine sept
tableaux de 40 à 5o pieds de long sur i5 à 18 de haut.
Article 2.
Ces tableaux, en forme de segment de cercle, seront placés dans
l'ordre suivant :
Le n° I" dans l'arc au-dessus de l'Autel Saint- Louis.
Le n* 2 au-dessus de l'Autel de la Vierge.
Le n° 3 au-dessus du Monument de Louis XVI.
Le n* 4 au-dessus du Monument de Louis XVII.
Le n" 5 au-dessus du Monument à la Reine Marie-Antoinette.
Le n° 6 au-dessus du Monument à la Princesse Elisabeth.
Le n° 7 au-dessus de la Porte principale.
Article 3.
Ces tableaux seront peints sur toile. Le prix en est fixé à 3o,ooo fr.
Cette somme sera divisée en quatre paiements, savoir :
6,000 fr. pour l'esquisse.
6,000 fr. pour l'ébauche sur la grande toile.
9,000 fr. quand le tableau sera aux deux tiers.
9,000 quand il sera terminé.
Article 4.
Les artistes chargés de l'exécution de ces sept tableaux sont :
MM. Gérard pour le n" i.
Guérin pour le n*» 2.
Girodet pour le n° 3.
Gros pour le n» 4.
Prudhon pour le n» 5.
Meynier pour le n" 6.
Carie Vernet pour le n» 7.
Article 5.
Ces artistes sont admis à indiquer eux-mêmes le sujet qu'ils sont
appelés à traiter, seulement il faudra que ce sujet soit religieux,
héroïque, et pris dans l'histoire de France.
Ils adresseront leur proposition écrite au ministre de l'Intérieur,
qui, d'après le compte qui lui en sera remis, statuera définitivement.
l'église de la madeleine en i8i6. 265
Article 6.
Deux autres tableaux de petite proportion seront placés, l'un sur
l'Autel même de la Vierge, l'autre sur l'Autel dédié à saint Louis,
dans l'église de la Madeleine. Ils seront également peints sur toile.
Leur prix est fixé à 6,000 fr., payables :
1,000 fr. pour l'esquisse.
1,000 fr. pour l'ébauche sur la grande toile.
2,oco fr. quand le tableau sera aux deux tiers.
2,000 fr. quand il sera terminé.
L'exécution du i«'' de ces tableaux est confiée à M. Garnier^ celle
du 2« à M. Gautherot.
Article 7.
La dépense de ces tableaux sera imputée sur les fonds alloués
annuellement pour les travaux de l'église de la Madeleine.
Paris, le 3i mai 18 16.
Il nous a paru intéressant de ne rien distraire de ce dossier,
encore quMl se compose de pièces d'un caractère purement admi-
nistratif. D'une part la sollicitude dont François Grille fait preuve
à l'endroit des artistes, de l'autre les vues larges qu'il expose sur
la décoration des édifices, les jugements qu'il porte sur les
peintres de son temps ont leur prix. Les historiens futurs de
l'Administration des Arts dans notre pays, si les pages qui pré-
cèdent leur sont connues, estimeront sans doute que le Chef du
bureau des sciences et des Beaux-Arts, en 1816, fut un fonction-
naire éclairé, libéral et d'un tact exercé. Mais les pièces officielles
que nous avons lues ouvrent les négociations avec les artistes.
Nous allons apprendre d'eux si, en leur laissant le soin de choisir
eux-mêmes leur sujet, l'administration a sagement agi.
Autographes des peintres désignés par Varrêtédu 3i mai 181 5
pour la décoration de la Madeleine.
FRANÇOIS GÉRARD.
DÉPART DE SAINT LOUIS POUR LA PREMIERE CROISADE. — CONVERSION DE CLOVIS.
On l'a vu, l'arrêté du 3i mai 1816 désigne sept peintres qui seront chargés
de décorer l'église de la Madeleine. Aux termes de l'article V, ces artistes sont
admis à indiquer le sujet qu'ils désirent traiter. Afin de les prémunir contre
des choix qui ne sauraient rentrer dans le plan général de la décoration,
266 l'église de la madeleine en 1816.
une sorte de « table des sujets » leur est soumise. Enfin, l'article 111 leur
enjoint de peindre leur tableau sur toile. C'est leur procurer la faculté d'ex-
poser au Salon la page nouvelle qu'ils vont exécuter. Gérard se sent égale-
ment sollicité par deux épisodes de l'histoire de France : le Départ de saint
Louis pour la croisade et la conversion de Clovis. Une note inscrite en marge
de sa lettre nous apprend que le Ministre de l'Intérieur, M. Laine, qui avait
succédé le 7 mai 1816 à M. de Vaublanc, s'était décidé à confier à Gérard le
Baptême de Clovis. Le peintre n'a pas exposé de tableau portant ce titre.
Monseigneur,
J'ai reçu la lettre par laquelle Votre Excellence m'annonce
que je suis chargé de l'exécution de l'un des tableaux qui doivent
décorer Téglise de la Madelaine. Je suis vivement flatté de Phon-
neur que je reçois, et je ne négligerai rien pour répondre digne-
ment à cette marque précieuse de votre confiance.
Votre Excellence veut bien me consulter sur le choix du sujet
et me prévient que la destination de mon tableau est d'être placé
dans le cintre de la chapelle sous Finvocation de saint Louis. En
partant de cette donnée, j'ai dû chercher le sujet dans la vie
même de cet auguste Monarque; après quelques méditations sur
les traits les plus mémorables qui la caractérisent, je ne vois rien
de plus grand, de plus religieux et de plus pittoresque que le
moment de son départ pour la première Croisade; il me semble
qu'un grand prince, chéri et révéré de ses sujets, entouré de tous
les prestiges du Trône, n'a pu faire à la religion de plus grand
sacrifice que celui de s'arracher à la France dont il fait le bon-
heur, pour aller combattre dans une Terre étrangère les ennemis
de son Dieu et de son pays : l'instant de sacrifice marqué par le
contraste de tant de sentiments et d'émotions également pathé-
tiques offre peut-être l'une des plus belles scènes qui puisse frap-
per l'imagination de l'homme dans le Temple de la Divinité.
Si l'indication de la chapelle Saint-Louis n'était pas obliga-
toire pour le choix du sujet, je proposerais à Votre Excellence la
scène de la Conversion de Clovis au moment où ce fondateur de
la monarchie revient des champs de Tolbiac, au milieu de ses
enfants victorieux, accompagné des chefs des vieux Gaulois qui
partagent la gloire de leur nouveau prince et célèbrent sa conver-
sion à la face du Ciel, et sous les auspices du vénérable Rémi,
son digne interprète.
Telles sont les premières idées dont je crois devoir faire hom-
mage à Votre Excellence, et sur lesquelles je la prie d'éclairer
l'église de la madeleine en i8i6. 267
mon jugement. Guidé par ses lumières, je me sentirai plus en
mesure de commencer le travail qu'elle veut bien me confier.
Sur la question de savoir s'il est plus convenable de peindre le
demi-cercle en son entier ou de couper l'arc en trois parties, je
prendrai la liberté d'observer que le développement du sujet
important qu'il s'agit de représenter remplira facilement l'étendue
du demi-cercle, et la grandeur de l'édifice semble aussi indiquer
l'emploi de tout l'espace réservé pour la composition du peintre.
Je vous prie. Monseigneur, d'accueillir en bienveillance l'ex-
pression des sentiments de gratitude avec lesquels je suis,
De Votre Excellence, le très humble et très obéissant serviteur,
F. Gérard.
De Paris, le 9 juin 181 6.
GUÉRIN.
RACHAT d'esclaves CHRÉTIENS PAR LÈS RELIGIEUX DE LA MERCI.
Moins fertile que Gérard, le peintre Guérin demande qu'on le dispense de
remplir l'arc entier dans lequel il se propose d'exécuter un Radiât d'esclaves
chrétiens par les religieux de la Merci, qui, d'ailleurs, est resté à l'état de
projet.
Paris, 12 juillet 1816.
Monseigneur,
Le retard que j'ai apporté à répondre à la lettre de Votre Excel-
lence, qui me charge de l'un des tableaux de l'église de la Made-
leine, n'est dû qu'à l'incertitude où je me suis trouvé d'abord
pour le choix d'un sujet, et ensuite à des occupations multipliées
qui m'en ont distrait. J'ose espérer que Votre Excellence daignera
recevoir l'hommage de ma reconnaissance pour la faveur dont
elle m'honore et pardonner à l'inexactitude de ma plume.
J'ai pensé qu'un sujet qui se lie à la fois à l'histoire de France,
à la morale, à l'humanité, à la religion remplirait les données
principales imposées par le caractère du monument auquel il doit
appartenir; à cet effet, j'ai choisi et ai l'honneur de proposer à
Votre Excellence pour sujet du tableau dont je suis chargé Une
Rédemption d'' esclaves chrétiens en Afrique., par les religieux
français pères de la Merci. Je crois toutefois inutile de m'étendre
sur les développements dont ce sujet est susceptible, et suis per-
suadé que Votre Excellence les appréciera sur le simple exposé.
Je m'en rapporte donc à son goût qui ne peut errer.
Quant à la question de savoir si l'arc sera divisé en trois parties,
268 l'église de la madeleine en i8i6.
mon avis serait pour l'affirmation, parce qu'un cadre de 3o pieds
sur i8, par exemple, devient d'une proportion plus avantageuse
et remédie à l'inconvénient des angles dans lesquels la composi-
tion languirait. Sans compter qu'on rencontrerait trop de diffi-
cultés locales pour l'exécution d'un tableau de 45 à 5o pieds, et
qu'aucun atelier ne pourrait contenir. Dans l'hypothèse de la
division, on pourrait peindre en imitation de bas-relief de grandes
figures symboliques à l'appui du sujet. J'ai l'honneur de sou-
mettre cette idée à Votre Excellence, ainsi que le sujet que je
désire exécuter, et suis avec respect, Monseigneur, de Votre
Excellence, le très humble et très obéissant serviteur,
Guérin.
GIRODET.
APOTHÉOSE DE LOUIS XVI.
A l'exemple de Guérin, Girodet se refuse à remplir l'arc qui lui est réservé,
s'il ne scinde l'espace et ne groupe des figures allégoriques dans les angles.
Nous essayons de traduire la pensée du peintre en inscrivant ici Apothéose
de Louis XVI. Girodet désigne l'infortuné monarque sous le titre : « le
bon martyr. » Au Ministère de l'Intérieur, on parut surenchérir sur cette
qualification. Nous trouvons en marge de l'autographe du peintre cette
mention curieuse : « Apothéose de saint Louis XVI. »
Paris, le 14 juillet 181 6.
Monseigneur,
Je vous prie de me pardonner si je n'ai pas répondu de suite à
la lettre par laquelle Votre Excellence m'annonce qu'elle a daigné
me charger d'un tableau pour l'église de la Madeleine destiné à
figurer au-dessus du monument de Louis XVI.
Cependant, conformément aux ordres de Votre Excellence, j'ai
médité plusieurs sujets; le résultat de mes réflexions m'a fait
abandonner toute autre idée que celle qui m'est venue en dernier
lieu de représenter au-dessus de ce monument l'apothéose du bon
martyr auquel il sera consacré ; il me semble que ce sujet, à la
fois français, héroïque et religieux, aura, outre l'avantage de
présenter une scène toute lumineuse très favorable à l'effet de
l'architecture, celui plus particulier d'une concordance morale
avec le monument au-dessus duquel il sera placé. Je soumets
cette idée au jugement et au goût de Votre Excellence, et j'atten-
drai ses ordres pour préciser de suite mes idées et commencer
l'esquisse. J'ai l'honneur de vous observer, Monseigneur, que
I
l'église de la madeleine en i8i6. 269
cette portion circulaire, divisée en trois parties, fera peut-être un
meilleur effet, pouvant alors disposer le groupe principal au
centre et des groupes d'Anges dans les angles, et sauverait les
inconvénients d'une composition toujours un peu lâche ou con-
fuse lorsqu'elle est trop étendue.
Je suis avec respect, Monseigneur, etc.
Girodet- Trioson.
Rue Neuve-Saint-Augustin, n" 55.
A la bonne heure! La note inscrite au Ministère sur l'autographe de
Girodet n'avait pas le sens que nous étions en droit de lui attribuer à pre-
mière lecture. Le peintre a parlé d'apothéose, mot profane qui demande une
traduction dans le langage catholique. Évidemment, Girodet a conçu le plan
d'une glorification de Louis XVL Sans être théologien, François Grille se
rend compte de l'exagération de l'hommage, et vite, de sa plume la plus
incisive, il outrepasse la pensée du peintre avant de placer sa lettre sous les
yeux du Roi. Louis XVIII a trop de bon sens pour souscrire à ce crescendo.
Il charge quelqu'un de son entourage, le comte de l'Escabelle, d'avertir
Girodet de l'erreur dans laquelle l'a fait tomber un sentiment louable assu-
rément, mais excessif. Le respect qu'il garde à la mémoire de Louis XVI
n'autorise pas l'artiste à canoniser son héros. Que va-t-il répondre?
Paris, le 8 septembre 181 6.
Monsieur le comte,
Je me suis mal expliqué lorsque j'ai qualifié le tableau projeté
pour la Madeleine et dont je suis chargé. Ce n'était point l'apo-
théose de Louis XVI que je devais le nommer, puisque ce pou-
vait être identique avec béatification, et qu'il ne m'appartient pas
de prendre l'initiative sur le pape.
J 'appellerai donc le sujet que je dois traiter ainsi : Admission
de Louis XVI dans le ciel où il est reçu par saint Louis. Tous
les élus n'étant point canonisés, l'objection que pourrait faire le
Roi sur l'apothéose ne serait plus fondée, et S. M. ne la ferait cer-
tainement qu'autant que, dans le mot apothéose, serait renfermée
l'idée de la canonisation. Je ne voudrais que rendre les paroles
du confesseur du roi martyr : « Fils de saint Louis monte^ au
ciel. » Autour de Louis XVI, la Reine, Madame Elisabeth, le dau-
phin; plus loin, les plus illustres victimes de la Révolution et
enfin la disposition pittoresque résultant de l'effet convenable à
conserver relativement à l'architecture et à la forme obligée du
champ du tableau serait ultérieurement déterminée. Je ne vois pas,
M. le comte, de sujet plus convenable pour sa destination, et
270 L^iGLISE DE LA MADELEINE EN l8i6.
c'est inutilement que je me suis creusé la tête à en chercher un
autre.
Je soumets d'ailleurs ces observations avec toute déférence, et
vous serai bien obligé de vouloir m'informer si vous les trouvez
fondées.
J'ai rhonneur d'être, etc.
Girodet- Trioson.
M. le comte de l'Escabelle.
Cette composition n'a pas été peinte, mais Girodet l'a dessinée avec beau-
coup de soin. On lit à la page Ixxxv du tome I" des Œuvres posthumes de
Girodet-Trioson, par A, Coupin : « 1819. Saint Louis recevant dans le ciel
Louis XVI et sa famille. Dessin très terminé. Lithographie depuis la mort
de Girodet par M. Lancrenon. — Appartient à M. Becquerel. » L'ouvrage de
Coupin porte la date de 1829. En quelles mains se trouve aujourd'hui le
dessin jadis possédé par M. Becquerel r
GROS.
SAINT DENIS PRÊCHANT DANS LES GAULES.
Lettre pressante. Choix motivé. Delestre, l'historien de Gros, nous apprend
que la demande du peintre fut agréée et que notification régulière de la
commande lui fut faite le 17 septembre 1816 {Gros et ses ouvrages. Paris,
1845, in-8°, p. 286). L'arc entier avait été réservé au peintre, qui, de même
que ses confrères, n'exécuta pas sur la toile la composition qu'il eût voulu
traiter. Il en traça toutefois des croquis à la plume. Delestre les a vus et il
les décrit (p. 286-288). Deux personnages paraissent avoir préoccupé le
peintre dans une mesure à peu près égale : saint Denis et une druidesse.
Delestre loue le mouvement et l'expression déployés par Gros dans ces
études préliminaires.
Paris, le 9 juillet 181 6.
Monseigneur,
J'ai reçu avec la plus vive reconnaissance la nouvelle marque
d'estime dont vous voulez bien m'honorer en me chargeant de
l'un des sept tableaux destinés pour l'église de la Madeleine.
D'après l'invitation de Votre Excellence à énoncer un sujet, je
choisirais et désirerais ardemment y représenter saint Denis prê-
chant dans les Gaules. Mon désir est tel que je crains d'en indi-
quer un autre.
Ayant toujours dirigé mes études vers le grand genre de la
peinture, le hasard m'a toujours repoussé dans des sujets de
costume si modernes que ce serait doubler votre bienfait de m'ac-
corder ce sujet si reculé, par là si neuf et si grandiose.
l'église de la madeleine EN1816. 271
Monseigneur, de Votre Excellence, le plus affectionné et recon-
naissant serviteur,
GroSy
Peintre d'histoire^
Membre de l'Institut et de la Légion d'honneur.
Rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés, n° 14.
PRUD'HON.
SAINT LOUIS PORTANT LA COURONNE d'ÉPIKES. — SAINT FRANÇOIS DE SALES
PRÊCHANT DEVANT HENRI IV.
Le peintre indique deux sujets, mais il est aisé de voir qu'il préfère le pre-
mier. Les raisons qu'il donne de cette préférence sont tirées d'une pensée de
poète. A défaut de la signature de Prud'hon, les lignes auxquelles nous fai-
sons allusion permettraient de lui attribuer cette lettre. Son âme tendre et
triste se trahit dans un sentiment de mélancolie que d'autres n'éprouvent pas
à la manière de Prud'hon. Nous avons inutilement consulté les travaux de
Frédéric Villot et de Charles Clément pour retrouver la trace d'une étude
quelconque se rattachant à ces compositions projetées.
Paris, le 7 juin 18 16.
Monseigneur,
Je me trouve honoré, autant que flatté, du choix que Votre
Excellence a bien voulu faire de moi pour Texécution d'une des
peintures qui doivent décorer Péglise de la Madeleine.
Pour parvenir autant que possible à ce que l'intention de Votre
Excellence soit remplie dans tous ses points, j'ai fait choix pour
la place qui m'est assignée au-dessus du monument de la reine
Marie-Antoinette de la cérémonie de la Couronne d'épines, oîi
saint Louis, accompagné de la reine Blanche, des princes, ses
frères, de plusieurs prélats et de toute sa cour, alla au-devant de
cette précieuse relique jusqu'à Ville-Neuve-l' Archevêque. Dans
la translation il se fit un devoir de la porter lui-même en entrant
dans la ville de Sens, et ne voulut partager cet honneur qu'avec
Robert, comte d'Artois, son frère; un clergé nombreux les précé-
dait, toute la suite du Roi marchait comme lui, nu-pieds et en
silence ; on se rendit ainsi à la cathédrale, où Ton montra à la
multitude cet inestimable trésor.
Ce sujet me paraît présenter une cérémonie religieuse et impo-
sante remplie de sentiments pieux et de souvenirs douloureux
dont le rapprochement avec ce qu'a souffert l'auguste épouse de
Louis XVI me semble devoir produire une impression profonde.
272 l'église de la madeleine en 18 16.
Je soumets également à Votre Excellence un second sujet qui,
quoiqu'il n''ait pas comme le premier la même identité avec le
monument placé au-dessous, sourit néanmoins à la pensée, parce
qu^on y verrait Henri IV, le modèle, comme le meilleur des Rois.
Ce tableau représenterait saint François de Sales prêchant en
présence de ce monarque et de toute sa cour en 1602.
Je pense aussi. Monseigneur, qu'il faut laisser en entier le
champ de l'arc des tableaux qui, divisé en trois parties, ferait
perdre à la peinture quelque chose de ce caractère imposant
nécessaire à TefFet qu'elle doit produire.
J'ose vous prier. Monseigneur, d'agréer l'expression de toute
ma reconnaissance, ainsi que celle des sentiments respectueux
avec lesquels Je suis.
De Votre Excellence, le très humble et très obéissant serviteur,
Prud'hon, peintre,
Chevalier de la Légion d'honneur.
MEYNIER.
LE CORPS DE SAINT LOUIS
Exposé, après sa mort, à la vénération des Barons, Chevaliers et Soldats
français au milieu de son camp et des ruines de Carthage. — Philippe-
Auguste, avant la bataille de Bouvines, bénit les Chevaliers et les Barons
du royaume.
Meynier propose au choix du minisire deux sujets historiques, mais la
lettre de Prud'hon avait précédé celle de Meynier, et M. Laine avait assigné
à Prud'hon une scène tirée de l'histoire de saint Louis. Il fut résolu que
Meynier devrait traiter la bénédiction de Philippe-Auguste avant la bataille
de Bouvines.
A Son Excellence, Monseigneur Laine, Ministre Secrétaire d'État
au département de l'Intérieur.
Monseigneur,
J'ai l'honneur de vous témoigner ma vive reconnaissance de
rhonorable tâche dont vous avez bien voulu me charger, celle de
représenter un des grands sujets héroïques et religieux de l'his-
toire de nos Rois, qui doivent décorer l'église de la Madeleine.
Je prends la liberté de soumettre à l'approbation de Votre
Excellence deux sujets que je crois d'un grand intérêt historique
et propres à développer les beautés de l'art.
L'un serait le corps de saint Louis après sa mort., exposé à la
l'église de la madeleine EN1816. 273
vénération des barons, chevaliers et soldats français au milieu
de son camp et des ruines de Carthage.
L'autre serait Philippe- Auguste^ qui, après avoir déposé sa
couronne sur V autel sacré, donne la bénédiction aux chevaliers
et barons du royaume avant la bataille de Bouvines.
Le premier, de la plus touchante expression, n'a pas encore été
traité. On a représenté la communion, la mort et tous les traits
principaux de la vie du saint Roi ; mais je crois que celui-ci mérite
la préférence par les épisodes qu'il présente : d'un côté, les prin-
cesses défaillantes, les princes consternés, les chevaliers prosternés
près du Roi. Des malades sortant des hôpitaux et s'empressant
pour voir et pour toucher encore les vénérables restes de leur
maître. Le fond représentant des feux allumés dans le camp des
Maures.
Le second, l'un des plus héroïques et des plus religieux, en
même temps qu'il est de la plus haute importance dans l'histoire
de France. La scène se passe dans le camp de Philippe-Auguste,
qui, après avoir déposé sa couronne sur l'autel et prononcé une
harangue sublime, donne sa bénédiction aux barons dont la
valeur va sauver la monarchie. Les prêtres, cet autel, les soldats,
les chevaliers prosternés, la variété des costumes, les armures
extraordinaires qui sont consacrées par les anciens monuments,
tout me fait croire qu'il est digne de décorer le lieu auguste
auquel il est destiné.
Je pense aussi qu'il est infiniment plus avantageux de peindre
les grandes machines sur une seule toile et dMn seul sujet.
Je renouvelle à Votre Excellence, Monseigneur, l'expression
de ma reconnaissance, et je la prie d'agréer l'assurance du profond
respect avec lequel je suis,
De Votre Excellence, le très humble et très obéissant serviteur,
Meynier,
Membre de l'Institut (Académie royale des Beaux-Arts).
Ce II juin 181 6.
CARLE VERNE T.
DÉBARQUEMENT DE SAINT LOUIS A DAMIETTE.
Carie Vernet, non moins sûr de lui que ne le sont d'eux-mêmes Prud'hon
et Meynier, réclame la faveur de remplir l'arc qui lui est assigné. Il indique
son sujet et demande qu'on lui donne la préférence, si quelqu'un de ses
confrères avait fait porter son choix sur la même scène. Et, aân sans doute
ART FR. IV l8
^74 L^éGLlSË DE LA MADELEINE EN 1816.
de laissef entrevoir au Ministre avec quel soin sera traité le point d'histoire
auquel il s'attache, il joint à sa lettre une note détaillée que l'on peut consi-
dérer comme le commentaire « pittoresque » de sa proposition.
Paris, le 6 juin 1816.
Monseigneur,
J'ai reçu la lettre que vous m''avez fait l'honneur de m'écrire
pour m'annoncer que je suis compris dans la répartition des
tableaux destinés à décorer l'église de la Magdelaine. Je ne sau-
rais vous exprimer combien je m'en trouve honoré, et je vous
prie d'être persuadé que je mettrai tous mes soins dans l'exécu-
tion de cet important ouvrage.
J'ai l'honneur de soumettre à Votre Excellence un sujet que
j'aimerais beaucoup à traiter et où se trouvent les conditions
indiquées dans son arrêté.
C'est le Débarquement de saint Louis à Damiette. Je m'em-
presse. Monseigneur, de vous faire connaître mon choix en vous
priant de me conserver la priorité si quelqu'un de mes confrères
vous proposait le même sujet. Mon opinion sur l'exécution de ces
tableaux est qu'ils soient faits sur une même toile et non en trois
parties.
Je suis avec le plus profond respect. Monseigneur, de Votre
Excellence, le très humble et très obéissant serviteur.
Carie Vernet,
Membre de l'Institut royal de France.
Rue de Bourbon, n° 34.
Année 1249.
Après avoir pacifié son royaume et l'avoir policé par de bonnes
lois, Louis crut pouvoir, sans danger, s'en éloigner. Dans une
maladie dangereuse qu'il avait essuyée, il avait fait vœu, si Dieu
lui rendait la vie, de l'employer à la délivrance de la Sainte Cité.
Dès qu'il eut recouvré la santé, il ne songea plus qu'à s'acquitter
de cet engagement. Ayant mis ordre à ses préparatifs, il laissa la
régence à sa mère et s'embarqua au port d'Aiguemortes avec la
reine, sa femme, ses quatre fils et l'élite de la nation. Jérusalem
et la plus grande partie de la Judée étaient soumises au Soudan
d^Égypte; on jugea que le plus siir moyen de les affranchir était
d'aller l'attaquer dans ses propres États. La fiotte cingla vers
Damiette regardée comme la clef de l'Egypte. Le Soudan, averti de
EXTRAIT DE l'iNVENTAÏRE APRES DECES DE MATHIEU MOLE. 275
ce projet, envoya un corps nombreux de milice pour s'opposer au
débarquement. A la vue des ennemis rangés sur la côte, Louis se
jette le premier sur le rivage, ayant de l'eau jusqu'aux épaules,
et marche à eux couvert de son bouclier et Pépée à la main, son
exemple enflamme le reste de l'armée. Les Mameloucks furent
renversés, et, n'osant se renfermer dans Damiette qui manquait de
munitions, ils s'enfuirent vers la Haute-Egypte.
EXTRAIT DE L'INVENTAIRE APRES DECES
DE
MATHIEU MOLE.
i^' mars i656 et jours suivants.
C'est à l'extrême obligeance de M. le duc de Noailles que nous devons la
communication de l'inventaire après décès des biens de Mathieu Mole. Notre
généreux hôte possède en son château de Champlâtreux, près Luzarches, une
expédition de cette pièce, dont on conserve la minute dans l'étude Cornille-
Prudhomme*. Ce document comprend trois parties : l'inventaire de l'hôtel
de la rue Gît-le-Cœur, celui du château de Champlâtreux et l'inventaire de
la bibliothèque, en déficit à Paris comme à Champlâtreux. Des articles que
nous publions, les quatre derniers numéros seuls proviennent de l'mventaire
du château, dressé le 10 avril.
Que M. le duc de Noailles reçoive ici le témoignage de notre profonde
gratitude pour l'accueil dont il a daigné nous honorer.
E. COYECQUE.
102. Item, une image de la Vierge Marie en yvoire.
III. Item, ung grand tableau du Roy, de la Reyne et de Mon-
sieur le duc (VAnjou^ prisé xxx 1.
117. Item, ung tableau de la Vierge avecq son Jésus, sainct
Jean et sainct Joseph, prisé , xx 1.
i32. Item, ung cheval de bronze posé sur un pied de bois,
prisé XX 1.
I. Sous cette dénomination, qui nous semble fort commode, nous indi-
quons le nom du notaire de i656 et celui de son successeur actuel, domi-
cilié rue Gaillon, 6. On pourra se reporter à l'original si on désire avoir
rénumération complète et détaillée des meubles faisant partie de la succes-
sion du fameux Président. Nous ne donnons ici que les articles présentant
un certain intérêt au point de vue de l'art.
276 EXTRAIT DE l'iNVENTAIRE APRES DECES DE MATHIEU MOLE.
i63. Item, une tanture de tapisserie, haulte lice de Paris,
représentant Vhistoire de Scipion^ contenant huict pièces de
vingt cinq aulnes de cours et trois aulnes de hault, prisée vu"* v<^ 1.
164. Item, une autre tanture de tapisserie de Flandres, conte-
nant vingt quatre aulnes de cours sur trois aulnes de hault ou
environ, représentant Pirame et Thisbée, prisée xn<= 1.
i65. Item, une autre tanture de tapisserie de huict pièces, à
fleurs de lys, de haulte lice, contenant vingt quatre aulnes de
cours sur trois aulnes ou environ de hault, prisée in" 1.
166. Item, une autre tanture de tapisserie de Flandres, conte-
nant neuf pièces de boccages et testions^ prisée v= 1.
167. Item, trois vieilles pièces de tapisseries de Flandres à per-
sonnages, dessorties, contenant environ dix aulnes, prisez iiii<= 1.
168. Item, une autre tanture de tapisseries de Flandres à ver-
dure, avecq quatre soubassemens, contenant environ vingt quatre
aulnes de cours et trois aulnes de hault, prisée xiiii<= 1.
169. Item, une autre tanture de tapisserie de Flandres, repré-
sentant Judich, contenant sept pièces, prisée vi<= 1.
Ensuivent les tableaux.
230. Premièrement, un tableau pin sur thoille où est repré-
senté une vieille Magdelaine couchée tout de son long, prisée c s.
23 1. Item, ung grand puisage, garny de sa bordure noire,
prisé xii 1.
232. Item, ung autre grand paisage^ garny de sa bordure noire,
prisé xir 1.
233. Item, ung autre grand paisage, pin sur bois, où est repré-
senté Adam et autres figures, garny d'une vieille bordure de
Flandres, prisé xx 1.
234. Item, ung tableau de Nostre Seigneur^ à demy corps,
entourré d'anges, prisé x 1.
235. Item, le portraict du Père Joseph^ garny de sa bordure
dorée, prisée xv 1.
236. Item, ung portraict du roy Charles neuf, sur un fond de
bois, garny de sa bordure, prisé x 1.
237. Item, ung vieux portraict sur un fond de bois, oti est
escript sur la bordure : « Triste et loyal, » prisé c s.
238. Item, le portraict du bienheureux François de Salle,
prisé m 1.
I
EXTRAIT DE L INVENTAIRE APRÈS DÉCÈS DE MATHIEU MOLE. 277
239. Item, deux portraicts du roy Charles neuf et Eli^abeth^
sa femme, garny de leurs bordures, prisez ensemble xii 1.
240. Item, cinquante sept portraicts sur fonds de bois et thoille,
tels quels, prisez ensemble cxiiii 1.
241. Item, ung petit tableau de sainct Bruno à demy corps, sur
bois, garny de sa bordure, prisé vi 1.
242. Item, une teste de madame Louise Carion, aagée de
soixante cinq ans, sans bordure, prisé vi 1.
243 . Item, une teste à fond d'or de Nostre Seigneur du linge
de la Véronique^ garny de sa bordure de poirier, prisé c s.
244. Item, une Vierge les mains joincte, une estoille sur l'es-
paulle, avecq sa bordure, prisée un 1.
245. Item, ung vieux portraict de sainct Pierre^ qui a un
anneau au doigt dont il tient un rouleau de papiers, prisé xx 1.
246. Item, le portraict du roy Louis treize, en son jeune aage,
non achevé, prisé vi 1.
247. Item, le portraict de la Royne^ dans son jeune aage, avecq
les mains, sans bordure, prisé xii I.
248. Item, ung autre portraict du feu roy Louis trei:{e, avecq
sa bordure noire, prisé xii 1.
249. Item, le portraict d'un capucin, son cachet et deux papiers
sur le tapis, avecq sa plate bande de bois de poirier noircy,
prisé VI 1.
2 5o. Item, ung crucifix sur thoille, garny de sa bordure de bois,
avec un filet d'or, prisé vi 1,
25 1. Item, le portraict de feu monsieur le Chancelier de Chi-
vernjr, plus que demy corps, habillé en Chevalier ^, sans bordure,
prisé X 1.
252. Item, ung Christ, les main jointe, sur un fond de bois,
garny de sa bordure de bois painct et doré, prisé viii 1.
253. Item, une Vierge, les main joincte, d'après le Guide,
sans bordure, prisé viii 1.
254. Item, ung crucifix après Michel l'Ange, garny de sa bor-
dure dorée, prisé xri 1.
255. Item, une Vierge donnant à teter à son enffant, avecq sa
bordure marquetée de filet d'or, prisée xx I.
256. Item, le portraict de feu monsieur le cardinal de Riche-
lieu, avecq sa bordure noire, prisée x 1.
I. Certainement de l'Ordre du Saint-Esprit.
278 EXTRAIT DE l'iNVENTAIRE APRÈS DÉCÈS DE MATHIEU MOLE.
257. Item, ung tableau d'abricotz, prunes et raissins, sur cuivre,
garny de sa bordure d'esbeine, prisé vi 1.
2 58. Item, une Nativité sur cuivre, un Dieu le père en hault,
garnye de sa bordure d'esbeine, prisé xii 1.
259. Item, une Vierge sur cuivre, garny de sa bordure noire,
entourrée de fleurs, prisée x 1.
260. Item, vingt portraicts sur toille d'oms illustres, papes et
autres, aucuns d'iceux sans bordure, prisez ensemble xx 1.
261 . Item, ung petit tableau du roy Louis trei\eiesme, sur bois,
entouré d^or, garny de sa plate bande, prisé un 1.
262. Item, ung vieil tableau de sainct Hierosme, sur thoille,
garny de sa bordure noire vi 1.
263. Item, une Magdelaine sur bois, la main sur une teste de
mor, garnye de sa bordure dorée, prisé x I.
264. Item, une Vierge^ une saincte Catherine et sainct
Sebastien en un tableau pain sur thoille, garny de sa bordure
dorée, prisé xx 1.
265. Item, ung grand tableau sur bois d'une Nativité^ garny
d'une vieille bordure, prisé x 1.
266. Item, le portraict de la Rejrne de Suède, avecq sa bordure
dorée, prisé x 1.
267. Item, ung petit tableau d^une Vierge tenant son enffant
qui dort, avecq sa bordure dorée, prisée x 1.
268. Item, deux tableaux, l'un Ecce homo, sur bois, et Fautre
une Vierge, de pareille grandeur, aussy sur bois, dont le derrier
d'iceux est pain de brun, avecq leurs bordures dorée, prisez
ensemble lx 1.
269. Item, deux vieux paisages, l'un sur bois et l'autre sur
thoille, avecq deux figures dedans, et leurs bordures, tels quels,
prisez ensemble viii 1.
270. Item, ung petit sainct François, de broderie et or sur
velour noir, avecq sa bordure de bois noircy, prisé lx s.
27 1 . Item, une Vierge qui tire de son laict à Nostre Seigneur,
garnye de sa bordure dorée, prisée lx 1.
272. Item, une grande Vierge, sur thoille, qui tient Nostre
Seigneur, garny de sa bordure noire, prisée xx 1.
273. Item, ung grand tableau d'une Vierge accompagnée de
sainct Joseph, de saincte Catherine et deux anges, garny d'une
bordure de bois rougy, prisé xxv 1.
EXTRAIT DE L INVENTAIRE APRÈS DECES DE MATHIEU MOLE. 279
274. Item, ung portraict de sainct Mathieu^ un des quatre
évangélistes, sur thoille, et sans bordure, prisé viii 1.
275. Item, le portraict de la feue Reyne mère y sur thoille, sans
bordure, prisé ix 1.
276. Item, ung autre portraict de lad. feue Royne mère, plus
petit, aussy sur thoille, avecq sa bordure noire et filetz d'or,
prisé VI 1,
277. Item, deux portraicts du Rojr et dQ monsieur le duc d'An-
jou, estans jeunes, garnis de leurs plates bandes noires, prisez
ensemble vi 1.
278. Item, le portraict de monsieur le cardinal de la Roche'
/oucault, avecq sa bordure noire, prisé vi 1.
279. Item, trois petits tableaux paintz sur marbres blancs, avecq
leurs bordures noires, prisez ensemble un 1. x s.
280. Item, un portraict de madame la marquise de Mesnelay^
sans bordure, prisé c s.
281. Item, une Vierge quifaict lire son enfant dans un livre
et trois anges au ciel, sur cuivre, avecq sa bordure de bois de
Brésil et esbeyne, prisé xv 1.
282. Item, ung paisage peinct sur cuivre où est despeinct le
petit Tobjre, avecq sa bordure noire, prisée xx 1.
283. Item, un tableau de tapisserie de la Savonnerie où est
représenté Narcisse, avecq sa bordure de bois noir, prisé xii 1.
284. Item, ung autre tableau de paisage, aussy de tapisserie,
avecq sa bordure dorée, prisée xv 1.
285. Item, ung autre tableau de broderie de soie, à fleurs sur
satin blanc, garny de sa bordure dorée et esmaillée, prisé xi 1.
286. Item, ung petit tableau d'un petit fase [faisan?] à l'es-
guille, garny de sa bordure noire, prisé vi 1.
287. Item, ung petit tableau de tapisserie, où est représenté un
vieillard regardant dans un livre, garny de sa bordure dorée,
prisé xviri 1.
288. Item, le portrait du chef de Nostre Seigneur sur le linge
de la Véronique, aussy de tapisserie, avecq sa bordure de bois
doré, prisé xv 1.
289. Item, ung autre tableau de crucifix, de broderie de soye,
garny de sa plate bande noire et d'un rideau de taffetas vert,
prisé L I.
290. Item, ung tableau d'un cocq et une poulie et un poullet
d'Inde, sur thoille, garny de sa bordure dorée^ prisé xv 1.
280 EXTRAIT DE l'iNVENTAIRE APRÈS D^CÈS DE MATHIEU MOLE.
291. Item, ung petit tableau de broderie à fruicts, avecq sa bor-
dure noire, décollée, prisé iri 1.
292. Item, ung petit tableau à pam [à pans?] où est représenté
Nostre Seigneur^ jeune ^ ayant la main sur un monde ^ avecq sa
bordure noire, prisé un 1.
293. Item, une Magdelaine^ en moyen tableau, avecq sa bor-
dure d'or bruny, prisé lx 1.
294. Item, une Vierge dans une couronne à fleurs^ sans bor-
dure, prisé XII 1.
295. Item, ung petit tableau sur bois où est un Christ que
Von mect au tombeau^ avecq sa bordure de bois rouge, prisé c s.
296. Item, un tableau de la charité de sainct Paul, prisé l 1.
297. Item, ung autre où est peinct un panier de fleurs^
prisé L 1.
298. Item, ung Christ couché, prisé xv 1.
299. Item, ung autre Christ^ assis sur un oreiller^ prisé x 1.
300. Item, une Adoration des trois Roys, prisé xxx 1.
3oi . Item, ung petit tableau d'une Vierge qui donne à teter à
son enffant dans une sperspective, prisé xl 1.
302. Item, une Magdelaine qui médite, sur bois, avecq son
châssis doré et argenté, prisé xl I.
303. Item, le portraict de monsieur de la Meilleraye ^ sans
bordure, prisé ix 1.
352. Item, trois petits tableaux, l'un sur cuivre où est depeinct
Nostre Seigneur portant sa croix ^ et l'autre un sainct François,
sur bois, le fonds doré, et le troisiesme une Vierge tenant le petit
Jesus^ mouUé sur une escaille de tortue, avecq leurs châssis, pri-
sez ensemble viri 1.
362. Item, V histoire de Daniel, taillé en bois de buys, avecq
son estuy de cuir noir, doré, doublé de velours rouge, prisé c 1.
377. Item, ung grand tableau d'une Charité^ sur bois, garnye
de son châssis de bois peinct, prisé xv 1.
378. Item, une petite image de la Vierge, de bois, prisée m 1.
JOSEPH CARIS. 201
LE SCULPTEUR JOSEPH CARIS.
LA FONTAINE SAINT-MICHEL A TOULON.
(1780-I782.)
Dans sa réunion du 19 septembre 1780, le Conseil municipal de Toulon
délibéra, à l'unanimité, de faire reconstruire la fontaine située sur le cours
Saint-Michel, et celle de la place de la Halle*, qui menaçaient ruine. Il
décida en même temps d'employer 900 livres pour la première et de 3 à
4,000 livres pour la seconde. Des plans et devis furent dressés, les travaux
de construction de ces deux fontaines devant être mis aux enchères pour être
adjugés à ceux qui feraient les conditions les-plus avantageuses à la commu-
nauté. L'intendant de la province, Mgr de Latour, approuva, dans toute leur
teneur, les délibérations du Conseil 2.
D'après les comptes trésoraires, la dépense totale pour la fontaine Saint-
Michel s'éleva à 2,375 livres 8 sols, dont 1,000 livres pour le prix de la fon-
taine avec la colonne; sur lesquelles 1,000 livres il fut prélevé 3oo livres
payées à Antoine Ollivier, maître tailleur de pierre, qui avait fait le socle, le
piédestal en forme de réservoir, et quatre coquilles. Les 1,375 livres 8 sols
restants servirent au payement de la main-d'œuvre des ouvriers, des pierres
et autres matériaux, et de divers frais d'établissement'.
Caris, en acceptant d'exécuter la fontaine Saint-Michel, avait compté sur
les promesses, fallacieuses, s'il faut l'en croire, à lui faites par l'ingénieur
Sigaud, qui, paraît-il, en traitant avec le sculpteur, l'avait laissé dans l'igno-
rance de la véritable somme allouée par le Conseil et approuvée par l'inten-
dant. Les consuls, s'en rapportant à la somme de 900 livres votée en prin-
cipe, et qu'ils croyaient avoir été acceptée par Caris, allouèrent néanmoins
1,000 livres à ce dernier après avoir prélevé sur cette dernière somme
3oo livres dues au maître tailleur de pierre. Notre malheureux sculpteur ne
reçut donc que 700 livres pour tout son travail, alors qu'il en avait déboursé
presque autant, soit 537 livres 10 sols.
1. La fontaine Saint-Michel n'existe plus, mais celle de la place de la Halle,
exécutée par l'architecte Toscat et le sculpteur Chastel, et qui coûta plus de
6,000 livres, se voit encore. Cette dernière, appelée de nos jours Fontaine
des trois dauphins, est une œuvre d'art assez remarquable. Elle est bien
conservée, seulement il est à craindre que, par suite d'une incurie coupable,
elle soit bientôt ruinée. Depuis plusieurs années elle est envahie, dans son
entier, par des plantes et des arbustes; ces derniers deviendront, en grandis-
sant, les destructeurs du monument.
2. Arch. comm. de Toulon, série DD, 60-61.
3. Arch, comm. de Toulon, série CC, 371 à 376.
382 JOSEPH CARIS,
Lettres du sculpteur Caris au sujet du payement de la fontaine
Saint-Michel.
I.
Aix, le i*' aoust 1782.
Monsieur,
Messieurs vos Consuls m'ayant fait offrir par vos mains sept
cent livres pour le payement de la fontaine que j'ai fait, et ayant
refusé, comme vous savés, de les accepter comme inférieures à sa
valeur, je crois devoir m'adresser à vous pour vous dire que
M. Sigaud, ayant mieux réfléchi sur cet ouvrage, a cru qu'il
devait être porté à un prix plus haut; sa délicatesse cependant l'a
empêché de statuer définitivement sur cet objet, jusqu'à ce qu'il
en eut reçu l'ordre précis de Messieurs vos Consuls.
Veuliés donc, Monsieur, les engager à écrire à M. Sigaud pour
qu'il fixe un prix convenable à mon ouvrage; je l'ai fait sous ses
yeux, il sait le temps que j'ai mis pour le faire, les soins que j'y
ai pris pour le rendre conforme à la beauté du modèle; ces diverses
considérations, Monsieur, me flattent que son prix sera selon la
justice, et que j'aurai lieu de me félicité d'avoir travaillé pour
une ville qui sait apprécier les arts et les récompenser.
J'ai l'honneur d'être avec respect, Monsieur, votre très humble
et très obéissant serviteur,
J* Caris.
II.
A Aix, le i" septembre 1782.
Messieurs,
Lorsque j'ai fait placer la fontaine à la place Saint-Michel, je
remis mon compte, comme vous le savez, à M. Beaudin; depuis
lors, j'ai parlé plusieurs fois à M, Sigaud qu'il devait en fixer le
prix, et il m'a toujours renvoyé au voyage qu'il devait faire dans
votre ville; il en est arrivé depuis peu dans celle-cy, j'ay luy ai
demandé s'il avait fixé la valeur de ladite fontaine, il m'a répondu
froidement qu'il n'en avait pas été question entre vous et luy;
que dois-je penser. Messieurs, de ce silence à l'égard de mon
ouvrage ?
Si M. Sigaud peut avoir quelques raisons pour me faire lan-
guir et retarder mon payement, juste comme vous êtes, je me
JOSEPH CARIS. 283
flatte que vous voudrés bien donner des ordres pour que je sois
payé selon le compte que j'ay donné, ou en ordonner l'estimation
par des artistes juges compétent à cet égard. En attendant le droit
de justice de votre part,
Je suis avec respect, Messieurs, votre très humble et très obéis-
sant serviteur,
J^ Caris.
III.
A Aix, le 8 septembre 1782.
Messieurs,
J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire
le 5 du courant.
Personne ne m'a prévenu de l'intention que vous aviez de ne
dépenser que mille livres pour la fontaine que j'ai faite. M. Sigaud
m'a dit seulement, lors de mon premier voyage à Toulon, que
vous auriez 1,100 1. à dépencer, et que mes frais de voyage me
seraient remboursé. En sus son premier dessein qu'il vous a pré-
senté était effectivement de ce prix, mais il en a fait un second
auquel il a supprimé le méridien projeté, il y a substitué des
guirlandes de fleurs et de fruit, ce qui est infiniment plus long et
plus riche. Lorsque M. Sigaud m'a ditque vous vouliez employer
1,100 1., il a entendu parler des ouvrages que j'avais à faire, non
compris ceux du tailleur de pierre; je n'ai jamais rien dit à ce
dernier à ce sujet, ni encore moins fait aucun traité avec luy.
J'observai à M. Sigaud, lorsqu'il fit le changement du méridien
pour des guirlandes, que ceci faisait une augmentation du prix; il
me répondit qu'il l'entendait de même, que je n'avais qu'à tra-
vailler et qu'il réglerait tout. D'après cette assurance, j'ai mis la
main à l'œuvre, j'y ai donné tous mes soins, vous avés parus en
être satisfait, et pour récompense vous m'offrez aujourd'hui
moitié du prix que l'ouvrage vaut. Si je ne deveis recevoir que
1,000 1., mes journées ne me reviendraient pas à 5 sols; vous
sentes, Messieurs, qu'il n'y aurait pas de la justice; il ne faut pas
que vous surpayés, mais il est juste que je reçoive le juste prix de
ma sueur et de mes talens, quelques médiocres qu'ils soient. Si je
ne craignais pas de trop dire, j'avouerai que je crains que la con-
fiance que vous aviez donné à M. Sigaud ne soit diminuée, et il
ne m'appartient pas d'entrer dans ces raison, mais l'effet de votre
284 JOSEPH CARIS.
mécontentement, si vous en avez, ne doit pas retomber sur moy
qui ai employé de bonne foy mon temps, mes talens et mon
argent pour vous ; j'ose donc espérer de votre justice, et elle est
mon unique ressource, que vous ne permetrés pas que je perde,
et que vous ordonerés que je sois payé au prix que mon
ouvrage vaut.
Je suis avec respect, Messieurs, votre très humble et très obéis-
sant serviteur,
J^ Caris.
IV.
A Aix, le 17 septembre 1782.
Messieurs,
J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrira
le 1 2 du courant. Je vois avec bien du regret que vous avés tou-
jours l'intention de ne me payer que 1,000 1. pour la fontaine
que j'ai faite, j'espérois que ce que j'ai eu Thonneur de vous faire
observer par ma lettre du 8 du courant suffirait pour justifier que
je n'ai jamais sçu que vous ne vouliez dépenser que 1,000 1., que
je n'ai pas traité avec le tailleur de pierre de Toulon pour les
ouvrages qu'il a faits, et que mon ouvrage, puisque vous en êtes
contents, devait être payé à sa juste valeur, quand même vous
auriez dit à M. Sigaud que vous ne vouliez dépenser que i ,000 1.,
s'il m'a fait faire un ouvrage de 1,200 1., le devez vous moins
payer? N'arrive-t-il pas tous les jours qu'un particulier qui veut
faire un édifice fixe à son architecte la somme qu'il veut dépenser;
si le plan de celui-ci occasionne une dépence qui excède ses
limites, est-il moins obligé de payer aux ouvriers le montant de
leurs ouvrages; le particulier qui élèverait une semblable diffi-
culté ne trouverait pas même de deffenseur. Il n'y a peut-être
aucun de vous à qui le cas ne soit arrivé; pourquoi, en corps de
communauté, voudriez-vous me faire une injustice que vous ne
fairiés pas comme particulier.
J'ai l'honneur de vous remettre ci-après la note de mes débour-
sés, que je peux justifier par les quittances que j'ai en mains.
Pierres de la carrière . . . . 36 1. » s.
Plus 56 » r .
Pierres de la démolition du palais. 18 » ' • ■^ •
Pour le faire portez chez moy . i 4
» JOSEPH CARIS. 285
Tailleur de pierre 1 3o "^ )
Plus 14 » ) ^"^
Un exper envoyé à la carrière
pour bien choisir les blocs ... 2 »
Plus le voyage que j'ai fait moi-
même 3 »
Caisse payés au menuisier. . . 36 » 36
Payé pour faire charger la fon-
taine sur la charette d'Aix à Tou-
lon I
Payé au sieur Marc que j'ai em-
ployé dans mon atelier pour tomber
le gros de la pierre 120
Je dois payer au sieur Ollivier de
Toulon, suivant nos accords, pour
achever les congellations de ladite
fontaine 24
Mon voyage à Toulon avec un
sculpteur que j'ai deiîrayé ... 96
537 1. 4 s.
Mon compte remis à M. Beaudin
monte à 1,200 1. Mon travail serait
alors payé à 662 1. 16 s.
1,200 1. » s.
Si sur les 662 1. 16 s. qui me reviennent vous en retranché
200 sur mon mémoire, 3oo pour payer le sieur Ollivier pour le
pied destal, il ne me restera que cy 160 1. 16 s. pour payer le
modèle que j'ai fait qui m'a coûté mon argent en bois et en cire,
un chapiteau que M. Sigaud m'a fait changer lorsqu'il a été fini,
et ma sculpture.
Si vous trouvés, Messieurs, que cela soit juste, je dois croire
que vous êtes dans la bonne foy et que vous ne croyez pas me
faire injustice, mais moi qui suis bien persuadé que je serai lézé,
je vous prie de convenir de deux experts ou amis communs qui
estimeront mon ouvrage, y compris les modèles que j'ai fait, et
le chapiteau qui est devenu inutile, et je vous donne ma parole
que je m'en raporterai à ce qu'ils décideront. Comme je ne dois
pas craindre que vous veuilliez me faire une injustice de propos
286 JOSEPH GA.RIS.
délibéré, j'ose espérer que vous ne me refuserés pas cette voie
honnête de conciliation.
Vous me faites l'honneur de me dire qu'un sculpteur d'Aix a
dit qu'au prix de i,ooo 1., tout compris, il voudrait tous les
jours trouver un pareil ouvrage. Celui-là a lui-même jugé ses
talens, vous en trouveriez tel autre qui serait assez payé de 600 1.;
mais, sans amour propre, je crois que j'ai gagné davantage, la
preuve en est que je m'en raporte à la décision de deux amis
communs capables de dessider.
Je suis avec respect. Messieurs, votre très humble et très obéis-
sant serviteur,
y* Caris.
V.
A Aix, i«'Xi>'« 1782.
Messieurs,
Depuis la lettre que j'ai eu l'honneur de vous écrire le 17 sep-
tembre dernier, qui est demeurée sans réponse, j'ai gardé le
silence, j'ai cru que vous ne vous decideriés que d'après l'estima-
tion que M. Sigaud fairait de mes ouvrages; divers voyages qu'il
a faits et la tenue des États où il a été obligé d'assister ne m'ont
pas permis de solliciter qu'il s'occupa de l'examen de mon compte.
Depuis qu'il est de retour, je l'ai justamment prié de le vérifier,
ce qu'il a fait avec beaucoup d'attention, il a poussé la rigueur
de son examen jusques à s'informer des ouvriers si tout ce que
j'ai passé en compte leur avait réellement été payé; je passe sous
silence tout ce qua de mortifiant pour moy cette meffiance; après
tout il a convenu que mon compte étois porté à sa juste valeur,
et qu'il n'était pas juste d'y rien diminuer, mais que sa place
l'obligeait toujours à faire quelque petit rabais, il a même exigié
que j'y consentisse, je n'ai pas dû devoir lui refuser cette satisfac-
tion, mais je lui ay dit qu'un rabais tout au plus de cent livres
était un sacriffice audelà de mon benefïice, et que j'espérais qu'il
n'en exigerait pas d'avantage. Il m'a promis de vous écrire par le
courrier d'aujourd'hui. J'ose espérer, Messieurs, que sa lettre
mettra fin aux désagrément auxquel je suis exposé depuis long-
temps et que votre réponce sera favorable.
Je suis avec respect. Messieurs, votre très humble et très obéis-
sant serviteur,
J'' Caris.
^Arch. comm. de Toulon, sérk BB, 498-1050, cartoa.)
ÉPITAPHBS DE PEINTRES. 287
ÉPITAPHES DE PEINTRES
RELEVÉES DANS LES CIMETIÈRES DE PARIS ET PUBLIÉES SUIVANT
l'ordre CHRONOLOGIQUE.
PETIT.
CXLI. Petit. — 1878.
Ici — reposent — M. Savinien Petit, — 1816 f 1878. — Regrets
éternels... — Seigneur j'ai aimé la beauté de votre maison — et le lieu
où habite votre gloire. — Ps. XXV. — M™« Savinien Petit, née Pon-
tois, — décédée le 5 juin 1880, à l'âge de 67 ans. — Je crois en un
seul Dieu, père tout-puissant. — J'ai chéri le Seigneur et il exaucera
ma voix suppliante. — Il a écouté ma prière, je l'ai prié tous les jours
de ma vie. Ps. 114. — Regrets éternels de sa nièce.
(Montparnasse, i3« division.)
(A suivre.) H, J-
BIBLIOGRAPHIE.
TuETEY (Alexandre). — Le graveur lorrain François Briot, d'après des
documents inédits, avec un portrait par Ch. Goutzwiller. Paris, Charavay,
1887, in-8*, 38 pages. — Ce travail, qui a paru d'abord dans les Mémoires
de la Société d'émulation de Montbéliard et dont le tirage à part vient d'en-
richir une des collections formées par la Société de l'histoire de l'Art fran-
çais, mérite tout particulièrement l'attention de nos lecteurs, car il apporte
des faits nouveaux et décisifs sur un des points les plus obscurs de l'histoire
de l'art au xvi= siècle. Les seuls points authentiques connus jusqu'ici de la
vie de François Briot, l'auteur de la fameuse aiguière en étain, avaient été
révélés à un des congrès de la Sorbonne par M. Auguste Castan. Seulement,
le savant conservateur de la Bibliothèque de Besançon avait été trop loin en
concluant de la présence de Briot à Montbéliard pendant une vingtaine
d'années, de lôgô à i6i5, que l'artiste était Franc-Comtois et probablement
originaire de Montbéliard. M. Tuetey a repris la question et l'a élargie. On
doit lui savoir gré, à lui comme à la Société de Montbéliard, de s'être incliné
devant l'évidence des faits, sans chercher par de petits artifices à dissimuler
l'importance des documents qui enlèvent à la vieille ville franc-comtoise une
gloire dont elle venaitHi'être récemment dotée. François Briot, potier d'étain,
était originaire de Damblain, en Lorraine. Il le déclare lui-même; or, per-
sonne ne le savait mieux que lui. Il est donc né dans la même ville que
Nicolas Briot, le célèbre graveur de monnaies; il devient donc au moins fort
vraisemblable qu'il existait entre les deux artistes des liens de parenté. Mais
à quel degré étaient-ils parents i C'est ce qu'il est impossible de déterminer
pour le moment. Ajoutons que François, comme Nicolas, était protestant.
En i58o, il s'établit à Montbéliard pour y exercer la profession de potier
d'étain; il y reste jusqu'en 16 16. C'est pendant cette période de trente-six
ans, évidemment la plus féconde de sa vie d'artiste, que M. Tuetey a pu le
suivre pas à pas, dans les archives de Paris et dans celles de Montbéliard.
288 BIBLIOGRAPHIE.
Le mérite de notre artiste lui valut une haute situation officielle. Il eut le
titre et les fonctions de graveur en titre de la maison princière de Mont-
béliard et exécuta plusieurs médailles qui portent sa signature F. B. C'est
très probablement dans sa patrie d'adoption qu'il exécuta l'aiguière et le
bassin célèbres oiî il eut soin de laisser son médaillon comme la plus authen-
tique des marques d'origine. Les pièces publiées par M. Tuetey ne laissent pas
de doutes sur l'identité du potier d'étain et du graveur de médailles. Nous
ne suivrons pas l'auteur dans le détail des actes de toute nature et des pièces
de procédure où il a suivi les traces de son héros. Nous présenterons seule-
ment une observation au sujet du fameux plat qui a fait depuis longtemps la
réputation de Briot. M. Tuetey admet avec M. Bapst « que les belles pièces
de cet artiste avaient préalablement été gravées, comme pour une médaille,
et coulées ensuite dans un moule de métal. » Il est en effet question de
moules de cuivre dans les pièces qui viennent d'être publiées; mais leur exis-
tence n'implique pas que le plat d'étain ait été coulé. Il nous semble qu'une
pièce de cette nature devait être frappée comme une médaille, surtout quand
on employait à sa reproduction un métal aussi malléable que l'étain. De
même pour l'aiguière qui aurait été faite, dans ce cas, en deux ou plusieurs
morceaux séparés, puis soudés. Cette hypothèse trouverait une confirmation
dans ce fait avancé par M. Castan « que François Briot fut le premier à essayer
et à patronner le balancier monétaire inventé par Nicolas Briot. » Un balan-
cier puissant était d'une grande utilité pour frapper des pièces en étain d'une
vaste dimension. L'examen des œuvres originales pourrait seul permettre de
trancher en connaissance de cause la question, qui ne nous paraît pas avoir
été examinée d'assez près jusqu'ici, du mode de fabrication de l'aiguière et
du plat de François Briot. — J.-J. G.
J. HÉDOU. — Jean de Saint-lgny, peintre, sculpteur et graveur rouennais.
Rouen, Auge, 1887, in-8°, 54 pages. — Dans cette notice, parue d'abord dans
le Précis de l'Académie de Rouen, l'auteur s'est inspiré des recherches de
ses devanciers et surtout de la fine et pénétrante étude publiée jadis par M. le
marquis de Chennevières dans le premier volume de ses Peintres provin-
ciaux. Aux faits déjà connus, M. Hédou a su ajouter des découvertes inté-
ressantes présentées sous une forme alerte et spirituelle. Il faut lire surtout les
tribulations du chercheur qui s'est juré de mener à bonne fin le dépouillement
de l'état civil rouennais et qui est obligé de s'arrêter dès les premiers registres
sous peine de perdre la vue à cause des difficultés que présente le déchiffrement
des écritures du xvi' siècle. S'il n'a pas pu découvrir la date de la naissance
de Saint-lgny, notre confrère a été plus heureux pour une autre célébrité
normande, Adrien Sacquespée. Il résulte de la copie d'un acte, déposé chez
un notaire de Caudebec, que l'artiste était né le 17 juillet 1629 et fut mis
en apprentissage par un contrat bien régulier chez François Garnier, maître
peintre à Paris. M. Hédou expose en toute franchise quelques scrupules sug-
gérés par M. de Beaurepaire sur l'identité de cet Adrien Sacquespée. Mais il
ne faut pas exagérer même la prudence, et nous tenons pour bien et dû-
ment acquise à l'histoire la date donnée par l'acte entrevu seulement par
M. Hédou, et dont d'ailleurs la publication est promise en même temps que
celle du contrat d'apprentissage. — J.-J. G.
SCULPTEURS DE LYON. 289
SCULPTEURS DE LYON.
(XVI®, XVII® ET XVIII® SIÈCLES.)
Actes de baptême, de mariage et de sépulture recueillis
par M. Natalis Rondot.
Nous avons écrit en 1884 un essai sur les sculpteurs de Lyon,
et cet essai est compris dans la collection de travaux publiés sous
le patronage de la Société de Phistoire de l'Art français.
Nous avons fait connaître alors les noms de 264 sculpteurs qui
ont travaillé à Lyon du xiv® au xviii* siècle. Les uns étaient nés
à Lyon; les autres étaient originaires d'autres villes de France ou
étaient étrangers. Vingt-deux sculpteurs étaient dans ce dernier
cas, et quatorze de ceux-ci étaient Flamands,
Nous avons découvert depuis lors plusieurs autres sculpteurs.
Pour ne pas retarder la publication des résultats généraux de
nos recherches sur les artistes et les maîtres de métier lyonnais,
nous avons résolu de donner d'abord une notice abrégée de cha-
cun d'eux. Ce sera une autre tâche de mettre plus à profit les
pièces originales qui font connaître les principaux ouvrages de
chaque maître et d'aborder l'étude des monuments.
La quantité des documents que nous avons trouvés dans les
archives et que nous avons transcrits est trop grande pour que
nous puissions en présenter la plus grande partie dans aucun tra-
vail; nous nous proposons d'en donner un certain nombre de
chaque sorte.
On trouvera ci-après des extraits des registres des paroisses de
la ville de Lyon qui se rapportent à des sculpteurs. Ces registres
sont conservés dans les archives communales de Lyon.
Laurent de Saint-Priest.
(..i5i5-i548.)
i. Item, le xxv® (augustus m vc xxxvij — iSSj), fut baptisée
Catherine, fillie de Laurens de Seinct Priet. Parrein (en blanc),
marreyne Catherine Chorelle.
(Extrait du registre des baptêmes faits à l'église Saint-Pierre-le-
Vieux dans les années i532 à i545.)
2. Item, le lundi xiiij® (de janvier mil vc xl — 1540), fut bap-
art fr. IV 19
290 SCULPTEURS DE LYON.
tizé Ambroyse, filz de Laurens Timagier. Parrein (en blanc),
marreynes, Mille famé de Laurens Salade et la famé de Jehan
Voilant. En ce jour tonna bien fort.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Pierre-le- Vieux dans
les années i532 à \b^b.)
Philippe Lalyame.
(..1599-1623.)
3. Le xij« du moys de mars i6o3 fut baptisé Jane, fille à
M« Philippe Laliame^ architecteur à Lyon, et à Adrienne Baron,
ses père et mère. Son parrin a esté M^ Habrahan Bernard^
m« masson audit Lyon ; sa marreyne a esté Jane Le Gras, fille à
mons"" l'ussier Le Gras, et a esté baptisé par moy vicayre.
(Signé :) Cohard.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Pierre-le-Vieux.)
4. Jehan Baptiste, filz de M^ Phillippe Laliame, sculpteur, et
de Adriane Baron, sa femme, a esté baptizé et porté sur les sainctes
fondz de l'esglise Saincte Croix ce second jour du moys de juilliet
mil six centz et quatre, par M^ Laurens Grosbonnet, masson de
ceste ville de Lyon, .et marraine Marguerite Marlain, fille de feu
Claude Marlin, et ce par moy soubzsigné, vicaire de Péglise
Sainte Croix.
(Signé :) J. Rolland.
( Registre des baptêmes faits à l'église Sainte - Croix dans les
années i Sgg à 161 1.)
5. Chaterine, fille de M* Phellippe Laliame^ sculpteur et archi-
tecteur de ceste ville de Lyon, et de Adrienne Baron, sa femme,
a esté baptizé le quatriesme jour du moys de juin mil six centz et
six, et a esté son parrain Paquost Simon, m« orfeuvre de ceste
ville, et marraine Jeanne du Boys, femme de M^ Jehan Moyro,
m^ serreurier à Lyon, et ce par moy commiçaire soubzsigné en
ladicte esglize Sainte Croix, 1606.
(Signé 0 Ploton.
(Registre des baptêmes faits à l'église Sainte -Croix dans les
années iSgg à i6u.*)
6. Marie, fille naturelle de Phillibert Lalyame, m® scrup-
tueur à Lyon, et de Anne de Ceur, a esté baptizée en l'église paro-
chialle Sainte Croix de Lyon, le 3" du mois de juin 161 3. Et a
SCULPTEURS DE LYON. 29 1
esté parrain sieur Nicolas Guillaumont, m^ orfebvre aud. Lyon,
et marraine Anne Carrel, femme de Estienne Mallard, ouvrier en
drap de soye aud. Lyon, et ce par moy soubzsigné, comiçaire en
lad. église.
(Signé :) J. Rolland.
(Registre des baptêmes faits à l'église Sainte -Croix dans les
années 161 1 à 1620.)
7. Le 22^ may (1626), j'ay baptisé Ysabeau, fille de Philibert
Laliame, maistre sculpteur, et de Clère de Belasque. A esté le
parrain honneste Simon Ardoin, maistre sculpteur; marreine,
dame Ysabeau Petit.
(Signé :) Bourdin,
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
1623 à 1626,)
8. Du vingt troisième décembre an que dessus (1628) a esté
baptizée Philiberte Laliame, fille de Philibert (Laliame), et de
Claire de Belasque. Son parrain a esté Bernard Gaj^, maistre
masson ; sa marrine, Philiberte André, par moy sobsigné.
(Signé :) Concorde, prestre.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
1626 à i63o.)
Jean Thierry.
(1609-^1679.)
9. Jehan, filz de Jehan Tierrj, passementier, et de Jehanne de
Reube, sa femme, demeurant en la petite maison Benoist Veisin
de l'Arbresle, baptizéle 8 aoust 1609. Son parrain, Jehan Levrat,
tournier, et marraine, Clauda Cousturier, femme de Barthélémy
Bariot.
( Registre des baptêmes faits à l'église Saint - Saturnin dans les
années 1606 à 16 10.)
10. Le II Juillet (i652), j^ay baptisé Catherine, fille de Jean
Thierry, sculpteur, et de Anne Muguet, sa femme; le parrain,
Pierre Muguet, marchand libraire; marraine, dame Catherine de
Laurens.
(Signé :) Deneuache.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
i65o à i653.)
292 SCULPTEURS DE LYON.
11. Le 25= dudit (juin 1679), à l'esglise, M* Jean Thierry^
sculpteur, M"" Margat. 7 1. 10 s.
(Registre des mariages et des enterrements faits à l'église Saint-
Nizier dans les années 1674 à 1680.)
Voir le n" 44.
Martin Hendricy.
(1614-1662.)
12. Ledict jour (i5 février 1645), j'ay baptizé François, filz de
Martin Hendricy^ m« sculpteur, et de Hélaine Vincent, sa
femme. Parrain, s"" François Pélissier, notaire royal de Saint-
Estienneen Forest; marraine, dame Margueritte Pellissier, vefve
d'Estienne Vincent, vivant marchand audict Saint-Estienne.
(Signé :) J. Benoist.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
1644 à 1647.)
i3. Léonard, fils de s' Martin Hendricy^ m* sculpteur, et de
dame Marguerite Cellier, sa femme, sur les Terreaux. A esté
baptizé ce premier juin mil six centz soixante (1660), et ont esté,
le parrain, s"^ Léonard Cellier, et marreyne, dame Jeane Cousin.
(Signé :) Celier. M. Hendricy. Barrillier, vic=.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Pierre et Saint-Satur-
nin dans les années 1660 à 1667.)
Voir le no 32.
Nicolas BiDAU.
(l622-i-l692.)
14. Ledit jour (27 mars i663), j'ay baptisé Marie, fille de
Nicolas Bidau, sculteur, et de Susanne Simond. Le parein,
M"" François Rembaud^ peintre, et la mareine, dame Marie Bru-
net. Rue Saint-Dominique.
(Signé :) Rambaud. Gris.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
16G1 à 1664.)
i5. Ledit jour (4 novembre 1669), j'ay baptisé Alexandre, né
le 3 du courant, fils de s'' Nicolas Bidau, maistre sculpteur, et de
dame Susane Simon, sa femme. Le parrin, s'iQxir Lucian Abraam,
SCULPTEURS DE LYON. 293
architecte; la marraine, dame Eléonore Job. Rue Saint- Domi-
nique, chez La Fonds.
(Signé ;) A^. Bidau. L. Abraham. Eleonor Job. Froumand.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier.)
16. Adrian, fils de s"" Nicolas Bidault., sculteur du Roy, et de
Suzanne Simon, sa femme, néadvantier auprès de Saint-Clair, a
esté baptisé le dernier septembre mil six cens quatre vingt deux
par moy vicaire soubsigné. Ont estez parrain Adrian Vandel-
cabel, peintre, et marraine demoiselle Jeanne Rambeau, femme
de sieur Claude de Nervo, marchand, qui ont signez.
(Signé :) N. Bidau. Adrian Vander Cabel. Jeanne Rambaud.
Bernerd, vie.
(Registre des baptêmes, des mariages et des enterrements faits à
l'église Saint-Pierre et Saint-Saturnin.)
17. Pierre, fils de s' Nicolas Bidaud., scurteur du Roy, et de
Suzanne Simond, sa femme, née vers Saint-Cler, a esté baptisé le
troisième octobre mil six cens quatre vingt quatre, et ont estez
parrain, s' Pierre Dermais, marchand orfaivre; la marraine.
Fleurie Perrin, femme de s"" Marc Sartre, bourgois, qui ont signez.
(Signé : ) A''. Bidau. Pierre Dermes. Fleurie Perrin. Ber-
nerd, vie®.
(Registre des baptêmes, des mariages et des enterrements faits à
l'église Saint-Pierre et Saint-Saturnin.)
18. Sieur Nicolas Bidaud^ maistre sculpteur, aagé de soixante-
dix ans, décédé hier au quartier de Saint-Clair, dans la maison
de mons"" le trésorier des Champs, a esté inhumé dans l'église de
Saint-Saturnin par moy curé soubsigné, ce 18'' novembre 1692,
et ont assisté au convoi s' Louis Mimerel, aussy sculpteur, et
Adrien Vantrecabel, peintre, qui ont signé.
(Signé :) L. Mimerel. Adrian Vandel Cabel. Chausse, curé.
(Registre des baptêmes, des mariages et des enterrements faits à
l'église Saint- Pierre et Saint-Saturnin.)
Voir le n" 64.
Gilles GiROMOND.
(..1623-1626.)
19. Du mardy lo^ décembre 1624 a esté baptizé Pierre, filz de
Gilles Giromond, tailheur ou sculpteur en bois ou en pierre, et
de Héleyne Fournier, ses père et mère. Parrain, sieur Pierre
294 SCULPTEURS DE LYON.
Lansart, maistre tailheur d^habis audit Lyon, et marraine, dame
Lucia Buffaire. •
(Signé :) PouUeaux.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Paul dans les années
1621 à 1625.)
20. Le mercredy 16 décembre 1626 ont esté baptisez Simon et
Anne, enfans gémeaux de honneste Simon Hardoin^ sculpteur,
et de Marie Lambert, sa femme. Parrain de Simon, Simon
Maupin, ingénieur pour le Roy au gouvernement de Lionnois;
la marraine, damoiselle Rayne Cloquemin. Parrain de Anne,
honneste Guj' Barrier, maistre peintre; sa marraine, damoiselle
Anne de Balme. Demeure à la pile Fabvre.
(Signé :) P. Guilhon.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Paul dans les années
1625 à i63i, et des mariages faits à la même église dans les
années r632 à 1643.)
Voir le n° 7.
Clément Gendre.
(..1626-1648.)
21. Le 19 (mars 1627), j'ay baptisé Pierre, filzde hone homme
Clément Gendre^ graveur, et de Hélène Chavanne, sa femme.
Parrein, hon« homme Pierre Recordon, fondeur ordinaire pour
le Roy en son artilerit de Lyon ; marreine, dame Catherine Béton.
(Signé :) Turquet.
Mercière, viz. le bout du monde.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
1626 à i63o.)
Bernard Sibrecq.
(..i635-fi642.)
Voir le n° 22.
Gérard Sibrecq.
(..1635-1643.)
22. Le 18 dudict (décembre 1637), j'ay baptizé Françoise, fille
de Girard Cibrec, sculpteur, et de Jeanne JuUiot, sa femme.
Parrain, honneste Bernard Cibrec, aussi sculpteur; raarreyne,
honneste Françoise Cointe.
(Signé :) Combet.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
i633 à 1639.)
SCULPTEURS DE LYON. 295
23. Ledit Jour (i8 novembre 1640), j'ay baptizé Marguerite,
fille de s'" Girard Cybret, m" sculpteur à Lyon, et de dame Jeane
Julliot, sa femme. Parrain, sieur Meraud Butavant, m« fondeur,
et la marraine, dame Marguerite Carron.
(Signé :) Aubert.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
1640 à 1643.)
Voir le n° 39.
Mathias Simon.
(..1639-1662.)
24. Ledict jour (3i aoust 1640), j'ay baptizé Susanne, fille de
Mathias Simon, m" sculpteur, et de Marie Brunet, sa femme.
Parrain, Anthoine Jurine, m^ menuisier; marraine, dame
Susanne Carra.
(Signé :) Benoist.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
1640 à 1643.)
Jacques Guillermin.
(..1 640-1 647.)
25. Ledict jour (i5 may 1644), j'ay baptisé Jean Baptiste, fils
de Jaque Guillermin, sculpteur, et de Jeane Cochet, sa femme.
Parrain, Jean Guillermin, sculpteur; marraine, dame Anne
Jeane Gain.
(Signé :) Peccoult.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
1644 à 1647.)
Voir le n° 29.
Antoine Coyzevox.
(i64o-î-i72o.)
26. Le 29 septembre 1640, j'ay baptizé Anthoine, fils de Pierre
Quoj^^eveau, maistre menuisier, et à Ysabeau Morel, sa famme.
Parrain, sieur Anthoine Biaise, notaire à Lyon; marraine, Clau-
dine Bonardel, famme à Georges Jomard, boucher à Saint-Just.
(Signé :) Biaise. P. Benoist, vicaire.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
1640 à 1643.)
2g6 SCULPTEURS DE LYON.
Marin Duhuan.
, (.. 1 641- 1648.)
27. Ledit jour (11 aoust 1641), j'ay baptisé Gaspard, filz de
Marin Duhuan^ sculpteur, et de Catherine Gabouret, sa femme.
Parrain, sieur Gaspard Leroy, escuyer^ marraine, damoiselle
Marie Magdelaine Leroy.
(Signé :) Deneuache.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
1640 à 1643.)
Jean-Baptiste Guillermin.
(..1641-11699.)
28. Ledict jour (4 février 1646), j'ay baptizé Claudine, fille de
Jean Guilhermin, m" sculpteur, et de Anthoinete Chritin, sa
famé. Parrain, Jean Chrittin, m''^ sculpteur; marraine, Claudine
Chrittin.
(Signé :) J. Benoist.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
1644 à 1647.)
29. Le dimenche i3 du présent mois de janvier (1647), j'ay
baptisé Jacques, filz de Jean Guillermin^ maistre sculpteur, et de
Antoinette Crétin Bavon, sa femme. Parrain, Jacque Guillermin^
aussy maistre sculpteur; marraine, Antoinette Griot.
(Signé :) Jacque Guillermin. Pacour.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
1644 à 1647.)
30. Ledit jour (8 février 1648), j'ay baptisé Nicolas, filz de
Jean Guillermin, m® sculpteur, et de Anthoinette Cryten , sa
femme. Le parrain, sieur Nicolas Jaquin, m^ sculpteur; mar-
raine, Claudine Guillermin.
(Signé :) Deneuache.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
1647 ^ i65o.)
Voir le n" 25,
Jean Chrittin.
(..1644-1646.)
Voir le n" 28,
SCULPTEURS DE LYON. 297
Jean Vanier.
(..1 644-1 654.)
3i, Ledit Jour (14 avril i65o), j'ay baptisé Claude, filsde sieur
Jean Vagnyer^ maistre sculpteur, et de Marguerite Brun, sa
femme. Le parrain, sieur Claude Chanau, maistre masson;
marraine, dame Jeane Robert. Place Confort, asne qui raille.
(Signé :) Jeann Robert. Deneuache.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
1647 â i65o.)
François Jacquin.
(..1646-1666.)
32. L'an i65 r et le 12 février, j'ay baptisé Anne, fille de Fran-
çois Jaquin, sculpteur, et de Catherine Balif, sa femme. Parrain,
sieur Martin Hendricy^ m""^ sculpteur; marraine, Anne Poisat.
(Signé :) Lacour.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
i65o à i653.)
33. Ledit jour (3o mai i658), j'ay baptisé Anthoine, fils de
sieur François Jacquin^ sculpteur, et de Catherine Bailly, sa
femme. Parrain, sieur Anthoine Jacquin^ sculpteur; marraine,
dame Claudine Majard.
(Signé :) Anthoine Jacquin. Prost.
(Registre des baptêmes faits à l'église Samt-Nizier dans les années
1657 à 1661.)
Voir le n° 43.
Georges Humbert.
(..1646- 1674.)
34. Ledit jour (r5 septembre 1666), j'ay baptisé Marie, née
le i4dudit, fille de George Humbert^ maistre sculpteur, et de
Françoise Faudoge, sa femme. Le parrain, Catelin Noël, ouvrier
en fert blanc ; la marraine, dame Marie Genevay, sa grand'mère.
(Signé :) Prost. C. Neel.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
i665 à 1667.)
Nicolas Jacquin.
(..1648-1658.)
Voir les n°* 3o, 36 et 40.
298 SCULPTEURS DE LYON.
Guillaume Coyzevox.
(1652-1678.)
35. Le 19e (juin i652), j'ay baptisé Guillaume, fils de Pferre
Coiseveau, m" menuisier, et d'Ysabeau Morel, sa femme. Par-
rain, s' Guillaume Perrier, m'® peintre; marraine, damoiselle
Marie Bonvalot.
(Signé :) Perrier. Marion Bonuallot. Prost.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
i65o à i653.)
Voir le n" 52.
Antoine Jacquin.
(..i656-i666.)
36. Ledit jour (25 septembre 1657), j'ay baptisé Nicolas, fils de
sieur Anthoyne Jacquin, sculpteur, et de dame Barthélemie Dan-
thon, sa femme. Le parrain, s\q,\iv Nicolas Jacquin, de ladite pro-
fession ; sa marraine, Claudine Ogier.
(Signé :) Nicolas Jacquin. Clémenson.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
lôSy à 1661.)
37. Ledit jour (20 novembre i658), j'ay baptisé Germain, fils
de sieur Anthoine Jacquin, maistre sculpteur, et de Barthélemye
Danton, sa femme. Parrain, sieur Germain Audrain, graveur en
taille douce; marraine, dame Marie Jacquin.
(Signé :) Germain Audran. Marie Jacquin. Prost.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
1657 à 1661.)
38. Ledit jour (2 novembre i665), j'ay baptisé Léonor, née le
premier iour du courant, fille de sieur Antoine Jaquin, maistre
sculpteur, et de Barthélemie Danton, sa feme. Le parrin, sieur
Gabriel Duturbet, peintre; la marrine, Léonor Comba.
(Signé :) Gabriel Destourbet. Léonor Conba. Froumand.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
i665 à 1667.)
Voir le n" 33.
François Coustou.
i
(..I657-I689.)
Claudine Coy:{evox, sa femme.
39. Ledit jour (28 février i638), j'ay baptizé Claudine, fille à
SCULPTEURS DE LYON. 29g
Pierre Coiseveau, m« menuysier, et de Ysabeau Morel, sa femme ;
parrain, Girard Sibrecq^ m^ sculpteur; marreine, Claudine
Nicaud.
(Signé :) Aubert.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
i633 à 1639.)
Voir les n"* 5 1 et 52.
Nicolas CousTOu.
(i658-i-i733.) ■
40, Ledit jour (9 janvier i658), j'ay baptisé Nicolas, fils de
François Coustou, menuisier, et de Claudine Coiseveau, sa femme.
Parrain, s"" Nicolas Jacquin, doreur; marraine, dame Ysabeau
Françoise Gey.
(Signé :) Nicolas Jacquin. Prost.
(Registre des baptêmes faits à Saint-Nizier.)
Marc Chabry.
(..i66o-fi"727.)
41, Magdeleine, fille de Marc Chabry, maistre sculpteur, et
de Marie Blampignon, sa femme, aagée d'un ans, decedé hier sur
les Terraux, maison de M'' Mimerel^ a esté inhumé dans Saint-
Saturnin par moy, vicaire soubsigné, le premier de décembre 1689,
en présence Joaquin Blampignion, père de laditte femme, Pierre
Entier, marchand cinturier, qui ont signés.
(Signé :) J. Blampignon. P. Antier. L. Mimerel. Eustace, uic.
(Registre des baptêmes, des mariages et des sépultures faits à l'église
Saint-Pierre en i68g.)
42, Elisabet, fille naturelle et légitime de Marc Chabry y sculp-
teur à Lyon, et de Marie Blanpignon, les père et mère, a esté
baptisée par moy, vicaire soubsigné, ce i8* septembre 1693, estant
née le iour précédent; son parrain, s' Jean Andry, marchand
bourgeois à Paris, et marraine, damoiselle Elisabet Blanpignon,
fille de feu s'" Joachim Blanpignon, marchand et maistre orphèvre
audit Lyon, en présence des tesmoins soubsignez.
(Signé :) Andry. Eslisabet. Marc Chabry. P. Aubier. Theue-
nard. L. Carre. Pinet, vicaire.
(Registre des baptêmes, des mariages et des sépultures faits à l'église
Sainte-Croix dans les années 1692 à 1695.)
3 00 SCULPTEURS DE LYON.
Claude Chapuy.
(..i665-i668.)
43. Le premier Janvier 1666, i'ay baptisé Magdelaine, née le
3 1 décembre dernier, fille de Claude Chapuy, maistre sculpteur,
et de Françoise Jaquin, sa femme. Le parrin, François Jaquin,
maistre sculpteur; la marrine, Magdelaine Vougin.
(Signé :) François Jacquin. Magdeleine Uosgin. Froumand.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
t665 à 1667.)
Jean Thierry.
(1669-1-1739.)
44. Ledit jour (5 juin 1669), j'ay baptisé Jean, né hier, fils de
Jean Thierry, sculpteur, et Anne Huguet, sa femme. Parrein,
sieur Jean Trouslieur, maistre chirurgien; marreine, Jeanne
Matillon, vefve d'Estienne Clément, marchant.
(Signé :)Jean Thierjr. A. Rouvieres. Jeanne Mathillion. Jobart,
vicaire.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
1667 à 1669.)
45. Le lundy vingtunième décembre mil sept cent trente neuf
(1739) a esté inhumé à la grande procession dans un tombeau de
cette église, par moy Prévost, curé soussigné, sieur Jean Thyerry,
sculpteur ordinaire des roys de France et d'Espagne et ancien pro-
fesseur de TAcadémie Royale de peintures et de sculpture et bour-
geois de Lyon, âgé d'environ soixante et dix ans, décédé hier,
après avoir receu l'absolution et le sacrement d'extrême onction,
laditte inhumation faitte en présence de sieur Pacot Thierry, mar-
chand fabricant, petit neveu du deffunt, de sieur Paul Guillot,
maître sculpteur, bourgeois de Lyon, neveu par alliance, et de
sieur Antoine Cottier, marchand maître teinturier et bourgeois de
Lyon, tous trois héritiers du deffunt, qui ont signés le présent acte.
(Signé :) Pacot Thierry. Guillot. A. Cottier fils. Borde. Arlin.
François Sumas. Cottier... Rochefort Preuot, curé.
(Registre des baptêmes, des mariages et des enterrements faits à
l'église Saint-Martin-d'Ainay dans les années 1737 à T739.)
Voir le n° 6 1 .
SCULPTEURS DE LYON. 3oi
Michel Meysieu.
(..1 670-1 684.)
46. Ledit jour (i3 juin i683), j'ay baptisé Henry, né aujour-
d'hui, fils de sieur Michel Meysieu^ maistre sculpteur, et de Clau-
dine Oger, sa femme. Parrain, sieur Henry Meysieu^ dudit art;
marraine, Jeanne Meysieu, fille de sieur Michel Meysieu.
(Signé :) Henry Meysieu. Jeanne Mezxieu. Michel Mey:{ieu.
Poulliet, vicaire.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
1682 à 1684.)
Claude Paillet.
(. .1671-1684.)
47. David, fils naturel et légitime de Claude Pallet, sculpteur
à Lyon, et de Luce Guillon, les père et mère, a esté baptisé par
moy vicaire en Pesglise Sainte-Croix ce 25® avril 1687 ; son par-
rain, honneste David Ducret, manellier de l'esglise collégiale de
Saint-Nizier, et marraine, Anthoinette Monet, femme de Gilbert
Ardiat (?), marchand quinqualleur audit Lyon.
(Signé :) Ducret. Paillet. Penchât. Pinet, vicaire.
(Registre des baptêmes faits à l'église Sainte-Croix dans les années
1680 à (690.)
Benoît Amequin.
(. .1672-1690.)
48. Ledit jour (21 janvier 1773), j'ay donné la bénédiction
nuptiale à Benoist Amequin^ maistre sculpteur, et à Catherine
Fourneau, habitans de la paroisse, ledit Amequin de la Platière
avec remize et ladite Fourneau de ceste paroisse, en présence de
Michel Fourneau, son père, et de sieur Louis Rondet, marchand.
(Signé :) Benoist Amequin. G. Journeau. M. Fourneau. L.
Rondet. Margat.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
1668 à 1682.)
49. Le onsiesme dudit mois (février 168 3), j'ay baptisé Damien,
né le 9^ dudit, filz de sieur Benoist Amequin, sculpteur et minui-
sier, et de Catherine Fornosa, sa femme. Parrain, sieur Damien
V
3 02 SCULPTEURS DE LYON.
Chevalier, procureur ; marraine, damoiselle Marie de Nuisière,
femme de François Valton, bourgeois de Lyon.
(Signé :) Benoist Amequin. Cheuâlier. Marie de Nuisieres, Ber-
trand, vicaire.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
1682 à 1684.)
Etienne Pradel.
{. .1673-1778,)
5o. Le dixhuictieme novembre 1673, j'ay donné la bénédiction
nuptiale à Estienne Pradel^ sculpteur, et Françoise Bramereau,
en présence de Antoine Bramereau, père de laditte, et Suange (?)
Berger, beau-frère dudit Pradel, et de Fleury Gayet, cousin de
l'espouze.
(Signé :) Etienne Pradel. A. Bramereau. Fleuris Gayet. Frou-
mand, vicaire.
Contrat receu par Fauvjon le premier novembre 1673.
(Registre des mariages faits à l'église Saint-Nizier en lôjS.)
Guillaume Coustou.
(i677-fi746.)
5i. Ledit jour (1" mai 1677), j'ay ondoyé le fils né le 25*'d'avril
dernier de François Coustoud^ m*" menuisier, et de Claudine
CoisVaud, sa femme, avec permission de M. le grand vicaire.
(Signé :) Boion, vicaire. F. Coustou.
(Registre des baptêmes faits à l'église Sainte-Croix dans les années
1676 et 1677.)
52. Ledit jour (29 novembre 1677), j'ay appliqué les saintes
onctions de baptesme et donné le nom à Guillaume., né et ondoyé
le premier du mois de may dernier par moy vicaire soussigné,
fils de François Coustoud, menuisier, et de Claudine Coizevaud,
sa femme. Parrain, Guillaume Coizevaud, sculpteur; mareine,
Benoitte Bourdy, fille à Guillaume.
(Signé :) F. Coustou. G. Coisevaux. Benoitte Bourdict. Boion.
(Registre des baptêmes faits à l'église Sainte-Croix.)
Claude Le Morel.
(..1679-1684.)
Voir le n" 56.
SCULPTEURS DE LYON. 3o3
Nicolas Chrestien.
{..I68I-1690.)
53. Ledit jour (29 novembre 1682), j'ay baptisé Jean, né aujour-
d'hui, fils de Nicolas Chrestien^ maistre sculpteur, et de Magde-
laine Jacquin, sa femme. Parrain, sieur Jean Emery^ maistre
sculpteur; marraine, Jeanne Vialon, femme de François Buyet,
tireur d'or.
(Signé :) Jaune Viallon. Leyssard, vicaire. Jean Esmery.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
1682 à 1684.)
Voir le n" 60.
Simon Guillaume.
(..1681-1703.)
54. Ledit jour (20 août i683), j'ay baptisé Pierre Bernard, né
aujourd'hui, fils de sieur Simon Guillaume^ maistre sculpteur, et
de Marguerite Constance Pozon, sa femme. Parrain, ûtMV Pierre
Isenard, sculpteur; marraine, damoiselle Marie Bidaud, fille de
sieur Nicolas Bidaud, aussy sculpteur.
(Signé :) P. Isnard. Marie Bido. Guillaume. Leyssard, vicaire.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
1682 à 1684.)
55. Ledit jour (ii may 1689), j'ay baptisé Aymé, né aujour-
d'huy, fils de sieur Simon Guillaume, sculpteur, et de Marguerite
Constance Pojon, sa femme. Parrain, sieur Ajrmé Degérando,
architecte; marraine, dame Fleurie Perrin, veuve de sieur Marc
Satre, bourgeois.
(Signé :) Degerando. Fleurie Perrin. Guillaume. Leyssard.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
1689 à 1691.)
Marc Desasse.
(..i68i-i683.)
56. Ledit jour (i5 mai i683), j'ay baptisé Claude, né le 23*
dudit, fils de Mar^c Desasse, sculpteur, et de Anne Peyrard, sa
femme. Parrain, sieur Claude Morel, maistre sculpteur et doreur;
marraine, Louise Dubuisson, veuve de sieur Nicolas Eustace,
bourgeois.
(Signé :) C. Lemorel. Marc Desasse. Leyssard, vicaire.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
1682 à 1684.)
304 SCULPTEURS DE LYON.
Jacques Vevelet.
(..1682-1683.)
57. Ledit jour (22 août i683), j'ay baptisé Gabriel, né hier, filz
de Jacques Vevelet (ou Veveut) dit de Laune, sculpteur, et de
Fleurie Pacalon, sa femme. Parrain, Gabriel Taconet, minuisier ;
marraine, damoiselle Susanne, fille Jacques Savarin, aussy maistre
minuisier.
(Signé :) J. de Laune. Gabriel Taconet. Sauarin. Bertrand,
vicaire,
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
1682 à 1684.)
Gabriel Régnier.
(..1682-1684.)
58. Ledit jour (i" avril i683), j'ay baptisé Jean, né aujourd'hui,
fils de Gabriel Régnier^ sculpteur, et de Marie Jacquin, sa femme.
Parrain, Jean Guillet, maistre gantier; marraine, Jeanne Bertaud,
femme de Martin Lemelletier, peintre.
(Signé :) Régnier. J, Guillet, Leyssard, vicaire.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
1682 à 1684.)
Voir le n° 63.
Voir le n" 46.
Henri Meysieu.
(..1682-1685.)
Michel NovEL.
(..1682-1689.)
59. Ledit jour (25 octobre 1682), j"'ay baptisé Jeanne, née
aujourd'huy, fille de sieur Michel Nouvel, maistre sculpteur, et
de Philiberte Sauny, sa femme. Parrain, sieur Pierre Fumas,
maistre taillieur d'habit; marraine, damoiselle Anne Velu, femme
de sieur Anthoine Mollin.
(Signé :) Pierre Fumas. Velu. Michel Nouel. Foulliet, vicaire.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
1682 à 1684.)
60. Le vintsisiesme iour du mois d'octobre 168 3, j'ay baptisé
Louyse, née hier, fille de Michel Nouvel, maistre sculpteur, et de
Susanne Miège, sa femme. Parrain, sieur Nicolas Chrestien,
SCULPTEURS DE LYON. 3o5
menuysier et sculteur; marraine, Louyse Guérard, famme de
Charles Marnas.
(Signé :) Michel Nouel. Nicolas Chrestîen. Louyse Gayral.
Poulliet.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
1682 à 1684.)
Pierre Garnaud.
(. .1682-1690.)
61. Le neuvième jour du mois de juillet 1684, j'ay donné la
bénédiction nuptiale à Pierre Garnault , sculpteur, fils de feu
Pierre Garnault, marchant de Poitiers, et à Françoise Thierry,
fille de feu Jean Thierry^ maistre sculpteur de cette ville, et ce
en suitte de la dispense de deux bans signée Morange, vicaire géné-
ral, et en présence de sieur Gaspard Arlin^ sculpteur, de Joseph
Fournier, tourneur, et de sieur Jean Devert, libraire, et M""^ Jean
Claude Hébert, prêtre habitué de cette église.
(Signé :) P. Garnau. Françoisse Taierris. G. Arlin. J. de Vers.
P. Caimont. Leyssard.
(Registre des mariages faits à l'église Saint-Nizier dans les années
1681 à 1692.)
Pierre Isnard.
(..1682-1693.)
Voir le n^ 54.
Jean Émery.
(..1682-1698.)
62. Le 7 (novembre 1690) a esté baptisée Antoinette, née le 7,
fille de Jacques Emerit , sculpteur, et de Catherine Rosset, sa
femme. Parrain, Gaspard Arlin, va^ sculpteur.
(Signé :) Gaspard Arlin. Jacques Esmerjy.
(Registre des baptêmes, des mariages et des sépultures faits à l'église
Saint-Nizier dans les années 1689 à 1691.)
Voir le n° 53.
François Girin.
(. .1682-1706.)
63. Ledit jour (i*"" novembre 1682), j'ay baptisé Gabriel, né
hyer, filz de François Girain, maître sculpteur à Lyon, et de
Marie Jacquin, sa femme. Parrain, sieur Gabriel Reigner, maistre
art fr. IV 20
3o6 SCULPTEURS DE LYON.
sculpteur; marraine, Bénigne Jacquin, femme de Pierre Lamou-
reux. Rue Neuve, au Cocq d'or.
(Signé :) Régnier. Bénigne Jacquin. F. Girin. Bertrand.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
1682 à 1684.)
Etienne Breton.
(..i683-i685.)
64. Ledit jour (29 janvier i685), j^ay baptisé Suzanne, née hier,
fille de Estienne Breton^ maistre sculpteur, et de Perrette Egret,
sa femme. Parrain, Richard Charmetton, peintre; marraine,
Suzanne Simon, femme de sieur Nicolas Bidaud, maistre sculp-
teur.
(Signé :) Leyssard, vicaire. R. Charmetton. Estienne Breton.
Susan Simon.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier dans les années
1682 à 1684.)
Gaspard Arlin.
(..1683-1691.)
Voir les n"' 61, 62 et 66.
Louis MlMEREL.
(..1688-1696.)
Voir les n"^ 18 et 40.
François Bazin.
(..1 704-1 708.)
65. Sieur François Ba^in, maistre sculpteur, demeurant dans
la ville de Mâcon, originaire de Paris, comme il conste par son
acte baptistaire signé Le Fer et plus bas légalizé par M"" Lenor-
mand, grand-vicaire de Mgr de Paris, deuement controllé, et
espoux advenir, d'une part ; et damoiselle Mari« Jossan, fille natu-
relle et légitime de Benoist Jossand et de defîuncte Jeanne Martin,
habitant de Dargoire, authorisée par sondict père, ainsy que l'on
assuré deux de ses cousins-germains, Tépouse advenir, d'autre
part; lesquelles parties, après avoir esté publiées au lieu de Lan-
tigné, diocèse de Mâcon, dans lequel ledict espoux a dict demeu-
rer despuis dix années, et ladicte damoiselle despuis quatre années,
ainsy que l'on attesté les parens de ladicte espouse, les publica-
tions deuement controllées et mises en bonne forme, au bas des-
quelles est le consentement, permission et remise du sieur Pera-
SCULPTEURS DE LYON. 3o^
chon, curé dudict Lantignié, de luy signé en datte du cinquiesme
du présent, qui leur laisse la faculté de se marier où il leur plaira,
et ayant esté spécialement choisy par messire Roger de Damas de
Marillac, grand-vicaire de Monseigneur de Lyon, par son ordre
verbal, et ayant esté dispensé de domicilie aussy par ledict sei-
gneur grand-vicaire, attendu Testablissement qu'ils viennent
prendre dans ladicte ville, Je soubsigné, prebstre et vicaire de
Téglise parroissiale Sainte-Croix de Lyon en ladicte qualitté, ay
imparty la bénédiction nuptialle et le sacrement de mariage au
sieur François Bazin et demoiselle Marie Jossan, n'ayant recog-
neu aucun empeschement, dans ladicte église le vingt deuziesme
jour de novembre mil sept cent quatre (1704), en présence de
sieur Chrestien Roter, peintre à Lyon, de sieur Jean Champe-
nois, conseiller du Roy et substitut de son procureur en Teslec-
tion de Lyon, de sieur Jean Nérondat, marchand maistre apothi-
quaire, demeurant à Saint- Symphorien-le-Château, et sieur Aymé
Martin, maistre ciergier à Lyon, lesdicts sieurs Martin, Néron-
dat et Champenois, parens de la dicte épouse, qui ont signés avec
l'espoux et l'espouse.
(Signé :) François Ba\in. Marie Jossan, Champenois. Chritan
Rotter. J. Nérondat. Madegne Jossan. Martin.
Cath® Vachet. Potier, vicaire.
(Registre des baptêmes, des mariages et des sépultures faits à l'église
Sainte-Croix dans les années 1701 à 1704.)
Jean Arlin.
(..1706-1708.)
66. Ledit (26 avril 1708), j'ay baptisé Louis, né auiourd'huy,
fils de Jean Arlin, m« sculpteur, et de Claudine Obry, sa femme.
Parrain, Louis Novel, dudit art; marraine, Catherine Arlin, fille
de deffunt Gaspard Arlin, dudit art.
(Signé :) Arlin. Louis Nouel. J. Arlin. Petit, uic.
(Registre des baptêmes, des mariages et des sépultures faits à l'église
Saint-Nizier en 1708.)
Louis Dublot.
(. .1707-1708.)
67. Louis Dublot, sculpteur, fils de Louis Dublot, laboureur
de Mousselle, diocèse de Paris, et de Geneviefve Bled, sa femme,
se marie, le 3i janvier 1708, avec Marie Evrard, fille de Claude
Evrard, marchand de Tournus...
3o8 SCULPTEURS DE LYON.
Présents : Simon Vacher, sculpteur.
(Signé :) Simon Vacher. Louis Duhlot.
(Registre des baptêmes, des mariages et des sépultures faits à l'église
Saint-Nizier en 1708.)
Claude Fayttan.
(..1707-1708.)
68. Ledit (29 février 1708), j^ay baptisé François, né hier, fils
de Claude Fetan, sculpteur, et de Jeanne Rouillier, sa femme.
Parrain, François Chanal, m« ouvrier en soye; marraine, Louise
Naville, femme de Cathelin Poyet, dudit art.
(Signé :) Fayttan. F. Chanal. Petit, uic.
(Registre des baptêmes, des mariages et des sépultures faits à l'église
Saint-Nizier en 1708.)
Simon Vacher.
(. .1708-1712.)
Voir le n° 67.
Voir le n^ 45.
Paul GUILLOT.
(..1737-1739.)
Nicolas-Moïse Muriau.
(..1746-1748.)
69. Ledit (26 avril 1748), j'ay baptisé Marie, née de ce jour,
fille de Nicolas-Moyse Muriau., sculpteur, et de Anne Suchet,
son épouse. Le parrain, Pierre Chantre, boussetier, et la marraine,
Marie Bonne main, fille illitérée de ce enquise.
(Signé :) Muriau. P. Chantre. Salaise, vie*.
(Registre des baptêmes faits à l'église Saint-Nizier en 1748.)
Alexis Fauconnet.
(..1749-1751.)
70. Le vingt quatre aoust mil sept cent cinquante un, je sous-
signé, vicaire, ay baptisé Estiennette, née aujourd'huy du mariage
à' Alexis Fauconnet ^ sculpteur, et de Margueritte Margouzet, ses
père et mère; son parrain a été François Girard, m* menuisier, et
la marraine, Estiennette Margouzet, épouse de Jacque Grillet,
colporteur, qui ont signés, avec le père cy présent ont été témoins.
(Signé :) Alexis Fauconnet. Girard. Fede. Crepin Greppo.
(Registre des baptêmes, des mariages et des sépultures faits à l'église
Saint- Pierre-le- Vieux dans les. années 1751 à i75g.)
TABLEAUX FRANÇAIS A QUEBEC. Sog
Clément Jayet.
(.. 1762-1770.)
71. Dorothée, née d'hier, fille de sieur Clément Jayet, sculp-
teur de l'Académie de peinture et de sculpture, et de Magdeleine
Drojat, son épouse, a esté baptisée par moi vicaire soussigné le
vingt-quatre septembre (1770). Le parrain a esté sieur Camille
Drojat, ayeul maternel de l'enfant, et la marraine, Dorothée
Gayet, épouse du susdit sieur Drojat, ayeule maternelle de l'enfant,
qui ont signé avec le père.
(Signé :) Clément Jayet. Drojat. Caterine Drojat Drojat
Gayet. Marquet, vicaire.
(Registre des baptêmes, des mariages et des enterrements faits à
l'église Saint-Martin d'Ainay dans les années 1768 à 1770.)
TABLEAUX FRANÇAIS A QUEBEC.
En i852, l'un de mes camarades de jeunesse, Jules de Longpré,
d'une ancienne famille française, devenue américaine par suite de
la révolte de Saint-Domingue, m'envoyait la note suivante, qui
pourrait fournir un chapitre à V Inventaire général des richesses
(Vart de la France. Longpré venait de visiter le Canada avec son
ami M. Henry de Saint-Georges, fils du fondateur de Chicago,
et, passant par Québec, il avait, en bon souvenir de moi, qu'il
savait curieux des œuvres de nos artistes nationaux, noté ce qu'il
avait rencontré là des peintures de la mère patrie, si chère encore
aux Canadiens,
« Principaux tableaux du Couvent des Ursulines de Québec
(on y trouve aussi le tombeau du marquis de Montcalm, tué à la
bataille des Plaines d'Abraham, le i3 septembre 1759) : Notre
Sauveur montrant son cœur aux Religieuses, par Le Sueur. — Le
rachat des chrétiens capturés par les Algériens, de Restout. — La
communion de saint Jérôme; copie du Dominiquin. — Jésus-
Christ se mettant à table chez Simon , par Champagne. — La
pêche miraculeuse, par de Dieu. — Le portrait de notre Sauveur
prêchant, par Champagne.
a Dans la Chapelle du Séminaire : Jésus-Christ et la Samari-
taine au puits, par Lagrenée. — Le portrait de notre Sauveur sur
3lO TABLEAUX FRANÇAIS A QUEBEC.
la croix, par Monet. — Les religieux de la Thébaïde, par Guillot (?).
— Terreur de saint Jérôme à la vision du jour du Jugement der-
nier, par (VHullin. — L'Ascension de Jésus-Christ, par Cham-
pagne. — La fuite de Joseph en Egypte, par Vanloo. — Deux
anges, par Le Brun. — Le jour de la Pentecôte, par Champagne.
— Saint Jérôme écrivant, par le même.
« A Y Hôtel-Dieu : la Nativité, par Stella. — La Vierge et
l'Enfant Jésus, par Coypel. — La vision de sainte Thérèse, par
Menageot. — Méditation de saint Bruno, par Le Sueur. — Le
martyre de deux prêtres, par Brébœuf (?).
« A la Cathédrale : une descente de croix, par Van Djyck. —
L'apôtre Paul, par Carlo Maratti. — La naissance du Christ,
par Annibal Carrache. — Le jour de la Pentecôte, par Vignon.
a Voilà, mon cher Chennevières, ajoutait Longpré, ma petite
récolte en pays soi-disant sauvage. Je vous la donne avec cette
naïveté du plus pur des Yankees; on m'a dit croye\ et j'ai cru.
Homme civilisé! je crains bien qu'il n'en soit pas de même pour
vous »
Je crois, moi, que mon ami avait tort de se tant défier des noms
qui lui avaient été dits là-bas. Il ne nous répugne nullement de
penser que la France avait envoyé à Québec, pour la décoration
des églises et chapelles de la plus belle et de la plus française de
ses colonies, des tableaux d'artistes alors très renommés, tels que
Restout, Vanloo, Coj^pel, d'Ulin, Lagrenée, Menageot ^ Monnet ,
l'élève de Restout; ou ceux de la génération antérieure : Cham-
paigne, Vignon^ Stella, Le Brun, Ant. Dieu. Le a Sacré Cœur »
de Le Sueur est peut-être un peu douteux. Je ne reconnais pas
bien les noms de Guillot et de Brébœuf, mais quoi d'impossible
à ce que des gouverneurs du Canada, d'une générosité telle que
celle des Montcalm, chez qui le goût le plus magnifique des arts
montrait encore, il y a à peine un demi-siècle, leur vaste hôtel de
Montpellier rempli des plus rares merveilles de la peinture, aient
cru devoir enrichir les monuments religieux de leur capitale cana-
dienne de quelques tableaux de Van Dyck, de Carlo Maratti et
ai' Annibal Carrache! Donc je tiens comme très probables et même
comme très sûres la plupart des curieuses attributions rapportées
de Québec par mon ami Jules de Longpré.
Ph. DE Chennevières.
AUTOGRAPHES DE SCULPTEURS. 3 I I
AUTOGRAPHES DE SCULPTEURS.
COMMANDES, CONTRATS, QUITTANCES, ANECDOTES, NOTES BIOGRAPHIQUES.
ROGER, MAZELINE, PASQUIER, FLAMEN , LESPINGOLA,
CHABRY, ARCIS, ROUBILLAC, PIGALLE, PAJOU, DU VIVIER,
MONOT, LE MOT, ROLAND, CANOVA, DU PAT Y, AN DRIEU,
NANTEUIL, ROMAN, PETITOT, JALEY, P RADIER, CAR-
PEAUX, TUBY, JOUVENET, GIRARDON, CHAUDET, CHI-
NA RD, GATTEAUX, SI M ART, RUDE, CLE SINGER, MAR-
CELLO, DUBOIS, BOUCHARDON, DE BAY, CORTOT.
Cinq cents lettres d'artistes ! Quel trésor à rendre envieux
l'homme le plus modéré ! Quelle source de renseignements pour
récrivain d'art ! Ce portefeuille hors de pair, ouvert devant nous
par M. Etienne Charavay, sera prochainement dispersé au vent
des enchères ^ Et les curieux et les historiens ne sauront où se
reprendre pour obtenir une signature, une date, une anecdote, un
contrat dont la tranquille possession les eût faits heureux pendant
toute une vie ! Car l'autographe a cela de singulier qu'il est aimé
d'abord pour lui-même et ensuite pour ce qu'il raconte. Une lettre
de PrucThon^ fût-ce une lettre banale, est recherchée à l'égal d'un
croquis. Somme toute, l'un et l'autre ne sont-ils pas sortis de la
main du maître? Pendant quelques secondes n'ont-ils pas occupé
sa pensée? A travers ces lignes incorrectes, tracées à la hâte, ne
découvrons -nous point le rêve de l'auteur, ses larmes ou son
sourire?
Si tel est le charme d'un simple billet, quel ne doit pas être
l'attrait d'une lettre importante, datée, signée, renfermant un fait
ignoré? Ce n'est plus seulement l'amateur qui la convoite, c'est le
philosophe, le critique, l'homme du livre, car le témoignage inat-
tendu d'un autographe inédit 'équivaut à une révélation d'outre-
tombe. Une pareille pièce est un document.
Soit, mais nous nous souvenons du mot de M™^ de Sévigné
qui, parlant d'elle-même, écrivait : « 11 y a beaucoup de landes
dans mes lettres, avant que de trouver la prairie, » Cette parole
appelle la réflexion. Elle est un jugement applicable non pas aux
seuls écrits de M""' de Sévigné, mais à ceux de tous les épistoliers.
La lettre admet l'abandon, les digressions, le détail, les riens
I. Vente des 7 et 8 novembre 1887.
3 12 AUTOGRAPHES DE SCULPTEURS.
charmants de la causerie à deux; la lettre exclut le plan préconçu,
elle a peur de toute méthode, de toute tradition. Elle est une forme
ailée, fugitive, donnée, pour un jour, à la pensée. « Il est impos-
sible de dire quels sont les éléments du style épistolaire : les autres
genres ont des règles, celui-là n'a que des secrets. » C'est Victor
Hugo qui s'exprime de la 'sorte. Eh bien ! les a landes » de M"® de
Sévigné, les « secrets » dont parle le poète, faits pour enlever à la
lettre le caractère de sévérité, de concision qui conviennent au
document, sont moins visibles dans les lettres d'artistes que dans
les autographes de littérateurs. L'artiste n'écrit qu'à son corps
défendant. La plume n'est pas son outil, aussi lorsqu'il la prend
n'est-ce point, comme tant d'autres, par désœuvrement, mais parce
qu'un devoir s'impose à lui, devoir pénible dont il s'acquitte avec
rapidité.
Toutefois, il faut encore distinguer parmi les artistes. Le peintre
écrit plus volontiers que le sculpteur, le musicien se montre moins
avare de ses lettres que l'architecte. Nous pourrions expliquer ces
faits par des considérations de plus d'un genre, mais ce n'est pas
le lieu de nous livrer à un pareil exposé. Nous venons de dire que
les sculpteurs écrivent peu. La conséquence de cette disposition
d'esprit est que les autographes de sculpteurs ont toujours ou
presque toujours une valeur documentaire. Nous l'avons maintes
fois constaté. La riche collection que M. Charavay doit mettre en
vente dans quelques jours démontrera, croyons-nous, la justesse
de notre dire. Environ soixante autographes de statuaires seront
adjugés par les soins du commissaire-priseur, M® Maurice Delestre,
à la salle Drouot. Or, c'est à peine si sur ce nombre de lettres
authentiques on peut relever çà et là quelques pages sans impor-
tance. Tout le reste a son utilité, son attrait, quelquefois son prix
exceptionnel.
N'avons- nous pas vu dans cet amas de choses rares le reçu de
deux cents livres donné, le i5 juin 1671, par Léonard Roger sur
les deux figures qu'il exécute pour le château de Versailles? Une
pièce de Pierre Ma:{eline porte la date du 6 mai 1672. François
Pasquier travaille à la grande Galerie. en 1679 et reçoit le 17 no-
vembre de cette même année un acompte de trois cents livres sur
ses sculptures. Anselme Flamen, le père, sculpte sa statue de
Cyparisse en 1688, sur laquelle il reçoit, le 6 août, un paiement
de trois cents livres. Le i5 octobre 1691, c'est François Lespin-
gola qui vient d'achever le dessin des panneaux intérieurs de la
AUTOGRAPHES DE SCULPTEURS. 3l3
grande voûte du dôme de l'église des Invalides, pour lesquels il
reçoit cent vingt-deux livres trois sols deux deniers.
Marc Chabry nous appelle à Gênes, d'où il date, le 9 décembre
1714, une longue lettre de six pages in-folio, relative aux marbres
qu'il est allé choisir pour les travaux de la Couronne. Nous
suivons Marc Arcis à Toulouse où, le 12 mai 1721, il passe
un traité pour l'exécution d'un grand bas-relief destiné au maître-
autel de Téglise des Révérends Pères Augustins et devant repré-
senter Saint Augustin en extase soutenu par des anges adoles-
cents. Le prix de cet ouvrage est fixé à ySo livres. Jean-François
Roubillac, né à Lyon en 1695 et qui vécut en Angleterre depuis
1735 Jusqu'à sa mort, écrit de Londres, le 2 septembre 1758,
qu'il ne pourra livrer avant six semaines le buste qu'on attend
de lui. Quel est ce buste? Peut-être celui du docteur Ricardo
Frewen, aujourd'hui placé dans la bibliothèque de Christ Church,
à Oxford. Il est vrai, ce travail est signé et il porte le millésime
M DCC LVII, mais Roubillac, qui devait mourir en 1762, ne
paraît pas avoir sculpté de buste après celui de Ricardo Frewen.
Pigalle n'a pas su évaluer les dépenses du tombeau du maré-
chal de Saxe à leur chiffre exact. Il se voit obligé de réclamer un
supplément d'honoraires. On paraît disposé à l'entendre et, le
II juin 1770, il prie quelqu'un des Bâtiments d'envoyer chez
lui le marbrier du Roi, le seul homme qui soit en mesure de
faire l'estimation que l'on semble désirer. Le 14 octobre 1778,
Pajou mande à d'Angiviller qu'il attend le marbre qu'on lui a
promis pour entreprendre la statue de Bossuet. Quelques mois
plus tard, le 23 août 1779, l'artiste discute avec le même person-
nage le prix des travaux de sculpture de la salle de spectacle
de Versailles. Benjamin Duvivier, le ly novembre 1781, passe
avec le bureau des six corps des marchands de Paris le traité relatif
à l'exécution de la médaille commémorative de la naissance du
premier Dauphin. La statue de Duquesne, par Martin-Claude
Monot., est l'objet d'un acompte de mille livres le i*"" février 1790.
François-Frédéric Lemot a restauré la statue de la Liberté érigée
sur la place de la Concorde, et touche de ce chef, le 9 vendémiaire
an VII, une somme de six cents livres.
Le sculpteur Roland s'engage, le 4 janvier 1806, à faire en
marbre le buste de Tronchet, de grandeur naturelle, en costume
de sénateur, moyennant quatre mille francs. Ce n'est plus une
lettre, c'est tout un dossier qu'il nous faut lire sur la statue
3 14 AUTOGRAPHES DE SCULPTEURS.
équestre de Napoléon T", que Canova se propose d'exécuter à
Naples. Il écrit à Jean-Baptiste Wicar^ et quelles confidences
imprévues Canova fait à son ami sur la pose qu'il médite de don-
ner au conquérant, sur les meilleurs antiques dont il va s'inspi-
rer! Les dates extrêmes de cette correspondance sont le 28 novembre
1807 et le 1 3 décembre 1814. De Rome, le i5 septembre 1810,
Charles Dupaty écrit à M""^ Mionnet qu'il termine sa statue
de Vénus. Il dit vrai. Le marbre est aujourd'hui au Jardin des
Plantes, dans la salle des Nids, et nous y avons relevé la signa-
ture « G. Dupaty. Romae, i 810, » en pendant à l'inscription légè-
rement ambitieuse « Alma parens rerum. » Bertrand Andrieu,
le 10 mai 181 1, perçoit sept mille cinq cents francs pour l'exécu-
tion de la grande médaille des Prix décennaux.
Le 24 avril 1828, le sculpteur Jean-Baptiste- Louis Roman
donne quittance de huit cent trente-trois francs pour le buste en
marbre de Girodet. Ce ne peut être là qu'un solde de compte.
Charles-François Lebœuf, dit Nanteuil, exécute en 1827 deux
statues destinées à la décoration de la grille du château de Saint-
Cloud. Six mille francs lui sont dus. Il en reçoit le tiers le
22 février. Cest un premier paiement de quatre mille francs que
perçoit Lemaire, le 20 avril 1839, sur le bas-relief de la colonne
de Boulogne représentant la Première distribution des croix de
la Légion d'honneur; c'est une lettre de Petitot concernant les
statues qu'il exécute en 1845 pour le pont des Saints-Pères; c'est
Jaley qui annonce, le 17 février 1848, la commande qu'on lui a
faite de la statue du général d'Hautpoul pour la ville de Gaillac;
ce sont dix-neuf lettres de Pradier à Charles Blanc, écrites en 1 848
et en 1849, ^^ sujet de ses sculptures des Invalides, du buste de
Lemot y son maître, de celui du Prince Président, d'une statue de
Belzunce, du couronnement de TArc-de-rÉtoile; c'est Carpeaux
qui, le 6 janvier 1867, ne peut livrer le buste du Prince impérial
faute de cinq cents francs que lui réclame son praticien !
Mais cette nomenclature ressemble à un feuillet détaché de
quelque livre de caisse. Trop de chiffres. L'arithmétique manque
d'attrait. N'avons-nous donc découvert que des quittances ou des
traites dans les lettres d'artistes obligeamment ouvertes devant
nous par M. Charavay? Quoi ! pas une anecdote, pas un trait qui
laisse pénétrer le maître! Tout aux œuvres, rien pour l'homme!
C'est trop peu.
Détrompez- vous ! Si nous écrivions un article humouristique
AUTOGRAPHES DE SCULPTEURS. 3l5
sur les statuaires, nous pourrions puiser au hasard dans les lettres
dont nous parlons tous les éléments d'une causerie.
Voici, par exemple, Jean-Baptiste Tuby qui loue, le 7 mars
1675, au peintre Jean Lemojyne une portion de maison sise à
Paris, rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur. Le 24 novembre i683,
le sculpteur Noël Jouvenet règle le constructeur d'un demi-pavil-
lon qu'il s'est fait élever en la ville de Versailles, « sur une place
qu'il a plu au Roi de lui donner. » Girardon possède un immeuble
à Paris, quai de l'Horloge, et il le donne à bail au joaillier Leva-
cher, moyennant douze cents livres par an. Lemota. d'autres inté-
rêts en Jeu. Il est victime d'un vol de la part d'un confrère, le
sculpteur Portail. Nous sommes en l'an VIII. Portail a dérobé la
tigure d'Hébé, sculptée par Lemot. Le bruit s'est répandu que
Portail, qui n'a point de scrupules, vend à Lyon des reproduc-
tions de VHébé. Lemot informe son compatriote Chinard de ces
faits délictueux, afin que celui-ci, qui réside à Lyon, constate, s'il
se peut, la fraude et permette d'arrêter le voleur. Le 2 5 messidor
an XI, Chaudet écrit à Vaudojrer une lettre touchante où il le
remercie de s'être intéressé à son état de santé et où il s'inquiète de
la souscription ouverte en faveur de David Le Roy. Que parlions-
nous de Chinard, il n'y a qu'un instant! Voici une page de lui,
datée de Lyon, i5 mai 1808, dans laquelle il entretient un ami
de son projet de vendre des marbres qu'il possède à Carrare, son
parti étant pris de ne jamais retourner en Italie où il a essuyé trop
de mécomptes ! Edouard Gatteaux s'adresse au comte de Cha-
brol le 5 décembre 18 18, — il n'a que trente ans, — et sollicite le
titre de graveur de la ville de Paris. En 1840, Simart achève sa
figure d'Oreste, il l'écrit à Ingres, son maître, en des termes qui
nous le montrent prenant cette attitude « inclinée et charmante »
dont a si bien parlé Beulé. Rude écrit en i85i au curé deChâtil-
lon et lui trace un plan de décoration du maître-autel de son église.
Clésinger, pour un jour, croit être Michel-Ange et sollicite du
Préfet de police l'honneur de l'entretenir des vastes conceptions
dont il est l'auteur! En 1862, Marcello, la duchesse Colonna,
fait hommage à l'Empereur d'une statuette de sa composition.
Plus près de nous, le 25 mai 1876, M. Paul Dm^ow entretient un
écrivain d'art de ses essais de gravure d'après son propre tableau
Mes enfants.
Si curieuses que soient ces lettres, elles n'éclairent cependant
qu'un point de la vie de leurs auteurs. Bouchardon, écrivant
3l6 LOUIS DAVID.
de Rome en 1732 au duc d'Antin, est plus explicite. Les détails
qu'il donne sur son séjour en Italie, sur les ouvrages qui Poc-
cupent feront rechercher son autographe. Plus précieux encore est
celui de Jean-Baptiste-Joseph De Bay du 22 mars 1822, dans
lequel l'artiste raconte sa vie de luttes, de joies, de travail. Mais
cette page est-elle comparable à la correspondance de Cortot, datée
de Rome, de 18 10 à 181 8, et adressée à Drolling? Ce n'est plus
seulement un artiste qui est en scène, ce sont Caillouette Qt Rude^
Blondel et Heim, Langlois et Ingres^ Petitot et Pradier. Il y a
là en germe un chapitre d'histoire. Cortot n'est sans doute pas un
maître incontesté, mais les hommes dont il parle, les événements
qu'il traverse, les ouvrages qu'il prépare, ses impressions per-
sonnelles en face des chefs-d'œuvre de Rome constituent un
ensemble de documents qu'un homme à l'esprit délié saura mettre
en œuvre.
Et nous n'avons pas même nommé dans cette étude rapide Dela-
croix, Géricault, Louis David, Courbet, Decamps, les Vernet,
Quentin de la Tour et maint autre ! Mais le moyen de tout dire
en quatre pages, lorsqu'on se trouve en face de plusieurs volumes
inédits et curieux!
Henry Jouin.
LOUIS DAVID
PEINTRE DU GOUVERNEMENT, PAR ARRÊTÉ DES CONSULS.
Nous extrayons du Journal de Paris, 8 ventôse an VIII (27 février 1800),
la lettre suivante qui, pour n'être pas absolument inédite, n'en demeure pas
moins très ignorée et presque introuvable dans le recueil où son auteur l'a
fait insérer.
J.-J. G.
Aux rédacteurs du Journal.
Citoyens, plusieurs journaux ont annoncé, il y a déjà quelques
jours, que j'avois été nommé, par arrêté des Consuls, peintre du
gouvernement. Ils ont dit la vérité, et j'ai même reçu l'extrait des
registres des délibérations qui m'annonce ma nomination. Mais
ce qu'ils n'ont pu dire, c'est qu'aussitôt la réception de cet arrêté,
je me transportai chez le Ministre de l'intérieur, chargé par le
second article de proposer les attributions de cette place, pour le
prier de ne point s'en occuper, de vouloir bien, au contraire, rece-
GROS. 3 1 7
voir mes remerciements et ma démission d'une place qui ne
paroissoit devoir être profitable qu'à moi seul, et nullement à Fart
et aux artistes, objets uniques de ma sollicitude.
Salut et considération.
David,
Membre de l'Institut.
P.-S. Veuillez bien, citoyens, en faire part au public, en insé-
rant la présente dans le plus prochain n" pour qu'à l'avenir les
personnes qui me croiroient en place ne m'adressent plus leurs
demandes.
GROS.
GRAVURE DU TABLEAU LA PESTE DE JAFFA.
a Je reconnais avoir reçu le tableau représentant l'Hôpital de
Jaffa, envoyé à mon atelier par Monsieur le Directeur des Gobe-
lins, d'après l'autorisation que j'en avais conjointement à lui à
l'effet d'y être dessiné et gravé.
« Paris, ce 7 février 18 14.
« Gros. »
On discute quelquefois pour savoir quel nom il convient de donner à un
tableau; il semble d'après le reçu qui précède que le tableau de Gro* devrait
s'appeler l'Hôpital de Jaffa et non autrement.
Gerspach.
EPITAPHES DE PEINTRES
RELEVÉES DANS LES CIMETIÈRES DE PARIS ET PUBLIÉES SUIVANT
l'ordre CHRONOLOGIQUE.
VrOLLET-LE-DUC, GOSSE, DUMAS, DAUBIGNY, FAURE, DURAND-BRAGER,
COUTURE, JACQUEMART, ROGER, DENANT, LACOSTE-BRUNNER, GEN-
DRON, BEZARD, BARON, JADIN , DORÉ, ROSLIN, BALZE , RICQUIER,
CABASSON.
CXLII. Viollet-le-Duc. — 1878.
Famille Girard — et Adolphe — Viollet-le-Duc. — Ici reposent :
— Alexis-François Girard, — artiste graveur, — né le 8 X^re 1787,
décédé le 17 janvier 1870. — Etienne-Adolphe Viollet-le-Duc — pay-
sagiste et homme de lettres, — né à Paris, le 28 novembre 1817, —
3l8 EPITAPHES DE PEINTRES.
mort le (3 mars 1878. — M">e Girard, née Bathilde Louise — Mar-
guerite Marthelot, — le 12 avril 1784, décédée le 8 mars 1861. —
Philippine Hélène Laure — Girard, née Guigniaut, — 27 mai i833
f 27 avril i883.
(Montparnasse, i'« division.)
CXLIII. Gosse. — 1878.
La première — au — rendez-vous. — M'' Gosse — Nicolas L* F°'%
— peintre d'histoire, — officier — de la Légion d'honneur, — décédé
le 9 février — 1878, — à Soncourt (H^e.Marne), — dans sa gi™^ année.
— Priez pour lui. — Madame Gosse, — née — Cécile Eugénie Pru-
dence— Lucquin, — décédée le 3o octobre — i858. — Priez pour elle.
(Montparnasse, 12^ division.) '
CXLIV. Dumas. — 1878.
Victor Dumas, artiste peintre, — né le 5 X^re i83i, décédé le
i5 7bre 1878. — Emile Dumas, — né le 14 mai i836, décédé le
22 mai 1844. — Jacques Dumas, — né le 8 juin 1797, décédé le
22 gbre i856.
(Montmartre, 3i« division.)
CXLV. Daubigny, — 1 878.
Charles-François — Daubigny, — né à Paris, le i5 février 1817,
— mort à Paris, le 19 fév" (878.
(Père-Lachaise, 24^ division.)
CXLVL Faure. — 1879.
Ici repose Louis Faure, — artiste peintre, — décédé le 22 décembre
1879, — à l'âge de 94 ans. — Regretté — de ses enfants adoptifs —
et de tous ses amis. Priez pour lui.
GXLVIL Durand-Brager. — 1879 <.
Famille Durand Brager.
(Père-Lachaise, 31^ division.)
CXLVin. Couture. — 1879.
Thomas Couture, — 181 6-1 879.
Sur une banderole tenue par un Génie, à gauche, on lit : Les Deux
promises, — Pijfferaro, — Saint Rieul, — La Courtisane, — Le Juge
endormi, — Le Trouvère, — Le Fauconnier, — La Décadence des
Romains, — Horace et Lydie, — L'Amour de l'or, — Le... Poète,—
... Haine.
Un autre Génie, à droite, tient une banderole où est gravé : Pierrot
à la police correctionnelle, — Pifferaro, — L'Enfant prodigue, —
I. 3 mai.
ÉPITAPHES DE PEINTRES. Sig
Le Réaliste, — Grande Chapelle de Saint-Eustache, — La Prière du
soir^ — La Nostalgie, — Les Volontaires de lygz.
(Père-Lachaise, 4^ division.)
GXLIX. Jacquemart. — 1880.
Jules Jacquemart, — peintre et graveur, — 1 837-1880. — Albert
Jacquemart, — homme de lettres, — 1808-1875.
(Père-Lachaise, 68^ division.)
CL. Roger. — 1880.
Roger — Adolphe, — peintre d'histoire, — 1800- 1880.
(Père-Lachaise, 42^ division.)
CLL Denant. — 1880.
A la mémoire — de — Louis-Pierre Denant, — artiste peintre, —
décédé à l'âge de 84 ans, — le 4 septembre 1880.
(Montparnasse, 7^ division.)
CLIL Lacoste-Brunner. — 1881.
Henri Lacoste-Brunner, — artiste peintre, — 43 ans, — décédé le
27 mars 1881.
A la mémoire — de — M"»* Joséphine Brunner, — née — le 8 août
181 1, — décédée — le 23 février 1869.
Joséphine Demur, veuve Lacoste, — femme Brunner, — décédée
le 23 février 1869.
(Montparnasse, io« division.)
CLIIL Gendron. — 1881.
Ici repose — Jules-Ernest-Auguste Gendron, — peintre d'histoire,
— chevalier de la Légion d'honneur, — décédé à Paris le 12 juillet
1881, — dans sa 63" année. — Celui qui croit en moi vivra éternelle-
ment. — (Saint Jean, chap. xi.)
(Père-Lachaise, 3i« division.)
CLIV. Bezard. — 1881.
Be^ard — Jean-Louis, — artiste peintre, — chevalier — de la
Légion d'honneur, — 1 799-1 881.
(Montparnasse, 3« division.)
CLV. Baron. — 1882.
Stéphane Baron, — artiste peintre.
(Montparnasse, 26^ division.)
CLVL Jadin. — 1882,
Louis-Godefroy Jadin, artiste peintre, — chevalier de la Légion
d'honneur, — né le 3o juin i8o5, décédé le 24 juin 1882. — Louis-
Emmanuel Jadin, comp'' de musique, — ex-gouverneur des Pages de
la Musique du Roi, — né le 22 7bre 1768, décédé le 11 avril i853,
320 EPITAPHES DE PEINTRES.
— dans sa 86« année. — Anne-Antoine Jadin, née Hamel, — décédée
le 7 mars 1846, dans sa 22* année. — Justine-Louise Baron, son
épouse, — qui ne lui survécut que 2 jours^, après 60 ans de ménage,
— née le 8 mars 1772, décédée le 14 avril i853, dans sa 8i<= année.
(Montmartre, io« et i3* divisions.)
GLVII. Doré. — i883.
Ici reposent — Louis-Auguste-Gustave Doré, — décédé le 23 jan-
vier i883, à l'âge de 5i ans. — Marie-Anne-Alexandrine Doré, née
Pluchart, — décédée le i5 mars 1881, à l'âge de 74 ans.
(Père-Lachaise, 22» division.)
CLVIII. Roslin. — i883.
Face antérieure : Emma Roslin. — Face postérieure : Emma Ros-
lin, née Blanche^, — artiste peintre, — morte le 12 juillet i883.
(Père-Lachaise, 22^ division.)
CLIX. Balze. — 18843.
Paul- Jean- Etienne Bal^e, — peintre d'histoire, — chevalier de la
Légion d'honneur, — décédé à Paris, à l'âge de 68 ans.
A notre bon père — Georges-Joseph Balze, — décédé le ( 7 novembre
1847.
(Montparnasse, 10^ division.)
CLX. Ricquier. — 1884.
Louis-Jean-François Ricquier, — peintre d'histoire, — membre de
l'Institut — des Beaux-Arts des Pays-Bas, — né à Anvers le 17 août
1792, — décédé à Paris le 18 avril 1884. — Ici repose M'»e Ricquier,
•— née M. -G. -T. Van Brée — à Anvers (Belgique) — le aS avril 1783,
— décédée à Paris le 26 avril 1847.
(Montmartre, 32^ division.)
GLXI. Cabasson. — 1884.
M. G.-A. Harang-Cabasson , — né à Rouen, f 11 juin 1884. —
Mme G.-A. Harang-Cabasson, — née E.-D. Mainot, — f i^r décembre
1879.
(Montparnasse, i'^ division.)
H. J.
1. C'est ( trois jours » qu'il eût fallu dire, si les dates inscrites ici sont
exactes.
2. Emma Blanche, femme Roslin, mariée vers 1862 ou i863 à M. C. Ros-
lin, ancien officier de marine, peintre lui-même et descendant de Roslin,
dit le Suédois, peintre d'un réel talent (Suppl. du Catalogue du Musée d'Aix,
1877, pages 3o-3i.)
3. 24 mars.
ARNOULD FERRAND. 321
LE PEINTRE TOURANGEAU ARNOULD FERRAND.
(1601-1622.)
Dans une liasse de notes prises jadis au courant de mes lectures,
je trouve une fiche, malheureusement incomplète quant au titre
de l'ouvrage d'où elle fut extraite ; mais, comme elle contient le
nom d'un peintre dont je ne rencontre mention dans aucun livre
à ma disposition, je viens l'inscrire dans la Revue.
La source originale est un registre ou un compte des recettes et
dépenses de l'église paroissiale de Ligré, village du département
d'Indre-et-Loire, situé à deux lieues de Ghinon.
Le conseil de la fabrique, après avoir porté parmi les dépenses
afférentes aux années 1601-1602 les sommes payées à divers pour
la réfection du tabernacle, qui semble avoir été de dimensions
considérables, et pour la réparation de l'autel principal, ajoute
qu'il a été
« Payé à Arnould Ferrand, paintre, pour avoir paint le devant
dndict tabernacle et baillé les vitres d'iceluy x 1. »
Puis, en 1609-16 10, on lit qu'il a été acheté
« Trois esses de sapin quy ont servy à faire la figure du cruci-
fix, de la Nostredame et de M"" Sainct Jehan, suivant marché faict
avec le painctre pour paindre les dictes figures
« Avoir faict paindre deuant l'hautel de M"" Sainct Jacques, xl s.
« Au paintre pour avoir paint le drap mortuel xxxv s. »
En 16 17-16 18, ce dernier peint le ciel du maître-autel, et, en
1621-1622, deux chandeliers, ceux-ci au prix de vi s.
Bien que le nom du peintre qui exécuta ces travaux variés, les
uns besognes de tâcheron, les autres œuvres d'artiste, ne soit men-
tionné qu'une seule fois, il est probable que pour tous il s'agit
d' Arnould Ferrand. De même que la plupart des maîtres peintres
de son époque, il faisait tout ce qui concernait sa partie; mais on
peut croire qu'il ne manquait pas d'un certain talent original,
lorsque l'on constate à quels prix élevés certains de ses travaux sont
cotés et rémunérés.
V.-J. Vaillant.
ART FR. IV 2t
322 TULIÉ, CHENU, BAILLET, SCULPTEURS, ETC.
TULIÉ, CHENU, BAILLET, SCULPTEURS; JULIEN DE
HONGRIE, CHARLES ERRARD, J.-B. DE CHAMPAGNE,
PEINTRES; LOUIS ROCHER, ARCHITECTE.
(1666-1689.)
Communication de M. E. Coyecque.
16 août 1666.
Charles Turpin, chanoine de Paris, préposé à l'intendance de la
fondation de Gabrielle de Dorée, baronne pour moitié de Tour en
Champagne, met en apprentissage Jean Charrie, fils d'Etienne Char-
lier, menuisier, et de Barbe Carouillet, né à Paris, paroisse Saint-
Louis-en-l'Ile , pauvre enfant de la Trinité, âgé de seize ans, chez
Lamoralle Tulié, maître sculpteur, demeurant rue Grenéta, qui l'ac-
cepte moyennant 1 5o 1. t.
(Archives de M= Delafon, notaire à Paris. Fonds de l'Hôtel-Dieu, lay. 20.)
20 juillet 1Ô67.
Mise en apprentissage pour six ans de Louis Bornet, pauvre enfant
de la Pitié, âgé de treize ans, fils de feu Claude Bornet, gagne-denier,
et de Anne Fricher, chez Jacques Chenu, maître sculpteur, rue de la
Tisseranderie.
(Ibidem, ibid.)
3 août 1667.
Julien de Hongrie, peintre, rue de la Petite-Corroierie, et Mar-
guerite de Hongrie, veuve de Jean Dumas, maître peintre et sculp-
teur, demeurant avec Julien, son frère, donnent à l'hospice des Incu-
rables, contre une rente viagère de 5oo livres : i" une maison, rue de
la Petite-Corroierie, où est pour enseigne, contre le mur, la petite
image de la sainte Vierge ; ^° une rente de 66 1. i3 s. 4 d. t.; 3» cinq
arpents et demi, quatre perches et un quart de terre à HouUecourt,
lieux dits l'Épée-du-Moine, le Champ-Cornu, l'eauradde, les Marais.
(Ibidem. Fonds des Incurables, lay. 48.)
ler décembre 1673.
Donation par Charles Errard, peintre et architecte ordinaire du
Roi et Recteur de TAcadémie royale de peinture, sculpture et archi-
tecture, demeurant aux Galeries du Louvre, à l'hospice des Incu-
rables de 20,000 1. contre 2,000 de rente viagère.
(Ibidem, ibid., lay. 48.}
27 février 1675.
Donation par Charles Errard, peintre et architecte ordinaire du
TULIÉ, CHENU, BAILLET, SCULPTEURS, ETC. 323
Roi et recteur de l'Académie royale de peinture, sculpture et archi-
tecture, demeurant aux Galeries du Louvre, à l'hospice des Incurables
d' « une place close de murs, seize à Saint-Germain des Prez, faisant
l'encoigneure de la grande rue du Bacq et de Saint-Dominicque, con-
tenant plus de six vingtz toises en superficie en la censive de la
mense abbatialle dud. Sainct-Germain des Prés audict sieur donna-
teur apartenant, scavoir un tiers comme donataire de feue damoiselle
Marie de la Ru, sa femme, par le contract de mariage passé par-devant
de Beauvais et Remond, notaires, le xxv® mars M Vie LI, et les deux
autres tiers au moyen de la vente qui luy en a esté faicte par Marie
Roze, veuve Bordin, comm™ de la marine, par contract passé par-
devant Pain et led. de Beauvais, notaires, le quinze may mil six cens
soixante trois ; cette donnation faicte à la charge desdicts cens et
droicts seigneuriaux, pour l'advenir seuUement, et outre à la reserve
que faict ledict sieur donnateur de six cens livres de pention, sa vie
durant... »
27 février 1675.
Donation par Charles Errard à l'hospice des Incurables de 24,000 1.,
à la réserve de 2,400 1. de rente viagère, sans préjudice des 2,000 1.
de même qualité à lui dues par les Incurables, en vertu du contrat du
1er décembre 1673.
(Ibidem, ibid., lay. 49.)
17 février 1679.
Jean-Baptiste de Champagne, peintre ordinaire des Bâtiments du
Roi, demeurant Ile-Notre-Dame, quai d'Orléans, se constitue caution
solidaire du sieur Lemaitre, demeurant au Cloître-Notre-Dame, qui a
donné à l'Hôtel-Dieu une maison, rue Neuve-Saint-Louis, contre
700 1. de rente viagère.
(Ibidem. Fonds de l'Hôtel-Dieu, lay. 26.)
17 novembre 1679.
François Aube ^ maître peintre, à Paris, rue Mazarine, âgé de
soixante-neuf ans cinq mois, « comme il résulte de son extrait bap-
tistaire tiré des registres de la parroisse Saint-Sulpice, contenant qu'il
y a esté baptisé le xxn juin M VI* dix, » donne à l'Hôtel-Dieu 1,700 1.
contre 200 de rente viagère.
(Ibidem, ibid.)
17 juillet 1680.
Don du même au même de 1,800 1. contre 100 de rente viagère.
(Ibidem, ibid.)
18 avril 1681.
Bail par l'Hôtel-Dieu, pour six ans, à Louis Rocher^ architecte et
324 VEIRIER, DUBREUIL, ACHARD, VOLAIRE.
entrepreneur des Bâtiments du Roi, demeurant rue Saint- Julien-le-
Pauvre, de la maison qu'il habite, moyennant un loyer de 400 1.
(Ibidem, ibid., lay. 27.)
7 août 1689.
Nicolas Baillet, maître peintre et sculpteur, demeurant quai Pelle-
tier, s'engage envers l'Hôtel-Dieu à prendre comme apprenti, pour
six ans, Jean Bruyant, âgé de vingt et un ans, moyennant une indem-
nité de 100 1.
(Ibidem, ibid., lay. 34.)
LES SCULPTEURS VEIRIER ET DUBREUIL,
LES PEINTRES ACHARD ET VOLAIRE.
TRAVAUX A LA CHAPELLE DU CORP US-DOMINI A TOULON.
(1682-I755.)
Au tome II de la troisième série des Nouvelles Archives de
V Art français (r886, p. 22-25), nous avons fait connaître la des-
truction par le feu de tous les travaux exécutés par Puget pour la
décoration de la chapelle du Corpus-Domini de la cathédrale de
Toulon. Nous avons également rappelé que Christophe Veyrier,
élève de Puget, supplanta Claude Dubreuil, autre élève du maître,
dans la réfection de ces travaux. Aujourd'hui, nous publions
quelques documents relatifs à cette réfection et à d'autres ouvrages
faits pour ladite chapelle, dans le dernier siècle.
Charles Ginoux.
J682.
Sieur Christofle Veirier, sculpteur.
Et en conséquance, par contract du 20 may 1682, reçeu par M® Val-
lavieille, no™, les sieurs recteurs de lad. chapelle Corpus-Domini, en
présence et consentement de Mons"" le vicaire général et officiai de
Monseigneur l'evesque et de Mess" les consuls, ont donné le prix fait
au d. S'' Veirier, sous le cautionne' du sieur Laurens Jacques, peintre,
des réparations de l'autel de lad. chapelle, en marbre blanc et dastuc
(en stuc) suivant et conformément au dessin par lui fait et le détail
des ouvrages exprimez au d. acte et sous les conditions y contenues,
moyennant le prix et somme de dix mil livres.
VEIRIER, DUBREUIL, ACHARD, VOLAIRE. 325
Réparation de l'autel pour 10,000 1.
Par le d. acte, le d. sieur Veirier reçut du sieur Jean Durand, tré-
sorier, la somme de 1,800 1., et les 8,200 1. restantes sont payables à
mesure et proportion du travail, cy 1,800 1.
(Archives communales, GG. 28. — Registre.)
1697.
Payement de cent dix livres à Dubreuil, sculpteur.
Dubreuil intenta un procès à la .confrérie de Corpiis-Domini, pour
se faire payer le modèle en relief (bois et cire) qu'il avait fait pour la
décoration de la chapelle, travail qui fut donné à Veyrier sans avoir
été mis aux enchères, au rabais sur le prix de base de 8,000 livres
qu'il avait proposé, mais il fut débouté par jugement du 17 juillet
1682. Plus tard, on lui accorda, par transaction, afin qu'il se désistât
de ce procès, une indemnité pour son modèle en bois et cire.
Fait dépense de la somme de iio livres, payées à Catherine de
risle, femme du sieur Debreuil^ sculpteur, pour payement d'un
modelle en relief que ledit S' Debreuil a fait lors des enchères de la
chapelle et autel de Corpus-Domini, ainsi qu'il est mentionné plus
long dans la transaction reçue par M* Fabre, notaire, le 27 janvier
1697, portant quittance employée au grand livre, fol. i3i.
(Archives communales, série GG. — Livre de raison de 1673 à 1780.)
1718.
Payé à Jean-Baptiste Achard, peintre du lieu de Correns (Var), la
somme de 365 livres 12 sols 3 deniers pour les deux tableaux, qui ont
été faits pour la chapelle de Corpus-Domini , l'un (celui peint par
Jean-Baptiste Vanloo) représentant le Triomphe de l'Église, l'autre
le Sacrifice de Melchisedec, ainsi qu'il résulte de la convention, man-
dat et acquits des 7 avril, 22 et 23 juillet, 22 et 28 décembre de ladite
année 1718^.
En 1740, on paya à Julien, menuisier, 100 livres pour les deux
cadres, la dorure des mêmes cadres (noir et or) coûta 3oo livres.
Ces deux tableaux remplacèrent ceux de Puget, que l'incendie avait
dévorés»
(Archives communales, GG. 23. — Registre.)
I. La tradition attribue ces deux tableaux à Vanloo et à. Achard. Les deux
tableaux sont tout à fait différents par le faire; on dit que celui à' Achard
est une copie. Sans doute, Vanloo ne voulut pas paraître dans la quittance de
paiement.
326 VEIRIER, DUBREUIL, ACHARD, VOLAIRE.
1725.
Payé en trois fois à Volaire (Jacques) ^ la somme de cent cinquante
livres pour une bannièr«e qu'il a peinte pour la chapelle de Corpus'
Domini.
(Archives communales, GG. 23. — Registre.)
1740.
Mémoire de la manière que nous prétendons faire la réparation de
la chapelle du Saint-Sacrement, en premier lieu accomoder tout ce
qui se trouve cassé, soit têtes, bras, jambes, pieds, mains, cherpes
(draperies), et tout ce qu'il se trouvera cassé dans ledit ouvrage, plus
donner une couleur à la Gloire et aux deux figures qui sont dans les
niches aux côtés de l'hôtel, à façon d'albastre avec son vernis appro-
chant de la couleur des deux anges de marbre qui sont placés audit
hôtel conformément à l'échantillon par nous remis à M" les consuls,
plus dorer tout ce qui se trouve doré audit hôtel et aux quatre coins
de la voûte (sculptures des quatre corps de voûte ou pendentifs de
la voûte sphérique surbaissée de la nef précédant le sanctuaire), plus
mettre en couleur de marbre les pilastres, approchant à la couleur de
ses (leurs) piédestaux qui sont aussi de marbre avec son vernis, plus
tous les fonds seront peints de différentes couleurs de marbre avec
son vernis, plus peindre les deux niches qui sont aux côtés de l'hôtel
en bleu avec des étoilles d'or, à savoir que tout ce qui doit être doré
sera doré d'or de Paris, et le tout réceptable, et nous fournirons les
étagères et tout ce qui sera nécessaire; et le tout pour le prix et
somme de deux mille livres payables en trois payes égalles, savoir :
la première ce jourd'huy, la seconde au milieu de l'ouvrage et l'entier
payement quand ledit ouvrage sera finy et recepté. Avant finir, les
parties ont convenus que le tout sera fait et parfait au plus tard aux
fêtes de la Noël prochaines, fait double à Toulon, le douze juillet
mille sept cent quarante.
J. Selmy, Pellegrino Selmy.
(Archives communales, GG. 23. — Registre.)
I. Jacques Volaire, né à Toulon en 1684, mort dans la même ville le
20 avril 1768, était fils de Jean, élève de Puget, qui se maria le 3 février
1682, à Toulon, où il était né et où il mourut un peu avant le mariage de
son fils Jacques, qui eut lieu le 18 février 1622. Ce Jean, qui est le premier
auteur d'une nombreuse famille de peintres, figure sur les états de payements
de la marine de 1682 à 1696. On voit une Pieta, signée J. Volaire, dans la
paroisse Saint-Louis. Quant à Jacques, qui a beaucoup travaillé pour la
Ville et les églises, il ne reste de lui qu'un tableau, intitulé la Gloire, qui se
trouve placé à la cathédrale.
DUTOUR, PAUILLON, PERROT, PILLEMENT, ETC, Zl']
1745.
Dans son 3« compte, au 20^ article, Joseph Marquisan, élu trésorier
le 3o septembre 1742, se décharge, le 3o décembre 1745, de la somme
de trois cent cinquante-neuf livres seize sols trois deniers qu'il a payé
à S"" Jacques Volaire^ m^ peintre, à Jean Dot, menuisier, et à
S" Selmy et Billet, m«s doreurs, valeurs d'un tableau de 19 pans
(4™56), largeur, et i3 pans (3°» 12), hauteur, représentant une Gloire,
mis à demeure sur la banque des prieurs en dehors de la grille, sui-
vant la convention du 16 juillet dernier, et le mandat de M" Estienne
Garnier, Louis Marin, Josep Légier et François Légier, recteur, en
date de ce jour, avec l'acquit dudit S"" Volaire, etc.
A sieur Volaire 200 l. » s. » d.
A Dot pour châssis 1 5 » »
A Isnard, toille j5i6 6
Au maçon » » »
A doreur, cadre 39 » »
Au serrurier, crampe » » »
A Silvy, doreur 90 » »
Coust dudit tableau SSg 1. 16 s. 6 d.
(Archives communales, GG. 23. — Registre.)
1755.
Payé au sieur Volaire fils 70 livres pour avoir réparé les deux
grands tableaux de la chapelle Corpus-Domini, et avoir fait le sou-
bassement.
(Archives communales, GG. 23. — Registre.)
DUTOUR, PAUILLON, PERROT, PILLEMENT, PEINTRES;
LES SLODTZ, POULAIN, DUCREUX, DUMONT, SCULP-
TEURS; BERAIN, COCHIN, DESSINATEURS; BERNARD,
ARCHITECTE.
Extraits des Registres des Menus-Plaisirs.
(1711-1747.)
171 1.
État de la dépense qui a esté faite pour le grand service à Saint-
Denys pour feu Monseigneur le Dauphin, décédé en son chasteau
de Meudon, le 14* avril 171 1.
A Dutoiir, peintre, pour armoiries par luy fournies, 65o 1. 8 s.^.
I. Cet artiste est sans doute mort dans le cours de l'année 171 1. Le prix
d'armoiries funèbres est payé en 1712 à la veuve Dutour.
328 DUTOUR, PAUILLON, PERROT, PILLEMENT, ETC.
A Pauillon et Perroty peintres, pour les décorations, 1,678 1. 8 s.,
sçavoir :
Pour avoir peint en marbre de Brèche violet les corps de 14 pilastres,
et feint une moulure d'or sailly qui renferme les fonds de velours de
chacque pilastre, 1 68 1.
Même travail pour l'autel.
A Slodt^y sculpteur, la somme de 270 1., sçavoir :
Pour une couronne de carton en ovalle de six pieds de long sur
quatre de large, ayant 4 pieds et demy de hauteur; avoir fait le
modelle de terre grand comme l'ouvrage, avoir fait les creux et mou-
lez en carton; l'avoir montée et blanchie, preste à dorer, pour ce, 170 1.
Pour 4 consolles de 2 pieds et demy de long, en avoir fait les
modelles et moulez en carton, 40 1.
Pour 2 modelles de cire en petit pour le catafalque de feu Monsei-
gneur, suivant les desseins de M. Berin, 20 1.
Pour avoir fait mouler en carton plusieurs modelles, 2 5 1., etc.
(Arch. nat., O* 2841.)
1712.
Grand Service à Saint Denis pour la mort de la Dauphine, le 18 avril
17 12, conduit par M. Ferrand de Saint-Disant, Inspecteur et Con-
trôleur. ,
ASlodtj, sculteur, 1,222 1. pour tous les ouvrages de sculpture
qu'il a fait et fourny pour cette pompe funèbre, sçavoir :
Pour 4 figures en pied de six pieds de haut représentant la Religion^
la Charité, la Prudence et la Justice; les avoir modelés de terre, fait
les creux de piastre, moulé les cartons, assemblé, drapé et blanchi, 5oo 1.
Pour quatre Testes de mort avec leurs aisles ornées de festons et
lauriers, de 2 pieds, 82 1.
Pour 4 Armes posées sur le tombeau
Pour avoir fait et moulé huit Griffes servant de support au tom-
beau de 12 pouces de haut sur 7 pouces de large, 24 1.
Pour avoir fait une grande Couronne en ovalle, composée de 8 dau-
phins, de 8 fleurs de lys et de bandeaux de 5 piedz et demi dans son
ovalle, 160 1.
A Perrot et Pauillon, peintres, 3,189 livres 5 sols, pour tous les
ouvrages de peinture et dorure par eux faits et fournis pour ladite
pompe funèbre. (Peignaient et doraient Architraves, Pilastres, Pan-
neaux, Cartouches, Archivoltes, Pavillons, Armes, Timpans, Mou-
lures, Vases à l'antique, Blasons, Armoiries, Pyramides, Chapiteaux.)
Au S"" Berrain, 5oo 1., pour avoir fait plusieurs desseins, peines et
soins, et avoir séjourné à Saint-Denis pendant le temps qu'on y a
travaillé, pour son logement et nourriture.
DUTOUR, PAUILLON, PERROT, PILLEMENT, ETC. 829
Plus, 25o 1. au graveur qui a gravé la planche pour tirer des estampes
de la décoration et du catafalque suivant le marché fait par le sieur
Berrain, 25o 1.
Même date.
Pompe de la Dauphine à Notre-Dame.
Au S"" Berrain pour ses peines et soins pour avoir conduit les
ouvrages à Nostre-Dame, 200 1.
Signalons, dans le décompte de cette cérémonie, un sieur Bernard, archi-
tecte, « faisant revue à Saint-Denis et à Notre-Dame, pour la. Pompe de la
Dauphine, de toutes les menuiseries et charpentes, voir si le tout est solide
et de manière qu'il ne pust arriver aucun accident. »
(Arch. nat., Qi 2842.)
1713.
État général de tout ce qui a esté fait pour le bout de l'an de M"" le
Dauphin et de M»e la Dauphine à Saint-Denis, le 18 février 1713,
sous les ordres de Monsieur Lefebvre.
Du 16 janvier, donné un carosse pour mener à Saint-Denis et rame-
ner M" Berain, de Vousge, Buat et Guenon, 7 1. 10 s.
Du 20, pour mener à Saint- Denis M"" Berain et le ramener chez
M*" Le Febvre un carosse, 2 1. 10 s.
Du 27, donné à M'' Perot la somme de 5o 1.
Lundi 3o, pour mener M"" Berain à Saint-Denis pour aller et reve-
nire un carosse, 7 1. 10 s.
A Perrot, peintre, pour tous les ouvrages de peintures, tant rac-
commodages que ce qu'il a fait de neuf, 200 1.
Au S"" Berrin 3oo 1., pour ses desseins et peines d'avoir conduit le
dit ouvrage.
(Arch. nat, 0« 2843.)
1714.
Service à Notre-Dame pour la Reyne d'Espagne ( Marie -Louise-
Gabrielle de Savoie, décédée à Madrid, le 14 févr. 1714).
Au S"" Perot, peintre, la somme de 1,700 1. pour toutes les journées
de peintres et doreurs qu'il a employées à peindre et dorer les tim-
pans neufs, médailles, devises ornées de cyprès, fait tous les blasons,
peint en marbre porfire le corps du tombeau, etc., etc.
A 5/0(i/f, sculpteur, la somme de 761 livres pour tous les ouvrages
de sculpture qu'il a fait, sçavoir :
Pour avoir assis et raccommodé les quatre figures qui estoient au
magazin des Tuileries, les avoir changées d'atitudes, redrapées et
changé leurs attributs, pour ce 25o 1.
33o DUTOUR, PAUILLON, PERROT, PILLEMENT, ETC.
Pour avoir fait un ange de six pieds de haut, tenant une couronne
à sa main, fait le modèle de terre, les creux en piastre, moulé en car-
ton, blanchy et rendu prest à dorer, i5o 1.
Pour avoir fait quatre lions pour servir de suports au tombeau, fait
les modèles, i5o 1.
Pour avoir fait i8 testes de mort qui ont esté posées dans le pour-
tour du chœur, au haut des pilastres, à 6 1. pièce, io8 1.
A Pillement, peintre, la somme de 484 1., pour avoir fait 58 dou-
zaines d'armes sur papier, pour poser sur les velours.
Au S'' Berrin, dessinateur du Roy, tant pour ses desseins que pour
ses soins d'avoir fait exécuter la dite pompe funèbre, 35o 1.
Pompe funèbre du Duc de Berry à Saint-Denys, le 16 juillet 1714.
A Slods, sculpteur, la somme de 1,000 1. pour tous les ouvrages de
sculpture qu'il a fait et fourni pour ladite pompe funèbre, sçavoir :
Pour 4 figures posées sur les 4 coins du tombeau de 6 pieds de pro-
portion, représentant des squelettes tenant en leurs mains des torches
ornées de feuilles de cyprès, en avoir fait les modèles de terre, les
creux de piastre moulé en carton, drapé, blanchi et posé en place,
poiir ce 600 1.
Pour deux groupes de deux enfants, chacun de 3 pieds de propor-
tion, assis à costé des figures, tenant une urne dans une main et des
torches de l'autre, 220 1.
Plus pour 4 cartouches sur les 4 faces du tombeau, dans lesquels
estoient les armes du Prince avec les Cordons des Ordres, couronnes
et palmes d'environ 3 pieds et demi de haut sur 3 pieds de large, 80 1.
Au S' Perot 2,700 1. pour tous ses ouvrages, sçavoir :
Pour avoir peint et doré d'or d'Allemagne 67 pieds de corniches, 33. 1.
Pour avoir fait 12 piramides avec leurs pieds d'estaux de environ
20 pieds de haut, sur chacune desquelles estoient les armes du Prince,
les corps des piramides de marbre blanc, les fonds noirs enveloppés
d'une baguette d'or et semé de lames d'argent, 600 1.
Plus six grands morceaux posés entre les piramides, de 18 pieds de
haut, ornés d'un grand rideau rehaussé d'argent, qui enveloppe cha-
cun deux squelettes à demi corps, sortant chacun d'une gaîne avec
des festons de cyprès qui retombent.
A Pillement, peintre, 268 1. pour toutes les armes et chiffres qu'il
a fait pour le grand service, tant sur toille, papier que sur carton.
Au S"" Berrin^ dessinateur du Cabinet du Roy, 3oo I. pour avoir
fait plusieurs dessins, avoir séjourné à Saint-Denis plusieurs jours
pour les faire exécuter.
(Arch. nat., O» 2844.)
DUTOUR, PAUILLON, PERROT, PILLEMENT, ETC. 33 1
1718.
Pompe funèbre de la Reyne d'Angleterre, décédée à Saint-Germain
en Laye, le 7^ may 17 18.
A Pillement, peintre, 94 1. pour toutes les armes qu'il a fait et fourni
tant sur cartons que sur teilles.
Au S' Perrot, peintre, 42 1. pour l'impression qu'il a faite de l'es-
trade et de la balustrade du lit et de la dorure d'une couronne fermée
pour mettre sur la représentation de la Reyne.
Au S'' Poulain^ sculpteur, 480 1. pour avoir fait une grande épitaphe
de marbre noir de 3 pieds 9 pouces de long sur 2 pieds de large en
relief, avec la bordure de marbre blanc veiné de 3 pouces et demi de
large au pourtour, portant architecture, l'inscription gravée en lettres
d'or sur le marbre avec les armes et tous les quartiers de la Reyne de
marbre blanc sculpté et très fini, avoir fait poser et incruster dans
un pillier de pierre, de cimettrie avec celle qui y étoit, avoir fait plu-
sieurs voyages à Ghaillot, lieu de sépulture.
A Ducreux^ sculpteur, 272 1. pour le portrait en cire qu'il a fait de
la Reyne d'Angleterre, comme aussy pour la coeflFure et la chase,
sçavoir :
Pour le portrait en cire, 200 1.
Pour la coefFure, les cheveux, la garniture de gaze noire, garnie de
dentelle, avec une coeffe de gaze noire brodée et la draperie de drap
de Saint-Maur, 3o 1. — Pour une chase façon de bois d'ébeine gar-
nie de verre blanc pour mettre le portrait, 3o I. — Pour avoir été
deux fois à Saint-Germain pour les ouvrages, cy 12 1.
(Arch. nat., Qi 2847.)
1719.
Grand Service de Madame, Duchesse de Berry, à Saint-Denis,
le 2 septembre 1719.
Au S"" Slodt^^ sculpteur, la somme de 83o 1. pour les ouvrages de
sculpture qu'il a fait pour ladite pompe, sçavoir :
Pour avoir fait le modèle de terre d'un ange de huit pieds de pro-
portion, avoir fait le creux de piastre et l'avoir moulé en carton,
assemblé, drapé, blanchy et posé en place, i3o 1.
Pour avoir fait le modèle de terre de quatre torchères de 1 1 pieds
de hauteur chacune, y compris le vase qui est au dessus, enrichies de
platebandes, feuillages tournans, agrafes et autres ornemens, avoir fait
les creux de piastre, moulé en carton, assemblé, blanchy et posé en
place, 400 1.
Pour avoir fait le modèle de 4 consolles de 6 pieds de hauteur,
ornées de testes d'anges, de volutes, rouleaux et feuillages, les creux
332 DUTOUR, PAUILLON, PERROT, PILLEMENT, ETC. >
de piastre, moules de carton, assemblé, blanchy et posé en place, 3oo 1.
Au S"" Dumont, sculpteur, la somme de 220 1. pour ses ouvrages,
sçavoir :
Pour 2 cartouches de 4 pieds et demi de hauteur sur 3 de large,
dans lesquels étoient les chiffres de Madame, duchesse de Berry, ornez
de palmes et couronnes, pour les modèles en terre, creux en piastre,
moules en carton, les avoir blanchis et posé en place, cy i5o 1.
Pour avoir fait le modèle en terre, creux en piastre et moule en
carton, blanchy un morceau de 4 pieds et demi de longueur sur
2 pieds de largeur, composé d'un cul de lampe saillant, enrichy de
bandes de cyprès et autres ornements, cy 70 1.
Au S"" Perrot, peintre, i ,608 1. pour ses ouvrages de peinture et
dorure.
Au S*" Pillement, bbj 1. pour toutes armes et chiffres sur coutil, sur
le velours et carton.
Au S' Berin, dess., 400 1. pour avoir fait plusieurs desseins pour
cette pompe, avoir séjourné à Saint-Denis pour les faire exécuter.
(Arch. nat., O» 2849.)
1723.
Service solennel célébré à Notre-Dame de Paris pour le repos de
l'âme de Son Éminence Monseigneur le Cardinal Dubois, Arche-
vesque. Duc de Cambray, Premier Ministre d'État, le 27 aoust 1723.
A Pillement, peintre, 600 1. pour les armoiries qu'il a fourny sur
papier, carton, toile, couty (pour mettre sur les robbes des jurez-
crieurs).
Obsèques et Pompe funèbre de S. A. R. Mgr le Duc d'Orléans, con-
duitte et executtée par M. Lefebvre, Intendant en exercice, l'an-
née 1723.
Au S"" Berain, dessinateur, 400 1. pour avoir fait plusieurs desseins
pour le grand service fait à Saint-Denis pour S. A. R., y avoir
séjourné plusieurs jours pour les faire exécuter, fait plusieurs voyages,
etc., 400 1.
A Slodt!j[, sculpteur, 4,049 1. pour ses ouvrages, sçavoir :
Décoration du pourtour de l'Église : Pour 1 3 grands Chapiteaux
servans à couronner les pilastres, composez chacun d'un cartouche,
avec une grosse teste de mort ailée, enrichie de volutes d'où sortent
des cornets de feu, des feuilles de raisin, des bandes et des festons de
laurier avec une toison d'or, le tout faisant ensemble de hauteur
5 pieds et demy sur 5 pieds 4 pouces de large pour chacun, à raison
de 45 1. chaque chapiteau, 585 1.
Décoration du Catafalque : 4 grands Trophées isolez de 14 pieds
de haut de différents modèles, élevez sur un faisseau de piques, enri-
DUTOUR, PAUILLON, PERROT, PILLEMENT, ETC. 333
chis d'ornemens et de plusieurs attributs convenables à raison de
2 5o 1. chaque trophée, i,ooo 1.
Plus, sur les pieds d'estaux où sont élevez lesdits trophées un car-
touche à chacun où est une teste de mort ailée et couronnée de lau-
rier, 8o 1.
Sur les 2 costez de chaque pied d'estal, des bandes de relief servant
à faire des volutes pour former le contour du pied d'estal, 8 1.
Pour deux grands morceaux d'ornemens aux i costez de l'estrade,
enrichis de platebandes, volutes, feuilles de raisin, godrons, palmes,
d'une teste de mort couronnée de cyprès, de feuilles de resent et
autres contenant chacun g pieds de long sur 3 pieds de haut, i6o 1.
Pour 4 consolles isolées aux 4 coins servans à porter le tombeau de
7 pieds et demy de longueur, enrichies d'ornemens, 400 1.
(Arch. nat., O» 2854.)
Service à Notre-Dame pour le Prince Louis, premier Roy d'Espagne,
décédé à Madrid, le trente et un aoust 1724.
Au S"" Perrot, peintre, 4,870 1.
Pour la peinture des rideaux, 280 1.
Pour les Enfans et leurs attributs sur les timpans, les Lions et
Figures de la grande arme de la porte du chœur et de celles de la
riie, 260 1.
Pour fourniture de couleur, or et argent en feuille, bronzes, ocre,
terre d'ombre, blanc, Inde, terre de Cologne, cendre bleue, vermil-
lon, rouge d'Angleterre, graine d'Avignon, etc., 1,887 "•
Pour avoir fait et dirigé les desseins, 900 1.
Au S' S/oif|', sculpteur, 3,714 L, sçavoir :
Pour sept figures ou corps d'Écorché en forme de Ternies posées
sur les pilastres de u à 12 pieds de haut, ayant les bras levez et tenant
sur leurs testes un gros vaze, coeffées de draperies venant ceindre le
corps et festonner le long de la guesne avec des nœuds accompagnez
de festons, lauriers et cyprès, 56o 1.
Pour la décoration du Cénotaphe : Une grande couronne royalle
d'Espagne de cinq pieds et demy de diamettre sur six à sept pieds de
haut, posée sur le haut de la tour, enrichie dans son bandeau de perles
et de diaments et de treffles sur les courbes des feuilles d'eau, 200 1.
4 lions gros comme nature, de trois pieds trois quarts de long, posez
sur la gorge du dessus de la tour, 216 1.
Pour 2 figures écorchées grande comme nature, tenants des féaux
et sortant dudans de la ditte tour, envelopées de draperies qui viennent
festonner le long des portes enrichies de franges, cordons, glands et
troupes, les dittes 2 figures posées à 2 portes de la tour, l'une à celle
de l'entrée du chœur et l'autre à celle de la façade de l'autel, 160 1.
Pour avoir retably les 4 Figures, Religion, Sagesse, Justice, Espé-
334 DUTOUR, PAUILLON, PERROT, PILLEMENT, ETC.
rance^ y avoir refait des parties neuves, bras, jambes, bustes et attri-
buts, 2 5o 1.
(Arch. nat., O» 2855.)
1747-
Grand service à Notre-Dame pour Dame Catherine, Reine de Pologne,
le i8 may 1747.
Aux S^s Slods, frères, sculpteurs du Roy, 16,268 1., sçavoir :
Décoration du pourtour du Chœur.
Pour vingt chapiteaux, pilastres en carton servants de couronne-
ment à l'ordre de l'attique, ornés de plattes bandes, feuilles, enroul-
lements, moulures et astragals, à raison de 3o 1. chacun, 600 1.
Pour vingt chuttes ou festons de lauriers de quatre pieds de demy
ronde bosse, 240 1.
Pour vingt fortes testes de mort, aisles déployez, de quatre pieds de
large au même ordre attique aux parties circulaires formants arcades
par le moyen des corniches, à 14 1. pièce, 280 1.
Pour sept aigles de rondes bosses de cinq à six pieds de large, les
aisles déployées, placés dans la corniche du grand ordre, servants
à porter les cartouches ou écussons qui renferment les armes de la
Reine de Pologne, à raison de 100 1. pièce, cy 700 1.
Pour quatorze roseaux ou grouppes de palmes sortants de derrière
lesdits aigles de rondes bosses à droite et à gauche, placés dans les
frises de la corniche du grand ordre pour la réunion des cartels avec
les aigles de sculptures et peintures, à 12 1. chacun, 168 1.
Pour huit grands morceaux d'ornements en forme de cartels et
agraffes placés avec les aigles dans les millieux des arcades, à la grande
corniche, pour porter de grands écussons, et donner naissance à
des médaillons camayeux, environ de sept pieds de long chacun sur
trois de haut, composés de plattes bandes, enrouUements, feuilles,
palmes et autres ornements, à raison de 46 1. chacun, cy 368 1.
Pour dix neuf nœuds de rubans avec anneaux placés au-dessus des-
dits aigles servants d'attaches aux médaillons, camayeux et aux tro-
phées de l'autel et du jubé, à raison de i5 1. chacun, 285 1.
Pour les dix-huit chapiteaux du grand ordre de la décoration, chutte
de lauriers et autres ornemens, cy i3o 1.
Pour quatorze guaisnes en forme de scabelons de sept à huit pieds
placés au bas des pilastres de la décoration, formants le grand ordre
sur le premier fillet au dessus des stalles, composés de corps de sail-
lants, plattes bandes, feuilles, festons de ciprés et festons de morts
aisles avec plusieurs membres d'architectures, de rondes bosses, ser-
vants à porter des girandoUes tant à leurs extrémités d'en haut que
dans les enroulements des voluttes sur les costez à raison de 112 1.
chacune, i,568 1.
DUTOUR, PAUILLON, PERROT, PILLEMENt, ETC. 335
Pour vingt testes de morts accompagnées d'aisles, groupées avec des
os en sautoir ornés de rubans, appliquées sur les lez de velours du
premier fiUet au dessus des stales, aux aplomb des pilastres et millieu
des arcades, à 1 5 1. chacune, 3oo 1.
Maistre autel.
Pour un Christ en bois de cinq pieds six pouces de haut de
rondebosse avec draperie, posé sur une croix placée sur le contre-
table de l'autel, au milieu d'un grand panneau de marbre entre les
colonnes, 400 1.
Pour quatre chapiteaux ioniques de rondes bosses à quatre faces
chacun, pour les colonnes isolées de l'autel, avec festons de lauriers et
autres ornemens, à raison de 16 1. pièce, 64 1.
Pour quatorze roses en pendantifs de i5 à 16 pouces de diamettre,
composées de feuilles d'achantes, dont huit placées dans les frises de
la corniche de l'ordre ionique, sur les faces et retour, à l'aplomb des
colonnes et six en platfond sous le tympan de l'autel, à raison de 6 1.
10 s. chacune, 91 I.
Pour seize bandeaux composés de différents ornements placés avec
cimétrie autour des quatre colonnes servants de liens de bronzes
pour les embrasser et porter nombre de lauriers, à raison de 14 1.
chacun, 224 1.
Pour deux morceaux de sculptures en ornemens renfermants cha-
cun une teste de mort d'où naissent des festons de ciprès placés au
bas, et dans les entrecolonnes faisants adoption sur les pieds d'estaux
portants des girandoles à raison de 20 1. chacun, 40 1.
Pour une gloire placée au-dessus du Christ dans la partie du fron-
ton de toute la longueur composée détestes d'anges, nuages et rayons,
190 1.
Pour deux grouppes de testes d'anges avec nuées placés au haut des
niches aux deux costés de l'autel, à raison de 14 1., cy 28 1.
Pour un Saint Esprit en relief, accompagné de rayons et nuées,
placé dans un panneau du milieu du coffre en tombeau de l'autel, 56 1.
Pour une gloire argentée placée au haut du dais de l'autel avec
3 testes d'anges et nuées, i8 1.
Catafalque.
Pour une figure de ronde bosse représentante la Mort écorchée
tenant d'une main une faux et de l'autre des draperies retroussées
avec des aisles déployées de six à sept pieds, moulée en piastre et
carton, 400 1.
Pour quatre cartouches avec leurs couronnes et chiffre composés
de plattes bandes, enroullements, aisles de chauvesouris et feuilles,
de trois pieds de haut sur largeur proportionnée, lesdits cartouches
336 DUTOUR, PAUILLON, PERROT, PILLEMENT, ETC.
placés au milieu de la piramide, sur chaque face, à raison de 65 1.
chacun, cy 260 1.
Pour trente deux morceaux d'ornements en forme d'agraffes ser-
vants à porter des girandolles du haut en bas de la piramide sur les
quatre pans coupés, à raison de 6 1. chacun, 192 1.
Pour quatre autres morceaux d'ornements en forme de cartels avec
feuilles, et enroullemens placés au bas de la piramide sur la corniche
aux quatre faces, servants à porter des girandolles de chacun trois
pieds de haut, à 45 1. pièce, cy 180 1.
Pour quatre torchères aux angles du catafalque, formants bouquets
de cyprès composés d'ornemens, d'agraffes et fleurons, portantes cha-
cune trente lumières, de sept à huit pieds de haut, à 170 1. pièce, 680 1.
Pour quatre grouppes d'enfants forts comme nature placés aux
quatre faces de la corniche aux parties ceintrées, composés chacun de
deux génies avec aisles, draperies et attributs, sable et flambeaux ren-
versés à raison de deux cent livres pièce, cy 800 1.
Pour quatre testes de morts avec aisles déployées placées au des-
sous desdits grouppes, à 19 1. chacune, 76 1.
Vingt six autres testes de mort aislées, placées dans les pentes, fai-
sant festons autour du catafalque, à raison de 6 1. chacune, 1 56 1.
Pour quatre morceaux d'ornements placés dans le milieu des quatre
faces de la corniche, servants de métope, à raison de 18 1. chacun, 72 1.
Pour quatre aigles de rondes bosses de quatre pieds de proportion
plus fort que nature, tenants de leurs serres des écussons aux armes
de la Reine de Pologne, placés au bas et entre lesdites colomnes, sur
les pieds d'estaux des angles, à 145 1. chacun, 5So 1.
Pour un grouppe de trois figures représentants la Reine de Pologne
accablée de ses douleurs, qui rend sa couronne d'une main à la Terre
et de l'autre en reçoit une autre de gloire qui luy est présentée par
un ange, lesquelles figures de proportion naturelle avec leurs attri-
buts, à raison de 400 1. chacune, cy 1,200 1.
Pour un lion de rondebosse de proportion naturelle avec terrasse
placée au bas dudit grouppe sur les degrez, au pied de la Terre, 120 1.
Pour une figure de six pieds représentant la Mort assise sur un
espèce de trosne, tenante un flambeau d'une main qu'elle renverse et
de l'autre un sable aussy renversé, placée sur lesdits degrés de l'es-
trade à la face de l'entrée du chœur au pied du catafalque, 400 1.
Pour deux enfants de proportion naturelle placés à droite et à gauche
de ladite figure formants grouppes ensemble , représentans deux
génies, celui de la Lorraine et de Pologne, tenants en leurs mains
des écussons armoiries avec bordures de lauriers, désirants s'opposer
aux volontés de la Mort, à raison de 146 1. chacun, cy 292 1.
Pour quatre grandes consoUes isoUées de rondes bosses, composées
de différents ornements, bandes, corps d'architecture, enroullements
TROEL. 337
et autres, servants à porter le tombeau du catafalque élevé de cinq
pieds de dessus le socle, à raison de 100 1. chacune, cy 400 1.
Pour quatre cartels renfermants les armes et chiffres de la Reine de
Pologne, accompagnés de palmes, festons de ciprés, feuilles d'orne-
ments et surmontés de couronnes, placés aux quatre faces dudit tom-
beau à raison de yS 1. chacun, 3oo 1.
Pour le raccommodage de deux figures représentant l'une la Reli-
gion et l'autre la Piété, placées sur les degrés des flancs dudit cata-
falque, 110 1.
Aux dits S""» Slods, frères, 2,000 1. de gratiffications à eux accordées
pour avoir exécuté le dessein dudit catafalque, ensemble leurs peines
et soins pendant lesdits travaux, 2,000 1.
Au S"" Dominique Slods, peintre ordinaire des Menus plaisirs du
Roy, la somme de 10,988 1. pour ses fournitures et journées des
peintres d'ornements, d'architecture, paysagistes, en marbre, plus
1 ,000 1. pour avoir conduit les travaux.
Dans ce même compte, on lit :
Au S"" Vernansal, peintre Jîguriste, igi 1. pour quatre bas reliefs
peints en bleii de forme ovale avec figures de cinq pieds de propor-
tion, neuf testes de morts et quatorze emblesmes rehaussés d'or avec
deux anges de clair-obscur.
Au S'" Cochin, graveur, la somme de quatre mille livres pour les
desseins particuliers qu'il a faits et la planche qu'il a gravée de la
décoration du catafalque pour la Reine de Pologne à Notre-Dame,
suivant le marché fait avec luy, 4,000 1.^.
Au S"" Colin, trésorier de l'église Notre-Dame de Paris, 98 1. pour
son remboursement de pareille somme par lui avancée pour avoir fait
retirer de la nef les grands Tableaux pour le service de la Reyne de
Pologne, et les y avoir fait remettre après ledit service, 98 1.
Au S'' Thevenard, Imprimeur du Roy, la somme de 5oo 1. à compte
des impressions de la planche gravée à l'occasion de la pompe funèbre
de la Reine de Pologne à Notre-Dame.
(Archives nationales, O* 2985.)
Henry de Ghennevières.
LE SCULPTEUR TROEL.
SUBSTITUTION d'eNFANT.
(1727.)
Troel est un inconnu, mais si l'on ne parlait que des hommes
I. La gravure de celte pompe funèbre se trouve à la Chalcographie du
Louvre.
ART FR. IV 22
338 TROEL.
célèbres, on serait vite à bout d'inédit. D'ailleurs, Troel a occupé
Fopinion il y a cent soixante ans. Il est vrai que ses malheurs
domestiques ont plus contribué que ses ouvrages à le sauver de
Toubli. Qu'importe? L'un de nous découvrira peut-être quelque
pièce relative aux travaux de l'artiste. Voici, en attendant, un
arrêt du Parlement dont le texte nous renseigne sur les faits,
gestes et coutumes d'une certaine classe de personnes dont les
procédés n'ont guère changé à un siècle et demi de date. La pièce
vaut la peine d'être lue.
Henry Jouin.
Arrest de la Cour de Parlement qui juge l'état d'un Enfant réclamé
par deux Mères.
Du 1 1 Juillet 1727.
Entre Guillaume Brunot, M^ Cordonnier à Paris, et sa femme,
appellans d'une Sentence du Châtelet de Paris du 3 Avril 1727,
d'une part; et René-François Troel Sculpteur, et Anne Lucas sa
femme, intimez d'autre; et entre ledit Troel et sa femme, Deman-
deurs en Requête du 4 Avril dernier, à ce qu'il plaise à la Cour en
prononçant sur ledit appel, mettre l'appellation au néant, et confir-
mer la Sentence, avec amende et dépens ; et en cas que la Cour y
fasse quant à présent la moindre difficulté, leur permettre de faire
preuve que l'enfant actuellement vivant est le même dont la femme
dudit Troel est accouchée le 14 Novembre 1722, et pour parvenir
à la démonstration de ce fait gênerai, leur permettre de faire preuve
par témoins pardevant tel de Messieurs qu'il plaîra à la Cour nom-
mer, et pardevant le plus prochain Juge Royal de Richeville et Boi-
semont, lieux du domicile des Nourrices;
i» Que l'Enfant dont la femme de Brunot est accouchée le 14 No-
vembre 1722, étoit foible et délicat, qu'il fut même malade en
naissant; qu'au contraire celui dont la femme Troel est accouchée le
même jour 14 Novembre 1722, étoit fort robuste.
20 Après que Brunot et sa femme sont convenus par leur interro-
gatoire avoir marqué les hardes de leur enfant avec un morceau de
cuir cousu de gros fil, afin que la Meneuse le pût distinguer de celui
dudit Troel., lui permettre de faire preuve que les mêmes hardes ont
perpétuellement servi à l'Enfant mort à Richeville le 2 Décembre 1722.
3» Après que Brunot et sa femme sont convenus par leur interro-
gatoire n'avoir donné qu'un bonnet, lequel n'étoit pas neuf, à leur
enfant, permettre de faire preuve que ce même bonnet, qui n'étoit
pas neuf et marqué d'un G, première lettre du nom de Baptême de
Brunot, appelle Guillaume Brunot, étoit sur la tête de l'Enfant
quand il est mort à Richeville le 2 Décembre 1722.
TROEL. 339
40 Que les deux Enfans ayant été portez de Paris à Richeville par
la Meneuse appellée la grande Françoise, à qui ils furent confiez,
furent mis ensemble sur le lit de cette Meneuse, où ils furent laissez
pour aller chercher deux Nourrices; après quoi l'un des deux fut
donné comme l'Enfant de Troel à la nommée Geneviève Sieuray,
femme de Claude le Cercle, pour le nourrir, quoique ce fût l'Enfant
de Brunot, avec les hardes cousues de gros fil, marquées d'un mor-
ceau de cuir, ayant sur la tète le bonnet usé marqué d'un G, et que
c'est ce même enfant qui est mort à Richeville.
5° Que les hardes de l'Enfant Brunot marquées avec un morceau
de cuir par son père, ainsi qu'il en est convenu par son interroga-
toire, et le bonnet marqué G ont été rapportez à la femme Troel,
comme si elle avoit été la mère de l'Enfant mort, auquel par inad-
vertance on avoit donné le nom de Troel, à cause de la confusion
qui s'étoit faite des deux Enfans en les tirant de dessus le lit de la
Meneuse.
6° Que l'autre Enfant pris pour celui de Brunot, quoique fils de
Troel, fut confié sous ce nom à la nommée Auge, femme d'Adrien
Mazieu, Nourrice, avec deux bonnets de laine neufs, et autres hardes
données par la femme Troel à la Meneuse lors de sa naissance ; que
ce même Enfant Troel, réputé Brunot par erreur, est resté trois mois
à Richeville entre les mains de cette Nourrice, après lequel tems la
femme Brunot le croyant son Enfant à cause de la mort de celui qui
avoit été nourri par la nommée Sieuray et faussement nommé Troel,
quoiqu'il fût Brunot, l'a envoyé à Boisemont, distant d'une lieuë de
Richeville, pour le donner à une autre Nourrice, et que c'est l'enfant
vivant, pour l'Enquête faite et rapportée être ordonné ce que de
raison avec dépens d'une part; et lesdits Brunot et sa femme Défen-
deurs, d'autre.
Après que Buirette, Avocat de Guillaume Brunot et sa femme, et
Forestier, Avocat de René-François Troel et sa femme, ont été oliis
pendant trois Audiances ; ensemble Talon pour le Procureur General
du Roy.
La Cour a mis et met l'appellation et ce dont a été appelle au
néant, émandant, sur les Requêtes des Parties de Forestier, met les
Parties hors de Cour; en conséquence, ordonne que l'Enfant dont
est question appartiendra aux Parties de Buirette, dépens néanmoins
compensez. Fait en Parlement le onze Juillet mil sept cent vingt-sept.
Signé : Ysabeau.
(Extrait des registres de Parlement.)
340 AYCARD.
LE SCULPTEUR AYCARD.
OFFRE d'une statue OU d'uN BUSTE DE LOUIS XVI A MM. LES CONSULS
DE TOULON POUR L^HOTEL-DE-VILLE.
(1777-)
Communication de M. Charles Ginoux.
Du 24 juin 1777, de Marseille.
Messieurs,
L'attache, le respect et l'amour que j'ai sentis pour nos princes,
pendant mon séjour à Paris, m'a fait employer mon ciseau, de
retour dans cette province, à tirer de la masse le portrait de notre
auguste Monarque. L'approbation de M. le comte de Valbelle a
porté messieurs les Échevins de Marseille à en placer un à l'hôtel-
de-ville. Les Messieurs d'Aix feront la même chose. Les trois
portraits que j'ai, dont un est en pied, de cinq pieds de haut, les
deux autres en buste, de trois pieds de haut, seront employés à
faire le plus grand usage que j'aurais pu me promettre. D'après
votre décision, Messieurs, vous pouvez me donner vos ordres; la
promptitude avec laquelle je les mettrai en exécution sera le
fidel garand du profond respect avec lequel j'ai l'honneur d'être,
Messieurs,
Votre très-humble et très-obéissant serviteur,
Ajrcard.
Rue du faubourg de Paradis, à Marseille*.
(Arch. comm. de Toulon, série BB, 498 à 642.)
LE PEINTRE SIMON JULIEN.
PROPOSITION d'exécuter LE TABLEAU DU MAÎTRE-AUTEL DE l'ÉGLISE
SAINT-LOUIS A TOULON.
(1785.)
On a pu lire ce que nous avons publié sur les sculpteurs Bar-
thélémy-François Chardigny et Jean- Paner ace Chastel [suprà,
1. Aycard, sculpteur, était, en 1790, adjoint à professeur à l'Académie de
Marseille. (Note fournie par M. Etienne Parrocel.)
SIMON JULIEN. 341
p. 143-147 et i8o-i83). — Après résiliation d'un premier traité
passé entre Chardigny et les entrepreneurs de la paroisse Saint-
Louis, Chastel avait proposé d^exécuter deux statues pour cette
église. L'année suivante, avant que Chardigny eût passé un
nouveau marché avec les mêmes entrepreneurs, le peintre Simon
Julien, membre de l'Académie, offrit, par l'intermédiaire de son
ami Barry, à la Municipalité de Toulon, de peindre, pour la
nouvelle paroisse, un grand tableau (il aurait eu 6 mètres 3o sur
3 mètres i5 et aurait été cintré). Les deux statues furent exécu-
tées par Chardigny, qui fit aussi, en remplacement du tableau
proposé, un modèle pour un grand bas-relief devant être sculpté
sur place, au fond de la grande nef, immédiatement sous la voûte
en berceau, et avoir les mêmes dimensions que le tableau dont il
vient d'être parlé. La lettre qui suit est écrite au nom de Simon
Julien par son compatriote Barry.
Charles Gmoux. .
A Paris, le 5 décembre 1785.
Monsieur,
Le désir de contribuer à tout ce qui peut augmenter la splendeur
de notre commune patrie m'engage à avoir l'honneur de vous com-
muniquer les sentimens de M. Simon Julien, peintre de l'Académie
royale et notre digne compatriote.
Cet illustre compatriote, sachant que vous faites bâtir une église
paroissiale sous l'invocation de Saint- Louis, ofre de peindre le
tableau du maître-autel, lequel représenterait ou la Mort ou l'Apo-
théose du saint Roy, au choix de la Ville, et il se ferait un plaisir d'y
employer tout son génie et tous ses talens. Quant au prix, il s'en
rapporterait à la munificence de sa patrie. Son frère, maître à des-
siner des gardes de la marine, prendrait, sous votre approbation, les
dimensions du tableau relativement à l'emplacement, et là-dessus,
M. Julien ferait une esquisse qui vous serait envoyée pour être sou-
mise à votre jugement, après- quoi il entreprendrait l'ouvrage de
façon qu'il fût fini dans moins de deux ans.
Je ne crois pas, Monsieur, devoir m'attacher à exciter le goût et le
zèle de notre adm.inistration municipale. Vous savés tous que les
productions des Beaux-Arts prennent la principale décoration d'une
grande ville. Les étrangers curieux courent ordinairement dans les
églises où ils savent qu'il y a de beaux morceaux de peinture ou de
sculpture. Notre ville se glorifie de quelques ouvrages de Puget; elle
ajoutera à cette gloire celle de posséder un superbe tableau qu'elle
tiendra de la main et du cœur d'un de ses enfants. C'est à vous,
342 LES ROYER.
Monsieur, et à MM. vos coadministrateurs que nous et nos descen-
dans en serons redevables. Ce monument transmettra d'âge en âge
votre amour pour le bien public et les talens sublimes d'un de nos
concitoyens. Quant à moi, je m'estimerai heureux si, dans cette
occasion, je puis encore convaincre de mon attachement pour la
patrie et de la respectueuse co.nsidération avec laquelle j'ai l'honneur
d'être, Monsieur,
Votre très-humble et très-obéissant serviteur,
Barry.
(Arch. comm. de Toulon, série BB, 498 à 642,)
FRANÇOIS -MARIE -JOSEPH ROYER, PIERRE -ALEXANDRE
ROYER, FRANÇOIS -HENRI ROYER, PEINTRES, CHARLES-
RAYMOND ROYER, SCULPTEUR.
(1792-)
Notre ami Guiffrey, dans ses Scellés d'artistes, a donnç l'inven-
taire de Pierre Rqyer, peintre de la Reine et ancien directeur de
l'Académie de Saint-Luc. (Voy. Nouvelles Archives^ II® série,
t. VI, p. 204-206.) Cette pièce porte la date du 27 décembre 1787.
Il y est dit que Pierre Rojyer laisse une veuve, Marie-Charlotte
Le Cesne, et neuf enfants, parmi lesquels Pierre-Alexandre^
François-Henry, peintres, et Claude-Raymond, sculpteur.
Nous possédons la copie d'un jugement rendu en 1792 contre
une dame Satens tombée en démence et dont l'interdiction est
demandée par sa famille. Or, au nombre des témoins cités par les
requérants, figurent deux des fils de Pierre Rojrer que nous
nommons plus haut. Nous ne donnons ici qu'un extrait du Juge-
ment de l'affaire Satens dont le fond reste étranger à toute ques-
tion d'art. Cet extrait n'est pas sans intérêt. Il éclaire sur plus
d'un point l'histoire des Royer qui occupaient un certain rang.
M. Guiffrey dit formellement qu'il a « peu rencontré d'artistes
aussi opulents. »
Pierre-Alexandre Royer, maître peintre de l'Académie de
Saint-Luc, qui demeurait en 1787 rue Basse-du-Rempart, y
demeure encore en 1792 : son neveu, chargé de le remplacer
devant le tribunal dans l'affaire Satens, nous l'apprend. Il en est
de même du sculpteur Charles-Raymond Rayer, que M. Guif-
frey dénomme Claude-Raymond , mais aucun doute n'est possible
sur l'identité du personnage.
LES ROYER. 343
A quel titre les Royer comparaissent-ils? Nous étions tout près
de supposer que des relations de voisinage ou d'amitié avaient
seules déterminé les enfants de la dame Satens à les prendre
comme témoins. Nous pensons que des liens de parenté ont uni
les Satens et les Royer. On a vu plus haut que Pierre Royer
avait laissé une veuve, née Marie-Charlotte Le Cesne. Or, la
veuve Satens, contre laquelle on plaide en interdiction, est née
Simonne Le Cesne, Peut-être faut-il voir en elle la propre sœur
de Marie-Charlotte. Les dates énoncées ici autorisent cette hypo-
thèse.
Henry Joum.
Louis, par la grâce de Dieu, et par la loi constitutionnelle de
l'État, roi des Français, à tous ceux présens et à venir, salut : le Tri-
bunal du deuxième arrondissement du département de Paris, séant
bâtimens des Petits-Pères de la place Louis XIV, a rendu le jugement
suivant :
Sur le rapport fait à l'audience publique dudit tribunal par M. Gi-
rard de Bury, l'un des juges :
1° De la requête présentée par Jean-Charles Satens, citoyen de
Paris, Jean-Mathias Satens, homme de loi, Vincent Dufour, aussi
homme de loi, au nom et comme mari de dame Marie-Angélique
Satens, sa femme, tous trois demeurant à Paris, rue du Renard
Saint-Sauveur, ladite requête expositive, que dame Simonne Lecesne,
veuve de sieur Philippe-François Satens, leur mère, âgée de soixante-
neuf ans passés, étoit tombée en démence, et se trouvoit hors d'état
d'administrer sa personne et ses biens, ils se trouvoient dans la
malheureuse nécessité de provoquer son interdiction, et la nomina-
tion d'un curateur à son interdiction; que, ce considéré, il plût au
tribunal leur permettre de convoquer pardevant lui la famille de
ladite dame Satens, pour donner son avis sur l'interdiction de ladite
dame Satens, et la nomination d'un curateur, pour, après ledit avis,
être procédé à l'interrogatoire de ladite dame Satens, et le tout com-
muniqué à M. le commissaire du roi, être, par le tribunal, statué ce
qu'il appartiendroit, ladite requête signée Fondeur, avoué des requé-
rants, ensuite de laquelle est l'ordonnance de M. Agier, en date du
vingt-six juillet dernier, duement enregistrée le lendemain par Thi-
baudier, portant : soient les parens et amis convoqués devant
M. Girard, juge suppléant du tribunal, lundi trente du présent mois,
huit heures du matin;
2° Et du procès-verbal fait pardevant mondit sieur Girard de Bury,
en exécution de ladite ordonnance, ledit jour trente juillet dernier,
ledit procès-verbal contenant la comparution des parens et amis de
344 ^^^ ROYER.
ladite veuve Satens : savoir de sieur Jean-Charles Satens, fils aîné de
ladite dame Satens, et citoyen de Paris, y demeurant rue du Renard
Saint-Sauveur; de sieur Jean-Mathias Satens, homme de loi, aussi
fils de ladite dame, demeurant à Paris, susdite rue et paroisse; de
sieur Vincent Dufour, homme de loi, gendre de ladite dame, à cause
de Marie-Angélique Satens, sa femme, demeurant à Paris, susdite
rue et paroisse ; de sieur François-Marie-Joseph Royer, peintre en
bâtiments, demeurant à Paris, rue de Sève, paroisse Saint-Sulpice,
neveu de sieur Pierre- Alexandre Royer, peintre, demeurant à Paris,
rue Basse-du-Rampart, n" vingt-deux, paroisse de la Madeleine de la
Ville-l'Évêque; de sieur François-Henri Royer, peintre, demeurant
à Paris, rue du Four-Saint-Germain, paroisse Saint-Sulpice; de
sieur Charles- Raymond Royer, sculpteur, demeurant rue des Vieilles-
Tuileries, lesquels avoient dit que, depuis environ un an, ils s'étoient
apperçus que les facultés morales de ladite dame Satens s'affoiblis-
soient; mais, depuis six mois, ils avoient remarqué que la raison
étoit totalement perdue ; qu'elle ne parloit à personne, pas même à
ses enfans; qu'elle répondoit tout au plus aux complimens d'usage
dans la société ; qu'il lui arrivoit de se mettre à chanter ou à compter,
sans ordre et sans suite; que, depuis ces six mois en particulier, elle
ne s'occupoit plus de son ménage, ni des affaires ; qu'elle signoit
même ce qu'on lui présentoit, sans se faire rendre compte de ses
affaires et sans demander de l'argent, s'il étoit question de recette ;
que dans une pareille position, qui étoit à la connoissance de tous
les comparans, les sieurs Satens et le sieur Dufour, fils et gendre de
ladite dame Satens, avoient présenté leur requête au tribunal, pour
avoir la permission d'assembler la famille : ce qu'ils avoient effectué
ledit jour, en exécution de l'ordonnance intervenue sur icelle; et
tous, après avoir prêté le serment en tel cas requis et accoutumé,
avoient déclaré qu'ils étoient unanimement d'avis que ladite dame
Satens fût et demeurât interdite de l'administration de sa personne
et biens; et que le sieur Jean-Charles Satens, son fils aîné, qui, à son
égard, s'en est rapporté à justice, soit nommé curateur à ladite inter-
diction, à l'effet de régir et administrer sa personne et biens, etc.
Le Tribunal, jugeant en première instance, etc.
Fait et jugé par Pierre-Jean Agier, etc.
Mandons et ordonnons à tous huissiers sur ce requis, etc.
Enregistré à Paris le 17 août 1792, reçu treize livres. Signé : Thi-
baudier.
Insinué sur le registre du greff'e dudit tribunal, sous le n° 24,
fol. 63 v" et T°, l'an quatre de la liberté, le vendredi dix-sept août
mil sept cent quatre-vingt-douze. Signé : Acart. Vingt sols.
l'église de la madeleine de 1828 A i83c. 345
L'ÉGLISE DE LA MADELEINE
de 1828 A i83o.
Communication de M. Henry Jouin.
Nous avons fait connaître les divers projets adoptés en i8i6
pour la décoration de Téglise de la Madeleine ^ On ne lira pas
sans intérêt Texposé des conflits auxquels donnait lieu, douze ans
plus tard, l'achèvement de la construction. Il va de soi qu'en par-
lant d'achèvement nous adoptons pour une heure l'illusion des
architectes et du Conseil des Bâtiments civils de 1828. On se
croyait au but, mais de longues étapes étaient encore à franchir.
La pièce qui suit renferme un rapide exposé des vicissitudes subies
par le monument depuis la date de sa fondation qui déjà remonte
à un demi-siècle. François Grille est l'auteur de ces pages que
nous avons transcrites au département des manuscrits de la
Bibliothèque d'Angers (n" 1042 du catalogue). Et, chose digne de
remarque, ce document officiel n'est point ennuyeux !
H. J.
Ministère de l'Intérieur. — Direction des Sciences, Belles-Lettres
et Beaux- Arts. — 2^ Division. — Bureau des Monuments.
L
Compte-rendu et proposition au sujet des plans de V Église
de la Madeleine.
** Rapport au Ministre.
Paris, le 19 avril 1828.
Monseigneur,
Il semble que les grands travaux d'Architecture en France ne
puissent marcher qu'au milieu des débats et des contradictions.
Les églises, les palais, les arcs de triomphe n'arrivent à leur terme
qu'après avoir été l'objet de toutes les incertitudes et de tous les obs-
tacles.
La pensée d'un monarque les fonde, le Trésor s'ouvre et s'épuise
pour leurs dépenses. Mais les artistes ne sont d'accord ni pour le choix
de celui d'entre eux qui doit être chargé de l'exécution, ni pour les
projets qui doivent être adoptés, ni sur l'effet des monuments quand
ils sont enfin achevés et qu'ils sont livrés à leur critique.
Ces réflexions naissaient dans mon esprit lorsque je me rappelais
I. Voy. p. 25o à 275.
346 l'église de la madeleine de 1828 A i83o.
toutes les opinions qui avaient été émises relativement à la Colonne
de la place Vendôme, au palais de la Bourse, à l'Opéra, à la Galerie
du Louvre, à l'Arc du Carrousel.
Mais elles devenaient plus vives quand elles s'appliquaient aux plans
des édifices en construction ou de ceux qu'il s'agit d'élever, tels que
l'Arc de l'Étoile, la Bibliothèque du Roi, la Chambre des Députés,
l'Église de la Madeleine.
Tous les dessins et tous les devis sont l'objet d'attaques et de con-
troverses, aucun d'eux n'est arrêté à demeure, tous sont à l'examen
encore et cependant les travaux s'avancent, les pierres, les marbres
sont apportés, d'énormes sommes sont payées, de forts crédits sont à
ouvrir. C'est à Votre Excellence qu'il appartient de prendre des réso-
lutions définitives qui fixeront toutes les idées et assureront la marche
et les résultats de ces grandes et belles entreprises.
Le rapport que je vous présente aujourd'hui, Monseigneur, est rela-
tif particulièrement à l'Église de la Madeleine.
Je mets sous vos yeux des pièces, des avis, des ordonnances qui
seront tout à fait opposés les uns aux autres.
Si je remontais jusqu'à l'origine, je trouverais que la première pierre
de cette église fut posée sous le règne de Louis XV, au mois d'avril
1764; l'architecte désigné était Contant d'Ivry, qui mourut en 1777.
Les murs étaient à quinze pieds du soH.
L'architecte Couture qui vint après changea tout. On démolit et on
reconstruisit ; à l'époque de 1 789, l'édifice était très avancé ; les colonnes
que le second plan avait ajoutées au péristyle étaient debout.
Longue suspension alors dans les travaux.
On les reprit sous le gouvernement impérial, mais, par les projets
que M. Vignon avait dressés et qui furent arrêtés en Pologne, les
colonnes étaient déplacées; il en était ajouté un grand nombre de
nouvelles ; il s'agissait d'un Temple de la Gloire, et tout le caractère
du monument s'alliait à l'idée de la nouvelle conception.
Le retour du Roi rend l'édifice à sa première destination ; c'est un
monument religieux qu'il faut élever et de plus c'est un monument
expiatoire : une ordonnance du 14 février 1816, rendue en vertu de
la loi du mois de janvier précédent, porte que l'on y placera les mau-
I. Donnons ici un extrait des Mémoires secrets de Bachaumont (t. XVII,
p. 121) : « 12 avril 1781. On s'occupe très sérieusement de la nouvelle
salle de la Comédie italienne, et les travaux se poussent avec vigueur; on
prétend même qu'on a enlevé les ouvriers occupés à la construction de l'église
de la Madeleine pour les transporter à cet édifice profane, ce qui scandalise
fort les dévots. » — Pour peu que les Mémoires aient dit vrai et que ce fait
se soit reproduit de temps à autre, toutes les lenteurs subies par la cons-
truction de la Madeleine s'expliquent sans grand effort.
l'église de la madeleine de 1828 A i83o. 347
solées de Louis XVI, de la Reine Marie-Antoinette, de Louis XVII,
de la princesse Elisabeth.
M. Briiyère, qui était directeur des travaux publics, envoie divers
plans pour l'exécution de la loi et de l'ordonnance.
L'un de ces plans est adopté par une ordonnance du 22 avril 1816;
par l'article i**", M. Vignon est confirmé dans ses fonctions d'archi-
tecte de la Madeleine ; par l'article 2, il lui est enjoint de soumettre
au Ministre tous les détails d'exécution.
Ici commença une lutte qui s'est perpétuée jusqu'à ce moment.
M. Vignon prétendit que les dessins admis en principe, mais qui
devaient être suivis d'études et de développements, n'étaient point
ceux qui lui appartenaient. Il les rejetait et s'en écartait dans les
détails qu'il avait à fournir et il les modifiait sur deux points princi-
paux : l'un relatif à la décoration intérieure, l'autre concernant les
parties supérieures de l'édifice.
Des explications furent données par M. Bruyère; l'architecte ne se
mit point d'accord avec le Directeur. Le Ministre, pour éclairer la
question, nomma une commission prise dans le sein de l'Académie
des Beaux-Arts pour examiner toute l'affaire.
Cette commission fut composée de MM. Fontaine, Percier, Heur^
tier et Thibaut.
Elle donna raison à l'architecte. Un rapport dans ce sens fut fait au
Roi et une ordonnance, rendue le 6 mai 1818, interpréta celle de
1816 de manière à faire achever l'église suivant des plans nouveaux,
qui sont ceux que l'on a suivis postérieurement et jusqu'à la fin de la
campagne dernière.
Mais depuis que M. Héricart de Thury a pris la direction des tra-
vaux, il a toujours montré de l'inquiétude sur la construction des
« parties supérieures » dont il faut à présent s'occuper.
Il a pensé que, par les projets tels que les avait conçus M. Vignon,
ces constructions n'auraient point la solidité désirable et que, si l'on
ne prenait pas de mesures différentes de celles que cet architecte avait
proposées, on compromettrait absolument la durée et l'existence d'un
monument qui aurait exigé tant de frais.
Les rapports de M. de Thury ont été à leur tour renvoyés au Con-
seil des Bâtiments civils et l'on y a joint les observations contradic-
toires de l'architecte.
Le conseil a nommé une commission composée de MM. Labarre,
Rohault et Gourlier; cette fois l'avis a été conforme à celui du Direc-
teur, et l'on s'est accordé pour déclarer que l'achèvement de l'église
de la Madeleine devait être conduit d'après les vues et indications
qu'avait primitivement consacrées l'ordonnance du mois d'avril 1816.
Le Ministre toutefois n'a point adopté ces conclusions et, par une
lettre du mois de juillet 1827, il a décidé au contraire qu'on s'en tien*
348 l'église de la madeleine de 1828 A i83o.
drait au système d'architecture adopté en 181 8, sauf à prendre les
précautions accessoires pour remédier aux inconvénients trop graves
que le conseil avait signalés.
L'affaire en était restée là, lorsque, le 26 février dernier, le Direc-
teur des travaux a cru devoir appeler l'attention de Votre Excellence
sur un objet aussi important. 'Son rapport a été soumis au Conseil des
Bâtiments pour un examen approfondi et un avis est intervenu entiè-
rement conforme à celui de 1827, c'est-à-dire que l'on insiste pour
faire exécuter les parties supérieures de la construction autrement
que ne le veut M. Vignon et d'après le vœu formellement émis et par
les derniers commissaires et par M. Héricart de Thury.
La différence capitale qui existe entre les deux projets consiste dans
la manière d'éclairer l'intérieur de l'édifice.
M. Vignon veut que les jours viennent par six arcs latéraux dans
toute la longueur de la nef.
M. Héricart de Thury et le conseil demandent que les jours des-
cendent du haut des coupoles.
S'il n'y a point d'arcs ouverts sur les parties latérales, les murs de
la cella seront montés jusqu'à la couverture et de là évidemment une
solidité et une durée plus grandes.
Outre cela, les jours venant de la voûte seront plus également
répandus et les objets de décoration intérieure seront mieux vus dans
leur perspective régulière sans rayons contraires et divergents.
Je dois ajouter une considération.
Quand l'ordonnance du mois d'avril 18 16 eut été rendue et qu'il
eut été arrêté que les « arcs doubleaux » seraient pleins, un rapport
au Roi fut présenté pour faire décider que ces emplacements très
propres à la peinture seraient décorés des tableaux de nos meilleurs
maîtres.
Des sujets pris dans l'histoire de nos princes furent désignés et une
approbation générale fut donnée à tout cet ensemble d'une vaste et
noble décoration qui complétait l'édification de l'Eglise de la Made-
leine et devait en faire un des monuments les plus majestueux et les
plus augustes.
Lorsque M. Vignon a fait décider qu'au lieu de ces arceaux peints
il y aurait de simples vitrages, sans doute il a fait remarquer qu'au-
tant que possible on mettrait des peintures à la voûte.
Mais cela ne remplaçait point les sujets désignés et qui devaient se
développer dans les arcs de cinquante pieds de long et de vingt pieds
de haut qui étaient réservés par le premier plan.
Quoi qu'il en soit, Monseigneur, de tous ces intérêts qui se croisent
ou plutôt à cause même de la complication de ces intérêts, je crois
devoir proposer à Votre Excellence de former une commission spé-
ciale qui, pour obtenir que toutes les opinions eussent leurs défenses.
l'église de la madeleine de 1828 A i83o. 349
pourrait être composée des membres vivants des deux précédentes
commissions.
Ce seraient MM. le baron Fontaine, Percier, Labarre, Rohault,
Gourlier et Hervé, sous la présidence du comte de Tournade.
Tous les documents, plans, dessins, devis leur seraient remis et ce
serait sur leur avis que Votre Excellence serait à même de prendre
une détermination sur l'achèvement d'un édifice qui, lorsqu'il sera
livré au culte, n'aura pas coûté moins de douze à quinze millions.
Je vous prie. Monseigneur, d'agréer l'hommage de mon respect.
Le Directeur des Sciences, Belles-Lettres
et Beaux-Arts, ^
Vicomte Fréneau.
Le Chef de Division, rapporteur,
F. Grille.
En marge est écrit :
Approuvé par le Ministre, Mgr de Martignac.
IL
Sculptures intérieures de l'Église de la Madeleine.
Remplacement de MM. LEMOT et DUPATY.
Ministère de l'Intérieur.
Paris, le 2 septembre 1828.
Monseigneur,
Les monuments expiatoires ordonnés en 1816 au Roi Louis XVI, à
la Reine Marie-Antoinette, à Louis XVII, à la princesse Elisabeth
doivent être placés dans l'Église Royale de la Madeleine.
Les Artistes chargés de ces travaux étaient M" Lemot , Dupaty,
Bosio.
Les deux premiers sont morts et je viens proposer à Votre Excel-
lence de les remplacer, le premier par M. Ramey père, qui fait la sta-
tue colossale du cardinal de Richelieu pour le pont Louis XVI ; le
second, par M"" Petitotfils, qui a fait la statue de Louis XIV pour la
ville de Caen.
M. Ramey est membre de l'Institut. M. Petitot a été Pensionnaire
du Roi en Italie, après avoir obtenu le premier grand prix de Sculp-
ture à l'Institut.
Le prix de ces monuments a été fixé à 5o,ooo 1.
Mais il s'exécutera en plusieurs années et d'ici à deux ans il n'y
aura que des esquisses et modèles à payer.
Le moment est venu de s'occuper de la sculpture de l'Église, parce
35o .l'église de la madeleine de 1828 A i83o.
que les travaux d'architecture vont s'achever et qu'il faut â présent
dresser les plans et faire les dessins particuliers du placement des
mausolées.
Les projets â cet égard doivent être arrêtés par l'architecte, M^'iferve,
d'accord avec les statuaires ; il devient donc nécessaire de compléter
le nombre de ceux-ci et c'est l'objet du rapport que j'ai l'honneur de
soumettre à Votre Excellence.
Indépendamment des monuments expiatoires dont je viens de par-
ler, il y aura un autel dédié à sainte Madeleine, à l'entrée du chœur;
un grand bas-relief pour le Fronton, trois figures dans de hautes pro-
portions au-dessus du péristyle extérieur, et enfin le mausolée de
Mgr de Sèze que ^ a permis de placer auprès de celui du Roi dont
il fut le défenseur.
Ces derniers travaux sont confiés à MM. Cartellier^ Gérard et
Roman.
Tous les artistes devront s'entendre pour coordonner leurs ouvrages
dès que la décision que je réclame aujourd'hui sera rendue, une réu-
nion aura lieu et le résultat de la discussion ouverte mettra à même de
prendre la détermination définitive qui est attendue sur les sculpteurs
de l'Église.
Je finis.
Grille.
III.
Le Fronton de la Madeleine.
Les lignes qui suivent, datées d'avril 1829, sont encore de François
Grille :
Vingt-sept statuaires s'étaient fait inscrire jusqu'au 25 avril pour
le concours du bas-relief du Fronton de la Madeleine.
Les esquisses doivent être exposées à l'église même, à partir du
i" mai.
On dit déjà beaucoup de bien de plusieurs d'entre elles.
On espère beaucoup de l'émulation qui a été excitée par le con-
cours.
On a loué l'ensemble et consigné certains détails de la mesure.
On consigne largement, on loue sobrement : c'est l'usage.
Entre les censures, il y en avait une assez amère et qui n'était
pas signée. Elle reposait sur des données peu exactes.
1. Un blanc.
l'église de la madeleine dei828ai83o. 35i
On en connaît aujourd'hui l'auteur.
Un petit livre a paru sur la mendicité. L'écrivain est nommé
en toutes lettres ; sur le frontispice et au dos de la couverture on
lit : « Se trouve, du même auteur^ chez les mêmes libraires^
les ouvrages suivants : Réflexions sur le Fronton de la Made-
leine^ etc. »
L'incognito est donc trahi, cherchez le nom à présent.
Les deux productions en valent la peine. Elles ne manquent ni
de verve ni d'esprit. Il ne faut plus qu'une chose, c'est que l'expé-
rience vienne mûrir cette jeune Raison.
Que veut dire cela, sinon qu'au mois d'avril 182g le Fronton de la Made-
leine, ou, pour être plus exact, le concours ouvert en vue de l'exécution de
cet ouvrage était l'objet de brochures quelque peu violentes ? Nous ne pou-
vons dire à quelle « jeune raison » Grille fait ici une allusion mordante.
Nous n'avons pas découvert la brochure sur la Mendicité qui nous eût livré
le mot de l'énigme. Un moment, nous avons cru que le sculpteur TTtéophile
Bra n'était pas étranger aux manifestations dirigées contre le ministère de
l'Intérieur. La lettre qui suit nous autorisait à le penser. Adressée à Fran-
çois Grille en mai 1829, elle a tout le caractère d'un réquisitoire implacable.
A Monsieur Grille^ chef de division au Ministère
de ^Intérieur.
22 mai 1829.
Monsieur,
Lors ce que d'accord avec plusieurs de mes confrères je fus au
Ministère vous demander une expédition du programme ou de
l'arrêté de son E. le Ministre de l'Intérieur relatif au concours
pour le Fronton de la Madeleine, vous parûtes étonné de ma
demande et vous me répondîtes qu'il n'y en avait point. Étonné
moi-même de la singularité de vos paroles, car je ne comprends
pas un concours sans programme, lorsqu'il s'agit d'un travail qui
sert d'introduction à un monument important par sa destination,
monument qui est le programme pour tous artistes appelés à le
confectionner, j'insistai, en vous rappelant l'arrêté de son E. qui
renferme un programme; je vous fis observer que, sans la pro-
mulgation de cet arrêté, le public ne serait point en état de juger
si telle ou telle composition était ou non en rapport avec ce que
commande l'Église Royale de la Madeleine, Vous reprîtes en
disant que le concours ne regardait pas le public, qu'il y avait une
commission pour en décider ; ma réponse était naturelle : pour-
352 l'église de la madeleine de 1828 A i83o.
quoi rexposition publique? N'ayant alors rien à objecter, vous
m'envoyâtes auprès de M. le vicomte Siméon, en m'assurant qu'il
répondrait à ma lettre. Fatigué de ces débats, je vous quittai en
vous déclarant que je ferais afficher le Moniteur le soir même, ce
que j'ai fait exécuté.
Voilà, Monsieur, mot pour mot, la conversation que j'ai eu
l'honneur d'avoir avec vous. Arrivé aux Petits-Augustins, j'en fis
part hautement à mes confrères et au chef du Bureau des Écoles
Royales des Beaux-Arts. M. Rabbe, écrivain distingué, l'entendit
et crut devoir en faire usage dans l'intérêt du public et des artistes.
Aujourd'hui, Monsieur, vous écrivez à ces hommes de lettres,
dont vous connaissez bien la loyauté, vous vous plaignez de plu-
sieurs artistes sans les désigner nominativement; vous soupçon-
nez qu'il se trouve parmi eux des personnes qui n'ont point rap-
porté les choses sous leur aspect véritable. Et cependant vous êtes,
dites-vous, le promoteur d'arrêtés pris à leur profit, à leur avan-
tage, vous les avez secondés vivement lors de leurs premiers pas
dans la carrière, et c'est à eux que vous attribuez en partie les
désagréments que vous éprouvez. Ici, Monsieur, je suis obligé de
soupçonner à mon tour que vous avez voulu m'atteindre, et vous
m'avouerez qu'il m'est bien permis de le penser, puisque, le col-
loque rapporté ci-dessus n'ayant eu pour auteurs et pour témoins
que vous et moi, la publicité est cause d'une partie des désagré-
ments que vous éprouvez.
Je voudrais bien savoir. Monsieur, quelle faveur je dois à votre
protection, quels bienfaits j'ai reçus devons? Cinq de mes statues
ont été exécutées soit en bronze, soit en marbre; trois furent com-
mandées par les Ministères de la Maison du Roi et de l'Intérieur,
une seule appartient à ce dernier, c'est mon début ; les ouvrages,
je les conçus sans ordre; envoyé aux expositions publiques avec
l'incertitude du succès, je dois l'avantage qu'ils ont obtenu à l'opi-
nion favorable manifestée par le public et les témoignages écrits
des hommes les plus marquants de l'Institut et de l'Ecole Royale
des Beaux-Arts. Vous ne l'ignorez pas. Monsieur, vous savez aussi
que, malgré les honorables suffrages écrits, la s\.ai\M& à'' Aristodème
a été plus mal rétribuée que beaucoup d'autres ouvrages moins
importants.
Veuillez donc. Monsieur, me faire connaître positivement les
obligations que je vous dois, les services que vous m'avez rendus.
l'église de la madeleine de 1828 a i83o. 353
Si vous prétendez me désigner d'une façon déshonorante auprès
d'un homme que j'estime, j'ai droit à une prompte justification de
votre part, ne pouvant supporter la double accusation d'avoir
manqué à la gratitude et à la vérité. Si, au contraire, je ne suis
pas au nombre des accusés, faites-le-moi connaître, Monsieur,
mais soyez persuadé que je n'avance jamais un fait que je ne puisse
prouver à l'instant et que je suis toujours prêt à me justifier vis-
à-vis de quiconque croit avoir à se plaindre de moi.
Agréez, Monsieur, mes salutations empressées.
Votre très humble serviteur,
Théophile Bra,
Rue de Beaune.
P.-S. M. Rabbe ne pouvait, sans manquer à la noblesse de
son caractère, me celer des inculpations qui en apparence pou-
vaient peser sur moi ; en me communiquant votre lettre, il a cru
remplir le devoir prescrit par l'honneur. J'aurais agi comme lui
en pareille occasion. Je vais lui envoyer ma lettre ouverte avant de
vous la faire parvenir.
La forme de cette épître n'a rien d'exquis. Un fait se dégage toutefois de
la lettre de Bra : Grille s'était jeté dans la mêlée pour défendre le concours
du Fronton. Etait-ce de toute prudence? Combien mieux eût valu pour lui
le silence traditionnel des fonctionnaires avisés! Mais Grille était intem-
pérant, impétueux, tout en dehors, trop spirituel pour être circonspect. Il
apprit, hélas! à ses dépens, quelques mois après avoir reçu la philippique
de Bra, que des aptitudes batailleuses ne sont pas de mise dans les admi-
nistrations de l'État. La Bourdonnaye, qui ne fit que passer à l'Intérieur
(8 août- 18 novembre 182g), le destitua. Il n'oublia point ses liasses de
papiers, et, relisant un jour dans la retraite la lettre du sculpteur ulcéré,
il écrivit en marge d-'un trait de plume : « Bra, statuaire, atteint de folie. »
Puis, cherchant dans ses autographes d'artistes ceux qu'il pouvait tenir de
Bra, il les rassembla dans un même pli.
Voici le premier. Il a trait à la Biographie des Artistes français que Grille
avait eu le projet de composer et qu'il voulait dédier au ministre de l'Inté-
rieur. Mais, c'est inutilement que notre fonctionnaire-écrivain vit passer
au-dessus de lui « vingt-deux » ministres, aucun d'eux ne reçut l'hommage
du livre qui est encore à faire.
A Monsieur Grille.
Paris, 7 septembre 1819.
Monsieur,
Je vous remercie infiniment de l'honneur que vous me faites
en me comprenant dans le travail que vous destinez à son Excel-
lence le Ministre Secrétaire d'État de l'Intérieur.
ART FR. IV a3 y
354 I^'^GLISE DE LA MADELEINE DE 1828 A l83o.
Ce projet, bien digne d'un protecteur des Arts, me fait con-
naître tout rintérêt que vous nous portez. Je m'empresse de vous
faire parvenir le bulletin que vous me demandez, avec les notes
qui vous sont nécessaires.
Agréez, Monsieur, l'assurance du profond respect avec lequel
j'ai l'honneur d'être
Votre très humble et très obéissant serviteur,
Statuaire.
Rue Saint-Hyacinthe-Saint-Michel, 9.
Voici une seconde lettre, sans autre intérêt d'ailleurs que celui qui résulte
d'une indication bibliographique relative à Jean de Douai. Complétons le
texte de Bra en disant qu'il s'agit ici de l'Éloge de Jean de Bologne par
Duthilleul. Douai, 1820, in-4".
A Monsieur Grille.
Monsieur,
Mes compatriotes me prient de vouloir bien vous faire agréer
l'hommage d'un exemplaire de VEloge de Jean de Bologne^ que
la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de la ville de Douai a
couronné dans sa séance du 2 5 septembre dernier.
Je saisis cette occasion de me rappeler à votre souvenir et vous
prie de me croire,
Monsieur,
Votre très humble et très obéissant serviteur,
Bra.
20 octobre 1820.
Mais, revenons au Fronton de la Madeleine. Grille écarté du ministère, la
question ne se trouva pas résolue. Nous découvrons dans les papiers de
l'ancien chef de division une lettre anonyme du 3i mai i83o, avec cette
suscription : « A Jacques Goste. » Elle a trait au concours qui avait exas-
péré le sculpteur Bra. Nous la donnons ici.
Paris, le 3i mai i83o.
Monsieur le Rédacteur,
Le Fronton de l'Église de la Madeleine a partagé pendant
quelques jours avec la politique et l'expédition d'Alger les colonnes
des journaux et l'attention publique, ce qui prouve qu'il est géné-
ralement considéré comme devant être un des ouvrages de sculp-
ture les plus importants et les plus propres à fixer l'opinion de
l'avenir sur l'état actuel de Tart en France. Cette vérité a été, il
l'église de la madeleine dei828ai83o. 355
faut le croire, sentie par l'administration précédente, et c'est sans
doute dans le but d'obtenir le plus de chances possibles d'un bon
résultat qu'elle s'était déterminée à ouvrir un concours auquel
tous les statuaires ont été appelés à prendre part ; un concours passe
encore, bien que l'efficacité de ce moyen ne soit certainement pas
incontestable et que l'expérience en ait déjà bien souvent démon-
tré l'illusion, mais cette fois on avait imaginé d'attribuer, par un
mode aussi nouveau qu'étrange, le choix des juges à ceux mêmes
qui devaient relever du tribunal ; aussi la mesure a-t-elle porté ses
fruits : le Jury, formé par la majorité des concurrents, presque en
totalité de membres de l'Institut, a-t-il bien pu se défendre d'une
certaine prédilection pour les esquisses de ceux dont les maîtres fai-
saient partie de la commission? Quoi qu'il en soit, l'exposition des
modèles à l'École des Beaux-Arts a révélé la faiblesse du second con-
cours et donné lieu de reconnaître qu'aucun des auteurs admis
n'avait compris son thème. En effet, un fronton qu'est-ce autre chose
que le frontispice du monument? De là, nécessité que le sujet
exprime la pensée principale et non un épisode de l'histoire du
monument ; que les figures, tout en remplissant l'espace, soient bien
distinctes les unes des autres ; que la pose en soit franche et combinée
à l'aide de l'ajustement, de manière à produire de larges masses
d'ombre et de lumière, effets qui seuls peuvent rendre le sujet
intelligible à une grande distance. Telles sont, en peu de mots, les
conditions indispensables pour la sculpture monumentale, les-
quelles, sans entrer dans l'analyse des bas-reliefs qui viennent
d'être exposés, ne sont dans chacun d'eux que bien imparfaite-
ment remplies, de l'avis de tous les connaisseurs. Or, il est à pré-
sumer que le Ministre, appréciant l'importance du choix qu'il
doit faire, et qui, du reste, a toute latitude pour choisir dans le
concours ou hors du concours, est disposé à prendre toutes les
mesures et à accueillir toutes les lumières propres à mettre à cou-
vert la responsabilité de son jugement, et peut-être serait-ce un
moyen d'atteindre le but que d'ajourner toute décision jusqu'à
l'époque peu éloignée de l'ouverture du Salon où les modèles pré-
sentés par le jury seraient de nouveau mis sous les yeux du public
et comparés à d'autres sur le même sujet qui d'ici à ce moment-là
pourront être exécutés.
Si l'Administration prenait ce parti, nul doute qu'alors nos sta-
tuaires, profitant de l'ajournement, ne se missent de suite à l'œuvre
et qu'il ne sortît de leurs efforts, éclairés par la discussion que le
356 ARNOULD FERRAND.
concours a fait naître, une composition digne d'un monument
qui, pareil au Parthénon d'Athènes, semble destiné à marquer le
rang que doit occuper la sculpture moderne dans l'estime de la
postérité.
J'ai l'honneur d'être^avec une considération distinguée, Mon-
sieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
Un de vos abonnés très désintéressé
dans la question.
Chacun sait que le Fronton de la Madeleine, sujet de tant de disputes, est
de Lemaire, Mais, consciemment ou non, un biographe de ce sculpteur a
décontenancé la critique à l'aide de quelques lignes étranges plusieurs fois
reproduites. « En i836, écrit Louvet, le Fronton de l'église de la Madeleine
ayant été mis au concours, M. Lemaire présenta un dessin qui fut préféré. »
Si Louvet avait dit vrai, Lemaire serait tout à fait étranger aux discussions
ardentes de 1829 et de i83o. Mais Louvet se trompe. Nous ne relevons pas
ce qu'il y a d'insolite dans le prix d'un concours de sculpture décerné sur la
présentation d'un simple dessin. Les choses ne se passent point ainsi.
Louvet, en défaut sur ce détail, l'est aussi sur la date du concours. Ouvrons
le livret du Salon de i83i, à la page 276, cinquième supplément^ nous y
lisons sous le n* 3 168 :
« Modèle du Fronton qui doit être exécuté pour la façade principale de la
Madeleine. La dimension de cet ouvrage n'en ayant pas permis le transport,
il sera exposé dans l'atelier de l'Artiste, à la Madeleine, du 10 au i5 août,
de onze heures à quatre heures. »
Ce texte est sans réplique. Le livret fut publié au mois de mai i83i.
A cette date, Lemaire avait déjà sculpté, dans de grandes proportions, le
modèle de son Fronton. C'est donc bien autour de son nom que s'est fait
tout le bruit dont il est parlé plus haut.
H. J.
LE PEINTRE TOURANGEAU ARNOULD FERRAND.
(1607.)
On a lu {suprà, p. 32 1) la note de M. V.-J. Vaillant sur Arnould Ferrand.
M. Ch. de Grandmaison, archiviste du département d'Indre-et-Loire, nous
fait parvenir quelques renseignements supplémentaires touchant l'artiste
tourangeau.
H. J.
Ouvrez le Bulletin de la Société archéologique de Touraine
(tome II, p. 181). Il y est dit c{xC Arnould Ferrand^ après avoir
été employé, en 1601, par la fabrique de Ligré à peindre un
tabernacle, était, en 1607, chargé par le duc de Bourbon-Mont-
PIERRE-ETIENNE MONNOT. 35/
pensier de l'entretien des vitres du château et de la Sainte-Cha-
pelle de Champigny. Ferrand était donc un peintre-verrier, et
peut-être lui doit-on les derniers panneaux de la région inférieure
des magnifiques vitraux de Champigny, qui ont dû être exécutés
vers 1600; mais ce n'est là jusqu'à présent qu'une simple conjec-
ture.
Ch. DE Grandmaison.
LA FAMILLE DU SCULPTEUR FRANC-COMTOIS
PIERRE -ETIENNE MONNOT.
(1628-1665.)
Dans le dernier volume publié par la Direction des Beaux-Arts
et contenant les lectures faites à l'occasion du Onzième congrès
des Sociétés des Beaux-Arts des Départements à la Sorbonne
(Paris, Pion et Nourrit, 1887), on peut lire un très intéressant
travail de M. A. Castan, bibliothécaire de la ville de Besançon,
sur a Le sculpteur français Pierre-Etienne Monnot, citoyen de
Besançon, auteur du Marmorbad de Cassel (lôSy-iySS). » Nul
mieux que M. Castan n'était préparé à une semblable étude, et
les renseignements qu'il a réussi à découvrir sur la vie et les
ouvrages de cet artiste, inconnu pour ainsi dire en France, ont
été mis en œuvre avec une rare habileté.
Si, après la lecture de cette biographie, l'on n'a plus rien à
apprendre sur Pierre-Etienne Monnot, il ne sera peut-être pas
inutile de connaître sur sa famille quelques nouveaux renseigne-
ments, tirés des archives municipales de Baume-les-Dames, que
M. A. Castan a sans doute négligé de consulter.
C'est dès 1628 que l'on trouve des membres de la famille Mon-
not célèbres en Franche-Comté dans l'art de la menuiserie et de
la sculpture, à en juger par une lettre d'un nommé Pelletier, qui
recommande au lieutenant du bailliage de Baume Jean Monnot
le jeune, du Noël-Cerneux', et Daniel, son fils, « fort experts
non seulement en la menuiserie, mais aussy en la sculpture, voire
austant qu'il s'y pourroit rencontrer dans le pays^. »
1. Noël-Cerneux, cant. de Russey, arr. Montbéliard (Doubs).
2. Archives municipales de Baume-les-Dames, DD. 26.
358 PIERRE-ÉTIENNE MONNOT,
La recommandation produisit son effet, et Jean Monnot à son
tour agit de même à Tégard de Jacques Rochejean, aussi de Noël-
Cerneux, qui, grâce à ce bienveillant intermédiaire, fut chargé,
en 1634, de fcculpter un retable de la Vierge pour l'église de
Baumô^.
Ces documents indiquent clairement le lieu d'origine de cette
famille d'artistes, à qui Ton doit Pierre- Etienne Monnot, et
viennent confirmer les hypothèses de M. A. Castan : « Durant
les dernières guerres, la plupart des églises rurales de la province
avaient perdu leur mobilier, et nombreuses étaient les commandes
de retables en bois sculpté pour les autels. Un important atelier
de ce genre avait existé au Russey, et c'était là sans doute
qu'Etienne Monnot avait acquis jadis les notions qui lui ser-
virent à faire vivre sa famille et à délier la main de son fils
Pierre'E tienne^. »
Le père, Etienne Monnot, obtint de la ville de Baume une
exemption d'impôts en lôSg^. Avait-il exécuté pour la ville quelque
travail considérable dont ni les parchemins ni la tradition n'ont
conservé le souvenir? Avait-il souffert à ce point pendant la der-
nière invasion de la Franche-Comté qu'il ne pouvait plus payer
les redevances auxquelles il était soumis? Je n'irai pas jusqu'à
supposer que cette décharge lui fut accordée en considération du
futur talent de son fils, à peine alors âgé de deux ans : on n'ad-
mettrait guère ce don de la divination chez les échevins de
Baume-les-Dames, bien que l'enfant ait, dit M, Castan, donné
des signes d'une très rare précocité d'esprit.
En i665, Etienne Monnot, veuf d'Elisabeth Flegguerin,
épousa, en secondes noces, Françoise Bobillier, de Morteau;
l'acte de mariage existe encore à Baume ■*. Etienne Monnot résida
donc assez longtemps à Baume avant d'aller s'établir à Besan-
çon, où tout devait contribuer à développer et à faire connaître
les dispositions artistiques de son jeune fils.
Henri Stein.
1. Idem.
2. Recueil cité, p. 121.
3. Archives municipales de Baume-les-Dames, CC. 10.
4. Idem, GG. i.
RIGAUD. 359
UNE LETTRE DE RIGAUD A GAIGNIÈRES.
En parcourant la volumineuse correspondance de Gaignières con-
servée à la Bibliothèque nationale, j'ai rencontré une lettre de Rigaud,
à propos d'un portrait du marquis de Puysieux qui existe peut-être
encore dans quelque collection publique ou privée. Le marquis de
Puysieux était le grand-père du jeune marquis de Blanchefort, neveu
et héritier de Gaignières, ce qui explique l'intervention en cette cir-
constance du célèbre collectionneur qui, comme on sait, joignait à
tant d'autres goûts la passion des portraits. Les lettres de Rigaud ne
sont pas communes et nous croyons celle-ci inédite' :
Je suis bien fâché, Monsieur, de ne m'être pas trouvé chez
moy quand vous m'avez fait Thonneur d'y venir avec monsieur
Pévesque de Soissons et monsieur le marquis de Pisieux. J'ac-
cepte rheure que vous me mandez qu'il viendra chez moy pour
commencer son portrait; puisque le matin luy convient, Je vous
prie de luy dire que ce soit à neuf heures, afïin que j'aie le (temps)
de faire Tébauche avant midy; et, s'il le faut, je ne m'engageray
pas même l'après midy de demain; parceque, s'il estoit nécessaire,
je continueray la même journée pour gagner du temps. Je suis
ravy, Monsieur, que vous me procuriez l'honneur de peindre
Monsieur le marquis de Pisieux; j'y profiteray par plus d'un
endroit, puisqu'il me procurera celuy de vous avoir chez moy et
vous y asseurer qu'on ne peut estre, avec plus d'estime et de res-
pect que je le suis,
Monsieur,
Vostre très humble et très obéissant serviteur,
Rigaud.
Au dos : A Monsieur de Gaignere, en sa maison près les Incu-
rables, à Paris 2.
Cette lettre n'est pas datée, mais, comme on le voit par la suscrip-
tion, elle est postérieure à 1701, époque de l'établissement de Gai-
gnières dans sa maison de la rue de Sèvres, et très probablement anté-
rieure à l'année 17 12, à partir de laquelle de graves infirmités ne lui
permirent guère de quitter cette maison, où il mourut le 27 mars 1715.
Ch. DE Grandmaison,
Archiviste d'Indre-et-Loire.
1. C'est à.'' Hyacinthe Rigaud, le grand portraitiste, qu'il s'agit ici et non
de son frère Gaspard.
2. Bibl. nat., Fr. 24991, fol. i63.
36o CHARLES-ANDRÉ TRAMBLIN ET JOSEPH LABBÉ.
CHARLES-ANDRÉ TRAMBLIN ET JOSEPH LABBÉ
PEINTRES DE l' ACADÉMIE ROYALE.
A en croire les pièces dont nous publions le texte, Tramblin et
Labbé auraient fait partie de l'Académie royale de peinture et de
sculpture. Or, on chercherait vainement leurs noms sur les listes offi-
cielles, sur les procès-verbaux de la Compagnie, comme dans les livrets
des Salons. En effet, ils n'ont jamais appartenu qu'à l'Académie de
Saint- Luc. On voit par cet exemple combien était fréquente l'usurpation •
d'un titre fort envié. Il ne faut donc jamais conclure du titre de peintre
du Roi ou même de celui de membre de l'Académie royale pris par
un artiste que celui-ci appartenait réellement à l'Académie royale de
peinture et de sculpture. Charles-André Tramblin et Joseph Labbé
paraissent d'ailleurs avoir occupé une situation honorable dans la cor-
poration un peu mélangée des maîtres peintres. Le second, mort en
novembre 1767, avait le titre de peintre du comte d'Eu, suivant le
procès-verbal de scellés dressé après sa mort, dont nous avons publié
naguère l'analyse ^. Quant à Tramblin, il appartenait à une de ces
vieilles familles parisiennes qui se transmettaient de génération en
génération le goût de l'art et le titre de maître peintre, titre qui ne
laissait pas quelquefois, comme on le voit ici, que de leur peser un
peu. Fils à! André Tramblin^ mort en 1742 après avoir été professeur
à l'Académie de Saint-Luc 2, Charles-André était, en 1752, directeur
pour le Roi des ouvrages de la Chine à la manufacture des Gobe-
lins 3. On trouvera d'autres détails sur sa biographie dans les pièces
auxquelles nous renvoyons le lecteur.
A Messieurs les Prévost des Marchands et eschevins de la ville
de Paris.
Suplient humblement Charles-André Tremblin tt Joseph Labbé,
tous deux de TAcadémie royalle de peinture, qu'il vous plaise
leur permettre de faire graver le feu d'artifice que la Ville se dis-
pose de faire en rejouissance de la prise de la ville et château de
Tournay par Tarmée du Roy commandée par Sa Majesté, et en
faire faire la distribution au public, et vous ferez bien.
(Signé :) Boisneuf.
Soit communiqué au procureur du Roy et de la Ville.
Fait le premier juin 1745.
(Signé :) Sauvage.
Veu la présente requeste.
1. Nouvelles Archives de V Art français, i885, t. XI, p. 411.
2. Nouvelles Archives de l'Art français, i885, t. XI, p. 17-27.
3. Ibidem, p. 140, 142.
UNE LETTRE DE M. DE TOURNEHEM. 36 1
Je n'empêche pour le Roy et la Ville les tins et conclusions
d'icelle. Fait le premier juin mil sept cent quarante cinq.
(Signé :) Moriau.
2 juin 1745.
Permission défaire graver et distribuer au public le feu
d^ artifice pour la prise de Tournay.
Veu la requeste présentée au Bureau par Charles- André
Tramblin et Joseph Labbé, tous deux de l'Academye royalle de
peinture, tendante à ce qu'il nous plaise leur permettre de faire
graver le feu d'artitice que la Ville se dispose de faire en réjouis-
sance de la prise de la ville et château de Tournay par l'armée du
Roy, commandée par Sa Majesté, et en faire faire la distribution
au public, ladicte requeste signée Boisneuf, procureur en ce
Bureau, conclusions du procureur du Roy et de la Ville :
Nous avons permis aux suplians de faire graver le feu d'arti-
fice que le Bureau se dispose de faire en réjouissance de la prise
de la ville et citadelle de Tournay par Tarmée du Roy que Sa
Majesté commande en personne, et en faire faire la distribution
au public. Ce fut fait et donné au Bureau de la ville de Paris, le
deux juin mil sept cent quarante cinq.
Signé : de Bernage. — Baizé. — Pierre. — Sauvage.
(Arch. nat., Zih 652.)
La planche dont il est question dans les pièces qui précèdent fut
exécutée. Elle est signée : Tremblin le jeune et Labbé pinx. A Paris,
che!f Tremblin; format in-folio. Les dessins du feu d'artifice avaient
été donnés par Beausire (Jean-Baptiste-Augustin), architecte de la
ville de Paris de 1706 à lySi.
J. J. G.
UNE LETTRE DE M. DE TOURNEHEM.
(1746.)
Communication de M. le marquis de Chennevières, membre de l'Institut.
A Paris, ce 25 may 1746.
Vous este, monsieur, attaché au roy, ainsy j'espère que vous
ne me refuserez pas la demande que je vais vous faire. Sa Majesté
362 BIBLIOGRAPHIE.
m'a mis dans une place où je dois auoir pour objet la protection
des arts et au deffaut dé cognoissances aussy parfaittes qu'il seroit
nécessaire pour les faire fleurir, je dois auoir au moins le discer-
nement de choisir auec qui je puisse parvenir à la perfection que
je desirerois. J'ay dans cet esprit que j'ay jette les yeux sur vous
et je me suis flatté que vous ne me refuseriez pas vos conseils,
que j'ose dire que vous deuez à nostre maistre. Mon intention
est devons consulter sur tout ce qui regardera la peinture, scul-
ture, même gravure. J'ay ordonné à M"" Boucher de me faire deux
esquices pour deux tableaux nécessaires dans la chambre du roy
à Marly. Il me les a aporté ce matin. Je vous serois bien obligé
si vous vouliez bien demain dans la matinée ou dans l'apres
midy, car je dinneray chez moy, ou vendredy matin à l'heure
que vous voudrez m'aider à voir ce que vous croirez qui pouroit
estre à désirer pour la perfection de l'ouurage. J'attens là-dessus
de vos nouuelles, et suis très parfaittement, Monsieur, vostre très
humble et très obéissant seruiteur.
Lenormant.
Le Normand de Tournehem avait été nommé Directeur général des
Bâtiments en décembre 1745. A qui cette lettre est-elle adressée? au
comte de Caylus, j'imagine, à en juger par ce que rapporte Cochin,
dans son Mémoire sur Caylus, p. 65. {Mémoires inédits de Ch. Nie.
Cochin^ publiés par M. Ch. Henry.)
BIBLIOGRAPHIE.
Inventaire des Richesses d'art de la France. — Un nouveau tome de la
publication de l'État vient de s'ajouter aux sept volumes précédemment parus
(E. Pion, Nourrit et C», rue Garancière, 10). C'est le tome II de la série des
Monuments civils de la province. Il renferme les monographies des Musées
de Nantes et de Dieppe, de la préfecture de Versailles, de la bibliothèque de
Besançon, de l'hospice de la Charité de Lyon, du château de Gien, des hôtels
de ville de Beaugency, Bellegarde et Lorris (Loiret). Les auteurs de ces mono-
graphies, très étudiées, sont 'MM. Castan, Merson, Charvet, Milet, Edmond
Michel. Une Table analytique et raisonnée, par M. Henry Jouin, complète
cet intéressant volume. — P. N.
RoNDOT (Natalis). Nicolas Bidaii, sculpteur et médailleur à Lyon (1622-
1692). Lyon, impr. Mougin-Rusand, in-8% 26 p. et i planche. — L'artiste
jusqu'ici peu connu sur lequel M. Rondot vient d'attirer l'attention occupe
un rang distingué parmi les graveurs de la ville de Lyon, où il a travaillé
pendant quarante ans. Après un chapitre consacré aux détails biographiques
BIBLIOGRAPHIE. 363
vient l'énumération de ses œuvres de sculpture, puis de ses médaillons.
Dix-sept de ces médaillons ont été retrouvés par l'auteur de la monographie
qui en donne une description détaillée. Ils prouvent que Nicolas Bidau
était un artiste de valeur et, pour que le lecteur puisse en juger par lui-même,
M. Rondot a joint à sa notice la photogravure du portrait de François
de Baglion, comte de la Salie, prévôt des marchands, signé : Bidau, i658.
— J.-J. G.
Maignien (Edmond). Les artistes grenoblois, architectes, armuriers, bro-
deurs, graveurs, musiciens, orfèvres, peintres, sculpteurs, tapissiers, tour-
neurs, etc. Notes et documents inédits. Grenoble, X. Brevet, 1887, in-8°,
384 p. — Le nouveau volume que M. Maignien vient de joindre à la série
déjà nombreuse des monographies provinciales consacrées spécialement aux
artistes contient environ 1,200 noms, inconnus jusqu'ici pour la plupart. Le
plus grand nombre de ces articles provient du dépouillement systématique
des archives notariales. Les registres paroissiaux et municipaux de Grenoble
ont aussi fourni leur contingent. D'ailleurs l'auteur a indiqué pour chaque
article les sources de ses renseignements. Inutile d'insister sur l'importance
d'un pareil ouvrage. Ajoutons que l'intéressante communication faite cette
année par M. Henri Stein, à la réunion des délégués des Sociétés des Beaux-
Arts, sur les maîtres de l'œuvre en Dauphiné et les peintres de la ville de
Grenoble vient utilement compléter sur plus d'un point le précieux dépouil-
lement des minutes notariales dû à M. Maignien. — J.-J. G.
JouiN (Henry). Musée de Portraits d'artistes (Laurens, éditeur). — Voici
un nouvel ouvrage de cet infatigable travailleur. M. Henry Jouin se fait un
plaisir de la production et, là où tant d'autres trouvent une peine parfois
démesurée, lui, il cherche une joie immanquable. A voir chacun de ses volumes
de critique ou de catalographie, à les voir aussi denses et complets, on sent
une conscience tout heureuse d'épuiser tel et tel sujet successivement. En
lui l'érudition est une passion continue et se renouvelant à mesure. Déjà en
1878, M. Jouin avait attaché son nom à la mise en forme du catalogue des
Portraits historiques de l'Exposition universelle. Son Musée de Portraits
d'artistes était en germe dans cette première élaboration et la spécialisation
très étendue d'un bon nombre de ces portraits historiques a donné naissance
au livre d'aujourd'hui. D'ailleurs les projets de M. Castagnary, directeur des
Beaux-Arts, font, par un très heureux hasard, une actualité de ce volume de
recherches. Pour un livre d'érudition d'art, le cas est unique, et l'on n'a pas
de ces chances sans l'avoir mérité! Ni l'artiste, ni l'amateur, ni le lettré, ni
le curieux ne pouvaient souhaiter pour leurs travaux ou leurs documents de
guide plus précis ni plus compact. C'est un état de plus de trois mille por-
traits peints, dessinés ou sculptés d'artistes français. L'un des meilleurs résul-
tats de cet ouvrage sera peut-être de faire surgir un jeune iconographe assez
désintéressé d'ambition pour s'enterrer soit à Versailles soit au Cabinet des
estampes dans le débrouillement partiel de nos séries historiques de portraits.
Le volume de M. Henry Jouin peut donc compter sur la reconnaissance et les
sympathies effectives de tous les gens assez avisés pour prévoir les nombreux
partis à tirer de cette inépuisable mine. — Henry de Chennevières.
cd^
TABLE
ANALYTIQUE ET RAISONNÉE
DE LA QUATRIÈME ANNEE
(1887).
SIGNES ET ABREVIATIONS :
A. signifie Architecte. — Aq., Aquarelliste. — Art. dr., Artiste drama-
tique. — Art. lyr., Artiste lyrique.— Br., Brodeur. — Carie, Caricaturiste.
— Cér., Céramiste. — Cis., Ciseleur. — Comp., Compositeur. — Dess.,
Dessinateur. — Éd., Éditeur. — Ém., Émailleur. — Fond., Fondeur. —
G., Graveur. — Gr, en méd., Graveur en médailles. — Hist., Historien. —
Imp., Imprimeur. — Jo., Joaillier. — Lap., Lapidaire. — Lith., Litho-
graphe. — Méd., Médailleur. — Men. éb.. Menuisier ébéniste. — Mod.,
Modeleur. — Mon., Monnayeur. — Mos., Mosaïste. — Orf., Orfèvre. —
P., Peintre. — P. sur porcel., Peintre sur porcelaine. — P. verr., Peintre
verrier. — Phot., Photographe. — Se, Sculpteur. — Stuc, Stucateur. —
Tap., Tapissier. — Verr., Verrier.
Le mot Bibliogr. indique un article bibliographique spécial ou une men-
tion d'ouvrage.
Un astérisque (*) précède les noms de lieux.
ABECEDARIO.
Abecedario, 17, 22, 38, 41, i32.
Abel, 72, 106. Voy. Caïn.
Abel de Pujol, p., 256.
*Abbeville, 17, 27, 28, 42,
— Description des églises d', 28.
— Topographie historique et archéo-
logique d , 27.
Aboukir (Bataille d'), 255.
Abret (Pierre), p., i5o.
Abraham (Lucien), a., 292-293.
Académie de Saint-Luc, 64, 127,
342, 36o.
Académie royale de musique au
XVIII' siècle, 1 27.
Acart, 344.
— AGIER.
Achard, archiviste, 9.
Achard (Jean-Baptiste), p., 325.
Actes d'état civil d'artistes français,
193-203.
Adam, 276.
Adam (Jean II), p. verr., 235.
Adenet, p. verr., 227, 228.
Adimante foudroyé par Jupiter, 220.
Adoration, 12.
Adoration des bergers, i5, 55.
Adoration des mages, i5.
Adoration des rois, i3, 280.
Adrien P', pape, 262.
Ages (les Trois), 254.
Agier (Pierre-Jean), 344.
AGNEAU.
AUBE.
365
Agneau noùveau-né (1"), igo.
Agnès, p., 100.
AiUefol. Voy. Jacquet.
Aillet dit Fréminet (Jean), p. verr.,
241.
Aillet (Pierre I), p. verr., 241.
*Aix, 2, 3, 4, II, 143, 178, i83,
262, 283, 284, 285, 286, 314.
Alaric, 262.
Album paléographique, 223-224.
Alceste. Voy. Hercule.
Alexandre (Batailles d'), 253.
*Alger, 354.
Alkan, 129.
AUain (Jacques), 141.
Amboise (cnâteau d'), n5.
Amequin (Benoît), se, 3oi-3o2.
Araequin (Damien), 3oi.
♦Amiens, 11, 16, 17, 18, ig, 21, 22,
23, 24, 25, 28, 42, 45.
Amiens {Histoire d'), 17, 22, 25.
— (Histoire littéraire de la ville
d\ 23.
Amour de l'or (1'), 3 18.
Ananias, 82.
Ancelin ou Ascelin (Jean), poète, 160.
Ancre (la maréchale d'), 3i.
*Andelys (les), 17, ig, 23, 25, 26,
27, 42.
André (Frère), p., 55.
André (Philibertej, 291.
Andrieu (Bertrana), gr. en méd., 3 14.
Andromaque et Pyrrhus, 255.
Andry (Jean), 29g.
Anet (château d'), 64.
Angélique et Médor, 257.
Angélus (1'), igo.
*Angers, 2i5, 217, 218, 21g, 220,
222, 223, 25o.
Anges (deux), 3 10.
Angiviller (d'), 3i3.
Angleterre (la reine d'), 33 1.
*Angoulême, 02, 206, 207.
Angranville {a'), 14.
Anjou fduc d"), 275, 27g.
Anjou (M"^ Yolande d ), 7g.
Annales de la Peinture, 178.
Anne d'Autriche, 26, 43, 45.
Annonciation, 106, 109.
Ansiaux, p., 256.
*Antibes, 10.
Antier (Pierre), 29g.
Antigna (Jean-Pierre-Alexandre), p.,
192.
Antigone. Voy. Œdipe.
Antin (duc d'), 3 16.
Antoine, se, 74.
Antoine, p., 99.
Antoine I, p., i52.
Antoine 1, p. verr., 234.
Antoine 11, p., i5g.
Antoine 11, p. verr., 238.
Antoine (maître). Voy. Colas.
*Anvers, 320.
Apprenant au bébé à marcher, igo.
Arabe pleurant son coursier, 256.
Arbois (Pierre d'), 228, 22g, 23o,
23l.
Arbon, prêtre, ig5.
Arcelin. Vo)r. Haslin.
Arche ^Antoinette), 201.
Arche (Jacques), 201.
Architectes, 47-5 1, 52, 53, go, 11 5,
116, iig, 290, 3o3, 323, 34o-34g,
363.
Architecture, 47-48, 5o-5i, go, ii5,
1 16, 345-340.
Archives de 1 Aube, 84.
Archives communales de Toulon,
i83.
Archives de V Art français {Ancien-
nes), 14, i3o, loi, lii.
Archives de l'Art français {Nou-
velles), 2g, 124, 126,' i3i, i33,
134, i36, i52, i5g, 161, 162, i63,
2o5, 324, 342, 363.
Arcis (Marc), se, 3i3.
Arcques (Bataille d'), 252.
Ardiat (Gilbert), 3oi.
Ardoin (Anne), 2g4.
Ardoin ou Hardoin (Simon), se, 2g i,
2g4.
*Argentan, 2 5.
Aristodème, 352.
*Arles, 2, 144, 145.
Arlin (Catherine), 307.
Arlin (Gaspard), se, 3oo, 3o5, 3o6,
307.
Arlin fJean), se, 307.
Arlin (Louis), 307.
Armoiries, 53-54, 75, 84, 85, 106,
107, log, III, 112, 114, i5i, i52,
i53, i55, i57, i58, 161, i65, 168,
i6g, 208, 23g, 243, 247, 327, 328,
33o, 332.
Arnoux (J.), 58.
Arrent (Jeanne), g5.
Arrent (Nicole), g5.
Art (/'), 63, iQi.
Art flamand dans l'est et le midi de
la France, 2.
Artistes français à l'étranger, g.
Artistes et artisans employés à i em-
bellissement et à l entretien des
châteaux royaux, 2g.
Artois (Robert, comte d'), 262.
Arts {les) et les artistes dans la capi-
tale de la Champagne, gj, 22 5.
Aspasie, 256.
Asselin (Jean), charpentier, gi.
Assemblée générale des membres de
la Société, I2g-i35.
Assier (Alexandre), hist., g7, 225.
Atala, 254, 255.
"Athènes, 254.
Aube (François), p., 323.
366
AUBERT. — BELLE.
Aubert, 295. 299.
Aubert (l'aboé), igS, 1^7, 199.
Aubert (Antoine), g., 53.
Aubert (François), enlumineur, 19 5.
*Auch, 4.
Audin (Louis), 194.
Audran (Anne), 196, 196.
Audran fAntoine), g., 202.
Audran (Antoinette), 196, 198, 202.
Audran fBenoist), g., 201.
Audran (Catherine), 196.
Audran (Gliarles), g., 195.
Audran (Christophe), 195.
Audran (Claude), g., 194-195, 197,
199, 200, 202.
Audran (Gabriel), g., 197.
Audran (Germain), g., 197, 198,
200, 201, 202, 298.
Audran (Girard), g., iqg.
Audran (Grégoire), 195.
Audran (Hélie), 197.
Audran (Jean), g., 202.
Audran (KarlJ, g., 46.
Audran (Louis), g., 202.
Audran (Lucrèce), 195.
Audran (Marie), 194.
Audran (Nicolas), ig5.
Audran (Olivier), 198.
Audran (Pierre), 198.
Audran (famille), 194, 195, 196.
Aumale (duc d'), 168.
Auroux (Jean), 200.
Auroux (Nicolas), g., 200.
Auroux (Thaurin), 200.
Auroy (Anne), 201.
Austerlitz (Bataille d'), 25<j.
*Avignon, 180. Voy. Musée.
*Avon, 85, 164, 171.
*Avraaches, 56.
Aycard, se, 340.
B... (Michel), 2.
Bacchus, 2, 178.
Bachaumont, 346.
Bacheley, p., i5.
Bachot (Jacques), se, 65, 78, 79, 80,
159.
Bachot (Louis), p., i55.
Bachot (Marc), se, 86.
Bachot (Y von), se, 87.
Baglion. Voy. Salle (comte de la).
Bagnolet (château de), 64.
Bailly (Catherine), 297.
Bailly (Huguenin), se, 71.
Bailly (Jacques), p., 2o5.
Bailly (Nicolas), se et p., 204-205,
32A.
Baize, 36 1.
Bajazeth et le Berger, 257.
Balet (Anne), 202.
Ballet (Sébastien), 202.
Balme (Anne de), 294.
Balze (Georges-Joseph), 3ao,
Balze (Paul-Jean-Etienne), p., 320.
Banville (Jean de), 57.
Bapst, 288.
*Bar- sur-Aube, 100, io3, io5, 234.
Barat, orf., 70.
Barbe (Hennequin du Pins, dit La),
p. verr., 234.
Barbe (Jean du Pins, dit La), p. verr.,
234.
Barbeaux (abbaye de), 164.
Barbin, 3i.
*Barbizon, 191.
Barbizon (la plaine de), jgo.
Barentin (de), 210, 211.
Bargues (Françoise de), 194.
Bargues (Mahiet de), mus., 194.
Barillet (Etienne), fond., 90-91.
Bariot (Barthélémy), 291.
Baron (Adrienne), 290.
Baron (Justine-Louise), 320.
Baron (Pierre), 24.
Baron (Stéphane), p., 319.
Barrau (Jehan), 23.
Barreau (Guillaume), maçon, 90.
Barrier (Guy), p., 294.
Barrillier (labbé), 292.
Barry, 341, 342.
Barry (Claude), 2o3.
Barry (Jacqueline), 2o3.
Baruel (l'abbé), 58.
Baudesson, 40.
Baudicour (de), 2, 11.
Baudrier (Jean), p., 11 3.
Baudry (Jean-Baptiste), 180.
Baudry (Paul), p., 64.
*Baugency, 48.
Bavon (Antoinette Chrittin). Voy.
Chrittin,
Bazin (François), se, 3o6-3o7.
Beau Jehan (Jean), p., 102.
Beaucorps (Nicolas), maçon, 90, 91,
92.
Beaudin, 282, 285.
*Beaugency, 362.
Beaulieu (A. Portier de), 63.
Beaulieu (C. de), 61.
■^'Beaume-les-Dames, 357, 358.
Beaumont (Jean de), p., i55.
Beaunier, p., 256, 258.
Beaurepaire (de), 288.
Beausire (Jean -Baptiste -Augustin),
a., 36i.
*Beauvais, 16, 17, 18, 19, 20, ai,
23, 28, 252.
Beauvais (de), notaire, 323.
Beauvoisis {Supplément à l'histoire
du), 21, 23.
Becquerel, 270.
Becquerel (Françoise), p., 22.
Belasque (Claire de), 291.
Bellange, p., 21.
Bellange (Jae), p., 11.
Belle (Thomas), 328.
BELLE-CROIX. — BOUCHER.
367
Belle-Croix (Jehan-Clément de), 200.
"Bellegarde, 362.
Bellevue (château de), 121.
Bellier de la Chavignerie, biographe,
124.
Belligny, lap., 176.
Belloni, mos., 183-184.
Bellori, historien, 26.
Belly (Jehan de), p., 1 1 7.
Belly (Ysabelle), 1 17,
Belzunce (Mgr de), 314.
Bénard (Philbert), se, 03.
Benart (Philippe), p., gb.
Benne (Jean), p., 100.
Benoist (J. et P.), igb, 199, 292,
2g5, 296.
Berain, dess., i38-i3g, 327-33o, 332.
Béraldi (H.). — Les graveurs du
XIX* siècle. Bibliogr., 192.
Berenger, 32.
Berger (Suange) (?), 3o2.
Berger (le jeune), 21 3.
— assis au pied d'un arbre, 11.
Bergerat (Emile), 128.
Bergère, 190.
— tricotant, igo.
♦Berlin, 186.
Bernage (de), 36 1.
Bernard, a., 327, 329.
Bernard (maître), p., 98.
Bernard (Abraham), maître maçon,
290.
Bernard (Marguerite), 62.
Bernard ^Samuel), 64.
Bernard (l'abbé), 295.
Berny (Quentin), se, 86.
Berruer, se, 218.
Berry (duc de), 63, 255.
Berry (duchesse de), 33 1, 332.
Berry (Jean), p., 1 17.
Bertaud ^Jeanne), 304.
Berthomiers, i3o.
Berthon, p., 2 57.
Bertrand (Vabbé), 2o3, 3o2, 304, 3o6.
Berty, 129.
Bery (Jean), se, 117.
*Besançon, 287, 357, 358, 362.
Béthenon (Héhe), 195.
Béton (Catherine), 294.
Beulé (Ernest), 3i5.
Bezard (Jean-Louis), p., 3iq.
Biau Temps (Girard), se, 60.
Bibienna, a. et p., i25.
Bibliographie, 63-64, 128, 192, 223-
224, 287-288.
Bichu ou Bichue, p., 56.
Bidau (Adrien), 2g3.
Bidau (Alexandre), 202.
Bidau (Marie), 292, 3o3.
Bidau (Nicolas), se, 292-293, 3o3,
3o6.
Bidau (Pierre), 293.
Bidault, 2o5.
Bignon, 208, 209.
Bigre (M"" veuve), 61.
Billet, doreur, 327.
Billets d'enterrement des Académi-
ciens, 205.
Billiard (René), 200.
Bizeau (Noël), maçon, 90.
Bizet de Barbonne (Jean), chanoine,
67.
Biaise (Antoine), notaire, 295.
Blaiseau (Jean), p., i65.
Blanc (Charles), 188, 189, 3 14.
Blanc Mantel (Jean), p. verr., 235.
Blanche (la reine), 261.
Blanche de Castilie, 256,
Blanche. Voy. Roslin.
Blanchefort (marquis de), 359.
Blanchet (Jacques), 196.
Blanchet (Th.), p., ii.
Blancpignon (Colas), p. verr., 244
Blancpignon (Etienne), p., 166.
Blancpignon (Joachim), orf., 299.
Blancpignon (Marie), 299.
Blancpignon (Nicolas II), p., iSg.
Blancpignon (Parceval), p., 134.
Blancpignon (Pierre I), p., 108.
Blasset (Nicolas), se, ii, 17.
Bled (Geneviève), 307.
Blesie (Michelet), maçon, 90.
*Blois, 29, 37.
Blondel, p., 256, 3 16.
Bobillier (Françoise), 358.
Bocanegra (Athanase), p., 55.
Bocquet, p., 120, 122, i23, i25.
Boevin (^Guillaume), 57.
Boion (l'abbé), 3o2.
Bois-Fremont (de), p., 258.
*Boisemont, 33q.
Boisneuf, 36o, 36 1.
Boissieu (J.-J.), p., 11.
Boivin (Jean), p., io5.
Bollery (Hyerosme), p., ii8.
Bologne (Jean de), se, 354.
♦Bologne, 253.
Bonardel (Claudine), 295.
Bonaventure (le Père), p., 17, 19, 32.
Bonin de Chalucet (Armand-Louis),
évèque de Toulon, 5o.
Bonnemain (Marie), 3o8.
Bonnemer, p., 2o5.
Bonneville (Antoine), se, 52.
Bonnivet, 25 1.
Bonvalot (Marie), 298.
Borde, 3oo.
Bordin (Marie Roze, veuve), 323.
Boreau, ^i.
Bornet (Claude), 322.
Bosio (baron François-Joseph), se,
184-185, 220-222, 202, 349.
Bosse (Achille-Jean), a., 52.
Bossuet, 217, 3i3.
Botticclli, p., 61.
Boucher (François), p., 55, 36a.
368
BOUCHARDON. — CALISSANNE.
Bouchardon, se, 3i5.
Boucher (Jean), p., ii.
Boucher-Desnoyers, g., 192.
Bouchel, p., iby.
Boudon, p., 120, 122.
Bouguereau, p., 58.
Boulanger (Nicolas), 117.
Boulanger ou Boullenger (Robert),
p., 1 16, 1 17.
Boullet (Bernarde), 95.
Boulogne (Geneviève), p., 178.
*Boulogne, 3i^.
Bourbon (Antoinette de). Voy. Guise.
Bourbon-Montpensier (duc de), 356-
357.
Bourdicte (Benoite), 3o2.
Bourdin (l'abbé), 291.
Bourdon (Sébastien), p., 140.
*BourgeSj 12, 63.
Bourgogne (ducs de), 5.
Bourguignon (de), 11.
*Bournainville, 25. >
*Bouvines, 25 1, 272, 273.
Bouzonnet-Stella (Antoine), p. et g.,
198.
Bouzonnet-Stella (Antoinette), p. et
g., 200.
Bouzonnet-Stella (Claudine), p. et
g., 198.
Bouzonnet (Etienne), orf., 198, 199,
200.
Bouzonnet-Stella (Françoise), p. et
^S-, 199- . ,
Boyer (Françoise), 141.
Boyer d'Eguille (messire), 3.
Boyron (Jean), 202.
Bra (Théophile), se, 35 1, 353, 354.
Bramereau (Antoine), 3o2.
Bramereau (Françoise), 3o2.
Branchi (Philippe), lap., 171-177.
Branchy (Marc), 177.
Brascassat, p., n .
Brébœuf, p., 3 10.
Brefïect (Jehan), p., 193.
Bréghot du Lut. — Le livre de rai-
son de Jacques-Charles Dutillieu.
Bibliogr., 63-64.
Bretagne (duc de). Voy. Mariage de
Jean IV.
Breton Œtienne), se, 3o6.
Breton (Jean le), maçon, 90, 91, 92.
Breton (Suzanne), 3o6.
Briais ou Briois (Jean), p., i5o.
Bric-à-brac, 216.
Bridan, se, 218.
Brion (G.), p., 191.
Briot, g., 12.
Briot (François), orf., i33, 287-288.
Brisetout (Guillaume), p. verr., 226,
227, 228, 232.
Brisetout (Guyot), p. verr., 226, 227,
229, 232, 233.
Brisetout (Jean), p. verr., 235.
Brissonnet (Jean), dit Savine, se, 85.
Britannicus (Mort de), 256.
Broisin (Pierre), 197.
Brongniart, 52.
Bronod (Edme-Louis), 206.
Brouard (Jean-Baptiste), 57.
*Bruges, 2.
Bruisselles (Henri de), a., 67.
Bruisselles (Jean de), se, 67.
Brun (Françoise-Jeanne), 52,
Brun (Jacques-Martin), 53.
Brun (Marguerite), 297.
Brun (O.), 49.
Brunet (Marie), 292, 295.
Brunetti (Paul- Antoine), p., 119,
120, 121, 124, 125.
Brunner (M"" Joséphine), 319.
Brunot (Guillaume), 338, 33q.
*Bruxelles, 5, 121, 187, 188. Voy.
Musée.
Bruyant (Jean), se et p., 324.
Bruyère, 2 53.
Bruyère, a., 347.
Bruyerre (Louis), a., 129.
Buat, 329.
Bûcheron (le), 190.
Budé (Guillaume), 4.
BufFaire (Lucia), 294.
Buisson (Antoine), p., i65.
Buisson (Jules), 40.
Buisson (Michel), p., 166.
Bulletin (le), i33.
Bulletin de la Société de VHistoire
de Paris, 49.
Bureau (Mary), 92,
*Burgos, 245.
Buirette, avocat, 339.
Burney (François-Eugène), g., 58.
Burnout (Jacques), a., 57.
Bury (Girard de), 343.
Buschet (Guillaume), 23, 24.
Butavant (Meraud), fond., 295.
Butay fJehan), p., 94.
Butay (Suzanne), 94, 177.
Buyet (François), 3o3.
Buysson (Jean-Baptiste), 194.
Buyster ^Françoise), 180.
Buyster (Philippe), se, i8o.
Cadet. Voy. Cardet.
*Gaen, 3, i3, 14, i5, 349.
Caignart (Claude), 21.
Cain, 72, 106.
Gain après le meurtre d'Abel, 256.
Cailhiol, se, 178-179.
Caille (Nicolas), 202.
Caillet, notaire, 204.
Caillet fJean), p., 159.
Caillot (famille), 141.
Caillouette, se, 212, 3i6.
Caietan. Voy. Brunetti.
Caldelari, se, 219.
*Calissanne, 144, 145, 146, 180, 182.
CALLOT. — CHATILLON.
Callot (Jac), p., II.
Calmet (Dom), 79.
Calmont (P.), 3o5.
*Cambrai, 224.
Cambray (Balthazar de), se, 248.
Camos, p., i38.
Campardon (Emile), 127.
Camus (Pierre), p., ii3.
Canet (Denis), p., 162.
Canova, se, 2x3, 214, 314.
Canteraine (Marguerite), p., 22.
Garaccio (Annibal), p., 6.
Cardet (Jean), p., 107.
Cardeuse, 190.
Carion (Louise), 277.
Caris (Joseph), se, 281-286.
Carouiilet (Barbe), 322.
Garpeaux, se, 314.
Carra (Suzanne), 295.
Carrache (Annibal), 3 10.
*Carrara, 182.
■''Carrare, 3i5.
Carre (L.), 299.
Carrel (Anne), 291.
Carron (Marguerite), 295.
Cars (François), g., 201.
Cars (Jean), 201.
Cars (Jean-François), g., 206.
Cars (Laurent), g., 200-208.
Cartellier, se, 262, 35o.
Carteron (Jean), 202.
Cartier (Cnristofle), batteur d'or, 195.
Casanova, p., 120.
Castagnary, directeur des Beaux-
Arts, 363.
Castan (Auguste), 287, 288, 357,
358, 362.
^Castres (Girondej, 55.
Catherine de Médicis, i56.
Catherine, reine de Pologne, 334.
*Caudebec, 288.
Caumette, p., 11.
Caumont (Sébastien de), charpen-
tier, 91.
Caupain (Colinet), se et p., 78, 11 3.
Caupain (Jean), p. et se, 75, 80,
1 13.
Caupain (Jean J), p. et se^ 73, 74,
X08-1 10.
Caupain fJean II), p., 114.
Caupain (Pierre), p. et se, 74, 75,
80.
Caupain (Pierre I), se et p., 108-
109, I13-I 14.
Caupain (Pierre II), p., 164.
Cautet (Jacquet), p., 104.
Cauvin, p., 64.
Caylus fcomte de), 362.
Cellier (Léonard), 292.
Cellier (Marguerite), 292.
Celloni (J.), p., u.
Cène la), 18, 59.
Ceur (Anne de), 290.
ART FR. IV
369
Chabaud (M. et M°" Honoré), 192.
Chabrol (comte de), 3i5.
Chabry (Elisabeth), 299.
Chabry ^Madeleine), 299.
Chabry (Marc), se, 299, 3i3.
*Chaillot, 33 1.
Chalette, p., 24, 26.
Chalette (Jean), 164.
Chalette (Nicolas I), p., 164.
Chalon (Claude), p., 160, i63.
Ghalucet. Voy. Bonin.
Cham, p., 64.
Chamant (Jos.), p., 11.
Charabigues fPierre), maçon, 92.
Champagne (Guillaume de), arche-
vêque, 263.
Champagne, p., 309, 3 10.
Champaigne (Philippe de), p., 5, 29.
Champaigne (J.-B. de), p., 323.
Champenois (Jean), 307.
*Champigny, 357.
Champlâtreux (château de), 275.
Chanal (François), 3o8.
Chanau (Claude), maître maçon, 297.
Chantelou (de), 5, 8, 35.
Chantilly (château de), 64, i85.
Chantre (Pierre), 3o8.
Ghaource (Robert de), serrurier, 232.
Chaperon, p., 6.
Chapponnet (Jean), maçon, 94.
Ghapu (Henri), se, 58-ôo.
Chapuy (Claude), se, 3oo.
Chapuy (Madeleine), 3oo.
Gharavay (Etienne), 3ii, 3 12, 314.
Gharavay frères, 287.
Chardigny, se, i8o.
Ghardigny (Barthélémy -François),
se, 143-147, 340, 341.
Chardigny (Pierre-Joseph), se, 143.
Gharm (Amable), 199.
Charité (la), 5i, 328.
Charlemagne, 261, 262.
*Gharleroi, 187.
Charles VI, 63, 88.
Charles VII, 63, 25 1.
Charles VllI, 75, 107, no, ii5.
Charles IX, 160, 161, i63-i65, 167,
168-170, 276, 277.
Charles- Quint, enipereur, 157.
Gharles-Q.uint et François I", 255.
Charlier (Etienne), menuisier, 322.
Gharlier (Jean), se, 322.
Gharraeton (Richard), p., 3o6.
Gharretel (Jean), p. verr., 2 33.
Charton, 18.
Gharvet, 362.
Ghastel, p., 11.
Ghastel, se, 281.
Ghastel (Jean -Pancrace), se, 180-
i83, 340, 341.
Ghasteney (Jane), 196.
Ghateaurou, 7g.
*Châtillon, 3i5.
24
370
Chaudet, se, 3i5.
Chaumont (de), 106.
Chausse (l'aobé), 293.
Chavanne (Hélène), 294.
Chavanne (JeanJ, g., 2o3.
Chavanne (Philippe), 2o3.
Chelles (monastère de), 262.
Chénier (André^, 212.
Chennevières (Charles-Philippe, mar-
?uis de). — Quentin Warin, L.
'insonius, J. Daret, R. Levieux,
J. de Saint-Igny, Letellier, 1-47.
— Tableaux français à Québec,
309-3 10. — Une lettre de M. de
Tournehem, 36i-362. — Son nom
cité, i3o, i85, 288.
Chennevières (Henry de). — Berain,
Simon, Francart, Camos, Lehon-
gre, Slodtz, Pauillon, Silvestre,
Scotin, Ducreux, 1 38- 140. — Du-
tour, Pauillon, Perrot, Pillement,
peintres; les Slodtz, Poulain, Du-
creux, Dumont, sculpteurs; Berain,
Cochin, dessinateurs; Bernard, ar-
chitecte, 327-337. — Bibliogr.,
363.
Chenu (Jaccjues), se, 322.
Cherrier-Dien, g., 192.
Chervet (Gabrielle), 197.
Chesne (Virgine), 201.
Chevalier fDamien), 3o2.
Chevalier (Nicolas), p., 94.
Chevallier (Antoine), p., 162.
Chevillon (Jean), p., i65.
Chevillon f Pierre), p., )65.
Chevret (Manclou), p., 170.
Chevrier (Noël), 19».
^Chicago, 309.
Chifflart, g., 192.
Chilly-Mazarin (château de), i36.
Chinard, se, 3i5.
*Chinon, 11 5.
Chiverny (le chancelier de), 277.
Chorelle (Catherine), 289.
Choiseul (duc de), i25.
Choisy (l'abbé de), 14.
Chrestien (Jean), 3o3.
Chrestien (Nicolas), se, 3o3, 304,
3o5.
Chrétiens (le rachat des), 309.
Christ (un), 325.
— et la Samaritaine (le), 55.
— couronné d'épines, 23.
— (Flagellation du), ig.
— à la piscine, 16.
— à la colonne, 20.
— en croix, 17, 19, 20, 23, 24, 27,
42, 45, 56, 57, 222.
— dans les cieux, 5.
Chrittin (Antoinette), 296.
Chrittin (Claudine), 296.
Chrittin (Jean), se, 296.
Gibret (Girard), se, 199.
CHAUDET, — COLSON.
Ciche, 7,
Circoncision (la), 2.
Ciseleurs, 52, 287, 288.
Ciseron (Jeanne), 197, 198, 201, 202.
Clair (Claude du), 199.
Clapier, 3.
Clastrier, se, 177.
Claude, se, 76.
Clémenson, 298.
Clémenson (l'abbé), 197, 201.
Clément (Charles), 272.
Clément (Etienne), 3oo.
Clément (Thibault), tap., io5.
Clerc (Barthélémy), 200.
Clérian, 2.
Clérion (Jacques), se, 177-179.
Clésinger, se, 3i5.
Ciignot (François -Henry), facteur
d'orgues, 53.
Climençon, p., 98.
Cloquemain (Françoise), 199.
Cloquemin (Rayné), 294.
Clotaire III, 262.
Clotilde, 262.
Clovis, 261, 262, 265-267.
Clovis II, 261, 262.
*Cluny, 263.
Cochet (Catherine), 248.
Cochet (Christophe), se, 248.
Cochet (Jeanne), 295.
Cochin, i33.
Cochin, dess., 327, 337.
Cochin (Ch.-N.), 362.
Cochin (Jacques I), p., 148, i5o, i5i,
i53, i54, i57-i58.
Cochin (Jacques II), p., i65.
Cochin (Jacques III), p., 161.
Cocquille (Edmond), p., 167.
Codony, 36.
Coelemans, g., 3.
Coffinet (l'abbé), 225, 228.
Cogiola (Jean-Auguste), se, 218-219.
Cogniet (Léon), p., 5g.
Cogomblis (Jehan de), 23.
Cohard (l'abbé), 290.
Cointe (Françoise), 294.
Cointet (Jean), p. verf., 233.
Colas (A.), p., 56.
Colas (Antoine), se, 73, 76.
Colas (Oudart), se, 73, 76.
Cole (T.), g., 190.
Colin, 337.
Colin (Charles), p., i63.
Collet (Genêt), se et p., i55.
Colin (Jean), se, i63.
Collaud (Anne), 2o3.
Collet (Jaquème), 197.
Collet (Mérode), ig4.
Collot (Simon), se, 86.
Cologne (Henriet de), se, 71.
♦Cologne, 12.
Colot. Voy. Blancpignon.
Colson, p., 257,
COMBA. •
Comba, g., 128.
Comba (Eléonore), 298.
Comba (Pierre), maître maçon, 198.
Combat, 294.
Compain. Voy. Caupain.
*Compiègne, 23.
Comptes des Bâtiments, 94, gS, 96,
171.
Concorde (l'abbé), 291.
Condé (Mgr le prince de), i85.
Conrad de Strasbourg, se, 67.
Constantin, p., 11.
Constantin, 262.
Contant d'Ivry, a., 346.
Coppin (Jeanne, femme de Henriet),
p. verr., 238.
Copain, Copen, Copin, Coppain.
Voy. Caupain.
Coppin (Henriet), p. verr., 238.
Coral (Benoist), 201.
Cordonnier (Etienne), se, 8i.
Cordonnier (Jacquet), p. et se, 76,
110.
Cordonnier (Jacquet I), se, 71, io5.
Cordonnier (Jacquet II), p. et se,
72, 106, 107.
Cordonnier (Jacquinot), se, 80-81.
Cordonnier (Nicolas), p., 69, 72, 102,
log, 148, 169.
Cordonnier (Nicolas II), se. et p.,
74, 75, 76, iio-ii3, i63.
Cordonnier (Nicolas III), p., 160-161.
Cordonnier (Vincent), p., 11 3.
Cordonnier (Victor), p. verr., jb,
1 10, 244.
Cordouanier. Voy. Cordonnier.
Corlieu (Girard de), 167.
Corneille. Voy. Flamand.
Cornille, notaire, 295.
Cornu (Mgr Gaultier), 261.
Cornuaille (Martin de), orf., io3.
Corot, p., 04, 192.
Corrège He), p., 25, 28, 253.
Correns (Var), 32 5.
Correspondance de V Académie de
Rome, i33, i34, i35.
Cortot (J.-P.), se, i85, 214, 221,
3i6.
Cossard (Pierre-Mathieu), p. verr.,
233.
Coste (Jacques), 354.
Costumes (les), 12.
Cotelle, p., 1 14.
Cotelle (Augustin), p., 170.
Cotelle fClaude), p., 170.
Cotelle (Erard), p., 107.
Cotelle (Guyot), p., i5o, i5i, 154.
Cotelle (Jean I), p., 108.
Cotelle (Jean II), p., 167.
Cotelle (Jean III), p., 168.
Cotelle (Pierre), p., i5o, i5i, 154,
i55.
Cotelle (Yrardot), p., 170,
DANSE.
371
Cottier (Antoine], 3oo.
Coudret (Jean-Pierre), se, 52.
Couet (Henry), se, 180.
Coupin (A.), 270.
Courbet, p., 3 16.
Couronnement d'épines (le), 19.
Court, p., 128.
Courtalon, 76.
Courtisane (la), 3 18.
Courtry, g., 192.
Cousin (Jeanne), 292.
Coustou (François), se, 298-299.
Coustou (François), maître menui-
sier, 299, 3o2.
Coustou ^Guillaume), se, 3o2.
Coustou (Nicolas), se, 299.
Cousturier (Clauda), 291.
Coutances, 56.
Couture (Thomas), p., 3 18.
Couture, a., 346.
Couzon (Antoinette), 197.
Coyecque (E.). — Notre-Dame de
Paris, 88-94. — Médaillons pour
l'Hôtel-de-Ville de Paris, i36-i37.
— Extrait de l'inventaire après dé-
cès de Mathieu Mole, 275-280. —
Tulié, Chenu, Baillet, sculpteurs;
Julien de Hongrie, Charles Errard,
J. -B. de Champaigne, peintres;
Louis Rocher, architecte, 322-324.
Coypel, p., 3 10.
Coypel (Charles), p., 249.
Coypel (Noël), p., 64.
Coyzevox f Antoine), se, i36, 2q5.
Coyzevox (Claudine), 298, 299, 3o2.
Coyzevox (Guillaume), se, 298, 3o2.
Coyzevox (Pierre), maître menuisier,
2q5, 2q8, 290.
*Creil, 18.
Creney (Guillaume de), chanoine,
229.
Crépin, p., 122.
Crespières. Voy. Desons.
Cressy (Simon), maçon, 92.
*CreveIt, 186.
Criqueville (président de), i3.
Croquet (Françoise du), 22.
Crucifix (un), 21, 28.
Cuet (A.), prêtre, 196.
Cypansse, 3 12.
Daire (le Pére)^ hist., 22, 23.
Damas de Marillac (l'abbé Roger de),
307.
*Damas, 263.
*Damblain, 287.
Damery (Jean de), p. verr., 101,
228-229, 232.
*Damiette, 273, 274, 275.
Dan (le Père), 39.
Dandré-Bardon, p., 11, 45.
Daniel, prophète, 279.
Danse (la), 21 3, 214.
372
Danseurs, 127-128.
Danthon (Barthélemie), 298.
Darcel (Alfred), 3, 28.
Daret (Daniel), p., 5.
Daret (J.), p., i-47-
*Dargatoire, 3o6.
Daubigny (Charles - François), p.,
192, 3i8.
Daubruissel (Aucher), p. verr., 232.
Dauge (Claude), p., i6b.
Dauge ou Daulge (Girard), p., i5i,
i52-i53.
Dauge (Jean), p., i5d., 170.
Dauge (Marc), p., 104.
Dauge (Nicolas), 164.
Daumier, g., 192.
Dauphin (Mgr le), 327.
Dauphine (M°"= la), 828, 329.
Dauttier (Barthélémy), se, 197.
Dauzats, g., 192.
David d'Angers ( Pierre-Jean ), se,
188, 189, 212-214, 216, 217.
David (Rooert), se, 189.
David (J. -Louis), p., 129-130, 186,
187, 218, 269, 3i6, 317.
David (baron Jules), p., 129-130.
David de Marseille, p., n.
De Bay (Jean-Baptisie-Joseph), se,
3i6.
Décadence des Romains (la), 3 18.
Decamps, p., 192, 3iG.
Décorations du Panthéon {les), i85.
Dédale et Icare, 216.
De Dreux-Dorcy, p., 257.
Degérando (Aymé), a., 3o3.
Deioux, se, i85.
Delachapelle (Edme-Henri), cis., 52.
Delachapelle (François-Louis), 02.
Delachapelle (Louise-Denise-Henri),
52.
Delacroix (E.)^ p., 192, 3 16.
Delafon, notaire, 322,
Delambre, 217.
Delamarre (Nicolas), 172.
Delamonce (Ferd.), p., ti.
De Lamotte (Jean), 249.
De La Place fHennequm), se, 67.
Delaroche (P.), p., 192.
Delaroche, prêtre, 194.
De la Rose (J.-B.), p., 11.
Delatouche (Marie-Jeanne-Françoise),
52.
Delaulne (Et.), g., u.
Delaune (Jacques Vevelet ou Veveut,
dit), se, 304.
Deléry (Catherine), 170.
Déleste, hist., 270.
Delestre (Maurice), 3 12.
Deley, se, 219-220.
Delille (l'abbé), 217.
Delisle, 223.
Déluge (Scène du), 254.
Delyé (Pierre), maçon, 90.
DANSEURS. — DISCIPLES.
Demidoff (Anatole), 222.
Demur. Voy. Lacoste (veuve).
Denain (Bataille de), 252.
Denant (Louis-Pierre), p., 319.
Deneuache, 196, 291, 296, 297.
Denisot, p., 100.
Denon, p., 46.
De Piles, 17.
Deponsony (Catherine), 196.
Déposition de croix, 55.
Déposition du Christ, 80.
De Remefort, 33, 35, 36, 37.
Dermais ou Dermes (Pierre), orf.,
293.
Deruet (Claude), p., n8.
Desasse (Claude), 3o3.
Desasse (Marc), se, 3o3.
Desbœufs (Antoine), se, 187-188,
220.
Desboutin, g., 192.
Descente de croix, 55, 144, 145, 147,
3io.
Descente du Saint-Esprit, 175.
Deschamps (Antoine), 202.
Description de la France, 5, 19, 22.
Desnoyers, 41.
Desous (Charles), sieur de Crespiè-
res, 39.
Desprele (Benoiste), 201.
Desprez (Marguerite), 53.
Dessinateurs, 22, 138-140.
Dessins, 22, i38, i39, 208, 210.
Destailleur (Hippolyte), 16.
Destourbet ou Duturbet (Gabriel),
p., 298.
Dessvargues (Anne), 202.
Dessvargues (Claude), g., 202-2o3.
Dessvargues (Jacqueline), 2o3.
Dessvargues (Jean), g., 2o3.
Desvaux (A.), p., 56.
Det. — Jacques Prou, se, 203-204.
Détaille, g., 192.
De Tierceville, p., 41.
Detot (M"'), p., 41.
Devéria (Achille), p., 192.
Devert (Jean), 3o5.
Devobes (Renée), 162.
Devosge père, p., ix.
Diane et ses nymphes, aux forges de
Vulcain, 217.
Diane Thyréatique, 220.
Diaz, g., 192.
Dictionnaire critique, 38, 47, 94, 95,
96, 1 18.
Dictionnaire des artistes de l'école
française, 204.
Didier (Colas), se, 80.
Didon. Voy. Énée.
Dien, g., 192.
*Dieppe, 3o2. Voy. Musée.
Dieu (Ant.), p., 309.
*Dijon, loi, 252.
Disciples d'Emmaûs (les), 6x.
DISTRIBUTION.
Distribution des aigles, 259.
Diversités d'habillements à la mode,
12.
Documents pour servir à Vhistoire
des arts en Touraine, 47.
Domanchin, p. verr., 232-233.
Dominique (maître). Voy. Ricoveri.
Dominiquin (le), p., 253, Sog.
Domitien (Mort de), 258.
Doré ( Louis -Auguste-Gustave), p.,
64, 192, 320.
Doré (M"»")^ 320.
Doré (Philippe), prêtre, 2o3.
Doré-Gavard, g., 192.
Dorée (Gabrielle de), 322.
Dorey (Henrion), j3.
Dorigny (Nicolas), ibj.
Dot (Jean), menuisier, 327.
Douai (Jean de). Voy. Bologne.
*Douai, 35^.
Douville, historien, 28.
Doyen, p., 120.
Dramart (Antoine), 95.
Dramart (Charles), p., 95.
Draner, g., 192.
*Dresde, 121.
Drève de la Marche, chanoine, 229.
Drobet (Pierre), 195.
Droin, se. et p., loi.
Drojat (Camille), 309.
Droiat (Clément), Sog.
Drolling, p., 3io.
Drouart (Gervais), maçon, 92.
Drouin, se, 80.
Drouin I, p. et se, 66.
Drouin II, p. et se, 68.
Drouin III, se, 78.
Drouin de Mantes, se, 67.
Drouynot (Guyot), p., i55.
Droyn de la Marche, i52.
Droyn. Voy. Drouin.
Dublé (François), 201.
Dublot (Louis), se, 3o7-3o8.
Dubois (Mgr), 332.
Dubois (J.-B.), 184.
Du Bois (Jehan et Louis), 193.
Dubois (Paul), se. Si 5.
Dubouchel, g., 192.
Du Boys (Jeanne), 290.
Dubreuil (Claude), se, 324, 325.
Dubufe, g., 192.
Dubuisson (Louise), 3o3.
Duchastel (Louis), maçon, 90.
Duchatel (comte), i85.
Duclos, p., 119, 123, 127.
Ducret (David), 3oi.
Ducreux, se, 140, 327, 33 1.
Dufour (Vincent), 343, 344.
Dugué (Nicolas), p., 164.
Dunuan (Gaspard), 296.
Duhuan (Mann), se, 296.
D'Ulin, p., 3io
ENFANT.
373
(È
Dumas (Emile), 3 18.
Dumas Oacques), 3 18.
Dumas (Jean), se et p^ 322.
Dumas (Victor), p., 3io.
Dumont, se, 327, 332.
Dumoulin, éd., i32.
Dunois, 231.
Duparc (Albert), a. et se, 49-5 1.
Dupaty (Charles), 252, 3 14, 349.
Du Plessis de Liancourt (Gabrielle),
247.
Duplessis-Bertaux, g., 192.
Dupont, r33.
Dupont (Philippe), 117.
Du Pont (Thomas), se, 69.
Dupré (Jules), g., 192.
Du Puy, 161, 167.
Duquesne, 3i3.
Durand (l'abbé), 53.
Durand (Etienne), poète, i, 3o-35,
37.
Durand (Jean), 325.
Durand-Brager, p., 192, 3 18.
Durant (Antoine- Sébastien), orf.,
208-210.
Durant (Jehan), a., ii5-ii6.
Durazzo (comte), 1 19-128.
Durize, dit La Roche (Aimé), 196.
Dusevel, hist., 17, 25.
Dussieux, hist., g, i32.
Dutillieu fAmancf), p., 64.
Dutillieu (Charles-Gilles), p., 64.
Dutillieu (François Le Pesant), p.,
64.
Dutillieu (Jacques -Charles), p., 63.
Dutour, p., 327.
Duvivier, i83, 184.
Duvivier (Benjamin), gr. en méd.,
3i3.
Duvivier (Saint-Vincent), i32.
Ebroin, 262.
Ecce Homo, 278.
Eglise (le Triomphe de 1'), 325.
Egret (Perrette), 3o6.
Eguille. Voy. Boyer.
Electre, 2 56.
Elémens de pourtraiture ou la mé-
thode de représenter et pourtraire
toutes les parties du corps humain,
12, i3, i5.
Eléonore (la reine), 74, 84, 87, iio,
ii3, 149, i53, i54, i55, 157, i5q.
Elisabeth , femme de Charles IX,
277.
Elisabeth (la princesse), 217, 25o-
252, 264, 347, 349.
Emery, p. verr., 238.
Emery (Antoinette), 3o5.
Emery (Jean), se, 3o3, 3o5.
Emery (Jacques), se, 3o5.
Endymion, 254.
Enfant Jésus au milieu des docteurs,
55.
3/4 ENFANT. -
Enfant jouant au palet (Jeune), 221.
Enfant prodigue (Scènes de la vie
de 1'), 242, 3 18.
Engelmann, g., 192.
Enghien (Louis-Antoine de Bour-
bon, duc d'), 184-185, 221, 25o,
25 1. Voy. Louis XIV.
Enée et Didon, 255, 259.
*Epinay-sur-Seine, 55.
Epitaphes de peintres, 191-192, 287,
Siy-Sao.
Eponine et Sabinus, 255.
Ermenonville (église d'), 3.
Errard (Charles), p., 6, 7, i3i, 322,
323.
Escudier, 9.
Esmery. Voy. Emery.
Espérance (1'), 333-334-
Espercieux (Jean-Joseph), se, 217-
218.
Essai d'une histoire de la paroisse
de Saint-Jacques-de-la-Boucherie,
42.
Estaing (d'), 25 1.
Etex, g., 192.
Etienne, p., 104.
Etienne, p. verr., 243.
Etienne, se, 66.
Eucharis. Voy. Télémaque.
Eude (Paul), hist. L'Hôtel Drouot et
la Curiosité en i885-i886, Bi-
. bliogr., 128.
Eugène, pape, 261.
Eurydice. Voy. Orphée.
Eustace (l'abbé), 299.
Eustace (Nicolas), 3o3.
Evrard (Claude), 307.
Evrard (Marie), 307.
Eylau (Bataille d'), 255.
Fabre, notaire, 325.
Face (Jehan), p., 117, 118.
Face (Louis), 117.
Fagot (Nicolas), p., i65.
Falguière, g., 192.
Famille araoe, 257.
Fanveldan (Barthélémy), 196.
Fanveldan (David), g., 196.
Fantin-Latour, g.. 192.
Faucheron (Andry), p. verr., 240.
Fauconnet (Alexis), se, 3o8.
Faucon net (Etiennette), 3o8.
Fauconnier (le), 3i8.
Faudoge (Françoise), 297.
Faure (Louis), p., 3 18.
Fauvjon, notaire, 3o2.
Favart (A. P. C), 120.
Favart (Charles-Simon), dramaturge,
I 19-128.
Favereau (Clément), charpentier, 92.
Favre (Durand), 196.
Favre fMarie), igS.
Favre (Pierre), g., 196.
FOUCOU.
Fayet, 129.
Fayttan (Claude), se, 3o8.
Fayttan (François), 3o8,
Fede, 3o8.
Félibien, hist., 17, 38, i33.
Félon (Jean de), maçon, 90.
Femme au bain, 190.
— portant le lait à la maison, 190.
— rapportant le linge après la les-
sive, 190.
Féraud, entrepreneur, 144, 146, 180.
Ferdinand, p., 27.
Ferrand (Arnould), p., 32 1, 356-
357.
Ferry (le comte), 79.
Feuchère, g., 192.
Feuquières (comtesse de), 204.
Feyen-Perrin, g., 192.
Fileuse, igo.
Filleul (Jean), tailleur de pierres, 89.
Fillon (Benjamin), 249.
Finsonius (S.), p., 1-47.
Fiselet (Jeanne), 201.
Fiselet (Marin), g., 201.
Flagellation (la), 20.
Flamand (Le), se, 78.
Flamand (Corneille le), se, 87.
Flamand (Nicolas), se, i58.
Flamant. Voy. Haslin.
Flamel (Nicolas), 42.
Flamen (Anselme), se, 3 12.
Flameng (L.), g., 192.
Flameng. Voy. Haslin.
Flanchant. Voy. Guillemin IL
Flandrin (Hippolyte), p., 55, 192.
Flandrin (P.), g., 192.
Flatters (Jean-Jacques), se, 186-187.
Flegguerin (Elisabeth), 358.
Fleuy (Antoine), se, 49-51.
*Florence, 33, bg, 121, 2o5.
Foi (la), 5i.
Fondeur, avoué, 343.
Fondeurs, go, 91, 198, 294, 295.
Fontaine, a., 220, 347, 34g.
♦Fontainebleau, 16, 17, 29, 39-42,
66, 85, 148, 149, i54, i55, 157,
iSg, 160, 162-164, 171, 256.
Fontainebleau {Description histori-
que de), 40.
— {Trésor des merveilles de), 3g.
Forbin (comte de), p., ir, ig2.
Force (la), 217.
Forest (Antoine de la), 194.
Forest (Mathieu de la), g., 194.
Forestier, avocat, 33g.
Fornazeris (Jacques de), g., 196.
Fornazeris (Marie), 196.
Fornosa (Catherine), 3oi.
Forster, g., 192.
Fortier (Antoine), 161.
Fortier (Jean), p., i5g.
Fortung, g., ig2.
Foucou, se, 218.
FOUCQUET, — GILLOT.
375
Foucquet ou Fouquet (Bonaventure),
36, 37.
Foulliet (l'abbé), 201, 304.
Foulcjuier, g., 192.
Foure, p., iig, 120, i23.
Fourneau (Catherine), 3oi,
Fourneau (Michel), 3oi.
Fournier (Hélène), 293.
Fournier (Joseph), tourneur, 3o5.
Foussedouaire (J.), notaire, 47, 48,
116.
Fragonard, se, 252.
Français, g., 192.
Francart, p., i38.
*Francfort, 262.
François I'', 4, 86. Voy. Charles-
Quint.
François (Andrée), 197.
Franque frères, p., 257.
Franquetot (l'abbé de), 14.
Fréminet, p., 14.
Fréminet. Voy. Aillet.
Freneau (vicomte), 349.
Fresnoy (sieur de), 35.
Frételat (Hélie), 1 95- 199.
Frewen (Ricardo), 3i3l
Fricher (Anne), 322.
Frischer (M. et M""), 61.
Frœlich, g., 192.
Fromentin, p., 64.
Froumand, prêtre, 198, 200, 202,
293, 298, 3oo, 3o2.
Fuite de Joseph en Egypte (la), 3 10.
Fumas (Pierre), 304.
Fyson (Jacques), p., 2.
Gabet, biographe, 219, 220.
Gabouret (Catherine), 296.
Gabriel (l'ange), 109.
Gadier (Pierre), a., 47-48.
Gaget (François), p., 17, 18, 19.
Gaignières, 359.
Gailde (Jean), se. et a., 65, 76, 77, 78.
*Gaillac, 314.
Gaillard (Claude-Ferdinand), p. et g.,
57-63, 192.
Gaillard (famille), 61.
Gaillon (château de), 55.
Gain (Anne-Jeanne), 295.
Gallien (Catherine), 200.
Gallois (Larme), p., 167-168.
Galtier. Voy. Gautier.
Gamelin, p., 1 1.
Gandar, 17, 25.
Ganymède, 186, 187, 257.
Garbol (Jeanne), 202.
Garin, p., 99.
Garnaiz, se, 85.
Garnaud (Pierre), se, 3o5.
Garnerey, g., 192,
Garnier, p., 255, 265.
Garnier (Etienne), 327.
Garnier (François), p., 288.
Garnier (Jean), orf., 70.
Garnier (Jean), maçon, 90.
Catien (François), a., 48.
Gatteaux, g., 192.
Gatteaux (Edouard), gr. en méd.,
3i5.
Gaucheran ou Gauterin de Vitel, se,
68.
Gaucherel, g., 192.
Gaujean, g., 192.
Gaultier (Bénigne), 194.
Gaultier (Benoiste), 197.
Gauterel (Guillaume), 227.
Gautherot, p., 255, 265.
Gauthier, 209, 210, 211.
Gautier I, p., loi.
Gautier II, p., io5.
Gautier (maître), se, 70.
Gautier (Théophile), g., 192, 222.
Gay fBernard), maître maçon, 291.
Gay (Girard), se, 67.
Gay (Nicolas), 195.
Gayet (Dorothée], Sog.
Gayet (Fleury), ^02.
Gazette des Beaux-Arts, 17, 25, 28,
63.
Galette de Cologne {la), 63.
Geheri (Girard), charpentier, 90.
Gellée (Cl.), p., 11.
Gendre (Clément), g., 294.
Gendret (François), p., i65,
Gendret (Jean), se et p., iSg.
Gendron (Jules-Ernest- Auguste), p.,
319.
Genestz (Georges), charpentier, 92.
Genetz (Pierre de), 243.
Genevay (Marie), 297.
Gentil (Edme), p., i52.
Gentil (François), se, i52, 169.
Gentil f Jacques), p., i58.
Genty (Maurice), 194.
Geofrey (Françoise), 195.
Gérard, se, 35o.
Gérard (François), p., i5o, 214, 21 5,
252, 254, 259, 260, 264-267.
Géricault, p., 3i6.
*Germoles (château de), 100.
Gerspach. — Arrivée de Belloni à Pa-
ris, 183-184. — Gros. Gravure du
tableau la Peste de Jaffa, 317.
Gey (Ysabeau-Françoise), 299.
Giacetti (Jean-Ambrogio), lap., 171-
177.
Gibelin, p., 11.
*Gien, 3o2.
Gilbert, hist., 17, 24.
Gilet, p. verr., 22g.
Gillequin, se, 71.
Gillequin, p. 99.
Gillequin II, p., 102.
Gillet I, p., 100.
Gillet II, p., 10 1.
Gillot, p., 100.
B76
Gineste, 145.
Ginguené, directeur général de l'ins-
truction publique, 9.
Ginoux (Charles). — Albert Duparc,
architecte et sculpteur, et Antoine
Fleury, sculpteur, 49-51. — Les
Armoiries des morts à Toulon,
53-54. — Le sculpteur Chardigny,
143-147. — Le sculpteur Jean-
Pancrace Chastel, 1 80-1 83. — Le
peintre Barthélémy JuUien, 246-
247. — Le sculpteur Joseph Ca-
ris, 281-286. — Les sculpteurs
Veirier et Dubreuil, les peintres
Achard et Volaire, 324-327. — Le
sculpteur Aycard, 340. — Le pein-
tre Simon Julien, 340-342.
Girard^ p. verr., 233.
Girard (Alexis-François), g., 317.
Girard (François), menuisier, 3o8.
Girard {M"""j, 3 18.
Girard de Han. Voy. Gay.
Girardin de Bruxelles, se, 71.
Girardin de Mons, se, 68.
Girardon, se, i36-i37, 3i5.
Giraud (C.), 1 1."
Girin (Gabriel), 3o5.
Girodet, p., 234, 260, 264, 268-270,
314.
Giromond (Gilles), se, 293-294.
Giromond (Pierre), 293.
Glaneuses (les), 190.
Gloire (la), 326, 327.
Godier (Colot), se, 74, 86.
Godier (Jean), se, 80.
Godon (Balthasar), p. verr., 226,
239, 243, 244, 245.
Gois (Edme-Etienne-François), se,
21 5.
Gomez (Sébastien), p., 56.
Gonnon (Antoinette), 200.
Gonnot (M. et M""«), 61.
Gonse, i33, i35.
Gosse (Nicolas-Louis-François), p.,
Gosse* (M"-"), 3 18,
Goudin, notaire, 143.
Goulart (Jean), maçon, 91, 92.
Gourlier, a., 547, 349.
Goutzwiller (Ch.), g., 287.
Gozlan (Léon), 120.
Graham (Maria), 44.
Grain (Gilles), maçon, 90.
*Grand-Andely (Eure;, 55.
Grand-Remy (Jean), charpentier, 94.
Grandchand (seigneur de). Voy. Per-
rochel.
Grancher de Tramon. Voy. Jean
d'Orléans.
Grandmaison (Ch. de). — Pierre Ga-
dier, architecte, 47-48. — Jehan
Durant, architecte, ii5-ii6. — Je-
han Bi'effect, peintre tourangeau.
GINESTE. — GUIFFREY.
193. — Le peintre tourangeau Ar-
nould Ferrand, 356-357. — Une
lettre de Rigaud à Gaignières, 359.
Grandsaigne (Jean de), sieur de Mar-
sillac, 33, 36.
Granet, p., 11.
Granger, p., 257.
Gratis (Jeanne), 94.
Graveurs, 12, i3, 53, 57-63, 192,
193-203, 206-208, 287, 288, 294,
298, 363.
Gravure, 2, 12, i3, 57*63.
*Gray, 11.
Grégoire (Jean), 201.
Grégoire (P.-P.), p., 11.
Grenoble (Catherine Jacquet, dit),
85.
Grenoble (Jacquet, dit), se, 85.
*Grenoble, 363.
Greppo (Crépin), 3o8.
Grétry, comp., 217.
Greuze, p., 120.
Griffins (Antoine), 194.
Grifiins (Marie), 194.
Grigny (Berthaud de), tailleur de
pierres, 89.
Grille (François), 2i5, 216, 218, 220,
221, 222, 25o, 252, 258, 260, 265,
345-356.
Grille (M"" François), 220-222.
Grillet (Jacques), 3o8.
Grin (François), se, 3o5-3o6.
Griot (Antoinette), 296.
Grisliot (Jean), se, 76.
Gros, p., 254, 255, 259, 260, 264,
270, 271, 317.
Grosbonnet (Laurens), maçon, 290.
Grosley, 76, i56, 160.
*Gruchy, 190.
Gruyer ^Anatole), 25o.
Gruyer (Pierre), p., i65.
Guaido (Giovanni). Voy. Gailde.
Guandini (Mazier), 56.
Guenon, 329.
Guéranger (Dom), 61.
Guérard (Louise), 3o5.
Guérin, p., 254, 255, 259, 260, 267-
268.
Guérin (Gilles), se, i36-i37.
Guérin (Guillaume), p. verr., 236.
Guérin /Huguenin), p. verr., 237.
Guérin (Paulin), p., 256.
Guérison du paralytique (la), 40,41.
Guernier (J.-J.), p., 57.
Guersant (Pierre-Sébastien), se, 188-
189.
Guet, p., 99.
Guigniaut. voy. Girard.
Guigou-Maurel, 11.
Guinard (Jehan), p., 96.
GuiftVey (J.-J.). — Quelques tableaux
remarquables des églises de pro-
vince, 55-56. — Les peintres déco-
GUILBERT. — HERMANT.
377
rateurs du xviii' siècle, iig-128.
— Jean Rondet, peintre, i36. —
Ferdinand Megliorini et Philippe
Branchi, lapidaires, 171 -177. —
Henry Couet, sculpteur, 180. —
J.-F. Millet jugé par les Améri-
cains, 189-190. — Jacques Prou,
sculpteur, 203-204. — Lefèvre,
tapissier de haute lisse aux Gobe-
lins, 2o5-2o6. — Commandes de
tableaux d'orfèvrerie, 208-2 11. —
Charles Coypel et l'histoire de don
Quichotte, 24g. — Louis David,
peintre du Gouvernement par ar-
rêté des Consuls, 3 1 6-3 17. — Char-
les-André Tramblin et Joseph
Labbé, peintres de l'Académie
royale, 3bo-36i. — Bibliogr., 63,
128, 192, 223-224, 287-288, 362-
363. — Son nom cité, 1, 9, 12, 16,
17, 28, 29, 3o, 3q, 42, 44, 46, 47,
49, 129, i32, i83, 218, 342.
Guitbert (l'abbé), 40.
Guilhon (P.), prêtre, 196, 29^
Guillain (Guillaume), maçon, 94.
Guillain (Nicolas), se, 247-249.
Guillain (Pierre), a., 248.
Guillain (Simon), se, 248.
Guillaume I, p., 98.
Guillaume, p. verr., 226-227.
Guillaume I, Genevois, p., 102.
Guillaume II, p., 99.
Guillaume U, Genevois, p., 107.
Guillaume (Aimé), 3o3.
Guillaume (Pierre Bernard), 3o3.
Guillaume (Simon), se, 3o3.
Guillaume, duc d'Aquitaine, 9.
Guillaume de Mantes, p., 100.
Guillaume I" d'Orange-Nassau, 186.
Guillaumont (Nicolas), orf., 291.
Guillemin, p., 108.
Guillemin I, p. verr., 227.
Guillemin II, p. verr., 236.
Guilleminot de Plancy, p., loi.
Guillermin (Claudine), 296.
Guillermin (Jacques), se, 295, 296.
Guillermin (Jean-Baptiste), 295.
Guillermin TJean), se, 295.
Guillermin (Jean-Baptiste), se, 296.
Guillermin (Nicolas), 296.
Guillet, p., 120, 122.
Guillet (Jean), 304.
Guillon (Luce), 3oi.
Guillot, p., 3io.
Guillot (Paul), se, 3oo, 3o8.
Guise (Antoinette de Bourbon, du-
chesse de), i52.
Guise (duc de), i5i, 168, 245.
Guitard (Jean), charpentier, go.
Guychard (Benoiste), 197.
Guyet, p., 99.
Guyon de Vables, p., q5.
Guyot, p. verr., 233.
Habert (Jehan), i36.
Hachette (Jeanne), 252.
Hallain. Voy. Haslin.
Halle (Claude-Guy), p., 41.
Halle (Daniel), p., 42.
Halin. Voy. Haslin.
Hamel. Voy. Jadin.
Hametel (Guillaume de), 23o.
Hans, se, 73.
Haquinet, se, 72.
Harang-Cabasson (G. -A.), p., 320.
Harang-Cabasson (M™*), 320.
Hardoin. Voy. Ardoin.
Harselin. Voy. Haslin.
Haselin. Voy. Haslin.-
Haslin (Nicolas), se et p.^ 65, 8i-
85, 148, 149.
Haslin (Nicolas II), se et p., 162.
Haslin (Pierre), p., 162.
Haut (Thomas), 197.
Hautpoul (général d'), 314.
Havard (Henry), 63, 129, i3o.
Havelin. Voy. Haslin.
Hébé, 257, 3i5.
Hébert fl'abbé Jean-Claude), 3o5.
Hédou (J.). — Jean de Saint-Igny,
peintre, sculpteur et graveur rouen-
nais. Bibliogr., 288.
Hédouin (Ed.), 190.
Heim, p., 256, 3i6.
Heineken, 5.
Hellart, p., n.
Hellouin (X.), p., 57.
Hendricy ^François), 292.
Hendricy (Léonard), 292.
Hendricy (Martin), se, 292, 297.
Hennequin, se, 66, 72.
Hennequin I, p., gg.
Hennequin II, p., 102.
Hennequin, arcniprêtre, i5i.
Hennequin (Christophe), 92.
Hennequin (Oudart), 80, 87.
Hennequin le Flamand, p. verr.,
237.
Hennequin de Louvain, se, 72.
Henri II, 148, i.S3, i55, i56, 157,
160, i63, i65, 167, 168, i6g, 170.
Henri IV, A, 252, 261, 262, 263.
Henri IV cnez Michaud, 257.
Henri le Flamand, se, 71.
Henri de Mons, 68.
Henry (Ch.), 362.
Henry. 78.
Hérault (Antoine), p., 64.
Hercule, 64.
— délivrant Alceste, 257.
— terrassant le serpent, 221.
Herluison (H.). — Vivier, Coudret,
Bonneville, sculpteurs; Delacha-
pelle, ciseleur; Bosse, architecte,
et Aubert, graveur, 52-53. — Son
nom cité, 2o5, 248.
Hennant, p. verr., 237.
Hervé, a., 349, 35o.
Hesse (Auguste), p., 56.
Heude (N.J, p., i5.
Heurtier, a., 347.
Hildegarde (la reine), 262.
Histoire de Lorraine, 79.
Histoire des maisons royales, i33.
Histoire ecclésiastique de l'église de
la ville de Troyes, ibj, 161.
Hoey (Jean de), p., 148, 164.
Homère, 212.
— chantant ses poésies, 257.
Homme à l'œillet (1'), 61.
Hongrie (Julien de), p., 322.
Hongrie (Marguerite de), 322.
Horace et Lydie, 3i8.
Hôtel Drouot et la Curiosité en
1885-1886, 128.
Houdon, se, 216.
Hovervogt (Jacques), 12.
Hubin (Nicolas), p., iio.
Huet, i3.
Hugo (Victor), 3 12.
Hugues Capet, 2()3.
Huguet (Anne), 3oo.
Huguetan (Anne), ig6.
Humbelot (Philippe), 38.
Humbert (Georges), se, 297.
Humbert (Marie), 297.
Hurant (Nicolas I), p., 169.
Huriot (Geneviève), bi.
Huyard (Antoine), avocat, i53.
Hymans. 187, 108.
Hympe (^Evrard), p. verr., 245.
HyppoUte. Voy. Phèdre, 255.
Immortalité (1'), i85.
Ingres, p., 9, 11, 3i5, 3i6.
Ingres, se, 3i5.
Innocent IV, pape, 263.
Inspruck (l'Arsenal d'), 255.
Inventaire des richesses d'art de la
France, 23, 25o, 362-363.
Isehard ou Isnard (Pierre), se, 3o3,
3o5, 327.
Istreville (Guillaume d'), tailleur de
pierres, 89.
Ithier, p., 98.
*Ivry-sur-Seine, 187.
Jacob, 56.
— arrivant en Mésopotamie, 256.
Jacquemart (Albert), 319.
Jacquemart (Jules), p. et g., 319.
Jacquemin, p., loi.
Jacquemin, p. verr., 229, 235.
Jacques I, se, 71.
Jacques I", p., 98, 161.
Jacques I, p. verr., 235.
Jacques II, se, 86.
Jacques II, p., 100.
Jacques II, f). verr., 240.
Jacques (Charles), p., 191.
HERVE. — JEANNIN.
Jacques rLaurens)j p., 324.
Jacques (le chevalier), i85.
Jacquet, p., 73, 107.
Jacquet, se, 68.
Jacquet d'Aillefol, p., 100.
Jacquet de Valenciennes, p., 102.
Jacquin (Anne), 297.
Jacquin (Bénigne), 3o6.
Jacquin (Antoine), se, 297, 298.
Jacquin (Eléonorej, 298.
Jacquin (François), se, 297, 3oo.
Jacquin (François), 3oo.
Jacquin (Germain), 298.
Jacquin (Madeleine), 3o3.
Jacquin (Marie), 298, 3o4, 3o5.
Jacquin ou Jaquin (Nicolas), se, 296,
297, 298, 299.
Jadin ^Anne-Antoine), 320.
Jadin (Louis-Godefroy), p., 319.
Jadin(Louis-Emmanuel),comp.,3i8.
Jaffa (l'Hôpital de), 317.
Jal, 17, 38, 44, 46, 47, 49, 94, 95,
1 16, 118, 2o5, 248.
Jaley, se, 3 14.
Jardin de la noblesse française (le),
12.
Jarry (L.). Jean Grancher de Trainou,
dit Jean d'Orléans. Bibliogr., 63.
Jaubert (l'abbé), iq8.
Jayet (Dorothée), iog.
Jayet (Clément), se, 309.
Jean, a., 68.
Jean, p., 170.
Jean, p. verr., 226.
Jean, se, io3.
Jean I, p., 98.
Jean I, p. verr., 236.
Jean I ou Jeannin, se, 70.
Jean II, p., 102.
Jean II, p. verr., 237, 238.
Jean III, p., 104.
Jean IV, p., 108.
Jean IV. Voy. Mariage.
Jean (Petit), se, 73.
Jean de Bar-sur- Aube. Voy. Simon.
Jean de Dijon, p., loi.
Jean de Damas, 76.
Jean Filleul, tailleur de pierres, 8g.
Jean Lalement, se, 66.
Jean dit Marais, 23i.
Jean de Metz, 72.
Jean d'Orléans (Jean Granger de
Trainou, dit), p., 63.
Jean de Provins, se, 67.
Jean de Savières, p., loi.
Jean de Savoye, p., 104.
Jean de Soissons, 76.
Jean du Temple, tailleur de pierres,
89.
Jean. Voy. Johannes.
Jeanne. Voy. Coppin.
Jeannin, p., 9Q.
Jeannin, se, 66, 71.
JEANNIN. — LABORDE.
Jeannin I, p. verr., 232.
Jeannin II, p. verr., 236.
Jeahnin II, p., io5.
Jeanniot, p. verr., 237.
Jeannot, p. verr., 238.
Jehan de Soissons, a., i52.
Jérôme (la communion de saint), 3og.
— (Terreur de), 3!o.
*Jérusalem, 160.
Jésus-Christ, 9.
— (naissance de), 3 10.
— chez Marthe et Marie, 1 1.
— se mettante table chez Simon, 3og.
— et la Samaritaine au puits, 309.
— prêchant, 309.
— guérissant le paralytique, 56.
— (Transfiguration de), 241.
— et les petits enfants, 55.
— devant Pilate, 19.
— (Crucifiement de), 241.
— en croix, 3o9-3io.
— (Résurrection de), 4, 23o, 239,
256.
— (Ascension de), 3 10.
— (Scènes de la vie de), 149.
Joannon (Jean), 201.
Joannon (Jeanne-Françoise), 201.
Job, g., 128.
Job (Eléonore), 293.
Jobar (l'abbé), 198, 202, 3oo.
Jobert (Thaurin), 200.
Joconde (la), 59.
Johannes de Villaribus, fond., 88.
*Joinville, 78, 79.
JoUivet, 209, 210, 211.
Jomard (Georges), 295.
Jonas, 83.
Joseph (le Père), 276.
Jossand (Benoist), 3o6.
Jossand (Marie), 3o6-3o7.
Jouin (Henry). — Claude-Ferdinand
Gaillard, peintre graveur, 57-65. —
Peintres oubliés, N. Chevalier, J.
Butaye, Ransint de la Marche, Ph.
Benart, Guyon de Vables, Ch.
Dramarl, Nicolas II Pinaigrier,
G. Saulnier, L. Lejeune, M. Le
Riche, 94-96; R. Boulanger, N.
Lescuyer, G. Petitpas, J. Berry,
Et. Ponnanceau, J. de Belly, J.
Face, P. Tessier, ii6-n8. —Con-
trat de mariage de Jean Ranc, p.,
140-143. — Arrivée de Belloni à
Paris, 183-184. — Autographes de
sculpteurs: Bosio, Cortot, Flatters,
Desbœufs, Guersant, 184-189; Ro-
land, Lemot, Gois, Rutxhiel, Es-
percieux,Cogiola,Deley, Desbœufs,
Bosio, Pradier, 212-223. — L'église
de la Madeleine en 1816, 2bo-2ib.
— L'église de la Madeleine de 1828
à i83o, 345-356. — Autographes
de sculpteurs : commandes, con-
379
trats, quittances, anecdotes, notes
biographicjues , 3ii-3i6. — Le
sculpteur Troel, 337-339. — F.-
M.-J. Royer, P.-A. Royer, F.-H.
Royer, peintres, Ch.-R. Royer,
sculpteur, 342-344. — Le peintre
tourangeau Arnould Ferrand, 356-
357. — Epitaphes de peintres rele-
vées dans les cimetières de Paris :
Y. Merino, J.-Ch. Povv^er, G. Brion,
L.-O.-G. Reynard, H. Masson, J.-
P.-A. Antigna, iQi-ig2; S. Petit,
287; A.-F. Girar'd, E.-A. VioUet-
le-Duc, N.-L.-F. Gosse, V. Dumas,
C.-F. Daubigny, L. Faure, Durand-
Brager, Th. Couture, J. Jacque-
mart, A. Roger, L.-P. Denant, H.
Lacoste-Brunner,J.-E.-A. Gendron,
J.-L. Bezard, S. Baron, L.-G. Jadin,
L.-A.-G. Doré, E. Roslin, P.-J.-E.
Baize, S.-J.-F. Ricquier, G,- A.
Harang - Cabasson, 317-320. —
Maîtres contemporains. Bibliogr.,
64. — Musée de portraits d'artistes.
Bibliogr., 363. — Son nom cité,
12g, 362. — Table analytique et
raisonnée, 365 et suiv.
Journal des arts {le), 61.
Journal de Paris (le), 3iG.
Jousset, docteur, médecin, 58.
Jouvenet (Jean), p., 1 5.
Jouvenet liean II), p., i5.
Jouvenet (Laurent), p., i5.
Jouvenet (Noël), se, i5, 3i5.
Judic, 276.
Judissé (famille), 61.
Juge endormi (le), 3 18.
Juliani (R.-P.), 56.
Julien, se, 218.
Julien, menuisier, 325.
Julien (Simon), p., 340-342.
Julius, pape, m.
Jullien (;Barthélemy), p., 246-247.
JuUiot (Jeanne), 294, 295.
Jumeaux (Léonore)^, ig5.
Junon, 123, 178.
Jupiter, 123, 178.
Jurine (Antoine), maître menuisier,
2g5.
Justice (la) et la Vengeance poursui-
vant le Crime, 255, 328, 333.
Kerchove (Catherine van den), 176.
Kerchove (Frédéric van de), p., 64.
Kerchove (Josse van den), teinturier,
176.
Konitz (comte de), 122.
Labarre, a., 347, 349.
Labbé Hean), p., 108.
Labbé (Joseph), p., 36o.
Laborde fde), g4, g5.
Laborde (marquis de), i33, i35.
38o
LA BOURDONNAYE. — LEMIRE.
La Bourdonnaye, 353.
Laboureurs (les), igo.
La Bouticle (Jacquet de), se, 73.
Lacoste (veuve), 319.
Lacour, 297.
Lacoste-Brunner (Henri), p., 3 19.
Lacour, p., 12.
Lacroix (^Robert), se, 56.
Ladvocat, 243, 244.
Lafage, p., 11.
La Ferte (M"" la maréchale de), i3.
Lafolie (Cliarles), 216-219.
La Fosse, p., 253.
Lagrenée, p., 309, 3 10.
Lagrippe (Jean), maçon, 91.
*La Haye, 14.
La Herche (de), 21.
Lahyre (Etienne del, p., 26, 38.
La Hire (Laurent cfe), p., 38.
La Hire (Philippe), 38.
La Hire (Quentin de), 38, 39.
Laine, ministre de l'Intérieur, 266,
272.
Lair (P.-A.), 3.
Lajolais TLouvrier de), i33, i35.
Lalande (de), 217.
Lalement. Voy. Jean.
Lallemand, p., 27.
La Louppe (M""' de), i3.
Lalyame (Catherine), 290.
Lalyame (Jean-Baptiste), 290.
Lalyame (Jeanne), 290.
Lalyame (Marie), 290.
Lalyame (Philibert), 291.
Lalyame (Philippe!, se, 290-291.
Lalyame (Ysabeau), 291.
Lambert (Marie), 195, 294,
Lambert (Martin), p. verr., 244.
Lambinet, p. verr., 233.
Lamoureux (Pierre), 3o6.
Lancion (Mgr), 107.
Lancrenon, lith., 270.
Lancret, p., 64.
Lange, p., 11.
Langlois, p., 3i6.
Langlois fils, p., 258.
Lani (M""), dans., 128.
Lanier, 32, 33, 35, 36, 37.
La Noe (Henry de), 83.
La Noue (Jean Lubin dit), 35, 36.
Lansart (Pierre), 294.
*Lantigné, 3o6, 307.
Lantynois (Nicolas), p., i65.
Lany (Jean-Bartbélemy), dans., 127.
Lany (Louise-Madeleine), dans., 127.
*Laon, 26, 244.
Lapidaires, 171-177.
Laplace, ministre ae l'Intérieur, 10.
Larbalestrier (Catherine), i63.
Lariose (Philippe), 196, 197.
La Rochefoucauld (cardinal de), 279.
La Rochefoucauld (François -Guil-
laume de), 247.
La Rochefoucauld (Gabrielle-Marie
de), 247,
*La Rochelle, 55.
Larsonnyer, 211.
La Ru (Marie de), 323.
La Tasche (Jean), p., i66.
La Tasche (Pierre), p., i65.
La Teulière, p., i3i.
Latour (Mgr de), 281.
La Tour Me), 147.
La Tour (Quentin de), p., 3 16.
Laurens (Catherine de), 291.
Laurent, p., 26.
Laurent (Guillaume), plombier, 94.
Lebarbier aîné, p., 255, 260.
Le Bègue, seigneur de Majainville
(Charles), 204.
Leber, 12.
Lebœuf (Charles- François), se, 314.
Le Boiteux, p., 107.
Le Borgne (Michelet), p. verr., 237.
Le Boucher (Jean), se, 73.
Lèbre (A.j, p., 10.
Le Brun (Cnarles), p., 94, 177, 253,
3io.
Lecerf, p., 56.
Le Cesne (Marie-Charlotte), 342, 343.
Le Cesne (Simonne), 343.
Le Clerc (Jacquemin), p., 102.
Leclerc (Sébastien), g., 177.
Lecomte (Florent), se, 8, 17, 26.
Le Conte (Dieu), 229.
Lecouvreur (Adrienne), tragédienne,
126.
Lecouvreur, notaire, 175.
Léda regarde ses quatre enfants sor-
tir de leur coquille, 2i5.
Ledoux (Geneviève), ^6.
Lefebvre, 175, 180, 329.
Lefebvreou Lefèvre (Jean), tap., 177,
2o5-2o6.
Le Fer, 3o6.
Lefèvre-Soyer, 20, 21.
Le Flamant. Voy. Haslin.
Lefuel, a., 129.
Légier (Joseph et François!, 327.
Légion d'honneur (première distri-
bution des croix de la), 314.
Le Gras (Jeanne), 290.
Lehmann, p., 64.
Lehongre, se, i38.
Le Jay (Nicolas), 12.
Lejeune (Lazare), p., 96.
Lejeune (Martin), 96.
Le Lieu (Robert), 02.
Le Lonpnat (Louis), p., i65.
Lemaigre (Julien), 141.
Le Maire, p., 6, 7, 120, 122.
Lemaire, se, 314, 356.
Le Maire, prêtre, 52.
Lemaître^ 323.
Lemelletier (Martin), p., 304.
Lemire aîné, p., 258.
LEMIRE. — MACADRE.
38l
Lemire jeune, p., 258.
Le Moine (F.), p., 64.
Le Morel (Claude), se, 3o2, 3o3.
Lemot (François-Frédéric), se, 214-
2i5, 252, 3i3, 3i4, 3i5, 349.
Lemoyne (Jean), p., 3i5.
Lenain, p., 2, 26.
Le Nattier (Etienne), se, 86.
Le Natier (Jean), se, 87.
Lerioir (Alexandre), 184, i85.
Le Noir (Jean), 85.
Lenormand (l'abbé), 307.
Léon lU, pape, 61, 262.
Le Pesant. Voy. Dutillieu.
Lépicié (Nicolas-Bernard), p., 55.
Le Q.ueux (François), plombier, 94.
Le Raslat (Perrin), p. verr., 104,
235.
Le RebouUet (Philippe), 249.
Le Riche, i23.
Le Riche (Denis), 96. •
Le Riche (Martin), p., 96.
Le Riche (Théodore), 96.
Leriverend (Augustin), p., 56.
Le Rouge (Jean), p., 106.
Leroux, hist., 247.
Le Roux (Durand), 196.
Le Roy (David), 3i5.
Leroy (Gaspard), 296.
Leroy (Marie-Madeleine), 296.
Lescuier (Antoine), p., 107.
Lescuyer (Charlotte), 116, 117.
Lescuyer (Nicolas), p., 116-117.
Le Sec (Jacques), Si, 35, 36.
Lesgeley (Cochin), p. verr., 229.
Lesguisé (Guillaume), 73.
Lespingola (François), se, 3 12.
Lesprit (Antoinette), 177.
Le Sueur, p., 55, 253, 256, 3o9, 3 10.
Letellier, p., 1-47.
Leuze (de), p., 120, 122.
Levacher, jo., 3i5.
Le Vachier, Le Vacher ou Vachat
(Jacquet), se, 72.
Le Vachier, Le Vacher ou Le Va-
chat (Jean), se, 73.
Lévêque (Laurent), p., i5.
Le Vieil, 246.
Levieux, orf., 8.
Levieux (Raynaud), p., 1-47.
Levrat (Jehan), 291.
*Leyde, 164.
Leyssard (l'abbé), 3o3-3o6.
Liancourt. Voy. Du Plessis.
Liart (Pierre), p., 170.'
Liberté (la), 3i3.
*Liège, 217.
Lieutier, a., 178.
Liévin. Voy. Varin.
Ligoneau (Marguerite), 141.
*Ligré (Indre-et-Loire), 32 1, 356.
*Lirie, 212.
*Limoges, 112, 206, 207.
Linard (Jacquette), 161.
Linard (Pierre), p., 170.
Lionnois, dans., 128.
Lionnois (M°"), dans., 128.
Liçuerie (Joachim), p., 197.
*Lisieux, 55.
L'Isle (Catherine de), 325.
Liste des artistes des châteaux
royaux, 42, 44, 46.
Livre de portraiture, 1 2 .
'Londres, 3i3.
Longpré fJules de), 309, 3 10.
Longuet (Renée), 117.
Lopin fJean I), p., 106.
Lopin (Jean II), p., 108.
Lopin (Perrinot), p., io3, 104.
Loppin. Voy. Lopin.
Lorraine (Henri de), 65, 78.
Lorraine d'Elbeuf ( Henriette de ),
247.
*Lorris, 362,
Loth (Arthur), 63.
Loûaintie (A.-F.), p., 56.
Louis XI, 252.
Louis XII, 75, 108, 109, 114.
Louis XIII, 4, 32, 38, îg, 252, 277,
278.
— (le Sacre de), 55.
Louis XIV, i36, 178, 204, 221, 2 52,
253, 34g.
— (naissance de), 2 55.
— recevant le duc d'Enghien aux
Champs-Elysées, 258.
Louis XV, 252.
Louis XVI, 217, 220-222, 25o, 2 5 1,
252, 264, 268-270, 340, 347, 349.
Louis XVII, 25o, 25i, 252, 204,
347.
Louis XVIII, 25o, 261, 262, 269.
Louis le Jeune, 261, 263.
Louis (naissance de), 257.
Louis, roi d'Aquitaine, 262.
Louis (le prince), premier roi d'Es-
pagne, 333.
*Louvain, 72.
Louvet, 356.
Louvois, i3i, 172, 175.
Lovet (François), oi.
Lubin (Jean). Voy. La Norre.
Lucas (Anne), 338.
Lucas de Leyde, p., 164.
Lucas de Montigny (M. et M"
Lucquin. Voy. Gosse (M°").
Lutte de Jacob et de l'ange, 56.
Luynes (connétable de), 58.
Luynes (duc de), 3o, 3i, 32.
Lycaon, i23.
Lydie. Voy. Horace.
Lynard, p., 166.
*Lyon, 64, 76, 112, i32, iq3-2o3,
224, 289-309, 3i3, 3i5, 362-363.
Macadré (Antoine), p., i63.
'), 214.
3lSi2
MACADRE.
MEGLIORINI.
Macadré (Jean), p. verr., 226, 238,
239, 245.
Macadré (Jean), p., lôg.
Macadré (Jean I), p., 114.
Macadré (Jean II), p. verr., 114,
Machadre. Voy. Macadré.
Machefoing (Etienne), p., 102, 233.
*Mâcon, 3o6.
Maçon (Jean I), p. verr., 241.
Maçon (Nicolas), p. verr., 242.
Maçon (Pierre I), p. verr., 226, 242-
243.
Madrain, p. verr., 246.
Madeleine (sainte Marie-), 104, 107,
114, 25i, 276, 278, 280.
*Madrid, 329.
Magasin pittoresque, 18, 43.
Magat (Limon de), 202.
Magnan de la Roquette, p., 11.
Magus (Simon), 82.
Manault (de], 148.
Maignien (Edmond). — Les artistes
grenoblois. Bibliogr., 363.
Mainfroy (Guillaume), p., 170-171.
Mainot. Voy. Harang-Cabasson.
Maisonrouge (seigneur de), 12.
Maîtres contemporains, 64.
Majard (Claudine), 297.
Malherbe, 3.
*Malines, 73, 219
Mallard (Estienne), 291.
Malprouvé (Guiot), 22g.
Mandarinade (la), 14.
Manoyer (J.-L.), p., 11.
*Mansoure, 263.
*Manles, 66, 67.
Mantz (Paul), 9, 10, 129, i32, 191.
Maquart (Mathurin), p., i5o-i5i,
Maralti (Carlo), p., 3 10.
Marc, tailleur de pierre, 285.
Marcassin (Vincent), p. verr., 241.
Marcel, 209, 210, 211.
Marcello, se, 3 16.
Marchant (Jacques), charpentier, 94.
Marcien (Jeanne), 201.
Marcille, i33.
Marcus Sextus, 255.
Marengo (bataille de), 255.
Maressal (Antoinette), 44, 46, 47.
Maressal (Jean), p., 26, 43, 44, 45,
46.
Margat, 292, 3oi.
*Margaux, 55.
Margourt (Jean), 23 1.
Margouzet (Etiennette), 3o8.
Margouzet (Marguerite), 3o8.
Marguerite de Provence, 263.
Mariage de Jean IV, duc de Bretagne,
et de Jeanne, fille du roi de r^a-
varre, 55.
Marie, sœur de Lazare, it.
Marie- Antoinette, 217, 221, 23o,
252, 264, 347, 349.
— (scènes de la vie de), 261.
Mariette, 17, 38, 41, 45.
Marin (Jeanj, 246.
Marin (Louis), 327.
Marionneau. — Quelques tableaux
remarquables des églises de pro-
vince, 55-56.
Marisy fFrançois de), 289.
Marlet (J.), professeur de dessin, 2.
Marlin fClaude), 290.
Marlin (Marguerite), 290.
Marly (château de), 204, 362.
Marnas (Charles), 3o5.
Marniere (Phelippe de la), 209, 210,
21 1.
Marolles (l'abbé de), 12, 248.
*Marolles en Hurepoix, 58.
Marout (Jacques), p., 166.
Marquisan (Joseph), 327.
Marrot (Claude), 36.
*Marseille, 11, 5o, 177-179, 218,
246, 340. Voy. Musée.
Marsy (de), 23.
Marteau (Robert), 92.
Martelet, p. verr., 226.
Marthe, sœur de Lazare, 11.
Marthelot. Voy. Girard (M"").
Martignac (Mgr de), 349.
Martin, 3, 91.
Martin, p., 122.
Martin (Aimé), 307.
Martin (Hugues), charpentier, 90.
Martin (Jean), charpentier, 91, 92.
Martin (Jeanne), 3o6.
Martinot (Claude), 249.
Martyre de deux prêtres (le), 3 10.
Marx (Roger), 60. 61.
Massa (Toussaint), se, 212, 21 3.
Massard, g., 64.
Masso (Antoine de), orf., igg.
Masso (Claudine de), 198.
Masson (Hippolyte), p., 192.
Materon (Louis), 2o3.
Materon (Marie), 2o3.
Matillon fJeanne), 3oo.
Mauger (Antoine), avocat, 19.
Maugis (l'abbé Claude), 29, 3o.
Maupin fSimon}, ingénieur, 294.
Mauroy (Simon), se, 85.
Mauvoisin (Colinet), se, 76.
Mauzaise, p., 256.
Mazarin (M'"^ de la Vrillière, duchesse
de), 64.
Mazeline (Etienne), p., i5, 42.
Mazeline fPierre), se, 3i2.
Mazeline (Robert), p., i5.
Mazieu (Adrien), iicj.
Meaume (E.), 1 18.
Médicis (Marie de), 26, 29, 3o, 38.
— (couronnement de Marie de), 256.
Médor. Voy. Angélique.
Megemond (l'abbé), 198, 199.
Mégliorini (Ferdinand), lap., 171-177.
MEGLIORINI. — NANTES.
383
Mégliorini (Horace), lap., 171- 177.
Meilleraye (de la), 279.
Mély (F. de), 129.
Melchisedec (sacrifice de), 325.
Mémoires inédits sur la vie et les
ouvrages des membres de l'Acadé-
mie royale de peinture et de sculp-
ture, 'iS, i3i, i32, i35.
Mémoires et correspondances de C.
S. Favart, 119-120.
Mémoires secrets, 346.
Ménageot, p., 3 10.
Menard (Antoine), 116.
Mercœur (duchesse de), 39.
Mercure, 175.
Mercure français, 3 1 .
Merino (Ygnacio), p., 191.
Menjaud, p., 257.
Merson, 362.
Meslin (Ch.), p., 11.
Mesnelay (marcjuise de), 279.
Méton (Françoise), 201.
*Metz, 256.
Meudon (château de), 327.
Meynier, p., 235, 260, 264, 272, 273.
Meysieu (Henry), se, 3oi, 304.
Meysieu (Jeanne), 3oi.
Meysieu (Michel), se, 3oi.
Mézeray, 32.
Michallon (Achille-Etna), se, 187.
Michaud, 3i.
Michel (Edmond), 362.
Michel-Ange, p., 2 53.
Michelin (Christophe), p., i66.
Michelin (Thomas), notaire, 2o5,
206.
Michiels (Alfred), 2, 5.
Midi (Femme couchée), 190.
Miège (Suzanne), 304.
Mignard, p., 6, 7, 5d.
Mignard (Nicolas), p., 11.
Mignard clown, 203-204.
Milet, 362.
Miline (Antoinette), 197.
Millet (Fritz), p., 56.
Millet (Jean-François), p., 189-190.
Millet (M""), 190.
Millon, entrepreneur, 144, 146, 180.
Millon (Noël), 85.
Mimerel (Louis), se, 293, 299, 3o6.
'Mirecourt, 1 18.
Mionnet (M"""), 314.
Mise au tombeau (la), 20, 21.
Miskou. Voy. Saint-Martin.
Moireau (Jean), a., 90.
Moïse, 72.
Mole (Guillaume), 242.
Mole (Mathieu), 275-280.
Molière, 177.
— lisant le Tartuffe, 256.
Molin (Jean), 200.
Molinet (Laurent du), 244.
Mollin (Antoine), 304.
Monet (Antoinette), 3oi.
Monge, 217.
Monmerque, 2o5.
Monnet, p., 3 10.
Monnot (Daniel), se, 357.
Monnot (Etienne), 358.
Monnot (Jean), se, 357, 358.
Monnot (Pierre-Etienne), se, 357-
358.
Monnyer (Olivier), fond., 198.
Monot (Martin-Claude), se., 3i3.
Monsiau, p., 256, 260.
Montaiglon (Anatole de). — Rapport
à l'assemblée générale de la Socié-
té. Séance du 17 mai 1887, 129-
i35. — Son nom cité, 14, 21, 22,42.
"Montbéliard, 287, 357.
Montcalm (marquis de), 309.
Montinier (Jean), charpentier, 91, 92,
*Montpellier, 224.
Montucla (Jeanne), 202.
Morange, vicaire général, 3o5.
Moranssier (Perrenette), 194.
Mordant (Jean), p., 166.
Moreau (Antoine), p., i53.
Moreau (Macé), 157.
Morel, 157.
Morel (Ysabeau), 295, 298, 299.
Moret (Jeanne), 194.
Moréri, historien, 17.
Moriau, 36i.
Mosaïstes, 183-184.
Mosnier (Jean), p., 29.
Motu (Jean), maçon, 90.
Moulin, p., 120,' 122.
Moulinneuf, p., 11.
*Mousselle, 307.
*Moutier-la-Celle, i52.
Moyrinier (Perrette), 95.
Moyro (Jehan), 290.
Moyset (Simon), 80.
Muguet ^Anne), 291.
Muguet (Pierre), 291.
Murés d'Argeton (comte), 217.
Muriau (Marie), 3o8.
Muriau (Nicolas-Moïse), se, 3o8.
Muscon (Marcelle), 96.
Musée. Avignon, 9, 10, 11.
— Bruxelles, 129, i86.
— Dieppe, 362. '
— Marseille, 3.
— Naples, 2.
— Nantes, 302.
— Narbonne, 23.
— Nîmes, 1 1.
— Toulouse, lo.
— Versailles, 2, 10, 184, 253.
Muses (les), 255.
Musique (la), 21 3, 214.
Mytart, p., n3.
Nagler, biographe, 124, 180.
*Nantes, 55, 362. Voy. Musée.
384
Nanteuil. Voy. Lebœuf.
*Naples, 59, 187, 314. Voy. Musée.
Napoléon I", 21g, 25o, 314.
Napoléon III, 314.
Napolitain (le), p., 6.
*Narbonne, 23, 24.
Narbonne [Description du Musée de),
23.
Narcisse, 279.
Natier. Voy." Le Natier.
Nativité (la), 3io.
Navez (François-Joseph), p., 186,
187» 188.
Naville (Louise), 3o8.
Neel (G.J, 297.
Nerau. Voy. Nérot.
Néron, 82, 83.
Nérondat (Jean), 3o7.
Nérot (Jean I), p., 162.
Nervo (Claude de), 293.
Neufchastel fPierre de), p., 104.
Neufchastel (Simon de), p., 104.
Neufmaison (Anne-Ursule de), 126.
Neufmaison (Pierre de), p., 126.
*New-York, 191.
Nicaud (Claudine), 299.
Nicolas, p., 107.
Nicolas I, p. verr., 238.
Nicolas II, p. verr., 241.
Nicot (Agnès), 233.
*Nîmes, Q.
*Nîmes, 8, 9. Voy. Musée.
Nittis, p., 64.
Nivelon (Marie), 171.
Noailles (duc de), 276.
Noblesse française à l'église (la), 12,
i5, 29.
Nocret, p., 6, 7.
Noël, se, 76.
Noël (Catelin), 297.
*Noël-Cerneux, 357, 358.
Noot rColin), se, 69.
Noot (Gilles), se, 70.
Noot ou Nouot (Jean I), se, 70.
Noquat (Girard le), p. verr., 226,
240-241.
Nostalgie (la), 319.
Notre-Dame de Pitié, i3.
Nourrit, imp., 257, 302.
Novel (Jeanne), 304.
Novel (Louis), se, 307.
Novel (Louise), 304.
Novel (Michel), se, 3o4, 3o5.
Noyers (de), 17, 26.
Noyers (Mgr de), 40.
Nuisière (Marie de), 3o2.
Obry (Claudine), 307.
Odet ^Léonard), g., 194.
Odet (Mérode), 194.
Odon (Jean), se, 76.
Œdipe et Antigone, 258.
Œdipe détache de l'arbre, 190.
NANTEUIL. — PARIS.
Œuvres de M. et M"' Favart, 120.
OfFray (Andrée), 20 3 .
Offray (Antoine), 202.
Oger (Claudine), 3oi.
Ogier (Claudine), 298.
Ogier (Jeanne), 202.
Ogier (Philippe), 198.
Oeier (Pierre-Mathieu), g., 202.
Olagnier (François), 2o3.
OUivier (Antoine^, maître tailleur de
pierre, 281, 282.
Orange (prince d'), 127.
Orange-Nassau. Voy. Guillaume.
Oreste, 3i5.
Orfèvrerie, 70, 81, 86, io3, i56,
208, 209, 210, 211.
Orfèvres, 70, 8i, 86, io3, 198, 199,
200, 208, 20Q, 210, 21 1, 290, 291,
299, 363.
Origines, i3.
Orléans (Mgr le duc d'), i58.
Orphée et Eurydice, 255.
Orpheline du Temple (F), 25i.
Orsel, p., II.
Oudin (Michel), 160.
Oudot (Jean), se, 235.
Oudot (Jean I), se, 66.
Oudot (Jean II), se, 66.
Oudot (Jean III), se, 68, 6g, 71.
Oudot (Jeannin), se, 68, 6g.
Oudot (Thevenin), se, 68, og.
Oudry, p., 64.
*Oxford, 224, 3i3.
Pacalon (Fleurie), 304.
Pacour, 296.
Paillet (Claude), se, 3oi.
Paillet (David), 3oi.
Pain, notaire, 323.
Pajou, se, 214, 3i3.
Pa)ou, p., 2 58.
Paie (l'abbé), igg, 200.
Pallière, p., 257.
*Pamiers (Ariège), 55.
Pandore, 217.
Panthot (Germain), p., igj.
Papillon (Jean), orf., 8i, 86.
Paraclet (abbaye du), 247.
Paris donnant la pomme, 257.
Paris. Arc de l'Etoile, 3 14.
— Bibliothèque des Archives natio-
nales, 3i, 37, 4g, 88-g4,
96, 122, i36, i38, 140,
172, 177, 180, 208, 21 1,
328-334.
— — nationale, 67,85, 96, i37,
i57, i6i, 162, i63, 167,
236, 359, 36i, 363.
— — Mazarine, 224.
— Château de la Bastille, 33-36.
— Cimetière Montparnasse, igi, 287,
3i8, 3i9, 320.
PARIS.
PELLETIER.
385
Paris. Citaetièré Montmartre, 3i8,
320.
— -^ du Père - Lachaise, 191,
192, 3i8, 3iQ, 320.
— Couvent des Carmes diéchaussés,
21,41,42,45.
— — des Pénitents blancs, 5.
— — des Pères de l'Oratoire,
4, 5.
— Ecole des Beaux -Arts, 189, 191,
214, 21 5.
— — normale, 188.
— Eglise de Notre-Dame, 88-94,
329, 332-337.
— — de Notre-Dame de Lorette,
180.
— — de la Sainte-Chapelle, 22 1 .
— — de Saint-Etienne du Mont,
i6, 18, 42, 45, 49.
— — de Saint - Eustache, 118,
3ig.
— — de Saint-Germain -l'Auxer-
rois, 117.
— — de Saint - Germ£fin - des-
Prés, 42, 45.
— — de Sainte-Geneviève, i85,
254, 255, 259.
— — de Saint- Jacques- de -la-
Boucherie^ 29, 3o, 42-
45, 95, 96, 117.
— — de Saint-Jean-en-Grève,
117.
— — de Sainte-Marguente, 52.
— — de Sainte-Marie- Madelei-
ne, 52, 187-188, 25o-
' 275, 345-356.
— — de Saint-Merry, 96, 116-
1 18.
1 — — de Saint - Nicolas - des-
m. Champs, 2, 38, 52.
— — de Saint- Séverin, 53, 94.
— Hospice de Bicêtre, 10.
— — des Incurables, 322, 323.
— Hôpital Saint-Jacques, 57.
— Hôtel-Dieu, 323.
•^ Hôtel de Samuel-Bernard, 64,
— — de la Banque de France,
216.
— — d'Egmont, i25.
— — des Invalides, 216.
— — de Soubise, i25.
— - de Ville, i36-i37.
— Jardin des Plantes, 314.
— Manufacture des Gobelins, 121,
126, 171-177, 184, 2o5-2o6, 36o.
I — Musée central des Arts, 9, 10.
•*• — du Louvre, 9, 10, 11, 16,
45.
— — du Luxembourg, 3o.
— Parc- Royal, 30.
— Théâtre de la Comédie- Française,
124.
— — de l'Opéra, 121, 122, 127.
ART FR. IV
Paris. Théâtre du Louvre, 122.
— Palais de la Chambre des Dépu-
tés, 187, 217.
— — de la Cnambre des Pairs,
187, 220.
— — de la grande Chancellerie,
216.
— — du Louvre, 29.
— — du Luxembourg, 29, 253.
— — des Tuileries, 29, 529.
— Place de la Concorde, 188.
— — de Grève, 37.
— — Vendôme, 216.
— Pont d'Iéna, 221.
— — Louis XVI, 217, 34g.
— — des Saints-Pères, 314.
— Prison de la Conciergerie, 217.
— Salle des Menus Plaisirs, 259.
Parmesan, p., 7.
Parrocel (Etienne). — Découverte à
Marseille d'une œuvre de Jacques
Clérion, 177-179. — Son nom cité,
340.
Pasquier (François), se, 3 12.
Pasquier (Jean)', p. verr., 233.
Pasquot (Colas), p. verr., 244.
Passot ( Guillemin ), p., 107-108,
242.
Passot (Jacques), p., i5o.
Passot (Jacques I), p., i5i-i52, i53,
154.
Passot (Jacques II), p., 169-170.
Passot (Jacquinot), se, 80, 85.
Passot (Nicolas I), p., i5i.
Patanchet ou Potanchet, p., 57.
Pater, p., 64.
Patrocle, 83,
Pauillon, p., i38, i39, 327, 328.
Paule (Madeleine), 199.
Paupie, 14.
Paussier (Gabrielle), 195.
*Pavie, 23 1.
Payelle (Jacques), 199.
Paysans retournant chez eux, 190.
Peccoult, prêtre, 196, 199, 295.
Pêche miraculeuse (la), 309.
Peguet (Mexme), maçon, Ii5-ii6.
Pemtres, 1-47, 55-64, 68, 69, 74-
76, 80, 94-114, 116-128, i3è,
138-143, 147-171, 186-197, 204-
2o5j 225-247, 240-275, 287, 288,
292, 293, 294, 298, 304, 3o6, 309-
3io, 3x6-324, 327-337, 340-344,
356, 357, 359-36r, 363.
Peintres provinciaux de Vancienne
France, i, 3, 16, i3o, 288.
Peinture, 1-47, 55-64, 68, 69, 74-76,
96, 97-114, 118, 121-128, 106,
138-140, 147-171, iqo, 193, 225-
2^6, 249, 251-280, 309-3 lO, 321-
3^7, 340-342, 356, 3Î7, 35g.
Pellegrin, p., 11.
Pelletier, 357.
25
3$6
Pellissier (François), notaire, 292.
Pellissier (Marguerite), 292.
Pellissier (Pierre), 23.
Penchât, 3oi.
Penchaud, a., 179.
Penelle (Claude), couvreur, 94.
Pentecôte (le jour de la), 3io.
Pépin, roi, 202.
Percier, a., 347, 349.
*Périgueux, 206, 207.
Pernelle, femme de Nicolas Flamel,
42.
Perrier (Guillaume), p., 196, 298.
Perrin, p., 100.
Perrin (Fleurie), 293, 383.
Perrochel ( Charles ), seigneur de
Grandchamp, 12.
Perroneau (J.-B.), p., 64,
PELLISSIER. — POYET.
Perrot, p., 327, 328, 329, 33o, 33 1,
332, 3?"'
333.
Perrot (Richard), p., 161, 164.
Pesseline ou Pesselive, p., 5"/.
Peste de JafFa, 255.
Petit (l'abbé), 3o7, 3o8.
Petit (Achille-Jules), 192.
Petit (Catherine), 176.
Petit (Elie), avocat, 16, 18, 22.
Petit (Savinien), p., 287.
Petit fM"" Savmien), 287.
Petit (Ysabeau), 291.
*Petit-Ecoyeux, 55.
Petitot, se, 3 14, 3 16.
Petitot fils, se, 349.
Petitpas (Claude), 117.
Petitpas (Grégoire), p., 117.
Peur (Jean), p. verr., 236.
Peyrard (Anne), 3o3.
Peyresc, 2.
Phèdre et Hippolyte, 255.
— jugée aux enfers, 257.
Philipon (Jean), se, 86.
Philippe- Auguste, 25 1, 262, 263,
272, 273.
Philoctète à Lemnos, 256.
Pie (le cardinal), 61.
Pie VII, 219.
Piedefer (Robert), 92.
Pierre, 3oi.
Pierre, p., 98.
Pierre de Bruges, p., 99.
Pierre le Grand, 257.
Pierrot à la police correctionnelle,
3i8.
Pieta, 6, 7, 20, 56, 326.
Piété (la), 337.
Piètre, p., 120, 121, 122.
Pifferaro, 3 18.
Pigalle, se, 3i3.
Piganiol de la Force, 4, 5, 17, 19,
^.?^' 43, 44, 89.
Pilate, 83.
Pilgrim (lord), hist., 120,
Pilinski, 223.
Pillement, p., 11, i5, 64, 527, 33o,
33i, 332.
Pilon (Germain), se, 49, i3o.
Pilon (Germain), menuisier, 49.
Pinaigrier (Marguerite), 95.
Pinaigrier (Nicolas II), p., 95.
Pinet fl'abDé), 299, 3oi.
Pins (au). Voy. Barbe.
Pinsot (Jacques I), p., i55.
Piotière (de la), 3o.
Piqueret (Claude), p. verr., 240.
Pirame et Thisbée, 276.
*Pise, 254.
Pithou (Nicolas), hist., 157, i6i,
167.
Pitro, dans., 128.
Pion, imp., 357, 362.
Ploton, 290.
Pluchart. Voy. Doré (M"').
Plumeraux (Jacquinot), p. verr., 228.
P. N. Bibliogr., 362.
Poireau (Louis), maçon, 91, 92.
Poisat (Anne), 297.
Poinsson (Pierre), 48.
Poitiers (lycée de), 2.
Pomart (Jeannin de), p. verr., 233.
Pompadour (M"' de), 121.
Ponnanceau (Etienne), p., 117.
Ponnanceau (Marie), 117.
Ponsonailhe, hist., 140.
*Pont-de- l'Arche, 36, 37.
Pontheron (la famille), p., 118.
Porée (l'abbé), 25.
Port (Célestin), 221.
Portail, se, 3i5.
Porte (Si monde), 194.
Portes, 4.
Portraits contemporains, 222.
Poteau (Pierre), p. verr., 236.
Poterat (Jeanne), 168.
Pothier (Dominique), p., i63.
Pothier (François), p., 148, i63.
Pothier (Jean), p., 148.
Pothier (Jean I), p., 162.
Pothier (Louis), p., i52.
Pothier (Nicolas I), p., 148, i56,
159.
Pothier (Pierre), p., 161.
Potier, 39.
Potier (l'abbé), 307.
Pottier (André), 12.
Poujoulat, 3i.
Poulain, se, 327, 33 1.
Poulleaux, 294.
PouUiet (l'abbé), 202, 3oi, 3o5.
Poultier, 209, 210, 211.
Poussin (Nicolas), p., i, 5', 7, 8, 14,
16, 17, 19, 23, 25, 26, 27, 28, 42,
45, 46.
— {Souvenir de la jeunesse de Nico-
las), 25.
Power (Jean-Charles), p., 191.
Poyet (Cathelin), 3o8.
POYSAT. — ROETTIERS.
Poysat (Anne), igS.
Pozon (Marguerite- Constance), 3o3.
Pradel (Etienne), se, 3o2.
Pradier, se, 2i3, 222, 223, 3i4, 3i6.
Prarond (Ernest), hist., 27.
Présentation au temple (la), 45, 46.
Prévost (l'abbé), 3oo.
Prévost (Jac], p., i r.
Prière du soir (la), 3 19.
Procès-verbaux de l'Académie de
peinture, i3o, )3i, i33, 134, 2o5.
Promises (les deux), 3 18.
Prost, 197, 297-299.
Prou (Jacques), se, 203-204.
Prudan (Jean), iqg.
Prudence (la), 320.
Prudliomme, notaire, 275.
Prud'hon (P.), p., n, i33, 255, 260,
264, 271, 272, 3ii.
Prunay (Jean), p., 154.
Prunay (Raphaël), p., 168.
Prymatice (l'abbé François), 171.
Puget (Pierre), se, 11, 5o, 177, 178,
324, 325, 326.
Purification (la), 9.
Puvigne (M™*), dans., 128.
*Puy-Notre-Dame (Maine-et-Loire),
55.
Puysieux (marquis de), 359.
Pyrrhus. Voy. Andromaque.
Quatremère de Quincy, 5, i85, 214.
*Q.uébec, 3o9-3io.
*Q.uedlinbourg, 224.
Quenet (Nicolas), p., 1 54-1 55.
Quevestre (Grégoire), p., 166.
Quevestre (Jacques), p., i58.
Quesnel, p., 56.
Quichotte (Scènes des aventures de
don), 249.
Quintilien, 188.
Rabbe, 352, 353.
Rabel, p., i^
Racet. Voy. Tau.
Rachat d'esclaves chrétiens, 267-268.
Rambeau (Jeanne), 2g3.
Ramey, se, 34.9.
Ranc (Antoine), p., 140.
Ranc (Jean), p., 140-143.
Rangeel, 219.
Ransint (Jeanne), 95.
Ransint de La Marche, p., 95.
Raoul, p., 99.
Raphaél. Voy. Sanzio.
Rasset. Voy. Tau.
Rathier, p., 258.
Ravanas (M"'), 3.
Réaliste fie), 319.
Reboul (Antoine de), 23.
Reboul (J.-B.), poète, 3.
Recordon (Pierre), fond., 294.
hle
Recueil des plus beaux tableaux du 211
387
cabinet de messire Boyer d'Eguil-
le, 3.
Regnard (Jehan_), a., 11 5.
Regnault (Henri), p., 64.
Regnault (Robert), p., 168.
Reignier (Gabriel), se, 3o4-3o6.
Régnier (Jean), 304.
*Reims, 11, 207, 203.
Religieux de la Thébaïde, 3 10.
Religion (la), 144, 145, 328, 333,
337.
Rembrand (François), p., 292.
Remond, notaire, 323.
Remyot (Claude), p., 162.
Renaissance des Arts, q4, 95, 96, 117.
Renaud (Lucrèce), 193.
Rendu (Jeanne Gillet, femme Sébas-
tien), 192.
Restout, p., 309, 3 10.
Restout (Jean), p., i5.
Restout (Louis), p., i5.
Retondeur (Amable), 199.
Retondeur (François), g., 199.
Retondeur (Marie), 19g.
Reube (Jeanne de), 291.
Revoil (P.), p., 4, II.
Revue britannique (la), 63.
Rey, se, 177.
Reynard (Louis-Ovide-Georges), p.,
191.
Rey nie (de la), 172.
Richard (Th.), p., 11.
Richelieu (cardinal de), 32, 277, 349.
Richelieu {Mémoires de), 3i.
Richelieu (maréchal de), I25.
*Richeville, 338, 33q.
Ricquier (Louis-J.-F.), p., 320.
Ricquier (M""), 320.
Ricoveri (Antoine), 164.
Ricoveri (Domenico), se, p. et g.,
66, 148, 160, 164, 168, 169.
Ricoveri (Marie), 164.
Rigaud (Gaspard), p., 140, 141.
Rigaud (Hyacinthe), p., 140, 359.
Rigaud (Marguerite-Elisabeth), 140,
141.
Rivalz (les), p., 10, 11.
Robaut (Alfred), 192.
Robert, se, 72.
Robin (Alexandre), a., 48.
Robert ^Barthélémy), 200.
Robert (Jean), p., 149.
Robert (Jeanne), 297.
Robert (Marcelle), 06.
Robert-Dumesnil, 5, i3.
Robert le Pieux, 264.
Rochejean (Jacques), se, 358.
Rocher (Louis), a., 323.
Rochon, concierge, 172.
Rodelhat (Balthazar), 246.
Rœhn, p., 258.
Roéttiers (Jacques-Nicolas), orf., 210-
3gS
ROFFAVJPR.
Roffayier (Biaise), 199.
Roger (Adolphe), p., 3 19.
Roger (Léonard), se, 3 12.
Rohault, a., 847, 349.
Roier (Simon), a., 107.
Roland (Ph.-L.), sc^ 212-214, 218,
3i3.
Rolland (l'abbé J.), 290, 291.
Roman ( Jean-Baptiste-Louis ), se,
3i4, 35o.
Rombaud, se, 5o.
*Rome, 55, 253, 262.
— Eglise Saint-Louis des Français,
8, II.
-T Palais Farnèse, 6, 7, 8.
Rondet (JeanJ, p., i36.
Rondet (Louis), 3oi.
Rondonneau, 3o, 3i.
Rondot (Natalis). — Les sculpteurs
de Troyes au xiv» et au xv» siècle,
65-87. — Les Peintres de Troyes
du xiii" au XV' siècle, 97-114. —
Les peintres de Troyes dans la
première moitié du xvi« siècle,
147-170. — Les Graveurs de Lyon,
193-203. — Les Peintres verriers
de Troyes du xiv' et du xv" siè-
cle, 225-246. — Sculpteurs de Lyon
des xvi% XVII' et xviii* siècles, 289-
309. — Nicolas Bidau, sculpteur
et médailleur à Lyon. Bibliogr.,
362-363. — Son nom cité, i3o,
l32.
Roque, p., £ i.
Roslin (Emma-Blanche, femme),
320.
Rosset (Catherine), 3o5.
Roter (Chrestienl, p., 307.
*Rothau (Vosges), 191.
Roubillac (Jean-François), se, 3i3.
*Rouen, 12, 14, i5, 42, 128, 25i.
Rouget, p., 257.
RouiUier (Jeanne), 3o8.
Rousseau (Jean), p., 166.
Rousseau (Th.), 191.
Rouser (Antoine), 94.
Rouser (Robert), 94.
Roussel (le général), 217.
Rouvières (A.), 3oo.
Roux, se, 144, 145, 147.
Roy (Estiennette), 199.
Roy (François), 198.
Royer (Charles-Raymond), se, 342.
Royer (François-Henri), p., 3^.2-344,
Royer (François-Marie- Joseph), p.,
342-344.
Royer (Pierre-Alexandre), p., 342-
344,
Roze. Voy. Bordin.
Ruandé (M"» de), 14.
Ruban (Jacques), 107,
Rubens, p., 38, 46, 55, 253.
— (honneurs rendus à), 257.
SAINT- JACQUES.
Rude, se, 3i5, 3 16.
*Russey 357, 358.
Rutxhiel (H.-J.), se, 216-217, 253.
Sabinus. Voy. Eponine.
Sacquespée (Adrien), p., i5, 288,
Sacquespée (Pierre), p., i5.
Sacre (le), -zbo.
Sacré-Cœur (le), 3 10, 3 11.
Sagesse (la), 333.
Saillans (le P. de), p., 11.
*Saillé, 55.
Sainct-Loup (Claude de), p., 167.
Saint-Ambroise (abbé de), 38.
Saint-Aulbin (Jean de), 109.
Saint Augustin en extase, 3i3.
Saint-Augustin (mère Canterel de),
supérieure du couvent des Ursu-
lines, 22.
Saint Aventin, i58.
Saint Bartholomé, 229-230, 232,
233.
Saint Bernard, 261.
Saint Biaise, 107.
Saint Bruno, 253, 277.
— (Méditation de), 3 10.
Saint Charles Borromée, 41, 43, 44,
45.
Saint Charles en extase, 29, 3o.
— distribuant des aumônes aux pau-
vres, 16, 18.
Saint Clair guérissant les aveugles,
55.
— (Martyre de), 25.
Saint Claude, i56.
Saint-CIoud (château de), 3 14.
Saint-Denis, 10, 83, i38, 230, 270,
327, 328, 329, 33i.
— (Prédication de), 256.
— (Dédicace de l'église de), 255.
*Saint-Denis, i38, i39, 254, 255,
259, 203.
Saint-Disant (Ferrand de), 328.
Saint Dominique, 4.
Saint Eloi, 81, 1 1 1, 241.
Saint Etienne, 85, i58.
Saint-Fargeau (seigneur de), iz.
Saint Félix de Valois, 263.
Saint Fiacre, 23o.
Saint François, 60, 278, 280.
— recevant le rosaire, 57.
Saint François de Sales, 262, 263,
271-272, 276.
Saint Georges, 61.
Saint-Georges (Guillet de), 38.
Saint-Georges (Henry de), 3o9.
*Saint-Germain-en-Laye, 29, 33i.
Saint Grégoire, 239.
Saint Guillaume, 57.
Saint Hubert, 57.
Saint-lgny (Jean de), se, p. et g.,
1-47, 288.
Saint-Jacques, 32 1.
SAINT-JEAN. -^ SCULPTURE.
389
Saint-Jean, p., ii.
Saint Jean-Baptiste, 9, 10, 70, i56.
— (Décollation de), 149.
— Sainte Elisabeth et Zacharie, 55.
Saint Jean l'Evangéliste, 40, 84, m,
275, 321.
Saint Jean de Matha, 263.
Saint Jérôme, 278, 3 10.
Saint Joseph, 5, 275, 278.
Saint-Just (l'abbé de), 201.
Saint Ladre, 23q.
Saint-Laurent (Vincent), 9.
Saint Laurent (martyre de), 25.
Saint Lazare, i5o.
Saint Louis, 41, 73, 145, 146, 224,
261, 263, 265-267, 271-275.
— (scènes de la vie de), 236.
Saint Loup, 81.
Saint Luc, évangéliste, i5.
Saint-Lynart (Jean de), p., 104.
Saint Marner, 23o.
Saint Marc, 1 14.
Saint-Martin (abbé de), 14, i6.
Saint-Martin (de), marquis de Mis-
kou, 14.
Saint Martin, 4, 262.
Saint Mathieu, 27g.
Saint Michel, 10, 29, 3o, 43, 76,
77, 86, 229.
Saint Nicolas, 73.
*Saint-Omer, 55.
Saint Pantaléon, 75, iii.
Saint Paul préchant les Athéniens,
iQ, 67, 6g, 82, 83, i5o, 23o, 256,
280, 3io.
•Saint-Pétersbourg, 222.
Saint Pierre, 5, 21, 24, 40, 67, 6g,
72. 75, 77. 79. 82, 86, 106, 114,
i5o, 23o, 277.
Saint-Pol, 25i.
Saint-Priest (Ambroise de), 290.
Saint-Priest (Catherine de), 28g.
Saint-Priest (Laurent de), se, 289-
2go,
Saint Rémi, 261, 266.
Saint Rieul, 3 18.
Saint Roch guérissant un pestiféré,
56.
'Saint-Saturnin, 56.
Saint Savinien, i58.
Saint Sébastien, 21, 56, 63, log, 278.
Saint-Séverin, 25i.
Saint Siméon, 45.
*Saint-Symphorien-le-Château, 307.
Saint Thomas, 263.
— (incrédulité de), 3.
Saint Urbain, 68.
Saint Vincent, 25.
— (martyre de), 42.
Saint Zacharie, 55.
Sainte-Agathe (François de), 52.
Sainte Anne, g.
Sainte Batilde, 261, 262.
Sainte Catherine, 278.
Sainte Elisabeth, 55.
Sainte Famille, 2, 4.
Sainte Geneviève, 44, 262.
Sainte Hélène, 227.
Sainte Hoylde, i58.
Sainte Marguerite, 83, 112.
Sainte Marie Madeleine, 20, 21, 78,
84.
Sainte Thérèse, 4.
— (la vision de), 3io.
Sainte Véronique, 277.
Saintot (de), i38.
Salle (François de Baglion, comte de
la), 363.
Salle (le général et M""" de), 255.
Salade (Laurent), 290.
Salaise (l'abbé), 3o8.
Salon de 1886 [le), 61.
Samaritaine (la), 53, 3og.
Sambin (Hugues), p., ii._
Sancey (Gautier), p., 166.
*San Miguel de Piura (Pérou), igi.
Santerre, p., 56.
Sanzio (Raphaël), p., 9, 40, 253, 256.
Sarrabat (Dan.), p., 11.
Sartre (Marc), 293.
Satens (famille), 342-344.
Satre (Marc), 3o3.
Sauclier (Aubry), p., 104.
Saulcier (Aubry), p. verr., 234, 235.
Saulcier (Jeannin), p. verr., 234, 235.
Saulnier (Guillaume), p., 96.
Sauny (Philiberte), 304.
Saussoys (Gautier), p., 166.
Sauvage, 36o, 36i.
Sauvage (Jacquemin), p. verr., 226,
229-231, 233.
Sauvan (Ph.), p., 11.
Savine. Voy. Brissonnet.
Savarin (Jacques), menuisier, 304.
Savarin (Suzanne), 304.
Savary (Claude), se, igS, 197.
Savary (Pierre), 197.
Savoie (Marie-Louise-Gabrielle de),
32g.
Saxe (le maréchal de), 120, 127, 3i3.
Sceaux (château de), 64.
Scellés d'artistes^ 2o5.
Scipion, 38, 276.
Scotin, g., i3g.
Scribner^s Monthly, i8g.
Sculpteurs, 12, i3, 14, i5, 4.9, 5o,
5i, 52, 53, 65-87, '"') 1°^, 110,
ii3, i36-i37, 138-140, 143-148,
14g, i52, i55, 159, 162, 169,
177-183, 184-189, igg, 203-204,
212-223, 235, 247-249, 252, 281-
286, 288-3og, 3ii-3i6, 322-325,
327-344, 349-354, 357, 358, 362;
363.
Sculpture, 4g-5i, 65-87, i36-i37,
138-140, 143-147, 177-ïjg, 180-
3 go
SÉBASTIEN. — TÊTE.
i8g, 204, 2 12-223, 235, 247-24Q,
25i, 281-286, 288-3og, 3ii-3io,
324, 325, 327-337, 340, 34Q-358,
363.
Sébastien, prêtre, 197.
*Séez, 36, 37.
Séguiran (Pierre), 246.
Sé]Ournet, 53.
Selmy (J. et Pellegrino), doreurs, 326,
327.
Semeur (le), 190.
Sénemaud, 129.
*Sens, 238, 23q, 244, 245, 261, 262.
Sensier (Alfred), 190, toi.
*Sepmes (Indre-et-Loire), 193.
Séranon (de), 3.
Serre (M.), p., 11.
Servandoni (le chevalier Jean-Nico-
las), p., 119, 120, 121, 122, 123.
Seugnot, p. vèrr., 235.
*Seurre, io3.
Sève (Jean), p., 102.
Sévigné (M"'^ de), 3 11, 3 12.
*Séville, 245.
Sevin, p., 106.
Sevin (P.), p., 1 1.
Sèze (Mgr de), 35o.
Sibrecq (Bernard), se, 294.
Sibrecq (Françoise), 294.
Sibrecq (Marguerite), "295.
Sibrecq (Girard), se, 294, 295, 29g.
Sieuray (Geneviève), 339.
Sigaud, ingénieur, 281, 282, 283,
284, 286.
Sigaud, a., 143, 144, 145, 180, 181,
i83.
Silvy, doreur, 327.
Silvestre, p., i3q.
Simart (Etienne), se, 71, 3i5.
Siméon (vicomte), 352.
Simon, hist., 23, 25, 28, 29, 38, 42,
43.
Simon. Voy. Jésus-Christ.
Simon, p., gg, i38.
Simon (Jean I), p. verr., 234-235.
Simon (Jean II), p. verr., 234, 236,
237.
Simon (Mathias), se, 2g5.
Simon (Nicolas), p., 107.
Simon (Paquost), orf., 2go.
Simon (Suzanne ), 2g2, 2g3, 2g5,
3o7.
Siti (André). 3o-35, 37.
Siti (François), 3o-35, 37.
Slodtz (les), se, ï38, i3g, 328, 32g,
33o, 33i, 332, 333, 334, 337.
Sobliaz (M"=), igg.
Soissons (Jehan de), 81.
'Boissons, 247, 35o.
Soissons {Histoire de la ville de),
247.
Sommariva (de), 214.
*Soncourt (Haute-Marne), 3 18.
Soubrien. Voy. Saint-Loup.
Soudan (Henri), a., 67.
Soulié (Eud.), I, 18, 184.
Sourches (marquis de), 204.
Souvenir de la fête de la Madone,
187.
Sparron (Jean-Baptiste), 2o3.
Spierre (Cl.), p., 11.
Spoury, p., 125.
Stein (Henri). — Germain Pilon,
maître menuisier à Paris, 4g. —
Bibliogr., 64. — Un tableau de
Claude Deruet, 118. — Le graveur
Laurent Cars et l'expulsion des
Jésuites, 206-208. — La famille
du sculpteur franc-comtois Pierre-
Etienne Monnot, 357-358. — Son
nom cité, 12g, i3i, 134, i35, 363.
Stella, p., 3io.
Stella (Françoise), igg.
Stella (Madeleine), ig8, igg, 200.
Steube, p., 257.
Stromatourgie [la), i33.
Strozzi (l'abbé), 176.
Sublot (Jeannm), p. verr., 233.
Suchet (Anne), 3o8.
Suffren (le bailly de), 117.
Sumas (François), 3oo.
Sybrèque. Voy. Cibret.
Symon (Jean), p., io5.
Symon (Jean I), p., io3.
Tableau historique des sciences, bel-
les-lettres et arts en Picardie, 22.
Taconet (Gabriel), menuisier, 304.
Taillebois (Guillemin), se, 71.
Taillet (Jean), p., 168.
Taiz ou Tays. Voy. Thays.
Talbot, 25 1.
Talemer (Jean), p. verr., 104, 234.
Talemer (Philippe), p. verr., 236.
Tailleur (Catherine), 2o3.
Tailleur (Louise), 2o3.
Tailleur (Nicolas), 2o3.
Talouet (le général), 217.
Tannegui du Châtel, 25 1.
Tapisseries, io5, 24g.
Tapissiers, io5, 2o5, 206, 363.
Tardif, p., 120, 122.
Tassaert, p., 64.
Tau (Rasset), p., io3.
Tautet. Voy. Caritet.
Télémaque et Eucharis, 255.
Temple (Guillaume du), 229.
Temps [le), 63.
Tendresse maternelle, 256.
Terpsichore, 214.
Tessié, docteur médecin, 58.
Tessier (Jehanne), 118.
Tessier (Pierre), p., 118.
Tessin (comte de). 64.
Testelin (Jusquin), 118.
Tête de cire (la), 61.
THARCILIN. — VAUBLANC.
Tharcilin (François), p., i66.
Tharonot (Guillaume), p., 14g, 167.
Tharonot (Jacques), p., 149-150,
i5i, 154.
Tharonot (Jean), p., iio, 164.
Tharonot (Jean II), p., 14g.
Tharonot (Jean III), p., 161.
Tharonot (Michel), p., 168.
Thays (Michel I), p., i58.
Thays (Nicolas), p., 164.
The Century Illiistratea, 189.
Theuenard, 299.
Thévenard, impr., SSy.
Thevenet (Louis-Jean), 180.
Thévenette, 104.
Thévenette, p. verr., 236.
Thibaudier, i^'i, 344.
Thibaut, a., 347.
Thibaut, p., 11.
Thibaut ou Thiébaut, se, 66.
Thibaut V, 98.
Thibert, notaire, 204.
Thierriat, p., n.
Thierry (Catherine;, 291.
Thierry (Françoise), 3o5.
Thierry (Jean), se, 291-292, 3oo,
3o5.
Thierry (Jehan), maçon, 229.
Thierry (Pacot), 3oo.
Thisbée. Voy. Pirame.
Thomassin le Flamand, se, 71.
Thury (Héricart de), 347, 348.
Tilly (seigneur de), 12.
Timbal (Charles), p., 64.
Tirement (Jean), p. verr., 2 38.
Tobie, 279.
*Tolbiac, 262.
*Tolède, 245.
Tomur (Isabelle), 117.
Tonte des moutons, 190.
Toro (B.), n.
Toscat, a., 281.
*Toulon, 49-5 1, 53, 54, 143-147,
177, i8i-i83, 246, 281-286, 324-
327, 340-342.
*Toulouse, 24, 3i3. Voy. Musée.
Tour (Tirement de la), p. verr., 237.
Tourbe (Gabriel de), p., 197.
*Tournai, 5, 67, 72, 36i.
Tournai, 23, 24.
Tournehem (Le Normand de), 36 1-
362.
Tourneux (Maurice). — Bibliogr.,
63-64. — ^^^ ^*^"^ ^^^^' '^9-
Tournier, p., 10.
*Tournus, 307.
*Tours, 3i, 47, 48, Il 5.
Trainou. Voy. Jean d'Orléans.
Tramblin (André), p., 126, 36o,
Tramblin (Charles-André), p., 119,
120, 121, 122, 126, 36o, 561.
Tramblin (Pierre-Robert), p., 126.
Trébutien, i3.
391
*Treste (lisez Trets, Bouches -du-
Rhône), 178.
Trézel, p., 257.
Trieur (Isabelle), 117.
Tristant, 21.
Troël (René-François), se, 337-339.
Tronchet, 212, 3i3.
Trouslieu (Jean), 3oo.
Trouvère (le), 3 18.
Troy (J.), p., II.
*Troyes, 26,65-87,97-114, 147-17 1,
225-246.
Trubert (Jeannin), se, 66.
Trubert (Pierre ou Perrin I), se, 68.
Trubert (Perrin II ou Pierre), se, 70.
Trubert (Thomas), se, 66.
Tuby (Jean-Baptiste), se, 3i5.
Tuetey (Alexandre). — Le graveur
lorrain François Briot. Bibliogr.,
287-288. — Son nom cité, 129,
i33, i34-i35.
Tulié (Lamoralle), se, 322.
*Tunis, 203.
*Turin, 219.
Turpin (Charles), chanoine, 322.
Turquet, prêtre, 195, 197, 294.
Univers {l'), 61.
Uret (Grégoire), g., 195.
Vacher (Simon), se, 3o8.
Vacher. Voy. Le Vachier.
Vachet (Catherine), 307.
Vaflard, p., 256.
Vaillant (V.-J.). — Nicolas Bailly,
peintre, 204-205. — A propos
d'une statue de la cathédrale de
Soissons, 247-249. — Le peintre
tourangeau Arnould Ferrand, 821.
— Son nom cité, 356.
Vaillant (Loys), menuisier, 118.
Valbelle (comte de), 340.
Valeniin, p., 4.
Vallavieille, notaire, 324.
Vallée (Paul-Adrien), 53.
Vallée fPauI-Félix), 53.
Vallet ae Viriville, 236.
Valton (François^, 3o2.
Vandœuvre (Philippe de), 76.
Van Brée. Voy. Ricquier.
Van Dyck, 3 10.
Van Geel (Louis), 212, 21 3.
Vanloo, p., 3io.
Vanloo (Jean-Baptiste), p., 325,
Van Panderen, g., 2.
Vander Cabel (Adrian), p., 293.
Vanier (Claude), 297.
Vanier (Jean), se, 297.
Varin (Liévin), p. verr., 1 14, 226,
238-240, 244, 245.
Vasco de Troyes, p. verr., 245.
Vatepin (Jean), p., i55.
Vaublanc (de), 252, 266.
Vaudoyer, a., 3i5.
Vaugin (Madeleine), 200.
Vaultrouilley (Jean), p., 166.
Vaynier (Jean), se, igô.
Velu (Anne), 504.
Vendalle (Marie), i8ô.
Vendegrin (Jean-Baptiste), 194.
Vendegrin (Otton), p. et g., 194.
*Venise, bg, 253.
Vente Virœus (Franciècuà de la), p.,
56.
Vénus, 178, 314.
Vernansal, p., 337.
Vernet (les), p., 235, 260, 264, 3 16.
Vernet (Carie), p., 273-275.
Véron (Françoise), igS.
Verrat (Jean), p* verr.^ 226, 239, 245.
Verrat (Jean I), p. verr., 243-244.
Verrey. Voy. Viare.
*Versailles, i, 121, 172, 178, 3i5,
362, 363. Voy. Musée.
— (palais de), 04, 3 12.
Vertus (Jean de), p. verr., 2 36.
Vestris (les), dans., 127-128.
Vestris (M""), dans., 128.
Vevelet (Gabriel), 304.
Vevelet (Jacques). Voy. Delaune.
Veyrier (Christophe), se, 324-325.
Vialon (Jeanne), 3o3.
Viare (Girard), p., i55-i56.
Viaron. Voy. Viare.
Viarrey. Voy. Viare.
Viart, 32, 33, 33, 36, 37.
Vie (Dominique de), évêque, 4.
*Vienne, 1 19-122, i23, 126.
Vierge, 3, 7, 9, 61, 109, 275, 277,
278, 280.
— (Annonciation delà), i, 2, 55, 241.
— (Assomption de la), 11, ig, 21,
24, 23, 35, 36, 1 18.
— (Mort de la), 36.
— (Scènes de la vie de la), 175.
— et Jésus Enfant, 20, 3 10.
— asisise et tenant l'Enfant Jésus, 4,
7, 16.
— assise au pied de la croix, 56.
— foulant aux pieds le serpent, 56.
— au milieu du ciel, 20.
— écrasant la tête du serpent, 144,
145.
— au chat, 6, 7.
— de Sparte, 220.
Vignaud, p., 256.
Vignon, a., 23o, 252, 346, 347, 348.
Vignon (Claude), p., 14, 3 10.
Villacerf (de), i3i.
VAUDOYER. — ZIPOLt.
Villain (l'abbé), 42, 43.
Villard de Honnecoùrt, 224.
Villaribus. Voy. Johannes.
Villars. Voy. Villaribus.
*Ville-Neuve-r Archevêque, 271.
*Villedieu-les-Poeles (Manche), 57.
Villiers (seigneur de), 12.
Villiers (Jean de), p., io5.
Villon, poète, 37.
Villot (Frédéric^, 10, 272.
Vincent, p., 214.
Vincent (Èstienne), 292.
Vincent (Hélène), 292.
Vinci (Léonard), p., 59.
Viollet-le-Duc, a., 97.
VioUet-le-Duc (Etienne-Adolphe), p.,
3i7.
*Vire (Calvados), 56, 5?.
Virgile lisant son Enéide devant Au-
guste et Octave, 258.
Vitel (Erard de), chanoine, 22g.
Vitel. Voy. Gaucheran.
Vivien (Arnoul), 79.
Vivier f Jacques- Etienne), se, 52.
Vivier (Pierre-Etienne), 52.
Vœnius (Otto), p., 28.
Volairè (Jacques), p., 326, 327.
Voilant (Jehan), 290.
Volontaires de 1792 (les), 3 19,
Volpo (Anne), tgo.
Volpo (Claire), 196.
Voltaire {le), 6r.
Vouet (Aubin), p., 47.
Vouet (Simon), p., 46, 47.
Vougin (Madeleine), 3oo.
Vousge (de), 329.
Vrilliere (M™* de la). Voy. Mazarin.
Vulcain, 217.
Vyare. Voy. Viare.
Vyerrey. Voy. Viare.
Warin (Quentin), p., 1-47, i3o.
Warin (M°"), p , 19,
Warin (sœur Sainte-Madeleine, fille
de Quentin), p., 22.
Wicar (Jean-Baptiste), p., 314,
Ximenès (cardinal de), 245.
Ysabeau, 339.
Ysabeau (Denise), 196.
Zani, hist., 19, 22.
Zénobie retrouvée sur les bords de
l'Araxe, 256.
Zipoly (Dominique), 175, 176.
Henry Jouin.
Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupeley-Gouverneur.
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